Toponymie française

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Article général Pour un article plus général, voir Toponymie.

La toponymie française est l’étude des origines des noms de lieux en France.

La toponymie a toujours intéressé les érudits. À l'origine d'interprétations souvent douteuses ou fantaisistes (suivant les règles d'une étymologie populaire), elle n'a acquis son caractère scientifique que dans la seconde moitié du XIXe siècle.

L'étude de la normalisation des noms de lieux, dans le monde, en langue française fait l'objet de la section normalisation de l'article toponymie.

Historique[modifier | modifier le code]

En France, la question du recueil et de la notation de la toponymie s'est posée dès l'établissement de la carte de Cassini au XVIIIe siècle. Lors de la mise en œuvre de cette carte, les opérateurs avaient dressé des listes de noms de lieux, pour la moitié des 182 feuilles seulement[1].

Une étape importante a été la réalisation de dictionnaires topographiques pour chaque département, projet mis en place dans les années 1870, qui a abouti pour une trentaine de départements. Chaque toponyme y est présenté avec un maximum de détails sur son évolution au fil des siècles, à partir de sa première mention dans les textes les plus anciens, généralement médiévaux.

Même si certains ont étudié le sujet avant lui, Auguste Longnon est considéré comme le fondateur en France d'une toponymie véritablement méthodique et systématique, avec son ouvrage Noms de lieux de la France, paru en 1920. Par la suite, d'autres chercheurs ont développé les travaux de Longnon, notamment Albert Dauzat, Charles Rostaing, Ernest Nègre et Marcel Baudot.

Aujourd'hui, plusieurs spécialistes continuent d'approfondir les recherches toponymiques (Marie-Thérèse Morlet, Marianne Mulon, Paul Fabre, Stéphane Gendron, Michel Morvan, Michel Roblin, etc.).

Classification des toponymes français[modifier | modifier le code]

Il existe deux façons de classer les toponymes en France. On peut le faire selon les diverses strates linguistiques qui se sont succédé dans le pays, depuis le pré-indo-européen jusqu'au français moderne (une variante de cette classification est de diviser les noms par périodes historiques). On peut aussi privilégier un classement selon la nature des lieux : rivières, montagnes, terres cultivées et incultes, lieux d'habitation, lieux de culte, termes liés à l'élevage, à l'industrie ou à l'artisanat, etc.

Classement par strates linguistiques ou historiques[modifier | modifier le code]

Toponymes préceltiques[modifier | modifier le code]

On qualifie par commodité de pré-indo-européens ou encore préceltiques des toponymes qui ne trouvent pas d'explication par l'indo-européen ou par l'ancien celtique continental (gaulois). Il existerait plusieurs types de substrats préceltiques ou prélatins selon les régions de France, principalement au sud, parfois superposés dans la même région :

  • Le proto-basque ou aquitanien, dont le suffixe -ossum et son féminin -ossa [la terminaison en -os(se)] en est la manifestation la plus évidente dans la toponymie de l'Aquitaine : Andernos, Angos, Urdos, Biscarrosse, Seignosse (occitan Endarnòs, Angòs, Urdòs, Biscarròssa ou Biscarròsse, Senhòssa), etc. Ce suffixe est également présent dans le nord de l'Espagne sous la forme diphtonguée -uès. Certaines de ces créations toponymiques en -ossum peuvent être contemporaines de créations en -acum gauloises. La seconde caractéristique de cette région est d'ordre phonétique, en effet le Gascon tend à faire muter [f] latin initial en [h], d'où par exemple (Occitan) La Fage / (Gascon) La Hage, trait phonétique connu aussi du castillan (latin filius > espagnol hijo). En effet, l'aire de diffusion linguistique du gascon et du castillan entoure géographiquement le basque plus ancien.
  • Le ligure représenté par les suffixes -asque, -osque, du sud-est de la France jusqu'aux Alpes et de l’Italie du nord (Manosque, Gréasque, Turbiasque, Monégasque, Côme comasco, Bergame bergamasco). Le suffixe -enc rappelle également les Ligures : Corenc, Clumanc, Sénanque, et prend dans les Alpes du Nord la forme -enche : Sallanches, Choranche, Valgrisenche dans le Val d'Aoste. Les suffixes -elo, -elio sont encore attribués aux Ligures (PG)[précision nécessaire] ;
  • L’ibère pourrait avoir laissé des traces dans la toponymie de la Catalogne, peut faire également partie de ce substrat pré-indo-européen : mais cette langue n'étant pas encore bien déchiffrée, il est difficile de repérer les toponymes d'origine ibère autrement que par la récurrence de certaines formes dans la zone vraiment propre aux Ibères. Une thèse rapprochant l'ibère du basque avait mis en avant le terme berri signifiant « ville ». Mais cette thèse est aujourd'hui remise en cause par le manque de preuve de la parenté des deux langues, car l'une des constantes de l'euskarologie est « la difficulté de poser les concepts d'"Ibère" et de "Basque" »[2].
  • Les villes de Nice et d’Antibes (du grec Νικη [Nike] et Αντιπολις [Antipolis]), fondées par des colons grecs au VIe siècle av. J.-C., font partie stricto sensu d’un substrat préceltique (les Gaulois n’étaient pas encore arrivés dans la région à cette époque). On ne sait pas quelles autres racines néolithiques ou paléolithiques existaient dans ces régions avant l'installation de colonies grecques, puis romaines et celtiques, les substrats s'étant trop mélangés avec de nombreuses variétés locales pour être encore identifiables. On peut repérer toutefois des cas intéressants comme le souligne Michel Morvan (Dictionnaire étymologique du basque) : il existe dans les départements des Bouches-du-Rhône et du Var des Val d'Aran qui semblent bien correspondre au basque aran « vallée » cf. val d'Aran.

Ces toponymes anciens sont surtout liés au relief ou à l’hydrologie. Faute de documents, on les regroupe par racines, certaines plus ou moins douteuses, d’autres avérées par le grand nombre des toponymes qui leur correspondent. C’est le cas de la racine kar / kal, avec le sens de « rocher, sommet rocheux », mais aussi « rivière caillouteuse », à l’origine d’une importante liste de toponymes, dont beaucoup ont été acclimaté en gaulois, par exemple les cours d’eau de la Garonne, ou du Cher.

Quelques racines préceltiques[3] :

On ajoutera que des termes très fréquents en toponymie (roche, motte) sont vraisemblablement d’origine préceltique. Michel Morvan a retrouvé certaines de ces racines pré-celtiques dans des langues comme les langues dravidiennes de l'Inde, où par exemple kukk signifie « tête, extrémité », kar « pierre, roche ».

Cela dit, il existe des régions de France probablement exemptes de substrat toponymique pré-indo-européen, voire de substrat pré-celtique. Pour certaines d'entre elles, c'est juste si quelques oronymes peuvent dater d'avant les Celtes, mais ils ont été réadaptés par ceux-ci[8], cela semble être le cas par exemple en Normandie[9], mais pas seulement et plus généralement dans le nord de la France.

Substrat celtique[modifier | modifier le code]

Les Gaulois, ou Celtes, étaient sans doute installés dans une partie de la Gaule dès le IIe millénaire av. J.-C., puis leur population s’est étendue, en France, jusqu’à la Méditerranée et aux Pyrénées.

Si le substrat celtique est assez pauvre dans le français standard au niveau des noms communs (150 mots) et de la syntaxe, il est au contraire très riche en noms propres, c'est-à-dire des toponymes et hydronymes (voir un exemple chez les Allobroges[10]). Certains des appellatifs toponymiques jadis considérés par les spécialistes comme pré-latins ou pré-celtiques sont identifiés aujourd'hui avec plus de certitude comme celtiques. En effet, le corpus des inscriptions gauloises est plus important aujourd'hui et est mieux analysé, voir RIG (Recueil des inscriptions gauloises, CNRS). Beaucoup de racines celtiques (ou gauloises, c'est la même chose) sont utilisées dans des noms composés.

La liste ci-dessous présente quelques-unes des racines les plus employées :

Les toponymes gaulois peuvent aussi être liés à des noms de divinités, par exemple Lug (Lyon, Laon) ou Nemausos (Nîmes, Nemours). Les ethnonymes gaulois se sont souvent peu à peu substitués aux noms des villes originels, à partir de leur réorganisation en civitates (cités) de l'empire romain, à savoir essentiellement de grandes cités contemporaines : (Paris, Metz, Nantes, Rodez, Redon et Rennes, Amiens, Bourges, Troyes…). Voir à ce sujet la liste des peuples gaulois et aquitains.

Noms grecs[modifier | modifier le code]

Les Grecs, en sillonnant la Méditerranée, y ont établi un certain nombre de comptoirs. C'est le cas notamment des Phocéens, probables fondateurs de Marseille, mais le nom même de la ville (Massalia) n'est sans doute pas grec et son origine demeure obscure. Ce n'est pas le cas pour d'autres villes méridionales, dont l'étymologie grecque est à peu près certaine : Agde (Agathê = bonne), Nice (Nikaia = victorieuse), Antibes (Antipolis = la ville d'en face, face à Nice), ou encore Leucate (Leukatês, dérivé de leukos = blanc). Même origine grecque pour Monaco (Monoikos, terme évoquant la solitude, interprété différemment selon les auteurs : soit la maison solitaire, soit un site dédié à Héraklès Monoikos). On peut aussi signaler que le suffixe -polis (la ville) a été utilisé beaucoup plus tard dans de rares formations, par exemple Gratianopolis, l'actuelle Grenoble.

Celto-latin et roman[modifier | modifier le code]

Cette catégorie inclut d'une part les toponymes créés à l'époque de la domination romaine et d'autre part tous les noms qui ont été créés plus tard par les diverses langues romanes, en particulier la langue d'oïl, l'occitan ou le francoprovençal, avec leurs nombreux dialectes et variantes régionales, mais aussi le corse et le catalan.

On utilise majoritairement (sauf dans le sud-est) des éléments celtiques pour les nouvelles cités fondées à l'époque de la Pax Romana, même quand elles contiennent une dédicace à un empereur : Augustodurum (Bayeux) sur duro- pris ici au sens de forum, Augustodunum (Autun) sur duno- (voir ci-dessus), Juliobona (Lillebonne), sur bona "fondation" ou "source" (cf. Ambenay et Ambonnay pour l'élément bona; voir aussi Vindobona (Vienne, Autriche) et Ratisbona (Ratisbonne, Allemagne), etc.

Ailleurs, principalement dans le sud-est, les créations toponymiques sont purement latines même si les toponymes n'ont pas forcément survécu sous leur forme latine : Aquae Augustae (Dax), Narbo Martius (Narbonne), Aquae Sextiae (Aix-en-Provence), Forum Martis (Corseul), etc.

Terminaisons en -euil / -ols.

On se contentera ici d'évoquer les noms de domaines dits gallo-romains, à l'origine de tant de noms de villes et de villages.

Lorsque les défrichements permettaient la création d'un nouveau domaine rural, puis d'une agglomération, le suffixe gaulois le plus utilisé était -ialo (-euil / -ueil dans le Nord et -(j)ouls / -(j)ols dans le Sud après évolution phonétique).

Un nouveau suffixe apparaît alors : -anum, qui n'est employé que dans certaines régions (Sud de la France principalement), tandis que le suffixe d'origine indigène -acum de même sens prédomine nettement, sauf en Provence et en Corse.

Suffixe -anum[modifier | modifier le code]

Le suffixe latin -anum est à l'origine de la plupart des toponymes terminés par -an dans le Sud de la France ( en catalan), parfois -ans : Lézignan Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Perpignan, Frontignan, Romans Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Balan Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Chambaran, Corneilla Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Vinça. De tels noms sont formés à partir du probable fondateur du domaine, par exemple Frontinius pour Frontignan ou Cornelius Ce lien renvoie vers une page d'homonymie pour Corneilla. Ils jouaient au départ le rôle d'adjectifs accompagnant des termes tels que fundus ou villa. Dans ce dernier cas le suffixe est au féminin : ex. Marignane 'domaine de Marinus Ce lien renvoie vers une page d'homonymie'.

Avertissement préalable : la quasi-totalité des noms en -an au nord de la Loire mentionné sur la carte est sans rapport avec le suffixe -anum.

Probablement dérivé de ce suffixe, le suffixe -anicum, au pluriel -anicos, qui sous-entend le terme agros (= champs), se retrouve dans de nombreux toponymes du sud de la France sous la forme -argues : Baillargues, Marsillargues, Olargues, Vauvenargues, ou sous la forme -ergues un peu plus au nord : Salvergues, Faussergues, Olliergues...

À noter la quasi-absence de ces suffixes associés à un nom de personne dans les régions d'oïl, où le suffixe -anum a d'ailleurs évolué en -ain, comme les substantifs du français en -anum, -anem (type pain, grain, forain, etc.), aussi la plupart des noms en -an du Nord de la Loire reportés sur la carte ci-dessus est sans lien avec ce suffixe (ex: Houdan, de *Husidinja ou Husiduna ou Persan, jadis Persinc ou Parsenc). Il n'en existe aucun en Normandie[12] ou en Picardie par exemple.

Suffixe -acum[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Suffixe -acum.

Le second suffixe, typique de l’aire gallo-romaine, est -acu(m), il procède du celtique -(i)āko-[13], c’est un suffixe d’adjectif à la base qui se vérifie dans les inscriptions gauloises et latines (ex. : Anualonacu = au sanctuaire d’Anualo), il note aussi l’origine familiale de quelqu’un et sert à situer des marins (ex. : nautae Parisiaci, « marins de chez les Parisii »). Il a donc déjà une dimension locale. Puis, son emploi substantivé localisant est vérifié au IIe siècle dans par exemple : Merc(urio) Dubnocaratiaco « Au Mercure de l'endroit appelé Dubnocaratiacum ». On le constate ici, Dubnocaratiaco ne peut être basé que sur un anthroponyme, Dubnocaratius. Il a donc servi dès cette époque à former des noms de domaine basés sur le nom de leur fondateur[14].

Il se peut qu’il soit utilisé sur des radicaux purement géographiques, dans son emploi originel, par exemple dans Campagnac Ce lien renvoie vers une page d'homonymie. Les plus anciens semblent constitués avec des éléments gaulois : Ambenay et Ambonnay (*andebonacum sur le gaulois ande, préfixe intensif, et bona « fondation » ) ; Alizay (alisiaco 1210, sur gaulois alisia « rocher », cf. Alise correspondant celtique du germanique falisia « falaise ») ; Gournay Ce lien renvoie vers une page d'homonymie / Gornac (sur gaulois gorn de sens obscur, pêcherie ?) ou Bernay Ce lien renvoie vers une page d'homonymie / Bernac Ce lien renvoie vers une page d'homonymie (sur gaulois bren / brin « terrain marécageux, fangeux ») ou encore Cernay Ce lien renvoie vers une page d'homonymie (sur gaulois (i)sarno « fer » ) et qui constituent des archétypes celtiques primitifs…

On le retrouve dans des centaines de noms de communes, sous des formes diverses qui caractérisent des régions ou des zones linguistiques distinctes. Ainsi, Aurelius est à la fois à l’origine des communes d’Aurillac et d’Orly et Maximiacum conduit aussi bien à Messimy qu’à Meximieux.

Ce suffixe est également bien représenté en celtique insulaire sous la forme -euc / -ec en breton (cf. toponymie bretonne), -og en gallois et -ach en gaélique. Coligny de *Kolin-iako peut être sur le thème du breton Kelennec (cf. Quelneuc), « lieu planté de houx », cf. gallois Clynnog, irlandais Cuilneach.

Répartition par zones du suffixe -acum :

  1. Dans les régions occitanes (Sud-Ouest, Massif central), Provence, mais aussi en Vendée et en Haute-Bretagne (de langue gallo) :
    du fait que le c final ne se prononce pas en Limousin et en Auvergne, ce suffixe a parfois été francisé en -at :
  2. Dans les régions d’oïl (Ouest, l’Île-de-France, le Nord et le Nord-Est) :
  3. Dans les régions bretonnantes au IXe siècle mais qui se sont francisés par la suite :
  4. Dans les régions arpitanes (Centre-Est) :
  5. Dans les régions germanisées (Nord, zone jadis néerlandophone (flamand); Nord-Est Alsace et Moselle francique)
  6. Dans le Nord, la Picardie, la Normandie..., variante en -iacas

Noms germaniques[modifier | modifier le code]

L’établissement de certaines populations germaniques a laissé des traces dans la toponymie. C'est évident pour l'Alsace et la Moselle francique, régions gagnées aux parlers germaniques, mais c'est aussi vrai pour le Nord de la France, en partie gagné aux parlers germaniques pendant le Haut Moyen Âge et, plus rarement, pour les régions méridionales, dont la langue d'oc est aussi beaucoup moins germanisée que la langue d'oïl. Les nouveaux domaines créés à la fin du haut Moyen Âge et à l'époque carolingienne sont maintenant formés à partir d'anthroponymes germaniques, le plus souvent avec un appellatif roman. La postposition de l'appellatif (ordre déterminant - déterminé) est aussi un indice de l'influence germanique (par exemple : Neufchâtel Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, plus au sud Châteauneuf Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, occitan Castelnau Ce lien renvoie vers une page d'homonymie; Neuville Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, plus au sud Villeneuve Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, occitan Vilanova).

On continue d'utiliser le suffixe -acum, mais des nouveaux suffixes -ing et son pluriel -ingen (variantes primitives : -inga / -ingo, -ingan / -ingon) vont faire leur apparition. Ils sont employés tout naturellement dans les zones gagnées aux parlers germaniques (Lorraine francique (thioise), Alsace, Flandres, Boulonnais, Artois) où ils aboutissent généralement à -ing, plus tardivement ils évolueront différemment dans les régions concernées par le recul de ces mêmes idiômes germaniques, par exemple : -ange en Lorraine (Puttelange Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Hagondange) ou -ingues, -in(es) et variantes diverses dans le Nord-Pas-de-Calais (Affringues, Gravelines, Rodelinghem, Echinghen), -ingue en Alsace (Kœtzingue, Hésingue). Cependant en Alsace Bossue, le suffixe -ingen est resté intact (Diemeringen, Drulingen, Oermingen).

Dans la partie sarroise historiquement Lorraine, se trouve la variante -angen (Wallerfangen, Rammelfangen). Cette forme a, du côté français en Moselle, fini par devenir -ang (Laudrefang, Rémelfang, Klang). Bien que la finale -fang existe aussi[15], les localités citées ici furent anciennement mentionnées plusieurs fois -ingen, -inga, -ange, etc.

Certaines régions, hormis celles évoquées ci-dessus, recèlent une extrême concentration de ce suffixe dans une zone donnée, cependant il revêt généralement des formes différentes : -ans, -ens, -eins ou -ein. En effet, elles remontent plus précisément aux romanisations -ingos > -e(i)ns, -ans et -ingas / -inges > -ange(s). C'est le cas en Franche-Comté et au nord de la Bourgogne, où il est généralement noté -ans (Oppenans, Vouhenans), parfois -ens ou -eins (Ain) et aussi -ange/-anges/-inges. Ces terminaisons se retrouvent au sud de la France, beaucoup moins fréquemment, à l'est de l'Aquitaine (Lot-et-Garonne), au sud de l'ancienne Gascogne (Gers), à l'ouest du Languedoc (Région de Toulouse), où il peut être noté -eins (Tonneins), -ens (Glatens, Capens), voire -ans en Languedoc. Dans tout le Midi, le suffixe germanique a pu se confondre avec certains suffixes indigènes ou latins, par exemple avec le suffixe ligure [?] -inco + s (-inca(s) a donné -a- / -enche(s))[16]. À noter, pour le Sud, la concentration remarquable d'une terminaison -ein dans la communauté de communes du Castillonnais en Couserans (Sentein, Uchentein), dont l'étymologie est débattue. Albert Dauzat considère qu'il s'agit du suffixe wisigotique -ing[17], tandis qu'Ernest Nègre, reprenant notamment une étude de Pierre Bec, penche pour un préceltique régional -ennu[18].

Par contre, le suffixe germanique -ing- est plus rare à l'ouest (Normandie, Haute-Bretagne, Pays de la Loire, Vendée..). Il en existe pourtant quelques rares exemples pouvant aboutir à -anges (ex : Hardanges) ou à -an / -ain.

De nombreux appellatifs germaniques liés au relief, à la végétation ou à l’habitat sont également utilisés et presque tous situés au nord de l'Hexagone. En voici quelques-uns :

Toponymes normands[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Toponymie normande.

Les apports toponymiques du Xe siècle en Normandie sont germaniques. Cependant, ces langues (le norrois et le vieil anglais) sont suffisamment différenciées des dialectes germaniques continentaux pour mériter une sous-rubrique spéciale, d'autant que les toponymes créés ne se rencontrent en principe qu'en Normandie et sont très caractéristiques. Le norrois est en effet à l'origine de divers appellatifs (-beuf, -fleu(r), -tot, -crique-, -lon(de), -dalle, -bec, etc.) entrant en composition dans de nombreux noms de villes, de villages, de hameaux et de lieux-dits.

Toponymes flamands[modifier | modifier le code]

Les toponymes flamands, élément de l'espace germanique néerlandophone, se rencontrent non seulement dans l'arrondissement de Dunkerque où le dialecte flamand occidental subsiste, mais jusqu'à la limite sud de son ancienne extension qui passait schématiquement par Boulogne et Lille[19].

La terminaison -inghem est fréquente, issue du suffixe germanique -ing suivi par le néerlandais heem 'demeure', par exemple dans Ledringhem. Becque représente le néerlandais beek 'ruisseau', par exemple dans Steenbecque, précédé par le néerlandais steen 'pierre'. Dunkerque est formé du moyen néerlandais dune 'dune' (duin en néerlandais standard) d'origine celtique, suivi par kerke 'église' (kerk en néerlandais standard) d'étymologie grecque[20].

Sangatte provient du néerlandais zand 'sable' et gat 'passage, trou' [20] à moins qu'il ne s'agisse de leurs équivalents saxons sand et gate. [21]

Hazebrouck est formé par le germanique hase 'lièvre' (haas en néerlandais standard, pluriel : hazen) et le germanique bruoch ou le moyen néerlandais broec, brouc 'marais' (broek en néerlandais, que l'on retrouve par exemple dans la racine de Bruxelles) [20]

Toponymes alsaciens[modifier | modifier le code]

En dehors des communes du Val d'Orbey qui appartiennent à l'espace dialectal roman, la toponymie de l'Alsace est majoritairement germanique.

La francisation des noms de communes n'a été que superficielle, selon 2 principes : Quelques conventions orthographiques du français ont été substituées à celles de l'allemand : OU à la place de U, U à la place de Ü, S ou SS à la place de ẞ ... Par exemple, Straßburg devenu Strasbourg. Des adaptations à la prononciation dialectale alsacienne : Le I long en place de la diphtongue allemande EI, OU parfois au lieu de la diphtongaison allemande AU. Ainsi Mühlhausen a été renommée en Muhlhouse, Mittelweier devenu Mittelwihr.

Neuf-Brisach construit par Vauban en face de Breisach, dénommé Neu Breisach de 1871 à 1918 etc.

Le latin qui a supplanté la langue gauloise suite à la conquête romaine a laissé des traces. Saverne provient du latin taverna 'taverne' via la forme germanisée Zabern. Munster est la germanisation du latin monasterium 'monastère' [20] qui produit des noms tels que Moustier, Montiers, etc. en territoire roman.

Le nom de l'Hartmannswillerkopf dans le massif vosgien s'emploie concurremment avec sa déformation française Vieil-Armand introduite lors des combats de la Première guerre mondiale.

Toponymes bretons[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Toponymie bretonne.

Les toponymes brittoniques ne se rencontrent, en principe, qu'en Bretagne, cependant ils s'y superposent à d'autres d'origines gauloises ou gallo-romaines. À noter par exemple les nombreux villages terminés par i-ac, signe que le contact de la langue bretonne a modifié l'évolution vers (-y ou -ay) qui ne s'est produite que pour certains villages, notamment à l'Est. Parfois, surtout à l'Ouest, le suffixe brittonique équivalent -euc / -ec a remplacé le précédent. Mais on retiendra surtout les noms celtiques formés sur des racines venues d’outre-Manche. Les plus caractéristiques sont les noms en ker (variantes : car, quer). Plus de 18 000 noms de lieux bretons sont formés sur cette racine. En vieux breton, ker avait le sens d'enceinte fortifiée. Par la suite, il pourra désigner indifféremment une ferme, un hameau ou un village. Quelques exemples : Kergrist, Kermaria, Kersaint, Kerjuano.

On peut citer aussi le cas de Guérande avec la racine bretonne gwer, allophone de Géraundd (son nom en gallo, qui dispose d’une racine gér similaire d’origine celtique désignant aussi une fortification). Dans certains cas, il est difficile de déterminer si une racine est d’origine brittonique ou gauloise, car les deux langues bretonnes ont des substrats à la fois celtes, romans et plus tard germaniques (comme toutes les langues d’oïl, ou plus tard encore du français lui-même lorsqu’il est devenu majoritaire et a fortement influencé la prononciation et modifié fortement les toponymies bretonne et gallo).

D’autres termes servent à désigner des agglomérations. Voici les plus courants :

  • treb, trev (lieu habité, puis église succursale) : Trébédan, Tréguennec, Trévou-Tréguignec
  • lann (à rapprocher du gallois llan = église, mais aussi du breton lann = lande, d'où le fait que le terme a été souvent associé à des ermitages) : Lamballe, Landivisiau, Lanester
  • lok (du latin locus, avec ici le sens de lieu sacré, église ou paroisse dédiée à un saint) : Locmaria, Locronan, Loctudy.
  • plou (ou plé) (du latin plebem = peuple, mais ayant pris en breton le sens de paroisse) : Plougastel (la paroisse du château), Plounévez (la nouvelle paroisse), Plouhinec Ce lien renvoie vers une page d'homonymie (la paroisse aux ajoncs).

Toponymes basques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Toponymie basque.

Le basque étant une langue agglutinante, il n'est pas rare de trouver des toponymes basques assez longs. On peut citer quelques curiosités assez impressionnantes, surtout au niveau des lieux-dits. Ainsi Éric Vial (Les Noms de villes et de villages, éd. Belin) cite, dans la commune de Béhorléguy, le lieu-dit Inthasendarragiratzeburukoharria, autrement dit le rocher du 'sentier boueux du bout de la fougeraie'.

Le plus souvent cependant, on a affaire à des toponymes constitués de deux termes :

  • un radical relatif à la végétation ou à la topographie ;
  • un collectif, locatif ou qualificatif.

Par ex.

  • Ameztoi < Ametz 'chêne tauzin' + -doi 'lieu'
  • Gorostiaga < Gorosti 'houx' + -aga (collectif)
  • Uhalde < Ur 'eau' + alde '(à) côté (de)'
  • Bidarte (Bidart) < Bide 'chemin' + arte 'entre, intermédiaire'
  • Iratzabal < Iratze 'fougeraie' + zabal 'étendue'

Mais on trouve aussi simplement Larre 'lande', Mendi 'montagne', Bizkai / Biscay 'contrefort'...

L'expansion démographique a produit des noms de lieux comme Iri berri, "domaine neuf". Avec sa variante Irun berri, il constitue l'un des noms de ville protohistorique les plus répandus si on se place dans une large aire aquitano-ibérique : Auch (Elimberrum, Eliberris), Lombez (Gers), Irunberri / Lumbier (Navarre), Lombers (Tarn), Elna / Elne (Illiberri), Elvira (Iliberri), Granada / Grenade (Illiberi; Andalousie)... Sur les contreforts cantabriques, c'est la variante Huri barri (Ullibarri) qui prévaut. Le r doux basque correspond au l latin. Mais rien ne prouve que l'aire de langage proche du basque se soit étendue jusqu'à la région de Grenade, et à celle d'Elne. Donc les toponymes d'origine de Elne et de Grenade, qui d'ailleurs n'ont pas de m derrière le li, ne sont peut-être pas à rapprocher des autres de la liste.

Le suffixe proto-basque -oz(a), gascon -os(se) \ -òç(a) et aragonais -ués a constitué de nombreux noms de village dans l'aire vasconne : Uztarroz 'domaine du pieu', Mendoza 'domaine du mont', Biscarrués = Biscarrosse 'domaine du tertre'... Il a également formé des noms de domaine aquitano-romains face aux noms gallo-romains en -acum : Baliros « domaine de Valerius. »

À noter le toponyme azpe, pied de falaise (aitz-pe), qui s'est répandu le long des Pyrénées : vallée d'Aspe, Aspet...

Le toponyme peut se terminer par l'article défini -a. Mais ce dernier a tendance à disparaître, cédant parfois la place à un -e non étymologique (résidu de déclinaison) : Ibarre pour ibarr(a) '(la) vallée'.

L'étendue française de ces toponymes va de l'Atlantique (au sud d'Arcachon) et s'étend le long des Pyrénées.

Toponymes corses[modifier | modifier le code]

La toponymie de la Corse a pour particularités :

  • de ne pas reposer sur un substrat celtique, l'île n'ayant jamais été peuplée par des Gaulois. Aleria est ainsi un toponyme pré-latin Alalia (cité par Pline) d'origine obscure[20].
  • d'être en grande partie sous une forme italiénisée, le rattachement à la France ne date que de 1769 et la langue corse est très proche de l'italien standard. Par exemple, Porto-Vecchio signifie 'port vieux' en italien, et s'écrit Portivechju en langue corse. Bastia est une forme dialectale génoise, issue du latin bastita 'bâtie'[20].

Classement selon la nature ou la destination des lieux[modifier | modifier le code]

Topographie[modifier | modifier le code]

Les villages médiévaux se sont souvent bâtis sur des hauteurs. D'où le très grand nombre de toponymes comportant le mot mont, parfois seul (Mons Ce lien renvoie vers une page d'homonymie), le plus souvent en composition avec un adjectif (Montaigu Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Beaumont Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Clermont, Montfort Ce lien renvoie vers une page d'homonymie) ou un nom de personne (Montbéliard, Montdidier Ce lien renvoie vers une page d'homonymie). Les sommets sont aussi fréquemment désignés par le latin podium, à l'origine des mots occitans puy, pech ou pey (Le Puy Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Puylaurens, Puget).

S'il y a des sommets, il y a aussi des vallées, et là encore les toponymes sont innombrables : Laval, Valbonne, Vals, Vaux Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Vaucresson. Quant aux villages, ils peuvent être bâtis entre deux vallées (Entrevaux, Entraigues Ce lien renvoie vers une page d'homonymie), mais surtout à proximité de cours d'eau ou de sources. Le latin rivus a été très productif (Rieux Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Rioux, Xonrupt), tout comme fons (source) et son dérivé fontana (fontaine) : Fontanges, Fontenay Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Fontenelle Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Fontevraud, Hontanx.

Végétation et cultures[modifier | modifier le code]

Lorsque le relief ou la présence d'un cours d'eau ne sont pas suffisamment pertinents, le plus simple est de nommer un lieu en fonction de sa végétation, forêts ou bois, champs cultivés, prés, landes.

Si on prend le seul exemple des lieux boisés, on s'aperçoit que 56 communes françaises ont le mot forêt dans leur nom, tandis que celles qui comportent le mot bois se comptent par centaines. À quoi on peut ajouter le latin silva, à l'origine de nombreux toponymes (La Selve Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Lasseube, Tresserve), ou encore le gaulois brogilo (bois clôturé), à l'origine des divers Breuil Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Breil Ce lien renvoie vers une page d'homonymie ou Brille. Les bois sacrés (latin lucus) ont donné notamment Le Luc, Lucq ou encore Lucmau, Luplanté. On peut aussi nommer les lieux en fonction de l'arbre ou de la plante qui y pousse :

Habitation[modifier | modifier le code]

L'habitat peut être groupé ou dispersé. Dans le premier cas (villes, villages), on a déjà vu l'importance des suffixes latins -anum ou latinisés -acum. Très productif également le mot court, employé lorsque le mode de composition en -acum est tombé en désuétude vers le VIe siècle, du latin cohort « cour de ferme »: (Clignancourt, Courdimanche), évoquant au départ un domaine rural et essentiellement composé avec des noms de personnes germaniques. Son emploi est antérieur à ville dans les régions « franquisées ». L'autre façon donc, plus tardive (pas avant le VIIe siècle ), est de former ces macrotoponymes avec le mot ville (qui selon les époques a le sens latin de domaine rural ou celui d'agglomération), le plus souvent à la fin du nom (mode de composition influencé par le germanique) et parfois au début. Le plus fréquemment, il entre en composition avec un nom de personne germanique, ou anglo-scandinave en Normandie, (Villegaudin, Villehardouin) et plus rarement avec un adjectif (Belleville Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Hauteville Ce lien renvoie vers une page d'homonymie), un appellatif ou accolé à un nom antérieur préexistant (Tonneville, Taunacum villa 702 - 704). S'agissant de villages, de hameaux, de petits groupes de maisons, on a beaucoup utilisé le latin villare : Villars Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Villiers, Villers. Autre emploi fréquent : celui du mot vicus (Vic Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Vicq Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Vy, Neuvic Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Neuvy Ce lien renvoie vers une page d'homonymie) et de son dérivé vicinus ou vicinium (Beauvoisin Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Le Vésinet, Bezing).

Puis vient l'habitat dispersé, celui du mansus latin et du mansionile. Le premier donne les nombreux toponymes occitans comportant le mot mas, par exemple Le Mas-d'Azil. Le second est à l'origine de l'ancien français d'oïl mesnil Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, qu'on retrouve dans Ménilmontant ou Le Blanc-Mesnil. On n'oubliera pas les fermes, fréquemment représentées par le mot d'origine germanique borde et ses dérivés : Bordeaux-Saint-Clair, Bourdeaux, Bourdelles, Lasbordes. Enfin, le latin casa est à l'origine de Cazes, La Chaise ou encore Chèzeneuve.

Métiers, industries[modifier | modifier le code]

Deux sortes de bâtiments ont laissé d'importantes traces en toponymie : la forge et le moulin, assez proches l'un de l'autre car au Moyen Âge tous deux étaient mus le plus souvent par l'énergie hydraulique. Il est d'ailleurs fort possible que des termes tels que mouline ou moulinet aient désigné des forges plutôt que des moulins.

Le mot latin désignant une forge était fabrica. On lui doit les toponymes La Faurie, Farges Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Fargues Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, ou encore Fabrègues et Faverges de type occitan ou Fervaques et Fervaches de type d'oïl, sans compter les nombreux Forge(s), par exemple Forges-les-Eaux. L'extraction du fer est pour sa part évoquée par les nombreux Ferrières Ce lien renvoie vers une page d'homonymie ou La Ferrière Ce lien renvoie vers une page d'homonymie présents un peu partout en France.

Les moulins sont bien sûr représentés par des toponymes tels que Moulins, mais aussi par Bécherel ou Becquerel (métaphore évoquant le bruit du moulin, à partir du terme becquerelle = bavarde), Choiseul (moulin à augets), Quincampoix (Quikenpeist 1226, à savoir « qui qu'en écrase », phrase qui aurait été prononcée par les meuniers).

D'autres lieux évoquent des carrières (La Perrière Ce lien renvoie vers une page d'homonymie), des mines (d'argent, l'Argentière), des sablières (Sablonnières), des salines (Salival), des tuileries (Thuillières), des verreries (Verrières Ce lien renvoie vers une page d'homonymie) ou même des savonneries (Savonnières), mais on n'oubliera pas que la France était surtout rurale, avec de nombreux termes liés à l'élevage, aux cultures et à la commercialisation des produits.

Fortifications[modifier | modifier le code]

Parmi les termes évoquant les forteresses médiévales, il convient de retenir d'abord le mot roche ou roque selon les régions (normanno-picard ou occitan), latin rocca sans doute d'origine celtique, qui peut certes désigner un rocher, mais qui dans la plupart des cas a été attribué à des châteaux bâtis sur des éperons rocheux. D'où les nombreux Roquefort Ce lien renvoie vers une page d'homonymie et Rochefort Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, ou encore Laroque-des-Albères, La Roche-Guyon et bien d'autres.

Autre terme très fécond, château (latin castellum) : Châteaufort Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Châteauneuf Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Castelsarrasin, Castelnaudary, Châtillon Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Radicatel et les diminutifs Châtelet Ce lien renvoie vers une page d'homonymie ou Castelet. On ne confondra pas castellum avec castrum qui désignait non pas un château, mais une ville ou un village fortifiés. C'est à castrum que l'on doit Castres et Castries, mais aussi La Châtre ou Châtres Ce lien renvoie vers une page d'homonymie.

D'autres mots ont évoqué des fortifications, par exemple mur, qui semblerait lié souvent à des enceintes d'origine romaine : Mûr-de-Bretagne, Murs Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Murat Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Murviel Ce lien renvoie vers une page d'homonymie. On n'oubliera pas plessis, terme désignant au départ un enclos, mais en général attribué à des enclos fortifiés. 26 communes françaises s'appellent Plessis, ainsi que des dizaines de hameaux.

Domaine religieux[modifier | modifier le code]

La christianisation du pays a entraîné celle de ses toponymes. Plusieurs d'entre eux désignent des bâtiments religieux ayant pour origine des noms latins :

  • Diverses localités sont vouées à Dieu : Villedieu Ce lien renvoie vers une page d'homonymie (généralement anciens sièges d'un ordre religieux), La Chaise-Dieu, Dieulefit. Mais l'immense majorité des noms d'origine religieuse est constituée par les hagiotoponymes, terme désignant des localités dédiées à un saint, correspondant souvent à des défrichements ou essartages médiévaux organisés par des monastères. Le plus vénéré d'entre eux est saint Martin, évangélisateur de la Gaule, qui a donné son nom à 273 communes (voir Saint-Martin Ce lien renvoie vers une page d'homonymie) et à d'innombrables hameaux. Il est suivi par Pierre (192), Jean (184), Germain Ce lien renvoie vers une page d'homonymie (133) et Laurent (101). À l'exception de la Vierge Marie, les saintes sont beaucoup moins nombreuses, la plus populaire étant sainte Colombe Ce lien renvoie vers une page d'homonymie (39 communes). On ajoutera que saint(e) est parfois remplacé par don ou dan, dame, par exemple dans Dampierre Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Dompierre Ce lien renvoie vers une page d'homonymie (en comptant ces toponymes, Pierre confirme sa seconde place par rapport à Jean), Dommartin Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Dammarti Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Dammarie, Dannemarie Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Dame-Marie Ce lien renvoie vers une page d'homonymie.
En comptant tous les saint(e), les dan (dame) ou don, sans oublier les toponymes bretons commençant par exemple par loc, environ 5 000 communes françaises sont dédiées à des saints, sur les 36 497 que compte le pays.

Routes et chemins[modifier | modifier le code]

Les routes romaines ont laissé leur empreinte dans le paysage mais aussi souvent dans la toponymie. Quelques exemples :

Les embranchements sont surtout représentés par les noms formés sur quadrivium (ou quadruvium), autrement dit un carrefour : Carrouges, Carouge, Carrouge (parfois réinterprété en Cat Rouge « chat rouge » en Normandie), Cas Rouge dans le Loiret ), Charroux Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Charols. Trivium est à l'origine de Trèves Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, et il y a de fortes chances pour que Cinquétral signifie cinq routes.

Autres éléments liés aux routes, les ponts, représentés par le gaulois briva (Brive) ou par le latin pons, qui l'a souvent remplacé. Ainsi Briva Isarae est devenu Pontoise. Peuvent également être rattachés aux routes les relais et les auberges. Le latin stabulum (écurie, puis relais, auberge) a donné Les Estables, Étables ou Étaules Ce lien renvoie vers une page d'homonymie. Quant à taverna, on lui doit Tavernay, Malataverne, Saverne (Tres Tabernae) ou encore le Ternay Ce lien renvoie vers une page d'homonymie de l'Isère.

L'étude des noms des voies de communications s'appelle l’odonymie. Outre les lieux cités ci-dessus, l'odonymie s'intéresse aussi aux rues. Pendant des siècles, ces dernières ont tiré leur nom du lieu vers lequel elles menaient (rue du Moulin), du métier qu'on y pratiquait (rue des Tanneurs), d'un personnage important qui y habitait (rue Mazarine), d'un bâtiment qui s'y trouvait ou de son enseigne (rue du Plat-d'Étain), etc. Sous la Monarchie de Juillet, on a recommandé aux communes de donner à leurs rues des noms de batailles victorieuses : d'où les nombreuses rues de Wagram ou de Marengo. Par la suite, ce furent les personnages célèbres que l'on conseilla d'utiliser, la France étant remplie d'artères ou de places dédiées à Victor Hugo, à Pasteur, au maréchal Foch ou au général de Gaulle. Plus récemment, la création de nouveaux quartiers ou de lotissements a entraîné des choix discutables, toutes les rues d'un même secteur étant consacrées à un thème unique : arbres, fleurs, oiseaux, sportifs célèbres, etc. Il est évident qu'il n'y a pas la moindre pervenche dans la rue des Pervenches, ni, hélas, le moindre coquelicot dans celle des Coquelicots.

Créations modernes et contemporaines[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de communes ont été au fil des siècles débaptisées, généralement pour prendre le nom d'une personnalité. Quelques exemples :

On n'oubliera pas les communes de la région parisienne, dont certaines ont été créées au XIXe siècle, avec des noms parfois liés à des auberges ou des guinguettes. C'est le cas, pour des raisons diverses, de Malakoff, Le Kremlin ou Robinson. Autre nouveauté de la fin du XIXe siècle, la commune de Jullouville, station balnéaire créée en 1881 par Armand Jullou.

Deux curiosités du XXe siècle :

  • Genilac, commune née en 1973 de la fusion de Saint-Genis et de La Cula ;
  • Parnoy-en-Bassigny, commune née de la fusion de Parnot et de Fresnoy.

Au rang des créations contemporaines, il faut placer les départements, qui datent de 1790 et dont les noms, sans grande originalité, renvoient presque tous à la rivière qui les traverse ou à la montagne qui les domine. Exceptions notables, le Calvados (du nom d'un rocher au large de la côte), la Côte-d'Or (du nom de la teinte dorée que prenait le vignoble en automne, nom qui fut par la suite attribué à la côte viticole), le Finistère (< finis terræ), le Nord, point cardinal, le Pas-de-Calais, du nom du détroit, et les Yvelines, baptisé d'après l'ancien nom du massif forestier de Rambouillet (Yveline < Yvette, Evette, littéralement petite eau, en raison des nombreux étangs). Plus récemment, les régions administratives ont parfois repris les noms d'anciennes provinces, mais on a aussi assisté à la naissance de curieux hybrides, telle la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, abrégée en PACA. Parmi les créations proprement toponymiques, il faut citer les villes nouvelles, comme Saint-Quentin-en-Yvelines, Marne-la-Vallée ou Villeneuve-d'Ascq, le nom des étangs artificiels, etc. Les rares mutations se font soit à l'instigation des conseils municipaux, par exemple Châlons-sur-Marne devenu Châlons-en-Champagne, soit à l'occasion de regroupements de communes. Par exemple Cherbourg devenu officiellement Cherbourg-Octeville ou Bruay-la-Buissière, mais plus anciennement Boulogne-Billancourt, Maisons-Alfort, Charleville-Mézières…).

Sauvegarde de la toponymie traditionnelle[modifier | modifier le code]

Au XXIe siècle, on tend de plus en plus souvent à valoriser la microtoponymie traditionnelle des lieux où s'ouvrent de nouvelles rues, quartiers ou lotissements, donnant à ces voies les noms des terres ou anciens lieux-dits ― et microtoponymes en général ― traversés par les nouvelles rues : par exemple, les champs ruraux dits les Prés de la Fougueraie donnent leur nom à la nouvelle rue des Prés de la Fougueraie, au sein d'un nouveau lotissement bâti sur cette ancienne petite zone rurale ; d'autres rues de nombreux autres lotissements reçoivent aussi leur nom des parcelles agricoles sur lesquelles elles sont placées : tel est le cas de la rue du Moulin de Marion, rue du Champ Renardier, place des Ruches, boulevard de la Mare aux Joncs, etc.

L'actuelle tendance à voir la (micro)toponymie traditionnelle comme une partie du patrimoine immatériel et comme la vive histoire linguistique de la France a pour conséquence que beaucoup de nouvelles rues et de nouveaux lotissements ne prennent plus de noms consacrés aux fleurs, aux arbres, aux oiseaux ou aux personnages célèbres, mais aux anciens (micro)toponymes des parcelles sur lesquelles on bâtit ces lotissements et où l'on ouvre ces nouvelles rues.

Listes de micro-toponymes relevés sur la commune de Toul à partir des plans cadastraux et plans de fortifications

Toponymes rencontrés Autres orth. origines
Garence De l’ancien français warance, du latin médiéval warentia « teinture écarlate » ?
Les Courbins Corbins (XIIe siècle) Du latin corvinus[1]. Voir l’ancien français corb et le suffixe -in. "Le Lieu des Corbeaux "
A Saint Jean A proximité d'une chapelle dédiée à Saint-Jean
Barville Bar Villa Ancienne villa Gallo romaine ?
Pré Saint-Mansuy Anciennes dépendances de l'abbaye
Les Roses Anciennes parcelles de vignes (Cru des roses)
Les Chamonts Avec, pour variante Caumont, du latin calvus (« chauve ») et mons (« mont, montagne ») - Lieu défriché, sans plantations
Chavigneux Champs vigneux ?
les Plantières Composé de plant et -ier. (Fém plur) plus couramment Plantiers (Vignes) dans d'autres région que la Lorraine
La Hottée du Diable Conte traditionnel - H LEPAGE - Le Département de la Meurthe. Statistique historique et administrative, Volume 2 - 1845
La fosse Jamblin d'un anthroponyme ?
A Piergault Piergauld d'un anthroponyme ?
A Macherin D'un anthroponyme ?
Sur la Belle Croix D'un groupe de 3 croix mentionné sur les cartes de Toul et environs (GALLICA)- 1750
A Vachevigne D'une parcelle cultivée en vignes et proche d'un Vacherie (ensemble de vaches pour une exploitation, étable à vaches)
Vers le pré-au-Lait D'une pâture consacrée aux vaches laitières ou à l’élevage des veaux sous la mère
Au Bordel De borde (« planche, poutre ») avec le suffixe -el. : ancienne cabane
Au Chancheux De Chaucheur Pressoir (Anc lorrain) var. Chaucu ?
Derrière le Clos Saint Mansuy De Clos, pièce de terre entourée de haies ou de murs et Ant St MANSUY : dépendances de l'Abbaye éponyme
Les Coclures de conclos, s. m., enceinte., pâtures encloses ? (côclures par élision du n)
Grande Corvée De Corvée : temps de travail d'un champ gratuit
Corvée De Corvée : temps de travail d'un champ gratuit
Petite Corvée De Corvée : temps de travail d'un champ gratuit
Corvée l'Evêque De Corvée : temps de travail d'un champ gratuit et collectif et fonction sacerdotale
Corvées de Brifoux Briffou, -faulx De Corvée : temps de travail d'un champ gratuit et collectif et toponyme "Brifoux"
Corvées Damote De Corvée : temps de travail d'un champ gratuit et collectif et anthroponyme "Damote"
A Franc Tul Franc Cul De Culée : extrémité d'une parcelle, d'un territoire communal et "franc" (soumis à certaines règles)
Cul du Frane De Culée extrémité d'une parcelle, d'un territoire communal et d'un anthroponyme "Frane ," ?
Bedeuil De deuille, fontaines éphèmeres en Lorraine ?
A l'Ecolatrie De écolâtrie (Charge, emploi d'écolâtre.) présence d'une école ?
Le Pont de Ferrage De Ferrage : terrain planté en fourrages
Sur le Clos des Grèves De Grève étendue sableuse, graviers ou gravillons ?
Haye Vagny De Haye (anc fr.) pour haie et d'un antroponyme "Vagny"
Crachottes (La, les) De l'anc fr. "Crache" + diminutif - otte : Petites étables ou écuries ?
A la Trouille de l'ancien français troillier [2] « broyer, presser (les raisins) », dérivé de truil ou troil, « pressoir à raisins »
Devant Barine De l'ancien nom des deux monts de TOUL "BAR" ou "MontBar" et dim. - ine pour le plus petit
Côte Barine De l'ancien nom des deux monts de TOUL "BAR" ou "MontBar" et dim. - ine pour le plus petit
Au But De l’ancien français but, variante de bout. "Au bout du chemin" (P ê le chemin de Pont Bernon)
Les loges Grurard de Loge : Petite cabane, cabanon, hutte. vieux-francique *laubja (« abri de feuillage ») et un antroponyme
Meix la soeur De Meix, maison avec jardin, verger, dépendances; enclos et subdivision d'un finage et "La sœur"-(réf relig. ?)
La prairie de la Perelle Pérèle, Ravin de la De perrel (Du latin petralis (« de pierre ») et/ou dérivé de perre avec le suffixe -el.) Pierrier ou chemin empierré
Les Plorences Plorances De plorance, s. f., pleurs (anc fr.) : Les pleurs
les Rasselins De Raselina (Tourbe en tchèque) ? : Lieux d'extraction d'argile ?
Les Cronsarts Gronsart De Sart, déverbal de sarter. (Défricher par le feux ) et Cron ? ou Gron
A Tolcomte De tolte, s. f., enlèvement, vol, rapine, pillage ? imposition, redevance. due au Comte de Toul
Trait de la Ville De trait (action de labourage avec des animaux ) et Villa (Partie rurale de la demeure gallo-romaine) finage d’une propriété
Au Bolaivau De Val (Vau anc fr) et d'un anthroponyme "Bolai"
A Lavaux De vaux, pluriel de val. (vallée restreinte) : "Le val"
Les longevaux De vaux, pluriel de val. (vallée restreinte) : "Les longues vallées"
à Attonvaux De vaux, pluriel de val. (vallée restreinte) et Chassin : Anthroponyme ? - "le val d'Atton"
A Chassinvaux De vaux, pluriel de val. (vallée restreinte) et Chassin : Anthroponyme ? - "le val de Chassin"
Au Panon Der. de Pannerie (tuilerie) ?
Les Marions Diminutif de mare ?
Prébandes Prébendes Du lat Praebenda : part de biens prélevée sur les revenus d'une église pour ses clercs, P ê le revenu de ce lieu dit
Charognerie (la) Du latin populaire *caronia ; dérivé de caro, carnis (« chair »).Composé de charogne et du suffixe -erie. - exil des chevaux réformés ?
Sous le pré des Foires Du lieu ou se tenaient les foires aux bestiaux à Toul
Prévoté Du nom donné à divers officiers d'ordre civil , judiciaire ou religieux
Prévôté (Petite) Du nom donné à divers officiers d'ordre civil , judiciaire ou religieux
A la Sansotte Du nom d'un petit ruisseau ?
Terres le Loup Du nom d'une source"Du Loup" donc le Ru s'écoule vers la Moselle
Fosse le Loup Du nom d'une source"Du Loup" donc le Ru s'écoule vers la Moselle
La Vierge Du nom de la Chapelle voisine qui lui est dédiée
A Taconné Taconnet,Taconnay Du nom du ruisseau
Saint Jacques Du Saint éponyme
Abbaye Saint-Mansuy Emprise bâti de l'abbaye de Saint-Mansuy
Fort Saint Michel Emprise de l'ouvrage construit au XIXe siècle
Saint-Esprit En référence à la trilogie sacrée
Justice (La) En référence à un promontoire sur lequel était dressé un Gibet ?
Saint-Evre Ensemble bâti de l'ancienne abbaye
La Vacherie ensemble de vaches pour une exploitation, étable à vaches
Les Béguines Féminin plur de béguin. (Religieuse qui est soumise aux règles monastiques sans avoir prononcé de vœux.) -
Au pont des Gélines Gélines : race de poules - Présence d'un élévage ?
Au chauffour Grand four à cuire la chaux.
Les Grèves Crèves ? gravele, s. f., sable, gravier ? lieu sablonneux, graveleux, grève.
Les Fricadelles Inc.
Les Féveresses Inc.
Les Pramonts Inc.
Les Rouges Bonnets Inc.
A l’Épaule Inc.
A Cheloup Inc.
A la Croix Jean-Leclerc Inc.
Les Anneresses Inc.
Le Parterre Inc.
Cretertois Inc.
Pré de la madeleine Inc.
Pré Saintin Inc.
Le Grand Paquis Inc.
Au miroir Inc.
la Hoitte Tache Inc.
Île du Frane Inc.
Barre Saint-Nicolas Inc.
La terre Saint-Léon La paroisse Saint-Léon du Toulois est l'une des cinq paroisses du secteur pastoral de Toulois
Les Poirières Latin pirus, poirier : clairière de poiriers
Chateau Cornu Le Cornu : le Diable ? en référence à la légende de de Saint Michel
Haut de la Pépinière Lieu d'exploitation horticole attesté sur les anciennes cartes de TOUL et environs
Pépinière Lieu d'exploitation horticole attesté sur les anciennes cartes de TOUL et environs
Cimetière Saint Gengoult Lieu d'inhumation lié à l'abbaye du même nom
Aux Plantes Airées Lieu ou les plantes sont aérées (anc fr. airées) ?
A Notre Dame Nom sous lequel les catholiques désignent la mère de Jésus-Christ. "Terres en lien avec un lieu de culte"
Grande côte sur la Champagne anc. fr. champaigne,lat campania « vaste étendue de pays plat »(Militaire) Terrain où guerroyer, par opposition aux forts
Bas de la Champagne anc. fr. champaigne,lat campania « vaste étendue de pays plat »(Militaire) Terrain où guerroyer, par opposition aux forts
La Champagne anc. fr. champaigne,lat campania « vaste étendue de pays plat »(Militaire) Terrain où guerroyer, par opposition aux forts
A Touche Boeuf Fonds boeufs parcelle affectée au parcage des bovidés
Au Paradis partie supérieure de la Côte Barine fort escarpée et inaccessible
Corbins sur Brifoux Parties du lieu dit Brifou, P ê de Bri (inc.) et Faulx, faho (Fagus lat :Hêtre) Hêtraies ?
Basses Brifoux Parties basses du lieu dit Brifou, P ê de Bri (inc.) et Faulx, faho (Fagus lat :Hêtre) Hêtraies ?
Hautes Brifoux Parties hautes du lieu dit Brifou, P ê de Bri (inc.) et Faulx, faho (Fagus lat :Hêtre) Hêtraies ?
Plantes aux pourceaux Pâturage spécifique pour les porcins
Pré la Ville Pâture propriété ou dont le revenu est affecté à la Ville (au sens de Cité ou de Villa)
Ravin de la Péréle Pérèle, cours d'eau affluent du Terrouin
Les Vachalons Vouachalons Petits vallons allongés ou pâture de petites vaches ?
Plorances sur les vacons Plorences plorance, s. f., pleurs
Entre bas barine Point bas entre les deux reliefs de Toul, passage d'un ancien ruisseau se jetant dans l'Ingressin
Plantes aux Vaches Pré que l'on ne fauche pas, pré sec, sans humidité : on y envoie les vaches en toute saison.
Enceinte primitive Première enceinte fortifiée post romaine
La Haie Vagnier Haye Présence d'une Haye délimitant une propriété
A la feuille morte Présence de bois pourvus de feuilles caduques ?
A Manouin (Mahin) Prob. d'un anthroponyme : MAHIN
Sur la tordue de Mohin Probab. d'un anthroponyme
Sur Ingressin Proche du ruisseau l'Ingressin (Ingrechin)
Derrière Saint Mansuy Quartier proche de l'Abbaye saint Mansuy (derrière part rapport à la ville de Toul)
Du bas et du Haut Référence à la position de la parcelle au bout du chemin dit "à mi-côte"
Sous la Loge des Gardes Référence à un corps de gardes placé sur la route Paris - Metz
Moulin Haut référence à un Moulin à eau figurant sur les anciennes cartes de TOUL
Moulin bas référence à un Moulin à eau figurant sur les anciennes cartes de TOUL
Derrière le Moulin de Haut référence à un Moulin à eau figurant sur les anciennes cartes de TOUL
Devant le Moulin Saintin Cintin Référence à un Moulin figurant sur les cartes de TOUL (Gallica) et d'un anthroponyme "Saintin"
Chemin des Chevaux Référence à un passage privilégié des chevaux pour l'accès aux parcelles à exploiter
Derrière saint-Urbain Référence à une chapelle dédiée au patron des vignerons
Viergeotte Référence à une croix ou un calvaire figurant sur les cartes anciennes et P ê adjoint d'une statue
La Faiencerie Référence à une fabrique du 17 ème s
Derrière la Faïencerie Fayencerie Référence à une fabrique du 17 ème s
Ile des Sables Référence à une grève sablonneuse en bord de Moselle
Fond du Bichet Référence au "Bichet" : tout animal d'élevage en patois lorrain
Sur le Guet Jacques Waid, Weid Référence au lieu ou se faisait la traversée de la Moselle par bac ou gué (à pied sec) fig, sur les anciennes cartes – références germaniques sous le phonème W(aid)
Petite Butte sous la Vacherie Relief proche d'une Vacherie : ensemble de vaches pour une exploitation, étable à vaches
Devant Saint-urbain Saint Urbain patron des vignerons avait chapelle sur la côte Barine
A Cord. Sentier à Cord., du relief très pentu, sentier raide
Bas de l'Ingressin Sous le ruisseau Ingressin (Ingressin cours d'eau qui entrait dans la cité : du latin ingredior, -gressinus)
Prévôté (Au dessous de la) Terrains dont le revenu allait au prévôt de la cité de Toul ?
L'abbé de Saint-Evre -Epvre Terres abbatiales
Sur la Mais Meix un meix est aussi précisément une « habitation rurale avec dépendances et attenante à un jardin ou verger
Hautes Vacons Vacon est attesté sous la forme Vuacon en 1011. . Il s'agirait du nom de personne germanique "Wacco"
Les Vacons Vacon est attesté sous la forme Vuacon en 1011. . Il s'agirait du nom de personne germanique "Wacco"
Sur le chemin du Chavaux Chaveau Vaux (autre forme de Val : vallée restreinte) et "Châ" dénomination affectée à une des anciennes portes de Toul

Mélioratifs[modifier | modifier le code]

L'usage de mélioratifs dans la dénomination des toponymes n'est pas une nouveauté, et dès le Moyen Âge les agglomérations nouvelles, peut-être pour attirer vers elles les populations des villages voisins, vantaient le charme ou la sécurité des lieux, voire les avantages qu'on pouvait en tirer. L'adjectif beau entre ainsi en composition dans d'innombrables noms de lieux. Le plus banal de tous : Beaulieu Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, nom de 23 communes françaises. Guère plus original : Belleville Ce lien renvoie vers une page d'homonymie (seul ou en composition dans 14 communes). Mais comme les nouveaux villages étaient souvent situés sur des hauteurs, c'est Beaumont Ce lien renvoie vers une page d'homonymie qui est largement en tête (55 communes).

Depuis ces hauteurs, la vue était imprenable, gage de sécurité et éventuellement de plaisir. D'où les noms tels que Mirabeau, Mirabel Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Beauregard Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Beauvoir Ce lien renvoie vers une page d'homonymie ou Belvédère. L'idée de forteresse imprenable apparaît notamment dans des noms tels que Bellegarde Ce lien renvoie vers une page d'homonymie ou Belfort.

Si le lieu n'est pas qualifié de beau, il peut être nommé bon, les deux termes étant souvent équivalents en ancien français : Bonneville Ce lien renvoie vers une page d'homonymie (Sauf Bonneville-Aptot, Eure, qui est un ancien Burnencvilla ), Bonneval Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Bonrepos. Enfin, il n'est pas rare que des localités dont le nom ancien commençait par mal- se soit transformées pour être plus attrayantes. Ainsi, dès le Moyen Âge, Malpas (le mauvais passage) est devenu Bompas (Pyrénées-Orientales). Il semble aussi que Mantes-la-Vilaine, à côté de Mantes-la-Jolie, soit devenue simplement Mantes-la-Ville.

On peut également considérer comme des mélioratifs des termes tels que Villeneuve Ce lien renvoie vers une page d'homonymie ou Villefranche Ce lien renvoie vers une page d'homonymie. Souvent créées au XIIIe siècle, ces localités offraient dans bien des cas à leurs habitants l'exemption des droits seigneuriaux si pesants dans les villages voisins.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. IGN, historique de la science des noms géographiques
  2. https://books.google.fr/books?id=S6_Jk5q77JgC&pg=PA383&lpg=PA383&dq=parent%C3%A9+langues+ib%C3%A8re+et+basque&source=bl&ots=V22294elbD&sig=vDSocvveFEJm8mEYMP2DsstHIaI&hl=fr&ei=P80ETqnGHcafOsud6cQN&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=10&ved=0CFQQ6AEwCTgK#v=onepage&q=les%20concepts%20d%27%C2%AB%20Ib%C3%A8re%20%C2%BB&f=false
  3. Certaines sont données également comme celtiques ou du moins indo-européennes.
  4. uaria, uera donné pour celtique par Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions Errance 2003. p. 300.
  5. Considéré comme celtique (de Ro-danus sur danu- hardi, violent) par Pierre-Yves Lambert, La Langue gauloise, éditions Errance 1994.
  6. Donné comme celtique par Xavier Delamarre, Op. cité. p. 105 - 106.
  7. Donné pour celtique par Xavier Delamarre, Op. cité. p. 103 - 104.
  8. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance, 2003, p. 191. article Isara.
  9. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, , 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3, OCLC 9675154), p. 3
  10. « Les Allobroges »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  11. Jacques Boisgontier, Nouvelle Revue d'onomastique, n° 21-22, édition 1993, 191-192 p..
  12. Aucun des suffixes -an noté sur la carte pour cette ancienne province ne renvoie au suffixe latin -anum, ex: Canehan: Kenehan 1030, Canaan 1035 (nom en -ham ou transposition du lieu biblique ); Saint-Maurice-d'Etelan < Esteilant XIe siècle (nom en -land); Carentan < Carantomus 1136 < *Carantomagus; Airan < Heidramm IVe siècle (nom en -ham ou nom de personne); Morsan < Morchent 11e < *Murocinctus; Le Plessis-Grohan < Plesseia Gorhan, Plesseiaco Gorhen 12-13ème (de -ham); Argentan < *Argentomagus, etc.
  13. Pierre-Yves Lambert, La Langue gauloise, éditions errance 2003
  14. Pierre-Yves Lambert, op. cit.
  15. Publications de la Société pour la Recherche et la Conservation des monuments Historiques dans le Grand-Duché de Luxembourg, volume 18, 1863
  16. Charles Rostaing, Les noms de lieux, Presses universitaires de France, réédition 1985, p. 65 - 66
  17. Voir par exemple article Aucazein, p. 34, et Irazein, p. 362, in Toponymie générale de la France, Librairie Guénégaud, Paris, 1979
  18. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne) suffixes préceltiques
  19. Pierre Bonnaud, Terres et langages, peuples et régions, Clermont-Ferrand, Auvernhà Tarà d'Oc, , 1145 p.
  20. a b c d e et f Albert Dauzat, Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Larousse, , 738 p.
  21. Auguste Longnon, Les noms de lieu de la France, Paris, Librairie Honoré Champion, , 832 p., p. 194, 195

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Rostaing : Les Noms de lieux (Que sais-je, PUF 1961, épuisé) ; 1re édition 1945, 11e édition 1992 (ISBN 978-2-13-044015-4)
  • Henri d'Arbois de Jubainville : Recherches sur l'origine de la propriété foncière et des noms de lieux habités en France (période celtique et période romaine), 703 pages, Paris 1890
  • Auguste Vincent, conservateur à la bibliothèque royale de Belgique : Toponymie de la France, Brionne, Gérard Montfort, réimpression 1981, A4, 418 p.
  • Albert Dauzat et Charles Rostaing : Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France (Larousse 1963, épuisé, réimpression Librairie Guénégaud)
  • Albert Dauzat : La Toponymie française, Bibliothèque scientifique, Payot, Paris, 1960. Réimpression 1971.
  • Éric Vial : Les Noms de villes et de villages (Belin, collection le français retrouvé, 1983) (ISBN 978-2-7011-0476-8)
  • Ernest Nègre : Toponymie générale de la France (3 vol. Droz 1990-1998) (ISBN 978-2-600-00133-5)
  • Louis Deroy et Marianne Mulon : Dictionnaire des noms de lieux Paris, (Le Robert) 1994. (ISBN 978-2-85036-195-1)
  • Christian Baylon, Paul Fabre : Les Noms de lieux et de personnes (Nathan Université, 1982), épuisé
  • Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise. Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Paris, éditions Errance, 2003
  • Xavier Delamarre : Noms de lieux celtiques de l'Europe Ancienne. -500 +500. Arles (Errance), 2012.
  • André Pégorier : Les Noms de lieux en France : glossaire de termes dialectaux, Paris, Institut géographique national, 1997 (1re éd. 1963) (ISBN 978-2-85595-048-8) (nouv. éd. 2006 en ligne).
  • Pierre-Yves Lambert : La Langue gauloise Paris, (éditions errance) 2003. (ISBN 978-2-87772-224-7)
  • Michel Morvan : Noms de lieux du Pays basque et de Gascogne, Paris, 2004.
  • François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard, , 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1, OCLC 6403150)

On consultera aussi les divers ouvrages parus dans la collection Noms de lieux, classés par régions ou départements (éditions Bonneton).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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