Chevalerie

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La chevalerie désigne au Moyen Âge une forme de force militaire qui désignait des hommes d'armes qui combattaient à cheval d'abord au corps à corps à l'épée puis en s'alourdissant à la lance. La chevalerie est un dérivé du mot cheval, attesté en ancien français dès le XIIe siècle. Le terme sous-entend une distinction entre les chevaliers, combattants professionnels d'élite montés à cheval, et la « piétaille » qui fournissaient la masse de l'infanterie et, plus tard, de l'artillerie. Les qualités de hardiesse et de générosité[1] tiennent aux ordres militaires qui développèrent des chevaliers aguerris. A la fin du XIIe et XIIIe siècles, par le biais des ordres militaires, les Templiers puis les Hospitaliers par exemple, et avec l'association des vœux religieux, une institution féodale rassemblant les combattants à cheval. Plus tard, la chevalerie deviendra la cavalerie noble et s'alliera à la noblesse de souche, et à laquelle on accédait généralement par la cérémonie de l'adoubement[1].

La chevalerie a peu à peu développé ses valeurs et ses coutumes propres, sous l'influence notamment de l'Église et de l'amour courtois (la « fin'amor ») des troubadours et trouvères. Elle est devenue une fraternité, puis un groupe social, enfin une institution, avant de ne devenir plus qu'un simple service militaire dû au suzerain. Certaines traditions sont particulières à celle-ci, notamment la cérémonie de l'adoubement. Les vertus traditionnelles de la chevalerie, vues par le prisme de la littérature, sont de nobles sentiments tels la piété, l'humilité, la bravoure, la courtoisie, la largesse, la foi et l'honneur.

Dans la littérature et la critique des historiens, l'idéal des valeurs de la chevalerie médiévale est incarné par différents personnages historiques et pour différentes valeurs. Il y a des chevaliers chrétiens qui se battent pour la foi : comme Godeffroy de Bouillon, qui refusa une couronne d'or là où le Christ en eut une d'épines, ou encore le combattant Philippe de Nanteuil, l'icône de la chevalerie européenne. Des chevaliers français qui se battent pour la communauté, comme Roland, ou plus tard Bertrand du Guesclin ou Bayard.

La chevalerie reste encore bien présente dans l'inconscient collectif, notamment avec la légende du roi Arthur, qui inspirèrent les romans fantasy puisant leurs sources dans les grands cycles légendaires, la matière de Bretagne (Légende arthurienne) et la matière de France (cycle des chansons de gestes carolingiennes).

Définition[modifier | modifier le code]

Il y a quatre sortes de chevalerie[2] :

Adoubement de Lancelot, Miniature d'Évrard d'Espinques tirée du Lancelot en prose, BNF Fr.116, 1475.
  • la chevalerie régulière,
  • la chevalerie militaire,
  • la chevalerie honoraire,
  • la chevalerie sociale.

« La chevalerie reguliere, est celle des Ordres Militaires où l'on s'engage de prendre un certain habit, de porter les armes contre les Infidèles, de favoriser les Pèlerins allant aux lieux Saints, et de servir aux Hôpitaux où ils doivent être reçus. La Militaire est celle des anciens Chevaliers qui s'acquéroit par des hauts faits d'armes. On les appelloit Milites dans les anciens titres. Les Princes même se saisoient recevoir Chevaliers ; on leur ceignoit l'épée, et on leur chaussoit les éperons dorés. L'Honoraire est celle que les Princes confèrent aux autres Princes & aux premiers de leur Cour. La Sociale enfin est celle qui n'est point autorisée qui se forme dans quelques circonstances & qui ne subsiste plus après »[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le XIIe et surtout le XIIIe siècle furent les siècles d’or de la chevalerie. Celle-ci se structurait comme une véritable classe avec ses codes, ses valeurs et son mode de vie. Au bas Moyen Âge, les adoubements se firent moins nombreux et, parallèlement, la cavalerie perdit sa primauté sur les champs de bataille, du fait de la réutilisation de nouvelles tactiques (formations compactes de piquiers) ou de la mise au point de nouveaux armements (arcs longs); les batailles de Courtrai et de Crécy furent à cet égard révélatrices de la vulnérabilité de la cavalerie lourde utilisée isolément. Si l'alourdissement des armures des cavaliers et des montures put, un temps, pallier ses faiblesses, la diffusion des armes à feu sur les champs de bataille dès la seconde moitié du XVe siècle porta un coup fatal à la chevalerie comme force militaire.

Origines[modifier | modifier le code]

Tapisserie de Bayeux (XIe siècle)

Aux alentours de l'an mille, le terme latin miles (guerrier) se répand dans les écrits rédigés en latin médiéval. Il désigne alors les hommes d'arme (bellatores) par opposition aux religieux qui prient (oratores ) ou aux paysans qui travaillent (laboratores). Ce combattant se caractérise donc par le fait qu'il est un guerrier. L'homme d'arme à cheval ne sera désigné par le terme eques signifiant cavalier que vers le début du XIIe siècle (par opposition aux soldats à pied, les milites pedites. À l'époque où le système féodal se développe, la seigneurie en est la structure de base. C'est un système devant maintenir l'ordre et la justice et ayant pour centre le château fort. À Papia, le château vit en grande partie par les droits qu’il a attirés, provenant de l’ancien tonlieu de Léou. Les terres de la famille seigneuriale sont gardées par sept chevaliers, les premiers chevaliers connus dans le sud de la France, mentionnés en 1029.

Le chevalier est un guerrier appartenant à la maison du seigneur : celui-ci doit s'entourer d'un groupe de soldats professionnels qui l'aident à maintenir l'ordre et à protéger les habitants des assaillants . Ils participent ainsi au maintien du système féodal et reçoivent de la part du seigneur une solde ou des terres. Dès le XIe siècle, miles devient synonyme de vassus (ou vassalus, latinisation de vassal), le vassal.

Rôle de l'Église[modifier | modifier le code]

À ses débuts, la chevalerie n'était nullement valorisée par l'Église comme le précise Jean Flori[3][réf. incomplète]. Si elle soutenait entièrement les chevaliers partant en croisade, elle dénonçait ceux qui risquaient leur vie non pas pour Dieu mais pour de la gloire. L’Église a fortement contribué à influencer la chevalerie et à modifier ses valeurs, ses devoirs. L'Église a ainsi assuré la rémission des péchés à tous les chevaliers désirant combattre les infidèles en Terre sainte. Les Croisades ont donc joué un rôle central dans la réconciliation entre l'Église et la chevalerie. Il était désormais possible à partir du XIIe siècle, notamment lors de la première croisade prêchée par Urbain II en 1095 d'être chevalier et de combattre pour Dieu. Pour elle le problème s'est réellement posé avec les Templiers qui cherchaient la reconnaissance de l’Église.

Depuis la prise de Jérusalem, un semblant de paix existe en Palestine. Des bandes de « grands ou petits chemins », des incursions sarrasines, font régner une insécurité constante. Une grande partie des croisés étaient rentrés au pays après la conquête, il existe bien une soldatesque, mais trop souvent limitée aux villes, les chemins nécessitaient des déplacements en groupe. L'augmentation des dispensaires et leur dispersion était un problème pour les pèlerins malades et pour les Hospitaliers[4].

Suivant Guillaume de Tyr, Hugues de Payns, un baron champenois, faisant très certainement partie des chevaliers du Saint-Sépulcre dès 1115[5], propose à Baudouin II, roi de Jérusalem, la création d'une communauté des « Pauvres Chevaliers du Christ » pour assurer la sécurité des routes. Lors du concile de Naplouse, en 1120, ces « chevaliers » sont invités à reprendre les armes. La nouvelle confrérie est installée par Baudouin et Gormond de Picquigny, patriarche de Jérusalem, sur l'ancienne mosquée al-Aqsa, dite aussi, temple de Salomon. Ils tiennent de là leur nom de miles Templii, les chevaliers du Temple, les Templiers[6].

Très vite ces chevaliers, qui prononcent les vœux d'obéissance, de pauvreté et de chasteté, mais qui combattent efficacement les infidèles, posent problème au regard des principes de l'Église ; ces « chevaliers du Christ » sont en état de péché les armes à la main. Hugues fait appel à son parent, l'abbé de Clairvaux, pour intercéder auprès du pape. Bernard de Clairvaux compose De laude nove militie dans laquelle il développe l'idée de malicidium, de malicide en tuant le mal en l'homme et non l'homme. Hugues reprend ces propos dans sa lettre Christi militibus qu'il soumet, en , au concile de Troyes qui approuve le nouvel ordre[6].

Ces derniers sont en effet des « nouveaux chevaliers » car ce sont des croisés permanents, sortes de « moines-soldats ».

Essor au XIIe siècle[modifier | modifier le code]

Cavalerie franque.

La chevalerie qui se forme dans la deuxième moitié du XIe siècle[7][réf. incomplète] se définit réellement à partir des caractéristiques suivantes : elle constitue tout d'abord une catégorie sociale à part entière voire une « catégorie socio-professionnelle »[3][réf. incomplète]. Cette dernière se situe socialement au-dessous de la noblesse. Elle rassemble tous ceux qui n'ont « ni la notoriété d'un lignage noble, ni la richesse d'un grand propriétaire terrien, ni le droit de ban d'un sire »[3][réf. incomplète].

Chevalier faisant la cour à sa dame.

En d'autres termes, être un chevalier c'est être un homme qui n'est pas issu de la noblesse d'un point de vue héréditaire, qui ne possède pas de richesses, que ce soit en terres ou en argent, enfin qui n'a pas le pouvoir de convoquer des vassaux à son service ni de commander, de contraindre, de convoquer l'ost (droit de ban). Cependant, un chevalier doit pouvoir se procurer ses armes, l'armement caractéristique du chevalier étant coûteux, composé de la lance et de l'épée pour le XIe siècle. Par ailleurs, le chevalier combat à cheval, ce qui peut paraître insignifiant mais qui a en réalité de l'importance car un cheval coûte cher et constitue de ce fait une marque de prestige, de richesse, de supériorité.

À la fin du XIIe siècle, par le prestige qui leur est associé et le coût de leur équipement, les chevaliers tendront à être associés de plus en plus à leur suzerain. C'est une évolution importante car il marque l'essor des châtelains soutenus par leurs chevaliers, concurrençant et affaiblissant le pouvoir royal.

Le statut de chevalier pouvait se perdre si le chevalier était malade et, par conséquent, ne pouvait plus assurer sa fonction militaire. En outre, le chevalier pouvait subir des blessures graves durant un affrontement et ne plus pouvoir combattre. De fait, il était petit à petit oublié de la société. Au cours du Moyen Âge, les chevaliers se sont rapprochés et unifiés durant les combats, à la guerre, et ont fini par former un véritable ordre social à part.

Âge d'or[modifier | modifier le code]

Le dilemme de Bohort - il choisit de sauver une jeune fille plutôt que son propre frère Lionel.
Article détaillé : Occident au XIIIe siècle.

Au XIIIe siècle, du point de vue militaire, la chevalerie va progressivement imposer sa prépondérance sur les champs de bataille. En effet, les chevaliers deviennent les combattants, les guerriers par excellence, l'élite de l'armée, un ordre militaire qui bâtit sa renommée sur ses exploits et victoires militaires. Son action se révèle de plus en plus décisive lors des batailles ; c'est elle qui décide de la victoire ou de la défaite. Par conséquent, son prestige en est rehaussé. La bataille de Bouvines qui se déroula le est un bon exemple pour illustrer cette idée. En effet, l'action de la chevalerie décida en grande partie de la victoire française. Dès l'époque carolingienne, la cavalerie tenait une place centrale dans l'armée. Les rois francs, dès Charles Martel, avaient privilégié l'utilisation de la cavalerie lors des affrontements.

Guillaume le Maréchal fait figure de chevalier exemplaire. Son ascension fulgurante malgré son origine modeste, ses nombreuses victoires lors des tournois le firent désigner comme « le meilleur chevalier d’Occident ». Les chansons de gestes qui deviennent très populaires aux XIIIe siècle glorifient les chevaliers et les élèvent au niveau de héros.

Déclin[modifier | modifier le code]

Bataille d'Azincourt, illustrant la chronique d'Enguerrand de Monstrelet, Chronique de France

L'Occident au XIVe siècle est marqué par une pandémie mondiale de peste et un refroidissement climatique spectaculaire. La Peste noire se déclare en 1334 et décime trente à cinquante pour cent de la population européenne. Le Petit Âge glaciaire touche durement l'agriculture et les gens. L'Europe toutes classes confondues est effondrée dans son économie, dans ses croyances et ses institutions. La paysannerie se soulève et revendique plus d'égalité : Grande Jacquerie en France, révolte des paysans en Angleterre, guerre des Paysans allemands, hussitisme à Prague. La noblesse aristocratique oppose à la crise de la fin du Moyen Âge qui se profile une guerre qui durera 100 ans.

La bataille d'Azincourt, où la chevalerie française est mise en déroute par des soldats anglais inférieurs en nombre, est souvent considérée comme la fin de l'ère de la chevalerie et le début de la suprématie des armes à distance sur la mêlée, qui se renforcera avec l'invention des armes à feu. Elle est, en réaction, une cause majeure de l'investissement dans l'artillerie qui deviendra une spécialité française. Le boulet de canon, qui ne fait pas de prisonnier, auquel aucune armure ne peut résister et qui vient frapper au hasard sans la moindre considération pour la valeur individuelle, représente une qualité de peur nouvelle pour les combattants et à laquelle l’éthique chevaleresque traditionnelle permettait difficilement de faire face. Les effets du boulet de canon sur des masses compactes d’hommes, carrés de piquiers ou escadrons de cavaliers, sont terrifiants. Les chroniqueurs rapportent avoir vu, à Ravenne ou à Pavie, des corps éclatés, des membres voltigeant dans les airs, des hommes couverts du sang et de la cervelle de leurs voisins, et les théoriciens de s’interroger sur la meilleure manière de combler, dans une formation de combat, la ligne de morts laissé par le passage d’un boulet[8][réf. incomplète].

L'Angleterre s'industrialise et accueille favorablement le protestantisme, la France favorisée par son climat pour l’agriculture fait le choix d’une société religieuse sur une structure rurale stable prépare le chemin vers une monarchie absolue, en Italie les cités-États dirigée par la bourgeoisie financière se gausse par la voix de Boccace ou de Pulci des mythes vacillant qu'à forgé la féodalité[9]. La Renaissance est en marche.

Romantisme et érudits du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Mise largement de côté lors de la Renaissance, elle regagne de l'intérêt auprès des hommes du XVIIIe et XIXe siècles. Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye est l'un des premiers à se pencher sur le sujet avec ses Mémoires sur l'ancienne chevalerie en 1753 et son Histoire littéraire de troubadours en 1774. Mais c'est Walter Scott qui lancera l'intérêt du grand public pour le Moyen-Âge avec Ivanohé en 1819.

De nombreux antiquaires vont par la suite se pencher sur le sujet et publier de nombreuses études, comme Léon Gautier et son livre La chevalerie. À cette époque, grâce à la Société des anciens textes français, de nombreuses œuvres du Moyen-Âge ont été rééditées, malheureusement sans jamais revenir aux sources.

Caractéristiques et vie[modifier | modifier le code]

Apparition des chevaliers[modifier | modifier le code]

Tous les chevaliers n'étaient pas guerriers à plein temps : il existait même des chevaliers-paysans[10][réf. incomplète] autour de l'an mil, vivant en bande dans de grosses maisons fortes. Le chevalier fréquente souvent son suzerain et adopte un train de vie presque similaire tout en restant moins fastueux, et est souvent lui-même seigneur d'une terre modeste. La chevalerie a été pour certains hommes du début du XIe siècle un ascenseur social, mais une fois l'agrégation entre cet ordre et la noblesse consommée, moins d'un siècle après, ce ne sera plus le cas. À l'inverse, nombre de chevaliers sont par la suite issus de familles nobles : ils en sont les cadets célibataires et sans héritage, voire les bâtards reconnus par un père noble, seuls les fils aînés héritant alors. Au début du XIIIe siècle, des législations royales de France, d'Allemagne et d'autres royaumes d'Europe disposent que l'on ne peut accéder à l'honneur chevaleresque que si l'on est soi-même de lignée chevaleresque[11], fixant légalement la règle suivie par tradition depuis déjà près de deux siècles.

Cérémonie de l'adoubement[modifier | modifier le code]

The Accolade par Edmund Blair Leighton (1853-1922).

L'adolescent accède lui-même à ce titre et à cet état après un apprentissage et une cérémonie appelée adoubement. Avant l’adoubement, vers l’âge de sept ans, il est placé chez un seigneur qui sera son parrain. Il y gravit tous les degrés de l'éducation qui vise à en faire un guerrier : le galopin (il nettoie l’écurie), le page (il s’occupe des chevaux, est au service de la dame du château, suit un entrainement équestre, apprend à chasser) et enfin l'écuyer ou le damoiseau (il aide les chevaliers au tournoi et à la guerre, et il a l'immense privilège de lui porter son écu). Vers 17–21 ans, il passe l’adoubement, cérémonie officielle à laquelle de nombreux nobles assistent et qui consiste à consacrer un homme comme chevalier. L'adoubement, qui marque le passage de l'état d'écuyer à celui de chevalier, a lieu en général en septembre ou en octobre. La nuit précédent son adoubement, le chevalier passe une nuit de prière dans une chapelle en compagnie de son parrain, revêtu d'une tunique blanche, avec une croix rouge, le blanc symbolisant la clarté et le rouge symbolisant le sang que le chevalier est prêt à verser. Puis le seigneur organise une fête dans son château. Au fond du château, sur une estrade, le chevalier était prêt à se faire adouber chevalier. Agenouillé, le bachelier prête à haute voix le serment des chevaliers, une main sur l'Évangile ; ses armes de chevalier lui sont ensuite remises par son seigneur et parrain, bénies par l'Église qui encadre la cérémonie. Une fois revêtu de son équipement, il s'agenouille à nouveau pour recevoir « l'accolade ».

Jean II adoubant des chevaliers, enluminure des XIVe et XVe siècles, BNF.

Après la cérémonie, on organise des tournois auxquels se joignent les chevaliers adoubés et les vassaux du seigneur et des banquets pour célébrer l'occasion. La cérémonie de l'adoubement confère à celui qui le reçoit un pouvoir principalement militaire puisqu'il obtient le droit de ban (rassemblement de l'ost, autrement dit de l'armée) pour partir en campagne militaire. L'Église a aussi voulu donner une portée idéologique à cette cérémonie sans toutefois y parvenir pleinement. L'adoubement assure l'admission dans la militia, c'est-à-dire la chevalerie. La remise des armes a une importance majeure car elle signifie pour le chevalier certains devoirs et fonctions à respecter. En effet, la remise de l'épée signifie pour le chevalier l'exercice de la force armée, à savoir le maintien de la paix et de l'ordre public mais aussi le soutien et la protection de l'Église et des faibles, la fonction religieuse tenant une place centrale dans l'exercice des fonctions du chevalier.

Mode de vie[modifier | modifier le code]

Chevalier en cotte de mailles, musée du Louvre.

Le chevalier est un professionnel de la guerre, un soldat au service d’un seigneur. Il est propriétaire d'armes offensives et défensives (voir la liste dans l'article armement) qu'il lui faut souvent remplacer après un combat. Il doit donc gagner de l'argent. Les tournois et les joutes sont une manière de gagner de l'argent et de s'amuser[12][réf. incomplète]. Les guerres au Moyen Âge ne sont pas si fréquentes. De plus, on ne se bat pas l'hiver, ni pendant les périodes saintes (Avent, Carême). L’Église a défini depuis la fin du Xe siècle des paix de Dieu et des trêves de Dieu pour limiter les guerres. Le tournoi est donc une occasion de remporter une rançon, de confisquer chevaux et armes des chevaliers vaincus. Il est aussi une façon de ne pas perdre la main pendant les périodes sans combat et de se distinguer auprès d'une dame. Les chevaliers aiment les tournois car ils s'y amusent et se sentent dignes d'y mourir l'épée à la main. Le chevalier vit souvent au château et doit être fidèle à son seigneur, lorsqu'il est vassal. Néanmoins, il ne faut pas confondre vassal et chevalier.

Devoirs[modifier | modifier le code]

Cavaliers du XIe siècle, Tapisserie de Bayeux.

La courtoisie est d'abord l'ensemble des qualités du noble, le comportement élégant d'un chevalier ; puis vers 1150, la courtoisie se charge d’une dimension amoureuse. L'amour courtois est chanté par les troubadours et les trouvères. Le chevalier est au service de l’Église, il doit mettre son épée au service du pape (croisades) et des faibles : il devient alors chevalier du Christ (Miles Christi). Les qualités de chevalier idéal sont la prouesse, la générosité et la fidélité. Cependant, ces devoirs sont secondaires par rapport aux devoirs envers le suzerain. Ses vertus sont idéalisées par la littérature courtoise. Le chevalier est avant tout un homme d'armes, un homme de guerre, de prouesse.

Équipement[modifier | modifier le code]

Armures du XVIe siècle exposées au Metropolitan Museum of Art à New York.

Au XIIe siècle, l'équipement de base du chevalier (cheval, heaume, haubert, épée) représente le revenu annuel d'une seigneurie moyenne de 150 hectares. Trois siècles plus tard, l'équipement nécessaire engloutit le produit du travail de 500 hectares[13].

L’équipement étant aussi lourd que coûteux, les chevaliers ne pouvaient enfiler leur armure tout seuls, et le prix de l’équipement était à lui seul un obstacle de taille à l’époque où tout le monde pouvait devenir chevalier.

L'équipement se composait de :

Les pièces qui forment l'armure complète sont agencées avec habileté. Le poids de l'armure atteint 20 à 25 kg, ce qui correspond au poids moyen de l'équipement porté par les soldats de toutes les époques. Il y a une quinzaine de pièces principales et une centaine au total. La qualité de la monture jouait aussi un rôle important car, démonté, un chevalier équipé se déplaçait plus lentement et perdait une grande partie de la force d'impact de la charge. Cependant il n'est pas rare que par choix stratégique au cours d'une bataille les chevaliers chargeaient à pied.

Tournoi et chevalerie[modifier | modifier le code]

Scène de tournoi.

Les tournois, véritables compétitions sportives par excellence pour les chevaliers mais aussi un moyen de s'entraîner à la charge frontale pour les batailles à venir, étaient très appréciés par la société médiévale, à l'inverse de l'Église qui y était réticente. Ils permettaient aux chevaliers d'acquérir toutes sortes de gains : prix, chevaux, harnois (armure du chevalier), armes, argent. Les tournois enrichissent les chevaliers vainqueurs mais ces derniers recherchent et obtiennent parfois la gloire, le prestige et la renommée à travers ces affrontements. C'est pour les chevaliers un moyen de promotion sociale efficace.

Les tournois ressemblent véritablement à des situations de guerre, pour mettre les chevaliers dans les conditions de la prochaine bataille auxquels ils devront participer. Mais ces compétitions revêtent la forme de spectacles. Les joutes quant à elles, se distinguent des tournois dans le sens où elles n'opposent que deux adversaires. Moins meurtrières, ces dernières apparaissent vers le XIIIe siècle et sont de fait mieux acceptées par les autorités civiles et religieuses[14][réf. incomplète].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Référencement[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/chevalerie/15180
  2. a et b Dictionnaire ecclésiastique et canonique portatif, Paris, 1766, tome I, p. 364 : « Il y a quatre especes de Chevalerie, la régulière, la militaire, l'honoraire et la sociale. ». Lire en ligne
  3. a, b et c Jean Flori, La chevalerie en France au Moyen Âge, PUF, « Que sais-je ? », no 972, 1995.[réf. incomplète]
  4. Galimard Flavigny, 2006, op. cit., p. 26
  5. Demurger 2008, p. 26
  6. a et b Galimard Flavigny, 2006, op. cit., p. 27
  7. Jean Flori, L'essor de la chevalerie : XIe-XIIe siècles, Librairie Droz, , introduction[réf. incomplète]
  8. Emmanuel De Crouy Chanel. Les canons de Marignan. Lire ne ligne[réf. incomplète]
  9. Edgar Quinet, Les Révolutions d’Italie, Pagnerre, (lire en ligne), p. 151
  10. Georges Duby. La société aux XIe et XIIe siècles dans la région mâconnaise[réf. incomplète]
  11. J. Flori, Chevaliers et chevalerie au Moyen Âge, p. 83, Hachette 1998.
  12. Sébastien Nadot, Le spectacle des joutes. Sport et courtoisie à la fin du Moyen Âge, P.U. Rennes, 2012.[réf. incomplète]
  13. Patrick Boucheron, "l'Histoire" HS no 16, juillet 2002, p. 12-17.
  14. Sébastien Nadot, Rompez les lances ! Chevaliers et tournois au Moyen Âge, éditions Autrement, Paris, 2010.[réf. incomplète]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Patrick Boucheron, l'Histoire, HS no 16, juillet 2002
  • Emmanuel De Crouy Chanel. Les canons de Marignan.
  • Alain Demurger, Les templiers, Seuil, 2005
  • Bertrand Galimard Flavigny, Histoire de l'ordre de Malte, Perrin, 2006
  • Jean Flori, L'Essor de la chevalerie, XIe – XIIe siècles, Genève, Droz,
  • Jean Flori, Chevaliers et chevalerie au Moyen Âge, Paris, Hachette,
  • Sébastien Nadot, Rompez les lances ! Chevaliers et tournois au Moyen Âge, Paris, Autrement,
  • Sébastien Nadot, Le spectacle des joutes. Sport et courtoisie à la fin du Moyen Âge, Rennes, P.U,
  • Edgar Quinet, Les Révolutions d’Italie, Pagnerre, 1857

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]