Nicolas Sarkozy

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Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy, en meeting pour la présidence de l'UMP à Saint-Cyr-sur-Loire le 15 octobre 2014.
Nicolas Sarkozy, en meeting pour la présidence de l'UMP à Saint-Cyr-sur-Loire le 15 octobre 2014.
Fonctions
Membre du Conseil constitutionnel français
En fonction depuis le 15 mai 2012
(ne siège plus depuis le 4 juillet 2013)
Président Jean-Louis Debré
23e président de la République française
16 mai 200715 mai 2012
(4 ans, 11 mois et 29 jours)
Élection 6 mai 2007
Premier ministre François Fillon
Prédécesseur Jacques Chirac
Successeur François Hollande
Ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire
21e ministre de l'Intérieur de la Ve République
2 juin 200526 mars 2007
Président Jacques Chirac
Gouvernement Dominique de Villepin
Prédécesseur Dominique de Villepin (Intérieur)
Gilles de Robien (Aménagement du territoire)
Successeur François Baroin
Député de la sixième circonscription des Hauts-de-Seine
13 mars 20052 juillet 2005
Législature XIIe (Cinquième République)
Prédécesseur Joëlle Ceccaldi-Raynaud
Successeur Joëlle Ceccaldi-Raynaud
19 juin 200218 juillet 2002
Législature XIIe (Cinquième République)
Prédécesseur Joëlle Ceccaldi-Raynaud
Successeur Joëlle Ceccaldi-Raynaud
24 mai 19957 juin 2002
Réélection 1er juin 1997
Législature Xe, XIe (Cinquième République)
Prédécesseur Charles Ceccaldi-Raynaud
Successeur Joëlle Ceccaldi-Raynaud
23 juin 19881er mai 1993
Réélection 2 avril 1993
Législature IXe, Xe (Cinquième République)
Prédécesseur scrutin proportionnel
Successeur Charles Ceccaldi-Raynaud
Président de l’UMP
28 novembre 200414 mai 2007
Prédécesseur Alain Juppé
Successeur Jean-François Copé
Président du conseil général des Hauts-de-Seine
1er avril 200414 mai 2007
Prédécesseur Charles Pasqua
Successeur Patrick Devedjian
Ministre d’État, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie
23e ministre des Finances de la Ve République
31 mars 200429 novembre 2004
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin III
Prédécesseur Francis Mer
Successeur Hervé Gaymard
Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales
19e ministre de l'Intérieur de la Ve République
7 mai 200230 mars 2004
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin I
Jean-Pierre Raffarin II
Prédécesseur Daniel Vaillant
Successeur Dominique de Villepin
Président du RPR
(par intérim)
16 avril 19994 décembre 1999
Prédécesseur Philippe Séguin
Successeur Michèle Alliot-Marie
Ministre de la Communication
19 juillet 199411 mai 1995
Président François Mitterrand
Gouvernement Édouard Balladur
Prédécesseur Alain Carignon
Successeur Catherine Trautmann
(indirectement)
Porte-parole du gouvernement
30 mars 199319 janvier 1995
Président François Mitterrand
Gouvernement Édouard Balladur
Prédécesseur Louis Mermaz
Successeur Philippe Douste-Blazy
Ministre du Budget
30 mars 199311 mai 1995
Président François Mitterrand
Gouvernement Édouard Balladur
Prédécesseur Martin Malvy
Successeur François d’Aubert
(secrétaire d'État)
Maire de Neuilly-sur-Seine
29 avril 19837 mai 2002
Prédécesseur Achille Peretti
Successeur Louis-Charles Bary
Biographie
Nom de naissance Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa
Date de naissance 28 janvier 1955 (59 ans)
Lieu de naissance Paris, XVIIe arrondissement
Drapeau de la France France
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique UDR (1974-1976)
RPR (1976-2002)
UMP (depuis 2002)
Conjoint Marie-Dominique Culioli
(1982-1996)
Cécilia Ciganer-Albéniz
(1996-2007)
Carla Bruni Tedeschi
(depuis 2008)
Enfant(s) Pierre Sarkozy
Jean Sarkozy
Louis Sarkozy
Giulia Sarkozy
Diplômé de Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Profession Avocat
Religion Catholicisme[1]

Signature

Nicolas Sarkozy
Président de la République française

Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa[N 1], dit Nicolas Sarkozy [ni.kɔ.la saʁ.kɔ.zi ] (Prononciation du titre dans sa version originale Écouter)[N 2], né le 28 janvier 1955 dans le 17e arrondissement de Paris, est un avocat et homme d'État français. Il est le 23e président de la République française du 16 mai 2007 au 15 mai 2012.

Il occupe d'abord les fonctions de maire de Neuilly-sur-Seine, député des Hauts-de-Seine, ministre du Budget et porte-parole du gouvernement, ministre de la Communication ou encore de président par intérim du Rassemblement pour la République (RPR). À partir de 2002, il est notamment ministre de l'Intérieur, ministre de l'Économie et des Finances et président du conseil général des Hauts-de-Seine. Il est alors l'un des dirigeants les plus en vue de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), dont il devient le président en 2004.

Il remporte l'élection présidentielle de 2007 avec 53,06 % des suffrages exprimés au second tour, face à la candidate socialiste Ségolène Royal. Son mandat de président de la République française est marqué, entre autres, par une rupture de style par rapport à ses prédécesseurs, par plusieurs réformes comme celle des universités en 2007 ou des retraites en 2010, et par l'impact de grands événements internationaux tels que la « Grande Récession » et la crise de la dette dans la zone euro. Candidat à sa réélection en 2012, il est battu par le candidat socialiste François Hollande, obtenant 48,36 % des votes exprimés au second tour.

Après son départ de la présidence, il annonce se mettre en retrait de la vie publique et siège pendant quelques mois au Conseil constitutionnel, dont il est membre de droit et à vie. Il effectue son retour en politique en septembre 2014.

Sommaire

Biographie

Famille

Article détaillé : Famille Sarkozy.

Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa[N 1] est le fils de Pál Sarközy de Nagy-Bocsa[N 3], immigré hongrois, et d'Andrée Mallah. La mère d’Andrée, Adèle Bouvier, est française, née à Lyon (Rhône-Alpes). Son père, Bénédict Malah, est un juif séfarade de Thessalonique (Empire ottoman). Le couple a deux autres garçons : Guillaume (1951) et François (1959). Après avoir divorcé de sa femme, Pal Sarkozy se remarie trois fois. De son troisième mariage avec Christine de Ganay naissent deux autres enfants : Caroline (1967) et Olivier (1969)[2],[3]. Après avoir divorcé, celle-ci se remariera en 1976 avec Frank G. Wisner, fils d'un directeur général de la CIA, alors responsable du Département d'État des États-Unis, chez lequel Nicolas Sarkozy fera plusieurs séjours[4],[5],[6].

Nicolas Sarkozy s'est marié trois fois et il est père de quatre enfants : Pierre (1985) et Jean (1986), nés de son mariage avec Marie-Dominique Culioli (mariés en 1982, divorcés en 1996), Louis (1997), né de son mariage avec Cécilia Ciganer-Albéniz (mariés en 1996, divorcés en 2007), et Giulia (2011), née de son mariage avec Carla Bruni-Tedeschi (mariés en 2008).

Études

Élève du lycée Chaptal (8e arrondissement de Paris), qu'il quitte pour redoubler[7] sa sixième au Cours Saint-Louis de Monceau situé rue de Monceau, dans le même quartier, Nicolas Sarkozy obtient un baccalauréat B en 1973. Hésitant entre la carrière de journaliste et celle d'avocat, il s'inscrit à la faculté de droit de l'université Paris X Nanterre[8].

Étudiant dans cette université, il y obtient une maîtrise de droit privé en 1978. L'année suivante, il obtient un Diplôme d'études approfondies en sciences politiques, lors de la deuxième session, avec un mémoire sur le référendum du 27 avril 1969 et il entre à l'Institut d'études politiques de Paris section « Pol.Eco.Soc. » dont il sort, en 1981, non diplômé. Selon Catherine Nay, cet échec est probablement dû à une note éliminatoire en anglais malgré d'excellents résultats dans les autres matières[9]. Il réussit sa maîtrise de droit privé, et se voit délivrer, en 1980, le certificat d'aptitude à la profession d'avocat (CAPA)[10],[11],[12]. Il a l'habitude de raconter que, pour financer ses études de droit, il a travaillé comme vendeur de glaces, livreur de fleurs et jardinier chez Truffaut pendant deux ans[13].

Il effectue son service militaire en 1978, à la base aérienne 117 Paris (place Balard), dans le 15e arrondissement de Paris, où il appartient au Groupe rapide d'intervention, une unité chargée des tâches de propreté[14],[15].

Carrière professionnelle

Après avoir prêté serment en 1981, il entre comme stagiaire et devient collaborateur de l'avocat Guy Danet[16]. Selon Jacques Copper-Royer, associé de Danet, « la volonté de Nicolas Sarkozy était, dès le départ, de faire une carrière politique [et de] devenir président de la République. [...] Être avocat, cela lui permettait d'avoir des relations dans le milieu des affaires. »[16]

En 1987, il crée à Paris le cabinet « Leibovici - Claude - Sarkozy » en s'associant avec deux autres avocats : Arnaud Claude, spécialisé dans le droit immobilier, et Michel Leibovici[16]. Nicolas Sarkozy conduit en parallèle sa carrière politique et sa carrière d'avocat. Son élection à la mairie de Neuilly-sur-Seine en 1983 lui permet de se constituer une clientèle huppée[16]. Après avoir été élu député en 1988, Nicolas Sarkozy continue son activité d'avocat d'affaires et propose des solutions fiscales à l'étranger à des clients fortunés comme Henri Leconte qui en sortira ruiné[16].

Entre avril 2005 et janvier 2007, il est président de l'EPAD. Il figure parmi les administrateurs de la Société d'économie mixte de Neuilly (Semine) basée à la mairie de Neuilly-sur-Seine, qui gère des immeubles résidentiels.

Il est aussi membre d'honneur du Rotary Club[17] de Neuilly et membre du club Le Siècle[18], réunissant des personnalités de la « classe dirigeante » française.

Débuts en politique

La mairie de Neuilly-sur-Seine.

Déjà membre de l'UJP dès son arrivée à la faculté, Nicolas Sarkozy adhère à l'UDR en 1974. Il milite dès son entrée pour l'élection de Jacques Chaban-Delmas à la présidence de la République[19].

Devenu délégué départemental des jeunes UDR des Hauts-de-Seine, il participe à ce titre au congrès de Nice de juin 1975, destiné à rallier Valéry Giscard d'Estaing aux gaullistes, alors majoritaires au Parlement. Dans son premier discours, prononcé pourtant bien après ceux des ténors du parti, il est longuement ovationné et remarqué entre autres par Charles Pasqua et Jacques Chirac. L'une de ses déclarations marquante est : « Être jeune gaulliste, c'est être révolutionnaire[20] ! ».

En 1976, il adhère au RPR, nouvellement créé, et devient responsable du parti gaulliste dans la section de Neuilly-sur-Seine, puis secrétaire dans la circonscription Neuilly-Puteaux l'année suivante. En 1977 toujours, il est élu conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine sur la liste d'Achille Peretti.

Il devient, en 1980, président du comité de soutien des jeunes à la candidature présidentielle de Jacques Chirac en vue de l'élection de 1981[21].

Le maire de Neuilly-sur-Seine, Achille Peretti, meurt en 1983 d'un arrêt cardiaque lors d'une réception officielle. Nicolas Sarkozy est chargé de préparer la campagne de Charles Pasqua, qui est considéré comme son mentor en politique[22] et qui a été le témoin de son premier mariage[23]. Il prend ce dernier de court en présentant finalement sa propre candidature, expliquant plus tard que « la candidature de Pasqua ne passait pas » et que « ce sont les conseillers municipaux eux-mêmes qui [l]'ont conduit à franchir le pas »[24]. Après le refus de Jacques Chirac de trancher entre les deux hommes[25], Charles Pasqua qui apprend la nouvelle à sa sortie d'hospitalisation[23] renonce à se présenter, et Nicolas Sarkozy est élu maire de Neuilly-sur-Seine le 29 avril 1983, face au centriste Louis-Charles Bary. À 28 ans, il devient ainsi l'un des plus jeunes maires de France et signe son premier succès politique majeur.

Il est chargé de mission, de 1987 à mai 1988, pour la lutte contre les risques chimiques et radiologiques au sein du ministère de l'Intérieur[26].

Lors de la campagne présidentielle de 1988, il s'engage à nouveau aux côtés de Jacques Chirac et est chargé d'organiser ses grands meetings. Ses relations nouées au niveau local sont mises au service du candidat gaulliste qui le présente alors à sa fille, Claude Chirac, puis à Édouard Balladur, avec lesquels il se lie d'amitié. Après la défaite de la droite à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy est élu député de la sixième circonscription des Hauts-de-Seine.

Premières responsabilités gouvernementales et « traversées du désert »

Ministre du Budget et porte-parole du gouvernement

Lors de la victoire de la droite aux élections législatives de 1993, Nicolas Sarkozy est réélu député de la sixième circonscription des Hauts-de-Seine au premier tour de scrutin, avec 64,9 % des voix. Nommé ministre du Budget dans le gouvernement Édouard Balladur le 30 mars 1993, il cumule cette fonction avec celle de porte-parole de gouvernement[27], et commence à se faire connaître du grand public.

À ce poste, il est chargé de préparer le collectif budgétaire pour 1993 puis les lois de finances pour 1994 et 1995. Il y inscrit certaines mesures fiscales comme la suppression définitive de la règle du décalage d’un mois en matière de taxe sur la valeur ajoutée et la réduction de treize à sept du nombre des tranches barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Il hérite également de la mission de réduire le déficit budgétaire afin de mettre la France en conformité avec les critères de convergence prévus par le traité de Maastricht sur l’union économique et monétaire, entré en vigueur le 1er novembre 1993. Il prépare ainsi la loi d’orientation quinquennale des finances publiques publiée le 24 janvier 1994. En matière comptable, il est à l'origine des lois des 2 et 27 décembre 1994 créant le code des juridictions financières qui regroupe l'ensemble des dispositions de droit français relatives au jugement des comptes publics, ainsi qu'à la responsabilité des ordonnateurs, tandis qu'un nouveau plan comptable des communes est mis en place par la loi du 22 juin 1994. Enfin, il participe à la politique de privatisation entreprise par le gouvernement avec celle de la Société d'exploitation industrielle des tabacs et des allumettes (SEITA), dépendant de son ministère, le 6 février 1995. L'Imprimerie nationale pour sa part, partie intégrante de l’administration centrale des finances depuis 1910, est transformée par la loi du 31 décembre 1993 en une société anonyme au capital entièrement détenu par l’État[28].

Sa notoriété augmente significativement après son intervention fort médiatisée dans la prise d'otages de la maternelle de Neuilly, un fait divers survenu dans la commune dont il est le maire, quelques jours après son entrée au gouvernement. Le 13 mai 1993, Érick Schmitt, alias « Human Bomb », retient en otage 21 enfants dans une classe d'une école maternelle de Neuilly-sur-Seine. Nicolas Sarkozy négocie directement avec « HB », et obtient la libération d'un enfant sous l'œil des caméras. Le preneur d'otages sera ensuite abattu de trois balles dans la tête, lors de l'assaut du Raid.

Soutien à Édouard Balladur

Lors de l'élection présidentielle de 1995, il préfère Édouard Balladur[29] à Jacques Chirac. Il abandonne ainsi son poste de porte-parole du gouvernement pour devenir porte-parole du candidat Balladur. Celui-ci, longtemps favori dans les sondages, est éliminé dès le premier tour, avec 18,58 % des suffrages. Le 5 mai, lors du dernier meeting de Jacques Chirac avant le second tour, Nicolas Sarkozy est sifflé et hué. À la suite de la victoire du maire de Paris, il n'obtient aucun poste ministériel dans le gouvernement Alain Juppé, bien que ce dernier ait évoqué son nom au président. Au cours d'un bref passage à une réunion nationale du RPR, le 15 octobre 1995, il est à nouveau conspué. Débute alors une « traversée du désert » qui dure jusqu'en 1997.

Pendant l'été 1995, sous le pseudonyme « Mazarin », il publie dans le journal Les Échos une série de lettres intitulées « Les Lettres de mon château » présentées comme la correspondance fictive de Jacques Chirac avec diverses personnalités du monde politique[30]. Il a attendu 2004 pour reconnaître publiquement qu'il était l'auteur de ces articles[31].

Dirigeant du RPR

La victoire législative de la « gauche plurielle », en 1997, lui permet de devenir secrétaire général du RPR, dont Philippe Séguin est le président.

À la suite de la soudaine démission de Philippe Séguin de la présidence du parti gaulliste, Nicolas Sarkozy le remplace par intérim, d'avril à décembre 1999. Il conduit alors, conjointement avec Alain Madelin, la liste RPR-DL aux élections européennes de 1999. Ce scrutin est marqué par une sévère défaite pour la droite pro-européenne : la liste qu'il dirige arrive en troisième position avec 12,82 % des suffrages, derrière la liste souverainiste menée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers (13,05 %) et celle du Parti socialiste (21,95 %).

Il annonce sa démission de sa fonction intérimaire de président du RPR le 14 juin 1999[N 4], renonce à toute responsabilité au sein du parti et se retire de la politique nationale. Il assiste tout de même, en 2001, au 25e anniversaire de la création du parti gaulliste. Pendant cette période, il rejoint le cabinet d'avocats où il exerce, et publie, en 2001, un ouvrage : Libre.

Ministre des gouvernements Raffarin et Villepin

La XIIe législature est une période d'ascension pour Nicolas Sarkozy, tant politique – au sein du gouvernement et du parti présidentiel – que médiatique et populaire.

Ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales

En 2002, il soutient la candidature de Jacques Chirac, qui est réélu au second tour face à Jean-Marie Le Pen. Alors que Nicolas Sarkozy est donné favori pour le poste de Premier ministre, Jacques Chirac lui préfère Jean-Pierre Raffarin[32]. Le 7 mai 2002, il est nommé ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales, « numéro deux du gouvernement ». Lors des élections législatives de 2002, il est réélu député de la sixième circonscription des Hauts-de-Seine avec 68,78 % des voix au premier tour, étant le député de droite le mieux élu. Il quitte ses fonctions à l'Assemblée nationale pour rester au gouvernement.

À la tête du ministère de l'Intérieur, il impose un style « musclé » et fait de la sécurité sa priorité, déclarant vouloir s'affirmer par l'action. En quelques mois, sa cote de popularité connaît une hausse importante, passant, dans le baromètre TNS Sofres, de 43 % en mai 2002 à 59 % en mai 2003[33], ce qui fait de lui la personnalité politique la plus populaire en France. Par contraste avec la période qui a suivi les défaites de 1995 et de 1999, Nicolas Sarkozy est l'objet d'une importante médiatisation à partir de 2002. Il réalise notamment, dans l'émission 100 minutes pour convaincre, le plus gros score d'audience à l'époque pour une émission politique en 2003, avec plus de sept millions de téléspectateurs[34].

Il organise avec Gilles de Robien, ministre des Transports, une politique plus répressive sur les excès de vitesse destinée à renforcer la sécurité routière. Cette politique, dont l'aspect le plus emblématique est la multiplication des radars automatiques sur les routes, sera mise en œuvre sur une période de baisse notable du nombre d'accidentés, suivant une tendance générale à la baisse des accidents mortels en Europe

Il soutient la mise en place du Conseil français du culte musulman (CFCM), initiée en 1999 par Jean-Pierre Chevènement, et intervient sur les dossiers de l'éducation et des retraites.

Par la loi sur la sécurité intérieure du 18 mars 2003, complétée par la loi Perben II, le fichage ADN, instauré en 1998 et limité à l'origine aux délinquants sexuels, a été étendu à toute personne soupçonnée d'un quelconque délit (sauf délit d'initié ou financier). Cette loi a notamment permis le fichage génétique de faucheurs d'OGM, d'étudiants anti-CPE[35]. Les personnes refusant de se laisser ficher risquent jusqu'à 15 000 € d'amende et un an de prison.

Dès 2003, Sarkozy défend aussi le principe des peines plancher, importé des États-Unis. Mais le garde des Sceaux, Dominique Perben, s'opposait alors à cette mesure, contraire selon lui au « principe d'individuation de la peine », et donc anti-constitutionnelle. En raison des débats au sein de la majorité UMP, une mission parlementaire, présidée par Pascal Clément, alors président de la commission des lois, était créée en mars 2004. Nommé garde des Sceaux en juin 2005, Clément défendit lui-même le projet de loi soutenu par Sarkozy, mais sans retenir le principe des peines plancher. Celui-ci n'a donc pas été instauré par la loi du 12 décembre 2005 sur la récidive des infractions pénales, mais seulement après l'accession à la présidence de Sarkozy, par la loi Dati de décembre 2007.

Malgré sa connaissance du tissu social corse grâce à ses liens familiaux[36], sa politique dans l'île est marquée par le rejet de la proposition de réorganisation administrative pour laquelle Nicolas Sarkozy s'était engagé, à l'issue du référendum local en date du 6 juillet 2003 (51 % de « non », 49 % de « oui »). Yvan Colonna, recherché dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du préfet Claude Érignac, est arrêté après une cavale de quatre ans, l'avant-veille de ce référendum[36]. Nicolas Sarkozy déclare le soir de l'arrestation que « La police française vient d'arrêter Yvon Colonna (sic), l'assassin du préfet Érignac »[37], ce qui lui vaut des reproches pour atteinte à la présomption d'innocence et des poursuites judiciaires d'Yvan Colonna, qui sont reportées en raison de l'immunité de Nicolas Sarkozy, devenu président de la République[38]. Colonna est finalement condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour la troisième fois en juin 2011.

Nicolas Sarkozy fait de la lutte contre la recrudescence d'actes antisémites en France une de ses priorités. Son action contre l'antisémitisme est saluée par le Centre Simon-Wiesenthal qui lui décerne son prix de la Tolérance en 2003 et le consistoire central israélite de France, l'institution administrant le culte israélite en France, saluera « l'extrême sévérité » dont a fait preuve Nicolas Sarkozy dans la répression des actes antisémites[39].

Ministre d'État, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie

Nicolas Sarkozy est nommé ministre d'État, de l'Économie, des Finances et de l'Industrie dans le troisième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, à la suite du remaniement ministériel de mars 2004. Il axe dans un premier temps sa politique sur la réduction du déficit[40] et annonce en 2005 le respect par la France du pacte de stabilité, avec un déficit de 2,9 % du PIB.

Sur le plan industriel, il fait passer la participation de l'État de 50,4 à 41 % du capital de France Télécom en septembre 2004, conclut le changement de statut d'EDF et GDF, et annonce la privatisation partielle du groupe Areva. Dans le secteur privé, il fait intervenir l'État pour empêcher le dépôt de bilan du groupe Alstom et favorise la fusion Sanofi / Aventis face à Novartis. Ces interventions de l'État français dans le marché aux dépens d'intérêts allemands[41] irritent les dirigeants allemands[42]. Il dénonce également les hausses de prix dans la grande distribution ou les banques, et signe des accords avec les professionnels concernés. Ces accords sont contestés lors de leur signature par les syndicats[43], puisque selon eux, ils ont eu pour conséquence la réduction de postes administratifs et d'encadrement avec la suppression éventuelle de nombreux postes entre 2005 et 2007. Il s'engage dès avril 2004 à ne pas privatiser EDF ou GDF[44]. Il s'opposera en 2006, au sein du gouvernement Dominique de Villepin, à la fusion Suez-GDF[45], avant de la favoriser à l'été 2007, un fois élu Président de la République[46].

Concernant la consommation, si, d'après lui[réf. nécessaire], les prix des articles vendus en grandes surfaces ont été réduit de 2 % en moyenne, selon l'observatoire professionnel ECR-IRI, les prix ont baissé effectivement de 1,76 % de juin à novembre 2004, « reflétant visiblement l'accord de baisse de 2 % des prix des grandes marques conclu en juin »[47].

Concernant la fiscalité de l'épargne, « pour relancer la croissance »[réf. nécessaire], il lance l'exonération des donations jusqu'à 20 000 euros à chaque enfant et petit-enfant (mesure du 10 juin 2004 au 31 mai 2005). Cette mesure, à l'origine temporaire, est finalement prolongée et amplifiée jusqu'au 31 décembre 2005[48].

Il décide, avec Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, de vendre « de 500 à 600 tonnes [d'or] sur les 3 000 tonnes détenues par la Banque de France »[49], réduisant ainsi le stock d'or du pays d’un cinquième (-19,5%)[50]. Cette décision est poursuivie par la Banque de France sur une période de cinq ans, malgré la hausse du cours de l'or et l'abaissement sensible des taux d'intérêts dû à la crise financière. Cette opération est critiquée par la Cour des comptes, qui indique dans son rapport public annuel de 2012 que ces ventes ont permis de dégager des plus-values de cession s'élevant à 4,67 milliards d'euros mais en ont fait perdre 10,2 milliards, selon le cours de l'or fin 2010[50],[51].

Président de l'Union pour un mouvement populaire

Nicolas Sarkozy à un sommet du Parti populaire européen, à Rome.

Le 1er septembre 2004, Nicolas Sarkozy déclare officiellement sa candidature à la présidence de l'UMP[52] à la suite de la démission d'Alain Juppé, poursuivi pour « prise illégale d'intérêt ». Jacques Chirac, dans son entretien télévisé du 14 juillet 2004, avait néanmoins mis Nicolas Sarkozy en demeure de choisir entre ce dernier poste et le ministère. À une question à ce propos, le président de la République avait lancé « Je décide, il exécute », phrase mal perçue par les proches de Nicolas Sarkozy.

Lors du congrès du 28 novembre 2004 au Bourget, après avoir été élu président de l'UMP par les militants avec 85,09 % des voix contre 9,10 % à Nicolas Dupont-Aignan et 5,82 % à Christine Boutin[53], il déclare : « Je suis prêt comme jamais sans doute je ne l'ai été. Je suis prêt parce qu'au plus profond de moi-même, je sais que la France ne redoute plus le changement, mais qu'elle l'attend, et ce changement, c'est nous qui allons l'incarner »[54]. Le lendemain, il présente sa démission du poste de ministre de l'Économie et est remplacé par Hervé Gaymard.

Dès lors, le nouveau président de l'UMP met en œuvre un programme de rénovation du parti, incluant des adhésions gratuites.

Nicolas Sarkozy redevient une dernière fois député des Hauts-de-Seine du 13 mars au 2 juin 2005. Lors d'un communiqué analysant les douze années parlementaires de Nicolas Sarkozy, le député apparenté PS René Dosière fait un bilan très critique de cette période : selon lui il n'a participé à aucun débat parlementaire, n'a déposé aucun amendement, n'a pris la parole qu'au total une heure pour dix brèves interventions et indique que sur au moins sept années on ne trouve aucune trace de sa présence à l'Assemblée[55].

Ministre d'État, ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire

Le 31 mai 2005, deux jours après le résultat négatif au référendum sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe, le gouvernement Jean-Pierre Raffarin III démissionne. Nicolas Sarkozy est nommé ministre d'État, ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire, « numéro deux du gouvernement », dans le gouvernement Dominique de Villepin. Il cumule ainsi poste ministériel et présidence de l'UMP, alors que ce cumul avait été jugé impossible par le chef de l'État, lors de son interview du 14 juillet 2004[56]. Il conserve également la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine.

La politique de réaction rapide aux faits médiatiques de Nicolas Sarkozy entraîne plusieurs fois des critiques des différents bords. Ainsi, en juin 2005, sa proposition de sanction d'un juge d'application des peines[57] (affaire Nelly Cremel) lui vaut un rappel à l'ordre du Premier ministre et les reproches du Syndicat de la magistrature[58]. De même, entre septembre 2005 et août 2006, après la mort de plusieurs personnes dans des incendies, il demande que les immeubles insalubres ou dangereux, voués à la destruction, soient évacués ; plusieurs associations, dont Droit au logement, voient dans cette mesure un prétexte à l'expulsion. En août 2006, à Cachan, le plus important squat de France est évacué par la police.

Peu après les attentats du 21 juillet 2005 à Londres, Nicolas Sarkozy fait voter une loi de lutte contre le terrorisme. Le fait que les données, de connexion à Internet, des usagers puissent être transmises aux autorités policières, sans contrôle judiciaire, provoque des critiques de la CNIL et du PS, qui saisit, sans succès, le Conseil constitutionnel[59] — cette disposition est prorogée jusqu'en 2012 par une loi du gouvernement François Fillon II. En 2006, à la suite de la sortie du livre Les Mosquées de Roissy de Philippe de Villiers, il fait abroger 43 habilitations de bagagistes de l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle[60] qui auraient des « pratiques radicales » de l'islam, ce qui provoque des protestations et recours soutenus par la CFDT et la CFTC[61] (le tribunal administratif annule quatre abrogations[62]) ; le MRAP, pour sa part, dénonce les « ravages de la stigmatisation »[63].

Nicolas Sarkozy avec le Premier ministre maltais, Lawrence Gonzi.

À plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy se rend rapidement sur les lieux de faits divers, employant un vocabulaire vif qui provoque des controverses, y compris au sein du gouvernement[64]. Ainsi, le 20 juin 2005, à La Courneuve, il déclare : « Les voyous vont disparaître. Je mettrai les effectifs qu'il faut, mais on nettoiera la cité des 4000 »[65]. Une dizaine de jours plus tard, au même endroit, il affirme que « le terme “nettoyer au Kärcher” est le terme qui s'impose, parce qu'il faut nettoyer cela »[66]. En septembre 2005, Nicolas Sarkozy prône la fermeté contre tous ceux qui, selon lui, menacent la sécurité des Français, « en premier lieu les gens du voyage, les jeunes des banlieues, les immigrés illégaux »[67]. Le 26 octobre 2005, à Argenteuil, la situation est assez tendue : le ministre est insulté par des jeunes du quartier et est l'objet de jets de pierres sur son passage. Les journaux télévisés diffusent à plusieurs reprises les images du ministre déclarant à un interlocuteur : « Vous en avez assez, hein, vous avez assez de cette bande de racailles ? Eh bien on va vous en débarrasser »[68]. Une partie de la presse y voit une stigmatisation des habitants des quartiers dits sensibles et ainsi une des causes des émeutes à venir[69] ; L'Humanité accuse ainsi Nicolas Sarkozy d'avoir utilisé délibérément cette expression pour occuper l'espace médiatique[70]. Arrêt sur images remet en cause cette intentionnalité, Françoise Laborde y associant la tentation pour la télévision d'aller au sensationnel et un possible parti-pris de certains journalistes contre Nicolas Sarkozy[71]. Les mots « Kärcher » et « racaille » restent par la suite associés à Nicolas Sarkozy[72].

Le 27 octobre 2005, après la mort de deux adolescents[73] fuyant la police[74], des émeutes éclatent en banlieue parisienne et en province. Nicolas Sarkozy prône lors de cette crise la « tolérance zéro » ; il ordonne d'expulser du territoire tous les étrangers condamnés dans ce cadre[75]. Selon lui, les émeutes sont le fait de « bandes organisées », de « véritables mafias ». Les émeutes durent 21 jours, pour un coût matériel de 200 millions d'euros (destruction d'écoles, de bibliothèques et d'entreprises, incendie de voitures). Sur les 2 734 personnes placées en garde à vue, 597 personnes sont incarcérées et une est expulsée[réf. nécessaire]. Alors qu'une partie de la gauche réclame la démission du ministre, un sondage de l'institut Ipsos indique que 68 % des personnes interrogées lui sont favorables[76].

Manifestation anti-CPE à Paris, le 18 mars 2006.

En janvier 2006, Dominique de Villepin annonce la mise en place d'un Contrat première embauche (CPE) destiné à réduire le chômage des jeunes. Après un mois de protestations lycéennes et étudiantes, Nicolas Sarkozy prend ses distances avec ce projet, Bruno Julliard (président de l'UNEF et opposant au projet) affirmant même avoir reçu un SMS de soutien de sa part[77]. Le 28 mars 2006, Nicolas Sarkozy propose de ne pas appliquer tout de suite le CPE[78] ; Jacques Chirac annonce progressivement son abandon le 31 mars 2006, puis le 10 avril. Les différents sondages montrent que Nicolas Sarkozy est peu affecté en termes de popularité par la crise, contrairement aux deux chefs de l'exécutif[79], mais le Parti socialiste cherche à l'impliquer en parlant du trio « Chirac-Villepin-Sarkozy »[80], alors que Nicolas Sarkozy joue la solidarité avec le Premier ministre, saluant l'« attitude respectable » de Dominique de Villepin[81].

Le 31 janvier 2006, Nicolas Sarkozy se porte partie civile dans le cadre de l'affaire Clearstream. Selon un délateur, surnommé « le corbeau », il aurait disposé de deux comptes dans une banque suisse, la Banca popolare di Sondrio, et pourrait avoir touché des pots-de-vin dans l'affaire des frégates de Taïwan. Nicolas Sarkozy avait exigé, en octobre 2004, des explications auprès de Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, et du directeur de la DST, Pierre Brochand[82]. La Banca popolare di Sondrio avait reçu une commission rogatoire de la justice française le 5 novembre 2004, et envoyé une réponse négative le 16, affirmant que Clearstream ne détient pas de comptes personnels[82]. Malgré cette célérité de la banque, ces résultats innocentant Nicolas Sarkozy n'ont été communiqués au juge Renaud Van Ruymbeke qu'un an plus tard[82]. Selon le journaliste Éric Decouty, Nicolas Sarkozy aurait été mis au courant de la manipulation dont il était l'une des cibles plus tôt qu'il ne le prétend, en 2005, et aurait essayé de tirer profit politiquement de cette situation en laissant faire[83],[84]. Quoi qu'il en soit, après l'épisode du CPE, Dominique de Villepin, accusé d'avoir voulu nuire à son concurrent au sein de la majorité, est une nouvelle fois affaibli et voit sa popularité diminuer fortement. Un procès se tiendra en 2009 et Dominique de Villepin sera finalement relaxé le 28 janvier 2010, après quoi Nicolas Sarkozy se désistera de sa plainte[85].

En juillet 2006, Nicolas Sarkozy lance une proposition de loi réformant de façon significative le droit des étrangers, visant à promouvoir une « immigration choisie au lieu d'une immigration subie ». La loi se concentre sur deux points : le durcissement des conditions de régularisation des sans-papiers et du regroupement familial (une circulaire de février ayant déjà donné des instructions sur les conditions d'interpellation) et le retour à une politique officielle d'immigration de travailleurs dans plusieurs secteurs de l'économie. Sur le premier point, la Ligue des droits de l'Homme et RESF parlent de « rafles » et de « régression sécuritaire ». Début juin, le ministre donne des directives ciblées de régularisation ; pour la gauche (RESF ou Jack Lang par exemple), elles sont trop partielles, tandis que Philippe de Villiers les critique, souhaitant l'expulsion de tous les étrangers en situation irrégulière. Sur le second point, plusieurs dirigeants africains s'élèvent contre ce qu'ils considèrent comme un « pillage des élites. » Finalement, en septembre, il signe avec Abdoulaye Wade un accord sur une politique d'immigration concertée[86].

Nicolas Sarkozy initie, dès 2006, un projet de loi sur la prévention de la délinquance. Parmi les points-clés de ce projet, il insiste pour que soient détectés, dès le plus jeune âge, d'éventuels troubles du comportement. La loi est votée et validée par le Conseil constitutionnel, mis à part deux articles qui prévoyaient la responsabilisation des magistrats instructeurs. Cette loi instaure aussi un contrôle des activités sur Internet, comme la diffusion de scènes de violence (happy slapping), ce qui est critiqué par la Ligue Odebi comme pouvant permettre la censure d'images de violences policières[87].

Le 8 juin 2006, lors d'une conférence de presse, Nicolas Sarkozy présente son bilan au ministère, à l'aide de chiffres issus d'études de l'Observatoire national de la délinquance (OND)[88]. Les chiffres de l'insécurité qu'il présente sont globalement en baisse (en moyenne de 3 %[réf. nécessaire]) sur la période 2002-2005, à l'exception des violences aux personnes, en nette hausse (9 % selon le ministère de la Justice), tendances poursuivies en 2006[89]. En matière de sécurité routière, la politique de répression aurait permis de réduire le nombre de tués de 7 242 en 2002 à 4 703 en 2006 (soit - 35 %)[90]. En matière d'immigration, le nombre de titres de séjour délivrés est en baisse (- 2,57 %), pour la première fois depuis dix ans, tandis que les expulsions d'immigrés clandestins ont doublé entre 2000 et 2005, passant de 10 000 à 20 000[91]. En réaction à ce bilan, le Parti socialiste invoque la forte augmentation des violences faites aux personnes[92] et établit des liens entre cette augmentation et les décisions du ministre, qu'il avait critiquées[93], et que la baisse est obtenue artificiellement par la notation au chiffre des policiers. En réaction à ce même bilan, Alain Bauer, président de l'OND, précise que l'indicateur de la violence continue d'augmenter chaque année quelle que soit la législature au pouvoir.

Après que Nicolas Sarkozy a exprimé son souhait de démissionner du ministère de l'Intérieur pour s'investir à temps plein dans la campagne pour l'élection présidentielle de 2007[94], Jacques Chirac annonce, le 19 mars 2007, la date de démission du ministre de l'Intérieur : Nicolas Sarkozy quitte ses fonctions le 26 mars, laissant la place à François Baroin.

Campagne présidentielle de 2007

Le siège de campagne de Nicolas Sarkozy, rue d'Enghien (10e arrondissement de Paris).

Nicolas Sarkozy rend publique sa candidature à l'élection présidentielle de 2007 dans une interview à la presse régionale, réalisée le 29 novembre 2006[95].

Les mots d'ordre de sa campagne sont la restauration de la confiance dans la politique, « travailler plus pour gagner plus » (slogan emprunté au MEDEF[96][réf. insuffisante]), « la rupture tranquille », et « l'ordre en mouvement » (s'opposant par là au slogan de l'« ordre juste » de sa concurrente Ségolène Royal, qu'il jugeait immobiliste). Les journalistes y voient une référence au slogan de François Mitterrand, la « force tranquille »[97],[98].

Comme tous les candidats à l'élection présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy a déclaré son patrimoine, qui s'élève à 2,04 millions d'euros, principalement en assurance-vie[99]. En janvier 2007, son équipe de campagne avait précisé qu'il avait payé pour la première fois un impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en 2006, pour une base imposable d'environ 1 137 000 euros[100].

Le 10 janvier 2007, le Parti socialiste rend public un ouvrage rédigé par Éric Besson et intitulé L'inquiétante « rupture tranquille » de monsieur Sarkozy[101] dans lequel ce dernier est accusé de dissimuler une idéologie de « néo-conservateur américain à passeport français » derrière des apparences de pragmatisme[102],[103].

L'UMP réagit vivement, parlant d'« attaques personnelles aux accents xénophobes douteux » ; Yves Jégo parle d'« une caricature malhonnête »[104]. Éric Besson déclare par la suite, après avoir rallié la candidature Sarkozy, qu'il s'agissait « d'une entreprise délibérément conçue de diabolisation » organisée par le PS. Le Parti socialiste adopte alors, selon les partisans de Nicolas Sarkozy, une tactique de diabolisation dite « TSS » (tout sauf Sarkozy)[105].

Le 14 janvier 2007, Nicolas Sarkozy, seul candidat à la primaire de son parti, est désigné candidat de l'UMP à l'élection présidentielle par 98,09 % des votants et un taux de participation de 69,06 % des adhérents, lors d'un congrès réunissant entre 30 000 et 110 000 personnes[N 5].

Nicolas Sarkozy en meeting à Toulouse, le 12 avril 2007.

Nicolas Sarkozy quitte le ministère de l'Intérieur le 26 mars 2007, afin de se consacrer pleinement à sa campagne présidentielle, espérant vaincre « la barrière du ministre d'État » et ouvrant une « nouvelle étape de la campagne » ; François Baroin prend sa succession place Beauvau.

Le scrutin se déroule dans un contexte d'engouement politique qui a permis à l'inscription sur les listes électorales de battre tous les records, avec 45 millions d'inscrits, soit 1,8 million de plus en un an. Conformément à ce qu'annonçaient les sondages, Nicolas Sarkozy arrive en tête des douze candidats au premier tour, le 22 avril 2007, avec 31,18 % des suffrages exprimés, soit le record absolu en nombre de voix pour un candidat à une élection présidentielle. Viennent ensuite la candidate socialiste Ségolène Royal (25,87 %) et le centriste François Bayrou (18,57 %)[106].

Après le traditionnel débat de l'entre-deux tours, dont d’après un sondage, il sort vainqueur[107], il est élu président de la République le 6 mai 2007, avec 53,06 % des suffrages (18 983 138 voix) face à Ségolène Royal (46,94 %, soit 16 790 440 voix).

À l'annonce des résultats, des rassemblements d'opposants de gauche à Nicolas Sarkozy se forment dans une quinzaine de grandes villes de France. Quelques rassemblements dégénèrent en émeutes. Les deux nuits suivantes sont émaillées de violences, mais à moindre échelle. Une enquête TNS Sofres, publiée le 8 mai 2007, indique que 50 % des Français sont satisfaits de la victoire de Nicolas Sarkozy, alors que 41 % des sondés sont d'un avis inverse[108].

Avant de rejoindre la place de la Concorde où ses partisans l'attendent pour fêter sa victoire, Nicolas Sarkozy passe une partie de la soirée dans un restaurant chic parisien, le Fouquet's, en compagnie de personnalités politiques, de célébrités et de personnalités liées à de grandes entreprises. Cette réception, organisée selon Catherine Nay par Cécilia Sarkozy[109], associée à un séjour sur le yacht de Vincent Bolloré, lui vaudra d'être qualifié de « président bling-bling » et de « président des riches » par ses opposants. Pour les commentateurs, cet épisode a sans conteste écorné son image dans l'opinion[110],[111]. Lors de la campagne présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy affirme regretter ce dîner[112],[113].

Le 14 mai 2007, il annonce sa démission de la présidence de l'Union pour un mouvement populaire par souci d'impartialité[114].

Des interrogations surgissent sur le financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy durant son mandat.

Présidence de la République

Article détaillé : Présidence de Nicolas Sarkozy.

La passation des pouvoirs avec son prédécesseur Jacques Chirac a lieu le 16 mai 2007[127] : Nicolas Sarkozy devient ainsi le 23e président de la République française et le 6e président de la Ve République.

Dans l'après-midi, le nouveau président rend hommage, à la cascade du Bois de Boulogne, aux 35 jeunes Français résistants assassinés en août 1944 par les nazis, comme Guy Môquet, communiste de 17 ans, fusillé à Châteaubriant, en octobre 1941. Il se rend ensuite à Berlin pour rencontrer la chancelière allemande, Angela Merkel[128].

Politique intérieure

Le 17 mai 2007, Nicolas Sarkozy nomme François Fillon au poste de Premier ministre. Ce dernier forme le lendemain un gouvernement réduit à 15 ministres (huit hommes et sept femmes), auxquels s'ajoutent quatre secrétaires d'État et un haut-commissaire. Le gouvernement contient des personnalités de gauche, du centre-droit et de la société civile. Le ministère de l'Économie et des Finances est scindé en deux, l'un chargé du budget de l'État, l'autre de la stratégie économique et du développement. Conformément au Pacte écologique signé par Nicolas Sarkozy durant la campagne présidentielle, Alain Juppé prend la tête d'un grand ministère alliant l'écologie, l'aménagement territorial et le transport. Le ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement, sujet à polémiques, est créé.

Nicolas Sarkozy, le 30 avril 2008.

À l'issue du second tour des élections législatives de juin 2007, l'UMP conserve la majorité absolue à l'Assemblée nationale, avec 313 élus sur 577. Conformément à la tradition, François Fillon remet sa démission au président de la République le 18 juin 2007, et ce dernier le reconduit immédiatement dans sa fonction pour former un nouveau gouvernement, sans Alain Juppé, seul ministre battu dans sa circonscription.

En août 2007, la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU), défendue par Valérie Pécresse, est définitivement adoptée par le Parlement. Pendant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait proposé une réforme de l'enseignement supérieur pour donner plus d'autonomie aux universités françaises, afin qu'elles puissent « gérer leurs filières d'enseignement, recruter leurs élèves et leurs enseignants, les payer comme elles l'entendent, utiliser leur patrimoine, signer des partenariats ». Critiquée par les syndicats d'enseignants-chercheurs et d'étudiants, elle est régulièrement présentée par la droite comme l'un des succès du quinquennat de Nicolas Sarkozy, 90 % des universités ayant opté pour la gestion autonome au 1er janvier 2011 et la mise en œuvre de cette loi ayant « renforcé l'attractivité des postes administratifs des universités » et permis de recruter des professeurs étrangers renommés, tel George Fitzgerald Smoot, selon un rapport d'information sénatorial[129].

La loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat (TEPA), qui prévoit entre autres la défiscalisation des heures supplémentaires, l'allègement des droits de succession, la déduction fiscale sur les intérêts d'emprunt immobilier, l'abaissement du bouclier fiscal, est votée en août 2007. Au premier mois de son entrée en vigueur, en octobre 2007, une enquête de l'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS) indique que 40 % des entreprises de plus de dix salariés ont déclaré une exonération relative à la loi TEPA et que 75 % des entreprises de plus de dix salariés ont l'intention d'utiliser cette mesure[130].

Durant les mois suivants, plusieurs lois sont votées pour limiter l'immigration clandestine (loi du 20 novembre 2007, controversée en raison de l'établissement d'un dispositif sur les tests génétiques – l'amendement « Mariani » –, ainsi que de l'autorisation d'effectuer des statistiques ethniques – cette dernière disposition a été censurée par le Conseil constitutionnel) et la récidive (la loi sur la récidive d'août 2007, qui instaure notamment des peines-plancher, et la loi du 25 février 2008 relative à la rétention de sûreté, adoptée par procédure d'urgence (article 49-3) et partiellement censurée par le Conseil constitutionnel).

Le service minimum dans les transports et les écoles est institué durant la première année de son mandat : le but de ce dispositif d'accueil est, pour le gouvernement, de ne pas pénaliser les parents ou salariés qui travaillent lors des grèves. À la fin de l'année 2007, est également votée la réforme des régimes spéciaux de retraite, qui doit harmoniser les « principaux paramètres de ces régimes avec ceux de la fonction publique, afin que l'ensemble des Français soient placés sur un pied d'égalité[131] ».

Recevant le titre de chanoine honoraire de Saint-Jean-de-Latran le 20 décembre 2007, Nicolas Sarkozy prononce un discours dans lequel il fait référence à l'encyclique Spe Salvi du pape Benoît XVI, rappelle les liens qui unissent la France et le Saint-Siège et appelle à une laïcité moins rigide, qu'il nomme « laïcité positive[132] ».

Une franchise médicale sur les médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires entre en vigueur le 1er janvier 2008, dans le but de lutter contre le cancer et la maladie d'Alzheimer et d'améliorer les soins palliatifs[133]. Le mois suivant, Nicolas Sarkozy annonce les dix principales mesures du plan Alzheimer, doté de 1,6 milliard d'euros sur cinq ans[134].

Après la défaite de la droite aux élections municipales et cantonales, Nicolas Sarkozy procède, le 18 mars 2008, à un remaniement ministériel, faisant entrer six nouveaux secrétaires d'État dans le gouvernement. Dans le même temps, il appelle à la création d'un « comité de liaison pour renforcer les liens à l'intérieur de la majorité et préparer les futures échéances politiques[135] » : le Comité de liaison de la majorité présidentielle voit officiellement le jour en juin de l'année suivante.

En avril 2008, est lancée la première étape de la révision générale des politiques publiques (RGPP), qui a pour objectif la réforme de l'État, la baisse des dépenses publiques et l'amélioration des politiques publiques.

Nicolas Sarkozy aux côtés du général Georgelin, lors du défilé du 14 juillet 2008.

La loi Chatel, qui doit favoriser la libre concurrence et la baisse des prix, et la loi de modernisation de l'économie (LME), qui crée notamment le statut d'auto-entrepreneur, sont adoptées en 2008. Au 31 décembre 2009, l'INSEE comptabilise 320 019 demandes de création en auto-entrepreneur[136] et l'objectif d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires est atteint[137].

Comme il s'y était engagé durant la campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy fait baisser la TVA dans la restauration, de 19,6 à 5,5 %. Critiquée pour son coût estimé à 2,4 milliards d'euros par an, cette mesure aurait contribué au recrutement de 44 600 salariés supplémentaires dans le secteur des hôtels et restaurants entre juillet 2009 et mars 2011[138].

Une réforme de la Constitution est adoptée par le Congrès du Parlement le 21 juillet 2008 à deux voix de majorité[139]. Critiquée par une grande partie de l'opposition, elle limite notamment le nombre de mandats consécutifs du président de la République à deux, permet à celui-ci de pouvoir s'exprimer devant le Congrès, donne des pouvoirs supplémentaires au Parlement en matière législative et de contrôle, crée le poste de défenseur des droits.

Devant la crise financière mondiale qui commence en 2007 et menace l'économie française, il met en place, en octobre 2008, un plan de sauvetage des banques françaises, dans le but de « ne pas avoir à faire supporter aux Français le coût exorbitant qu’aurait une défaillance de tout le système bancaire ». Ce plan prévoit la garantie par l'État des prêts interbancaires à hauteur de 320 milliards d’euros et dans la limite de cinq ans, ainsi que la recapitalisation des banques en difficulté à hauteur de 40 milliards d’euros, Nicolas Sarkozy indiquant que « l’État ne laissera aucune banque faire faillite ». Dans un discours prononcé à Toulon, le 25 septembre 2008, Nicolas Sarkozy déclare : « Au fond, c'est une certaine idée de la mondialisation qui s'achève avec la fin du capitalisme financier qui avait imposé sa logique à toute l'économie et avait contribué à la pervertir. L'idée de la toute-puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, cette idée de la toute-puissance du marché était une idée folle. »[140] Décrit par le journaliste Franz-Olivier Giesbert comme un « opportuniste, assez étatiste, vaguement social et plutôt libéral », Nicolas Sarkozy ne pouvait selon lui « être pris de court par la crise financière, comme les idéologues à la Bush » et ne pouvait que retomber « sur un de ses pieds »[141].

Cette crise financière, la plus importante depuis 1929, entraîne un recul important de l'activité et une hausse considérable des endettements publics dans les pays industrialisés. Ainsi, en France, le chômage progresse de deux points entre fin 2007 et fin 2009. Pour relancer l'économie française, Nicolas Sarkozy annonce, en décembre 2008, un plan de relance d'un montant de 26 milliards d'euros, notamment pour assurer le financement des PME[142]. Après avoir atteint 10 % début 2010, le chômage baisse légèrement ou stagne sur les trois semestres suivants, la croissance s'améliorant en 2010.

À la suite des élections européennes de 2009, qui voient les listes de la majorité présidentielle (UMP-NC-LGM) arriver largement devant les autres listes, le gouvernement François Fillon II est remanié le 23 juin : huit membres du gouvernement quittent leurs fonctions, autant font leur entrée (l'« ouverture » est poursuivie, avec l'arrivée de Frédéric Mitterrand et Michel Mercier) et quatorze voient leurs attributions modifiées.

Début 2009, Nicolas Sarkozy annonce la création du Conseil de la création artistique, qu'il préside avec Christine Albanel, Marin Karmitz étant nommé délégué général. Cahiers du cinéma voit en cette organisation la manière d'infliger un camouflet au ministère de la Culture[143]. La même année, il annonce la création d'une « Maison de l’histoire de France ». Cette décision suscite le scepticisme chez plusieurs historiens, qui y voient une instrumentalisation de l'écriture de Histoire par le Politique[144]. Le montage administratif, le projet éditorial, les conséquences d'un tel projet sur les autres musées nationaux, font polémique[145]. Le projet, qui devrait se concrétiser en 2014 ou 2015, a vu son site Internet créé en 2011[146].

Le 1er juin 2009, la généralisation du revenu de solidarité active (RSA), qui remplace le RMI et l'API, est saluée par une partie de l'opposition[147].

À la suite de la tenue du Grenelle Environnement, ensemble de rencontres politiques, à l'automne 2007, la loi Grenelle I est définitivement adoptée le 23 juillet 2009 et promulguée le 3 août suivant. Il s'agit de mesures destinées à lutter contre le réchauffement climatique, pour la protection de la biodiversité et pour la réduction des pollutions. La loi Grenelle II, qui complète et applique la première, est votée en juillet 2010.

Nicolas Sarkozy prononçant un discours sur l'avenir des territoires ruraux, dans le Loir-et-Cher, le 9 février 2010.

Un grand emprunt, préparé par la commission Juppé-Rocard, est lancé en 2010 sur les marchés financiers. Il doit permettre d'investir dans les secteurs de l'enseignement supérieur et de la formation, de la recherche, de industrie et des PME, du numérique et du développement durable. Sur les 35 milliards d'euros d'investissements, 22 milliards doivent être levés sur les marchés financiers et 13 milliards doivent provenir des aides remboursées à l'État par les banques à la suite du plan de sauvetage de 2008. Parmi les projets financés figure notamment la création du cluster technologique Paris-Saclay, au sud-ouest de la capitale, qui doit concentrer 350 000 emplois et 25% de la recherche publique française en 2020[148].

Il poursuit sa politique, présentée comme étant d'« ouverture » et de « démocratie exemplaire », en nommant le divers gauche Michel Charasse membre du Conseil constitutionnel et le socialiste Didier Migaud à la présidence de la Cour des comptes en février 2010[149].

Lors du sommet social du 10 mai 2010, alors que la dette publique de la France dépasse les 80 % du PIB, Nicolas Sarkozy annonce son intention de « redresser [les] finances publiques », un objectif qui était déjà celui de son gouvernement « avant la crise financière »[150]. Le 26 juin suivant, à l'occasion du G20 de Toronto, il manifeste son opposition à un plan de rigueur sévère en France et en Allemagne, se prononçant pour des ajustements budgétaires « progressifs » à partir de 2011, avec « pas trop d'impôts », afin de ne pas stopper le début de reprise économique[151].

Suivant une recommandation du Conseil constitutionnel, Nicolas Sarkozy annonce le 13 juillet 2010 le dépôt d'un projet de loi permettant aux anciens combattants africains de « bénéficier désormais des mêmes prestations de retraite que leurs frères d'armes français ». Cette mesure est saluée par les dirigeants de 13 anciennes colonies françaises en Afrique invités à l'Élysée[152].

Le 15 juillet 2010, la Cour des comptes publie un rapport sur les comptes et la gestion des services de la présidence de la République pour la deuxième année consécutive, conformément à la volonté de Nicolas Sarkozy. Alors que le rapport portant sur l'année 2008 jugeait « exorbitantes » certaines dépenses, celui-ci souligne « un sérieux effort », entre autres sur le coût des sondages réalisés par l'Élysée[153],[154]. L'année suivante, en juillet 2011, la Cour des comptes constate que « la gestion des services de la présidence s'est améliorée de manière ininterrompue » de 2008 à 2010 et salue « des procédures plus rigoureuses et des pratiques mieux maîtrisées », tout en notant que d'autres économies sont encore possibles[155].

Le président de la République présente, le 27 juillet 2010, ses grands axes pour réorganiser la filière nucléaire française, qui avait manqué en décembre 2009 un important appel d'offres pour la construction de quatre réacteurs à Abou Dabi. S'inspirant des conclusions du rapport commandé à François Roussely, il annonce ainsi une coopération renforcée entre EDF et Areva. Dans le cadre de cet accord stratégique, l'éventualité d’une prise de participation d'EDF dans le capital d'Areva « sera examinée »[156].

Le 30 juillet, en déplacement à Grenoble pour assister à l'installation du nouveau préfet de l'Isère, Éric Le Douaron, à la suite d'une série de violences urbaines, le président Sarkozy annonce un ensemble de mesures visant à lutter contre la grande délinquance et les agressions de membres des forces de l'ordre. Il exprime en particulier sa volonté d'élargir les possibilités de déchéance de la nationalité française à toute personne d'origine étrangère « qui porterait volontairement atteinte à la vie d'un policier, d'un gendarme, d'un militaire », et propose que l'acquisition de la nationalité pour un mineur délinquant ne soit plus automatique au moment de sa majorité civile. Il promet également l'extension des peines plancher « à toutes les formes de violences aggravées », ainsi qu'un débat au Parlement sur la mise en place d'une peine de prison incompressible de trente ans pour les assassins de policiers ou de gendarmes[157]. Ce « discours de Grenoble » est suivi de nombreux éloignements de Roms en situation irrégulière, et lui attire de nombreuses critiques, dont celle de favoriser la montée du racisme en France[158]. Les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy, qui a par ailleurs refusé d'étendre la possibilité de déchoir de la nationalité française les auteurs d'actes de polygamie ou de fraudes aux prestations sociales comme le souhaitait le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, sont traduites au niveau législatif en septembre 2010, par le dépôt de plusieurs amendements à la loi Loppsi 2, qui fixe les grandes orientations des forces de l'ordre pour cinq ans[159].

Nicolas Sarkozy confie la gestion politique de la réforme des retraites, qui prévoit notamment le relèvement de l'âge légal de départ de 60 à 62 ans, au Premier ministre François Fillon, le ministre du Travail Éric Woerth étant considéré comme affaibli par l'affaire Woerth-Bettencourt[160]. Le 8 septembre 2010, au lendemain d'une journée de mobilisation contre cette réforme, il annonce quelques aménagements, parmi lesquels la possibilité pour les personnes présentant un taux d'incapacité d'au moins 10 % (et non plus 20) de continuer à partir à la retraite dès 60 ans et l'aménagement des fins de carrière des salariés exposés à des facteurs de pénibilité[161].

Dès décembre 2010, il collabore avec le prince Louis de Bourbon pour la réinhumation de la tête du roi Henri IV dans la nécropole royale de la Basilique Saint-Denis. Selon Jean-Pierre Babelon, Nicolas Sarkozy prévoit initialement une cérémonie pour mai 2012[162]. Cependant, la controverse autour de la relique et la campagne présidentielle repoussent la date de la célébration et le projet est ensuite abandonné par François Hollande[163].

En août et novembre 2011, il demande au gouvernement de préparer deux plans d'économie, de successivement douze et sept milliards d'euros. Le premier prévoit, entre autres, l'instauration d'une taxe exceptionnelle sur les revenus fiscaux supérieurs à 500 000 euros par an, une modification de la taxation des plus-values immobilières, une hausse des prélèvements sociaux sur les revenus du capital[164], tandis que le second doit notamment permettre l'accélération du calendrier de transition vers l'âge de départ à la retraite à 62 ans, la mise en place d'un taux intermédiaire de TVA à 7 %, la désindexation partielle des prestations sociales, une réduction des dépenses de la Sécurité sociale et des ministères[165]. Certains observateurs, y compris dans son propre camp, considèrent qu'au début de sa présidence, les recettes de l'État ont baissé. Le rapport annuel 2010 de la Cour des comptes signale que « la perte potentielle pour l'État au titre de l'impôt sur les sociétés [s'élève] à 50 milliards fin 2009 ». Pour sa part, le rapporteur UMP de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Gilles Carrez, la chiffre à 36 milliards et estime, plus largement, que 70 milliards de réductions d'impôts ont été accordés par les gouvernements entre 2000 et 2010[166],[167]. De son côté, le ministère de Budget indique que, pour 2011, les recettes sont en hausse, la part des dépenses publiques dans le PIB en baisse et que le déficit de l'État a été ramené de 7,1 % du PIB en 2010 à 5,2 %[168]. Selon Terra Nova, le quinquennat de Nicolas Sarkozy a été marqué par une augmentation sans précédent de la dette[169], indiquant que de 2007 à 2010, la dette des administrations publiques a connu une hausse de près de 50 %, passant de 1 100 milliards d’euros en 2007 à 1 700 milliards d'euros en 2011 et plus de 1 800 milliards d'euros en 2012. Selon la Cour des comptes, un tiers de l'accroissement de la dette est du à la crise, le reste étant le fruit de choix politiques, notamment fiscaux avec la loi TEPA, votée en 2007[170]. Par ailleurs, de 2008 à 2011, en grande partie sous l'effet de la crise, le niveau de vie des 10 % les plus aisés de la population a progressé alors que celui des 30 % les plus pauvres a baissé, tandis que le nombre de pauvres est passé de 7,8 millions à 8,7 millions[171],[172],[173],[174].

Évolution de la popularité

Manifestants contre Nicolas Sarkozy lors de la fête du Travail, le 1er mai 2007.

Au début de son quinquennat, Nicolas Sarkozy jouit d'une importante popularité, qui varie de 65 % à 70 % d'opinions positives[175]. À partir du second semestre 2007, son image s'effrite dans l'opinion en raison, selon plusieurs sondeurs, d'un style jugé trop « bling-bling ». Dans le même temps, la cote de popularité de son Premier ministre, François Fillon, demeure à un niveau élevé, Nicolas Sarkozy gouvernant en « omniprésident » et prenant ainsi sur lui l'impopularité d'habitude réservée au chef du gouvernement. Cette situation atteint son paroxysme en mars 2010, lorsque Nicolas Sarkozy envisage de changer de Premier ministre ; après avoir envisagé de placer Jean-Louis Borloo à la tête du gouvernement, il renonce finalement à cette idée[176]. Au cours de l'année 2010, la courbe d'impopularité de Nicolas Sarkozy dépasse le seuil des 70 %[177]. En plus de la réforme des retraites, qui provoque une vague de manifestations, l'historien spécialisé dans l'analyse du discours politique Damon Mayaffre relève la mise en place du bouclier fiscal comme facteur explicatif de cette impopularité. À plusieurs reprises, le président revient à la politique intérieure et au « thème refuge » de l'insécurité afin de ressouder son électorat, d'après les commentateurs politiques[178].

Philip Gourevitch (en), journaliste pour le New York Times s'intéressant à la politique française, estime que « ce qui rebute les Français, ce n'est pas tant sa politique que son style »[179]. Le « style » de Nicolas Sarkozy semble en effet être un élément important de sa baisse de popularité durant son quinquennat[180]. À titre d'exemple, les événements étant intervenus dans sa vie privée (le divorce avec son épouse Cécilia, son remariage avec Carla Bruni) ont pu embarrasser les personnes âgées, plus conservatrices et généralement soutiens de la droite[180]. L'Encyclopædia Universalis note à ce propos que « le style présidentiel, se voulant résolument plus décontracté, moins guindé, voire un peu familier, a été discrètement corrigé après avoir franchi les limites du supportable aux yeux de l'opinion lors de certains voyages privés »[181]. Son activisme politique, en particulier en matière de politique étrangère, et notamment ses efforts pour sauver l'Union européenne de la crise, n'augmente pas durablement sa cote de confiance. L'impopularité du président apparaît progressivement comme s'étant cristallisée, en particulier à la suite des difficultés économiques de longue durée rencontrées à la suite de la crise économique[182]. Plusieurs analystes voient dans ce problème de « style » un élément déterminant de l'échec de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle de 2012, son adversaire ayant été élu « par défaut »[183],[184],[185].

Politique internationale

En décembre 2008, le Time Magazine le classe au troisième rang des personnalités de l'année, juste derrière Barack Obama et Henry Paulson[186]. Il est également classé au troisième rang des personnalités les plus puissantes du monde pour l'année 2009 par le magazine Newsweek, après Barack Obama et Hu Jintao[187].

Activisme

Nicolas Sarkozy en compagnie de la chancelière allemande, Angela Merkel, le 7 février 2009.

Les débuts de la politique internationale de Nicolas Sarkozy sont marqués par un activisme important dans de nombreux domaines.

Nicolas Sarkozy avait émis le souhait, durant sa campagne présidentielle, que la France prenne la défense des femmes, et notamment celle d'Íngrid Betancourt, otage des FARC en Colombie, et des infirmières bulgares prisonnières en Libye[réf. souhaitée]. Il finalise la libération des infirmières bulgares, sur laquelle la Commission européenne a travaillé plusieurs années, envoyant son épouse Cécilia les chercher. En possible contrepartie de cette libération, il signe, au lendemain de cette libération, une série de contrats avec Mouammar Kadhafi, qu'il reçoit par ailleurs au palais de l'Élysée en décembre 2007[188].

Au début du mois d'août 2008, le président géorgien Mikheil Saakachvili lance une offensive militaire pour reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud, aux mains des séparatistes pro-russes. L'armée russe riposte, puis avance vers la capitale de la Géorgie, Tbilissi. Le 12 août 2008, Nicolas Sarkozy se rend à Moscou pour faire cesser les combats, bien que le président américain George W. Bush le lui ait déconseillé. Il va ensuite à Tbilissi, où le président Saakachvili signe l'accord de paix formulé par Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev, ce qui empêche selon les commentateurs l'annexion pure et simple de la Géorgie par la Russie. Dans Le Monde, Arnaud Leparmentier estime que le président français a fait preuve d'un « activisme inédit en Europe » et que la médiation aurait sans doute échoué « si les Français avaient travaillé dans les règles de l'art, convoquant d'abord une réunion de leurs ministres des Affaires étrangères, comme cela avait été initialement envisagé »[189].

Défense

Nicolas Sarkozy signant des traités de coopération dans les domaines de la défense et de la sécurité avec le Premier ministre anglais David Cameron, le 2 novembre 2010.

Bien qu'il ait suggéré un retrait des troupes françaises présentes dans le cadre de la force internationale d'assistance et de sécurité sous l'égide de l'OTAN et mandaté par le Conseil de sécurité des Nations unies pendant la campagne électorale de 2005, Nicolas Sarkozy annonce en novembre 2007 un renforcement des effectifs militaires français, précisant que « l'échec n'est pas une option »[190],[191].

Le 12 juillet 2011, en visite à Kaboul, il déclare qu'« il faut savoir finir une guerre » et annonce le retrait d'un quart des effectifs français, soit un millier de soldats, d'ici fin 2012. Il confirme qu'en 2014, tous les soldats français seront partis d'Afghanistan[192].

En conformité avec le Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale de 2008, il réduit les effectifs de l'armée française et l'engagement militaire permanent en Afrique et ouvre avec l'Implantation militaire française aux Émirats arabes unis la première base militaire française à l'étranger depuis cinquante ans.

Annoncé fin 2008, le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN devient effectif en avril 2009. Cette réintégration est critiquée par une partie de la classe politique française, qui dénonce un rapprochement avec les États-Unis et considère qu'il s'agit-là d'une trahison de l'héritage du général de Gaulle, tandis que la majorité présidentielle souligne les contreparties obtenues et estime que cette décision permet de mettre fin à une hypocrisie[193].

Politique africaine et méditerranéenne

Dirigeants des pays du G8 à L'Aquila, le 9 juillet 2009.

Quelques semaines après son élection, Nicolas Sarkozy effectue deux voyages en Afrique, l'un en Libye, l'autre en Afrique de l'Ouest. Il prononce notamment, en juillet 2007, un long discours[194] à l'Université Cheikh Anta Diop à Dakar. Dans ce discours, rédigé par Henri Guaino, le président français déclare notamment que la colonisation fut une faute tout en estimant que le problème principal de l'Afrique venait du fait que « l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire. […] Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance[195]. » Ce discours suscite de nombreuses réactions en France et dans le monde[196],[197],[198]. Quelques mois après le discours de Dakar, il prononce un autre discours, à Constantine (Algérie), en octobre 2007, où il affirme que le « système colonial […] ne pouvait être vécu autrement que comme une entreprise d’asservissement et d’exploitation. »

Nicolas Sarkozy et le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, organisent la conférence de Paris, réunissant une vingtaine de pays[199], afin de relancer le processus sur le Darfour le 25 juin 2007. Bernard Kouchner lance l'idée d'un corridor humanitaire. À la suite de la réunion, la création d'une force hybride de 20 000 hommes devant être déployée au Darfour, force comportant des membres de l'Union africaine et de l'ONU, est annoncée[200]. Le 31 juillet 2007, l'ONU approuve à l'unanimité l'envoi de troupes au Darfour[201].

L'Union pour la Méditerranée, qui compte 44 membres (dont les 27 membres de l'UE), est officiellement fondée le 13 juillet 2008 et est coprésidée par Nicolas Sarkozy. L'UPM est un projet d'union politique proposé aux pays riverains de la mer Méditerranée par le président français Nicolas Sarkozy qui fait le constat de l'échec du processus de Barcelone. Ce projet avait pour but de renforcer la coopération entre les pays des deux rives, dans les domaines de l'énergie, de l'environnement, de l'immigration, et d'amener Israël et les pays arabes à s'asseoir à la même table. Les promoteurs de l'UPM pensaient que la Turquie verrait ce projet comme une alternative à son adhésion à l'Union européenne. À la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, il apparaît que l'UPM n'a pas atteint ses objectifs.

Devant la crise politique qui suit l'élection présidentielle ivoirienne de 2010 (le président sortant Laurent Gbagbo et son adversaire Alassane Ouattara revendiquent tous deux la victoire), la France participe aux opérations de l'ONUCI visant à détruire les armes lourdes utilisées contre des civils par les partisans de Laurent Gbagbo. Celui-ci est arrêté le 11 avril 2011 par les forces d'Alassane Ouattara, soutenues par l'ONUCI et la France.

En mars 2011, après avoir été critiqué pour sa lenteur à soutenir les révolutions tunisienne et égyptienne, Nicolas Sarkozy est au premier rang des chefs d'États demandant le départ du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui réprime violemment une révolte dans son pays. À la demande notamment de la France, la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies est adoptée, ce qui permet la création d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, le gel des avoirs de Kadhafi, ainsi que « les mesures nécessaires » à la protection des civils. Nicolas Sarkozy annonce le 19 mars 2011 le début d'une intervention militaire contre la Jamahiriya arabe libyenne, à laquelle la France participe. Les interventions de Nicolas Sarkozy, qui est par ailleurs le premier chef d'État à reconnaître le Conseil national de transition, sont saluées par une grande partie de la classe politique française[202]. Le 1er septembre 2011, à la suite de la prise de Tripoli par les rebelles, il préside au palais de l'Élysée une conférence qui réunit les délégations de 63 pays et qui prévoit notamment la levée des avoirs libyens gelés[203]. Deux semaines plus tard, le 15 septembre, il se rend en Libye, en compagnie d'Alain Juppé, du Premier ministre anglais David Cameron et du philosophe Bernard-Henri Lévy[204] ; il dit, ce jour-là, sa « grande émotion » de venir dans une Libye « libérée », puis, devant une foule de plusieurs milliers de personnes réunies sur la place de la Liberté à Benghazi, il plaide pour une Libye unie et assure les Libyens du soutien de la France[205],[206].

Institutions internationales

Nicolas Sarkozy tenant une conférence de presse lors du sommet du G8, le 26 mai 2011.

Nicolas Sarkozy donne son accord à la candidature du socialiste Dominique Strauss-Kahn au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI), puis le soutient personnellement durant sa campagne. L'appui à cette candidature est présenté comme une poursuite de la politique d'« ouverture ». Dominique Strauss-Kahn devient directeur général du FMI en novembre 2007.

À la suite de la démission de Dominique Strauss-Kahn, inculpé à New York pour agression sexuelle, Nicolas Sarkozy défend pour prendre la tête du FMI la candidature de Christine Lagarde, ministre française de l'Économie, notamment lors du sommet du G8 de Deauville[207]. La désignation de cette dernière est présentée comme un succès pour Nicolas Sarkozy, les médias considérant qu'il a, pour la deuxième fois, réussi à faire désigner le candidat de la France à la tête d'une des principales institutions mondiales[208].

En 2011, Nicolas Sarkozy préside le G20, qu'il a contribué, avec Gordon Brown, à réunir pour la première fois, en novembre 2008[209].

Politique européenne

Lors du sommet européen du 8 au 10 juin 2007 présidé par l'Allemagne, Nicolas Sarkozy défend l'idée d'un « traité simplifié » entre les partenaires européens, reprenant en grande partie les articles du projet de constitution européenne, notamment la partie institutionnelle. Après de longues négociations, avec en particulier le président polonais Lech Kaczyński, ce projet est adopté le 23 juin 2007[210]. Le traité de Lisbonne est adopté par le Parlement français en février 2008 et entre en application en décembre 2009.

De juillet à décembre 2008, la France assure la présidence du Conseil européen. Le Conseil européen des 15 et 16 octobre 2008 adopte le Pacte européen sur l'immigration et l'asile, proposé par Nicolas Sarkozy, et approuvé par le Conseil justice et affaires intérieures le 25 septembre. Ce texte prévoit « l'harmonisation des politiques d'asile et d'immigration » au sein de l'Union européenne et interdit les régularisations massives de sans-papiers.

Crises financière et économique

Rencontre entre Nicolas Sarkozy et le président des États-Unis, Barack Obama, dans le bureau ovale, le 30 mars 2010.

En 2007, éclate une crise financière mondiale, conséquence d'un endettement privé excessif dû aux dérèglements du système financier américain. En octobre 2008, après la faillite de la banque Lehman Brothers, une réunion de l'Eurogroupe se tient au palais de l'Élysée. Les représentants de la zone euro et le Premier ministre britannique Gordon Brown mettent au point un plan qui mobilise près de 1 700 milliards d'euros sous forme de garanties et qui parvient à rassurer les marchés. L'action de Nicolas Sarkozy pendant cette période de crise est jugée déterminante. Martin Schulz, président du groupe socialiste au Parlement européen affirme qu'il a « bien agi et pris les mesures qui s'imposent »[211]. Pour Franz-Olivier Giesbert, il « a fait preuve, pendant cette période, d'un esprit de décision et d'une aptitude impressionnante à la négociation » et « a pris à cette occasion une dimension historique »[212].

Pour faire face à la crise de la dette publique grecque qui menace la stabilité financière de la zone euro, Nicolas Sarkozy contribue, en 2010, à la mise en place d'un plan d'aide UE-FMI à la Grèce de 110 milliards d'euros. Le président français plaide pour plus de gouvernance économique au niveau européen[213].

Lors de la réunion de l'Eurogroupe du 21 juillet 2011, il participe à la négociation d'un second plan de sauvetage financier de la Grèce, de 158,6 milliards d'euros, dans le but d'alléger le poids du stock de dettes et de ses intérêts, en prévoyant notamment la contribution du secteur financier privé et le soutien à hauteur de 109 milliards d'euros de l'Union européenne et du FMI[214],[215]. Le 16 août 2011, à la suite de la dégradation de la note des États-Unis par l'agence Standard & Poor's et de la baisse des bourses mondiales, il tient une réunion avec la chancelière allemande Angela Merkel, à l'issue de laquelle tous deux se prononcent pour « un véritable gouvernement de la zone euro », pour l'adoption par les 17 États membres de la zone euro, avant l'été 2012, de la « règle d'or » sur l'équilibre budgétaire et pour une taxe sur les transactions financières[216].

Le 27 octobre 2011, Nicolas Sarkozy participe à Bruxelles à un sommet européen qui aboutit à un accord avec les banques créancières de la Grèce. Celles-ci devront effacer la moitié des dettes qu'elles détiennent en Grèce, ce qui permettra de réduire de 100 milliards d'euros (sur 350 milliards) la dette de ce pays. En échange, un accord est trouvé pour recapitaliser les banques qui en auraient besoin[217].

Élection présidentielle de 2012 et départ de l'Élysée

Logo utilisé par Nicolas Sarkozy dans le cadre de sa campagne.
Meeting de Villepinte, le 11 mars 2012.
Nicolas Sarkozy lors d'un meeting à Nancy, le 2 avril 2012.

À partir de 2009, la candidature de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle de 2012 apparaît probable. Il évoque lui-même cette hypothèse à plusieurs reprises, en off, comme en juillet 2009, lors d'une réunion avec les députés UMP[218]. Les commentateurs, au vu des résultats défavorables des sondages effectués à partir des élections régionales de 2010 et de la baisse importante de sa cote de popularité, jugent sa réélection très difficile, voire impossible[219],[220]. Il est en effet donné largement battu par Dominique Strauss-Kahn et François Hollande, qui sont tous deux crédités de plus de 60 % des voix dans l'hypothèse d'un second tour face à lui ; entre mars et juin 2011, plusieurs sondages le donnent même éliminé dès le premier tour[221]. Dans ce contexte, l'éventualité d'une autre candidature que la sienne à droite est évoquée, mais les possibles candidatures d'Alain Juppé et de François Fillon ne recueillent pas de meilleurs scores que celui du président sortant[222],[223]. Alors que son quinquennat arrive à son terme et qu'il n'a pas encore annoncé sa décision de se représenter ou non, Nicolas Sarkozy est critiqué pour plusieurs déplacements en province, avec discours publics, dont les coûts sont pris en charge par les services de l'État[224]. La Cour des comptes, tout en notant une réduction des coûts de fonctionnement de l'Élysée, juge que « le coût de certains voyages de très courte durée sur le territoire se révèle parfois élevé », tandis que le Parti socialiste saisit la Commission des comptes de campagne[225],[226]. L'UMP estime de son côté que « le PS ne va pas interdire au président de présider » et s'interroge sur une possible mise au service de François Hollande des moyens des collectivités locales lors de la primaire socialiste[225].

À partir de janvier 2012, les médias se font l'écho de déclarations de responsables de l'UMP qui confirment implicitement qu'il sera bel et bien candidat[227],[228],[229]. Nicolas Sarkozy officialise sa candidature à un second mandat au journal de 20 heures de TF1, le 15 février 2012. Le slogan de sa campagne est « La France forte ». Un site (lafranceforte.com) et plusieurs profils sociaux (Timeline Facebook, Twitter) sont lancés à cette occasion. Sa candidature reçoit le soutien de l'UMP, du Nouveau Centre, du Parti radical, du Parti chrétien-démocrate, de Chasse, pêche, nature et traditions, de La Gauche moderne, des Progressistes, du Chêne et de la Convention démocrate. La stratégie de la campagne est dirigée par Patrick Buisson, tandis que Nathalie Kosciusko-Morizet est nommée porte-parole[230].

Le début de la campagne officielle coïncide avec une série d'assassinats touchant des militaires français, puis des civils, en Midi-Pyrénées. Nicolas Sarkozy interrompt sa campagne et ses partisans demandent aux autres candidats de faire de même, ce que refusent certains[231]. Il préside l'enterrement des militaires assassinés, en présence de la majorité des autres candidats à la présidentielle[232],[233].

Nicolas Sarkozy chiffre son programme de campagne à 5,5 milliards d'euros. Pour les financer et respecter son objectif de retour à l'équilibre budgétaire en 2016, il estime qu'un effort de 53,5 milliards d'euros doit être fourni en plus des mesures déjà votées. Il prévoit que cet effort repose aux trois quarts sur des réductions de dépenses et pour un quart sur des hausses d'impôts. Après la tenue d'un grand meeting de campagne à Villepinte, le 11 mars 2012, avec environ 60 000 sympathisants présents[234], les intentions de vote en faveur de Nicolas Sarkozy augmentent de manière significative, même s'il reste devancé par le candidat socialiste, François Hollande, au second tour. Le 15 avril 2012, Nicolas Sarkozy tient un grand meeting en plein air, place de la Concorde, pour lequel il revendique 120 000 participants. Quelques jours avant le premier tour, alors qu'il connait une baisse dans les sondages, il affirme que son discours est devenu « inaudible » et que « la conception de l'égalité à la française, c'est neuf contre un », la règle fixée par le CSA ne lui permettant de bénéficier que d'un dixième du temps de parole et d'antenne accordé aux candidats dans les médias audiovisuels[235].

Totalisant 27,18 % des voix au premier tour, Nicolas Sarkozy se qualifie pour le second tour, deuxième derrière François Hollande (28,63 %)[236],[237]. Il se situe à un niveau inférieur à son score de 2007 (31,18 %), et est le premier président de la République, candidat à sa réélection, à ne pas arriver en tête au premier tour de scrutin[238]. Les deux candidats doivent attirer les reports de voix des électeurs de François Bayrou (9,13 %), de Jean-Luc Mélenchon (11,10 %) et surtout de Marine Le Pen (17,90 %). Nicolas Sarkozy, malgré les critiques, confirme la stratégie du premier tour, parle de « vrai travail » – avant de revenir sur l'expression[239] –, et récuse avec indignation les accusations de « pétainisme », tout en attaquant François Hollande sur la maîtrise des déficits[240]. Le 29 avril 2012, lors d'un discours prononcé à Toulouse, il fait l'éloge des frontières et de la Nation[241]. Le 1er mai, lors d'un rassemblement place du Trocadéro à Paris, pour lequel il revendique 200 000 participants[242] et qu'il présente comme étant « la vraie fête du travail », il critique l'attitude de tous les syndicats de salariés, coupables selon lui de « faire de la politique » et de « défendre une idéologie » (certains appelant explicitement à voter contre lui)[243] et affirme notamment vouloir « un nouveau modèle social, où la réussite ne sera pas regardée avec suspicion » et où « le travail et le patrimoine ne sont pas des mots tabous »[244].

Nicolas Sarkozy et François Hollande lors de la passation de pouvoirs, le 15 mai 2012 au palais de l'Élysée.

Le 6 mai 2012, il est battu par François Hollande, recueillant 16 860 685 voix, soit 48,36 % des suffrages exprimés. Il s'agit de la deuxième élection présidentielle la plus serrée de l'histoire après celle de 1974. C'est également la deuxième fois qu'un président briguant un second mandat est battu lors d'une élection présidentielle sous la Ve République[245]. Au soir du second tour, dans un discours prononcé à la maison de la Mutualité, à Paris, Nicolas Sarkozy souhaite bonne chance au président élu et déclare : « Cela fait dix ans que chaque seconde, je vis pour les responsabilités gouvernementales au plus haut niveau ; après cinq ans à la tête de l'État, mon engagement dans la vie de mon pays sera désormais différent »[246]. Nicolas Sarkozy avait annoncé avant le scrutin son intention de quitter la vie politique en cas de défaite[247],[248]. Il confirme cette décision à son comité de campagne au lendemain du second tour[249].

Le 8 mai 2012, sur l'invitation de Nicolas Sarkozy, François Hollande participe à ses côtés aux commémorations du 8 mai 1945[250]. Nicolas Sarkozy quitte ses fonctions le 15 mai suivant, à l'issue de la passation de pouvoirs à son successeur[251].

Retrait et retour dans la vie politique

Retrait temporaire de la vie politique

Nicolas Sarkozy est membre de droit du Conseil constitutionnel depuis son départ de la présidence de la République[252] et y siège pour la première fois le 19 juin 2012[253].

À la suite de sa défaite, il s'installe dans des bureaux situés dans le 8e arrondissement de Paris, au 77 rue de Miromesnil. Il y rencontre des personnalités politiques et médiatiques[254]. Par ailleurs, il touche d'importants cachets pour intervenir lors de conférences sur l'économie et la finance à l'invitation de banques ou d'organisations diverses, à New York ou Montréal par exemple[255].

Après trois mois sans avoir fait de déclaration publique, Nicolas Sarkozy intervient, le 7 août 2012, sur un sujet de politique internationale en publiant avec Abdel Basset Sayda, président du Conseil national syrien, un communiqué commun appelant à une action rapide de la communauté internationale dans le conflit syrien[256]. Au fil des mois, alors que sa cote de popularité reste forte à droite, notamment parmi les sympathisants UMP[257], son retour en politique et l'hypothèse d'une candidature à l'élection présidentielle de 2017 sont évoqués par la presse et la classe politique, notamment en raison de l'absence de chef à droite, les militants de l'UMP n'ayant pas clairement tranché entre François Fillon et Jean-François Copé lors de l'élection de novembre 2012[258],[259].

Bruno Le Maire, l'un des concurrents à Nicolas Sarkozy pour la présidence de l'UMP.

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) rejette, le 21 décembre 2012, ses comptes de campagne pour l'élection présidentielle de 2012 : en réintégrant certaines dépenses antérieures à sa déclaration de candidature, elle estime que le plafond de dépenses autorisées a été dépassé[260]. Le recours de Nicolas Sarkozy devant le Conseil constitutionnel est rejeté le 4 juillet 2013, et il reçoit l'injonction de restituer au Trésor public l'avance forfaitaire de 363 615 euros qui lui avait été versée[261],[262],[263],[N 6]. Les membres du Conseil constitutionnel estiment que ses dépenses électorales ont excédé de 2,1 % le plafond autorisé[N 7],[N 8],[264]. Dans un communiqué, Nicolas Sarkozy annonce qu'il « démissionne immédiatement du Conseil constitutionnel afin de retrouver sa liberté de parole », tandis que le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, rappelle que les anciens chefs de l'État, membres de droit et à vie du Conseil, ne peuvent pas démissionner formellement, mais qu'ils peuvent décider de ne pas venir siéger et qu'il n'y a « plus de versement d'indemnités »[265]. Nicolas Sarkozy déplore que « le premier parti d'opposition de France qui a contribué à rassembler près d'un Français sur deux ne bénéficie d'aucun remboursement public » et affirme que « la formation qui doit préparer l'alternance tellement nécessaire au socialisme » est « mise en péril »[266],[267],[268]. La souscription nationale lancée par Jean-François Copé, surnommée le « Sarkothon », permet à l'UMP de récolter, en deux mois, 11 millions d'euros de dons, soit la somme perdue par le parti à la suite de l'invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy[269].

Candidature à la présidence de l'UMP

Le 19 septembre 2014, Nicolas Sarkozy annonce, sur sa page Facebook, qu'il est candidat à « la présidence de [sa] famille politique »[270],[271]. L'élection doit se tenir les 29 novembre et 6 décembre 2014 [272]. Il est opposé à Bruno Le Maire et Hervé Mariton.

Les « affaires »

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Affaire Tapie

Article détaillé : Affaire Tapie - Crédit lyonnais.

Une enquête a été ouverte après que Bernard Tapie a bénéficié d'un arbitrage lui accordant 403 millions d'euros en juillet 2008, en règlement de son litige avec le Crédit lyonnais[273]. Christine Lagarde, alors ministre de l'Économie, et son directeur de cabinet Stéphane Richard, sont soupçonnés d'avoir favorisé les intérêts de Bernard Tapie au détriment du Crédit Lyonnais. Nicolas Sarkozy est quant à lui soupçonné d'avoir fait pression sur Christine Lagarde pour obtenir cet arbitrage. Cinq protagonistes de l'affaire sont mis en examen pour « escroquerie en bande organisée ».

Affaire Sarkozy-Kadhafi

Article détaillé : Affaire Sarkozy-Kadhafi.

Le 30 avril 2012, Nicolas Sarkozy dépose une plainte contre Mediapart. Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour « faux » et « usage de faux », « recel de faux » et « publication de fausses nouvelles ». La plainte vise le site Mediapart, son directeur de la publication Edwy Plenel ainsi que les deux journalistes Fabrice Arfi et Karl Laske, qui ont signé l’article faisant état d'une note présumée à propos d'un financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007[274],[275].

Affaire Woerth-Bettencourt

Article détaillé : Affaire Woerth-Bettencourt.

Éric Woerth est mis en examen pour trafic d'influence passif le 8 février 2012[276], puis pour recel de financement illicite de parti politique le lendemain[277]. Le juge Jean-Michel Gentil soupçonne un financement illégal de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy[278]. Celui-ci reconnaît avoir rencontré en 2007 André Bettencourt, mais dément s'être rendu une autre fois au domicile du couple pendant la campagne présidentielle et avoir reçu le moindre argent de la famille Bettencourt[279].

Nicolas Sarkozy est convoqué à Bordeaux, le 22 novembre 2012, puis placé sous le statut de témoin assisté à la suite d'une longue audition[280],[281],[282],[283]. Le 21 mars 2013, à l'issue d'une nouvelle audition, il est mis en examen pour abus de faiblesse[284].

Le 7 octobre 2013, une décision de non-lieu est rendue en sa faveur[285].

Affaire des sondages de l'Élysée

Article détaillé : Affaire des sondages de l'Élysée.

Cette affaire concerne la commande d'études d'opinion par la présidence de la République à partir de 2008, au cours du mandat de Nicolas Sarkozy[286]. Elle commence avec la publication d'un rapport de la Cour des comptes en 2009 sur le budget de la présidence de la République, et se poursuit depuis le mois d'octobre 2012 avec une enquête par le parquet de Paris, ainsi que d'une investigation par le juge d'instruction Serge Tournaire sur la régularité des marchés conclus entre l'Élysée et neuf instituts de sondage, pour d'éventuels faits de favoritisme, détournements de fonds publics, complicité et recel de ces délits.

Affaire Bygmalion

Article détaillé : Affaire Bygmalion.

Le 27 juin 2014, le parquet requiert « l'ouverture d'une information judiciaire contre "X" pour « faux et usage de faux », « abus de confiance », « tentative d'escroquerie » et « complicité et recel de ces délits »[287]. » « Les faits présumés de faux et usage de faux concernent les factures émises[287] » par Event & Co, la filiale événementielle de Bygmalion[288]. « L'« abus de confiance » concernerait, lui, le possible détournement de fonds au préjudice de l'UMP. Quant à la tentative d'escroquerie, elle se réfère au fait qu'auraient été volontairement minorées les dépenses engagées à l'occasion de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, afin de présenter des comptes susceptibles d'être validés par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, puis par le Conseil constitutionnel[287]. » « Ces comptes n'avaient finalement pas été validés, pour d'autres raisons, ce qui explique le chef de tentative d'escroquerie et non d'escroquerie[288]. » Trois juges d'instruction du pôle financier ont été désignés, dont Serge Tournaire et Renaud Van Ruymbeke[288]. Leurs investigations porteront sur l'année 2012, les dernières factures réglées par l'UMP à la filiale de Bygmalion semblant dater de novembre de cette année[288]. Des investigations complémentaires portent en partie sur la connaissance qu'avait M. Sarkozy de ces artifices comptables. Les premiers résultats semblent attester que l'ex-chef de l'Etat avait connaissance de l'extrême précarité des finances de sa campagne présidentielle : Pierre Godet, l'expert-comptable signataire du compte de campagne, ainsi que Jean-François Copé avaient averti le candidat du dépassement du plafond de dépenses ainsi du trop grand coût des réunions publiques organisées pendant la campagne[289][290],[291].

Affaire Azibert

En mars 2014, à la suite d'écoutes judiciaires de conversations entre Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog sur des téléphones mobiles enregistrés sous de faux noms (Nicolas Sarkozy utilisant celui de Paul Bismuth[292]), Gilbert Azibert, avocat général près la Cour de cassation, est suspecté d'avoir renseigné Nicolas Sarkozy des avancées de la procédure judiciaire concernant l'affaire Woerth-Bettencourt. Gilbert Azibert leur aurait permis de connaître l'état des débats au sein de la Cour de cassation, qui devait statuer sur la saisie des agendas de l'ancien président de la République, et aurait tenté d'influencer trois autres membres du siège de celle-ci[293]. De surcroît, Thierry Herzog évoque la possibilité d'un « renvoi d'ascenseur » sous la forme d'un appui à la candidature de Gilbert Azibert à un poste judiciaire convoité à Monaco[294],[295],[296]. La publication par le journal Libération, le 22 septembre 2014, de retranscriptions d'écoutes de la « ligne Bismuth » confirme ces premiers soupçons[297],[298].

Sur la base notamment de ces éléments, le rapport de synthèse des enquêteurs, signé par la chef de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, avait conclu le 2 juillet 2014 que les « conversations enregistrées entre Thierry Herzog, Nicolas Sarkozy et Gilbert Azibert sont claires sur leurs intentions, et leurs propos ne suscitent pas d’interrogation quant à leur volonté et leurs attentes : Gilbert Azibert est sollicité pour obtenir des informations et démarcher des conseillers à la Cour de cassation. En contrepartie, Nicolas Sarkozy accepte de l’aider à obtenir un poste à Monaco. Ces faits sont constitutifs du trafic d’influence, qui rappelons-le, prévoit l’influence réelle ou supposée »[299].

Le 2 juillet 2014, après 15 heures de garde à vue, Nicolas Sarkozy est mis en examen pour « corruption active », « trafic d'influence » et « recel de violation du secret professionnel », à l'instar des décisions prises précédemment à l'encontre de Thierry Herzog et de Gilbert Azibert[300],[301].

Le soir même, il intervient sur TF1 pour donner sa version des faits[302], ce qui constitue sa première allocution télévisée depuis sa défaite aux élections présidentielles ; il y nie en bloc tous les chefs d'accusation retenus contre lui, et fustige au passage la justice, selon lui partisane[302]. Cette idée d'« instrumentalisation de la justice » est reprise dans les jours qui suivent par les défenseurs de l'ancien président, visant notamment deux juges (« les deux dames ») chargées de l'affaire des écoutes, Patricia Simon et Claire Thépaut, membre du Syndicat de la magistrature[303]. Selon le journal Le Monde, ces accusations seraient le fruit des « intox des sarkozystes ». Toujours d'après le journal, « contrairement aux déclarations de Nicolas Sarkozy et de ses proches, cette dernière n'a jamais été à la tête de ce syndicat, ni publié de tribune sur Nicolas Sarkozy ou fait partie d'aucun mouvement ouvertement hostile à l'ancien chef de l’État »[303].

Controverses

Relations avec les médias

Son couple avec Cécilia et sa famille, mêlés à ses actions publiques, sont présentés dans certains médias à partir de 2002. Mais en mai 2005, des problèmes conjugaux surgissent et sont largement médiatisés, en particulier dans Le Matin, que Nicolas Sarkozy attaque en justice[304]. Et le 26 août 2005, Paris Match présente même à la une Cécilia avec son ami Richard Attias. À la suite de cette publication, Nicolas Sarkozy aurait usé de son influence auprès d'Arnaud Lagardère, dont le groupe est propriétaire de Paris-Match, pour faire limoger le directeur de l'hebdomadaire, Alain Genestar, selon ce dernier qui quitte son poste une année plus tard[305]. Après avoir entretenu une relation avec une journaliste, Nicolas Sarkozy reforme son couple avec Cécilia et explique, au début de 2006, qu'il « regrette » d'avoir surexposé sa vie privée[306].

Le syndicat de journalistes SAJ-UNSA l'accuse[307] par ailleurs d'être intervenu pour que l'accréditation permettant à un journaliste de recevoir des informations directement de l'administration, soit ôtée à Raphaëlle Picard, de l'AFP, auteur d'un reportage sur des perquisitions menées par erreur, lors de la descente massive de police aux Mureaux, à 5 h 30 du matin le 4 octobre 2006. Cette descente a provoqué une enquête sur son déroulement et ses conséquences[308]. Une source anonyme interne du journal Libération, confirmée par son directeur de la rédaction Laurent Joffrin[309], affirme que Nicolas Sarkozy a appelé, le 7 mars 2007, l'actionnaire principal du journal, Édouard de Rothschild, pour se plaindre d'un titre qu'il jugeait outrancier : « Impôt sur la fortune de Sarkozy : le soupçon », en qualifiant Libération de « journal de gauche de merde ». Nicolas Sarkozy intervient le 2 mai 2007 sur France Inter[310] concernant les accusations de mainmise sur les médias dont il est l'objet : « On me dit que les médias sont à ma solde. Mais qui peut croire une chose pareille, quand on voit le déchaînement qu'a suscité ma candidature, mon projet », citant deux des soutiens de Ségolène Royal, Libération et Le Nouvel Observateur, dont les actionnaires majoritaires sont respectivement Édouard de Rothschild et Claude Perdriel, parmi les grandes fortunes françaises[311].

Au soir de son élection, le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy fête sa victoire au Fouquet's, un restaurant parisien, où sont invités plusieurs actionnaires ou employés de médias français : Bernard Arnault, Martin Bouygues (TF1), Serge Dassault (Le Figaro), Alain Minc (Le Monde), François Pinault (Fnac) ou Albert Frère (M6), le seul journaliste présent étant Nicolas Beytout (Le Figaro)[312].

Le 3 novembre 2010, dans un article de son rédacteur en chef, Claude Angeli, Le Canard enchaîné accuse Nicolas Sarkozy de superviser l'espionnage des journalistes lorsqu'ils mènent une enquête « gênante pour lui ou pour les siens » grâce à une équipe d'agents de la Direction centrale du Renseignement intérieur (DCRI)[313]. La présidence de la République qualifie l'article de Claude Angeli de « totalement farfelu », tandis que l'opposition réclame une enquête et que le SNJ évoque une « affaire d'État »[313]. Le Directeur général de la Police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard, et celui de la DCRI, Bernard Squarcini, sont auditionnés par la délégation parlementaire au renseignement le 4 novembre 2010[314]. Bernard Squarcini est mis en examen en octobre 2011 dans le cadre de l'affaire Woerth-Bettencourt, à la suite d'une plainte du Monde ; il est maintenu à la tête de la DCRI et cette mise en examen est par la suite partiellement annulée.

Pendant la campagne présidentielle de 2012, l'attitude des médias est critiquée par plusieurs dirigeants de droite. Jean-François Copé dénonce une « alliance objective » pour le faire battre, tandis qu'Alain Juppé affirme qu'« en 30 ans de vie politique », il n'a « jamais vu un tel engagement partisan de la classe médiatique contre un candidat honni, en faveur d'un futur Président unanimement considéré comme déjà sacré », à savoir François Hollande[315],[316]. Le sociologue Jean-Marie Charon évoque à propos de François Bayrou, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou Nicolas Sarkozy l'utilisation de l'arme médiatique de victimisation[317], Nicolas Sarkozy parlant de « terrorisme du système médiatique » tandis que certains militants UMP prennent à partie des journalistes[318]. Un sondage TNS Sofres publié après la présidentielle indique que 40 % des sondés considèrent que les médias ont favorisé François Hollande dans leur traitement de la campagne présidentielle, contre 10 % pour Nicolas Sarkozy[319], tandis qu'une consultation menée par Harris Interactive pour la revue Médias précise que 74 % des journalistes auraient voté en faveur du candidat du PS au second tour de l'élection présidentielle[320] ; cette dernière étude, bien que critiquée par le site web d'Acrimed, notamment en raison de l'échantillon sur lequel elle se base (500 journalistes présents sur le réseau social Twitter)[321], va dans le sens d'autres sondages publiés antérieurement et des simulations électorales réalisées dans les écoles de journalisme[322].

Attitude vis-à-vis du Front national

Dès 1998, Nicolas Sarkozy affirme que la droite parlementaire doit faire en sorte de convaincre les électeurs du Front national[N 9], tout en dénonçant les positions de ce parti, comme lors d'un débat avec Jean-Marie Le Pen dans l'émission 100 minutes pour convaincre, diffusée sur France 2, dans laquelle il affirme son opposition avec les « idées d'extrême droite ». Certaines des mesures et positions de Nicolas Sarkozy sont d'ailleurs critiquées par Jean-Marie Le Pen : réforme de la double peine, défense de la discrimination positive, du financement public de mosquées et de quotas d'immigration[323].

Des personnalités politiques de l'opposition lui reprochent de vouloir s'attirer l'électorat du Front national[324]. De la même façon, l'émission satirique Les Guignols de l'info ou l'association Act Up-Paris présentent Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen sur un pied d'égalité : ainsi, en janvier 2006, Act Up-Paris publie des affiches[325] comportant la photographie de Nicolas Sarkozy et le slogan « Votez Le Pen », tandis que le collectif Ré-So, qui s'affiche publiquement contre Nicolas Sarkozy, estime dans un article[326] que plusieurs points du programme du Front national ont été appliqués ou renforcés par Nicolas Sarkozy lors de ses fonctions ministérielles (coopération étroite entre la police et la justice, facilitation des contrôles d'identité, instauration d'une période probatoire pour tous les mariages mixtes et expulsion effective des immigrés clandestins).

Pour le linguiste Damon Mayaffre[327], ce rapprochement se fait en tout cas au niveau rhétorique. Il cite ainsi deux déclarations, le 5 février 2007 (« Personne n’est obligé, je répète d’habiter en France, mais quand on habite en France, on respecte ses règles, c'est-à-dire qu’on n’est pas polygame. [...] On ne pratique pas l’excision sur ses filles, on n’égorge pas le mouton dans son appartement et on respecte les règles républicaines. »[328]) et le 27 février 2007 (« Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis tout haut ce que tout le monde pense tout bas, que si l’on n’aime pas la France on n’est pas obligé d’y venir et on n’est pas obligé d’y rester. »[329]), qu'il attribue originellement à Jean-Marie Le Pen.

À l'occasion de l'élection présidentielle de 2007, le pourcentage de votes pour l'extrême droite a reculé, pour la première fois dans une élection présidentielle depuis 1988, de 19,20 % (FN+MNR) en 2002 à 10,44 % en 2007. Pour les analystes de la vie politique, on le doit en partie à la stratégie du président de l'UMP[330].

Mais la progression du Front national, à partir de 2010 et de l'arrivée à la présidence du FN de Marine Le Pen, inverse cette tendance. Les élections cantonales de mars 2011 provoquent dans 200 circonscriptions des duels au second tour entre le FN et le PS, l'UMP étant éliminée au premier tour. Nicolas Sarkozy indique aux cadres de l'UMP une stratégie du « ni FN, ni PS », sans préciser explicitement l'abstention ou le vote blanc ou nul[331]. Un débat se crée alors dans la majorité présidentielle[332]. Une enquête TNS Sofres publiée après le second tour[333] indique que 49 % des sympathisants de droite des cantons concernés ont trouvé la consigne claire, avec une prise en compte effective dans 20 % des cas.

Lors du discours de Grenoble puis de la campagne présidentielle de 2012, la presse parle de « droitisation » du discours de Nicolas Sarkozy, conseillé par Patrick Buisson. Le président sortant devance finalement Marine Le Pen, donnée par un temps devant lui dans les enquêtes d'opinion, de 10 points. Une partie des commentateurs considèrent que la « ligne Buisson » lui a permis de réaliser un bon score, tandis que pour une autre partie, ce discours n'a pas été suffisamment rassembleur.

Détail des fonctions et mandats

Fonctions politiques

Fonctions locales

Fonctions parlementaires

  • Député de la sixième circonscription des Hauts-de-Seine :
  • Député français au Parlement européen :
    • 20 juillet 1999 - 14 septembre 1999 (élu sur le quota réservé à la liste « Union pour l'Europe, l'opposition unie avec le RPR et Démocratie libérale », dont il était à la tête ; en raison de la loi sur le cumul des mandats, mais aussi parce que son rôle était avant tout d'être une « locomotive électorale » — en association initiale avec Philippe Séguin — sans l'objectif de siéger[334], il choisit de démissionner de son mandat de député européen, Brice Hortefeux lui succédant)

Fonctions ministérielles

Présidence de la République

Fonctions juridiques

  • Depuis le 15 mai 2012 : membre de droit du Conseil constitutionnel
    (siège à partir du 19 juin 2012 et « démissionne » le 4 juillet 2013)

Distinctions et décorations

Décorations officielles

Armoiries en tant que chevalier de la Toison d'Or espagnole.

Décorations humoristiques

Dans les arts et la culture populaire

Nicolas Sarkozy est une cible privilégiée des caricaturistes, et ce avant même son élection à la présidence de la République. Ainsi, sa taille et son apparente nervosité, puis son supposé manque de culture et son côté « bling-bling » (autant d'accrocs supposés à la « dignité présidentielle ») sont des thèmes fréquents de caricature anti-sarkoziste[350].

Cinéma

Télévision

Bandes dessinées et albums de caricatures

Masque représentant le visage de Nicolas Sarkozy

Outre les nombreuses caricatures et dessins humoristiques parus dans la presse, certains ouvrages de bande dessinée ou recueils de caricatures ont pris Nicolas Sarkozy comme personnage principal ou majeur.

  • Dol est une bande dessinée de Philippe Squarzoni publiée en 2006 par Les requins Marteaux. C'est une critique de la politique française des années 2000.
  • En 2006, le journaliste Jean-Luc Porquet et le caricaturiste Cabu sortent aux éditions La Découverte Le Petit Démagogue, ouvrage satirique sous-titré « Nicolas Sarkozy et les neuf règles de base de la démagogie efficace ».
  • La Face karchée de Sarkozy est une BD-enquête parue le 2 novembre 2006 chez Vents d'Ouest et Fayard Éditions. L'enquête du journaliste Philippe Cohen sur l'ascension de Sarkozy est scénarisée par Richard Malka et dessinée par Riss. L'ouvrage a donné lieu à une suite publiée en 2007, La Face karchée de Sarkozy, la suite : Sarko 1er, puis le même trio a publié en 2008 Carla et Carlito ou La vie de château.
  • Plusieurs parodies de la série de jeunesse Le Petit Nicolas (de René Goscinny et Jean-Jacques Sempé) ont été éditées sous les pseudonymes de Gospé (l'illustrateur Mario Alberti) et Sempinny (un journaliste resté anonyme). Le premier album, Le Petit Nicolas, Ségolène et les copains, est sorti en mars 2007, peu de temps avant l'élection présidentielle. Un second album, Le Petit Nicolas à l'Élysée, est sorti en octobre 2007, puis Nicolas a de petits soucis en novembre 2008 et Le petit monde de Nicolas en octobre 2009.
  • Nico Shark, BD-blog de Frantico commencé le 6 mai 2007 au lendemain des élections présidentielles, a ensuite donné lieu à une publication en album chez Delcourt, toujours en 2007. Il s'agit d'une vision parodique et satirique de la façon dont Sarkozy gouverne la France ; dans l'album, le personnage de Nico Shark est élu directeur du personnel par les employés d'une grande entreprise.
  • En 2007, Le P’tit Sarko et la p’tite Ségo qui fait rien qu’à l’embêter, dessiné par Alteau et scénarisé par Jim et Gaston[353], fait suite au P’tit Chirac (2006), aux éditions Jungle. Les mêmes auteurs éditent en 2009 une suite, Le P’tit Sarko, moi, moi, moi (et moi).
  • À l'occasion de la Saint-Nicolas en 2007, huit dessinateurs de Charlie Hebdo ont sorti un ouvrage intitulé Bonne fête Nicolas, dressant un portrait des premiers mois de sa présidence sous formes de caricatures.
  • Plantu a axé plusieurs de ses recueils de caricatures sur la personne de Nicolas Sarkozy, dont Un boulevard pour Sarko en 2008, Le Best of Sarko en 2009 et Tête de gondole en 2010. L'ouvrage La présidentielle 2007 vue par Plantu publié en 2007 en fait aussi un personnage évidemment majeur. Avec Cabu et Wiaz, Plantu a également publié en 2008 L'agenda (le vrai) du Président : avril 2007 - Mars 2008. D'autre part, depuis le 14 janvier 2005, Plantu caricature régulièrement Nicolas Sarkozy en Iznogoud (même tunique et burnous) dans le Monde : en effet, en 2005, Sarkozy, alors ministre de l'intérieur et candidat déclaré à l'élection présidentielle française de 2007 (« calife à la place du calife »), s'oppose en 2005 au président de la République, Jacques Chirac, à propos de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, lui valant cette caricature sous le titre « Turquie, immigration, Sarkozy défie Chirac »[354].
  • À partir de 2008, Martin Vidberg tient un blog BD intitulé L'Actu en patates (relayé par le site du Monde) où il fait la satire de la société avec des personnages qui prennent la forme de patates. Nicolas Sarkozy est régulièrement caricaturé, au point d'être le personnage central de la première édition papier issue du blog, Quinquennat nerveux, sorti en 2011.
  • Le dessinateur satirique Jul a sorti en 2008 un album intitulé Conte de Fées à l'Élysée, qui s'axe sur le mariage de Nicolas Sarkozy avec Carla Bruni.
  • Le caricaturiste Luz a axé deux de ses albums sur la personne de Nicolas Sarkozy : Les Sarkozy gèrent la France en 2009 et Robokozy en 2010.
  • En 2010, le journaliste Renaud Dély collabore avec le dessinateur Aurel pour l'album Sarkozy et ses femmes, paru chez Drugstore. En 2011, le même duo sort Sarkozy et les riches.
  • Les éditions Delcourt éditent une série humoristique et parodique, Les Aventures de Sarkozix, commencée en 2010 avec le tome 1 intitulé Tout pour ma Gaule !, avec Wilfrid Lupano au scénario et Bruno Bazile aux dessins. La même année, sort le tome 2, Et ils coulèrent des jours heureux…, suivi en 2011 du tome 3, N'en jetez plus !, coscénarisé par Guy Delcourt. Cette série parodie la série Astérix[355].
  • Benoît Delépine et Diego Aranega ont cosigné en 2010 l'album Sarko & fils, basé sur Nicolas Sarkozy et son fils Jean.
  • En 2011, le journaliste Thomas Legrand et le dessinateur Philippe Bercovici publient la bande dessinée J'aurais voulu faire président qui imagine les stratégies de Nicolas Sarkozy pour une réélection en 2012.
  • En 2011, le caricaturiste Tignous a édité un recueil de ses caricatures intitulé 5 ans sous Sarkozy.
  • En 2012, le dessinateur Olivier Grojnowski a adapté en bande dessinée les quatre premiers tomes des Chroniques du règne de Nicolas Ier de Patrick Rambaud (qui signe aussi le scénario de la BD et y est mis en scène). Nicolas Sarkozy y est comparé à l'empereur Napoléon Ier.

Autres

Publications

Les œuvres de Nicolas Sarkozy sont gérées par l'agent littéraire Andrew Wylie[358] :

Annexes

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Bibliographie

Documentaires

Articles connexes

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Nicolas Sarkozy.

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. a et b La forme complète de son nom, avec le tréma, n'est employée que dans les documents officiels, par exemple le décret du 31 décembre 2004 le nommant chevalier de la Légion d'honneur : [PDF] NOR:PREX0407928D (vers le bas de la troisième page).
  2. Chacun des O ouverts ([ ɔ ]) dans [nikɔla saʁkɔzi] peut tendre vers le son [o] selon les prononciations régionales.
  3. Forme francisée du hongrois : Nagybócsai Sárközy Pál Istvan Ernő. En Hongrie, le prénom se met toujours après le nom de famille. De plus, le nom nagybócsai est un accessoire du nom de famille qui indique l'origine et ne fait donc pas partie du patronyme proprement dit. Selon l'usage, il est écrit avec une minuscule et se place avant le nom de famille ; il est toujours traduit avec une particule dans les autres pays (en français de X, en allemand von X, en néerlandais van X, etc.)
  4. Celle-ci est effective après l'élection de Michèle Alliot-Marie à la tête du RPR.
  5. Le Canard enchaîné du 17 janvier s'était procuré le plan des places assises, et affirme que le chiffre annoncé en fin de soirée par l'UMP de 110 000 militants était impossible à réaliser. De son côté, Roger Karoutchi affirmait dans Le Monde du 17 janvier que deux à trois fois plus de personnes étaient présentes debout dans la salle.
  6. Le Conseil constitutionnel estime que « c'est à bon droit que la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a rejeté le compte de campagne de M. Sarkozy ».
  7. « En méconnaissance des dispositions de l'article L. 52−8 du code électoral »
  8. Ils retiennent en particulier 80 % du coût du meeting tenu le 11 mars 2012 à Villepinte (trois millions d'euros), dont Nicolas Sarkozy n'avait imputé que 50 % à sa campagne, aussi qu'un meeting, tenu en décembre 2011 à Toulon
  9. Dans un entretien accordé au Figaro du 11 décembre 1998, Nicolas Sarkozy indique : « Si des électeurs ou des militants du FN souhaitent se détourner de cette formation pour nous rejoindre, nous les accepterons. Je parle des militants et sympathisants. Pour le reste, nous verrons l'évolution des choses. L'opposition doit poursuivre son travail de reconquête, loin de ce qui se passe au FN, qui est une caricature de démocratie. » Le 8 mars 2004, il déclare à Orange : « Les électeurs de droite me font confiance, aussi suis-je peut-être bien placé pour ramener dans le giron de la droite républicaine ceux du FN. » Il ajoute qu'il faut tendre la main « à ceux qui votent ainsi parce qu'ils souffrent ». La droite, selon lui, « a besoin de ces gens qui se sont abusés. Il n'y a qu'une stratégie gagnante : agir pour faire comprendre que la République a entendu la désespérance et y apporte une réponse concrète (propos cités dans Le Monde, 10 mars 2004). » Le 22 avril 2006, à Paris, le président de l'UMP s'adresse explicitement aux électeurs du FN, et déclare qu'il veut « les chercher un par un » (cité dans Le Monde, 25 avril 2006).

Notes sur la bibliographie

Références

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