Traités de Nimègue

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Traité de Nimègue)
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Traité de Nimègue
Saint Empire Germanique/Suède
Description de cette image, également commentée ci-après
Texte en latin du traité entre la Suède et l'Empire romain germanique
Signé
Parties
Parties Empire romain germanique Suède
Traité de Nimègue
France/Prince de Munster
Description de cette image, également commentée ci-après
Place des Victoires à Paris en hommage au traité de Nimègue
Signé
Parties
Parties France Prince-évêque de Munster et Paderborn
Traité de Nimègue
Suède/Provinces-Unies
Description de cette image, également commentée ci-après
Le traité de Nimègue (Henri Gascard)
Signé
Parties
Parties Suède Provinces Unie
Traité de paix de Zell
Signé
Parties
Parties France, Suède Brunswick-Lunébourg
Traité de paix de Fontainebleau
Signé
Parties
Parties France, Suède Danemark
Traité de paix de Lund
Signé
Parties
Parties Danemark Suède

Les traités de Nimègue (en néerlandais Nijmegen), sont au nombre de sept, cinq ont été signés par la France [1]dont quatre traités de paix et un traité de commerce et de navigation. Les dates indiquées sont celles qui apparaissent en début de traité "Conclu le, etc. , et non les dates de la ratification la plus tardive. Ils ont été signés entre d'une part le royaume de France et d'autre part respectivement les Provinces-Unies (le ) : un traité de paix et un traité de commerce et de navigation; l'Espagne (le ), un traité de paix; le Saint-Empire (le ) un traité de paix en latin; un traité de paix avec le prince-évêque de Munster et Paderborn (19 mars 1679). S'ajoutent:

Traité entre Le Saint-Empire romain germanique et la Suède le 5 février 1679, en latin,

Traité entre la Suède et les Provinces Unies le 12 octobre 1679,

D'autres traités ont mis fin à la même guerre, qui n'ont pas été signé à Nimègue :

Traité de paix de Zell (Celles en français, en Basse-Saxe), du 5 février 1679, entre d'une part la France et la Suède et d'autre par le Brunswick-Lunébourg,

Traité de Saint-Germain-en-Laye (29 juin 1679) entre la France et la Suède d'une part, et le Brandebourg d'autre part, auquel s'ajoute dans la même ville entre Louis XIV et l'Electeur de Brandebourg seuls, un traité secret du 25 octobre 1679. Il n'est pas décompté, étant secret à l'époque.

Traité de paix de Fontainebleau du 2 septembre 1679 entre la France, la Suède et le Danemark,

Traité de paix de Lund ("Lunden", dit aussi "Paix de Lund"), du 29 septembre 1679 entre le Danemark et la Suède.

S'ajouteraient d'autres actes, Articles séparés, Protestations, Ratifications.[2]

Ensemble, ils mettent fin à la guerre de Hollande[3]. Ils ont été négociés dans leur majeure partie dans le cadre du congrès de Nimègue, ouvert le [4] et clôturé le .

La traduction en français des traités signée en latin peut être téléchargée sur le site : documentsdedroitinternational.fr/traités-de-paix/, ainsi que les traités qui ne se trouvent pas dans le recueil de Henri Vast cité en référence.

Clauses territoriales des traités[modifier | modifier le code]

Rétrocessions françaises[modifier | modifier le code]

Louis XIV se débarrasse des enclaves en territoires étrangers[Lesquelles ?] et rend :

Gains français[modifier | modifier le code]

Le grand perdant de la guerre est l'Espagne qui cède à la France :

En mer des Caraïbes les Français étendent leurs possessions

Conséquences des traités[modifier | modifier le code]

Impression du traité de Nimègue.
Bas-relief, La Paix de Nimègue, représentant de manière hagiographique les conquêtes de Louis XIV (Martin Desjardins, musée du Louvre).

Au total, la frontière du nord de la France est lissée, et comprend moins d'enclaves. Et la Franche-Comté relie la France à la Haute-Alsace (traité du ).

La paix de Nimègue est complétée par le traité signé le entre Louis XIV et l'Empereur. Le traité est humiliant pour l'Empire qui cède Fribourg-en-Brisgau et doit reconnaitre la validité des dispositions des traités de Westphalie de 1648. Le duc de Lorraine refuse les conditions humiliantes du traité. Il devait récupérer son duché sauf Nancy et accepter la création de quatre routes larges à travers son duché, visant à laisser le passage aux troupes françaises. En conséquence, Louis XIV continue d'occuper la Lorraine et annexe la place-forte de Longwy.

Au nord de l'Europe, Louis XIV oblige le Danemark (2 septembre 1679) et le Brandebourg (29 juin 1679), à rendre toutes les conquêtes faites sur la Suède, alliée de la France. L'électeur de Brandebourg s'engage, en échange d'une rente annuelle de 100 000 livres pendant dix ans, à soutenir le candidat de la France à l'élection impériale du Saint-Empire (Traité secret de Saint-Germain du 2 septembre 1679). La France est l'arbitre de l'Europe.

Après la signature du traité de Nimègue, le roi crée les Chambres de réunion pour étendre sa domination territoriale sur les dépendances des territoires cédés (fin de la Décapole et de la relative autonomie alsacienne). Cette politique des réunions sera validée en 1684 par la trêve de Ratisbonne.

Médaille de la Paix de Nimègue[modifier | modifier le code]

Depuis , la ville de Nimègue, en collaboration avec l'université Radboud, Royal Haskoning et le ministère néerlandais des Affaires étrangères, commémore la paix de Nimègue en décernant, tous les deux ans, la médaille de la Paix de Nimègue à « une personnalité internationale qui s'investit ou qui s'est investi[e] au cours de sa carrière, pour la paix sur le continent européen et pour le rôle et la position de l'Europe dans le monde »[6]. Ses récipiendaires sont Jacques Delors en 2010[7], Umberto Eco en 2012, Neelie Kroes en 2014, et la Cour européenne des droits de l'homme en 2016.

Récipiendaire de la médaille
Année Lauréat(e)
2010 Drapeau de la France Jacques Delors
2012 Drapeau de l'Italie Umberto Eco
2014 Drapeau des Pays-Bas Neelie Kroes
2016 Drapeau de l’Union européenne Cour européenne des droits de l'homme

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri VAST, Les grands traités du règne de Louis XIV, Paris, Alphonse Picard et Fils éditeurs à Paris, , 256 p. (lire en ligne), p. Volume 2, pages 53 et suivantes
  2. Démeunier (M. Jean Nicolas), Encyclopédie méthodique économique politique et diplomatique - volume IV, Paris et Liège, Panckouke à Paris et Plonteux à Liège, , 893 p. (Google book), p. 362-363
  3. Encyclopédie Larousse.
  4. Bois 2011, § 14.
  5. Albane Cogné, Stéphane Blond, Gilles Montègre, Les Circulations internationales en Europe, 1680-1780, Atlande, 2011, p. 34.
  6. « Première médaille de la Paix de Nimègue décernée à Jacques Delors » [html], sur www2.nijmegen.nl, Nimègue, (consulté le 6 janvier 2017).
  7. « Jacques Delors reçoit a médaille de la paix de Nimègue aux Pays-Bas » [html], sur www2.nijmegen.nl, Nimègue, (consulté le 6 janvier 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucien Bély, Les Relations internationales en Europe, XVIIeXVIIIe siècles, PUF, 1998 (2e éd.) (ISBN 2-13-044355-9).
  • Nelly Gissard d'Albissin, Genèse de la frontière franco-belge : les variations des limites septentrionales de 1659 à 1789, Picard, 1970.
  • Paul Sonnino, Louis XIV and the Origins of the Dutch War, Cambridge University Press, 2003 (3e éd.).
  • [Bois 2011] Jean-Pierre Bois, « Louis XIV, roi de paix ? », Revue historique des armées, no 263 (2011/2) : « Louis XIV, roi de guerre »,‎ , p. 3-11 (résumé, lire en ligne [html]).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]