Aller au contenu

Tigny-Noyelle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Tigny-Noyelle
Tigny-Noyelle
Le centre de la commune.
Blason de Tigny-Noyelle
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Pas-de-Calais
Arrondissement Montreuil
Intercommunalité Communauté d'agglomération des Deux Baies en Montreuillois
Maire
Mandat
Jérémy Pernak
2024-2026
Code postal 62180
Code commune 62815
Démographie
Gentilé Tygniens
Population
municipale
163 hab. (2023 en évolution de −6,32 % par rapport à 2017)
Densité 24 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 21′ 13″ nord, 1° 42′ 24″ est
Altitude Min. 2 m
Max. 49 m
Superficie 6,76 km2
Type Commune rurale à habitat très dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Berck
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Berck
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
Tigny-Noyelle
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
Tigny-Noyelle
Géolocalisation sur la carte : Pas-de-Calais
Voir sur la carte topographique du Pas-de-Calais
Tigny-Noyelle
Géolocalisation sur la carte : Hauts-de-France
Voir sur la carte administrative des Hauts-de-France
Tigny-Noyelle
Liens
Site web tigny-noyelle.fr

Tigny-Noyelle est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Tygniens. Sa population est de 163 habitants au recensement de 2023. Elle est membre de la communauté d'agglomération des Deux Baies en Montreuillois. La commune s'inscrit dans les « paysages du val d’Authie » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages.

Géographie

[modifier | modifier le code]

Localisation

[modifier | modifier le code]

Localisée dans le sud-ouest du département du Pas-de-Calais et limitrophe du département de la Somme, Tigny-Noyelle est une commune drainée par le fleuve côtier l'Authie et située, à vol d'oiseau, à 10 km au sud-est de la commune de Berck (aire d'attraction) et à 12 km au sud-ouest de la commune de Montreuil-sur-Mer (chef-lieu d'arrondissement)[1].

Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de six communes dont deux, Nampont et Villers-sur-Authie, dans le département de la Somme. Les communes limitrophes sont Colline-Beaumont, Conchil-le-Temple, Lépine, Nampont, Nempont-Saint-Firmin et Villers-sur-Authie.

Géologie et relief

[modifier | modifier le code]

La superficie de la commune est de 6,76 km2 ; son altitude varie de 2 à 49 mètres[2].

Hydrographie

[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune est situé dans le bassin Artois-Picardie[3].

Il est drainé par cinq cours d'eau :

  • l'Authie, fleuve côtier d'une longueur de 108,18 km, qui prend sa source dans la commune de Coigneux, située dans le département de la Somme, et qui se jette dans la Manche entre les communes de Berck et de Fort-Mahon-Plage[4]. Son embouchure est typique des estuaires picards ;
  • le canal de Déssechement Aval, d'une longueur de 5,36 km[5] ;
  • le fossé de winter, d'une longueur de 2,68 km[6] ;
  • le fleuve l'Authie, d'une longueur de 1,22 km[7] ;
  • et un cours d'eau au toponyme hydrographique inconnu[8].
Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Tigny-Noyelle[Note 2].

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[9]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[10]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[11] et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement (1 550 h/an) ; forte humidité de l’air (plus de 20 h/jour avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents[12]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[13],[14].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,7 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 12,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 844 mm, avec 12,3 jours de précipitations en janvier et 7,9 jours en juillet[9]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune du Touquet-Paris-Plage à 20 km à vol d'oiseau[15], est de 11,2 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 888,8 mm[16],[17]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,9 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −19,1 °C, atteinte le [Note 3].

La commune s'inscrit dans les « paysages du val d’Authie » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages de la région Nord-Pas-de-Calais, conçu par la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL)[Note 4],[18]. Ces paysages, qui concernent 83 communes, se délimitent : au sud, dans le département de la Somme par les « paysages de l'Authie et du Ponthieu », dépendant de l'atlas de paysages de la Picardie et au nord et à l'est par les « paysages du Montreuillois », les « paysages du Ternois » et les « paysages des grandes plaines arrageoises et cambrésiennes ». Le caractère frontalier de la vallée de l'Authie, aujourd’hui entre le Pas-de-Calais et la Somme, remonte au Moyen Âge où elle séparait le royaume de France du royaume d'Espagne, au nord[19].

Le coteau nord est escarpé alors que le coteau sud offre des pentes plus douces. À l'ouest, l'Authie s'ouvre sur la baie d'Authie, typique de l'estuaire picard, et se jette dans la Manche. Avec son vaste estuaire et les paysages des bas-champs, la baie d'Authie contraste avec les paysages plus verdoyants en amont[19].

L'Authie, entaille profonde du plateau artésien, a créé des entités écopaysagères prononcées avec un plateau calcaire dont l'altitude varie de 100 à 163 m qui s'étend de chaque côté du fleuve. L'altitude du plateau décline depuis le pays de Doullens, à l'est (point culminant à 163 m), vers les bas-champs picards, à l'ouest (moins de 40 m). Le fond de la vallée de l'Authie, quant à lui, est recouvert d'alluvions et de tourbes. L'Authie est un fleuve côtier classé comme cours d'eau de première catégorie où le peuplement piscicole dominant est constitué de salmonidés[19].

L'occupation des sols des « paysages du val d'Authie » est composée pour 69,48 % en cultures, 15,34 % en prairies naturelles, permanentes, 7,79 % en forêts et milieux semi-naturels, 5,04 % en espaces artificialisés avec principalement les communes d'Auxi-le-Château et Doullens, 1,11 % en cours d'eau et plans d'eau, 0,87 % en peupleraies et 0,37 % en espaces industriels[19].

Milieux naturels et biodiversité

[modifier | modifier le code]

La commune possède un arboretum qui regroupe une bonne partie des essences de la région.

Espaces protégés et gérés

[modifier | modifier le code]

La protection réglementaire est le mode d’intervention le plus fort pour préserver des espaces naturels remarquables et leur biodiversité associée[20].

Dans ce cadre, la commune fait partie de deux espaces protégés :

Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique

[modifier | modifier le code]

L’inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire.

La commune abrite deux zones humides classées ZNIEFF de type 1 :

On y trouve aussi une riche flore[27] (Ce site abrite environ 10 % des espèces de plantes pouvant être observée dans tout le Nord/Pas-de-Calais), dont l’Ache rampante[28] devenue très rare dans la région et dans toute l'Europe de l'Ouest, une petite plante palustre des bords (écotones) de milieux inondés et piétinés (par les animaux), ou encore la Grande douve, le Troscart des marais (plante toxique pour les moutons), l'Hottonie des marais et bien d'autres.
Le marais, depuis 1997, fait l'objet de mesures de gestion restauratoire (étrépage expérimental, pose de clôtures pour une pression contrôlée de pâturage, avec suivi phytosociologique, d'inventaires naturalistes (faune, flore, fonge), avec l'aide de spécialistes[29]. Des études périodiquement mises à jour portent sur la biodiversité (invertébrés aquatiques, dont mollusques), orthoptères en particulier). Une étude pédologique a permis de mieux comprendre le fonctionnement du sol, en complément d'une cartographie des milieux et du réseau hydrographique et d'une sonde piézométrique, permet sur le site de suivre les variations du niveau de la nappe auxquelles de nombreuses espèces autochtones sont sensibles.
Ce site reste néanmoins vulnérable à certaines pollutions et à des difficultés de maitrise des niveaux d’eau notamment car en lien direct avec le canal ; une menace est la baisse de la nappe consécutive à des drainages périphériques au site, mais ces derniers devraient maintenant être limités par le classement du site dans le Réseau Natura 2000.
Ce marais et les prairies associées sont un élément important de la trame verte et bleue régionale et nationale. Un objectif de « bon état écologique » doit y être atteint pour 2015 (obligation de la Directive cadre sur l'eau). Les amphibiens, pour des raisons mal comprises sont assez mal représentés[29], mais on peut signaler le triton alpestre (protégé et en régression) ou encore Bufo calamite et rainette (Hyla arborea). Quatorze espèces d'odonates étaient répertoriées en 2003 (dont l'Agrion élégant et le Calopteryx éclatant, mais trois n'avaient pas été revus par rapport à l'inventaire du 1er bilan du plan de gestion, dont la libellule fauve)[29]. Parmi les orthoptères, le criquet ensanglanté est signalé (considéré comme une espèce patrimoniale). l'inventaire est loin d'être exhaustif, mais il sera riche ; on signalait déjà par exemple en 2003 pour les mollusques aquatiques : Escargots aquatiques : Viviparus contectus, Bithynia tentaculata, Bithynia leachi, Balvata christata, Limnaea stagnalis, Stagnicola palustris, Stagnicola fuscus, Radix ovata, Planorbis planorbis, Anisus vortex, Anisus locostoma, Bathyomphalus contortus, Segmentina nitida, Planorbarius corneus, Aplexa hypnorum[29]... La liste des papillons de jour et de nuit est beaucoup plus longue.
À la suite de la disparition des grands mammifères herbivores (à la préhistoire ou plus récemment), ce type de milieux en l'absence d'intervention humaine évoluerait vers une forêt humide. Le marais est géré et protégé par le Conservatoire d'espaces naturels du Nord et du Pas-de-Calais de manière à rester une zone humide et un milieu ouvert, selon une convention signée en 1997. C'est le pâturage extensif ou des opérations de fauche avec exportation qui remplacent l'action de la grande faune herbivore disparue. Un travail d'information et de sensibilisation du public est fait par le gestionnaire, avec la commune, le comité consultatif de gestion, la pose de panneau d’information, et la diffusion d'une plaquette de présentation[30], ainsi que la mise en place d'une surveillance tout au long de l'année.
Le marais est aussi une zone tampon hydrauliquement importante : quand il est sous un mètre d'eau, il stocke et épure 300 000 m3 d'eau, qui en été alimenteront l'Authie en étiage. Pour cette raison une partie du marais est inaccessible durant plusieurs mois. Parfois, comme en 2001, le niveau de l'eau est inhabituellement élevé[29] ;
  • le marais du Warnier, d’une superficie de 9 hectares et d'une altitude variant de 4 à 8 mètres[31].

Le territoire communal comprend également une ZNIEFF de type 2[Note 5] : la basse Vallée de l’Authie et ses versants entre Douriez et l’estuaire. Cette ZNIEFF forme une longue dépression au fond tourbeux et offre plus de 4 000 hectares de marais, de prairies humides et d'étangs[32].

Site Natura 2000

[modifier | modifier le code]

Le réseau Natura 2000 est un réseau écologique européen de sites naturels d’intérêt écologique élaboré à partir des directives « habitats » et « oiseaux ». Ce réseau est constitué de zones spéciales de conservation (ZSC) et de zones de protection spéciale (ZPS). Dans les zones de ce réseau, les États membres s'engagent à maintenir dans un état de conservation favorable les types d'habitats et d'espèces concernés, par le biais de mesures réglementaires, administratives ou contractuelles[33].

Sur la commune, un site Natura 2000 de type B est défini en zone spéciale de conservation : les prairies et marais tourbeux de la basse vallée de l'Authie, d'une superficie de 307 hectares[34].

Au , Tigny-Noyelle est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[35]. Elle est située hors unité urbaine[36]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Berck, dont elle est une commune de la couronne[Note 6],[36]. Cette aire, qui regroupe 19 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[37],[38].

Occupation des sols

[modifier | modifier le code]

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (91,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (92,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (64,7 %), prairies (19 %), zones agricoles hétérogènes (7,6 %), zones humides intérieures (4,6 %), forêts (3,8 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,3 %)[39]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

D'après l'historien Auguste de Loisne, le nom de la localité est attesté sous les formes Tigny en 1152 ; Tegny en 1249 ; Tigni en 1252 ; Tingny en 1256 ; Tinniacum, Tinniachum en 1264[40]; Tigny Noyelles en 1793 ; Tigny-Noyelles et Tigny-Noyelle depuis 1801[2].

Selon le toponymiste Ernest Nègre, le toponyme Tigny vient du gallo-roman Tenniacum, anthroponyme roman Tennius dérivé avec le suffixe -acum « domaine, propriété »[41], donnant « domaine du seigneur Tennius ».

Le nom de la localité Noyelle (ancienne section de Tigny-Noyelle) est attesté sous les formes Nigella en 917 ; Neiletta à la fin du XIe siècle ; Nigellae en 1123 ; Noilete en 1153 ; Nuiella en 1157 ; Noele en 1197 ; Noella en 1237 ; Noyelle, Nigella super Alteiam en 1249 ; Nihele en 1263 ; Noiele en 1281 ; Noiele-sur-Auty en 1301 ; Noyelle-sur-Authie en 1703[42].

Latinisé en Nigella au IXe siècle, sur la base de l'homonyme nielle. Toponyme gaulois composé de *novio, latinisé en Nigella aux IXe et Xe siècles (« neuf, nouveau » → voir Noyon) et *ialo- (« clairière, lieu défriché, essart » → voir Neuilly et Noailles).

Foulques, chevalier, sire de Nempont et Enguerran, chevalier sire de Beaurain, possédaient chacun un moulin à Tigny : Foulques donna le sien aux religieux de Saint-Josse-au-Bois en 1142. Le fils d'Enguerran de Beaurain suivit cet exemple en 1158.

Le comte de Ponthieu, les seigneurs de Nempont et de Collines, messires Enguerran de Lianne, Gaultier de Waben et Gilbert de Aurenc augmentèrent dans le cours du XIIIe siècle, le domaine que l'abbaye de Saint-Josse-au-Bois ou Dommartin avait à Tigny. Les marais d'Aurenc, qui lui appartenaient, longeaient la chaussée menant de Noyelle au moulin de Tigny.

Au mois de , le comte de Ponthieu vint à Dommartin pour régler la bannée du moulin de Tigny. Il fut convenu que les habitants de Waben, de Verton, de Tigny, de Saint-Vaast et de Saint-Quentin-en-Tourmont en Marquenterre y feraient moudre leurs grains sous peine d'amende.

Les droits de mouture se partageront également entre le comte et les moines ; ceux-ci choisiront le meunier.

Les constructions occasionnées par le séjour du comte sont à frais communs, mais les dépenses occasionnées par le séjour du comte ou de l'abbé à Tigny demeureront personnelles.

Aucun moulin ne pourra être établi contre le gré des moines depuis Maintenay jusqu'à la mer, et depuis Tigny jusqu'à Saint-Josse-sur-Mer.

La comtesse de Ponthieu et sa fille Marie, les chevaliers Hugues de Fontaine, Hugues Boteris, Gaultier de Hallencourt, Dreux de Ponches et Simon de Donqueur, les abbés de Valloires et de Saint-Jean d'Amiens, assistèrent à cette convention. (G.C. de Domartin)

Les moulins de Tigny étaient grevés de certaines redevances envers les seigneurs de Nempont, de Collines et de Beaurain, et payaient au roi deux-cents anguilles pour la retenue de la rivière.

Le domaine des moines comprenait en 1252 environ 375 journaux de terres labourables, 90 journaux de bois et 10 journaux de prairies.

Un religieux de Dommartin résidait à Tigny et y exerçait les fonctions de curé. La chronique de l'abbaye nous apprend que le prédécesseur du père Milon d'Andreult, nommé en 1682, s'était vu forcé de demeurer pendant quelque temps caché dans la tour de l'église pour se soustraire aux persécutions de ses paroissiens.

Le père Maigret nommé curé de Tigny en 1758, trouva l'église complètement délabrée, il y pleuvait de toutes parts et la commune mise en demeure de réparer la nef s'étant refusé à le faire, l'évêque d'Amiens dut l'interdire. Cette mesure de rigueur décida les habitants à exécuter les travaux nécessaires.

Hameau de Noyelle

[modifier | modifier le code]

Le moulin de Noyelle appartenait à Guillaume de Montreuil-Maintenay qui le donna aux moines de Dommartin en 1158.

Ses vassaux devaient y faire moudre leurs grains et lui-même s'engagea à fournir le bois nécessaire pour l'entretien des bâtiments. Guillaume de Nempont avait un four banal à Noyelle en 1311 (aveu de Maintenay).

Politique et administration

[modifier | modifier le code]

Découpage territorial

[modifier | modifier le code]

La commune se trouve dans l'arrondissement de Montreuil du département du Pas-de-Calais.

Commune et intercommunalités

[modifier | modifier le code]

La commune est membre de la communauté d'agglomération des Deux Baies en Montreuillois qui regroupe 46 communes et compte 65 084 habitants en 2022.

Circonscriptions administratives

[modifier | modifier le code]

La commune est rattachée au canton de Berck.

Circonscriptions électorales

[modifier | modifier le code]

Pour l'élection des députés, la commune fait partie de la quatrième circonscription du Pas-de-Calais.

Élections municipales et communautaires

[modifier | modifier le code]

Liste des maires

[modifier | modifier le code]
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1981 2014[43] Étienne Debruyne   Agriculteur
Vice-président de l'ancienne CC Opale Sud
2014 mars 2024
Démissionnaire[44]
Bruno Delenclos SE Cadre commercial[45],[46],[47]
Réélu pour le mandat 2020-2026[48],[49]
2024 2026 Jérémy Pernak SE  

Équipements et services publics

[modifier | modifier le code]

Espaces publics

[modifier | modifier le code]

La commune obtient sa première fleur au concours des villes et villages fleuris lors du dévoilement du palmarès le [50],[51].

Enseignement

[modifier | modifier le code]
École de 1936.

Population et société

[modifier | modifier le code]

Démographie

[modifier | modifier le code]

Les habitants sont appelés les Tygniens[52].

Évolution démographique

[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[53]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[54].

En 2023, la commune comptait 163 habitants[Note 7], en évolution de −6,32 % par rapport à 2017 (Pas-de-Calais : −0,69 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
263294351375402401398430410
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
371364370345341327318305305
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
310300289284268276257224221
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013
205190165185198196166157169
2018 2023 - - - - - - -
174163-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2006[55].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges

[modifier | modifier le code]

En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 28,7 %, soit en dessous de la moyenne départementale (36,7 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 34,5 % la même année, alors qu'il est de 24,9 % au niveau départemental.

En 2018, la commune comptait 88 hommes pour 86 femmes, soit un taux de 50,57 % d'hommes, largement supérieur au taux départemental (48,50 %).

Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.

Pyramide des âges de la commune en 2018 en pourcentage[56]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,0 
90 ou +
1,2 
5,7 
75-89 ans
8,1 
27,3 
60-74 ans
26,7 
13,6 
45-59 ans
16,3 
23,9 
30-44 ans
19,8 
10,2 
15-29 ans
11,6 
19,3 
0-14 ans
16,3 
Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2022 en pourcentage[57]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,5 
90 ou +
1,6 
5,9 
75-89 ans
9,1 
17 
60-74 ans
18,4 
20 
45-59 ans
19,1 
18,9 
30-44 ans
18 
18,2 
15-29 ans
16,2 
19,5 
0-14 ans
17,5 

Manifestations culturelles et festivités

[modifier | modifier le code]

Depuis 2006 l'association Euphonie organise le Festival Musica Nigella[58] entre le dernier weekend de mai et le premier weekend de juin. Cet événement à dimension internationale faisant partie du Réseau des festivals en Côte d'Opale, initié par le conseil régional, a donné naissance au premier ensemble orchestral professionnel du département : Ensemble Musica Nigella[59].

Culture locale et patrimoine

[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments

[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux

[modifier | modifier le code]
L'église.
  • L'église de la Nativité-de-Notre-Dame ou église Saint-Valéry :
    • le chœur de l'église, bâti au XVIe siècle aux frais de l'abbaye de Dommartin ;
    • la voûte est tombée, mais on peut juger de son architecture par la richesse des sculptures qui ornent les culs-de-lampe ;
    • la tour située à l'entrée de la nef était autrefois beaucoup plus élevée. Le maître autel porte la date de 1703.

Patrimoine civil

[modifier | modifier le code]
Le monument aux morts.

Personnalités liées à la commune

[modifier | modifier le code]
  • Takenori Nemoto (1969-), corniste, compositeur et chef d'orchestre japonais. Directeur artistique du festival Musica Nigella et directeur musical de l'Ensemble Musica Nigella, basé à Tigny-Noyelle.

Héraldique

[modifier | modifier le code]
Blason de Tigny-Noyelle Blason
Tiercé en pal d'azur, d'argent en d'azur, à trois molettes, deux d'or en chef chargeant l'azur, une d'azur en pointe chargeant l'argent.
Détails
Armes de Philippe de Buisy, chevalier et seigneur de Tigny au XVIIIe siècle, qui portait « d'azur à trois molettes d'or », auxquelles a été ajouté un pal d'argent, censé symboliser le marais qui sépare Tigny et Noyelle.
Adopté par la municipalité.

Pour approfondir

[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

[modifier | modifier le code]

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Accès au lien de l'article Wikipédia de la commune limitrophe en cliquant sur celle-ci.
  2. Les ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.
  3. Les records sont établis sur la période du au .
  4. La DREAL distingue, dans la région Nord-Pas-de-Calais, quatre grandes familles de paysages : ceux du Haut Pays, Bas Pays, Littoraux et d'interface. Ces grandes familles de paysages comprennent 21 grands paysages régionaux.
  5. Les ZNIEFF de type 2 sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes.
  6. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  7. Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
  1. IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).

Références

[modifier | modifier le code]
  1. « Distance, à vol d'oiseau, entre deux communes », après avoir lancé la recherche de la commune, sur la droite de la page d'accueil, choisir : Accéder aux outils cartographiques/Mesures/Mesurer une distance, sur le site Géoportail (consulté le ).
  2. a b et c Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. « Données de la commune », sur le site du service d'administration nationale des données et référentiels sur l'eau (Sandre) (consulté le ).
  4. Sandre, « Fiche cours d'eau - Authie (E5500570) » (consulté le )
  5. Sandre, « Fiche cours d'eau - Canal de Déssechement Aval (E5500742) » (consulté le ).
  6. Sandre, « Fiche cours d'eau - fossé de winter (E5500580) » (consulté le ).
  7. Sandre, « Fiche cours d'eau - fleuve l'authie (E5500591) » (consulté le ).
  8. Sandre, « Fiche cours d'eau - Toponyme hydrographique inconnu (E5502090) » (consulté le ).
  9. a et b Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501,‎ (DOI 10.4000/cybergeo.23155).
  10. Vincent Dubreuil, « Le changement climatique en France illustré par la classification de Köppen », La Météorologie, no 116,‎ (DOI 10.37053/lameteorologie-2022-0012).
  11. « Le climat en France hexagonale et Corse. », sur meteofrance.com (consulté le ).
  12. « Zonages climatiques en France métropolitaine. », sur pluiesextremes.meteo.fr (consulté le ).
  13. « Réglementation environnementale RE2020 », sur ecologie.gouv.fr, (consulté le ).
  14. « Répartition des départements par zone climatique » [PDF], sur ecologie.gouv.fr (consulté le )
  15. « Orthodromie entre Tigny-Noyelle et Le Touquet-Paris-Plage », sur fr.distance.to (consulté le ).
  16. « Station Météo-France « Le-Touquet », sur la commune du Touquet-Paris-Plage - fiche climatologique - période 1991-2020. », sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/ (consulté le ).
  17. « Station Météo-France « Le-Touquet », sur la commune du Touquet-Paris-Plage - fiche de métadonnées. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  18. DREAL, « atlas des paysages de la région Nord - Pas-de-Calais : Synthèse des grandes familles de paysages et des paysages régionaux qui la composent », sur hauts-de-france.developpement-durable.gouv.fr (consulté le ).
  19. a b c et d DREAL, « atlas des paysages de la région Nord - Pas-de-Calais : Paysages du val d’Authie », sur hauts-de-france.developpement-durable.gouv.fr (consulté le ).
  20. « Les espaces protégés. », sur le site de l’Inventaire national du patrimoine naturel (consulté le ).
  21. « espace protégé FR7200018 - baie de Somme », sur Le site de l'inventaire national du patrimoine naturel (consulté le ).
  22. « espace protégé FR4505954 - Marais du Warnier », sur Le site de l'inventaire national du patrimoine naturel (consulté le ).
  23. « espace protégé FR4505952 - marais de Tigny-Noyelle », sur Le site de l’Inventaire national du patrimoine naturel (consulté le ).
  24. « espace protégé FR1505861 - marais de Tigny-Noyelle », sur Le site de l’Inventaire national du patrimoine naturel (consulté le ).
  25. INPN, ZNIEFF310013698 - Marais de Tigny-Noyelle
  26. . Il correspond à une zone humide d'importance majeure telle que définie par la loi sur l'eau du 3 janvier 1992 (voir article 2)
  27. Voir inventaire flore de la Znieff (INPN)
  28. Fiche Opale-Sud ; Le marais de Tigny, une zone humide remarquable, consultée 2011-08-26
  29. a b c d et e Conservatoire des sites, Bilan du Plan de gestion, 2003
  30. « Plaquette de présentation du Marais de Tigny, Conservatoire des sites »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?) [PDF].
  31. « ZNIEFF 310013697 - Marais du Warnier », sur Le site de l'Inventaire national du patrimoine naturel (consulté le ).
  32. « ZNIEFF 310013700 - La basse Vallée de l’Authie et ses versants entre Douriez et l’Estuaire », sur Le site de l'Inventaire national du patrimoine naturel (consulté le ).
  33. (en) « The Natura 2000 protected areas network », sur European Environment Agency (consulté le ).
  34. « Natura 2000 FR3100492 - Prairies et marais tourbeux de la basse vallée de l'Authie », sur Le site de l'inventaire national du patrimoine naturel (consulté le ).
  35. « La grille communale de densité », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  36. a et b Insee, « Métadonnées de la commune de Tigny-Noyelle ».
  37. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Berck », sur le site de l'Insee (consulté le ).
  38. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
  39. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le ).
  40. Comte Auguste De Loisne, Dictionnaire topographique du département du Pas-de-Calais, Paris, (lire en ligne), p. 368.
  41. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Droz, (lire en ligne), p. 280.
  42. « Dictionnaire topographique de la France », sur dicotopo.cths.fr (consulté le ).
  43. « Le bilan du maire à Tigny-Noyelle : Étienne Debruyne passe la main, sans surprise ni regrets : À 73 ans, et après 32 ans à la tête de la commune de 180 âmes, Étienne Debruyne, maire de Tigny-Noyelle, a décidé de passer le témoin en mars », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  44. Fabrice Leviel, « Bruno Delenclos, maire de Tigny-Noyelle, a présenté sa démission », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  45. « Tigny-Noyelles : Bruno Delenclos succède à Étienne Debruyne : Samedi, le conseil municipal de Tigny-Noyelle a élu Bruno Delenclos en tant que nouveau maire de la commune, l’écharpe tricolore lui a été remise par Étienne Debruyne, le maire sortant. Ce dernier n’avait pas souhaité se représenter », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  46. « Liste des communes et des maires »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?) [xls], Préfecture du Pas-de-Calais, (consulté le ).
  47. Patrick Leroux, « Projets du maire de Tigny-Noyelle : comment mieux vivre ensemble dans le village : Bruno Delenclos, 47 ans, cadre commercial sans étiquette, a été élu maire de Tigny-Noyelle le 5 avril. La préservation et la valorisation du patrimoine, ainsi que le bien-vivre ensemble sont les projets phares de la commune », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  48. « Répertoire national des maires » [txt], Répertoire national des élus, sur data.gouv.fr, (consulté le ).
  49. « Résultats des élections municipales et communautaires 2020 », sur Le site du Ministère de l'Intérieur (consulté le ).
  50. Thomas Diévart, « Découvrez le palmarès 2018 des villes et villages fleuris en Picardie », Courrier picard, édition Picardie maritime,‎ , p. 6 (lire en ligne).
  51. « label de la commune », sur concours des villes et villages fleuris (consulté le ).
  52. Roger Brunet, « France, le trésor des régions », sur tresordesregions.mgm.fr (consulté le ).
  53. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  54. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  55. Fiches Insee - Populations de référence de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2022 et 2023.
  56. Insee, « Évolution et structure de la population en 2018 - Commune de Tigny-Noyelle (62815) », (consulté le ).
  57. Insee, « Évolution et structure de la population en 2022 - Département du Pas-de-Calais (62) », (consulté le ).
  58. Festival Musica Nigella
  59. Ensemble Musica Nigella
  60. « Le monument aux morts », sur Mémoires de pierres (consulté le ).