Biotope

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De manière grossièrement simplifiée, le biotope est un milieu et des conditions, relativement stable, permettant la persistance d'une certaine biocénose
Les différents biotopes océaniques

En écologie, un biotope est, littéralement en grec ancien, un type de lieu de vie défini par des caractéristiques physiques et chimiques déterminées relativement uniformes. Ce milieu héberge un ensemble de formes de vie composant la biocénose : flore, faune, fonge (champignons), et des populations de micro-organismes.

Un biotope et la biocénose qu'il accueille forment un écosystème caractéristique. L'évolution de cet écosystème tend vers un climax momentané, qui change avec notamment le climat, manifestant un nouvel équilibre du biotope. Ainsi, la vie peut continuer avec des modifications de la démographie et de la biodiversité des espèces.

Le terme biotope vient d'Arthur George Tansley. Un biotope est à distinguer d'un biome, qui est un large regroupement d'écosystèmes caractéristique d'un type de climat et de sol.

Les caractéristiques d'un biotope[modifier | modifier le code]

Elles peuvent être classées de la manière suivante[réf. souhaitée] :

Interdépendance entre biosphère et biotopes[modifier | modifier le code]

Dans l'univers systémique de l'écologie, et dans un contexte de finitude écologique de la Terre, la biosphère (au niveau planétaire) et les biotopes (au niveau local) sont étroitement dépendants les uns les autres. Cette interdépendance du local et du planétaire a des conséquences philosophiques considérables. En effet, le philosophe Dominique Bourg montre qu'elle fait voler en éclats le principe moteur de la modernité, qui tendait à abolir toute singularité ou toute particularité locale au profit de principes généraux, ce en quoi le projet moderne fut proprement utopique[1].

Coefficient de biotope[modifier | modifier le code]

La notion de coefficient de biotope a été testée et mise en place par la ville de Berlin. Elle a quelques années plus tard été introduite en France, tout d'abord dans le PLU de Paris[2] puis dans plusieurs plans locaux d'urbanisme (PLU). La loi ALUR l'a alors encouragé au niveau national pour favoriser la renaturation des villes ou de zones d'activités ; il peut y restaurer un microclimat de meilleure qualité, contribuer à restaurer des sols écologiquement plus fonctionnels (puits de carbone, infiltrant et épurant l'eau au profit des nappes et cours d'eau, etc.) contribuer à la trame verte et bleue urbaine tout en améliorant la qualité de vie et la possibilité de trouver des habitats et des refuges pour la faune, la flore et la fonge[3].

Il fixe une « obligation de maintien ou création de surfaces non imperméabilisées ou éco–aménageables sur l’unité foncière qui peut être satisfaite de plusieurs manières : espace libre en pleine terre, surface au sol artificialisée mais végétalisée sur une profondeur minimale déterminée par le règlement, toitures et murs végétalisés... Les différentes manières de respecter cette obligation n’ayant pas la même efficacité du point de vue de la préservation de la biodiversité, le règlement du PLU peut ainsi prévoir un coefficient différent pour chacune d’entre elles qui permet de prendre en compte cette différence d’efficacité. Éventuellement dans le cadre d'une la séquence éviter-réduire-compenser, ou dans d'autres contextes »[4]. L'article L. 123-1-5 du Code de l'Environnement porte sur le règlement du PLU ; il a été révisé et divisé en trois parties dont la troisième porte sur les caractéristiques architecturale, urbaine et écologique et encadre encadre les possibilités de règlementer en matière de continuités écologiques et de coefficient de biotope[5]..

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dominique Bourg, la nature en politique ou l'enjeu philosophique de l'écologie, L'Harmattan, 2000
  2. Développer le végétal à Paris. Les nouvelles règles du Plan local d'urbanisme de Paris. Spécial PLU. Format : pdf, 2.79 Mo
  3. O2d-environnement (2017) Coefficient de biotope : quel est cet indicateur de plus en plus intégré dans les projets d’aménagement ? Publié le 7 décembre
  4. Ministère du logement et de l'égalité des territoires La biodiversité dans les plans locaux d’urbanisme et dans les schémas de cohérence territoriale  ; Loi ALUR
  5. Point III du L.123-1-5 du code de l'urbanisme

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dimitrakopoulos, P. G., & Schmid, B. (2004). Biodiversity effects increase linearly with biotope space. Ecology Letters, 7(7), 574-583.
  • Löfvenhaft, K., Björn, C., & Ihse, M. (2002). Biotope patterns in urban areas: a conceptual model integrating biodiversity issues in spatial planning. Landscape and Urban Planning, 58(2), 223-240.
  • Massard-Guilbaud G (2002), De la « part du milieu » à l’histoire de l’environnement, association Le Mouvement Social | Le Mouvement Social 2002/3 - N°200 ISSN 0027-2671 | pages 64 à 72
  • Udvardy, M. F. (1959). Notes on the ecological concepts of habitat, biotope and niche. Ecology, 725-728.
  • van Swaay, C., Warren, M., & Loïs, G. (2006). Biotope use and trends of European butterflies. Journal of Insect Conservation, 10(2), 189-209.
  • Sukopp, H., & Weiler, S. (1988). Biotope mapping and nature conservation strategies in urban areas of the Federal Republic of Germany. Landscape and Urban Planning, 15(1), 39-58 (résumé).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]