Chevalier (chevalerie)

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Le chevalier est un combattant à cheval. Il y a quatre sortes de chevalier[1] :

  • le chevalier régulier,
  • le chevalier militaire,
  • le chevalier honoraire,
  • le chevalier social.

«  La chevalerie reguliere, est celle des Ordres Militaires où l'on s'engage de prendre un certain habit, de porter les armes contre les Infidèles, de favoriser les Pèlerins allant aux lieux Saints, et de servir aux Hôpitaux où ils doivent être reçus. La Militaire est celle des anciens Chevaliers qui s'acquéroit par des hauts faits d'armes. On les appelloit Milites dans les anciens titres. Les Princes même se saisoient recevoir Chevaliers ; on leur ceignoit l'épée, et on leur chaussoit les éperons dorés. L'Honoraire est celle que les Princes confèrent aux autres Princes & aux premiers de leur Cour. La Sociale enfin est celle qui n'est point autorisée qui se forme dans quelques circonstances & qui ne subsiste plus après[1]. »

Le chevalier régulier[modifier | modifier le code]

Le chevalier régulier, que Bernard de Clairvaux appelle « chevalier du Christ » (miles Christi) et distingue du « chevalier du siècle » (miles saeculi)[2],[3], est un chevalier qui appartient à un ordre religieux-militaire. Ces ordres, apparus au Moyen Âge, à commencer par l'ordre du Temple fondé vers 1120, sont notamment caractérisés par l’assujettissement à une règle[4], au sens du « texte qui fixe les engagements religieux, les usages conventuels et les devoirs du nouveau frère à l'instant de sa profession dans l'ordre »[5], et par la prononciation de vœux, dont ceux d'obéissance, de pauvreté et de chasteté[6],[7]. Ces règles sont inspirées soit de celle de saint Benoît, s'adressant aux moines retirés dans un monastère, soit de celle de saint Augustin, destinée à ceux agissant dans le siècle[8].

Ces références au mode de vie monastique ont suscité de nombreux débats parmi les chercheurs autour de la notion de « moine-soldat ». Cette expression est souvent employée par les spécialistes pour caractériser ces « chevaliers du Christ »[9],[10], certains auteurs en attribuant la paternité à Bernard de Clairvaux[11]. La pertinence de cette expression, plus particulièrement le caractère monastique de ces chevaliers, est cependant discutée. Si Desmond Seward et Laurent Daillez estiment que les Templiers sont avant tout des moines[12],[13], James Brodman considère qu'il convient de distinguer les ordres militaires monastiques, d'inspiration bénédictine, de ceux hospitaliers, d'inspiration augustinienne[14]. Selon Alain Demurger, « les Templiers ne sont pas des moines, mais des religieux de type militaire »[15]. Sam Zeno Conedara propose de parler plutôt de « chevaliers ecclésiastiques », pour souligner le fait que ces chevaliers ne désiraient pas quitter le mode de vie guerrier, mais le consacrer[16].

Le chevalier militaire[modifier | modifier le code]

Le chevalier militaire est un chevalier laïc qui participe d'un ordre de chevalerie comme les ordres de chevalerie constitués en Europe par un suzerain.

Ce sont ces cavaliers qui sont à l'origine de la chevalerie. La chevalerie a peu à peu développé ses valeurs et ses coutumes propres, sous l'influence notamment de l'« amour courtois » (la « fin'amor ») des troubadours et trouvères. D'une fonction militaire au service de la veuve et de l'orphelin, la chevalerie est devenue une fraternité, puis un groupe social. Ce groupe social va progressivement devenir un idéal à suivre, un modèle, une institution, elle devenait la marque de la noblesse. Puis le titre de chevalier se banalise, étant acquis, moyennant finances, par les bourgeois enrichis des villes devenues prospères, et ne devenait plus guère qu’un terme honorifique. Ces ordres ont évolué progressivement vers les ordres honorifiques par sécularisation ou en ordres dynastiques.

Les chevaliers servaient dans l'armée de leur suzerain féodal, c'est-à-dire leur seigneur, roi ou empereur. Ils suivaient un code d'honneur, inspiré des vertus chrétiennes, consistant en principe à protéger le faible et l'opprimé. Cherchant principalement la gloire personnelle lors des opérations militaires, ils étaient souvent peu disciplinés et chargeaient en désordre à la vue de l'ennemi. Ils s'équipaient eux-mêmes, leurs armures, armes et destriers étant entièrement à leur charge.

Le chevalier honoraire[modifier | modifier le code]

Le chevalier honoraire est un chevalier qui participe d'un ordre honorifique. Ils servent à honorer ceux que les princes veulent distinguer.

Le chevalier social[modifier | modifier le code]

Le chevalier social est un chevalier qui participe d'un pseudo-ordre ou ordre de fantaisie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Dictionnaire ecclésiastique et canonique portatif, Paris, 1766, tome I, p. 364 : « Il y a quatre especes de Chevalerie, la régulière, la militaire, l'honoraire et la sociale. ». Lire en ligne
  2. Éloge de la nouvelle chevalerie, chapitre II
  3. Demurger 2002, p. 149
  4. Demurger 2002, p. 8
  5. Demurger 2002, p. 59
  6. Demurger 2002, p. 62
  7. (en) Giles Constable, Crusaders and Crusading in the Twelfth Century Couverture, Ashgate Publishing, (lire en ligne), p. 174
  8. Demurger 2002, p. 58
  9. Jean Leclercq, François Vandenbroucke et Louis Bouyer, La spiritualité du Moyen Age, Aubier, , p. 169
  10. (en) Desmond Seward, The Monks of War : The Military Religious Orders, Eyre Methuen,
  11. (en) Frederick H. Russell, The Just War in the Middle Ages, Cambridge University Press, (lire en ligne), p. 37
  12. Desmond Seward, Les Chevaliers de Dieu : les ordres religieux militaires au Moyen Âge à nos jours, Perrin, , p. 26
  13. Laurent Dailliez, Les Templiers, Perrin, , p. 84
  14. (en) James W. Brodman, « Rule and Identity: The Case of the Military Orders », The Catholic Historical Review, vol. 87, no 3,‎ (JSTOR 25025970)
  15. Demurger 2002, p. 9
  16. (en) Sam Zeno Conedera, Ecclesiastical Knights: The Military Orders in Castile, 1150-1330, Fordham University Press, (lire en ligne), p. 12-13

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bernard de Clairvaux, Éloge de la nouvelle chevalerie, c. 1130
  • Alain Demurger, Chevaliers du Christ : les ordres religieux-militaires au Moyen Âge (XIe-XVIe siècle), Le Seuil,
  • D'Arcy Jonathan Dacre Boulton, The knights of the crown: the monarchical orders of knighthood in later medieval Europe, 1325-1520, Boydell Press, 2000,
  • Alain Demurger (1997) Brève histoire des ordres religieux militaires, Éditions Fragile, collection Brève Histoire, (ISBN 2-910685-16-0)
  • Alain Demurger (2005), Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, Seuil, Paris, (ISBN 978-2-7578-1122-1)
  • François Saint-Christo Comte de Colleville, Les Ordres du roi, 1925. Réédition à Versailles 2001
  • Bertrand Galimard Flavigny, Histoire de l'Ordre de Malte, Perrin, Paris, 2006
  • Nicole Lemaître, Marie-Thérèse Quinson et Véronique Sot (1994) Dictionnaire culturel du christianisme, Cerf et Nathan, Paris
  • Bernard Marillier, « Les ordres de chevalerie médiévaux », dans Histoire médiévale, no 42, juin 2003, p. 48-49.
  • Bernard Marillier, « De Saint-Georges à Saint-Michel », dans Histoire médiévale, no 42, juin 2003, p. 50-55.
  • Bernard Marillier, « L'ordre de la Toison d'or », dans Histoire médiévale, no 42, juin 2003, p. 56-59.
  • Hervé Pinoteau, Études sur les ordres de chevalerie du roi de France, et tout spécialement les ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit, 1995.
  • Desmond Seward, Les Chevaliers de Dieu : Les ordres religieux militaires du Moyen Âge à nos jours, Paris, Librairie Académique Perrin, , 384 p. (ISBN 978-2-2620-2725-4)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]