Carte de Cassini

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Extrait de la carte de Cassini : le domaine royal de Versailles

La carte de Cassini ou carte de l'Académie est la première carte géométrique générale et particulière du royaume de France. Il serait plus approprié de parler de carte des Cassini, car elle a été dressée par la famille Cassini, principalement César-François Cassini (Cassini III) et son fils Jean-Dominique Cassini (Cassini IV) au XVIIIe siècle.

L'échelle adoptée est d'une ligne pour cent toises, soit une échelle de 1/86 400 (une toise vaut 864 lignes).

Cette carte constitue pour l'époque une véritable innovation et une avancée technique décisive. Elle est la première carte à s'appuyer sur une triangulation géodésique dont l'établissement a pris plus de soixante ans. Les quatre générations de Cassini se sont succédé pour réaliser ce travail. La carte ne localise pas précisément les habitations ou les limites des marais et forêts, mais le niveau de précision du réseau routier représenté est tel qu'en superposant des photos satellite orthorectifiées aux feuilles de la carte de la France, on obtient de spectaculaires résultats.

Le travail des Cassini laissa même son empreinte sur le terrain où l'on trouve encore aujourd'hui des toponymes dits « Signal de Cassini », qui révèlent les lieux où se sont effectuées les mesures de l'époque. Ces points de repères correspondent aux sommets des innombrables triangles qui formaient la trame de la carte de Cassini.

De nos jours, les chercheurs consultent fréquemment les feuilles de la carte des Cassini, soit sa forme papier en salle de lecture du département des cartes et plans de la Bibliothèque nationale de France, soit sa forme numérique en ligne (voir Liens externes). Elle intéresse tout particulièrement les archéologues, les historiens, les géographes, les généalogistes, les chasseurs de trésors et les écologues qui ont besoin de faire de l'écologie rétrospective ou de comprendre l'histoire du paysage.

Aux origines[modifier | modifier le code]

Carte de France corrigée, présentée à L'Académie en 1682.

On peut considérer que l'aventure de la carte de France des Cassini trouve ses racines sous le règne de Louis XIV, avec la création de l'Académie des Sciences, et les grands ambitions de Colbert concernant la marine française et les côtes de France à défendre d'une part, et l'état d'imprécision de la géographie du pays, d'autre part ; il s'avère en effet que les distances entre localités, par exemple, sont bien souvent estimées en journées de chevauchée, sans mesure réelle des parcours effectués[1].

En 1668, Colbert avise l'Académie des Sciences qu'il « désirait que l'on travaillât à faire des Cartes géographiquement de la France plus exactes que celles qui y ont été faites… » ; l'astronome et géodésien Jean Picard effectue alors la première triangulation de Paris à Amiens avec sa méridienne et dresse ainsi les assises de la carte particulière des environs de Paris qu'il va suivre tout au long de sa réalisation par David Vivier[2].

Puis, dans les années 1671-1673, le Roi Louis XIV ordonne à l'Académie de « dresser une carte de toute la France avec la plus grande exactitude possible ». Picard et La Hire vont relever astronomiquement latitudes et longitudes des principales villes du littoral[3], travaux qui aboutiront aux contours de la carte de France corrigée (mais non triangulée), présentée à L'Académie en 1682.

La France triangulée[modifier | modifier le code]

La méridienne de Paris et la carte de France, 1718.

Projet de châssis géographique[modifier | modifier le code]

Cassini I

En 1681, l'abbé Picard présente à l'Académie « un projet pour faire un châssis géographique pour toute la France… présenté à Monseigneur Colbert. ». Ce châssis doit comporter « une grande traverse » triangulée qui irait de Dunkerque à Perpignan et une autre ligne « qui contournerait le royaume suivant les frontières et les côtes », en liaison avec la première[4].

Sur ce, en 1683, « Sa Majesté ordonne aux Mathématiciens de l'Académie des Sciences de continuer l'entreprise [de Picard, décédé] et de prolonger vers le Septentrion & vers le Midi jusques aux confins du Royaume, une ligne méridienne qui passât par le milieu de l'Observatoire de Paris. ». La méridienne de Paris, allant de Dunkerque à Perpignan, travail de Cassini I et Cassini II, sera terminée en 1718, après de nombreux reports. Ce sera la première ligne du futur châssis ou canevas qui va couvrir la France.

Le premier canevas géodésique[modifier | modifier le code]

Petit à petit, la France va se couvrir d'un ensemble de lignes schématiques constituées de chaînes de grands triangles de référence.

Premier canevas de grands triangles de référence de la future carte de Cassini, 1744.

Cet ensemble comprend :

  • la méridienne de Paris - de Dunkerque à Perpignan - et deux autres parallèles à la méridienne (petits cercles de la sphère terrestre qui ne sont pas des méridiens) disposées grossièrement de part et d'autre, l'une vers Nantes, l'autre assez indéfinie dans un premier temps, vers Lyon ;
  • cinq lignes perpendiculaires à la méridienne (grands cercles de la sphère terrestre qui ne sont pas des parallèles géographiques - voir figure[N 1]) : la ligne Brest-Strasbourg passant par Paris, puis au nord une ligne à la hauteur d'Amiens, et au sud, trois autres perpendiculaires respectivement au niveau d' Orléans, Lyon et Bayonne.
  • l'ensemble de ces lignes de référence sont enveloppées par la triangulation des côtes et des frontières.
Cassini II

En 1718, la méridienne de Paris est donc terminée par Cassini II, elle sera vérifiée en 1739 par Lacaille et Cassini de Thury (Cassini III)[5]. Après quinze ans d'attente, en 1733, sous l'impulsion du contrôleur général des finances Philibert Orry, le projet de travailler à la description géométrique de la France est mis en œuvre. C'est le véritable point de départ de la future carte des Cassini.

En 1733 et 1734, donc, c'est la perpendiculaire Brest-Paris-Strasbourg qui est triangulée[6], les acteurs principaux en sont Maraldi II, Cassini II et ses fils, et d'autres géographes (Delagrive, François Chevallier, et pour une moindre part Outhier). En 1736, les levés de la parallèle à la méridienne de Nantes seront le fait de l'abbé Outhier.

« Les côtes & les frontières méritaient bien un examen particulier, aussi ont-elles été déterminées par une chaîne de triangles non interrompue, espèce de fortification géométrique qui assure de la manière la plus inaltérable l'étendue actuelle de ce royaume[7]. »

Triangulation des côtes :

  • 1736-37 : côtes normandes et bretonnes ;
  • 1737 : Poitou et Gascogne ;
  • 1737 : de Saint-Valery à Dunkerque ;
  • 1737-38 : Bayonne - Antibes.

Les frontières terrestres seront triangulées en 1740[8].

Ce canevas initial probablement terminé après 1740, mais daté de 1744 sera complété pour donner la célèbre carte de 1744.

La carte des principaux triangles de 1744[modifier | modifier le code]

La carte de 1744, sans ses marges.
Cassini III

Non datée, son intitulé est Nouvelle carte qui comprend les principaux triangles qui servent de fondement à la Description géométrique de la France. Levée par ordre du Roy par Messrs. Maraldi et Cassini de Thury, de l'Académie royale des Sciences. Son échelle approximative est de 1 : 1 750 000.

C'est la carte officielle qui suit l'article de Cassini de Thury Sur la description géométrique de la France[9].

Elle comporte, comme précédemment, la Méridienne, mais avec trois parallèles et, maintenant, sept perpendiculaires, ce qui forme sur le territoire des pseudo-carrés d'environ 60 000 toises (≈117 km) de côté ; de plus, les côtes et les frontières y sont définies ainsi que leur triangulation . « Il a fallu pour l'exécution de ce projet, former sur le terrain près de 800 triangles [en tout 814 triangles réduits dans le plan horizontal], tous liés les uns aux autres et qui se terminent à 19 [plutôt 17 ou 18] bases qui servent de preuves aux vérifications ». Les instruments et les méthodes employés pour la triangulation sont ceux de l'époque ; on les retrouve sous leur vocable propre (quart de cercle, secteur) et dans l'étude des méridiennes géodésiques. Sur la carte sont aussi localisés un grand nombre de villes, bourgs, châteaux, etc., déterminés géométriquement. Dans les marges sont indiquées les coordonnées géographiques et les distances par rapport à l'Observatoire de Paris de 440 villes, fanaux et montagnes.

Les axes de référence pour rapporter la position des points géodésiques sont respectivement la méridienne de Paris (axe des y) et sa perpendiculaire menée depuis l'Observatoire de Paris (axe des x). La Projection cartographique est de type cylindrique transverse, non conforme, calculée sur la sphère terrestre[10].

Cette carte sera accompagnée des détails des opérations de triangulation effectuées avec les angles de chaque triangle, la longueur des côtés, le résultat des calculs. Ce travail existe sous différentes formes, dans différents ouvrages ou manuscrits que l'on peut trouver à l'Observatoire de Paris, à la Bibliothèque nationale de France, à l'IGN[11].

Cette triangulation initiale et homogène de la France « exécutée par une main savante » forme ce qu'on peut appeler le réseau géodésique de premier ordre. C'est à partir de ces grands triangles que pourra se poursuivre le détail de la France en complétant les milieux des espaces non triangulés.

Pour le futur, dans un premier temps, Cassini, à travers Grandjean de Fouchy, invite « les évêques, les magistrats, les seigneurs et même les particuliers à achever le détail des endroits qui restent à lever » pour faire de nouvelles cartes particulières, mais - il insiste - en « s'assujettissant à l'échelle et aux positions de la carte générale », comme l'ont déjà fait « les Mrs de la Société royale des Sciences de Montpellier pour la carte du Languedoc ou M. l'abbé Outhier pour les plans des diocèses de Bayeux et de Sens[12] ; les plans des forêts du Roi ou les cartes particulières des frontières du royaume, qui ont été levées pour les camps des armées du Roi ».

Dans un deuxième temps, à la fin de son article Sur la description géométrique de le France - édité en 1749, Cassini prend le contre-pied de ce qu'il écrit quelques pages avant : « Nous nous réservons de donner, dans la suite, des Cartes particulières de la France, où l'on placera tous les lieux principaux qui sont tant dans l'intérieur que dans les limites du royaume. »

Triangulation complémentaire 1745-1783[modifier | modifier le code]

Entre les perpendiculaires à la Méridienne, il reste de vastes zones à couvrir de grands triangles à rattacher au réseau de premier ordre. Ces grands espaces seront triangulés par des équipes de deux ingénieurs expérimentés ayant participé à des levés des perpendiculaires précitées. Leurs outils et leurs méthodes sont les mêmes que ceux employés sur le réseau de premier ordre[13].

Dans ces zones, le réseau hydrographique de la Seine - Seine, Marne, Oise, Aube, Yonne - sera couvert, dans cet ordre, de 1747 à 1749[14].

En 1747, Cassini de Thury publie une Carte qui comprend tous les lieux de la France qui ont été déterminés par les opérations géométriques[15]. La Seine y est triangulée et le réseau tracé en Flandre par Cassini de Thury en 1746-47, pendant la guerre de succession d'Autriche y est représenté.

Plan triangulé de 60 000 toises autour de Paris, avant 1751.

Pour le reste, le maillage du pays sera effectué en fonction des cartes que Cassini va entreprendre, à la suite de la décision du Roi du 7 juillet 1747 qui dit à Cassini, dans un contexte précisé plus loin : « Je veux que la carte de mon royaume soit levée…, je vous en charge, prévenez-en M. de Machault, alors contrôleur général[16]. ».

Le maillage commencera donc au plus tôt en 1748. Cassini s'engage à accompagner les cartes qu'il va alors publier du réseau secondaire les concernant[N 2]. C'est ainsi qu'il donne dans l'Introduction à la seconde feuille occidentale de la carte de la France, levée en 1751, une planche qui « comprend l'étendue de quatre carrés de 60 000 toises… », avec l'explication correspondante « qui représente l'ouvrage de deux ingénieurs »[17].

Ainsi donc, le maillage du pays sera quasi définitif en 1783, lorsque Cassini de Thury publiera la Description géométrique de la France. À la fin de l'ouvrage, on trouve une carte de France couverte de plus de deux mille triangles (réseau primaire et secondaire)[18]. Le cuivre sur lequel elle est gravée est identique à celui de la carte de 1744, avec le même cartouche et, il en porte même la date, ce qui prête à confusion. Dans l'avertissement inclus dans la carte on peut lire : « Cette carte représente la France traversée par le Méridien de l'Observatoire Royal de Paris et par des lignes perpendiculaires et parallèles à ce Méridien, tracées à la distance de 60 000 toises les unes des autres…  ». Sur cette carte, on peut toujours voir, en plus des triangles qui définissent la France, la triangulation hors frontières, en Flandre, œuvre de Cassini de Thury, en 1746-47 ; on y trouve aussi, difficilement, les numéros d'ordre de chaque carte individuelle.

La carte générale[modifier | modifier le code]

La première carte géographique de la France publiée par l'Académie Royale des Sciences en 1747.

En 1747, les informations données par la Carte qui comprend tous les lieux de la France qui ont été déterminés par les opérations géométriques permettent de publier la première carte géographique du pays (sans triangles). Intitulée Carte de France dressée sur les observations de Mrs de l'Académie Royale des Sciences, elle est l'œuvre de Philippe Buache de la même Académie.

La France y est représentée dans ses contours avec ses côtes, ses frontières et ses cours d'eaux. Les provinces sont citées, leurs limites territoriales sont définies et les principales villes y sont indiquées. Les pays limitrophes y apparaissent avec quelques détails supplémentaires (villes, fleuves, etc.).

Les coordonnées géographiques, longitude par rapport à l'Observatoire et latitude y sont seules définies. L'échelle est donnée en différentes lieues régionales.

Cette carte est probablement la première carte géographique correcte du royaume de France. Elle accompagnera, en supplément, la publication annuelle « grand public » La Connaissance des Temps éditée par la même académie.

D'autres cartes suivront, telles les cartes de Robert de Hesseln en 1786 et la nouvelle carte des départements et districts de Louis Capitaine en 1794[19].

Les cartes individuelles[modifier | modifier le code]

Cette section est en cours de réécriture ou de restructuration importante. Les informations peuvent être modifiées à tout moment par le ou les utilisateurs ayant apposé ce bandeau. prévu en sept. 2015

L'entreprise initiale 1748 -1756[modifier | modifier le code]

Décision royale[modifier | modifier le code]

Objectifs[modifier | modifier le code]

Voici comment César-François Cassini (Cassini III) voyait la carte qu'il allait commencer :

  • « mesurer les distances par triangulation et assurer ainsi le positionnement exact des lieux » ;
  • « mesurer le Royaume, c’est-à-dire déterminer le nombre innombrable de bourgs, villes et villages semés dans toute son étendue » ;
  • « représenter ce qui est immuable dans le paysage ».

Levés de la carte[modifier | modifier le code]

Les levés ont été effectués entre 1756[Informations douteuses] [?] et 1789 et les 181 feuilles composant la carte ont été publiées entre 1756 et 1815.

Mort en 1784, César-François Cassini ne verra jamais l'achèvement des levés. Son fils, Jean-Dominique finit les travaux de son père.

Liste des feuilles avec leur année de levé et de publication
Numéro de la feuille Dénomination Année(s) des levés [N 3] Année de publication
1 Paris 1756
2 Beauvais 1751 1756
3 Amiens vers 1757
4 Abbeville - Arras 1756 1757
5 Saint-Omer 1756 1758
6 Dunkerque 1758
7 Fontainebleau - Estampes (Étampes) vers 1756
8 Orléans vers 1757
9 Gien 1758 1759
10 Bourges 1756 -1758 1760
11 La Châtre 1758 et de 1764 à 1766 vers 1768
12 Evaux-les-Bains 1759 1761
13 Aubusson 1760 -1761 1763
14 Mauriac 1773 -1774 et 1780 vers 1783
15 Aurillac 1766 - 1767 et 1774 - 1775 vers 1783
16 Rodez de 1766 à 1768 vers 1781
17 Albi 1769 -1770 et de 1772 à 1774 vers 1778
18 Castres de 1771 à 1774 vers 1777
19 Carcassonne 1770 vers 1778
20 Mont-Louis - Mousset de 1775 . 1777 vers 1780
20 bis Puyceda (Puigcerda) - Prats-de-Mollo - Fort-des-Bains (Amélie-les-Bains) nouvelle édition de la planche 177 1815
21 Ambleteuse - Calais - Douvres vers 1756 1758
22 Boulogne 1756 1758
23 Dieppe 1756 1758
24 Forges-les-Eaux - Neufchâtel - (Yvetot) vers 1756 1759
25 Rouen vers 1757
26 Évreux - Dreux vers 1757
27 Chartres vers 1757
28 Vendôme 1753 1760
29 Blois 1754-1755 1760
30 Loches 1754-1755 - 1759-1760 - 1763 - 1766 vers 1768
31 Le Blanc - Châteauroux - Montmorillon 1765-1766 vers 1768
32 Dorat vers 1768
33 Limoges de 1762 à 1764 et vers 1773 vers 1779
34 Tulle - Arnac - Pompadour 1780 vers 1783
35 Sarlat 1777 - 1780 -1782 vers 1783
36 Cahors de 1774 à 1776 vers 1782
37 Montauban 1771-1772 vers 1777
38 Toulouse de 1769 à 1771 vers 1776
39 Saint-Lizier - Saint-Martory - Pamiers 1770-1771 vers 1776
40 Tarascon 1771 - 1775 - 1777 vers 1780
40 bis Andore (Andorre) 1777 vers 1782
41 Lille 1758
42 Cambrai 1754 1758
43 Laon - Noyon 1755 1758
44 Soissons 1757
45 Meaux 1757
46 Sens vers 1757
47 Auxerre 1758
48 Vézelay - Cosne-Cours-sur-Loire 1759
49 Nevers de 1756 à 1758 1760
50 Moulins de 1756 à 1760 1763
51 Gannat - Saint-Pourçain 1759-1760 - 1762 vers 1767
52 Clermont 1766 - 1769 et 1772 - 1774-1775 vers 1777
53 Brioude - Issoire 1766-1767 vers 1769
54 Saint-Flour 1775-1776 vers 1779
55 Mende de 1773 à 1775 vers 1779
56 Nant - Millau 1774-1775 vers 1778
57 Lodève de 17710 à 1772 vers 1778
58 Narbonne 1772 vers 1777
59 Perpignan 1778 vers 1779
59 bis Bellegarde-sur-Azès (Le Perthus) 1777 vers 1779
60 Le Havre 1758
61 Lisieux - Honfleur 1755-1756 1758
62 Argentan - Falaise de 1758 à 1760 1761
63 Alençon 1755 - 1760 vers 1769
64 Le Mans 1760-1761 1765
65 Tours de 1760 à 1762 vers 1766
66 Richelieu - Saumur de 1756 à 1758 vers 1765
67 Poitiers 1765-1766 vers 1770
68 Charroux de 1766 à 1768 vers 1773
69 Angoulême de 1766 à 1768 vers 1779
70 Périgueux 1766-1767 vers 1779
71 Bergerac de 1762 à 1764 et de 1766 à 1768 de 1789 à 1815
72 Castillonnes - Villeneuve - La Réole 1761 et de 1763 à 1765 1783
73 Agen de 1769 à 1772 - 1774 et 1777-1778 vers 1784
74 Auch 1768 vers 1771
75 Tarbes 1769 vers 1771
76 Bagnères-de-Luchon - Barèges
Bagnères-de-Bigorre
de 1772 à 1774 et 1777 vers 1781
77 Rocroi de 1756 à 1758 1759
78 Mézières (Charleville-Mézières - Sedan) 1754 - 1755 et de 1757 - 1758 1760
79 Reims 1757 - 1758 1759
80 Chaalons (Châlons-sur-Marne) 1754 et vers 1757 1758
81 Troyes vers 1757 1759
82 Tonnerre vers 1757 1759
83 Semur - Montbard vers 1757 1759
84 Autun vers 1757 1759
85 Châlons (Chalon-sur-Saône) 1757 1759
86 Mâcon 1758 1761
87 Lyon 1758 1761
88 Saint-Étienne - Saint-Marcellin de 1762 à 1764 vers 1767
89 Le Puy 1773 vers 1781
90 Viviers[Laquelle ?] 1772 vers 1779
91 Nîmes 1774 - 1775 vers 1779
92 Montpellier 1770 - 1774 vers 1778
93 Saint-Vaast-la-Hougue 1757 1758
94 Bayeux - Caen 1756 - 1758 - 1759 1759
95 Vire - Avranches de 1755 à 1759 vers 1768
96 Mayenne vers 1769
97 Laval 1763-1764 vers 1768
98 Angers 1763 vers 1771
99 Mortagne[Laquelle ?] de 1763 à 1769 vers 1772
100 Luçon 1765 -1766 vers 1770
101 La Rochelle de 1765 à 1767 vers 1771
102 Saintes 1766-1767 1773
103 Blaye 1767 et de 1773 à 1775 vers 1783
104 Bordeaux 1762 -1763 - 1774 -1775 - 1778 de 1789 à 1815
105 Bazas de 1763 à 1767 de 1789 à 1815
106 Roquefort - Mont-de-Marsan 1779 et de 1783 à 1786 de 1789 à 1815
107 Aire - Orthès (Orthez) de 1766 à 1769 vers 1771
108 Pau 1771 - 1772 vers 1779
108 bis Cauterets 1772 vers 1781
109 Montmédy - Longwy - Bouillon 1754 -1756 1763
109 bis Saint-Hubert vers 1758 1762
110 Verdun 1754 -1755 - 1759 1760
111 Toulouse de 1756 à 1758 1760
112 Joinville de 1758 à 1760 1763
113 Langres vers 1757 à 1758 1761
114 Dijon vers 1757-1758 1758
115 Dole - Auxonne de 1756 à 1758 1762
116 Tournus - Lons-le-Saunier 1757 -1758 1760
117 Bourg (Bourg-en-Bresse) de 1757-1759 1764
118 Belley 1758 1762
119 Grenoble 1768 -1769 - 1776 vers 1779
120 Valence 1768 -1769 - 1776 vers 1779
121 Vaison-la-Romaine 1776 vers 1779
122 Avignon - Orange 1775-1776 vers 1779
123 Aix-en-Provence 1778 vers 1779
124 Marseilles (Marseille) 1778 vers 1779
125 Cherbourg 1756 1758
126 Coutances 1756 1758
127 Saint-Malo - Granville vers 1758 1759
128 Dinan de 1783 à 1785 de 1789 à 1815
129 Rennes de 1785 à 1787 de 1789 à 1815
130 Paimbœuf - Redon 1784 -1785 - 1787 de 1789 à 1815
131 Nantes 1783 - 1785 -1786 de 1789 à 1815
132 La Roche-sur-Yon - Les Sables (Les Sables-d'Olonne) de 1766 à 1768 vers 1770
133 Ile de Ré 1767 vers 1769
134 Ile d'Oléron 1767 vers 1769
135 Côte de Médoc 1767 vers 1783
136 La Teste-de-Buch 1762-1763 de 1789 à 1815
137 Cazau (Cazaux) 1762-1763 de 1789 à 1815
138 Vieux-Boucau vers 1773 et 1784 de 1789 à 1815
139 Bayonne de 1768 à 1771 vers 1772
140 Saint-Jean-Pied-de-Port 1770-1771 vers 1773
141 Metz 1760-1761 1765
141 bis Luxembourg 1760-1761 1763
142 Nancy 1754 - 1759 -1769 1760 et vers 1772
143 Mirecourt - Épinal 1754 - 1757 - 1759 -1760 1762
144 Luxeuil-les-Bains 1759 1761
145 Vesoul 1757-1758 1760
146 Besançon de 1757 à 1759 1762
147 Nozeroy - Les Rousses vers 1757 et 1759 1760
148 Genève - Gex vers1760 1761
149 Montmélian vers 1776 vers 1779
150 Barraux 1776 -1777 vers 1779
151 Briançon 1776 -1777 1779
152 Embrun - Gap 1776 -1777 1779
153 Digne 1778 vers 1781
154 Lorgues 1778-1779 vers 1781
155 Toulon 1778 vers 1779
156 Tréguier 1790 de 1789 à 1815
157 Uzel 1780 et de 1783 à 1785 de 1789 à 1815
158 Vannes vers 1787 de 1789 à 1815
159 Belle-Isle (Belle-Ile) 1787 de 1789 à 1815
160 (sur feuille 131) Ile de Noirmoutier non publiée en individuel
161 Landau - Wissembourg - (Bitche) 1755 -1756 - 1759 1765
162 Strasbourg 1760 - 1765 -1766 vers 1770
163 Colmar de 1757 à 1759 1761
164 Neuf-Brisach 1760 1763
165 Basle (Bâle) 1760 vers 1766
166 Queiras (Château-Queyras - Chateau-Ville-Vieille) 1777 vers 1779
167 Larche 1777 vers 1779
168 Vence 1778-1779 vers 1781
169 Antibes 1778-1779 vers 1781
170 Saint-Pol-de-Léon 1782 vers 1783 ou de 1789 à 1815
171 Carhaix - Plouguer - Brest 1782-1783 de 1789 à 1815
172 Quimperlé - Ile de Groix - Quimper 1783 de 1789 à 1815
173 Philippburg (Philippsburg) 1759-1760 1763
174 Ile d'Ouessant (Ouessant) 1782 de 1789 à 1815
175 Audièrene (Audierne) - Rade de Brest vers 1783 de 1789 à 1815
177 Puyceda (Puigcerda) - Prats-de-Mollo - Fort-des-Bains 1776-1777 vers 1781
182 Cap Camarat nlle édition 1815

Les départements de la Savoie, de la Haute-Savoie et une partie de celui des Alpes-Maritimes ne faisaient pas partie du Royaume de France à l’époque des levés opérés au XVIIIe siècle. Ils ne sont donc pas représentés sur la carte de l’Académie. De plus, l'île d'Yeu et la Corse ne seront jamais levées.

La plupart des feuilles ont fait l'objet d'une nouvelle édition datée de 1815.

Privatisation 1756[modifier | modifier le code]

Financement[modifier | modifier le code]

En 1756, Cassini de Thury fonde une société de cinquante associés afin de rassembler les fonds nécessaires pour finir les levés de la carte. Des personnalités de l'époque y participent. La plus célèbre d'entre elles est la marquise de Pompadour.

Défauts et remplacement[modifier | modifier le code]

En 1808, Napoléon Ier décida l'établissement d'une carte destinée à remplacer celle de Cassini ; toutefois durant tout l'Empire, les ingénieurs-géographes qui devaient s'y attacher eurent à accomplir des travaux plus pressants : cartes des champs de batailles[21], travaux topographiques sur les frontières du Nord... Ainsi il fallut attendre la Seconde Restauration pour que la mise en œuvre de cette nouvelle carte puisse débuter avec les premiers travaux d'une triangulation appuyée sur la méridienne de Delambre et Méchain. Les travaux de cette carte s'étalèrent entre 1817 et 1866, en essayant plusieurs échelles différentes. Ce fut une carte à l'usage des militaires, la carte de l'État-Major, à l'échelle 1/80 000. Malgré l’existence de ces dernières cartes, bien plus exactes, les cartes de Cassini sont encore restées une source pour la cartographie du XIXe siècle. En témoigne la carte de France du Service du génie militaire de 1878[22] dont les tracés des cours d'eau et les noms des divers villes et villages reprennent les tracés et les graphies des cartes de Cassini.

Utilisations contemporaines[modifier | modifier le code]

Ces cartes, bien que peu précises concernant les données paysagères, apportent - en complément d'autres sources - des informations intéressantes pour :

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sur la figure, les perpendiculaires théoriques sont en rouge et les parallèles déformées par la projection employée sont en trait fin noir.
  2. Cet engagement semble avoir été vite abandonné : après la publication de la seconde feuille dont on parle ci-dessous, probablement.
  3. non à jour (17/06/15)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sur l'imprécision et les erreurs des cartes voir dans Cassini de Thury, Histoire de l'Académie royale des sciences avec les mémoires de mathématique… : Sur la description géométrique de la France, Paris,‎ (lire en ligne), p. 554-556.
  2. Voir Monique Pelletier 2013, p. 53-56 ; voir les sources : Registres de l'Académie des sciences, t. 3,‎ 1668-1669 (lire en ligne), p. 25 v°, 30 r°,53 r°, 109 r°, 117 v°.
  3. Voir Les observations de l'abbé Picard ; source : Académie des sciences (France), Mémoires de l'Académie royale des sciences : depuis 1666 jusqu'à 1699, t. VII-I, Paris,‎ (lire en ligne), p. 329 et suivantes.
  4. Procès-verbaux de l'Académie royale des sciences, t. 9 (lire en ligne), fol. 96 r. et 97 r.
  5. Voir « La Méridienne vérifiée » sur Gallica : accès en ligne.
  6. Voir les articles dans l'Histoire de l'Académie royale des Sciences sur Gallica : Paris - St Malo et Paris - Strasbourg.
  7. Grandjean de Fouchy d'après Cassini de Thury, Histoire de l'Académie royale des sciences avec les mémoires de mathématique… : Sur la description géométrique de la France, Paris,‎ (lire en ligne), p. 75 § 2.
  8. Référence principale Monique Pelletier 2013, p. 94-102.
  9. Voir l'article dans Cassini de Thury, Histoire de l'Académie royale des sciences avec les mémoires de mathématique… : Sur la description géométrique de la France, Paris,‎ (lire en ligne), p. 554-560.
  10. Jean-Jacques Levallois 1988, p. 27
  11. Voir Monique Pelletier 2013, p. 103-104,
  12. Voir les travaux de l'abbé Outhier à la BnF : accès en ligne.
  13. Monique Pelletier 2013, p. 134-135
  14. Monique Pelletier 2013, p. 135, note 11.
  15. Voir la carte qui comprend tous les lieux de la France qui ont été déterminés par les opérations géométriques : Vue 1 / 2.
  16. Monique Pelletier 2013, p. 108
  17. Cassini de Thury, Introduction à la seconde feuille occidentale de la carte de la France,‎ (lire en ligne), p. 10
  18. Voir dans Google books : Cassini de Thury, Description géométrique de la France,‎ (lire en ligne), p 216 du pdf ; voir la carte : dans David Rumsey
  19. Voir les cartes de Robert de Hesseln : accès en ligne, et la carte des départements de Louis Capitaine accès en ligne.
  20. Original sur papier. Service historique de l'Armée de Terre, 3 M 395 [PDF].
  21. consultable sur le site de l'IGN http://www.ign.fr/rubrique.asp?rbr_id=1875&lng_id=FR
  22. « Carte de France du Service du génie militaire de 1878 », sur Gallica
  23. Daniel Vallauri, Audrey Grel, Evelyne Granier et Jean-Luc Dupouey (2012), LES FORÊTS DE CASSINI ; Analyse quantitative et comparaison avec les forêts actuelles, Rapport WWF/INRA, Marseille, 64 pages

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Monique Pelletier, Les cartes des Cassini, la science au service de l'état et des provinces, Paris, CTHS,‎ (ISBN 978-2-7355-0786-3)
  • Jean-Jacques Levallois, Mesurer la Terre, Paris, A.F.T.,‎ (ISBN 2-907586-00-9)
  • Daniel Vallauri, Audrey Grel, Evelyne Granier et Jean-Luc Dupouey (2012), LES FORÊTS DE CASSINI ; Analyse quantitative et comparaison avec les forêts actuelles, Rapport WWF/INRA, Marseille, 64 pages + CD.
  • Carte de Cassini - Carte manuscrite de la rive droite de la Vallée de la Vesdre par les ingénieurs géographes français avec la collaboration de Cassini, 1745-1748. Vincennes, Archives de la Guerre. 4.6. B 36 à 42, feuille F. in Étienne Helin, Lemoine Isabeau Claire, Bruxelles, Crédit communal, 1980.

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Visualisation[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]