Tariq Ramadan

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Tariq Ramadan

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Tariq Ramadan en 2009.

Activités Professeur
Philosophe
Écrivain
Théologien
Islamologue
Naissance le (51 ans)
à Genève
Drapeau de la Suisse Suisse
Langue d'écriture Français, Anglais, Arabe
Genres Essais
Romans
Poésies

Tariq Ramadan, né le à Genève, est un philosophe, islamologue, professeur et universitaire suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son œuvre s'articule sur une réflexion théologique, philosophique et politique en lien avec la religion musulmane, les spiritualités et les différentes philosophies. Il est engagé depuis plusieurs années dans le débat concernant l’islam en Occident et dans le monde.

Expert consultant dans diverses commissions attachées au Parlement européen, il participe également à divers groupes de travail internationaux se rapportant à l’islam, à la théologie, à l’éthique, au dialogue inter-religieux et interculturel, et plus largement au développement et aux questions sociales.

Enfance et études[modifier | modifier le code]

En 1949, Hassan el-Banna, le grand-père de Tariq, fondateur des Frères musulmans, pourchassé sur ordre du roi Farouk Ier d'Égypte, est assassiné pour ses activités politiques. En 1958, Wafa el-Banna, la mère de Tariq, part se réfugier en Suisse avec son mari Saïd Ramadan. Ils trouvent refuge à Genève, où naissent leurs enfants Tariq et Hani. Tariq Ramadan naît à Genève en 1962. Il étudie la philosophie et la littérature française à l'université de Genève. Après sa thèse de doctorat sur Nietzsche, il obtient une maîtrise de lettres en philosophie et littérature française puis un doctorat en Islamologie - Arabe. Entre 1988 et 1992, il occupe le poste de doyen au Collège de Saussure, à Genève. Ramadan étudie ensuite les sciences islamiques à l’université al-Azhar au Caire entre 1992-1993 puis 1994-1995.

En janvier 2011, invité en direct sur i-Télé pour débattre de la crise en Égypte, Tariq Ramadan raconte qu'après être rentré dans son pays d'origine alors qu'il y faisait ses études, il a failli être torturé par le pouvoir en place : « Je suis de nationalité suisse mais d'origine égyptienne. Quand je suis rentré moi-même en Égypte au moment où je faisais mes études là-bas et que je critiquais ce pouvoir qui était anti-démocratique, on allait me frapper et me torturer en prison. C'est alors que le type dit à son collègue : « Non, non, lui il est étranger, il est Suisse. » Et qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils ont pris un homme devant moi, qu'ils ont massacré sous mes yeux pour me dire comment est-ce que l'on traite les Égyptiens »[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

À partir de 1992, il vient en France et y donne des conférences. Il participe en 1993 et 1994 au congrès de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) puis il décline les invitations jusqu'en 2008. Il signe l'Appel des indigènes de la république, qui dénonce la France comme un État n'assumant pas son passé colonial. Il est également chargé de cours d'islamologie à l'université de Fribourg de 1996 à 2003[2]. L'université catholique de Notre-Dame à South Bend dans l'Indiana lui offre au début de l'année 2004 une double chaire permanente de sciences islamiques (il est également attaché au Joan B. Kroc Institute pour enseigner sur « les relations entre les religions, les conflits et la promotion de la paix »)[3]. En août de la même année, le gouvernement fédéral des États-Unis annule son visa de travail (obtenu en mai 2004) sans fournir d'explication, arguant que le Patriot Act autorise les États-Unis à prendre des mesures en cas de soupçon d'activité terroriste. À la suite de ce refus, de nombreux intellectuels américains, tels Noam Chomsky, signent une pétition pour dénoncer cette entrave à la liberté académique. Le , une cour d'appel de Manhattan donne raison à Tariq Ramadan sur cette affaire en estimant que les accusations portées à l'endroit du plaignant sont non-fondées[4].

Le , le département d'État des États-Unis prend la décision, dans un document signé par la secrétaire d'État Hillary Clinton, de ne plus considérer comme recevables les raisons qui empêchaient Tariq Ramadan d’entrer aux Etats-Unis[5].

Pendant l'été 2005, Tariq Ramadan obtient une invitation de visiting scholar à l'Université d'Oxford et est invité à participer à un groupe de réflexion fondé par Tony Blair sur le problème de l'extrémisme islamique au Royaume-Uni, suite aux attentats survenus à Londres le 7 juillet de la même année. En novembre 2006, le magazine EuropeanVoice lui a remis le prix d'Européen de l'année dans la catégorie des personnalités n’étant pas citoyennes d'un pays membre de l'Union européenne[6]. En 2000, il a été nommé l'un des sept penseurs religieux « innovateurs » du XXIe siècle par le magazine américain Time. Il est parmi la liste des 100 penseurs les plus influents du monde (8e rang) en 2004 (Time), en 2005 et 2008 (Foreign Policy et Prospect) et en 2009 et 2010 (Foreign Policy). Il reçoit en 2007 le prix d'excellence décerné par le journal britannique Muslim News.

Tariq Ramadan a été nommé à une chaire d'études islamiques contemporaines à l'Oriental Faculty de l'Université d'Oxford et est également attaché au St Antony’s College, de la même université (à partir du 1er septembre 2009)[7]. Il est professeur de sciences islamiques contemporaines au département des Sciences islamiques de la faculté du Qatar (attaché à la Qatar Foundation) et est chercheur (Senior Fellow) à l'université de Doshisha (Kyoto, Japon).

En janvier 2012, il devient directeur du Centre de Recherche sur la Législation Islamique et l’Éthique (CILE[8]) au Qatar[9].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan, est marié à Iman, catholique convertie à l'islam depuis son mariage en 1986, et père de quatre enfants[réf. nécessaire].

Hani Ramadan est le frère de Tariq Ramadan, celui-ci réside à Genève où il dirige le Centre islamique de Genève. Il s'est fait remarquer après avoir publié un article dans le journal Le Monde sur la Charia dans lequel il dit sur la lapidation que « Elle constitue une punition, mais aussi une forme de purification. »[10] Tariq Ramadan s'est à plusieurs reprises distancié des propos de son frère.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Ses idées[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan se fait connaître en France en 1994, après la publication d'un ouvrage intitulé Les Musulmans dans la laïcité. Il plaide pour que les musulmans vivant en Occident ne se considèrent plus comme des étrangers, ou comme des résidents temporaires mais comme des citoyens à part entière. Selon lui, ce changement de mentalité doit éviter toute aliénation : il réclame le droit d'« être musulman européen » (titre d'un autre de ses livres), demandant aux parents immigrés de ne pas confondre culture et religion. Dans son livre « Peut-on vivre avec l'islam » il dit que le musulman ne se définit pas par ses croyances mais par ses pratiques, et que la pratique régulière, et en toute légalité, des rites musulmans en Europe, est à l'origine de tensions sociales parce qu'elle est ressentie comme un refus d'intégration plutôt que le contraire - contraire qui est l'auto-détermination en tant que musulman européen. Il considère que les musulmans devraient être des citoyens actifs, et agir contre l'injustice dans le cadre des différentes associations (syndicats, parents d'élève etc). Il ressent une sympathie pour certaines des analyses de Karl Marx (« Je n'arrête pas de dire qu'on a trop vite fait d'enterrer Marx »[11]).

Ramadan déclare ne voir aucun conflit entre « être musulman » et « être un citoyen à part entière » dans les pays occidentaux. Il préconise aussi que les intellectuels musulmans occidentaux soient versés dans les manières occidentales, et non uniquement dans des études religieuses provenant de pays musulmans.

Tariq Ramadan enseigne un respect du Coran, lui-même entendu selon une lecture qui d'abord respecte la tradition et son sens fondamental, pour la distinguer d'une autre lecture, rationaliste, et qui pourrait s'accorder avec la tradition du rationalisme occidental et chercherait à s'accorder avec celle-ci. Pour lui le plus important, c'est l'effort d'interprétation - ijtihad - que doivent accomplir les musulmans, ne pas avoir une lecture du Coran littérale, mais au contraire, prendre compte du contexte historique et actuel des lois et traditions islamiques[12]. En effet, il déclare par exemple, en novembre 2003 sur la radio Beur FM : « Il y a la tendance réformiste rationaliste et la tendance salafie au sens où le salafisme essaie de rester fidèle aux fondements. Je suis de cette tendance-là, c'est-à-dire qu'il y a un certain nombre de principes qui sont pour moi fondamentaux, que je ne veux pas trahir en tant que musulman. »

Dans son livre Les Musulmans dans la laïcité (éd. Tawhid), il écrit : « Un musulman, résident ou citoyen, doit se considérer sous l'effet d'un contrat à la fois moral et social avec le pays où il séjourne. En d'autres termes, il se doit d'en respecter les lois. » Il est notamment critiqué par la journaliste et essayiste Caroline Fourest qui, dans son ouvrage Frère Tariq, rapporte que Tariq Ramadan, dans une cassette intitulée Vivre en Occident, estime qu'un musulman doit observer les lois du pays où il habite seulement dans la mesure où celles-ci ne s'opposent pas à un principe de l'islam. Tariq Ramadan soutient à ce sujet qu'il précise ultérieurement, dans la même cassette, que c'est le cas des démocraties occidentales.

Tariq Ramadan considère que le Hamas ne devrait pas être qualifié d'organisation terroriste par l'Union européenne. Au printemps 2009, il signe la pétition de la Belge Nadine Rosa-Rosso intitulée : Appel pour le retrait du Hamas de la liste européenne des organisations terroristes[13]. Pour résoudre le conflit israélo-palestinien, Tariq Ramadan s'est déclaré personnellement en faveur non de la solution dite de « deux États pour deux peuples », mais en faveur « d'un seul État, dans lequel tout le monde vit »[14].

La société plurielle est un fait[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage Mon intime conviction publié en 2009, et pour lequel l'auteur recevra une étoile de distinction dans le Publishers Weekly[15], Ramadan explique qu'il refuse de jouer à ces jeux réducteurs, où il s'agit de dire clairement et sans nuance, si l'on est d'abord musulman, ou d'abord Européen. D'après lui, la question n'a pas de sens. « Dans l'ordre religieux et philosophique, celui qui donne sens à la vie, l'être humain est d'abord athée, bouddhiste, juif, chrétien et musulman : son passeport, sa nationalité ne répondent pas à la question existentielle. Quand il faut voter pour un candidat, l'individu a une identité citoyenne, et il est d'abord un Américain, un Italien, un Français ou un Britannique s'engageant dans les affaires de son pays. Selon l'ordre ou le champ d'activité, l'individu a donc d'abord telle ou telle identité, sans que cela soit contradictoire. »[16] À titre d'illustration, il explique qu'un poète végétarien interviendra, dans un cercle de poésie, en sa qualité de poète, mais s'identifiera ensuite comme un végétarien, quand il passera à table.

Ramadan va encore plus loin dans la définition de son identité personnelle. « Depuis longtemps, je répète aux musulmans et à mes concitoyens que je suis suisse de nationalité, égyptien de mémoire, musulman de religion, européen de culture, universaliste de principe, marocain et mauricien d'adoption. »[17]

Pour Ramadan la société plurielle et pluraliste est un fait. Il ne s'agit plus d'être pour ou contre, mais de faire avec. « Le défi de la diversité exige des solutions pratiques et impose aux citoyens, aux intellectuels comme aux représentants religieux, de développer un esprit critique et nuancé, toujours ouvert à l'évolution, à l'analyse et, bien sûr, à l'autocritique. Faire entendre ses propres exigences tout en sachant écouter l'autre, concevoir le compromis tout en refusant la compromission, affronter les certitudes ancrées et les esprits rigides ou dogmatiques dans tous les camps, et surtout parmi sa famille culturelle et religieuse : tout cela n'est pas facile et exige temps, patience, empathie et détermination. »[18]

Un médiateur entre les univers occidental et islamique[modifier | modifier le code]

Ramadan explique qu'il s'intéresse à ces questions depuis plus de deux décennies, essayant de « construire des ponts, d'expliquer et de faire mieux comprendre l'islam au monde musulman autant qu'à l'Occident ».

Il se voit dans le rôle de médiateur entre les univers occidental et islamique, entre leurs cultures et leurs croyances religieuses respectives. Il assume pleinement sa religion musulmane et sa culture occidentale, et affirme que « les valeurs et les espoirs communs sont plus essentiels et plus nombreux que les différences. » Son objectif est « de montrer, théoriquement autant que pratiquement, que l'on peut être tout à la fois pleinement musulman et occidental et que, au-delà de nos différences apparentes, nous partageons beaucoup de valeurs à partir desquelles le « vivre ensemble » est possible dans nos sociétés pluralistes, multiculturelles, et où coexistent plusieurs religions. »[19]

Un message, il le sait bien, « difficile à faire entendre en ces temps de débats passionnés, où les voix se confondent et la surdité se généralise. »[20]

« Un médiateur », explique-t-il, « est un pont, et un pont n'appartient jamais à une seule rive. Il est toujours un peu trop de « l'autre côté », toujours soupçonné de « double » loyauté. Ainsi, j'étais toujours « un peu trop occidentalisé » pour certains musulmans, et « un peu trop musulman » pour quelques Occidentaux. Des deux côtés de la rivière, le médiateur doit donc prouver sa pleine appartenance. Lorsque la passion et l'émotivité l'emportent et colonisent les débats, l'intervention nuancée, critique et autocritique, devient suspecte, et la nuance est vite perçue comme de l'ambiguïté. Le médiateur se voit l'objet de projections qui sont parfois dues à une longue histoire, à des contentieux et des traumas profonds. Rien n'est simple : vous vous faites des « ennemis » des deux côtés, et l'on vous traite parfois de traître ou de « vendu », voire de manipulateur adepte du « double discours »[20].

Mais, Ramadan ne se décourage pas pour autant. Il est bien décidé, plus que jamais, à continuer son action, dans le but d'ébranler les certitudes qu'il faut remettre en question, de replacer dans leur propre perspective certaines croyances, de confronter les préjugés, et de remettre en cause les conclusions simplistes, d'où qu'elles viennent. Il est encouragé dans son action, du fait qu'il voit poindre de nouvelles dynamiques, de plus en plus de femmes et d'hommes « refusant la polarisation, les simplifications, les manipulations et les exclusions » et bien décidés à construire l'avenir, « sans naïveté, mais avec confiance et détermination »[21].

Position sur l'identité nationale[modifier | modifier le code]

Quid, alors, de la question de l'identité nationale, qui fait l'objet d'un débat vif et récurrent, tant au sein des communautés musulmanes dans les pays occidentaux, qu'au sein des cercles politiques et sociaux de ces mêmes pays ? Pour Ramadan, il s'agit d'un faux débat. Il s'explique : « Nous avons des identités multiples et en mouvement, et rien ne s'oppose (religieusement, légalement ou culturellement) à ce qu'une femme ou un homme soit à la fois européen(ne) ou américain(e) et musulman(e). L'islam est bien sûr un et unique sur le plan des principes religieux fondateurs, mais il intègre diversité d'interprétations et pluralité des cultures. Son universalité provient d'ailleurs de cette capacité à intégrer la diversité dans son unicité fondatrice. »[22]

Le problème résulte du fait qu'il existe « une confusion de taille entre le donné culturel et la référence religieuse : pour beaucoup, être et rester musulmans signifie être musulmans comme ils l'avaient été au Maroc, en Algérie, en Égypte, au Liban, au Pakistan ou en Turquie. […] Pour beaucoup, … il ne pouvait être question de prendre la nationalité du pays d'accueil puisqu'un jour ils retourneraient « chez eux »[23].

Mais, une ou deux générations après l'arrivée des premiers immigrés musulmans dans les pays occidentaux, en Europe et en Amérique, les choses ont, déjà, radicalement changé. La deuxième génération, puis la troisième, se sont imprégnées de la langue et de la culture du pays natal occidental, se considérant, sur le plan culturel, comme des Français, des Britanniques, des Américains ou des Canadiens. Ils se sentent chez eux dans cet environnement occidental, y font leur vie en fonction de leurs capacités et de leurs ambitions, et essaient d'y préparer un avenir encore meilleur pour leurs enfants[24].

« Les nouvelles générations sont, dans leur grande majorité, pleinement musulmanes quant à la religion, et pleinement occidentales quant à la culture. Cela ne leur pose aucun problème, » observe Ramadan[25]. « L'islam occidental est aujourd'hui une réalité. »[24]

Sur le plan religieux, la sécularisation et la laïcité qui prévalent dans les pays occidentaux assurent le pluralisme religieux. Les droits fondamentaux des individus en matière de liberté de conscience et de liberté de culte sont reconnus et protégés par les lois nationales. Les citoyens musulmans peuvent, de ce fait, librement exercer leur culte, à l'instar de toutes les autres religions pratiquées dans le pays. Ils doivent, en cas de besoin, s'assurer qu'à l'application, un traitement juste et égalitaire est effectivement respecté entre les différentes religions[26]. En contrepartie, ils doivent, de leur côté, respecter ces lois, évidemment. Pour Ramadan, « il appartient aux individus musulmans d'être – et de devenir – des citoyens engagés qui connaissent leurs responsabilités et leurs droits. Dépassant le réflexe minoritaire ou la tentation victimaire, ils ont les moyens d'accéder à une nouvelle ère de leur histoire. En effet, pour ceux qui sont nés en Occident – ou qui y sont des citoyens -, il n'est plus question d'« immigration », « d' « installation » ou d'« intégration », mais bien de « participation » et de « contribution ».

« J'affirme », souligne-t-il emphatiquement, « que nous sommes passés, et que nous devons passer, à l'ère du discours de la « post-intégration » : il faut désormais établir un sens profond et assumé de l'appartenance. C'est le nouveau « nous » que j'appelle de mes vœux, et qui déjà est une réalité dans certaines expériences locales. »[27]

Les défis que les Occidentaux musulmans doivent relever[modifier | modifier le code]

Dans Mon intime conviction, Ramadan passe en revue, entre autres, les défis auxquels les musulmans sont confrontés dans les pays occidentaux. Les vrais défis se situent, pour lui, dans de tout autres domaines que ceux des mosquées, des imams ou des écoles privées musulmanes.

En tout premier lieu se pose la question de la charia.

D'après lui, cette dernière n'est ni un « système », ni un « corps de lois islamiques fermées »[28], mais bien plutôt la « Voie de la fidélité aux objectifs de l'Islam » (qui sont de protéger la vie, la dignité, la justice, l'égalité, la paix, la nature, etc.). Toutes les lois qui protègent la vie et la dignité humaines, promeuvent la justice et l'égalité, imposent le respect de la nature, etc. sont, d'après Ramadan, « ma shari'a appliquée dans ma société même si celle-ci n'est pas majoritairement musulmane ou que ces lois n'ont pas été pensées et produites par des savants musulmans. Je suis dans la Voie puisque ces lois me permettent d'être fidèle à ses objectifs fondamentaux et donc d'être fidèle au message et aux principes de l'islam. »[29]

En deuxième lieu, les musulmans qui sont déjà des citoyens d'un pays européen ne doivent plus se laisser traiter de « minorités » car, souligne Ramadan, il n'existe pas, en droit européen, de « citoyenneté minoritaire » ! Ils sont des citoyens à part entière, quelle que soit leur religion et leur culture. Ils doivent donc lutter contre cette mentalité de « minoritaires » et s'inscrire pleinement dans la participation citoyenne sur un pied d'égalité avec la « majorité » de la population[30]. Ils doivent établir clairement qu'ils sont chez eux en Occident, et qu'il s'agit de suivre la Voie de la fidélité aux principes supérieurs de l'islam ici comme ailleurs. Ils doivent, de cette manière, se prendre en charge et se libérer de la mentalité de victime[31].

Au lieu de blâmer constamment « la-société-qui-ne-nous-aime-pas », « l'islamophobie », ou encore le « racisme », justifiant ainsi leur passivité face aux défis auxquels ils sont confrontés, ils doivent « s'engager en tant que citoyens et lutter contre les injustices, le racisme, la discrimination, les discours populistes de stigmatisation et les hypocrisies. »[31]

Ils ne doivent pas, à cet égard, se limiter aux questions qui concernent spécifiquement la religion ou la communauté musulmanes, mais s'intéresser plus généralement à toutes les questions de société qui concernent l'ensemble de la population (telles que les questions sociales, l'enseignement, le chômage et l'emploi, la délinquance, la violence urbaine, les activités des partis politiques, les relations internationales, etc.)[32]

Ils doivent également repenser l'éducation islamique donnée à leurs enfants, tant dans son contenu que dans sa forme, afin de la replacer dans le contexte de leur environnement occidental, en tenant spécifiquement compte des nombreux défis qui se posent aux musulmans d'Occident. Ils doivent, dans ce contexte, se préoccuper de comprendre les facteurs qui poussent les jeunes à adopter des interprétations extrémistes de la religion, voire à s'engager parfois dans des actes de violence.

Les droits légitimes de la femme musulmane[modifier | modifier le code]

Ramadan précise, d'emblée, que « l'islam n'a pas de problème avec les femmes »[33]. A son avis, les théologiens ont procédé, au cours des siècles, à une lecture littéraliste du Coran et des traditions du Prophète. Ils ont figé le Texte hors de son contexte, ne tenant guère compte, ce faisant, des finalités du message global de la Révélation[34].

Les coutumes et traditions ont été confondues avec les prescriptions religieuses, et on en est arrivé à justifier des pratiques culturelles qui n'étaient pas « islamiques » telles que l'excision des femmes, les mariages forcés ou les crimes d'honneur[35].

Ramadan estime que les femmes doivent s'engager elles-mêmes dans un travail critique approfondi de leur situation dans la communauté musulmane, « en acquérant les connaissances religieuses nécessaires pour développer des lectures féminines nouvelles. Il faut qu'elles soient présentes dans les espaces de décision de la communauté religieuse, dans les organisations, les conseils de gestion des mosquées, etc. On doit bousculer les choses pour que les femmes trouvent leur juste place, mais elles doivent aussi se mobiliser : elles n'obtiendront rien si, de leur côté, elles cultivent une attitude de victimes. On le voit aujourd'hui, partout où les femmes ont accès à l'instruction, à l'éducation islamique, et même à l'engagement communautaire et social, elles font mieux que les hommes : meilleurs résultats, plus d'engagement, plus de rigueur et de sérieux. La réalité et les chiffres parlent d'eux-mêmes. »[36]

Les femmes doivent avoir accès au travail et obtenir un salaire égal à celui des hommes, à compétence égale. Les discriminations à l'emploi des femmes, pour les raisons les plus diverses, doivent être refusées et combattues. Ce combat pour la reconnaissance des droits des femmes musulmanes doit être mené de l'intérieur du système islamique pour avoir quelque chance de succès, et doit mobiliser les efforts de l'ensemble des membres de la communauté. Les hommes doivent accepter, à cet égard, le fait que « garantir la liberté de la femme signifie accepter que celle-ci puisse faire un choix que l'on comprend ou un autre que l'on ne comprend pas »[37].

Le message central de Mon intime conviction[modifier | modifier le code]

Ramadan explique, à l'intention des nouvelles générations de musulmans nés et élevés dans les pays occidentaux, qu'ils sont, sur le plan du droit, et doivent se considérer, sur le plan affectif, comme des citoyens à part entière de ces pays. Ils doivent donc aimer le pays où ils sont nés, respecter ses lois et ses institutions, et y participer à la vie politique et sociale à l'instar de tous les autres citoyens. Grâce aux lois sur la laïcité qui existent dans ces pays, ils ont une pleine liberté d'exercice de leur culte, à l'instar de toutes les autres communautés. Pour tout le reste, ils sont des citoyens comme les autres. Ils doivent, en particulier, prendre leur destin en main, et essayer activement de résoudre les problèmes auxquels ils peuvent se trouver confrontés dans leur vie quotidienne, au lieu d'attendre des autorités institutionnelles qu'elles trouvent les solutions idoines.

Ramadan invite, par ailleurs, les citoyens des sociétés occidentales à revoir en profondeur le regard et les jugements qu'ils portent sur les musulmans qui vivent dans les pays occidentaux. Les autorités politiques doivent, à cet égard, cesser de confondre les problèmes sociaux, qui réclament des solutions politiques, avec les questions associées à des considérations religieuses, telles que celles relatives au foulard, aux lieux de culte, aux imams, etc. Elles doivent étudier sans parti pris, sans préjugés, sans a priori, les problèmes fondamentaux dont les musulmans se plaignent, dans leur vie quotidienne, tels que ceux du travail et du chômage, du logement, de la santé, de l'éducation, de la marginalisation, de la pauvreté, de l'insécurité, etc. et essayer de leur trouver des solutions adéquates, dans un esprit de solidarité nationale et de compréhension. « L’occident, en même temps qu'un dialogue avec « l'autre », doit engager un dialogue avec lui-même – sérieux, profond et constructif. »[38]

Sur l'antisémitisme[modifier | modifier le code]

Dans la tribune du Monde du , Tariq Ramadan écrit :

« Des propos malveillants, des « À bas les juifs ! » fusant dans certaines manifestations, voire des exactions contre les synagogues, ont pu être enregistrés dans différentes villes de France. Plus généralement, on a pu entendre ici et là des propos ambigus sur les juifs, leur pouvoir occulte, leur rôle insidieux dans les médias, leur sombre stratégie... Après le 11 septembre 2001, les fausses rumeurs sur les 4 000 juifs qui ne se seraient pas présentés à leur poste le matin des attaques contre les World Trade Center ont été relayées jusque dans les banlieues [...]. Les musulmans, au nom de leur conscience et de leur foi, se doivent de prendre une position claire en refusant qu'une atmosphère délétère s'installe en France. Rien dans l'islam ne peut légitimer la xénophobie et le rejet d'un être humain par le seul fait de sa religion ou de son appartenance. Ce qu'il faut dire avec force et détermination, c'est que l'antisémitisme est inacceptable et indéfendable. Le message de l'islam impose le respect de la religion et de la spiritualité juives, considérées comme la noble expression des « gens du Livre[39]. »

Sur la loi sur les signes religieux[modifier | modifier le code]

Sur la laïcité, Tariq Ramadan déclare : « Ma pensée a évolué. Je considère que la loi de 1905 convient parfaitement à l'intégration de l'islam. Il suffit de l'appliquer de manière simple et égalitaire. »

Peu après, Tariq Ramadan intervient dans les débats concernant la loi française sur les signes religieux : avant le vote de ladite loi, il engage ceux qui le suivent à s'opposer à cette loi, au nom de l'islamophobie supposée de celle-ci. Dans un texte paru sur oumma.com[40], il déclare : « La lutte que nous sommes en train d’entamer sera longue et elle exige une vision claire des enjeux globaux présents et futurs. (…) il faut se lever aujourd’hui et s’opposer à ce projet de loi discriminatoire et insensé ».

Au moment où ce débat a lieu dans le pays est organisée une rencontre télévisée entre lui et le ministre de l'Intérieur - à l'époque, Nicolas Sarkozy - lors de l'émission 100 minutes pour convaincre. Sur le thème du voile islamique à l'école, lorsque Nicolas Sarkozy lui demande s'il peut demander que les élèves musulmanes portent seulement un signe discret d'appartenance, Tariq Ramadan répond « elles peuvent enlever le voile » ; alors que Sarkozy le coupe en demandant « on peut, ou on doit ? », Tariq Ramadan répond que le point de vue de Nicolas Sarkozy « ne correspond pas à la loi de 1905 » ni à l'arrêt du Conseil d'État de 1989[41].

Sur les châtiments corporels[modifier | modifier le code]

Sur le thème de la lapidation, il affirme : « Je demande un moratoire pour qu'on cesse l'application de ces peines-là dans le monde musulman. Ce qui compte, c'est de faire évoluer les mentalités. Il faut un discours pédagogique. » Il le rappelle en 2007, dans un débat avec Philippe de Villiers, dans l'émission française Ripostes. Tariq Ramadan condamne les lapidations dans cette même émission et déclare : « La position qui est la mienne aujourd'hui, c'est de faire en sorte que dans le monde musulman, on puisse cesser cela tout de suite. » À l'occasion de la même émission et pour être plus précis encore, c'est contre tous les châtiments corporels que Tariq Ramadan s'est opposé à savoir donc la lapidation contre les femmes, mais aussi contre les hommes ; contre la peine de mort et contre la torture.

Il défend sa position de moratoire en arguant ainsi : « Les pays musulmans prennent ces textes très au sérieux [...] il ne suffit pas de condamner pour faire avancer les choses [...] il faut ouvrir le débat et trouver une pédagogie [...] Ma position est l'arrêt total des châtiments corporels. »[42]

Sur l'homosexualité[modifier | modifier le code]

Sur l'homosexualité, Tariq Ramadan rappelle que l'islam condamne de telles pratiques. Cependant, pour Ramadan, « on peut être en désaccord avec le comportement d'une personne (sur le plan public ou privé) mais respecter la personne en tant qu’être ». Selon lui, « une personne qui prononce l'attestation de foi islamique devient musulmane et si, par ailleurs, elle pratique l'homosexualité, il n'appartient à personne de la sortir de l'islam. Un comportement considéré comme répréhensible par les règles morales ne suffit pas à excommunier un individu »[43]. Dans son livre Peut-on vivre avec l'islam, il souligne le fait qu'il existe un discours de rejet de l'homosexualité dans la plupart[évasif] des grandes religions[Lesquelles ?], qui n'hésitent pas à qualifier ce comportement de « perturbation » ou de « déséquilibre »[44].

Haouès Seniguer et Bakary Sambe considèrent toutefois que les déclarations de Ramadan demandant à ne pas juger les homosexuels ne constituent qu'une « des multiples stratégies marketing déployées de longue date par T. Ramadan » bien davantage à destination de ses détracteurs en France qu'à destination de ses interlocuteurs apparents et relèveraient du double langage dont il est selon eux coutumier[45].

Sur le mariage mixte[modifier | modifier le code]

Sur le mariage mixte, Tariq Ramadan rappelle qu’il existe deux dimensions : le mariage entre deux personnes de religions différentes et l’union de deux cultures différentes. Tariq Ramadan rappelle l’unanimité des savants musulmans sur la première dimension, le musulman peut se marier avec une juive ou une chrétienne et la musulmane ne peut se marier qu'avec un musulman. Il ajoute que les musulmans ne doivent en aucun cas frapper d’ostracisme une femme musulmane qui se marie avec un non-musulman : « elles sont et demeurent musulmanes et il n’y a lieu ni de les condamner ni de les juger ». Quant à l’union de deux cultures différentes Tariq Ramadan rappelle la difficulté de construire un couple à travers des cultures différentes et appelle à la prudence et au discernement mais il ajoute que « chacun est en droit de faire librement ses choix et ceux-ci doivent être respectés. »[46]

Controverses liées à ses travaux[modifier | modifier le code]

Ses écrits et déclarations sont étudiés. Tariq Ramadan est entre autres vivement critiqué par des intellectuels et hommes politiques français et organisations de droite comme de gauche. Lui sont reprochés un « double langage », des ambiguïtés — notamment sur les droits des femmes — qui masqueraient son fondamentalisme, ou des propos antisémites (cf. la polémique sur les « nouveaux intellectuels communautaires »). Ses critiques vont de l'extrême-gauche à la droite : Lutte ouvrière, Bernard Cassen (Attac), Max Gallo, Manuel Valls (élu PS), Alexandre del Valle (UMP), des organisations féministes comme Pro-choix, etc. Une analyse détaillée se trouve dans un documentaire de France Culture, Sur les docks intitulé « Tariq Ramadan et son Double »[47], (animé par Caroline Fourest).

Tariq Ramadan est défendu par d'autres personnalités, comme François Burgat[48] qui estime qu'il n'est ni sexiste, ni antisémite, ni islamiste. Le journaliste Ian Hamel dans un article paru sur le site oumma.com estime en janvier 2005 qu'il existe en France une campagne anti-Ramadan[49]. Il explique également : « J'ai interrogé des spécialistes des services secrets français, des hauts fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, ils sont tous unanimes pour dire que Tariq Ramadan n'est pas Frère musulman, encore moins leur grand chef pour l'Europe. » Cela n'a pas empêché Tariq Ramadan de critiquer vivement la biographie que Ian Hamel lui avait consacré, reprochant notamment au journaliste de qualifier les frères musulmans « d'idéologie totalitaire ». Tariq Ramadan est un interlocuteur régulier des autorités britanniques ou néerlandaises[50].

Accusation de double discours[modifier | modifier le code]

Tariq Ramadan est rapidement devenu un penseur musulman populaire parmi les musulmans, où ses discours sont diffusés sous la forme de cassettes audio et DVD. Un certain nombre de journalistes et d'essayistes lui reprochent la contradiction suivante : prôner la stricte observance du Coran et des hadiths, alors qu'il dit par ailleurs vouloir concilier l'appartenance musulmane avec la vie commune et les lois des sociétés européennes et occidentales[51]. Il est critiqué sur ce point dans l'article de Leila Babès « L’identité islamique européenne d’après Tariq Ramadan »[52], ainsi que par Ni putes ni soumises en réponse à Tariq Ramadan qui les avait prises à partie[53].

Le chercheur Pierre-André Taguieff (conseiller du Conseil représentatif des institutions juives de France ) voit en Tariq Ramadan un homme au « double visage »[54] et relève ces propos diffusés par cassette audio : « La crainte pour les musulmans en Occident, c'est que les musulmans répondent à l'Occident et ne répondent pas à Dieu. Or il faut répondre à Dieu et ce sera notre réponse à l'Occident[55]. »

Tariq Ramadan est accusé par Caroline Fourest, ainsi que notamment Soheib Bencheikh, Antoine Sfeir et Mohamed Sifaoui, d'être un « maître du double langage » déclarant une chose au public non musulman et une autre au public musulman[56], ce qui a fait réagir des commentateurs[57].

Caroline Fourest a publié en octobre 2004 Frère Tariq[58] dans lequel elle affirme que, dans la vingtaine d'ouvrages écrits par Tariq Ramadan, ainsi que la plupart de ses conférences enregistrées sous forme de cassettes, Tariq Ramadan est fondamentalement plus intégriste que réformiste. Tariq Ramadan a répondu[59] que Caroline Fourest interprétait librement ses discours en les sortant de leur contexte. Il estime également que l’ouvrage de Caroline Fourest comporte un certain nombre de contre-vérités. Si Caroline Fourest reconnaîtra en 2009 que son livre Frère Tariq comportait quelques « erreurs », celles-ci selon elle ne changent rien au fond du livre[60]. Un débat a confronté les deux protagonistes au cours de l'émission de fin de soirée présentée par Frédéric Taddeï sur France 3.

Lors d'un procès qu'il intenta au politologue Antoine Sfeir[61], ce dernier considéra Ramadan comme un islamiste dangereux, militant contre l'intégration, un « fondamentaliste charmeur », un « spécialiste du double langage », ce que vinrent appuyer d'autres témoins, parmi lesquels le journaliste Mohammed Sifaoui, pour qui « ce que dit Antoine Sfeir est en deçà de la réalité ». Le tribunal (en première instance et en appel) considère qu'Antoine Sfeir a tenu des propos diffamatoires, mais il est relaxé au bénéfice de la bonne foi.

Aux accusations de double discours, Tariq Ramadan répond qu’il est confronté à un auditoire varié et que de par cette diversité (musulmans, non-musulmans, acteurs sociaux, étudiants…) ses propos restent inchangés mais son langage et ses références sont adaptés à son public ou interlocuteur. Il explique que certains de ces accusateurs ne s’en tiennent qu’à l’énoncé littéral des sources qu’il cite, pour analyser sa pensée, sans prendre en compte son avis sur ces mêmes sources. Tariq Ramadan affirme qu'il n'a pas de double discours mais plutôt que ces accusateurs ont une double audition. Enfin, il estime qu’un certain nombre de personnes sont convaincues de l’hermétisme de l’islam religion archaïque et violente, et par conséquent sont rétives à toutes notions d’un islam ouvert[62].

Le , dans l'émission On n'est pas couché de Laurent Ruquier, Tariq Ramadan a vivement mis en cause Caroline Fourest. Sur son blog, la journaliste a répondu en affirmant que Tariq Ramadan aurait menti cinq fois au cours de cette émission, y compris à son sujet et au sujet de son livre[63] : « Tariq Ramadan prétend que j’ai déformé ses propos sur l’homosexualité en vue de lui donner un sens opposé à ses idées. C’est totalement faux. En lisant l’intégralité du passage en question, vous vous rendrez compte que, loin de désapprouver la position des fondamentalistes homophobes, Ramadan se contente de ne pas approuver le fait que l’on aille jusqu’à traiter les homosexuels de « malades »… tout en considérant l’homosexualité comme un déséquilibre à combattre[44]. » Tariq Ramadan dit dans le débat qui l'a opposé à Caroline Fourest qu'il faut absolument respecter les homosexuels et que personne ne peut les juger. Cependant, il dit que puisqu'il est un homme de religion, il ne peut pas approuver l'homosexualité, bien qu'il respecte leurs "choix"[64].

Critique des « nouveaux intellectuels communautaires » et accusation d'antisémitisme[modifier | modifier le code]

Ramadan a entretenu des liens avec le mouvement altermondialiste. Invité au Forum social européen (FSE) de Paris en 2003, il publie sur le forum de discussion du FSE un texte polémique, qui fait naître l'accusation d'antisémitisme portée contre lui. Ce texte, Critiques des (nouveaux) intellectuels communautaires[65], avait dans un premier temps été envoyé aux quotidiens Le Monde et Libération, qui en avaient refusé la publication. Ramadan y affirme que plusieurs intellectuels juifs (comme Alexandre Adler, Alain Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy, André Glucksmann ou Bernard Kouchner) ne seraient plus des intellectuels universalistes défendant les droits de l'homme universels, mais développeraient des analyses communautaristes, dictées uniquement par le soutien à Israël (« On perçoit clairement que leur positionnement politique répond à des logiques communautaires, en tant que juifs, ou nationalistes, en tant que défenseurs d’Israël »). Ce soutien les aurait amenés à soutenir la guerre d'Irak. Établissant une équivalence entre terrorisme islamiste et politique d'Israël, il écrit : « S’il faut exiger des intellectuels et acteurs arabes et musulmans qu’ils condamnent, au nom du droit et des valeurs universelles communes, le terrorisme, la violence, l’antisémitisme et les États musulmans dictatoriaux de l’Arabie saoudite au Pakistan ; on n’en doit pas moins attendre des intellectuels juifs qu’ils dénoncent de façon claire la politique répressive de l’État d’Israël. »

Cette dénonciation d'intellectuels, sa forme, la globalisation de ses critiques (Pierre-André Taguieff n'a pas d'origines juives mais dont « tous les amis de la famille étaient des Juifs d'Europe de l’Est, marqués par l'expérience nazie ») et ce qu'il attribue à chacune des personnalités citées lui ont valu des réponses critiques de plusieurs intellectuels et éditorialistes, dont Alain Finkielkraut[66] ou Bernard-Henri Lévy[67] ; Lévy lui reproche notamment de produire des « énoncés antisémites » et invite les mouvements altermondialistes à prendre leurs distances avec lui. André Glucksmann répond dans l'article « Une obsession antisémite »[68]. Toujours dans le Nouvel Observateur, trois responsables du PS, Manuel Valls, Vincent Peillon et Jean-Luc Mélenchon demandent — en vain — l'exclusion de Tariq Ramadan du Forum social européen[69].

Dans la polémique, Tariq Ramadan a également trouvé des défenseurs, dont José Bové, le journaliste Daniel Mermet ou Noël Mamère[70], ou le directeur de rédaction de l'hebdomadaire de la gauche radicale Denis Sieffert, qui reprenait à son compte une partie de ses arguments :

«  Mais que dit Ramadan de si extraordinaire ? Il accuse certains intellectuels « juifs français », ou « nationalistes », « de développer des analyses de plus en plus orientées par un souci communautaire qui tend à relativiser la défense des principes universels d’égalité ou de justice ». Il leur reproche une indignation sélective. Or, c'est un fait que l'on n'a pas souvenir d’avoir beaucoup entendu Finkielkraut, Adler, BHL ou encore Taguieff condamner la politique de répression de Sharon. »

Tariq Ramadan expliquera dans son entretien avec le journaliste Aziz Zemouri, que si les journaux Le Monde et Libération ont refusé le texte, les deux journaux n'ont pas invoqué le caractère antisémite[71].

La controverse des Pays-Bas[modifier | modifier le code]

En 2007, l’université de Leyde, aux Pays-Bas lui propose d'occuper la chaire d’islamologie financée par le sultanat d'Oman[72]. Tariq Ramadan finit par refuser ce poste. La même année, il est embauché comme consultant sur les questions d'intégration par la mairie de Rotterdam et comme professeur invité par l'université de cette ville. Les deux institutions le renvoient en août 2009 en raison de sa participation aux programmes de Press TV, une chaîne de télévision financée par le régime iranien[73]. Ramadan accuse en réponse ses détracteurs néerlandais de se servir de son cas à des fins électorales[74]. Un certain nombre de fonctionnaires de l’Université Erasmus a protesté contre la façon dont l’université a uni ses forces avec la municipalité de Rotterdam pour renvoyer Tariq Ramadan : selon eux il s’agit d’une atteinte à la liberté académique[75].

Son poste avait déjà été menacé une première fois en avril 2009, lorsqu'un média néerlandais lui avait attribué des propos homophobes et sexistes. De ce fait son contrat de conseiller de la municipalité de Rotterdam chargé de « stimuler » le débat sur l'immigration fut au cœur d'une vive polémique qui a entraîné une scission au sein de la coalition qui gouverne la ville. Professeur d'islamologie à l'université Erasme, son mandat a dans le même temps été prolongé. Ses propos au sujet des homosexuels et des femmes, son rôle réel dans la communauté musulmane et ses conceptions quant à la place de l'islam dans les sociétés européennes ont été au cœur de la polémique[76].

Après enquête, la mairie de Rotterdam lui a renouvelé sa confiance, considérant que les propos rapportés par Gay Krant sont inexacts, incomplets et sortis de leur contexte ce qui rejetterait donc l'accusation du double discours de Tariq Ramadan[77]. Dans un communiqué cosigné par plusieurs professeurs et chercheurs, il est dit que « l'université doit représenter le raisonnement objectif même lorsque les émotions sont vives. Un débat s’impose et non un licenciement » affirmant que « Ramadan est un homme qui croit dans un débat ouvert et constructif en toutes circonstances » et rappelant que « le programme [mis en cause] ne fait aucune propagande en faveur du régime d’Ahmadinejad ; Ramadan a d’ailleurs condamné la politique de répression de ce gouvernement. »[78] Les universitaires Paul Aarts, Michiel Leezenberg, Annelies Moors et Ruud Peters de l’Université d’Amsterdam (UvA) souhaitent avoir Tariq Ramadan comme professeur invité, pour eux « ce serait un honneur pour l’Université d’Amsterdam si Tariq Ramadan était le bienvenu ici. Ainsi, nous montrerions clairement que l’UvA ne s’associe pas à la campagne diffamante contre les musulmans qui considèrent que l’islam est important pour eux également au-delà de la sphère privée »[79],[80].

Un tribunal de Rotterdam a estimé que le licenciement de Tariq Ramadan était conforme. Il a aussi estimé que l'intéressé n'était pas fondé à réclamer des dommages et intérêts pour la mise en cause de son honneur et de sa réputation tout en considérant que la ville avait pu à juste titre invoquer « l'agitation sociale » résultant de l'affaire sans qu'il faille considérer les propos comme offensants[81]. Le même jour, Tariq Ramadan reproche au tribunal de ne pas avoir pris en compte ses arguments : la promptitude de son licenciement dû au climat populiste de l'époque alors qu’il était absent, la non prise en compte de la nature de l’émission ainsi que de ses critiques à l’égard du régime iranien et donc de son indépendance vis-à-vis de ce dernier et accuse clairement le tribunal d'avoir pris une décision tendancieuse motivée par « un climat politique malsain » ainsi que par le fait qu'il est musulman et annonce qu'il fera appel de cette décision[82].

Le 8 novembre 2012, le Tribunal de Rotterdam donne raison à Tariq Ramadan et statue que l’Université avait agi en contrevenant à ses droits. Cette dernière devra, non seulement couvrir les frais de justice mais également l’indemniser pour les dommages subis[83].

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Nommé en 2000 comme l'un des sept innovateurs religieux du XXIe siècle par Time Magazine (États-Unis).
  • Élu comme l'une des 100 personnes les plus influentes du monde en 2004 par Time Magazine (États-Unis).
  • Élu européen de l'an 2006 par EuropeanVoice[84].
  • Nommé parmi les 100 intellectuels les plus influents du monde en 2006, 2008, 2009, 2010 et 2012 (Prospect Magazine UK et Foreign Policy USA).
  • Récompensé d'une étoile de distinction dans le Publishers Weekly pour What I believe (traduction anglaise de Mon intime conviction).

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages

  • (fr) L'Islam et le Réveil arabe, Éd. Presses du Châtelet, nov. 2011 (ISBN 9782845923294)
  • (fr) Mon intime conviction, Éd. Presses du Châtelet, oct. 2009, 183 p. (ISBN 9782845922907)
  • (fr) L'Autre en nous pour une philosophie du pluralisme, Éd. Presses du Châtelet, avr. 2009, 278 p. (ISBN 2845922825)
  • (fr) Islam, la réforme radicale, éthique et libération, Éd. Presses du Châtelet, oct. 2008, 417 p. (ISBN 9782845922662)
  • (fr) Muhammad, Vie du Prophète, Éd. Presses du Châtelet, oct. 2008, 382 p. (ISBN 2845922019)
  • (fr) Mondialisation Résistances musulmanes, Éd. Tawhid, nov. 2003, 153 p. (ISBN 2848620161)
  • (fr) Les Musulmans d'occident et l'Avenir de l'islam, Éd. Sindbad, janv. 2003, 383 p. (ISBN 2742740058)
  • (fr) Jihâd, violence, guerre et paix en Islam, Questions Contemporaines n°5, Éd. Tawhid, déc. 2002, 79 p. (ISBN 284862048X)
  • (fr) Dar ash-shahada : L'Occident, espace du témoignage, Questions Contemporaines n°4, Éd. Tawhid, sept. 2002 (2e éd. juin 2004), 79 p. (ISBN 2848620471)
  • (fr) La Foi, la Voie et la Résistance, Questions Contemporaines n°3, Éd. Tawhid, sept. 2002 (2e éd. juin 2004), 79 p. (ISBN 2848620463)
  • (fr) Musulmans d'Occident : Construire et Contribuer, Questions Contemporaines n°2, Éd. Tawhid, sept. 2002 (2e éd. juin 2004), 69 p. (ISBN 2848620455)
  • (fr) De l'Islam, Éd. Tawhid, sept. 2002 (ISBN 2909087808)
  • (fr) Aux sources du renouveau musulman - D'al-Afghâni à Hassan al-Bannâ, un siècle de réformisme islamique, Éd. Tawhid, sept. 2002, 478 p. (ISBN 2909087972)
  • (fr) Entre l'Homme et son cœur..., Éd. Tawhid, sept. 2001 (2e éd. janv. 2005), 112 p. (ISBN 2909087670)
  • (fr) Islam : le face à face des civilisations - Quel projet pour quelle modernité ?, Éd. Tawhid, sept. 2001 (2e éd. janv. 2005), 385 p. (ISBN 2848620498)
  • (fr) L'Islam en questions, Éd. Actes Sud, oct. 2000, 231 p. (ISBN 2742737626)
  • (fr) Ouvrage collectif, La Spiritualité, un défi pour notre société - Convictions en dialogue et responsabilités communes, Éd. Tawhid & Réveil Publications, sept. 2000, 97 p. (ISBN 9782909087597)
  • (fr) L’Islam et les Musulmans, grandeur et décadence, Éd. Al Bouraq, avr. 2000, 100 p. (ISBN 284161008X)
  • (fr) avec Jacques Neirynck, Peut-on vivre avec l'islam ? Le choc de la religion musulmane et des sociétés laïques et chrétiennes, Éd. Favre, avril 2000 (2e éd. mars 2004), 263 p. (ISBN 2828907848)
  • (fr) Être musulman européen : Étude des sources islamiques à la lumière du contexte européen, Éd. Tawhid, sept. 1999 (ISBN 2909087433)
  • (fr) Les Musulmans dans la laïcité : Responsabilités et droits des Musulmans dans les sociétés occidentales, Éd. Tawhid, 1994 (2e éd. sept. 1998), 217 p. (ISBN 2909087379)
  • (fr) Préface de Yasser Arafat, intime par Isabel Pisano, Éd. Demi-Lune, octobre 2009 (ISBN 9782719112069)
  • (fr) Ouvrage collectif, Le Coran : Nouvelle traduction française du sens de ses versets, Éd. Tawhid, nov. 2006, 760 p. (ISBN 2848620854)
  • (fr) Traduction Le Saint Coran - Chapitre Amma avec la traduction en langue française du sens de ses versets (par Tariq Ramadan) et la translittération phonétique en caractères latins, Éd. Tawhid, sept. 2003 (ISBN 284862003X)
  • (fr) Yusuf Islam (trad. T. Ramadan), La Vie du dernier prophète, Éd. Tawhid, sept. 1999 (ISBN 2909087492)
  • (en) The Messenger, Éd. A.Lane (ISBN 0713999608)
  • (en) Western Muslims And the Future of Islam, Éd. Oxford University Press, États-Unis (ISBN 0195183568)
  • (en) Islam, the West, and Challenges of Modernity, Éd. Islamic Foundation (ISBN 0860373118)
  • (en) To Be a European Muslim, Éd. Islamic Foundation (ISBN 0860373002)
  • (en) Muslims in France, Éd. Islamic Foundation (ISBN 0860372995)
  • (en) In the Footsteps of the Prophet: Lessons from the Life of Muhammad, Éd. Oxford University Press, États-Unis (ISBN 0195308808)
  • (es) Reformismo Musulman, El - Desde Sus Origenes, Éd. Bellaterra (ISBN 8472901459)

Articles

  • (fr) « Cessons d'entretenir la méfiance sur la révolte des peuples musulmans. Les Occidentaux ont trop souvent soutenu les dictateurs pour donner des leçons », in Le Monde, samedi 12 février 2011

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire mondial de l'islamisme, ouvrage collectif, Plon, 2002, 438 p. (ISBN 2259197604)
  • Jack-Alain Léger, Tartuffe fait Ramadan, Denoël, 2003.
  • La Croix, 29/01/2004.
  • Caroline Fourest, Frère Tariq : Discours, stratégie et méthode de Tariq Ramadan, Grasset & Fasquelle, 2004, 450p. (ISBN 2246667917)
  • Lionel Favrot, Tariq Ramadan dévoilé - hors-série de Lyon Mag, 2004, 297 p.
  • Jack-Alain Léger, À contre Coran, éditions HC, collection « Hors de moi », mars 2004.
  • Aziz Zemouri, Faut-il faire taire Tariq Ramadan ?, L'Archipel, 2005, 382 p. (ISBN 2841876470)
  • Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des modernes, Paris, Odile Jacob, 2008, pp. 416-424.
  • Paul Landau, Le sabre et le coran, Tariq Ramadan et les frères musulmans à la conquête de l'Europe, Éditions du Rocher, 2005, 230 p. (ISBN 978-2268053172)
  • Ian Zamel, La vérité sur Tariq Ramadan, sa famille, ses réseaux, sa stratégie, Favre, 2007, 364 p. (ISBN 2-8289-0941-7)

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Égypte : La crise égyptienne, Tariq Ramadan sur i TELE », sur youtube.com (consulté le 1er février 2011)
  2. sur le site Altermedia
  3. La Croix, 29/01/2004.
  4. investigativeproject.org
  5. http://www.tariqramadan.com/spip.php?article10984
  6. EuropeanVoice, les européens de l'année
  7. Ox.ac.uk
  8. (en) Center for Islamic Legislation and Ethics
  9. Hanan Ben Rhouma, Tariq Ramadan : « La réforme radicale » passera par le Centre de recherche pour l'éthique au Qatar, in Saphir News.com, 16/02/2012, article en ligne ; voir aussi Inauguration du centre de recherche "CILE", site officiel de Tariq Ramadan
  10. http://survivreausida.net/a5029-hani-ramadan-la-charia-incomprise.html
  11. in Socialisme international, n°12, mars 2005 Interview de Tarik Ramadan
  12. Conférence de Tariq Ramadan : « Réponses aux salafs »
  13. Interview Nadine Rosa-Rosso
  14. (article Nord Éclair, 8 janvier 2009) Gaza : depuis Lille, Tariq Ramadan appelle au « réveil des consciences » - Nord Éclair, l'actualité quotidienne du Nord-Pas-de-Calais, de la métropole lilloise à l'Artois
  15. http://www.tariqramadan.com/spip.php?article10820
  16. Mon intime conviction, p. 57
  17. Mon intime conviction, p. 58
  18. Mon intime conviction, p. 29
  19. Mon intime conviction, pp 37-38
  20. a et b Mon intime conviction, p. 30
  21. Mon intime conviction, p 163
  22. Mon intime conviction, p. 19
  23. Mon intime conviction, p. 50
  24. a et b Mon intime conviction, p. 67
  25. Mon intime conviction, p. 65
  26. Mon intime conviction, p. 78
  27. Mon intime conviction, p. 20
  28. Mon intime conviction, p 86.
  29. Mon intime conviction, pp. 86-87
  30. Mon intime conviction, p. 87
  31. a et b Mon intime conviction, p. 88
  32. Mon intime conviction, p. 89
  33. Mon intime conviction, p. 93
  34. Mon intime conviction, p. 94
  35. Mon intime conviction, p. 95
  36. Mon intime conviction, pp. 96-97
  37. Mon intime conviction, p. 97
  38. Mon intime conviction, p. 21
  39. Propos rapporté dans Alain Gresh, Israël, Palestine. Vérités sur un conflit., Fayard, 2007, pp.40-41.
  40. Manifester pourquoi ?, 14 janvier 2004
  41. YouTube - Sarkozy contre Tariq Ramadan (2)
  42. Tariq Ramadan, Émission : On n'est pas couché 27/09/09
  43. Tariq Ramadan, « Islam et Homosexualité », sur tariqramadan.com,‎ 28 mai 2009 (consulté le 1er février 2011)
  44. a et b Tariq Ramadan déforme ses propres citations…, Tariq Ramadan déforme ses propres citations… « Caroline Fourest
  45. Tariq Ramadan et l'homosexualité, Haouès Seniguer & Bakary Sambe, Huffington Post, 21 juillet 2013
  46. Faut-il faire taire Tariq Ramadan ?, Aziz Zemouri, éditions l'Archipel, p. 67 et 68
  47. Site sur France Culture. Ecoutez l'émission
  48. « L'affaire Tariq Ramadan ... par François Burgat », sur forum.aufeminin.com (consulté le 11 février 2011)
  49. Article disponible en ligne à cette adresse
  50. Tariqramadan.com
  51. Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des modernes, Paris, Odile Jacob, 2008, p. 416 et suivantes.
  52. Islam de France, n°8]
  53. Oumma.com
  54. Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des modernes, Paris, Odile Jacob, 2008, p. 417 et suivantes.
  55. Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des modernes, Paris, Odile Jacob, 2010, p. 422, et note 57 p. 662.
  56. Source
  57. « Pour Caroline Fourest et Antoine Sfeïr, un moratoire sur Tariq Ramadan est plus important qu’un moratoire sur la lapidation » par Karim Kettani sur oumma.com, 20 avril 2005.
  58. Frère Tariq, Prochoix, la revue pour le droit de choisir
  59. voir sur Oumma.com
  60. Vraies préfaces et petit tour de passe-passe' par Caroline Fourest
  61. Nicolas Mom, « Lyon Mag’ et Antoine Sfeir relaxés ! », sur SaphirNews,‎ 20 décembre 2002 (consulté le 19 novembre 2009)
  62. Faut-il faire taire Tariq ramadan?, Aziz Zemouri, édition l'Archipel, p.  65-71
  63. Le dernier show de Tariq Ramadan chez Ruquier, carolinefourest.wordpress.com
  64. Dailymotion - Tariq RAMADAN Vs Caroline FOUREST - 16/11/2009 - 1/4 - - une vidéo Actu et Politique
  65. Tariq Ramadan, « Critique des nouveaux intellectuels communautaires »,‎ 3 octobre 2003 (consulté le 30 juin 2008)
  66. in Le Figaro, 31 octobre 2003.
  67. Le Point www.lepoint.fr, Le Point.
  68. hebdo.nouvelobs.com, le Nouvel Observateur.
  69. archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=societe/20031021.OBS8454.html&host=http://permanent.nouvelobs.com
  70. Oumma.com
  71. Aziz Zemouri, Faut-il faire taire Tariq Ramadan?, édition l'Archipel, pp. 263-264
  72. Pierre-André Taguieff, La Judéophobie des modernes, Paris, Odile Jacob, 2008, p. 422 et note 59, p. 662 : référence à Sabine Cessou, « Tariq Ramadan professeur aux Pays-Bas », Libération du 9/11/2007
  73. Rotterdam rompt avec Tariq Ramadan, Le Figaro
  74. Lettre ouverte à mes détracteurs aux Pays-Bas, site personnel de Tariq Ramadan
  75. Dutchnews.nl
  76. Le Monde.fr, Polémique autour de Tariq Ramadan, conseiller de la mairie de Rotterdam
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