Météo-France

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Météo-France
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Création
Affiliation Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer
Juridiction Établissement public administratif
Siège 73 avenue de Paris 94160 Saint-Mandé,

42 avenue Gaspard Coriolis 31100 Toulouse.

Employés 3 158
Activité(s) Météorologie
Direction Jean-Marc Lacave (PDG)
Site web www.meteofrance.com

Météo-France, établissement public administratif, est le service officiel de la météorologie et de la climatologie en France. A ce titre, il exerce les attributions de l'Etat en matière de sécurité météorologique des personnes et des biens. Météo-France est notamment chargé de la prévision et de l'étude des phénomènes météorologiques, de l'état du manteau neigeux et de l'état de la surface de la mer et de l'émission des vigilances météorologiques pour les territoires français de métropole et d'outre mer. L'établissement est également chargé de la conservation de la mémoire du climat et de l'élaboration de projections climatiques globales et régionales. Météo-France exerce ses activités et ses missions dans le cadre d'un contrat d'objectifs et de performance avec l'Etat.

Histoire[modifier | modifier le code]

Auparavant, le service national français de météorologie a existé sous plusieurs noms[1] :

  • Le service météorologique de l’Observatoire de Paris, mis en place par Urbain Le Verrier en 1854, après la catastrophe navale française du 14 novembre 1854 en Mer Noire, due à une tempête qui coule 41 navires ;
  • Le Bureau central de météorologie (décret du 14 mai 1878 - 1921) ;
  • L'Office national météorologique (mars 1921-1945) ;
  • La Direction de la Météorologie nationale (1945-1993).

Finalement, Météo-France est créé par le décret n° 93-861 du 18 juin 1993[2], est placé sous la tutelle du ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer (MEEM), par transformation des statuts de ce qui était, depuis 1976, la direction de la météorologie nationale (DMN) au sein du ministère des Transports[3].

Quelques jalons historiques[modifier | modifier le code]

Le 15 juillet 1922, l'Organisation nationale de météorologie française diffuse la première émission de radio d'un bulletin météorologique depuis un émetteur placé sur la tour Eiffel. Dès lors, trois bulletins par jour sont émis[4].

Le 17 décembre 1946, Paul Douchy, prévisionniste de la Météorologie nationale, présente le premier bulletin météo à la télévision française. Ce bulletin hebdomadaire devient quotidien à partir de février 1958[5].

1960 : Le KL 901, premier ordinateur de la Météorologie nationale destiné aux études de la prévision numérique du temps, est installé à Paris.

1963 : Au Centre de météorologie spatiale nouvellement créé à Lannion, une image transmise par le satellite météorologique américain Tiros 8 est reçue pour la première fois.

1991 : Les services centraux de prévision, de climatologie et d'informatique de Météo-France sont transférés à Toulouse, sur le site créé en 1982. Il accueille déjà l'Ecole nationale de la météorologie et le Centre national de recherches météorologiques.

1994 : Météo-France commence à utiliser pour les besoins de la prévision du temps une première version du modèle numérique à domaine limité Aladin. Ce modèle de prévision régional est développé dans le cadre d'une coopération internationale avec les services météorologiques d'Europe Centrale et orientale.

1996 : Météo-France lance le projet Radome pour moderniser son réseau de stations d'observation au sol[6].

Le 1er octobre 2001, Météo-France publie sa première carte de vigilances météorologiques. Ce nouveau dispositif permet d'informer simultanément la population, les pouvoirs publics et les médias en cas de phénomènes météorologique dangereux. Prévu à l'origine pour couvrir 5 types d'aléas (vent violent, fortes précipitations, orages, neige-verglas et avalanche), le dispositif n'a cessé d'être élargi depuis. En 2011, notamment, il intègre l'aléa "vagues-submersion"[7]. En 2015, le dispositif couvre neuf phénomènes (vent violent, pluie-inondation, orages, neiges-verglas, inondation, avalanches, canicule, grand froid et vagues-submersion).

2008 : Le modèle Arome devient opérationnel[8]. Le modèle régional sur la France à très haute résolution permet de mieux modéliser les phénomènes locaux tels que les orages et les brouillards. La prévision des phénomènes dangereux s'en trouve améliorée, tant au niveau de leur intensité que de leur localisation.

2014 : Météo-France se dote de deux nouveaux supercalculateurs, d'une puissance de 1 Pétaflops, soit une puissance de calcul douze fois plus importante que le système précédent. Un nouveau renforcement des moyens de calcul est prévu d'ici fin 2016 : la puissance réelle devrait être alors à nouveau multipliée par 3.[9]Ces performances permettent notamment d'améliorer la qualités des prévisions au courtes échéances et des projections climatiques à long terme.

2015 : La prévision météorologique franchit une nouvelle étape grâce au lancement de nouvelles versions[10]des modèles numériques utilisés par Météo-France. La résolution du modèle régional Arome, qui couvre la France métropolitaine, est dorénavant de 1,3 km (contre 2,5 km auparavant) sur la métropole, permettant de progresser dans le suivi des phénomènes météorologiques très localisés.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Ancien siège de Météo-France, quai Branly à Paris (2011).

Son budget de 353 millions d'euros (2014)[11] est alimenté par l'État français (55,4 %), les redevances aéronautiques (24,2 %), les recettes commerciales (8,5 % hors filiales), la subvention au titre de la contribution à Eumetsat (7,3 %), et par d'autres recettes (4,6 %).

Les orientations stratégiques des missions et des activités de Météo France sont fixées dans le cadre de Contrats d'Objectifs et de Performance avec l'Etat.

Son siège est situé à Saint-Mandé depuis novembre 2011, une grande partie de ses services (1000 salariés, sur un effectif total de 3201) est installée à Toulouse depuis 1982. L'établissement compte sept directions interrégionales en métropole et cinq outremer, basées en Martinique (assurant la gestion et la coordination pour la Guadeloupe, les îles du nord Saint-Martin, et St-Barthélemy et la Guyane), en Nouvelle-Calédonie, Polynésie française , à la Réunion et à Saint Pierre et Miquelon.

Météo-France participe depuis plusieurs années à un effort de maîtrise des dépenses : diminution de la dotation de l'État, baisse des effectifs, fermeture de centres locaux [12].

Météo-France est signataire du Pacte PME.

Direction[modifier | modifier le code]

Météo-France est dirigé par Jean-Marc Lacave depuis le 1er janvier 2014[13]. Le directeur général adjoint est Olivier Gupta. Parmi les anciens directeurs, on peut citer :

  • Jean Labrousse[14], de 1982 à 1986.
  • André Lebeau, de 1986 à 1994. C'est la période du changement de statut : André Lebeau a donc été successivement directeur de la Météorologie Nationale, puis de Météo-France.
  • Jean-Pierre Beysson de novembre 1993 à novembre 2005.
  • Pierre-Étienne Bisch, de novembre 2005 à mars 2009.
  • François Jacq de mars 2009 à décembre 2013.

Formation[modifier | modifier le code]

Le personnel ingénieur des travaux de la météorologie et technicien de Météo-France est formé à l'École nationale de la météorologie (ENM), école interne à Météo-France.

Missions[modifier | modifier le code]

Le décret portant création de l'établissement public Météo-France définit ses missions[15].

En tant qu'organisme météorologique et climatologique national français, Météo-Franc est chargé [16]de surveiller 24 heures sur 24 l'atmosphère, l'océan superficiel et le manteau neigeux, d'en prévoir les évolutions et de diffuser les informations correspondantes. Il exerce les attributions de l'Etat en matière de sécurité météorologique des personnes et des biens.

Cette mission se traduit notamment par la publication de cartes de vigilance en cas de prévision de phénomènes météorologiques dangereux, et le support aux autres services de l'Etat pour la gestion des inondations et sécheresses. L'établissement contribue également à la gestion des risques sanitaires et technologiques dépendants de la météorologie : surveillance de la qualité de l'air, des pollens, prévision de la dispersion des pollutions accidentelles - chimiques ou nucléaires - dans l'atmosphère ou à la surface de la mer. Dans ses domaines de compétence, Météo-France est ainsi amené à intervenir en support aux services chargés en métropole et en outre-mer de la sécurité civile, de la prévention des risques majeurs et de la sûreté nucléaire.

Météo-France apporte également une assistance météorologique opérationnelle aux forces armées françaises, que ce soit sur le territoire national ou sur les théâtres d'opération à l'étranger. Cette mission est assurée par le Centre Interarmées de Soutien Météo-océanographique des Forces (CISMF)[17] installé sur le site de Météo-France à Toulouse.

Météo-France est d'ailleurs chargé de :

  • La gestion d'un réseau d'observation :
    • Météo-France est chargé de gérer, de maintenir et de moderniser un réseau d'observation de l'atmosphère, de l'océan superficiel et du manteau neigeux en métropole et outremer. Il intègre également les observations météorologiques effectuées par d'autres organismes publics.
  • La conservation de la mémoire du climat
    • Météo-France est chargé de constituer et de gérer la banque de données du climat passé et actuel. La mémoire du climat impose la collecte des observations sont nécessaires pour produire des modèles climatiques numériques et anticiper les changements de climat. Météo-France met en place les moyens de stockage et d'accès à es données. Elles sont exploitées quotidiennement pour des productions en temps quasi-réel mais sont aussi la base d'études très pointues. Préciser la connaissance du climat est un impératif pour la recherche et les politiques publiques d'adaptation au changement climatique. Météo-France a entrepris un effort de recherche et de sauvetage de documents contenant des données anciennes, "Data Rescue" (selon la terminologie des programmes internationaux qui encouragent cet effort). L'évolution du climat passé est calculé à partir des longues séries de données observées. Le soutien aux politiques publiques d'adaptation au changement climatique occupe par ailleurs une place croissante dans les activités de Météo-France. L'établissement s'emploie notamment à préciser les impacts des changements climatiques. Météo-France est ainsi associé aux travaux du GIEC, notamment pour la réalisation de projections climatiques. L'établissement contribue à divers projets coopératifs, notamment en liaison avec le Plan National d'Adaptation au Changement Climatique (PNACC).
  • L'assistance météorologique à la navigation aérienne
  • L'amélioration de la connaissance et des données météorologiques et climatiques
    • Par ses activités de recherche et de développement, Météo-France participe à l'amélioration de l'observation et de la connaissance de l'atmosphère et de ses interactions avec les autres milieux naturels, les activités humaines et le climat. Cette mission s'effectue à l'échelle nationale et internationale, en coopération avec d'autres organismes. La diffusion des nouvelles connaissances ainsi acquises et des données météorologiques fait partie intégrante des attributions de service public de Météo-France.
  • La formation des personnels civils et militaires spécialistes en météorologie
    • Météo-France définit, assure et contrôle la formation et le perfectionnement de ces publics, et contribue d'une manière générale à l'enseignement de la météorologie[18]. Cette mission est assurée par l'Ecole nationale de météorologie (ENM) qui lui est directement rattachée.
  • La représentation de la France au sein des organisations météorologiques internationales et européennes
    • En tant qu'organisme météorologique et climatologique national, Météo-France représente la France, et est chargé de remplir ses engagements, au sein de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) qui coordonne la coopération internationale sur le plan technique, mais aussi au sein de toute organisation internationale ou européenne ayant vocation à s'occuper de météorologie.
  • La contribution au développement économique et à l'amélioration de la qualité de vie, en répondant aux besoins d'information des secteurs d'activités météo-sensibles.
    • Météo-France assure cette mission par le biais de la mise à disposition de données publiques auprès de ses publics et à travers son activité commerciale[19]. Cette dernière vise à developper des services météorologiques et climatiques adaptés aux besoins des collectivités et d'entreprises de secteurs tels que l'énergie, les transports, l'agriculture[20],[21], l'assurance et l'assainissement en milieu urbain.

Activités[modifier | modifier le code]

Pour assurer ses missions, Météo-France conduit des activités techniques multiples dont les orientations stratégiques font l'objet de Contrats d'Objectifs et de Performance avec l'Etat.

La prévision du temps[modifier | modifier le code]

La prévision du temps constitue un des coeurs de métier de Météo-France, aux côtés de l'étude du climat. Elle couvre la prévision de l'évolution de l'atmosphère, de l'océan superficiel et du manteau neigeux. La prévision numérique du temps repose sur l'observation, la simulation du comportement de l'atmosphère par des modèles numériques et l'expertise des prévisionnistes.

L'optimisation constante de la pertinence et de la qualité de la prévision numérique, et l'amélioration des prévisions de l'état du manteau neigeux et de l'état de la surface de la mer font partie des priorités fixées à Météo-France.

L'observation[modifier | modifier le code]

Les observations sont la matière première utilisée par les météorologues pour prévoir le temps, et par les climatologues pour observer le climat. Le réseau d'observation de Météo-France se compose de différents systèmes gérés en propre ou avec d'autres organismes :

- des stations météorologiques (sur terre et en mer) capables de mesurer un grand nombre de paramètres (vent, température, humidité, précipitation, pression, rayonnement, état de surface, quantité de nuages et hauteur de leur base, hauteur de neige, vagues, houle,...)

- des radars hydrométéorologiques pour mesurer et observer les précipitations ; des satellites météorologiques dont la gestion est mutualisée au niveau européen par Eumetsat

- des radiosondages pour effectuer des mesures en altitude ; des capteurs embarqués sur des bateaux ou des avions

- des lidars et des sodars qui fournissent des mesures utiles en particulier sur les aéroports (visibilité, détection d'aérosols, intensité et direction du vent).

Aux observations effectuées par Météo-France s'ajoutent celles recueillies dans les autres pays. L'échange de données entre centres météorologiques se fait grâce à un système d'information spécifique et partagé, défini par l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

La modernisation et le renouvellement du réseau existant font partie des priorités fixées par l'Etat à Météo-France, notamment grâce à la poursuite du déploiement de stations automatiques de nouvelle génération et l'amélioration de la couverture radar du territoire métropolitain et outremer.

La gestion d'infrastructures essentielles[modifier | modifier le code]

Météo-France dispose de moyens de calcul haute performance utilisés pour la prévision numérique du temps et la modélisation du climat. En 2014, Météo-France s'est doté de deux nouveaux supercalcultateurs à l'issue d'un appel d'offres remporté par Bull. Leur puissance de calcul est douze fois plus importante que celle du système précédent. Un nouveau renforcement des moyens de calcul est prévu d'ici fin 2016 : la puissance réelle devrait alors être à nouveau multipliée par 3[22]. En 2016, l'établissement terminera aussi de déployer une nouvelle station de travail plus interopérable pour ses prévisionnistes : Synopsis.

La recherche[modifier | modifier le code]

Les activités de recherche de Météo-France vient en support à l'ensemble des métiers de l'établissement. Elles sont les sources des innovations mises en oeuvre en matière d'observation, de prévision numérique du temps et de simulation climatique. Le Centre national de recherche météorologiques (UMR 3589 CNRM, Météo-France et CNRS) conduit l'essentiel de ces activités.

Le CNRM compte environ 300 agents titulaires ou contractuels et 50 doctorants sur les sites de Toulouse et Grenoble.

Les orientations stratégiques fixées par l'Etat à Météo-France sur la période 2012-2016 font de la recherche une priorité[23] de l'établissement pour lui permettre de "s'imposer comme une référence par son excellence scientifique, technique et opérationnelle".

Les activités commerciales[modifier | modifier le code]

Les activités commerciales de Météo-France ont pour vocation de répondre aux attentes en prestation météorologique et climatologiques des grands secteurs de l'économie, sur un marché concurrentiel organisé en deux grands domaines, les citoyens et le secteur professionnel.

Responsabilités et coopérations internationales[modifier | modifier le code]

La coopération internationale est essentielle en météorologie et climatologie, aussi bien sur le plan opérationnel que pour la recherche. Météo-France représente la France et participe activement aux activités des quatre organisations mondiales et européennes qui structurent cette collaboration :

- l’Organisation météorologique mondiale (OMM), institution spécialisée de l'ONU, qui assure une coordination en terme de standard technique au plan international ;

- l'organisation européenne our l'exploitation des satellites météorologiques (EUMETSAT) qui a en charge la définition et la mise en oeuvre du système d'observation satellitaire mutualisé au plan européen, notamment Météosat et METOP ;

- Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT), qui fédère les efforts européens en la matière et apporte son concours aux divers services météorologiques nationaux ;

- le groupement d'intérêt économique Eumetnet qui rassemble les services météorologiques européens afin de conduire la coordination dans tous les autres domaines (observations in situ, formation, protection des radiofréquences, etc...)

Météo-France assume des responsabilités opérationnelles dans le cadre d'autres institutions internationales :

  • Surveillance des nuages de cendre volcanique, et production de messages d'avertissement à l'aéronautique, sur une grande partie de l'Europe de l'ouest, et l'Afrique, en tant que VAAC désigné par l'OACI.
  • Production des bulletins de prévision météorologiques pour le Système mondial de détresse et de sécurité en mer (SMDSM), sur les zones MetArea II et III.
  • Suivi de dispersion atmosphérique de polluants, en tant que Centre Météorologique Régional Spécialisé pour l'Agence Internationale à l'Energie Atomique (AIEA)

Certaines entités en outre-mer ont des responsabilités importantes au niveau international :

Météo-France intervient aussi en appui des politiques françaises de coopération et d'aide au développement. En Afrique, Météo-France soutient ainsi le Centre Africain pour les applications de la météorologie pour un développement durable (Acmad).

Prévision numérique du temps[modifier | modifier le code]

La prévision numérique du temps constitue un des coeurs de métier de Météo-France, aux côtés de l'étude du climat. Elle consiste à prévoir l'état futur de l'atmosphère en s'appuyant sur des modèles représentant les équations d'évolution de l'atmosphère notamment.

L'élaboration d'une prévision météorologique peut se décomposer en quatre étapes :

- l'observation de l'état de l'atmosphère grâce aux satellites, radars, stations au sol, bouées...

- l'assimilation des données d'observations, c'est-à-dire le traitement permettant de les rendre utilisables par le modèle.

- la simulation de l'évolution des paramètres météorologiques, effectuée grâce à des modèles de prévision s'appuyant sur les lois fondamentales de la mécanique des fluides, de la thermodynamique, des changement d'état de l'eau.

- l'analyse des résultats par les prévisionnistes : connaissant les imperfections des modèles et les caractéristiques locales des climats, ils ajustent les résultats des simulations et définissent le scénario le plus probable, et le traduisent en carte et bulletins adaptés aux utilisateurs.

Les prévisionnistes caractérisent aussi les risques de phénomènes dangereux et prennent des décisions concernant la vigilance météorologique. Ils assurent un contact direct avec certaines catégories d'utilisateurs, comme le service en charge de la sécurité civile.

Pour simuler le comportement de l'atmosphère, Météo-France développe et utilise deux modèles numériques de prévision du temps :

  • Le modèle global Arpège (acronyme ARPÈGE : Action de Recherche Petite Échelle Grande Échelle) couvre l'ensemble du globe avec une résolution variant de 7,5 km sur la métropole à 60 km aux antipodes. Il est utilisé pour prévoir les évolutions des phénomènes de grande échelle (dépressions, anticyclones) et pour la prévision jusqu'à une échéance de 3 jours sur la métropole et l'outre-mer.
  • Des modèles régionaux : sur la métropole, Arome (acronyme AROME : Application de la Recherche à l'Opérationnel à Méso-Échelle) simule depuis fin 2008 l'état de l'atmosphère sur la France avec une maille qui est, en 2016, de 1,3 km. Ces informations très détaillées permettent aux prévisionnistes d'affiner leur prévision à petite échelle, notamment pour anticiper et localiser des phénomènes potentiellement dangereux comme les orages.

Pour réaliser leurs bulletins, les prévisionnistes expertisent les sorties de ces différents modèles de prévision, ainsi que les résultats des modèles des services météorologiques étrangers.

Météo-France participe également au même titre que tous les états membres au développement du modèle global de prévision du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, basé à Reading en Grande-Bretagne, qui simule l'état de l'atmosphère jusqu'à 10 jours d'échéance.

La prévision numérique du temps et les activités de recherche associées utilisent environ 75% des capacités de calcul de Météo-France. Depuis le 14 janvier 2014, ces modèles s’exécutent sur deux supercalculateurs BULL B710 DLC, chacun d'environ 1000 nœuds bi-processeur Intel Xeon à 12 cœurs, d'une puissance totale d’approximativement 1 pétaflop [24] en 2014 (soit 12 fois plus que le NEC SW9 utilisé de 2008 à 2014).Un nouveau renforcement des moyens de calcul est prévu d'ici fin 2016 : la puissance réelle devrait alors être à nouveau multipliée par 3.[25]

La mémoire du climat[modifier | modifier le code]

La climatologie est la branche de la météorologie consacrée à l'étude des climats.

Pour connaître le futur, il faut comprendre le passé. La mémoire du climat impose la collecte des observations et des conditions de mesures, les "métadonnées", qui sont conservées au même titre que les données elles-mêmes. Ces observations sont nécessaires pour produire des modèles climatiques numériques et anticiper les changements du climat. Météo-France met en place les moyens de stockage et d'accès à ces données. Elles sont exploitées quotidiennement pour des productions en temps quasi-réel mais sont aussi la base d'études très pointues.

Préciser la connaissance du climat est un impératif pour la recherche. La communauté scientifique a entrepris un effort de recherche et de sauvetage de documents contenant des données anciennes, "Data Rescue" (selon la terminologie des programmes internationaux qui encouragent cet effort).

Dans le cadre de la mission de « mémoire du climat » confié à Météo-France, une action majeure mobilise Météo-France et les Archives nationales[26]. La signature en janvier 2012 du partenariat scientifique entre les deux institutions et le soutien de la Fondation BNP Paribas, a permis de mener une opération de grande ampleur. Un travail d'inventaires scientifiques et archivistiques est effectué sur les relevés climatologiques de la période 1850-1970 conservés par les Archives nationales, à Fontainebleau. Les carnets d'observations, les comptes rendus quotidiens (CRQ), les relevés des départements, des postes bénévoles, des écoles normales, des hôpitaux militaires d'outre-mer sont autant de sources précieuses d'informations pour la connaissance du climat passé de la France et de ses anciennes colonies.

Identités visuelles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notre histoire », Tout savoir sur la météo, le climat et Météo-France, Météo-France,‎ (consulté le 16 janvier 2016).
  2. décret n° 93-861 du 18 juin 1993
  3. « Les archives historiques de la DGAC » [PDF] (consulté le 16 janvier 2016).
  4. La Météorologie, Société météorologique de France, , p. 186.
  5. La Météorologie, Société météorologique de France, , p. 64.
  6. « Sur le rapport de la Cour des comptes relatif à Météo France », sur www.senat.fr (consulté le 15 septembre 2016)
  7. « Météo France met en place une nouvelle alerte vagues submersion | Portail du Gouvernement », sur archives.gouvernement.fr (consulté le 15 septembre 2016)
  8. (fr) « Météo France présente Arome, son nouveau modèle de prévision » (consulté le 15 septembre 2016)
  9. « Metéo France se dote d'un nouveau supercalculateur », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  10. (fr) « Météo France augmente la précision de ses modèles » (consulté le 15 septembre 2016)
  11. http://www.meteofrance.fr/nous-connaitre/meteofrance-en-bref 
  12. Projet de loi de finances pour 2015 - note de présentation du programme 170 « Météorologie »
  13. « Décret du 19 décembre 2013 paru au JORF n°0297 »,‎ (consulté le 16 janvier 2016).
  14. « Jean Labrousse », Biographie, sur Club des argonautes (consulté le 16 janvier 2016).
  15. Décret n°93-861 du 18 juin 1993 portant création de l'établissement public Météo-France, (lire en ligne)
  16. Décret n°93-861 du 18 juin 1993 portant création de l'établissement public Météo-France, (lire en ligne)
  17. « ALLO LE CISMF », sur www.defense.gouv.fr (consulté le 29 septembre 2016)
  18. « Ecole nationale de météorologie (ENM) - 31 Toulouse | Portail de la Fonction publique », sur www.fonction-publique.gouv.fr (consulté le 29 septembre 2016)
  19. « Météo-France. Toulouse veut garder un temps d'avance - A l'affiche - Le Journal des entreprises », sur www.lejournaldesentreprises.com (consulté le 29 septembre 2016)
  20. « Aide à la décision : Arvalis et Météo-France lancent Taméo pour piloter les cultures », sur www.lafranceagricole.fr (consulté le 29 septembre 2016)
  21. « Salon de l’agriculture : quand les fermes se digitalisent » (consulté le 29 septembre 2016)
  22. « Metéo France se dote d'un nouveau supercalculateur », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  23. « 3 questions à Jean-Marc Lacave, président-directeur général de Météo-France - Ministère de l'Environnement, de l'Energie et de la Mer », sur www.developpement-durable.gouv.fr (consulté le 30 septembre 2016)
  24. « Les supercalculateurs de Météo-France », Comprendre la météo, Météo-France (consulté le 2 mai 2016).
  25. « Metéo France se dote d'un nouveau supercalculateur », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  26. Partenariat Météo-France - Archives nationales [1] et [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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