Campagne-lès-Boulonnais

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Campagne-lès-Boulonnais
L'église Saint-Omer.
L'église Saint-Omer.
Blason de Campagne-lès-Boulonnais
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Pas-de-Calais
Arrondissement Montreuil
Canton Lumbres
Intercommunalité Communauté de communes du Canton d'Hucqueliers et environs
Maire
Mandat
Bernard Hibon
2014-2020
Code postal 62650
Code commune 62202
Démographie
Gentilé Campagnards
Population
municipale
593 hab. (2014)
Densité 45 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 36′ 48″ nord, 1° 59′ 54″ est
Altitude Min. 113 m – Max. 179 m
Superficie 13,28 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Pas-de-Calais

Voir sur la carte administrative du Pas-de-Calais
City locator 14.svg
Campagne-lès-Boulonnais

Géolocalisation sur la carte : Pas-de-Calais

Voir sur la carte topographique du Pas-de-Calais
City locator 14.svg
Campagne-lès-Boulonnais

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Campagne-lès-Boulonnais

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Campagne-lès-Boulonnais

Campagne-lès-Boulonnais est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Campagne-lès-Boulonnais est située sur un plateau, ce qui est différent de la plupart des communes voisines, sises dans des vallées.

La géographie se caractérise par :

  • l’altitude  plutôt élevée (150 à 180 m),
  • un relief de plateau calcaire accidenté, fondé sur un substrat géologique crétacé,
  • une rigueur climatique, marquée par des vents dominants venant du sud-ouest porteurs de nuages, une pluviosité forte et aussi, dans certaines conditions, par des chutes de neige importantes, l’hiver, qui peuvent isoler complètement la commune,
  • des sols difficiles à travailler.

Malgré la forte pluviosité l’eau est un problème à Campagne-lès-Boulonnais.

La Vilaine qui passe à Happe est un petit ruisseau, canalisé le long de la route, au débit plutôt faible et intermittent.

L’essentiel de l’eau provient de la nappe phréatique. On a donc eu recours dans le passé aux puits communaux (il en restait 8 en 1949 ; en 2015, un puits existe encore rue de l’Aublet dans le quartier des Angles).

Dans le passé, l’eau était aussi stockée dans des mares (appelées flos ). Ces mares n’existent plus mais on peut encore découvrir leur présence (par exemple : place du Coq-Rouge).

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Campagne-lès-Boulonnais
Ledinghem Vaudringhem
Bourthes Campagne-lès-Boulonnais Thiembronne
Ergny Aix-en-Ergny

Histoire[modifier | modifier le code]

Campagne-lès-Boulonnais est située sur un plateau humide (environ 1000 mm de pluie/an) à une altitude entre 150 m et 180 m, dominant la vallée d’Happe (hameau de Campagne-lès-Boulonnais) dans laquelle s’écoule un ruisseau, la Vilaine, affluent de l’Aa.

Campagne vient du mot latin campus, plaine, plaine cultivée, champs : lès-Boulonnais, car ces plaines sont situées près du Boulonnais. Longtemps Campagne-lès-Boulonnais  (en Artois) fut le village-frontière avec le Boulonnais.

Des découvertes néolithiques (4000 à 3000 av. J.-C.) ont été faites dans des villages proches comme Thiembronne et Renty. Après 500 av. J.-C., la région est celte, occupée par les Morins.

Lors de la conquête (58-50 av. J.-C.), la Morinie est intégrée à l’Empire romain. La chaussée Brunehaut qui passe non loin de Campagne, à Senlecques, relie Thérouanne à Boulogne. Le découpage des parcelles des champs semble correspondre à une subdivision à partir d’un cardo nord-sud, orienté à 35°, et d’un decumanus est-ouest. Il semble qu'il peut s'agir d'une centuriation du territoire agricole. Le processus de centuriation consiste à organiser le territoire en parcelles carrées d'environ 700 m de côté à partir des deux axes, le cardo et le decumanus. Chaque surface carrée est une centurie. Une telle organisation semble encore visible à Campagne-lès-Boulonnais. On peut donc penser que le territoire a été travaillé et mis en valeur lors de l'époque romaine.

À l’époque mérovingienne on observe une germanisation des noms des communes voisines, comme Fauquembergues, Bourthes, La région est évangélisée. Saint Omer (629 - 670 apr. J.-C.) est le premier évêque de Thérouanne. Il est probable que la paroisse de Campagne-lès-Boulonnais, dédiée à saint Omer, existait avant l’an 1000. La première mention de Campagne-lès-Boulonnais date de 1177.

Le Moyen Âge connaît une période de croissance agricole s’accompagnant d’un recul de la forêt. Au début du XIIIe siècle, les Templiers s’installent à Combremont (maintenant la ferme de Combremont se situe dans la commune voisine d’Ergny ; les chartes en latin mentionnent le nom de Gombermont). Leur commandeur est Jehan d’Epaingny (1279). Campagne-lès-Boulonnais est intégrée à la seigneurie de Renty dans la châtellenie de Saint-Omer des seigneurs de Fauquembergues, dépendants du compte de Flandre. La châtellenie est rattachée à la France sous Philippe Auguste puis , en 1237, cédée à l’Artois que Saint Louis lègue à son oncle Robert. En 1384, l’héritage passe aux Valois de Bourgogne.

Après la prise de Calais en 1347, le village subit la guerre de Cent Ans, les raids anglais et la crise. À la suite du conflit entre les ducs de Bourgogne et la France, le Boulonnais est rattaché à la France, l’Artois et Campagne-lès-Boulonnais sont rattachés au domaine des Habsbourg. Campagne-lès-Boulonnais devient alors un village–frontière de l’Artois, quasiment enclavé dans le Boulonnais, au traité de Senlis de 1493.

Le XVIe siècle est une période très difficile pour le village. Il subit de nombreux conflits, se trouve délaissé. Pourtant  les guerres de religion n’ont eu aucun impact. Campagne-lès-Boulonnais subit aussi les effets de la guerre de Trente Ans (1636-1659). Il faut attendre la guerre de Hollande, la prise de Saint-Omer 1677) et  le traité de Nimègue (1678) pour que Campagne-lès-Boulonnais soit effectivement rattachée à la France et connaisse alors une longue période de paix et d’essor important au XVIIIe siècle avec  une économie essentiellement agricole.

L’hiver 1709-1710 est très froid et provoque la famine. Lors de la sinistre année 1710, Campagne-lès-Boulonnais perd plus de 40 % de sa population. En 1737, François d’Artois mène une politique de regroupement seigneurial en achetant la seigneurie de Frescotte. Ce regroupement se termine en 1784 et Charles-François-Hubert d’Artois devient seigneur de Campagne-lès-Boulonnais en 1784.

En 1789 la population est de 800 habitants environ. Cette population adhère aux idées nouvelles, mais tout change en 1791 avec la constitution civile du clergé. Les biens des émigrés et ceux provenant des établissements religieux sont vendus en 1795 : plus de 70 % des biens sont acquis par les campagnards les plus riches mais une grande partie de la population (40 % en 1820) vit dans la pauvreté.

Sous la Restauration (de 1815 à 1830), la commune est administrée par un émigré, René de Fisset, nommé par le préfet. En 1831 le maire est désigné par élection au suffrage censitaire. La révolution de 1848 amène un renouvellement des magistrats municipaux. C’est la période du catholicisme triomphant. L’église est restaurée. La chapelle Notre-Dame-du-Mont-Carmel est construite en 1859.

La troisième République s’installe progressivement. La pratique religieuse reste forte. Mais Campagne-lès-Boulonnais connaît l’exode rural et le déclin démographique du village.

Lors de la Première Guerre mondiale (1914-1918), le village perd sa population masculine (20 campagnards sont tués sur les fronts) et accueille de nombreux réfugiés.

L’entre-deux-guerres se caractérise par une incertitude politique, une modernisation de l’agriculture, la modernisation des services (routes, téléphone), le progrès de l’instruction mais aussi le déclin continu de la population. Le chemin de fer ne passe pas à Campagne-lès-Boulonnais. Il faut se rendre à Ergny pour pouvoir emprunter la ligne Aire-sur-la-Lys à Berck-Plage (ligne en service entre 1893 et 1955).

Le 22 mai 1940, Campagne-lès-Boulonnais est envahie par la 8e division blindée allemande (Panzerdivision). C’est l’occupation. La présence allemande est lourde. Dans la nuit du 2 au 3 septembre 2044, dans une embuscade sur la chaussée Brunehaut dans le bois de Thiembronne, un résistant campagnard Raoul Ducrocq est tué. Le 5 septembre 1944, le village est libéré.

En 1948, Luce Vigneau, 20 ans, est institutrice dans l’école du village, située non loin de l’église, et y passe une année scolaire. Elle écrit sa découverte, son passage et ses souvenirs une quarantaine d’années plus tard. Ce livre, publié en 2013, est un véritable témoignage de la vie scolaire et de la vie du Campagne-lès-Boulonnais (Noirbergues dans le roman) des années 1950.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Campagne-lès-Boulonnais dans son canton et dans l'arrondissement de Montreuil-sur-Mer.
Liste des maires successifs[1]
Période Identité Étiquette Qualité
1793 1794 François talleux    
1794 1816 Pierre-François Dautriau    
1816 1832 Defisset    
1832 1870 Pierre Warnier    
1870 1871 Fidèle Pocholle    
1871 1878 Frédéric Ducrocq    
1878 1892 Jean-Baptiste Braure    
1892 1919 Flory Noutour    
1919 1945 Alfred Noutour   Fils de Flory Noutour
1946   Alphonse Duhamel    
1947 1965 Georges Martel    
1965 1972 Albert Hibon   Décédé en fonction
1972 1974 Émile Bailliet    
1975 2008 Gérard Lottillier    
2008 en cours
(au 30 novembre 2014)
Bernard Hibon   Fils d'Albert Hibon
Réélu pour le mandat 2014-2020[2],[3]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[5],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 593 habitants, en augmentation de 0,17 % par rapport à 2009 (Pas-de-Calais : 0,77 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
800 800 940 1 012 1 057 1 019 1 004 955 846
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
821 822 795 810 792 772 740 715 735
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
687 687 639 641 585 572 586 613 574
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
576 573 518 501 473 453 577 590 593
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement jeune. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (18,9 %) est en effet inférieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (19,8 %). Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine (50,1 % contre 48,4 % au niveau national et 48,2 % au niveau départemental).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 50,1 % d’hommes (0 à 14 ans = 23,8 %, 15 à 29 ans = 24,3 %, 30 à 44 ans = 19 %, 45 à 59 ans = 14,5 %, plus de 60 ans = 18,3 %) ;
  • 49,9 % de femmes (0 à 14 ans = 22,9 %, 15 à 29 ans = 24,4 %, 30 à 44 ans = 15,6 %, 45 à 59 ans = 17,7 %, plus de 60 ans = 19,4 %).
Pyramide des âges à Campagne-lès-Boulonnais en 2007 en pourcentage[8]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
90 ans ou +
0,7 
6,9 
75 à 89 ans
9,7 
11,4 
60 à 74 ans
9,0 
14,5 
45 à 59 ans
17,7 
19,0 
30 à 44 ans
15,6 
24,3 
15 à 29 ans
24,4 
23,8 
0 à 14 ans
22,9 
Pyramide des âges du département du Pas-de-Calais en 2007 en pourcentage[9]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,8 
5,1 
75 à 89 ans
9,1 
11,1 
60 à 74 ans
12,9 
21,0 
45 à 59 ans
20,1 
20,9 
30 à 44 ans
19,6 
20,4 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
18,9 

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Campagne-lès-Boulonnais

Les armes de Campagne-lès-Boulonnaisblasonnent ainsi : coupé d’or et d’azur à un coq hardi de gueules brochant sur le tout.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église de Campagne (tour du XVIe siècle).

Campagne-lès-Boulonnais est paroisse bien avant le XIIe siècle. La dédicace à saint Omer révèle un culte probablement antérieur à l’an mil. L’église est juchée dans un enclos ecclésial surélevé. L’église actuelle est une construction des XVe-XVIe siècles ayant subi des remaniements successifs. D’importants travaux de réparation ont été effectués entre 1949 et 1950. La toiture a été refaite dans les années 1990. L’église a subi d’importantes rénovations de juillet 2013 à décembre 2014, qui lui ont rendu l’aspect extérieur qu’elle avait il y a quelques siècles[Quand ?].

  • La chapelle de Notre Dame-du-Mont-Carmel.

Elle a été construite en 1859.

  • Le château de la famille d’Artois.

Ce petit château en pierre blanche a été construit au XVIIIe siècle (vers 1753). Un colombier a été dressé en 1785. La famille d’Artois a mené une politique de regroupement seigneurial à partir de 1737. Charles-François-Hubert d’Artois achève le regroupement seigneurial et devient seigneur de Campagne-lès-Boulonnais en 1784. Le château est depuis 1958 le centre d’apprentissage agricole du Haut Pays.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

René Lesage (1997), Campagne-les-Boulonnais à travers les siècles, Comité d'Histoire du Haut Pays - Études et Documents N° 18, 1997.

Luce Vigneau (2013), En 1948, j'étais institutrice dans un village..., Les éditions du Mont-de-Jeux, 2e trimestre 2013, (ISBN 978-2-953919-639). (Luce Vigneau est le pseudonyme de Lucette Rickly).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sources : Mairie de Campagne les Boulonnais
  2. Anthony Berteloot, « Bilan du maire de Campagne-les-Boulonnais : Bernard Hibon a misé sur la jeunesse : Bernard Hibon a été élu maire en 2008, après avoir été élu conseiller municipal dès 1972 après le décès de son père Albert, alors maire. Il fut également premier adjoint durant trois mandats avant le retrait de Gérard Lhotillier », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne).
  3. « Liste des communes et des maires » [xls], Préfecture du Pas-de-Calais, (consulté le 30 novembre 2014)
  4. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  5. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  8. « Évolution et structure de la population à Campagne-lès-Boulonnais en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 12 août 2010)
  9. « Résultats du recensement de la population du Pas-de-Calais en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 12 août 2010)