Traité de Nimègue

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Le traité de Nimègue (Henri Gascard).

Les traités de Nimègue sont trois traités de paix signés à Nimègue entre le royaume de France, d'une part, et respectivement les Provinces-Unies (le ), l'Espagne (le ) et le Saint-Empire (le ), d'autre part[1]. Ensemble, ils mettent fin à la guerre de Hollande[1]. Il ont été négociés dans le cadre du congrès de Nimègue, ouvert le [2] et clôturé le .

Clauses territoriales des traités[modifier | modifier le code]

Rétrocessions françaises[modifier | modifier le code]

Louis XIV se débarrasse des enclaves en territoires étrangers et rend :

Gains français[modifier | modifier le code]

Le grand perdant de la guerre est l'Espagne qui cède à la France :

En mer des Caraïbes les Français étendent leurs possessions

Conséquences du traité[modifier | modifier le code]

Impression du traité de Nimègue.
Bas-relief, La Paix de Nimègue, représentant de manière hagiographique les conquêtes de Louis XIV (Martin Desjardins, musée du Louvre).

Au total, la frontière du nord de la France est lissée, et comprend moins d'enclaves. Et la Franche-Comté relie la France à la Haute-Alsace (traité du 17 septembre 1678).

La paix de Nimègue est complétée par le traité signé le entre Louis XIV et l'Empereur. Le traité est humiliant pour l'Empire qui cède Fribourg-en-Brisgau et doit reconnaitre la validité des dispositions des traités de Westphalie de 1648. Le duc de Lorraine refuse les conditions humiliantes du traité. Il devait récupérer son duché sauf Nancy et accepter la création de quatre routes de quatre lieues de large à travers son duché, visant à laisser le passage aux troupes françaises. En conséquence, Louis XIV continue d'occuper la Lorraine et annexe la place-forte de Longwy.

Au nord de l'Europe, Louis XIV oblige le Danemark et le Brandebourg à rendre toutes les conquêtes faites sur la Suède, alliée de la France (). L'électeur de Brandebourg s'engage, en échange d'une rente annuelle de 100 000 livres pendant dix ans, à soutenir le candidat de la France à l'élection impériale du Saint-Empire. La France est l'arbitre de l'Europe.

Après la signature du traité de Nimègue, le roi crée les Chambres de réunion pour étendre sa domination territoriale sur les dépendances des territoires cédés (fin de la Décapole et de la relative autonomie alsacienne). Cette politique des réunions sera validée en 1684 par la trêve de Ratisbonne.

Médaille de la Paix de Nimègue[modifier | modifier le code]

Depuis , la ville de Nimègue, en collaboration avec l'université Radboud, Royal Haskoning et le ministère néerlandais des Affaires étrangères, commémore la paix de Nimègue en décernant, tous les deux ans, la médaille de la Paix de Nimègue à « une personnalité internationale qui s'investit ou qui s'est investi[e] au cours de sa carrière, pour la paix sur le continent européen et pour le rôle et la position de l'Europe dans le monde »[4]. Ses récipiendaires sont Jacques Delors en 2010[5], Umberto Eco en 2012, Neelie Kroes en 2014, et la Cour européenne des droits de l'homme en 2016.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Encyclopédie Larousse.
  2. Bois 2011, § 14.
  3. Albane Cogné, Stéphane Blond, Gilles Montègre, Les Circulations internationales en Europe, 1680-1780, Atlande, 2011, p. 34.
  4. « Première médaille de la Paix de Nimègue décernée à Jacques Delors » [html], sur www2.nijmegen.nl, Nimègue,‎ (consulté le 6 janvier 2017).
  5. « Jacques Delors reçoit a médaille de la paix de Nimègue aux Pays-Bas » [html], sur www2.nijmegen.nl, Nimègue,‎ (consulté le 6 janvier 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucien Bély, Les Relations internationales en Europe, XVIIeXVIIIe siècles, PUF, 1998 (2e éd.) (ISBN 2-13-044355-9).
  • Nelly Gissard d'Albissin, Genèse de la frontière franco-belge : les variations des limites septentrionales de 1659 à 1789, Picard, 1970.
  • Paul Sonnino, Louis XIV and the Origins of the Dutch War, Cambridge University Press, 2003 (3e éd.).
  • [Bois 2011] Jean-Pierre Bois, « Louis XIV, roi de paix ? », Revue historique des armées, no 263 (2011/2) : « Louis XIV, roi de guerre »,‎ , p. 3-11 (résumé, lire en ligne [html]).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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