Francesco Cossiga

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Francesco Cossiga
Illustration.
Fonctions
Sénateur à vie italien
Législature XIe, XIIe, XIIIe, XIVe, XVe, XVIe
8e président de la République italienne

(&&&&&&&&&&&024956 ans, 9 mois et 29 jours)
Élection 24 juin 1985
Président du Conseil Bettino Craxi
Amintore Fanfani
Giovanni Goria
Ciriaco De Mita
Giulio Andreotti
Prédécesseur Sandro Pertini
Successeur Giovanni Spadolini
(ad interim)
Oscar Luigi Scalfaro
12e président du Sénat de la République
Législature IXe
Prédécesseur Vittorino Colombo
Successeur Amintore Fanfani
63e président du Conseil des ministres

(&&&&&&&&&&&&04411 an, 2 mois et 14 jours)
Président Sandro Pertini
Gouvernement Cossiga I, II
Législature VIIIe
Coalition DC-PSDI-PLI (1979-1980)
DC-PSI-PRI (1980)
Prédécesseur Giulio Andreotti
Successeur Arnaldo Forlani
Ministre de l'Intérieur
Président du Conseil Aldo Moro
Giulio Andreotti
Gouvernement Moro V
Andreotti III, IV
Prédécesseur Luigi Gui
Successeur Virginio Rognoni
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Sassari (Italie)
Date de décès (à 82 ans)
Lieu de décès Rome (Italie)
Nationalité Italienne
Parti politique Démocratie chrétienne
Diplômé de Université de Sassari
Profession Professeur de droit constitutionnel
Religion Catholicisme romain

Francesco Cossiga
Présidents de la République italienne

Francesco Cossiga[1], né le à Sassari (nord-ouest de la Sardaigne) et décédé le à Rome, est un homme d'État italien, figure importante de la Démocratie chrétienne et président de la République italienne de 1985 à 1992.

Membre de nombreux gouvernements, il fut mis en cause, étant ministre de l'Intérieur, lors de l'assassinat d'Aldo Moro. Président du Conseil des ministres de 1979 à 1980, il fut élu du président du Sénat de la République en 1983.

En 1985, il est élu président de la République italienne pour un mandat de sept ans, succédant à Sandro Pertini. Il assume sa charge avec la réserve jusqu'ici respectée par ses prédécesseurs, avant de prendre des positions plus critiques sur le régime électoral et politique de son pays ; il démissionne symboliquement, quelques semaines avant la fin de son septennat, prônant ainsi l'instauration d'un régime présidentiel.

Honorant le droit que lui confère la Constitution italienne, il devient sénateur à vie jusqu'à son disparition.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses débuts politiques[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de la haute bourgeoisie sarde[2], Francesco Cossiga fait des études de droit, et devient assistant ordinaire et puis professeur associé de droit constitutionnel à la faculté de Droit de l'université de Sassari. Issu d'une famille de tradition laïque et de gauche modérée, il adhère à la Démocratie chrétienne dès l'âge de dix-sept ans ; d'abord proche de l'ancien président de la République Antonio Segni, puis principal lieutenant de Paolo Emilio Taviani, homme politique très pragmatique qui fut à plusieurs reprises ministre, Francesco Cossiga rejoint finalement l'aile progressiste de son parti, dont le chef est Aldo Moro. Il fait partie des « jeunes Turcs » (giovani turchi), génération de jeunes hommes politiques qui obtiennent de façon inattendue la direction de la Démocratie chrétienne dans la province de Sassari en 1956. Son fils Giuseppe Cossiga né en 1963, deviendra député puis sous-secrétaire d'État à la Défense.

Une ascension progressive[modifier | modifier le code]

Constamment élu député à partir de 1958, il occupe plusieurs fonctions au gouvernement dans les années 1960 et 1970 : sous-secrétaire à la Défense, délégué par le ministre aux services secrets, dans tous les gouvernement du 23 février 1966 au 23 mars 1970, ministre sans portefeuille chargé de l'organisation de l'administration publique dans le quatrième gouvernement Moro (23 novembre 1974-12 février 1976) et enfin ministre de l'Intérieur dans le cinquième gouvernement Moro (12 février-29 juillet 1976), dans le troisième (29 juillet 1976-11 mars 1978) et le quatrième gouvernement Andreotti (11 mars-15 mai 1978).

Il restructure alors la police italienne, la protection civile et les services secrets notamment pour lutter contre le terrorisme. Il doit faire face au kidnapping et au meurtre de l'ancien président du Conseil Aldo Moro par les Brigades rouges. Pour n'avoir pas réussi à lui sauver la vie, il démissionne deux jours après la mort de celui-ci, le , et se déclare « politiquement mort »[3].

Président du Conseil des ministres[modifier | modifier le code]

À la suite des élections générales anticipées du 3 juin 1979, il est nommé, le 4 juillet, président du Conseil des ministres en remplacement du chrétien-démocrate Giulio Andreotti. Il forme alors son premier gouvernement, à la majorité très faible, qui réunit la DC, le Parti social-démocrate italien (PSDI) et le Parti libéral italien (PLI), avec deux ministres, l'économiste Franco Reviglio della Veneria et l'éminent juriste Massimo Severo Giannini, issus de la société civile mais proches du Parti socialiste italien.

Afin de s'assurer une majorité plus stable, il élargit la coalition et constitue, le , le gouvernement Cossiga II, avec le Parti socialiste italien (PSI) et le Parti républicain italien (PRI). Autrefois très respecté par le Parti communiste italien, ses relations avec le principal parti d'opposition se dégradent rapidement. Le juge d’instruction de Turin qui mène une enquête sur des faits de terrorisme d’extrême gauche obtient des déclarations de la part d'un prévenu, selon lequel le président du conseil aurait mis au courant le vice-secrétaire se la Démocratie chrétienne, le très influent Carlo Donat Cattin, de l'imminent arrestation de son fils Marco, gravement impliqué. Par conséquence, le PCI demande au parlement la mise en état d'accusation du chef du gouvernement, une première dans l'histoire de la République italienne. La Chambre des députés et le Sénat réunis rejettent la demande et l'affaire est classée, pourtant Cossiga remet sa démission dès le 28 septembre, à la suite du rejet de son budget au Parlement. Arnaldo Forlani lui succède vingt jours plus tard.

Président du Sénat[modifier | modifier le code]

Blessé, pour la deuxième fois dans sa carrière politique, après sa démission il décide de prendre un peu de recul. Aux élections générales anticipées du 26 juin 1983 il se présente au Sénat de la République, auquel il est élu en Sardaigne.

Le 12 juillet suivant, il est porté à la présidence de la chambre haute dès le premier tour, par 280 voix sur 315, contre 18 à Araldo di Crollalanza, du Mouvement social italien-Droite nationale (MSI). Il succède alors à Vittorino Colombo, éphémère président du Sénat également issu de la DC.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Le président Francesco Cossiga, dans son bureau au palais du Quirinal.

Le , Francesco Cossiga est élu chef de l'État dès le premier tour de scrutin, avec une très forte majorité de 752 voix pour 977 votants, les élus du Parti communiste italien ayant même voté pour lui. Le président sortant, le socialiste Sandro Pertini, renonce à ses fonctions le 29 juin, sans attendre la fin de son mandat. En tant que président du Sénat, Francesco Cossiga assure l'intérim à la présidence de la République italienne jusqu'à son investiture, le . Il devient alors, à 56 ans, le plus jeune président de la République italienne.

Exerçant d'abord sa nouvelle fonction de manière honorifique comme c'est la tradition, Cossiga multiplie ensuite les déclarations (« esternazioni ») fracassantes à la presse et à la télévision. À partir de 1990, il prend ses distances vis-à-vis de la Démocratie chrétienne. Il démissionne de son poste en avril 1992, deux mois avant la fin de son mandat, pour protester contre certains aspects du système politique italien (il dénonce les combines politiques, le système des partis et défend un régime présidentiel), souhaitant laisser la place à un « président fort », directement élu par les citoyens italiens au suffrage universel drect[4].

Sénateur à vie[modifier | modifier le code]

Le Monument à Victor-Emmanuel II avec les Tricolore en berne le jour du décès de Cossiga.

Jusqu'à sa mort, Francesco Cossiga est ensuite sénateur à vie en tant qu'ancien président de la République. En 1998, il fonde un nouveau parti centriste, l'Union démocratique pour la République (UDR), qui soutient le gouvernement dirigé par l'ancien communiste Massimo D'Alema puis Silvio Berlusconi[5] et disparaît rapidement du paysage politique. Se déclarant catholique indépendant, ses prises de position et déclarations, toujours très virulentes, font régulièrement la une des journaux, ce qui lui vaut le surnom de « picconatore » (celui qui donne des coups de pic tous azimuts)[5],[6].

Durant l'été 2010, Francesco Cossiga est hospitalisé à l'hôpital Gemelli de Rome à la suite de problèmes cardiaques et respiratoires[7]. Alors que son état de santé s'améliorait progressivement, il meurt d'un arrêt cardio-circulatoire le [4]. Dans une lettre au président du Sénat, peu avant sa mort, il écrit :

«… à cet instant où le Dieu tout-puissant, auquel j’ai cru et dont j’ai confessé la vérité, va prononcer son jugement sur ma vie, ainsi que sur la justice et la charité que j'ai pratiquées, je proclame ma foi religieuse dans la Sainte Église catholique et je confirme ma foi citoyenne dans la République, communauté d’hommes libres et égaux, et dans la Nation italienne qui en elle a réalisé sa liberté et son unité[8]. »

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ce livre est une biographie de Francesco Cossiga publiée après son décès.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En italien, son nom de famille est généralement prononcé [kos'siga]; mais on sait que la prononciation originaire est ['kɔssiga], avec l’accent sur la première syllabe: il s’agit d’un nom sarde qui veut dire Còrsica, c’est-à-dire Corse. Voir http://www.dizionario.rai.it/poplemma.aspx?lid=75285&r=424.
  2. Parmi ses cousins Enrico Berlinguer, le futur secrétaire national du PCI.
  3. « Décès de l'ancien président italien Francesco Cossiga », Le Nouvel Observateur, 17 août 2010.
  4. a et b « Décès de l'ancien président italien Francesco Cossiga », dépêche AFP, 17 août 2010.
  5. a et b « La mort de Francesco Cossiga, électron libre de la politique italienne », La Croix, 17 août 2010.
  6. Le quotidien italien Corriere della Sera publie dans sa version en ligne du 30 novembre 2007 sa prise de position, selon laquelle les attentats du 11 septembre 2001 n'ont pas été réalisés par Al-Qaïda mais planifiés et réalisés par la CIA et le Mossad avec l'aide du « monde sioniste ». Voir (it) « Osama-Berlusconi? “Tappola giornalistica” dans le Corriere della Sera du 30 novembre 2007.
  7. (it) « I medici: Cossiga grave ma in condizioni stabili », Corriere della Sera, 11 août 2010.
  8. (it) La disparition de Francesco Cossiga