Celtes

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Page d’aide sur l’homonymie Cet article a pour sujet la civilisation celtique antique jusqu'à la conquête romaine et la christianisation de l'Irlande. Pour plus d'informations sur les nations celtiques contemporaines, voir l'article Pays celtiques. Pour plus d'informations sur les différents peuples celtes, voir l'article Peuples celtes
La civilisation celte :
  •      Noyau territorial Hallstatt, au VIe siècle av. J.-C.
  •      Expansion celtique maximale, en 275 av. J.-C.
  •      Domaine lusitanien de l'Ibérie où la présence celtique est incertaine
  •      Les six nations celtiques officielles aujourd'hui et qui pratiquaient le langage celtique au Moyen Âge (Bretagne, Pays de Galles, Cornouailles, Ile de Man, Irlande, Ecosse)
  •      Zones où les langues celtiques restent largement parlées aujourd'hui

Les Celtes constituent une civilisation protohistorique[1] qui se définissent par l'usage de langues celtiques et par certains particularismes culturels. Ils ont, jadis, été présents sur une grande partie du continent européen et en Asie mineure. L'apogée de l'expansion celte se situe entre le VIIIe siècle av. J.-C. et le IIIe siècle, marqué notamment par la civilisation laténienne au Ve siècle av. J.-C.[2]. Une succession de conquêtes et de migrations les mènent jusqu'en Galatie, en Asie mineure. Ainsi, leur domination s'étendait dans l'Europe actuelle de Galice jusqu'à Galați[3].

La définition de la culture celtique pose encore problème aujourd'hui. Le critère linguistique est souvent cité comme définissant la culture celtique[4], à l'instar d'autres peuples antiques comme les Germains, les Aquitains ou les Slaves. Si l'on retient le critère de la langue vernaculaire, la culture celtique n'est attestée par les sources romaines qu'entre la Garonne et le Rhin et en Grande-Bretagne, ce qui laisse planer des incertitudes concernant la culture « celtique » des régions périphériques comme la péninsule Ibérique, l'Italie ou la Turquie.

Les Celtes possèdent une culture riche qui s'épanouit pendant l'Âge du fer. L'art celte tend vers une abstraction, aujourd'hui appréciée. La culture celte de la Tène tardive dure jusqu'au haut Moyen Âge irlandais. Ne connaissant pas de réelle unité politique, les Celtes forment des tribus indépendantes les unes des autres qui peuvent toutefois se regrouper en confédérations. La société celtique possède également des lois, des coutumes, une religion et des rites qui les rapprochent. On les connaît essentiellement à travers les textes antiques grecs et romains, en particulier grâce au Commentaires sur la Guerre des Gaules de Jules César. Les textes médiévaux des clercs gallois et irlandais nous ont transmis une abondante littérature, traitant de la mythologie celtique, des vertus royales et des faits héroïques. De nouvelles recherches archéologiques nous les font apparaître sous des jours nouveaux et nous font réviser les affirmations des anciens textes antiques et notamment le livre de César sur la guerre des Gaules.

C'est probablement leur incapacité à s'unir et à fonder des entités politiques plus vastes que le clan ou la confédération de peuples qui les a perdus : il semble qu'à l'instar des Grecs archaïques, les Celtes aient eu horreur du centralisme et n'aient connu que des alliances temporaires, fondées sur le clientélisme. La civilisation celtique disparaît par acculturation après les conquêtes romaines puis leur soumission à l'Empire romain au Ier siècle avant notre ère, hormis dans les îles Britanniques et particulièrement au pays de Galles, en Écosse et en Irlande. De nos jours, les principaux héritages de la civilisation celtique à avoir subsisté, sont quelques langues celtiques, qui ne sont plus parlées que par une minorité dans les îles britanniques et en Bretagne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des Celtes.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

C'est aux Grecs que nous devons les premiers témoignages ethnographiques concernant les noms des Celtes (en). La première mention des Κελτοί (Celtes), confuse, est une citation d'Hécatée de Milet (mais il s'agit d'une source indirecte selon des fragments repris par Étienne de Byzance), qui aurait noté vers -530 que la colonie grecque de Massalia (Marseille) est une ville de la Ligurie, près de la Celtique, et désigné Nurax (Noreia, en Autriche orientale ou Narbonne en Languedoc ), « ville celtique »[5]. La première mention certaine des Celtes en tant que communauté établie apparaît vers 445 av. J.-C. dans les Histoires d'Hérodote[6].

L'historien grec Hiéronymos de Cardia utilise au début du IIIe siècle le terme de Galatai, (en latin Galates), pour désigner la plus grande partie sinon la totalité des Celtes, traduisant ainsi le terme latin Galli (Gaulois). Les termes Κελτοί (en latin Celtae) et Galatai (Galates) entrent désormais en concurrence au IIIe siècle chez les auteurs grecs et latins. La confusion qui résulte de ce bilinguisme antique est levée chez les auteurs plus tardifs comme Polybe ou Diodore de Sicile, les Galates désignant progressivement les tribus celtes d'Asie Mineure[7].

Les auteurs grecs anciens donnent des étymologies fantaisistes pour expliquer la dénomination de Celtes, la faisant dériver du verbe grec kellein (accoster, aborder un bateau) ou d'ancêtres éponymes tels que Celtos fils d'Héraclès ou fils du cyclope Polyphème et de la Néréide Galatée. Julius Pokorny la fait dériver de la racine indo-européenne *kel- signifiant « haut » (de cette racine dérivent aussi les mots celsus, « élevé, élancé, haut, grand », cella (« grenier »), culmen, « point culminant »), columna, « colonne », collis)[8]. Une autre signification de cette racine indo-européenne est « frapper » ou « cacher » qui se retrouvent dans les mots d'origine latine cellule ou cellier[9]. Selon une autre théorie, le mot "celte" proviendrait de l'indo-européen *keleto, « rapide » car se déplaçant à cheval, ou de kel-kol, « colon, envahisseur »[10]. Le mot Celte est aussi à rapprocher de « sel » (en grec ancien hals, grec moderne aláti, latin sal) qui était au centre de l'activité économique de la riche civilisation de Hallstatt. Il n'existe pas d'unanimité entre les spécialistes concernant ces étymologies[11].

Origines de la civilisation celtique[modifier | modifier le code]

Les récentes recherches scientifiques concernant l'Europe dite celtique sont interdisciplinaires : archéologie comparée (intégrant notamment l'archéométrie), méthodologie historique (dont l'analyse critique de « l'historiographie celtique »), mythologie comparée (notamment dans le cadre de la « Mythologie celtique »), linguistique comparée, onomastique (commune à ces deux dernières disciplines), génétique des populations (intégrant notamment la paléogénétique)[note 1]… Les modélisations des données ressortant de ces recherches questionnent préalablement le « concept de Celtes »[12]. Concomitamment au débat sur un « diffusionnisme indo-européen » (Théorie de l'invasion aryenne)[note 2],[note 3], le paradigme de « celtitude » est contesté et a fortiori le postulat d'un groupe ethnique celte[13],[note 4].

Certains, dans la lignée de Heinrich Schliemann, rattachent les Celtes aux peuples indo-européens, créant un lien de parenté avec les Hindous, les Germains, les Perses et les Grecs[14] : d'autres, à sa suite, appuient cette hypothèse par des réflexions linguistiques ou sociologiques[N 1],[15]. D'autres, plus tard, dans les années 1920 et 1930, développent la thèse de l'origine nordique des populations celtes, s'appuyant parfois sur la linguistique pour étayer leurs démonstrations[16].

Outre cette controverse[N 2], les conjectures résultant des études sérieuses les plus récentes infirment ou confirment les diverses théories jusqu'alors avancées par les celtologues [note 5] et comparatistes concernant l'émergence d'une entité culturelle celtique (se manifestant notamment par une organisation politique et sociale, un système religieux, une expression artistique, une conception architecturale et une tradition guerrière), d'une communauté linguistique celtique et d'une éventuelle communauté celte « génétiquement homogène » (relations en particulier avec les haplogroupes R-P312-3/R-U152(en)[note 6]et R-P312-4/R-L21[note 7]).

Aujourd'hui, il semble y avoir consensus pour affirmer que les Celtes sont identifiés à la culture de la Tène, qui s’étend au Vee avant notre ère de la sur une zone incluse entre la Bohême et le Bassin parisien[17].

C'est ainsi que sont revisitées les relations spatio-temporelles de ces problématiques[note 8], leur processus de diffusion ainsi que leur association avec un certain nombre de groupes de populations[note 9],[note 10]et cultures archéologiques protohistoriques : Culture campaniforme, Culture de la céramique cordée, Culture d'Unétice, Culture de Polada, Culture de Bonnanaro, Culture du Wessex(en), Culture de Hilversum(en), Culture des tumulus, Bloc du nord-ouest, Âge du bronze atlantique, Civilisation des champs d'urnes, Culture de Deverel-Rimbury (en)(en), Culture de Villanova, Civilisation de Hallstatt, Culture de Golasecca, Culture des Castros, La Tène[note 11], Culture d'Arras (en)(en), Civilisation des oppida.

La civilisation celtique[modifier | modifier le code]

Sources historiques[modifier | modifier le code]

Extension de la culture celtique au IIIe siècle av. J.-C. d'après Francisco Villar dans Les Indo-européens et les origines de l'Europe - version italienne p. 446

Les premières mentions du nom des celtes remontent à la période des cités États grecques et de l'expansion romaine, et de l'entrée en contact des Romains avec les populations celtes. Les Celtes sont ainsi décrits par les explorateurs et les géographes grecs puis romains, afin de définir l'espace qu'occupent ces populations; les Celtes appartiennent au groupe des populations les plus connues de ces sources[18].

Ainsi, la première occurrence du mot Celte remonte à 530 av. J.-C. : le Grec Hécatée de Milet localise, non loin de Marseille, la Keltike (« la Celtique »), une région qu'on devine au-delà du Rhône, dans l'arrière-pays du Languedoc[19]. Ephore généralise abusivement le terme en l'étendant à toutes les populations vivant dans les confins ouest du monde[19]. Selon Hérodote, au milieu du Ve siècle av. J.-C., les Celtes habitent à l'extrême nord-ouest de l'Europe[20]. Poseidonios d'Apamée restreint l'aire celte au centre sud de la Gaule. Diodore de Sicile et Strabon laissent aussi penser que le cœur celtique se trouvait dans le sud de la France. Le premier affirme que les Gaulois vivaient au nord des Celtes, alors que les Romains considéraient les Celtes comme étant également des Gaulois.

Le terme de Keltoï, employé par les Grecs ou de Galli, employé par les Romains, désigne en réalité un ensemble de peuples installés sur un espace allant des Îles britanniques à l'Europe centrale, menant des expéditions guerrières vers le Sud. Mercenaires redoutés, ils sont appelés par les monarques hellénistiques afin de consolider leurs conquêtes : de ce fait, certains traversent les Détroits et s'installent en Asie Mineure, où ils mènent régulièrement des guerres contre les monarchies hellénistiques de la région avant d'être définitivement vaincus par les Romains[21].

Avant les découvertes de Hallstatt et de La Tène, il était généralement admis que la France du sud était le centre celtique [22]. L'historien grec Éphore de Cymé, écrivant au IVe siècle av. J.-C., croyait que les Celtes étaient venus des îles de la bouche du Rhin et « auraient été repoussés de leurs maisons par la fréquence des guerres et des violentes crues de la mer ». Hécatée de Milet qui fut le premier à noter l'existence des Celtes nous mentionne que Narbonne est une ville celte alors que Massalia est une ville de Ligurie près de la Celtique.

À la fin du IVe siècle av. J.-C., les Grecs se heurtent aux Galates. En -310, des Celtes menés, entre autres, par Molistomos, traversent les Balkans et gagnent l'Asie mineure près de Byzance. Ils sont défaits et intégrés à la République romaine en -187[23].

Jules César mentionne ainsi les Celtes :

« La Gaule se divise en trois parts, l'une habitée par les Belges, une autre par les Aquitains et la troisième par ceux qui se nomment dans leur propre langue Celtes et dans la nôtre Gaulois. »

— Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules

« Gallia est omnis divisa in partes tres, quarum unam incolunt Belgae, aliam Aquitani, tertiam qui ipsorum lingua Celtae, nostra Galli appellantur. »

Parmi les autres historiens antiques, contemporains des Celtes et qui relatent leur histoire ou celle des conflits avec les nations grecque ou latine, mentionnons : Diodore de Sicile (Bibliothèque historique), Strabon (Géographie), Pomponius Mela (De Chorographia), Lucain (La Pharsale) ou Pline l'Ancien (Histoire naturelle). Ces témoignages donnent souvent une image négative des peuples celtes, compte tenu des relations belliqueuses qu'ils entretenaient, et de la méconnaissance de leurs voisins. Les Celtes et les Germains sont souvent confondus par les historiens de l'Antiquité, ce qui fait dire que l'ancien nom des Germains pouvait être celui des Celtes, les Germains n'ayant été mentionnés que tardivement[24].

Entre le VIIIe siècle et le XVe siècle, la consignation, par les clercs irlandais du Moyen Âge, des traditions orales d'Irlande vient compléter les sources antiques. Les mythes et épopées de l'Irlande celtique se sont jusqu'alors transmis oralement de génération en génération. De cette époque date la retranscription du Cath Maighe Tuireadh (Bataille de Mag Tured), le Tochmarc Etaine (Courtise d'Etain), la Táin Bó Cúailnge (Razzia des vaches de Cooley), le Lebor Gabála Érenn (Livre des conquêtes d'Irlande) et les Mabinogion gallois. Les collecteurs transcripteurs ont cependant affublé ces mythes d'un vernis chrétien.

Pour l'archéologue Venceslas Kruta, « Le groupe proto-celtique devait avoir occupé au IIe millénaire av. J.-C. de vastes territoires de l'Europe centrale et occidentale, depuis la Bohême méridionale et la partie occidentale de l'Autriche, jusqu'au régions atlantiques[25]. »

Sources archéologiques[modifier | modifier le code]

Répartition diachronique des peuples celtes :
La civilisation de Hallstatt[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Civilisation de Hallstatt.
Civilisation de Hallstatt : 800-400 av. J.-C.

Le Hallstatt (de -1100 à environ -400, âge du bronze final) ou premier âge du fer est une période succédant à l'âge du bronze final. Il tire son nom de celui d'un site archéologique qui se trouve à Hallstatt dans le Salzkammergut en Autriche.

Cette période est caractérisée par des épées de bronze et de grandes épées de fer. Les cavaliers à longue épée, ordre jusqu'alors inconnu, apparaissent sporadiquement dans les tombes, entourés de rites et accompagnés d'éléments (service à boisson, produits exotiques importés, tombe à char, or) qui préfigurent les symboles de la nouvelle classe dirigeante. L'utilisation du cheval est l'un des attributs qui distinguent les détenteurs du pouvoir. Les tombes féminines offrent de nombreuses parures, des fibules volumineuses, typiques du goût exubérant de l'époque. Les sépultures riches possèdent très souvent d'impressionnants services en bronze constitués de seaux, situles (seaux aux bords refermés), bassins et tasses.

Les Celtes établissent des citadelles sur des oppida dominant de vastes étendues. Parmi les plus importantes, une douzaine semble jouer un rôle économique et politique, et constituent une puissante fédération de communautés organisées sur le même modèle, en Allemagne du Sud, en Suisse et dans l'Est de la France : Hohenasperg, au nord de Stuttgart, la Heuneburg, près de Sigmaringen, Utliberg, près de Zurich, Châtillon-sur-Glâne, près de Fribourg, Britzgyberg dans le Haut-Rhin, Saxon-Sion en Meurthe-et-Moselle, le mont Lassois à Vix en Côte-d'Or, Gray-sur-Saône dans la Haute-Saône, et le camp du château à Salins-les-Bains dans le Jura.

La Tène[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Civilisation de La Tène.

La Tène ou second âge du fer, succédant au Hallstatt, marque la fin de la protohistoire. Elle tire son nom de celui d'un site archéologique découvert en 1857 à Marin-Epagnier, sur la pointe nord-est du lac de Neuchâtel, à l'embouchure de la Thielle, dans le canton de Neuchâtel en Suisse. Elle est attestée en Europe Centrale et de l'Ouest, et certains auteurs comme Massimo Guidetti ("Storia del Mediterraneo nell'antichità : 9.-1. secolo a.C" - p. 141) contestent le rattachement de la péninsule ibérique à cette culture[26]. La transition d'une civilisation celtique à l'autre semble être le fruit de modifications sociales au sein des sociétés plus que d'une invasion par d'autres groupes celtes[27].

Conséquence d'une crise interne, de la réorganisation des circuits commerciaux ou des luttes entre Grecs et Étrusques pour le contrôle des échanges, les citadelles des Celtes du Premier âge du fer, "poumons" des relations commerciales sont abandonnées les unes après les autres vers -500 au profit d'un mode de vie plus rural dominé par une chefferie guerrière. Des régions comme les nouveaux centres de la civilisation celtique au Ve siècle de la Rhénanie (culture de l'Hunsrück Eifel, la Bohême, la Champagne et les Ardennes) se distinguent. Une lente évolution se produit dans les coutumes et les productions. On trouve le stamnos étrusque (vase contenant le vin pur) dans les tombes riches du Ve siècle, à la Motte-Saint-Valentin (Haute-Marne) ou à Altrier (Luxembourg). Le miroir importé d'Étrurie, ou son imitation, est fréquent dans les sépultures féminines (Utliberg, près de Zurich, la Motte-Saint-Valentin). Les mobiliers funéraires laissent entrevoir une moindre disparité sociale entre les puissants et le reste du peuple. Les importations méditerranéennes baissent, les bijoux sont moins somptueux. Les sépultures des chefs perdent de leur monumentalité, en conservant leur mobilier type : le poignard de parade fait place à la panoplie guerrière complète, le char à deux roues, plus léger et rapide, remplace le char de parade.

Si, à l'ouest, les Celtes sont défaits par les Romains menés par Jules César, épisode relaté dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, à l'est, les Celtes sont également progressivement écartés : les fouilles montrent que l'oppidum de Stradonice (Bohême) est incendié, probablement par les Germains en -9 ou -6, les sépultures laissent à penser que se développe une civilisation germanique sur ces terres.

Fin de la civilisation celtique[modifier | modifier le code]

Dissolution de la civilisation[modifier | modifier le code]

Le casque Waterloo, daté de vers -150 à -50

Aux IIe siècle-Ier siècles avant notre ère, les Celtes sont soumis sur le continent à la pression conjuguée des Germains au nord, des Romains au sud et à la poussée de l'empire dace à l'est.

À la suite d'un appel à l'aide de Marseille, menacée par les peuplades celtiques voisines, Rome annexe la Narbonnaise durant le dernier tiers du IIe siècle av. J.-C..

Les invasions de bandes armées (migration des Cimbres et des Teutons en 113 av. J.-C.) et la pression démographique des Germains entraînent des migrations de peuples celtiques vers l'ouest, comme celle des Helvètes conduits par leur roi Orgétorix, et suscitent des tensions avec les peuples gaulois. C'est ce dernier facteur qui provoque la guerre des Gaules et marque la fin de l'indépendance celtique sur le continent à partir de -58. L'intervention de César aurait alors été motivée, écrit-il, par le désir de renvoyer les Helvètes chez eux afin de ne pas laisser des peuples germaniques d'outre-Rhin occuper le plateau suisse. Alors qu'en réalité la principale motivation de César était d'empêcher, comme il l'écrit lui-même, l'installation des Helvètes en Gaule de l'ouest, d'où ils pouvaient menacer la Provincia (Gaule du sud, conquise par Rome vers 120 av. J.-C.).

Occupée par le conquérant romain qui s'est immiscé dans la politique gauloise, une partie de la Gaule se soulève en janvier -52. Après la défaite à Alésia du chef de la coalition gauloise, Vercingétorix, la Gaule est entièrement occupée. Les derniers opposants sont vaincus en -51 à Uxellodunum où ils s'étaient réfugiés.

Au Ier siècle de notre ère, l'île de Bretagne (aujourd'hui Grande-Bretagne) est partiellement conquise (à l'exception de l'Écosse) à son tour : dès lors, la civilisation celtique ne survit plus qu'en Irlande et dans le nord de l'Écosse. L'Helvétie est en partie germanisée entre le Ve et le VIe siècle[réf. nécessaire]. Les populations bretonnes, dont une partie au moins avait conservé l'usage de la langue celtique, et irlandaises se christianisent après le IIIe (le Ve pour l'Irlande) et évoluent pour donner naissance aux Irlandais, Écossais, Bretons, Gallois et Cornouaillais modernes.

Devant migrer dans un premier temps vers l'Ouest, puis devant affronter les entreprises guerrières de Rome, les population celtes ont été absorbées dans des ensembles politiques plus vastes et plus cohérents[17].

L'évangélisation de l'Irlande[modifier | modifier le code]

C'est en Irlande que la civilisation celtique a duré le plus longtemps, son insularité est considérée comme étant la cause principale. Les légions romaines n'ayant pas franchi la mer d'Irlande, les Gaëls n'ont pas subi cette acculturation, même si des relations avec l'Empire romain ont existé dès le Ier siècle av. J.-C.

C'est la conversion des peuples celtes et, en premier lieu de leurs élites, au christianisme qui fait entrer l'Irlande dans le Moyen Âge européen. Changement de religion mais pas de classe sacerdotale : si le druidisme disparaît, les druides sont les premiers convertis et deviennent les prêtres de la nouvelle Église. L'apport des nouveaux enseignements au substrat celtique va donner naissance à ce que l'on appelle le christianisme celtique.

Les conditions de l'évangélisation sont mal connues et les sources dont nous disposons sont largement hagiographiques. En 431, le pape Célestin Ier envoie un Gaulois, nommé Palladius, évangéliser les « Scots ». En 452, c'est le Britto-romain Maewyn Succat, connu sous le nom de saint Patrick, qui débarque dans l'île. Il semble que le premier ait essentiellement œuvré dans le Leinster et que le second ait évangélisé dans l'Ulster et le Connaught. Patrick est réputé pour avoir chassé les serpents de l'île et expliqué la sainte trinité par l'exemple de la feuille de trèfle. La société celtique étant de type théocratique[réf. nécessaire], la conversion n'a pu se faire que par la classe sacerdotale et Patrick aurait « démontré » aux druides que sa magie était plus puissante que la leur. Si certains traits de la tradition celtique n'ont pas totalement disparu, les Irlandais vont se trouver confrontés à la fin du VIIIe siècle à une autre culture, celle des Vikings.

Géographie[modifier | modifier le code]

Régions rhénanes et monde germanique[modifier | modifier le code]

Le contact entre le monde celtique et germanique reste difficile à mettre en valeur. La première énigme apparaît lors de la Guerre des Cimbres : ce peuple semble avoir migré du nord de l'Europe (plus précisément du Jutland) au IIe siècle av. J.-C., puis défaits à la Bataille d'Aix. Bien que généralement considérés comme Germaniques en raison de leur région d'origine, des incertitudes sur leur langue ou leur culture ont pu apparaître, notamment du fait de nombreux anthroponymes celtiques parmi leurs chefs (Henri Hubert - « The rise of the Celts »). Les Teutons n'apparaissent dans les textes que lors de la Bataille de Noreia (sud de l'Autriche). Toujours selon Henri Hubert, le point de jonction entre les deux groupes auraient eu lieu en Allemagne centrale près du Main, région celtique avant sa germanisation au milieu du premier millénaire avant notre ère. Il est donc possible que ces migrations aient pu donner lieu à des confédérations de tribus mêlant Celtes et Germains, d'où l'incertitude.

C'est Jules César qui définira précisément quelques décennies plus tard la limite entre Celtes et Germains dans la Guerre des Gaules, limite définie par le Rhin[28]. Le but politique paraît établi, d'une part par le caractère trop simple de cette limite, d'autre part par le fait que Celtes et Germains ont pu coexister au-delà ou en deçà de cette limite[29],[30]. Serge Levuillon qualifie cette limite d'aberration, dans un contexte où Celtes et Germains ont pu se côtoyer et échanger culture et coutumes[31],[32]. Selon Lucien Bely, les Celtes étaient présents au-delà du Rhin ("Connaître l'histoire de France"). Le cas des Belges illustre bien le problème dans la mesure où personne ne peut aujourd'hui affirmer à quel groupe culturel se rattachaient les peuples de la région. César entretient lui-même l'incertitude en ne classant la région ni dans la "Celtique", ni dans la "Germanie". Les études toponymiques, linguistiques ou anthroponymiques n'ont jamais pu éclaircir la question. Les différents auteurs sont partagés entre l'option celtique (Jean Loicq), l'option germanique avec aristocratie celtique (Ugo Janssens), et d'autres encore penchent vers une théorie plus récente dénommée Nordwestblock[33] défendue notamment par Rolf Hachmann, Georg Kossack ou Hans Kuhn, et où le nord-ouest de l'Europe continentale aurait connu une culture distincte des Celtes et des Germains. Au demeurant, l'étymologie même de Germain proviendrait (sans certitude) d'une tribu belge de langue celtique, de gair signifiant « voisin », et maon signifiant « peuple » (Conrad Gessner), hypothèse qui est réfutée par le Chambers Dictionnary of Etymology[34] (voir Le nom des Germains).

Europe de l'Ouest (France et Belgique)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Gaule belgique et Gaule.

La Gaule, ou Gallia, était le nom romain de la région située entre le Rhin et les Pyrénées. Vers 400 av. J.-C. environ, tous les Gaulois appartenaient à la culture de La Tène. Les Romains s'emparèrent du Sud du pays au cours du IIe siècle, et les contacts avec la Méditerranée "romanisèrent" en partie les Gaulois, avant que Jules César ne conquière le pays tout entier dans les années 50 av. J.-C.

Pictes[modifier | modifier le code]

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Les Pictes étaient un peuple vivant dans l'actuelle Écosse dans la basse antiquité. L'origine et la culture des Pictes sont obscures, dans la mesure où peu de textes leur ont été consacrés (Constance Chlore les mentionne au IIIe siècle). Souvent considérés comme celtes, les Pictes sont peut-être de culture pré-indo-européenne. Les partisans de la théorie pré-indo-européenne mettent en avant le fait que le missionnaire irlandais Colomba d'Iona aurait affirmé avoir besoin d'un traducteur pour convertir le roi picte Brude mac Maelchon. Ce qui n'est pas une preuve puisque l'inter-compréhension n'existe pas toujours entre deux langues d'un même groupe. L'assimilation par les Scots venus d'Irlande s'est faite au début du Moyen Âge.

Péninsule Ibérique[modifier | modifier le code]

Plusieurs auteurs sont sceptiques sur l'emploi du terme "celtique" à la péninsule Ibérique qui ne dispose que d'un faible héritage archéologique, et où les langues vernaculaires celtiques ne sont que faiblement attestées.

Si les interrogations touchent l'Europe du Sud en général, elles visent particulièrement la péninsule Ibérique. S'il est établi que des tribus celtiques ont pu traverser ou se fixer dans ce qui est aujourd'hui l'Espagne, le Portugal et la Turquie, leur impact sur les cultures pré-existantes reste sujet à caution sur le plan archéologique ou historique. Quelques inscriptions en langue celtique ont pu être mises à jour en Castille et en Galatie, mais on en ignore encore l'utilisation.

Sur le plan archéologique, de nombreux auteurs et chercheurs ont encore des doutes aujourd'hui sur le lien réel entre les cultures celtiques attestées d'Europe centrale et les éléments archéologiques trouvées en Espagne. Paul Graves utilise le terme de « mythologisation » concernant la problématique celtique dans le Nord de l'Espagne dans Cultural identity and archaeology : the construction of European communities (p. 189-190)[35]. La culture des castros du nord-ouest de l'Espagne n'est pas formellement reconnue comme étant rattachée aux oppida celtiques d'Europe centrale et de Grande-Bretagne[36]. La répartition des chars celtiques se concentre en Europe Centrale et de l'Ouest, alors que le matériel archéologique est très rare ou absent en péninsule ibérique ou en Italie[37].

La même problématique existe sur le plan toponymique ou historique. La toponymie celtique tend à se raréfier dans le sud-ouest de la France, région où étaient établis les Aquitains, peuple de culture pré-indo-européenne, ou aussi appelés les Proto-Basques. Se basant sur le faible nombre de toponymes celtes dans le nord de l'Espagne, Hector Iglesias conclut que les Celtes ont probablement formé dans cette région des groupes épars ou aristocratiques, mais jamais majoritaires[38]. De nombreux noms de lieux galiciens sont à rapprocher de la toponymie basque et pyrénéenne, notamment l'étymologie-même de Galice et on ne dénombre pas davantage de toponyme celtiques dans ces régions qu'en Aragon ou en Castille, où l'on a retrouvé par ailleurs des inscriptions en langue celtique écrites en alphabet ibérique. Si des éléments toponymiques celtiques sont indubitablement attestés dans une grande partie de l'Espagne, hormis dans la partie est de peuplement ibère, on y relève curieusement par exemple la faible occurrence du suffixe *-āko- (latinisé en -acum, -acus dans les textes) pourtant répandu dans les zones de peuplement ou d'ancien peuplement celtique. Cela pourrait indiquer une disparition précoce des langues celtiques, ce suffixe ayant eu une fonction toponymique tardive. La rareté de ce suffixe en Espagne est comparable à sa rareté dans le sud de l'Aquitaine en dessous de la Garonne jusqu'aux Pyrénées et dans l'est de la Provence, qui suggère quant-à-lui, la présence d'un fort substrat non celtique ou une disparition précoce du gaulois.

À propos de la culture celtique dans la péninsule Ibérique, des auteurs comme Friedrich Putzger, Angus Konstam ou Francisco Villar ont exclu ou continuent à exclure ces régions du monde celtique[39],[40],[41].

Le concept même de « Celtibère » est sujet à caution: ainsi, Dominique Garcia (professeur d'archéologie à Marseille), faisant une analyse grammaticale des anciens textes romains et grecs, conclut que l'expression « Celto-ligures », utilisée par les mêmes auteurs qui emploient le terme de « Celtibères », désignait dans les faits des peuples Ligures[42].

Même dans des régions se réclamant d'un héritage celtique comme la Galice, Beatriz Diaz Santana ou Hector Iglesias expriment de sérieux doutes sur l'impact des Celtes[43],[44]. L'apparition au XIXe siècle du « galleguisme » n'est peut-être pas entièrement étranger à l'éveil d'une conscience celtique de circonstance auquel Paul Graves fait référence dans son ouvrage[45].

Italie[modifier | modifier le code]

Si des sources antiques utilisent parfois le terme de "Celtes" pour désigner certains peuples vivant en Italie du nord ou en péninsule ibérique, aucune n'indique réellement que ces peuples étaient de langue celtique. De fait, établir un lien entre l'archéologie et la culture est déjà source de controverses. Pour Venceslas Kruta ("la formation de l'Europe Celtique - État de la question" - 1999 - voir p. 5 et 11), faire un lien entre la présence d'un matériel archéologique et une culture relève de la "spéculation"[46]. Pierre-Yves Milcent a une opinion similaire[47].

Ces interrogations existent pour l'Italie, où il apparaît que les grandes villes du nord du pays ont été fondées pour la plupart par les Étrusques ou les Romains. Bologne, Mantoue ou Vérone sont notamment des fondations étrusques[48],[49]. Concernant Milan, plusieurs sources assimilent le site de Melpum, un site étrusque, avec le site actuel de la ville de Milan, notamment Jean Gagé (voir p. 170)[50], Barthold Georg Niebuhr[51], Jean-Jacques Prado (p. 212)[52], le Larousse (section "la ville antique")[53], Marcel Le Glay, Jean-Louis Voisin et Yann Le Bohec dans "A history of Rome" (p. 6)[54],[55], (note p. 102). De même, la ville de Melzo étant réputée pour être l'ancien site étrusque de Melpum, Sergio Villa conteste ce fait sur des bases linguistiques[56].

Peuples[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peuples celtes.

La science et les Celtes[modifier | modifier le code]

Phrénologie[modifier | modifier le code]

Au cours du XIXee siècle, la phrénologie a été abondamment utilisée pour démontrer des liens de parenté entre des populations proto-historiques et contemporaines. Les Celtes, objet d'études archéologiques, n'échappent pas à la règle.

Après avoir étudié des dizaines de crânes issus de sépultures celtes, le Suédois Anders Retzius propose de classer les Celtes parmi les populations dolichocéphales orthognates, avec les Germains et les Scandinaves[57]. Cette thèse permet à ses continuateurs de reprendre la thèse de populations conquérantes blondes, ayant asservi des populations bracycéphales; cependant, cette thèse est rapidement réfutée, notamment par Paul Broca[notes 1],[58].

Génétique[modifier | modifier le code]

Selon des études génétiques récentes, les populations celtiques seraient caractérisées par différents sous-groupes de l'haplogroupe du chromosome Y, R1b-M269 introduit en Europe par les migrations indo-européennes il y a environ 4 500 ans[59]. L'haplogroupe R1b-M269, qui représente 60% des lignées masculines en France, pourrait être associé aux Proto-Indo-Européens arrivés en Europe durant l'Âge du bronze et qui auraient remplacé une grande partie de la population néolithique masculine existante[60],[61].

Art de la guerre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre chez les Celtes.

Les guerriers utilisaient des armes plutôt modernes pour leur époque. Ils ont été les inventeurs de la cotte de maille et étaient d'excellents cavaliers. Les Celtes développent une tactique de charge frontale en hurlant en essayant d'effrayer au maximum l'adversaire. La guerrière celte (phénomène exceptionnel ?) existe aussi bien dans la mythologie (exemple : Medb) que dans l'histoire (Boadicée)[62].

Politique et société[modifier | modifier le code]

Les sociétés celtes étaient régies par des classes : clergé, noblesse, peuple. Le clergé, composé de prêtres, nommés druides, et la noblesse, composée des guerriers les plus riches et les plus braves, dirigeaient le peuple.

Économie[modifier | modifier le code]

La terre des Celtes regorgeait de métaux tels que l'étain, le plomb, le fer, l'argent et l'or. Les forgerons et ferronniers pouvant les transformer en objets de valeurs, armes ou bijoux.

Certaines pièces d'or furent frappées à l'effigie de Vercingétorix, sur son verso on peut apercevoir un croissant, un étalon et une amphore.

Commerce[modifier | modifier le code]

Le réseau d'échange commercial Celtiques s'étendait de l'Afrique à l'Asie, Rome étant leur principale marché.

Agriculture et pêche[modifier | modifier le code]

Art, artisanat et techniques[modifier | modifier le code]

Prince de Glauberg, Allemagne.
Article détaillé : Art celte.

Les Celtes n'ayant laissé que très peu de traces écrites de leur civilisation, celle-ci nous est avant tout connue grâce à leur art, largement redécouvert durant la deuxième moitié du XXe siècle.

L'art des Celtes présente une grande diversité selon les époques et les régions considérées. Il n'est pas, non plus, exempt d'influences extérieures : étrusque, grecque, scythique, puis latine, et enfin germanique et chrétienne. Toutefois, quelques caractéristiques majeures le distinguent nettement de l'art des autres civilisations qui étaient en contact avec l'aire culturelle celtique :

  • les représentations des divinités semblent avoir existé, mais les témoignages en sont rares, d'époque gallo-romaine ou difficiles à identifier (L'une des sources les plus connues est le chaudron de Gundestrup).
  • si l'on excepte le cas de la Hesse et celui du midi de la Gaule (voir plus loin), il semble également que la statuaire de pierre n'ait pas été le domaine de prédilection des Celtes.

Une caractéristique majeure de l'art celte est la domination de motifs anthropomorphes ou issus de la nature, tels que les entrelacs, et une tendance à l'abstraction. Issue du schématisme hallstattien, cette tendance atteint son apogée à travers les enluminures des manuscrits celtiques d'Irlande et d'Écosse de la période chrétienne insulaire, tels que le célèbre livre de Kells (voir aussi le monastère de Iona).

  • la statuaire retrouvée sur certaines tombes représente des hommes debout dotés d'excroissances de part et d'autre de la tête évoquant une feuille de gui.

Religion[modifier | modifier le code]

Les Celtes n'ayant pas laissé de traces écrites, la connaissance que nous avons de la religion et de la culture celtes est tributaire des textes laissés par les Grecs, les Romains et le penseurs chrétiens[63].

Polythéisme et druidisme[modifier | modifier le code]

Les Celtes ont développé un système religieux polythéiste.

Ceux-ci devaient disposer d'un panthéon au moins aussi développé que celui des Grecs et des Romains (près de quatre cents figures de divinités celtiques sont recensées), mais rien n'indique que ce panthéon ait été homogène sur l'ensemble du domaine celtique, ni qu'il ait possédé une structure unique. Cependant, les principaux dieux gaulois décrits par César se retrouvent, sous leurs noms propres, dans les textes mythologiques irlandais du Moyen Âge, avec les mêmes fonctions.

Les auteurs latins et grecs citent quelques divinités gauloises, sans énoncer les motifs qui dictent leur sélection : Épona, Taranis, Esus et Lug sont ainsi connus.

La toponymie nous livre encore quelques indices sur les croyances des anciens Celtes. Ainsi, on pense que Lug était révéré dans des lieux d'altitude. Le toponyme Lugdunum (forteresse ou montagne de Lug) est directement à l'origine du nom de la ville de Lyon.

Détail d'un panneau intérieur du chaudron de Gundestrup, Musée national du Danemark, Copenhague

La place des divinités celtes dans l'art pose problème. On a longtemps considéré comme témoignage archéologique majeur sur les dieux des Celtes le chaudron de Gundestrup, découvert dans une tourbière au Danemark. Mais celui-ci, qui représente un certain nombre de divinités et évoque plusieurs mythes communs à la plupart des peuples anciens en Europe, n'est pas exempt d'influences extérieures. En tous cas, il représente un dieu cornu qui peut être associé au dieu celte à tête de cerf, Cernunnos et une divinité à la roue solaire en laquelle on peut voir une représentation de Taranis.

En statuaire, on a plusieurs fois vu représentées des figures de divinités bicéphales ou tricéphales, qui ont été associées à un Hermès. Il est en tout cas probable que le rythme ternaire ait possédé une dimension religieuse pour les anciens Celtes. Des statues de « guerriers assis », inventées dans le midi de la Gaule (Entremont, Roquepertuse), font objet de débat : il est difficile de savoir si celles-ci représentaient des dieux, des guerriers divinisés ou des héros tutélaires.

Le même problème d'interprétation se pose pour certains bustes de la « Gaule chevelue » dont la forme fait penser au haut d'un mât totémique, telle celle en laiton découverte à Bouray-sur-Juine, dans l'Essonne, qui représente un personnage avec torque et pattes de cervidé stylisées, ou encore celle conservée au musée de Saint Germain-en-Laye, en calcaire représentant un personnage avec torque et sanglier.

De même, le sens exact de certains noms associés à des divinités est plus difficile à cerner : Teutatès (qui a inspiré le célèbre Toutatis d'Astérix) pourrait ne pas désigner un dieu particulier, mais le dieu tutélaire, protecteur d'un peuple, chaque peuple celte ayant possédé ses propres divinités, certaines remontant à la Préhistoire préceltique.

L'immortalité de l'âme était une des croyances des anciens Celtes, ce qui explique peut-être les témoignages sur leur vaillance et leur intrépidité au combat, puisque la peur de la mort était absente. En revanche, la notion de la réincarnation doit être écartée de leur religion, cette suggestion étant due à des lectures erronées[64].

Les Celtes croyaient également en un au-delà. Dans la tradition irlandaise transmise à l'époque chrétienne, le Sidh désigne l'Autre Monde celtique, il se situe à l'ouest, au-delà de l'horizon de la mer, dans des îles magnifiques ; sous la mer, dans les lacs et les rivières où se situent de somptueux palais de cristal aux entrées mystérieuses ; sous les collines et les tertres. C'est le séjour des Tuatha Dé Danann.

Dans le domaine des rites, les sacrifices humains, le culte des têtes coupées, ou encore l'utilisation abondante du sang dans les lieux de culte sont les traits qui ont frappé les auteurs antiques. L'un d'entre eux, Pausanias, évoque aussi la pratique de l'anthropophagie. Jules César écrit quant à lui :

« Ils [les Celtes] se servent pour ces sacrifices humains du ministère des druides ; ils pensent, en effet, que c'est seulement en rachetant la vie d'un homme par la vie d'un autre homme que la puissance des dieux immortels peut être apaisée. Ils pratiquent des sacrifices de ce genre qui sont une institution publique. Certains ont des mannequins de très grande taille, dont ils remplissent d'hommes vivants la carapace tressée d'osiers, on y met le feu, et les hommes périssent enveloppés par la flamme. »

Aux témoignages grecs et romains, on doit ajouter celui de la littérature celtique elle-même et des Mabinogion de Pwyll et Branwen évoquant plusieurs sacrifices humains.

De nombreuses découvertes archéologiques corroborent l'existence de sacrifices humains : culte des têtes à Entremont (Bouches-du-Rhône), réminiscent dans le décor des tympans d'églises de l'Irlande médiévale, rites sanguinaires à Ribemont-sur-Ancre, sacrifices par noyade, égorgement, strangulation, overkill des Hommes des tourbières, etc.

Si les Celtes connaissaient l'écriture et l'ont parfois utilisée, ils ont privilégié l'oralité pour la transmission du Savoir, quel qu'en soit le domaine, de sorte qu'il faut étudier le domaine celtique à partir de sources externes ou tardives. La construction de sanctuaires à usage religieux est un fait très tardif dans le domaine celtique puisqu'ils n'apparaissent qu'au IIIe siècle av. J.-C.. Aux époques précédentes, le culte régi par la classe sacerdotale des druides, se faisait dans des espaces sacrés en pleine nature (nemeton en langue gauloise signifie « sacré », nemed en gaélique), comme les clairières, la proximité des sources. Lucain, dans la Pharsale (III, 399-426), nous donne la description d'un de ces lieux avec un endroit strictement interdit, réservé aux dieux. Le site de Burkovák (Bohême) recèle de très nombreux objets à caractère votif, mais est exempt de toute construction. Il est possible aussi que des ensembles mégalithiques, tels Carnac (département du Morbihan en Bretagne) ou Stonehenge (comté du Wiltshire, Angleterre) aient pu être réutilisés par les druides dans un but cultuel. La construction de palissades autour d'enclos et de bâtiments intervient à une époque où la civilisation celtique entame son déclin. Le plus célèbre de ces sites est celui de Gournay-sur-Aronde.

Deux druides sur le bas-relief d'Autun.

À l'époque précédant la conquête romaine de la Gaule, et, semble-t-il, par la suite dans les îles, la caractéristique majeure de la pratique religieuse des anciens Celtes est le druidisme. Le mot druide qui est spécifiquement celtique provient de « dru-wid-es » qui signifie « très savants ».

L'existence du clergé druidique est attestée chez plusieurs auteurs antiques, pour différentes époques et en différents lieux du monde celtique. Ainsi, dans la tradition irlandaise, le druidisme apparaît comme une création des Partholoniens, arrivés en Irlande 312 ans après le déluge[65]. Ou encore, en Gaule, les druides paraissent avoir joué un rôle clef dans l'insurrection de -52 et, par la suite, dans les révoltes gauloises du Ier siècle : celle des equites, menée par l'Éduen Julius Sacrovir en 21 après J.-C. et rapportée par Tacite dans ses Histoires, aurait conduit au déclenchement des hostilités de Rome à l'égard des druides gaulois.

Le « clergé » druidique avait en charge la célébration des cérémonies sacrées et des rites cultuels : lui seul avait le droit de pratiquer les sacrifices, parfois humains, mais plus généralement d'animaux ou symboliques (comme l'attestent les ex-voto en bois inventés aux sources de la Seine). C'est d'ailleurs la pratique des sacrifices humains qui servit de prétexte à l'interdiction des druides sous l'Empereur Tibère (ou Claude pour certains historiens).

Les autres prérogatives des druides comprenaient logiquement l'enseignement, la diplomatie, l'histoire, la généalogie, la toponymie, la magie, la médecine et la divination. Le druide, grâce à son savoir (dont l'acquisition pouvait nécessiter vingt ans d'études, selon César) et grâce à sa maîtrise des pratiques magiques, était un intermédiaire entre les dieux et les hommes.

Le druide avait aussi un rôle de conseiller politique auprès du roi avec lequel il a pu former un binôme dans lequel le roi exerçait la souveraineté sous l'inspiration du druide. Le druide Diviciacos, contemporain de Cicéron et directement à l'origine de la conquête romaine de la Gaule, apparaît notamment comme le chef politique des Éduens.

À tous égards, le druide était le personnage prédominant de la société celtique, à la fois ministre du culte, philosophe, gardien du Savoir et de la Sagesse, historien, juriste et aussi conseiller militaire du roi et de la classe guerrière. Il est également possible que toute la vie des Celtes ait été sous le contrôle des druides à certaines périodes.

Aussi, on peut penser que les druides ont joué un rôle fondateur pour l'ensemble de la civilisation celtique et pour le règlement de l'ensemble de la société celte.

Sans entrer dans les spécifications de la classe sacerdotale, trois types de « professions » à caractère religieux sont connus dans le monde celte :

  • le druide qui désigne tout membre de la classe sacerdotale, dont les domaines d'attribution sont la religion, le sacrifice, la justice, l'enseignement, la poésie, la divination, etc. ;
  • le barde est spécialisé dans la poésie orale et chantée, son rôle est de faire la louange, la satire ou le blâme ;
  • le vate est un devin, il s'occupe plus particulièrement du culte, de la divination et de la médecine. Les femmes participent à cette fonction de prophétie.

En Gaule, l'existence d'une hiérarchie druidique est également presque certaine si l'on se réfère aux témoignages latins qui portent sur l'existence d'une assemblée annuelle des druides (sur le territoire des Carnutes, près de Chartres) et sur l'existence d'un Gutuater, sorte de chef des druides, qui aurait participé activement à la politique des Gaules. Le druidisme aurait ainsi pu servir de trait d'union entre les peuples celtes.

Calendrier religieux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Calendrier celtique.

Selon les sources irlandaises, l'année celtique était rythmée par quatre grandes fêtes religieuses au caractère obligatoire, dont deux majeures : Samain au 31 octobre ou 1er novembre (selon notre calendrier) et Beltaine au 30 avril ou 1er mai, et deux de moindre importance : Imbolc le 1er ou le 2 février et Lugnasad le 1er août[66]. La source majeure qui nous renseigne sur le calendrier celtique est le calendrier de Coligny, qui date de l'époque gallo-romaine.

Vision des Celtes[modifier | modifier le code]

La Celtomanie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : celtomanie.

À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle s'est développée un mouvement d'idées, la celtomanie visant à prouver que la civilisation celtique, et plus particulièrement la langue bretonne, étaient à l'origine de toutes les langues.

Cette exaltation d'un passé celtique recomposé aboutit à la réécriture du passé, dans le cadre de la diffusion de l'hypothèse de l'existence d'un peuple indo-européen originel[67].

Cet engouement disparaît au milieu du XIXe siècle, lors des derniers feux du romantisme, alors que les premiers archéologues remettent en cause certains discours de ce courant; les tenants de ce courant parviennent à le faire survivre au travers de divers groupuscules parareligieux ou parascientifiques[68].

Rapidement, les débats sur les Celtes contribuent à la création d'un mythe des origines des peuple européens, la phrénologie est alors convoquée par les chercheurs pour démontrer que les Celtes se placent bien dans la lignée des Indo-européens, Broca étant l'un des pourfendeurs de l'emploi de cette science, alors balbutiante, pour la réalisation de recherches archéologiques[58].

Nationalisme et chauvinisme[modifier | modifier le code]

De plus, dans le contexte des années 1870, la celtomanie des années 1850 se transforme en exaltation des origines de la France, « {{{1}}} »[69], tandis que d'autres, notamment Pruner-Bey, met en avant la parenté avec Germains[70].

Dans ce contexte, Claude Rocher, membre de la société française d'anthropologie, prend position contre cette exaltation d'un mythe des origines aussi erroné que mortifère[71].

Dans Le Reich, le débat autour des Celtes constitue aussi un enjeu important, dès les années 1890. dès avant le premier conflit mondial, les archéologues allemands, influencés par Gustaf Kossinna, dévalorisent l'héritage celte[72]. Selon les intellectuels SS, les Celtes seraient des descendants des Aryens, Karl Georg Zschaetzsch, établissant des liens de parenté entre la tribus celtes des Éburons et la ville phénicienne de Hebron[73].

A la Renaissance, les Allemands commencent à revendiquer leur ascendance celtique[19]. A partir du XVIIe siècle, des peuples d'Europe occidentale se cherchent une origine lointaine et donc prestigieuse, capable de concurrencer les ascendances classiques : judaïque, grecque ou romaine. Les Celtes font ressuscités. A la Révolution française, chez les Bretons, la référence aux Celtes sert d'étendard face au centralisme français.

Les cherches et archéologues du Troisième Reich, dans le cadre d'une vision européenne du pangermanisme, défendent la thèse d'une origine germanique des populations celtes[74]. À la faveur de la défaite française de 1940, les archéologues allemands mènent de vastes programmes de fouilles pour étayer cette hypothèse, dans le Nord et l'Est de la France[75].

À l'issue du second conflit mondial, la figure du Celte, comme celle du Germain, est souvent utilisée par la Nouvelle Droite pour insister sur la soi-disant longue durée de l'installation des populations dans les pays d'Europe occidentale[76]

Le néodruidisme[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, d'abord sous le manteau du néo-druidisme, inventé au Pays de Galles, et auquel François-René de Chateaubriand a, involontairement, donné un coup d'envoi en France, puis développé sous des aspects plus politiques, ce que l'on apprend des anciens Celtes devient un mouvement politico-culturel appelé celtisme ou, au début du XXe siècle, panceltisme.
C'est l'héritage linguistique, à la lumière des recherches en langues comparées qui est mis en valeur dans les aires où se parle encore une langue celtique.

On définit alors les six pays celtiques : Bretagne, Cornouailles, Écosse, Île de Man, Irlande et Pays de Galles.

Des organisations culturelles et/ou politiques organisent jusqu'à nos jours des échanges privilégiés entre ces six pays et incluent parfois les régions d'Espagne qui se revendiquent comme celtiques, sans qu'une langue celtique y soit en usage : Asturies, Cantabrique et Galice. Il n'est pas jusqu'à l'Italie du Nord qui ne soit touchée par l'idée d'un héritage celte, mis en avant dans le Val d'Aoste et par la Ligue du Nord.
En Bretagne, l'impact de ce mouvement d'idée est encore mesurable par le nombre élevé de communes jumelées avec des collectivités publiques de Cornouailles, d'Écosse, d'Irlande et du Pays de Galles.

Ces croyances, issues de reconstructions dans un contexte New Age, se développent autour de la thèse d'une sagesse celtique à redécouvrir, dont les Druides auraient été les dépositaires[21].

Régionalisme[modifier | modifier le code]

Populations ayant été refoulées sur les marges occidentales du continent européen, le souvenir des Celtes hante les tenants de certaines identités régionales.

Durant le seconde conflit mondiale, les propagandistes allemands ont tenté de manipuler les militants de la cause du particularisme celtique. En France, mais aussi sur les Îles britanniques, une propagande est diffusée, via les cercles d'études celtiques, afin de développer des mouvements particularistes, dans une logique de fragmentation des États-nation français et britannique. Le congrès celtique, instance fédérant les régions celtiques de France et de Grande-Bretagne, est ainsi utilisé par les propagandistes allemands[N 3],[77]. Parallèlement à ces initiatives, une intense propagande à destination des nationalistes bretons est mise en œuvre, encouragée sur place par les partis autonomistes bretons[78]. Les mouvements autonomistes sont cependant fermement tenus par les autorités allemandes en France, à la fois pour des raisons militaires et pour des raisons politiques, par le biais de promotions honorifiques, ou de strict contrôle des déplacement, de leur principaux responsables[79]

Devenue marginale en raison du développement des langues officielles, le Français et l'Anglais, les langues celtiques sont réintroduites de manière volontariste à partir des années 1970 : le cornique en Cornouaille et le Manxois sur l'île de Man sont ainsi utilisés localement par une minorité de la population dans leur aire géographique respective[27].

Débats historiographiques[modifier | modifier le code]

Comme le résume l'historien Stéphane Verger, il existe deux manières extrêmes d'aborder le début des Celtes. « La première, positiviste, consiste à remonter dans le temps au-delà du second âge du Fer, voire jusqu'au début des âges de Métaux, dans les régions censées avoir été occupées anciennement par des “populations celtiques” pour déterminer, d'après les données archéologiques, à partir de quel moment et dans quelle zone de l'Europe les caractéristiques culturelles que l'on attribue traditionnellement aux Celtes peuvent être mis en évidence. La seconde, hypercritique, est celle qui consiste à considérer que la notion de Celtes est une construction moderne ». Selon cette thèse, les Celtes n'aurait pas été existé avant leur conceptualisation au XVIIe siècle.

Un civilisation celte ?[modifier | modifier le code]

L'historien Jean-Louis Brunaux, spécialiste des Gaulois, est assez proche de ce deuxième vision[19]. Il doute de la réalité d'une civilisation celte. A ses yeux, l'idée d'une langue celtique est un postulat non démontré. Les ressemblances entre breton, gaélique, gallois... s'expliqueraient davantage par les contacts et les influences entre des peuples voisines que par l'existence d'une langue mère. Brunaux s'accorde avec l'idée émise par Tolkien : « Les Celtes [...] sont un sac magique dans lequel on peut mettre ce que l'on veut et d'où on peut sortir à peu près n'importe quoi » [80]. Ce d'autant plus facilement qu'ils n'ont presque pas laissé d'écrits.

Plus qu'un peuple ou une civilisation, il considère les Celtes à l'origine comme une confédération de tribus vivant autour du Massif Central dans le but de commercer avec les Phéniciens puis les Grecs. De commerciale, cette association aurait pris un caractère diplomatique puis politique. Les Celtes se serait étendu à travers l'Europe, non pas à partir d'Europe centrale mais du centre sud de la Gaule. Extension faite sous forme de colonisation et non de migrations[19].

En France, l'archéologie s'empare des Celtes à partir des travaux d'Alexandre Bertrand à la fin du XIXe siècle.

La thèse de la continuité paléolithique[modifier | modifier le code]

Dans la lignée de cette thèse[N 4], le linguiste Mario Alinei, s'appuyant sur les dialectes, plus conservateur que la langue officielle, selon lui, affirme que les Celtes se seraient établis sur les Îles britanniques et l'Ouest de la Gaule à partir du Mésolithique, et auraient essaimé à partir de là, se plaçant ainsi en totale opposition avec les théories qui veulent que les Cetles se seraient établies en Europe occidentale à partir de l'Europe centrale[81].

Origine des Celtes[modifier | modifier le code]

Rapidement, le débat sur les origines des populations celtes constitue un enjeu de taille entre anthropologues, archéologues et proto-historiens.

Dans les années 1930, fortement influencés par les méthodes de l'archéologie du peuple, développée par Gustaf Kossinna, les archéologues allemands, appuyés sur une soi-disant « apparence nordique » des Celtes[N 5], affirment que ces derniers appartiendraient en réalité aux peuples germaniques[82].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Le classement thématique ne donne que l'orientation générale des ouvrages listés, la majorité d'entre eux abordant différents thèmes.

Généralités[modifier | modifier le code]

Gaule[modifier | modifier le code]

  • Stephan Fichtl, Stephan Fichtl, Les peuples gaulois, IIIe-Ie siècles av. J.-C., éditions Errance, Paris, 2004, (ISBN 2-87772-290-2)
  • Dominique Garcia, La Celtique méditerranéenne. Habitats et sociétés en Languedoc et en Provence. VIIIe-IIe siècles av. J.-C., éditions Errance, Paris, 2004, (ISBN 2877722864)
  • Dominique Garcia, Les Celtes de Gaule méditerranéenne, définition et caractérisation, éditions Bibracte, 2006,[24],
  • Christian Goudineau, César et la Gaule, éditions Errance, collection De la Gaule à la France : histoire et archéologie, 2000
  • Christian Goudineau, Regard sur la Gaule, éditions Errance, 2000
  • Renée Grimaud, Nos ancêtres les Gaulois, éditions Ouest-France, Rennes, 2001, (ISBN 2-7028-4542-8)
  • Danièle et Yves Roman, Histoire de la Gaule, Danièle et Yves Roman, Histoire de la Gaule, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1997, (ISBN 2-7028-1646-0)
  • Jean-Louis Brunaux, Les Gaulois, société d'édition Les Belles Lettres, Paris, 2005, (ISBN 2-251-41028-7)
  • Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Éditions Errance (2001), (2003), (2008, 3e édition revue et augmentée).
  • Xavier Delamarre, Noms de lieux celtiques de l'Europe ancienne (-500 / +500) - Dictionnaire, avril 2012, Errance.

Îles britanniques[modifier | modifier le code]

  • Miles Dillon, Nora K. Chadwick, Françoise Le Roux & Christian-Joseph Guyonvarc'h, Les Royaumes celtiques, éditions Armeline, Crozon, 2001, (ISBN 2-910878-13-9)
  • Pierre Joannon, Histoire de l'Irlande et des Irlandais, Perrin, Paris, 2006, (ISBN 2-286-02018-3)

Europe centrale et orientale[modifier | modifier le code]

  • Petr Drda et Alena Rybova, Les Celtes de Bohême, Errance.
  • Miklos Szabo, Les Celtes de l'Est : le second âge du fer dans la cuvette des Karpates (coll. « Hespérides »), Paris, Errance, 1992.

Art[modifier | modifier le code]

  • Collectif (catalogue de l'exposition européenne d'archéologie celtique), Les Celtes, Venise, 1991 (éd. Bompiani)
  • Paul-Marie Duval, Les Celtes, de collection L'Univers des Formes, éd. Gallimard

Société[modifier | modifier le code]

Religion[modifier | modifier le code]

  • Françoise Le Roux & Christian-J. Guyonvarc'h, Les Druides, éditions Ouest-France Université, Rennes, 1986, (ISBN 2-85882-9209)
  • Françoise Le Roux & Christian-J. Guyonvarc'h, Les Fêtes celtiques, éditions Ouest-France Université, Rennes, 1995, (ISBN 978-2-7373-1198-7)
  • Christian-J. Guyonvarc'h, Magie, médecine et divination chez les Celtes, Bibliothèque scientifique Payot, Paris, 1997, (ISBN 2-228-89112-6)
  • Jean-Louis Brunaux, Les Religions gauloises, éditions Errance, Paris, 2000 (ISBN 2-87772-192-2)

Débats historiographiques[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Otto Schrader base sa démonstration sur la paléolinguistique, affirmant notamment la proximité linguistique des mots désignant le mariage
  2. Les Celtes ont-ils existé ?
  3. Afin de faciliter l'érosion du lien national sur les périphéries orientales de la France, le SD finance des initiatives particularistes sur tout le territoire français
  4. la thèse de la continuité paélolithique affirment que les premiers Homo Sapiens auraient parlé des langues indoeuropéennes
  5. Les auteurs grecs et romains ont été frappés par l'apparence physique des Celtes, ce qui explique cette expression sous la plume de Georg Kraft

Références[modifier | modifier le code]

  1. Historiquement, la civilisation celtique appartient tout autant à la protohistoire qu'à l'antiquité, mais le rapport des Celtes à l'écriture pose problème. S'ils la connaissent et la maîtrisent, l'oralité a toujours été privilégiée, que ce soit sur le continent ou dans les îles britanniques. Selon les sources irlandaises, la capacité de mémoriser entre dans la hiérarchie des filid.
  2. Venceslas Kruta, « La naissance de la civilisation laténienne au Ve siècle av. J.-C.. Ve siècle avant notre ère » et « L'expansion celtique du IVe siècle et du IIIe siècle avant notre ère » in Les Celtes, PUF, « Que sais-je ? », 2006
  3. H12 Celtes gaulois https://www.youtube.com/watch?v=eOzKoWyQpJc
  4. Antonio De la Peña, Os probos castrexos antes da conquista romana, 1997, p. 145 ; cité par Carlos Serrano dans Nations en quête de passé : la péninsule ibérique (XIXe-XXe siècles), 2000, p. 180. en ligne sur Google Books)
  5. Jacques Harmand, Les Celtes au second âge du fer, FAC,‎ 1970, p. 16
  6. Patrick Galliou, Le monde celtique, Éditions Jean-Paul Gisserot,‎ 1994 (lire en ligne), p. 11
  7. Danièle Roman, Yves Roman, Histoire de la Gaule, Fayard,‎ 1997, p. 121
  8. (de) Julius Pokorny, Indogermanisches etymologisches Wörterbuch, Berne-Munich,‎ 1959, p. 909
  9. (en) Peter Berresford Ellis, A Brief History of the Celts, Hachette,‎ 2013, p. 17
  10. Jean-Joseph Julaud, L'Histoire de France Pour les Nuls, First Editions,‎ 2006, p. 25
  11. Philippe Jouët, L'Aurore celtique dans la mythologie, l'épopée et les traditions, Yoran embanner, Fouesnant, 2007, p. 409(ISBN 978-2-914855-33-4)
  12. B.Cunliffe, Les Celtes, Infolio, 2006, ISBN 2-88474-217-4, 9782884742177
  13. J.-R.Collis, The Celts : Origins, myths and inventions, Stroud, Tempus Publishing, 2003 Celtes, culture, contacts : confrontation et confusion
  14. Mais où sont passés les Indo-européens, p. 76
  15. Mais où sont passés les Indo-européens, p. 82
  16. Mais où sont passés les Indo-européens, p. 219
  17. a et b Mais où sont passés les Indo-européens, p. 455
  18. Mais où sont passés les Indo-européens, p. 342
  19. a, b, c, d et e Jean-Louis Brunaux, Les Celtes : Histoire d'un mythe, Belin,‎ , 284 p. (ISBN 978-2701177199)
  20. « L'Istros vient du pays des Celtes et de la ville de Pyréné, et partage l'Europe en deux. Les Celtes habitent au-delà des colonnes d'Héraklès et sont les voisins des Cynésiens, le plus occidental des peuples de l'Europe ». Hérodote, Histoire, cité par Stéphane Verger, « Des Hyperboréens aux Celtes. L'extrême Nord occidental des Grecs à l'épreuve des contacts avec les cultures de l'Europe tempérée» dans D. Vitali (éd.), Celtes et Gaulois, l'archéologie face à l'histoire, 2. La préhistoire des Celtes, Glux-en-Glenne 2006, p. 45-61
  21. a et b Mais où sont passés les Indo-européens, p. 454
  22. Encyclopédie Britannica éd. 1813
  23. Tite-Live, Histoire romaine, sur wikisource
  24. http://www.college-de-france.fr/media/christian-goudineau/UPL19780_goudineaures0405.pdf, p. 678-679
  25. Venceslas Kruta, Les Celtes, histoire et dictionnaire, p. 134, ch. « Le problème des origines ».
  26. Massimo Guidetti - Storia del Mediterraneo nell'antichità: 9.-1. secolo a.C [1]
  27. a et b Mais où sont passés les Indo-européens, p. 456
  28. César - De la Guerre des Gaules - Livre I [2]
  29. Alain Daubigney - CNRS - voir page 155
  30. Archéologie et rapports sociaux en Gaule - Par Alain Daubigney, Centre national de la recherche scientifique (France) [3]
  31. page 88
  32. Vercingétorix, ou Le mirage d'Alésia - Par Serge Lewuillon [4]
  33. Théorie du Nordwestblock (wikipedia anglophone) Nordwestblock
  34. Chambers Dictionary of Etymology, Edinburgh, 1988, p. 429a
  35. Cultural identity and archaeology: the construction of European communities - Par Paul Graves-Brown, Siân Jones - [5]
  36. Oppida.org (Commission européenne) [6]
  37. Raimund Karl, University of Wales Bangor [7]
  38. Toponymes portugais, galiciens, asturiens et pyrénéens : affinités et problèmes historico-linguistiques - Hector Iglesias.
  39. L'Europe celtique d'après Friedrich Putzger [8]
  40. La culture celtique au IIIe siècle avant notre ère - Francisco Villar [9]
  41. Angus Konstam - Die Kelten. Von der Hallstatt-Kultur bis zur Gegenwart. Wien: Tosa 2005.ISBN 3-85492-244-2; 192 S. [10]
  42. Dominique Garcia - Les Celtes de Gaule méditerranéenne - Définition et caractérisation [11]
  43. Beatriz Díaz Santana - Dpto. Prehistoria. UCM. - Una revision historiofrafica de la investigacion protohistorica de Galicia [12]
  44. affinités et problèmes historico-linguistiques - Hector Iglesias[13]
  45. Cultural identity and archaeology: the construction of European communities Par Paul Graves-Brown, Siân Jones - [14]
  46. Venceslas Kruta - La formation de l'Europe celtique - état de la question [15]
  47. Pierre-Yves MILCENT - Premier âge du Fer médio-atlantique et genèse multipolaire des cultures matérielles laténiennes [16]
  48. Histoire de Bologne (wikipedia italien) Felsina
  49. Histoire de Mantoue (wikipedia italien) Mantova#Il mito della fondazione
  50. Jean Gagé, « Arruns de Clusium et l'appel aux Gaulois (?). À propos d'une tradition haruspicinale sur la vigne et l'olivier », Revue de l'histoire des religions, 143 (1953), p. 170-208 [17]
  51. The Great Events by Famous Historians, Vol. 2 by Barthold Georg Niebuhr Brennus Burns Rome [18]
  52. L'invasion de la Méditerranée par les peuples de l'Océan: XIIIe siècle avant Jésus-Chris - Par Jean-Jacques Prado [19]
  53. Encyclopédie Larousse [20]
  54. A history of Rome - Par Marcel Le Glay, Jean-Louis Voisin, Yann Le Bohec [21]
  55. the roman catholic [22]
  56. Sergio Villa - Storici ticinesi sulle tracce di Melpum [23]
  57. Mais où sont passés les Indo-européens, p. 103
  58. a et b Mais où sont passés les Indo-européens, p. 115
  59. Jean Chaline, Généalogie et Génétique la Saga de l'Humanité Migrations Climats et Archéologie, 2014, Ellipses, p.254
  60. « L'un des plus importants mouvements migratoires serait celui des proto-Indo-Européens caractérisés par les haplogroupes de l'ADN-Y R1a et R1b provenant des peuples des steppes pontiques et asiatiques utilisant des sépultures recouvertes de tumulus, les kourganes », Jean Chaline, Généalogie et Génétique la Saga de l'Humanité Migrations Climats et Archéologie, 2014, Ellipses, p.307
  61. « R1a and R1b are the most common haplogroups in many European populations today, and our results suggest that they spread into Europe from the East after 3,000 BCE. » in Haak et al., 2015, Massive migration from the steppe was a source for Indo-European languages in Europe
  62. Jannick Ricard, Qu'est-ce qu'un guerrier gaulois ?, conférence à la Cité des sciences et de l'industrie, 14 février 2012
  63. Mais où sont passés les Indo-européens, p. 495
  64. Dans Les Druides (section glossaire, page 414), Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux sont catégoriques : « La tradition celtique ne contient aucune trace d'une croyance à la réincarnation »
  65. Lebor Gabala
  66. Voir l'étude de Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, Les Fêtes celtiques, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d'homme : l'histoire ».
  67. Mais où sont passés les Indo-européens, p. 72
  68. Mais où sont passés les Indo-européens, p. 73
  69. Mais où sont passés les Indo-européens, p. 117
  70. Mais où sont passés les Indo-européens, p. 120
  71. Mais où sont passés les Indo-européens, p. 119
  72. Mais où sont passés les Indo-européens, p. 178
  73. Mais où sont passés les Indo-européens, p. 186
  74. Nos ancêtres les Germains, p. 154
  75. Nos ancêtres les Germains, p. 158
  76. Mais où sont passés les Indo-européens, p. 289
  77. Nos ancêtres les Germains, p. 167
  78. Nos ancêtres les Germains, p. 169
  79. Nos ancêtres les Germains, p. 170
  80. cité par Jean-Louis Brunaux
  81. Mais où sont passés les Indo-européens, p. 349
  82. Nos ancêtres les Germains, p. 156

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