Chaussée Brunehaut

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Brunehaut.

Le nom de « chaussée Brunehaut » est donné dès le Moyen Âge à plusieurs routes dont l’origine n'est pas définie. Généralement longues et rectilignes, elles semblent avoir relié les cités de la Gaule belgique.

Entre faits et légendes[modifier | modifier le code]

Selon le Dictionnaire de la conversation et de la lecture, la dénomination Chaussée Brunehaut a fort embarrassé les savants. Jacques de Guyse raconte sérieusement, au commencement de ses Annales, qu'un archidruide, appelé Brunehilde, gouverneur, vers l'an 1026 av. J.-C., du formidable royaume de Belgis, fit établir sept grandes routes partant de sa capitale, lesquelles avaient toutes cent pieds de large, et dont quatre étaient recouvertes de briques cuites, ornées de colonnes de marbre et bordées d'allées de chênes. De là venait tout naturellement le nom de chaussées Brunehaut. Mais cette étymologie n'a pas satisfait les savants. Pierre Nicolas Grenier, savant religieux de Corbie qui savait le celtique aussi bien que les membres de la Société impériale des Antiquaires de France, tire le nom de Brunehaut de deux mots celtiques signifiant « hauteur de cailloux ». Un historiographe veut qu'on écrive et qu'on prononce chaussées Bruneaux, ce qui n'éclaircit nullement la difficulté. Enfin, le plus grand nombre pense que Brunehaut, fille d'Athanagild, roi des Wisigoths, et épouse de Sigebert Ier, roi d'Austrasie, princesse qui mourut en 613, construisit ces routes, ou plutôt répara d'anciennes voies romaines auxquelles le peuple donna son nom. Cette dernière supposition parait jusqu'ici la plus raisonnable. Un grand nombre d'écrivains se sont exercés sur cette matière, tel Nicolas Bergier (Histoire des grands chemins de l'Empire romain) et Grégoire d'Essigny (Mémoire sur la question des voies romaines, vulgairement appelées Chaussées Brunehaut, qui traversent la Picardie).

Les historiens du XIXe siècle ont assez généralement reconnu les chaussées Brunehaut comme romaines : de constructrice[1], la reine d’Austrasie, vit progressivement ses travaux réduits à de simples réfections. Mais c’était encore trop, et bientôt on s’avisa qu’il était peu vraisemblable qu’elle ait entamé en Neustrie, terre étrangère, sinon ennemie, quelque travaux que ce soit, fussent-ils d’entretien.

« C’est une fantaisie d’érudit, de poète ou d’écolâtre, postérieur à la Renaissance carolingienne et sans le moindre rapport avec la réalité, la reine franque n’ayant jamais rien fait pour les routes[2]. » Le questionnement historique sur l’origine des chaussées Brunehaut est donc sans réponse. Tout est dit, mais on n’a rien expliqué, car ces dénominations se sont largement répandues avant même que n’apparaissent les premières « légendes ».

Les faits[modifier | modifier le code]

Il pourrait s’agir de voies gauloises, peut-être établies sur des pistes néolithiques, restaurées et entretenues par les Romains. Quoi qu’il en soit, seule la période d’utilisation par les Romains est attestée par des sources convergentes : bornes milliaires, table de Peutinger, itinéraire d'Antonin. On peut dire sans s’avancer beaucoup qu’il préexistait un réseau de voies gauloises qui a certainement favorisé la relative rapidité de la conquête de la Gaule par les Romains. S’il ne parle pas explicitement de ce réseau, Jules César ne se plaint d’aucune difficulté de déplacement, et accessoirement, il nous renseigne sur l’un ou l’autre ouvrage, comme le pont qu’il trouve sur l’Aisne où il établit un campement[3]. Précisons que les Romains, qui mesurent les voies de tout leur empire en milles (milia), continueront à utiliser dans le nord de la Gaule la lieue (leuga) gauloise. Ajoutons encore que de nombreux noms de véhicules romains sont d’origine gauloise, à commencer par l’indémodable ''carrus'' mais aussi carpentum, rheda ou raeda, petorritum, cisium et capsum qui attestent du savoir-faire des charrons gaulois[4].

Les légendes[modifier | modifier le code]

« S’il y a Province de l’ancien Empire des Romains, où les Grands Chemins par eux faits paroissent encore entiers, c’est principalement nostre Gaule Belgique, en laquelle lesdits chemins sont réconnu de tous, sous le nom de Chaussées de Brunehault, ou de Chemins ferrez : sur le sujet desquels ont esté faits plusieurs contes à plaisir, tant par escrit que par paroles, qui ne s’accordent pas bien ensemble : & moins encore avec la vérité de l’Histoire. Or ceux qui en ont escrit, alléguent pour Auteur desdits Chemins un anciens Roy des Belges, nommé Brunehaldus : & ceux qui en parlent ordinairement, tiennent comme par certaine traditive, que c’est la Reine Brunehault, femme de Sigebert Roy d’Austrasie, qui les a fait faire. »[5]

L’une et l’autre de ces hypothèses cherchent à expliquer des dénominations déjà bien établies. Quelques mentions antérieures à ces légendes le confirment.

Le roi-druide et grand-prêtre Brunehaut, Brunehildis ou Brunéhulde[modifier | modifier le code]

Le premier récit légendaire, bien oublié aujourd’hui et relégué depuis longtemps au rang des fables, nous est connu par Jean Wauquelin dans ses Chroniques du Hainault, manuscrit du XVe siècle, chef-d’œuvre d'enluminure[6]. Cette traduction de Jean Wauquelin des Annales historiae illustrium principum Hannoniae rédigées à la fin du XIVe siècle par Jacques de Guyse, faite sur commande de Philippe le Bon, fondateur de l’Ordre de la Toison d'or[Note 1], « par laquelle exposicion et translacion au plaisir de Dieu polra a tous oans et lisans, plainement apparoir la noble procreacion et lignie, et comment est descendus mon dit tres redoubté et tres puissant seigneur du hault, noble et excellent sang des Troyens. » Le mythe de l'origine troyenne est un lieu commun des chroniques médiévales[7]. La dynastie mérovingienne la première s’en réclame dans les chroniques de Frédégaire. Le modèle est bien sûr l’Énéide.
Selon les chroniqueur médiévaux, Bavo (parfois nommé « Bavo-le-Brun » (Bavo Brunus ou Bavonis bruni en latin[8]) par J. de Guyse), de la famille de Priam, fuyant la ville de Troie investie, gagna après maintes aventures (via l'Afrique et l'Angleterre) une terre hospitalière où il fit bâtir une cité qu’il appela « Belges » (l'actuelle Bavay). Sept routes, dédiées aux planètes Jupiter, Mars, Vénus, Saturne, Mercure, le Soleil et la Lune, partaient de sept des 9 temples de la cité[9]. Mais l’instauration d’une monarchie élective sonna le déclin de la « cité de Belges ». La restauration, permit un nouvel essor, et mille ans av. J.-C., « Brunehildis », druide et roi, fit paver les sept « chaussées générales » joignant « Belges » aux limites de son royaume. À cause d’un retour fatal aux monarchies électives, les Belges perdirent leur unité et ne purent résister aux invasions romaines. Selon Jacques de Guyse, c'est Brunéhulde, présenté comme « Grand-prêtre » qui a « fait établir sept grandes routes, partant de la ville de Belgis, conduisant dans tous les pays, et nommée encore aujourd’hui voies ou chaussées de Brunéhulde ou Brunéhaut »[10].

Cette origine des chaussées Brunehaut resta populaire jusqu’au XVIe siècle[11], mais ne résista pas à la mise aux rebut par les historiens du mythe des origines troyennes. Aujourd’hui, sur la colonne de Bavay, l’ancienne « cité de Belges », on peut lire ce qui a été conservé d’une autre légende, celle de la Reine Brunehaut.

La reine Brunehaut[modifier | modifier le code]

Les légendes[modifier | modifier le code]

Mise à mort de Brunehaut.

La seconde légende, bien que moins vraisemblable dans son récit, a été conservée par les historiens, sous une forme rationalisée, jusqu'au XXe siècle. Après en avoir ôté le fantastique, il leur restait une reine Brunehaut, dont ils ne remettaient point en doute l’historicité, et qui avait bien pu peut-être au moins restaurer ces chaussées. Un petit passage du très volumineux Myreur des Histors, chronique universelle du XIVe siècle par Jean d'Outremeuse, mérite d’être cité dans son intégralité[Note 2] : chaque phrase est riche d’enseignement, mais la lecture en est aujourd’hui malaisée.

Une légende cruelle, dont l’origine ne date que du XVe siècle, dit qu’elle aurait été suppliciée par Clotaire II, traînée par un cheval sur une de ces routes. En Belgique et dans le Nord de la France, cette légende précisait que ces routes correspondraient aux traces qu’aurait laissées derrière elle la reine Brunehaut, emmenée à toute vitesse, en ligne droite par monts et par vaux, derrière son cheval[12]. Une autre légende en faisait la mère de Jules César[réf. nécessaire].

L'histoire[modifier | modifier le code]

Les chroniques du temps, La Vie de Saint Didier, La Passion de Saint Didier du roi Sisebut, la continuation de la Chronique d'Isidore de Séville, La Vie de Saint Colomban de Jonas de Bobbio, et la Chronique de Frédégaire rapportent la fin tragique de la reine Brunehaut. Une fois tombée entre ses mains, elle fut mise en jugement par son neveu Clotaire II et condamnée à mort. Après un rituel d'humiliation, elle fut mise à mort selon une pratique extraordinaire, inusitée chez les mérovingiens (traînée attachée à l'arrière d'un cheval ou de chevaux courant au galop). Elle subit le rituel d'élimination des souverains détrônés du Bas-Empire romain. "Le long massacre de Brunehaut, au lieu d'abolir sa mémoire, préserva son souvenir et laissa place à la constitution d'une légende" (Bruno Dumézil)[13].

La colonne de Bavay[modifier | modifier le code]

La colonne Brunehaut à Bavay

La petite ville de Bavay dans le Nord, dont l’importance à l’époque gallo-romaine n’a vraiment été reconnue que depuis la mise au jour de ses ruines imposantes par les bombardements de 1940, est le point de départ de sept chaussées Brunehaut.

Placée au centre d’un nœud routier, Bavay était le passage obligé entre la Germanie et le port de Boulogne-sur-Mer, tête de pont vers la Bretagne (Grande-Bretagne actuelle). Les autres voies, sept au total, reliaient la cité des Nerviens aux capitales des cités des peuples voisins (Amiens via Arras, Tongres, Cassel, Trèves à l’est et Reims au sud). Sa position est stratégique sur le plan militaire, mais très vite ces voies à vocation militaire (le futur empereur Tibère transite à Bavay avec ses armées vers l'an 4) sont utilisées à des fins commerciales.

Au centre de la place du bourg, une colonne heptagonale[14] monumentale, érigée en 1872, surmontée de la statue de Brunehaut, reine d’Austrasie, mentionne, sur ses sept faces, sept directions.

Les destinations en sont des capitales administratives de la Gaule belgique, et le texte résume bien les conceptions du XIXe siècle sur l’origine des chaussées Brunehaut.

TOURNAY AMIENS SOISSONS REIMS TRÈVES COLOGNE UTRECHT
CES VOIES MARCUS AGRIPPA VERS L’AN 25 PAR LA REINE CE MONUMENT AU POINT LES SEPT CHAUSSÉES
FURENT CONSTRUITES LIEUTENANT AVANT JÉSUS-CHRIST BRUNEHAUT A ÉTÉ RÉÉDIFIÉ CENTRAL ROMAINES
PAR DE CÉSAR AUGUSTE ET RESTAURÉES MORTE EN L’AN 613 EN L’AN 1872 OÙ ABOUTISSAIENT DITES DE BRUNEHAUT

Ce monument, qui a résisté miraculeusement aux bombardements, en remplaçait un autre comme en atteste l’inscription. Celui-là, érigé en 1806 et conservé au musée de Bavay, indiquait sept destinations étonnantes.

RECONSTRUIT EN 1806 POUR L’INDICATION SEPT CHAUSSÉES BRUNEHAUDT CONDUISANT AUX MERS - MONUMENT
A A A A A A A
OSTENDE DIEPPE SAINT-MALO VENISE HAMBOURG MASTRICHT ANVERS

Ce monument reconstruit en remplaçait donc aussi un autre qui aurait été transféré au musée de Douai où il est peut-être encore. Quoi qu’il en soit, son inscription recopiée en 1809 par J. de Baste[15] nous suggérait déjà que ces chaussées se prolongeaient jusqu’aux mers, et Camille Jullian[2] avait déjà fait le rapprochement avec la définition de la « via militaris » du code de Justinien : « Les voies militaires aboutissent aux mers, aux villes, aux fleuves ou à d’autres voies militaires »[16]. Mais les destinations avaient conservé un caractère utilitaire. Le chronogramme de ce monument nous donne l’année 1766 (MDCLLLVVVI).

La fIn Des sept ChaVssees brVnehaVLt Les Mers seront
chavssee de tovrnay chavssee de cambray chavssee dv cateav chavssee de pons chavssee d’avette chavssee de bintch chavssee de mons

Or une colonne est mentionnée bien auparavant. Au XVIe siècle, elle est décrite plus d’une fois et représentée au beau milieu de la place sur le plan de Bavay de Jacques de Deventer[17]. Jacques Lessabé écrit, en 1534, que l’on peut voir sur la place de Bavay (Belgense) une grande colonne de pierre à degrés d'où partent sept voies royales qui ont conservé le nom de Brunehilde, leur constructrice[Note 3]. On peut imaginer avec Jules Vannérus qu’une colonne semblable à celle de Tongres fut érigée durant la période romaine, et restaurée au cours des siècles.

Les chaussées Brunehaut[modifier | modifier le code]

La source principale de nos connaissances sur les « chaussées Brunehaut » est une enquête de Jules Vannérus publiée en 1938[18]. Il y a réuni un nombre impressionnant de mentions anciennes tirées de documents administratifs et judiciaires. Ces dénominations, qui s’appliquent à des voies reconnues romaines par d'autres, se concentrent en Picardie, en Artois et dans l’ancien Hainaut autour de Bavay, mais s’étendent sporadiquement bien au-delà. Dès la Renaissance, les antiquaires l’avaient déjà reconnu[19].

Entre parenthèses, les grands chemins antiques sans dénomination « Brunehaut ».

Chaussées Brunehaut dans le Nord-Pas-de-Calais[modifier | modifier le code]

  • De la vallée de la Canche, l’ancienne voie romaine (maintenant désignée sous le nom de D 129) passe un peu à l’écart de Campagne-lès-Hesdin après avoir laissé sur son côté ouest le hameau de « Brunehaut-Pré » puis change légèrement de cap pour traverser et dépasser la D 939 et retrouver son axe pour une courte distance à partir de Saint-Rémy-au-Bois.

Chaussées Brunehaut dans la Somme[modifier | modifier le code]

On en relève au moins trois, rayonnant à partir d’Amiens, où elles reprennent bien souvent le tracé de la Via Agrippa :

À l'ouest d'Amiens[modifier | modifier le code]

Les cartes de grande diffusion elles-mêmes[Note 4] mentionnent celle qui s’étire vers le nord-ouest.

De Ponches-Estruval à Surcamps[modifier | modifier le code]

Traversant la vallée de l’Authie, la chaussée pénètre dans le département de la Somme, la ligne droite atteint Ponches-Estruval, pour ne se matérialiser à nouveau (sur des cartes à l’échelle 1 / 50 000e) qu’au sud de Dompierre-sur-Authie et à l’est de la D 111.
La ligne droite de la D 108 en est alors très « pure » sur 28 km, jusqu’à Surcamps, après avoir traversé ou longé successivement Estrées-lès-Crécy, Brailly-Cornehotte, Noyelles-en-Chaussée, Yvrencheux, Yvrench, Oneux, Coulonvillers, Cramont et Domqueur.

De Surcamps à Amiens[modifier | modifier le code]

  • À l'est de Surcamps, une bifurcation au franchissement de la D 216 permet de rejoindre la chaussée Brunehaut, par un chemin actuellement non bitumé, Saint-Ouen et de traverser la vallée de la Nièvre. Au-delà de cette localité, le bitume ne recouvre à nouveau plus la voie romaine, qui s’incline un peu vers le sud-est à la traversée de la D 112, entre Ville-le-Marclet et Vignacourt, et jusque Saint-Vaast-en-Chaussée, village à partir duquel elle porte le nom de D 12 jusqu’à Amiens.

À l'est d'Amiens[modifier | modifier le code]

  • La route allant d'Amiens à Roye (D934) est également nommée « chaussée Brunehaut ». On trouve notamment cette dénomination dans la traversée de la commune de Bouchoir.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Chaussée Brunehaut dans l'Oise[modifier | modifier le code]

Une voie romaine, reliant Soissons à Paris en passant par Senlis, est désignée sous le nom de « chaussée Brunehaut » dans le département de l'Oise Cette voie passe par le site de Champlieu à la sortie de la forêt de Compiègne puis traverse Senlis. Elle pénètre ensuite la forêt de Chantilly au nord des étangs de Commelles puis tourne vers Coye-la-Forêt pour gagner Luzarches[22].

Chaussée Brunehaut dans le Val-d'Oise[modifier | modifier le code]

Dans le Val-d'Oise, la chaussée Brunehaut désigne une voie romaine nommée ainsi depuis le Moyen Âge. La chaussée reliait Chartres à Beauvais en traversant le Vexin français par Meulan, Vigny et Marines[23].

Chaussée Brunehaut dans la Marne[modifier | modifier le code]

Peut-être un des tronçons de la précédente, une voie est ainsi dénommée à Fismes, entre Soissons et Reims, dans le prolongement de la voie historique que suivaient les souverains sur la route de leur sacre à Reims.

Chaussées Brunehaut dans le Hainaut belge[modifier | modifier le code]

Chaussée Brunehaut à Villers-Perwin (Hainaut)

À Nimy, une ancienne voie romaine est encore officiellement dénommée « chaussée Brunehault ». Cette ancienne chaussée romaine reliait Bavay à Utrecht. La portion de voie subsistant aujourd’hui relie Mons à Enghien et Asse (N285) et porte successivement les noms de « chaussée Brunehault » - « Grand Chemin » - « Assesteenweg » (chaussée d’Asse).

À Blicquy, l'ancienne voie romaine vers le Nord (vers Gand et Bruges) se divise en deux, l'une allant vers Velzeke en passant par Ligne, Flobecq (où fut découvert la fameuse « enseigne de Puvinage » et gagnant la Flandre par Brakel, l'autre allant vers la Mer du Nord et la côte de l'époque, située vers Oudenburg et passant par Frasnes-lez-Anvaing (où fut retrouvé le fameux « trésor de Frasnes » aujourd’hui exposé au Metropolitan Museum of Art de New York), puis poursuivant en Flandre via les hameaux de Tribury et Paillaert (Renaix), Kwaremont (Quaremont) et Kaster, où les traces se perdent.

Pour le chroniqueur médiéval Jacques de Guyse qui cite « les chaussées de Brunehaut » dans le titre du tome premier de son histoire du Hainaut, Bavay était autrefois une ville d'importance, nommée Belge. Une voie romaine reliait Bavay à Cologne. En province de Hainaut, la portion entre la frontière franco-belge et Morlanwelz en passant près de Binche est toujours surnommée « chaussée Brunehault » et est officiellement classifiée route nationale 563. Au-delà, les autres tronçons subsistants s'appellent successivement « rue Haute Chaussée » - « chaussée Romaine » - « rue de la Chaussée » - « chaussée Brunehault » - « chemin du Vicus » et « rue de la Couronne ».

Axe romain de la voie de Tongres à Aix-la-Chapelle jusqu'au gué de Herstal appelée actuellement chaussée Brunehault sur un tronçon

Chaussée Brunehaut en Lorraine belge[modifier | modifier le code]

Des sections de la voie Reims - Trèves sont dénommées « chaussée Brunehault » sur les cartes de l'Institut géographique belge entre le sud de Florenville et Arlon. Le long du parcours : Williers (France) ancien poste défensif sur un éperon barré, Chameleux (Florenville, Belgique) vestiges d'un relai, le lieu-dit « tour Brunehaut » au sud de Izel (ville de Chiny), ancien temple romain, Étalle, relai édifié au passage de la Semois, Arlon, ancien vicus trévire sur une colline au pied de laquelle sourd la rivière La Semois.

Chaussée Brunehaut de Tongres à Aix-la-Chapelle[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (avril 2012)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Une chaussée - axe romain - de Tongres à Aix-la-Chapelle et de Tongres à Trèves passait par le gué de la Meuse à Herstal et Jupille. C'est une ligne droite dont quasi tous les éléments sont encore présents. Elle a été abandonnée quand le pont des Arches de Liège a été mis en service au Moyen Âge. Elle disparaît près de Herstal sous un terril[réf. nécessaire]. Sur la rive, en face : la villa romaine Jobvilla de Jupille et la vallée qui permet de monter à Herve où on l'appelle chaussée Charlemagne. Pour aller à Trèves on empruntait la voie des Ardennes.

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. « ... un ordre et fraternité de vingt-quatre chevaliers sans reproche, gentilshommes de quatre côtés, et il donna à chacun d’entre eux un collier moult gentiment ouvré à sa devise, c’est à savoir, du Fusil. Et à chacun de ces colliers pendait sur le devant, de la même manière que les dames ou demoiselles portent images, fermaux et autres joyaux, une toison d’or en souvenir de la toison que jadis Jason conquit anciennemente en l’île de Colchos, comme on le trouve par écrit en l’Histoire de Troie. De laquelle il n’est trouvé en nulle histoire que jamais un prince chrétien avant lui eût relevée ni mise sus. Et l’ordre dessus dit, à l’image de ce que dit est, fut nommé par ledit Duc l’Ordre de la Toison d’Or... ». Georges Chastelain (1415-1475), chevalier de la Toison d’Or.
  2. « - Chis roy Theodoric fut mult bons chevalier, valhans et corageux et de chaude tieste ; mains ilh creioit si legirement qu’à mervelhe, et quidoit que tout chu que ons li disoit fust voire. - Item, l’an Vc et XXVI commenchat à faire la royne Brucilde mult de mervelhe par nygromanche, et fist une cachie tout pavée de pires de la royalme d’Austrie jusques en la royalme de Franche, et de Neustrie jusques en Acquitaine et en Borgungne. Et d’altre costeit elle les faisoit venir parmy la terre que ons nommoit Brabant, et d’aultre part vers le paiis où la grant Tongre avoit esteit destruit. Et tant de voies et de cachies elle fist que chu estoit grant mervelhe; et briefement par tout l’isle de Europe estoient lesdit cachies, et estoient faites par teile manere qu’ilh ne jondoient mie tout ensemble, mains duroit cascon cachies II liwes, ou III, ou IIII, ou V, ou VI, et alcunne fois plus ou moins en une pieche; et puis faloit chis pavement, jusques à tant qu’il retrovoit une altre pieche del cachie. Et fut tout chu faite en une seule nuit, et les fist faire par les males espirs, enssi com Virgile faisoit à son temps. Et chu faisoit-elle por accomplir sa male pensée que el avoit del faire male : si voloit aleir plus legierement del unc paiis à l’autre, pour nuit et por jour. Cest cachie est encor et serat à tousjours, et le nom-ons la cachie Brunehote, car Brucildis en latin c’est Brunehote en francois. - En cel an prist ly roy Paris congier al roy Artus, si s’en alat à XIIIIm hommes droit vers Affrique, car ilh avoit entendut que les Wandaliens estoient rassembleis, et destruoient la terre et le paiis. »
  3. « Visitur in foro Belgensi scela lapidea gigantae magnitudinis, unde ortum ducunt septem vici regii, qua ad diversas partes iter est, Brunehildis opera lapidibus instrati unde et nomenclaturam hodie servant ». Jacques de Lessauch, dit Lessabé, Hannoniae Urbium..., Anvers, 1534. (Il s’agit de l’un des traducteurs de Jacques de Guyse, ce qui le rend suspect, mais tous ont lu l’Histoire du Hainaut).
  4. Pas seulement les cartes Michelin ou IGN, mais par exemple la carte du département publiée en page centrale de l’Almanach du facteur (format 37,5 × 25,5)
Références
  1. Wolfgang Menzel, Geschichte der Deutschen Zürich, 1824-25. (Translated by George Horrocks)
  2. a et b Camille Jullian, Histoire de la Gaule, V, 1920, p. 102.
  3. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, II, 5
  4. Le fil de l’histoire, La Gaule romaine
  5. Nicolas Bergier, (1567-1623) Histoire des Grands Chemins de l’Empire romain Liv. I Chap. 26 De l’histoire fabuleuse des Chaussées de Brunehault en la Gaule Belgique.
  6. Un scribe apprenti, BNF
  7. Jacques Poucet, Le mythe de l’origine troyenne au Moyen Âge et à la Renaissance : un exemple d’idéologie politique, Folia Electronica Classica (Louvain-la-Neuve) - Numéro 5 - janvier-juin 2003
  8. ex. page 312 de "Histoire de Hainaut", chapitre des Annales de Hainaut intitulé "CAPITULUM XXXI. De morte Bavonis Bruni", relatif à la mort de Bavo qui se serait immolé dans un feu.
  9. Voir chapitre XXXIX (page 341) de l'Histoire de Hainaut (déjà cité) intitulé « Des neuf temples de la cité de Belgis »
  10. Voir Chapitre XXXVIII de L'Histoire de Hainaut de J. DE Guyse, traduite en français Fortia d'Urban, avec le texte latin en regard, en 19 vols, Paris, 1826-38.
  11. Jean Lemaire de Belges, Illustration de Gaule et singularité de Troie, (1511-1512)
  12. Voir le site de la mairie d’Houdain pour cette légende.
  13. Bruno Dumézil, Brunehaut, Paris, Fayard, 2008 (ISBN 9 782213 631707)
  14. la base Mérimée la décrit malencontreusement comme « octogonale » IA59000586
  15. J. de Baste, Recueil d’antiquités romaines et gauloises, 1er suppl. (Gand 1809) p. 93.
  16. « viae militares exitum ad mare aut in urbes aut in flumina publica aut ad aliam viam militarem habent », Digeste. 43.7.3.1
  17. Atlas des villes de la Belgique au XVIe siècle : plans du géographe Jacques de Deventer exécutés sur les ordres de Charles-Quint et de Philippe II, Bruxelles, Institut national de géographie, éd. Ch. Ruelens, E. Ouverleaux, J. van den Gheyn, 1884-1924
  18. Jules Vannérus, La Reine Brunehaut dans la toponymie et dans la légende, académie royale de Belgique, Bulletins de la classe des lettres, XXIV - 1938 - 6-7, pp. 301-420, avec une carte.
  19. Miraeus, Rerum Belgicarum Annales, (1624), p. 39 : « Hinc vias istas militares Artesii, Hannones et Namurcenses vulgo 'chaussées de Brunehault', Brabanti et Flandri 'Casseyen' vocant »
  20. M. Piette Seconde notice sur les voies romaines in Bulletin de la Société académique de Laon 1857, p. 277-293
  21. M. Piette Première notice sur les voies romaines - Bulletin de la Société académique de Laon 1856 sur Google Books, p. 167-185
  22. Michel Roblin, Le Terroir de Paris aux époques gallo-romaines et franques, Paris, Picard, , 2e éd. (ISBN 9782708408128), p. 102-103
  23. Nouveau guide du Vexin français, page 40

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Bergier, Histoire des grands chemins de l'Empire romain. 1736, Google book
  • Martin Jean de Bast, Recueil d'antiquités romaines et gauloises trouvées dans la Flandre proprement dite, avec désignation des lieux où elles ont été découvertes. 1804. 276 p. Google book
  • Grégoire D’Essigny, Mémoire sur la question des voies romaines, vulgairement appelées Chaussées Brunehaut, qui traversent Picardie. 1811.
  • Alexandre Louis d’Allonville, Dissertation sur les camps romains du département de la Somme 1828, Google book
  • Antoine Guillaume Bernard Schayes, Les Pays-Bas avant et durant la domination romaine, 1838, Google book
  • Louis Graves, Notice archéologique sur le département de l'Oise, 1839 Google book
  • J. Garnier, Rapport sur les travaux de la commission chargée de dresser la carte de l’itinéraire romain dans la Picardie in Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie, tome III, Amiens, 1840, p. 63-98 Google book
  • Jean Louis Dugas de Beaulieu, Archéologie de la Lorraine, ou recueil de notices et documents pour servir à l’histoire des antiquités cette province, 1840, Google book
  • I. Lebeau, Bavai in: Archives historiques et littéraires du Nord de la France et du Midi de la Belgique 1844, p. 113-160 & 249-285 Google book
  • Courtois, Recherches historiques sur la Leulène, (voie romaine de Térouanne à Sangate et à Wissant). in Mémoire de la société des antiquaires de la Morinie Tome 9, 1851, 2e partie, p. 59 à 133 Google book
  • Philippe Constant Ernest Prarond, Notices historiques, topographiques et archéologiques sur l'arrondissement d’Abbéville 1854, Google book
  • Graves, Notice archéologique sur le département de l’Oise. 1856.
  • Antoine Guillaume Schayes La Belgique et les Pays-Bas, avant et pendant la domination romaine 1858, Google book
  • Ad. Bruyelle, Des chaussées romaines du Cambrésis. in Congrès archéologique de France, XXVe session, Paris 1859, p. 445-454 Google book & in Mémoires de la Société d'émulation de Cambrai. tome XXVI, 1859 p. 186-196 Google book
  • Houzé, Sur les voies romaines dans l’arrondissement d’Avesnes. in Congrès archéologique de France, XXVe session, Paris 1859 p. 455-479 Google book & in Mémoires de la Société d'émulation de Cambrai. tome XXVI, 1859 p. 197-225 Google book
  • Ernest Desjardins, Notice sur les monuments épigraphiques de Bavai et du musée de Douai. 1873, 181 pp. Google book
  • Camille van Dessel, Topographie des voies romaines de la Belgique. 1877, 259 pp. Google book
  • Auguste Jean Stecher, Œuvres de Jean Lemaire de Belges 1891, 520 pp. Google book
  • Ernest Desjardins, Géographie historique et administrative de la Gaule romaine 1893, Google book
  • Jules Vannérus, La Reine Brunehaut dans la toponymie et dans la légende, académie royale de Belgique, Bulletins de la classe des lettres, XXIV - 1938 - 6-7, p. 301-420, avec une carte.
  • Dictionnaire de la conversation et de la lecture

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]