Alain Carignon

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Alain Carignon
Image illustrative de l'article Alain Carignon
Fonctions
Ministre de la Communication
30 mars 199319 juillet 1994
Président François Mitterrand
Gouvernement Édouard Balladur
Prédécesseur Jean-Noël Jeanneney
Successeur Nicolas Sarkozy
Ministre délégué auprès du ministre de l'Équipement, du Logement, de l'Aménagement du territoire et des Transports, chargé de l'Environnement
20 mars 198612 mai 1988
Président François Mitterrand
Gouvernement Jacques Chirac II
Prédécesseur Huguette Bouchardeau
Successeur Brice Lalonde
Député de la 1re circonscription de l'Isère
2 avril 1993 – 1er mai 1993
Législature Xe (Cinquième République)
Prédécesseur Richard Cazenave (suppléant)
Successeur Richard Cazenave
12 juin 1988 – 2 novembre 1988
Législature IXe (Cinquième République)
Prédécesseur aucun (proportionnelle)
Successeur Richard Cazenave (élection partielle)
Député de l'Isère (proportionnelle à liste départementale)
16 mars 1986 – 1 avril 1986
Législature VIIIe (Cinquième République)
Successeur Gautier Audinot (suppléant)
Député européeen de la 2e législature
24 juillet 1984 – 19 mars 1986
Maire de Grenoble
19831995
Prédécesseur Hubert Dubedout
Successeur Michel Destot
Biographie
Date de naissance 23 février 1949 (1949-02-23) (64 ans)
Lieu de naissance Vizille, Isère
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique RPR, UMP

Alain Carignon, né le 23 février 1949 à Vizille (Isère), est un homme politique français. Maire RPR de Grenoble de 1983 à 1995, il est ministre délégué à l'Environnement du gouvernement Chirac II puis ministre de la Communication du Gouvernement Balladur de 1993 à sa démission, l'année suivante, qui précède sa mise en examen pour corruption et son emprisonnement pendant 29 mois.

Sommaire

Carrière [modifier]

Débuts en politique [modifier]

Diplômé de l'Institut d'administration des entreprises de Grenoble, il commence sa carrière en tant que Directeur Général adjoint de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Grenoble. Il travaillera au cabinet du médiateur, puis à la commission industrie du Conseil économique et social. Il entre au Conseil général de l'Isère et devient chargé de mission auprès de Jérôme Monod, secrétaire général du RPR.

Maire de Grenoble [modifier]

Il se fait connaitre en emportant la mairie de Grenoble en 1983, bastion socialiste de longue date, face à Hubert Dubedout. Il devient ensuite député européen en 1984 et président du conseil général de l'Isère en 1985. Il fait partie des douze jeunes députés « rénovateurs » RPR et UDF (avec notamment François Léotard, Michel Noir et Philippe Séguin), qui souhaitent évincer Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac.

En 1983[1], il organise un référendum municipal sur la création du tramway de Grenoble,[2],[3] après avoir appuyé sa campagne municipale sur l'opposition à ce projet de l'équipe d'Hubert Dubedout. Le projet est accepté par 54 % des Grenoblois. Le tramway de Grenoble, inauguré en 1987 est le premier tramway au monde entièrement accessible aux handicapés[4].

Au cours de ses mandats, Grenoble est choisi (aux dépens de Strasbourg) pour l'implantation de la source européenne de rayonnement Synchrotron[5], permettant ainsi le désenclavement du polygone scientifique par la construction de deux nouveaux ponts (pont d'Oxford et pont des Martyrs).

Il inaugure en 1986 le centre national d'art contemporain sur le site industriel Bouchayer-Viallet, le Summum en 1988, lance en 1990 le quartier d'affaires et de logements Europole sur des friches industrielles en y implantant notamment l'école supérieure de commerce de Grenoble en 1992 et donne la possibilité d'installer un nouveau palais de justice[6]. Parallèlement, Alain Carignon rénove certains quartiers et bâtiments historiques du centre ville comme la halle Sainte-Claire inaugurée en 1991 ou l'ancien palais des évêques qui deviendra en 1998 le musée de l'Ancien Évêché.

Carrière ministérielle [modifier]

Ministre délégué à l'Environnement [modifier]

En 1986, il remporte les législatives dans la circonscription de sa ville et est alors appelé par Jacques Chirac dans le premier gouvernement de cohabitation, au poste de ministre délégué à l'Environnement. Le 11 mai 1986, peu après la catastrophe de Tchernobyl, il déclarait au journal télévisé d'Antenne 2 que « Les taux de radioactivité [en France] les plus élevés sont en dessous des seuils à partir desquels il y a danger, et largement en dessous : 5, 10 ou 100 fois en dessous. », reprenant les éléments communiqués au gouvernement par le service central de protection contre les rayonnements ionisants. Ces propos ont été l'objet d'une très vive controverse.

À la suite de cette catastrophe, il proposera, en collaboration avec le ministère de l'Intérieur[7], une loi au Parlement sur la prévention des risques majeurs qui sera adoptée à l'unanimité en 1987.

Ministre de la Communication [modifier]

Réélu député en 1988, il démissionne pour cause de cumul de mandats. Lors du second gouvernement de cohabitation, en 1993, le nouveau premier ministre Édouard Balladur le nomme ministre de la Communication, poste dont il doit démissionner l'année suivante en raison de l'affaire de financements politiques qui l'emmenera en prison.

Il fait adopter en décembre 1993 la loi dite 'Carignon' qui porte sur la création d'une cinquième chaine de télévision publique, 'La Cinquième' (aujourd'hui France 5)[8] ainsi que l'instauration d'un quota obligatoire de 40 % de chansons françaises sur les ondes radiophoniques[9].

Affaires [modifier]

Affaire Dauphiné News [modifier]

Le 9 février 1994 le juge Philippe Courroye ouvre une information contre X pour abus de biens sociaux et recel. L'affaire en question concerne les journaux News et Dauphiné News de Grenoble, journaux lancés quelques semaines avant les élections municipales de 1989 et qui sont en faveur du conseil municipal en place. En mars 1989 Alain Carignon est réélu maire de Grenoble et les journaux disparaissent laissant un passif de 10 millions de francs. La Lyonnaise des eaux, qui vient de remporter, via une de ses filiales, la gestion des eaux de Grenoble nouvellement privatisée, entre alors dans le capital de l'entreprise de presse, et bien que celle-ci n'ait plus aucune activité, elle en éponge les dettes.

Le 19 juillet 1994 Alain Carignon annonce sa démission de son poste de ministre de la Communication du gouvernement pour pouvoir être mis en examen. Il est condamné le 9 juillet 1996 par un arrêt définitif de la chambre correctionnelle de la Cour d'appel de Lyon à 5 ans de prison (dont 1 an avec sursis), 5 ans d'inéligibilité, et 400 000 francs d'amende pour corruption, abus de biens sociaux, et subornation de témoins. Il a été libéré en mai 1998.

Affaire Grenoble Isère développement [modifier]

Au début de septembre 1997, alors qu'il est incarcéré à la prison de Villefranche-sur-Saône, Alain Carignon est mis en examen pour « faux, usage de faux et abus de biens sociaux » dans l'enquête sur la société Grenoble Isère développement (GID), une société d'économie mixte liée au conseil général de l'Isère, dont il est resté président pendant le début de son incarcération[10]. Le 13 juillet 1999, il est condamné par le tribunal correctionnel de Grenoble à dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis et 80 000 francs d'amende pour « abus de biens sociaux et usage de faux ». Le procureur adjoint avait requis deux ans avec sursis et 100 000 F d'amende. Jean Boyer, poursuivi en qualité de président de GID, est condamné à quinze mois d'emprisonnement avec sursis et 50 000 francs d'amende[11]. En 2004, la Chambre régionale des comptes condamne Alain Carignon et Xavier Péneau à rembourser au conseil général de l'Isère la somme de 253 126,36 euros, et à payer en outre 51 000 euros d'intérêts, ainsi que 25 000 euros d'amende pour Alain Carignon, 15 000 pour Xavier Péneau. Le 29 janvier 2009, la Cour des comptes confirme la décision. En février 2011, le ministère du Budget rejette la demande de remise gracieuse déposée par Alain Carignon[12].

Retour en politique [modifier]

Il revient en politique en 2002, après 29 mois de détention, un record pour un homme politique en France, suivis de 5 ans d'inéligibilité[13]. Malgré l'opposition d'Alain Juppé, alors chargé de la création de l'UMP, il intègre le nouveau parti de droite[14]. Il prend la tête de la fédération UMP de l'Isère en 2003[14], les conditions de son élection étant néanmoins fortement contestées[15].

En novembre 2006, Alain Carignon est désigné à 80 %, par les militants UMP de la 1re circonscription de l'Isère, candidat pour les élections législatives de 2007. Contestée, cette désignation est validée par la Commission nationale de l'UMP, aux dépens du député sortant Richard Cazenave qui choisit de se présenter comme indépendant[15]. Sa campagne est marquée par la tenue de nombreuses réunions publiques, en présence de plusieurs personnalités politiques (Renaud Donnedieu de Vabres, Valérie Pécresse, Pierre Méhaignerie, etc.) et par une opposition farouche à son retour en politique, y compris au sein de l'UMP.

Le 10 juin 2007, Alain Carignon arrive en deuxième position du premier tour des élections législatives, avec 21,45 % des bulletins exprimés, devant Richard Cazenave (19,62 %) qui perd ainsi son siège de député, mais largement derrière Geneviève Fioraso, la candidate du Parti socialiste (32,02 %)[16]. Sans grande surprise, Alain Carignon est battu au deuxième tour par son opposante socialiste, qui obtient 63,03 % des suffrages dans une circonscription pourtant plutot favorable aux partis de droite[16].

Cet échec l'incite à renoncer à se présenter aux élections municipales à Grenoble[17]. Le 10 janvier 2009, le chef de file de ses opposants, Michel Savin, est élu président de l'UMP Isère[18]. Celui ci démissionne cependant dix neuf mois plus tard de la présidence en dénonçant le manque de transparence dans le fichier des adhérents locaux. Alain Carignon conseille depuis Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy à titre officieux[19],[20]. Bien qu'il vive au Maroc, il intervient régulièrement dans la politique iséroise[21].

Détail des mandats [modifier]

Ouvrages [modifier]

  • 2011, Demain nous appartient, Éditions Numeris, 2006 
  • Une saison dans la nuit, Grasset, 1995 

Tribunes [modifier]

  • « Démocratie sans exclusion », Le Monde, 21 avril 1988[22]
  • « Les habits neufs d'une élection manquée », Le Monde, 15 mai 1988[23]
  • « Démocratie. Le Pen Président ? », Le Monde, 30 mai 1990[24]
  • « Le temps d'agir », Le Monde, 27 juillet 1990[25]

Notes et références [modifier]

  1. La France à l'heure du tramway, de Michel Waintrop, publié le 6 octobre 2006 pour le journal La Croix
  2. Le portail ferroviaire
  3. Politiques de transport et inégalités sociales d'accès. Analyse comparative de huit agglomérations européennes de Christophe Jemelin, Vincent Kaufmann et Julie Barbey, publié en 2007 par l'École polytechnique fédérale de Lausanne, p.20
  4. Communauté d'agglomérationde Grenoble, L’aménagement de la ville pour les handicapés, étude pour l'UTC, Et si on facilitait l'accès des handicapés au métro et au RER ? pour Rue89
  5. Le synchrotron de Grenoble, INA
  6. Michel Destot le maire qui gère plus propre, L'Expansion
  7. Le Quotidien de Paris, Jean-Pierre Thiollet, 22 juillet 1986, http://discours.vie-publique.fr/notices/863149000.html
  8. vie-publique.fr
  9. ddm.gouv.fr
  10. « CORRUPTION : Alain Carignon a été mis en examen à propos d'irrégularités découvertes dans la Société Grenoble Isère développement », Le Monde, 21 septembre 1997.
  11. « Alain Carignon condamné à dix-huit mois de prison avec sursis », Le Monde, 15 juillet 1999.
  12. « Alain Carignon sommé définitivement de payer », 20 minutes, 3 février 2011.
  13. « Les fantômes d'Alain Carignon », Le Canard enchaîné, 6 octobre 2010, p. 2.
  14. a et b , « Guerre ouverte entre UMP pro- et anti-Carignon à Grenoble », Le Monde, 5 juin 2007.
  15. a et b « Carignon: les secrets d'un retour - Opération Résurrection », L'Express, 15 mars 2007.
  16. a et b Élections législatives de 2007 - résultats dans la 1re circonscription de l'Isère, sur le site du ministère de l'Intérieur.
  17. Le Dauphiné libéré, 3 octobre 2007.
  18. « Comité départemental de l’UMP38 »
  19. Lyon capitale : Alain Carignon reprend du service et règle ses comptes
  20. Le Dauphiné : Carignon : « Il n’y a pas de groupes secrets autour de Sarkozy »
  21. L'ombre d'Alain Carigon plane toujours sur la droite grenobloise. Le Monde, 5 juin 2012.
  22. http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/archives.cgi?ID=4aa33a71348ec7f24b86510d2285070bc1a050b064449787
  23. http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/archives.cgi?ID=d5e49350bfb51b7f844929af3827932a626983e319b68eb1
  24. http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/archives.cgi?ID=85494dfa62f9b9caad4e480975c6bdab5585aa85cc9ce215
  25. http://abonnes.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/archives.cgi?ID=c522e6256dbdf505e9a01c7212080d1f832d896381feddae

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]