Pierre Musso

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Pierre Musso, né en 1950, est un philosophe de formation, docteur en sciences politiques, professeur en Sciences de l'information et de la communication à Télécom ParisTech, ainsi qu'à l'université de Rennes II, et chercheur au LTCI, au LAS Université de Rennes 2 et associé au LIRE -ISH Université de Lyon II.
Il est titulaire de la chaire d'enseignement et de recherche « Modélisations des imaginaires, innovation et création », lancée en octobre 2010, portée par Télécom ParisTech et l'Université de Rennes 2, avec quatre industriels de taille mondiale, Dassault Systèmes, Ubisoft, Orange et PSA Peugeot-Citroën, et avec le soutien de la DATAR et d'Alcatel Lucent Bell Labs.[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Philosophe de formation, administrateur des PTT diplômé de l'ENSPTT (promotion 1978), il a soutenu une thèse de doctorat d'État en science politique à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, sous la direction de Lucien Sfez, consacrée aux télécommunications, à la régulation des réseaux et à Saint-Simon.
Il a obtenu son Habilitation à Diriger des Recherches à la Sorbonne.
Il participe à la DATAR à des travaux sur les nouvelles technologies et l’aménagement du territoire.
Il fut chercheur au Centre national d'études des télécommunications (CNET) et fondateur de Créanet (devenu le Studio créatif). Après avoir occupé divers postes de responsabilité dans le secteur des études, de la prospective et de la recherche dans les télécommunications et l'audiovisuel, il a été membre du premier conseil d’administration de France Télécom de 1991 à 1995.
Il fut encore directeur de la recherche à l’INA. Pierre Musso a présidé plusieurs groupes de prospective de la DATAR « Réseaux, services, usages » et, en 2006, « Cyberterritoire et territoires 2030 » ; il est membre du comité de rédaction de la revue Quaderni.

Il est actuellement professeur des Universités à l'Université Rennes 2 et à Télécom ParisTech où il est titulaire de la chaire de recherche et d'enseignement "Modélisations des imaginaires, innovation et création".

Critique de l'idéologie du réseau[modifier | modifier le code]

Sa critique de l'idéologie du réseau s'inspire de Saint-Simon.

Le réseau est entré dans les habitudes, il est d'ailleurs devenu invisible pour la société, devenu naturel. Le réseau est selon lui omniprésent dans nos vies, téléphonique, télévisuel, ferroviaire, urbain, de connaissances, etc. il est partout. Internet, comme les autres réseaux avant lui, risque aussi de perdre de sa visibilité alors que les techniciens, eux, sont obligés de travailler sur un réseau bien réel.

Musso critique l’idéologie du réseau dans ce que ceux qui l'expriment ne connaissent pas les tenants réels de ce réseau. Il nomme cette idéologie, une "rétiologie" (retis + logos). Voir son article sur le sujet dans la revue Quaderni[2]. Il y a pour lui un contraste entre ceux qui font l'idéologie du réseau et ceux qui font réellement ce réseau.

Le concept de réseau s’est pour lui fixé grâce à Saint-Simon après une longue maturation. Il a ensuite doucement glissé vers une idéologie. En critiquant les idéologues du réseau, Musso tente de définir ce que pourrait être un discours raisonnable sur le réseau. Selon lui, les ingénieurs sont a contrario trop occupés par les détails de la technique pour énoncer ce que devrait être le réseau. Il reviendrait donc aux philosophes de produire les concepts qui permettent de penser le réseau : mais pour cela ils doivent acquérir les connaissances techniques nécessaires, ce qui implique qu'ils cessent d'opposer la technique à la pensée.

«  Ainsi le réseau technique devient-il la fin et le moyen pour penser et réaliser la transformation sociale, voire les révolutions de notre temps. L’idéologie triomphante du réseau est une façon de faire l’économie des utopies de la transformation sociale, d’opérer un transfert au sens psychanalytique, du politique sur la technique[3]. »

Sur Berlusconi et les médias en Italie[modifier | modifier le code]

En 2003, dans son livre intitulé Berlusconi, le nouveau prince, Musso défend l'idée que ce premier ministre italien est en passe d'inaugurer une nouvelle manière de faire de la politique. Le phénomène Berlusconi[4] est analysé sous l'angle de son rapport au pouvoir et aux médias. Une politique basée sur le spectacle, qui serait causée par la perte des idéaux révolutionnaires (voir Vidéocratie).

Sur Berlusconi et l'Italie, voir le numéro 32 de la revue Quaderni, et notamment l'article de Pierre Musso sur "Berlusconi, figure symbolique du commanagement" [5].

Dans Le Sarkoberlusconisme, Musso présente l'analyse comparée de deux personnalités qui manient les mêmes techniques de gouvernement, notamment celles de la néo-télévision et du néo-management.

Sur le "sarkoberlusconisme", voir article de la revue Le Temps des Médias n°10[6].

Le sarkoberlusconisme a fait la "Une" du quotidien Le Monde en juin 2008[7].

Sur Saint-Simon[modifier | modifier le code]

Dans sa thèse et ses ouvrages sur Saint-Simon, La religion du monde industriel et Télécommunications et philosophie des réseaux, Musso est le premier à avoir établi que Saint-Simon utilise le concept de réseau, pour penser le nouveau système industriel à venir et la transition sociale vers celui-ci. Voir "Aux origines du concept moderne : corps et réseau dans la philosophie de Saint Simon" in revue Quaderni [8].

L'objet central de la philosophie de Saint-Simon est le changement social:

«  Dans ses variations, Saint-Simon déplace son point de vue et modifie ses instruments pour analyser le même objet, le changement social. Si le regard porte loin, la transition sera d'ampleur morale et religieuse, si le regard porte près, sur la conjoncture, la transition sera d'ampleur institutionnelle; enfin, si le regard est de portée moyenne, la transition affectera le système social.[9] »

Voir "La science politique de Saint-Simon contre l'utopie" dans la revue Quaderni[10].

Sur la société d'information et l'imaginaire des TIC[modifier | modifier le code]

Pierre Musso poursuit la critique des imaginaires et représentations sociales des techniques de l'information et de la communication et de la "société d'information"[11]. Il travaille sur l'imaginaire de l'industrie[12].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Critique des réseaux, PUF, 2003
  • Réseaux et société, PUF, 2003
  • Berlusconi, le nouveau prince, La Tour d'Aigues, Éditions de l'Aube, 2003
  • Le phénomène Berlusconi : ni populisme ni vidéocratie, mais néo-politique, article paru dans le dossier « Peuple, populaire, populisme » de la revue Hermès n° 42 en 2005
  • Télécommunications et philosophie des réseaux. PUF, collection Politique éclatée, 2è édition, 1998
  • Saint-simon et le saint-simonisme, Que sais-je ? PUF 1999
  • Le vocabulaire de Saint-Simon, Ellipses, 2005
  • Fabriquer le Futur, l'imaginaire au service de l'innovation, Village Mondial, 2005
  • La religion du monde industriel, analyse de la pensée de Saint-Simon, La Tour d'Aigues, Éditions de l'Aube, 2006
  • Fabriquer le Futur 2, l'imaginaire au service de l'innovation, avec Laurent Ponthou et Eric Seulliet, Village Mondial, 2007
  • Les télécommunications, collection "Repères", La Découverte, 2008
  • Le sarkoberlusconisme, La Tour d'Aigues, Éditions de l'Aube, 2008[13]
  • Territoires et cyberespace 2030 (dir.) La Documentation Française/DATAR. 2008
  • Télé-politique. Le sarkoberlusconisme à l'écran, La Tour d'Aigues, Éditions de l'Aube, 2009
  • Yves Klein. Fin de représentation, Manucius, 2010
  • Saint-Simon, l'industrialisme contre l'État, La Tour d'Aigues, Éditions de l'Aube, 2010
  • Edition critique des Oeuvres complètes de Saint-Simon, avec Juliette Grange, Philippe Régnier et Franck Yonnet PUF, 2012
  • L'imaginaire industriel,Manucius, 2013

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.imaginaires.telecom-paristech.fr
  2. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/quad_0987-1381_2004_num_55_1_1629?_Prescripts_Search_isPortletOuvrage=false
  3. L'Humanité, article paru dans l'édition du 25 mars 2003
  4. http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/12/berlusconi-le-mystere-d-une-popularite-par-pierre-musso_1279823_3232.html
  5. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/quad_0987-1381_1997_num_32_1_1196?_Prescripts_Search_isPortletOuvrage=false
  6. http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=TDM_010_0129#
  7. http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/06/03/le-sarkoberlusconisme-avatar-latin-d-une-droite-europeenne-conquerante_1053053_3214.html
  8. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/quad_0987-1381_1987_num_3_1_2037?_Prescripts_Search_isPortletOuvrage=false
  9. Pierre Musso, Saint-Simon et le saint-simonisme, PUF. Que Sais-je?, 1999, p.95.
  10. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/quad_0987-1381_2000_num_42_1_1458
  11. http://ress.revues.org/618
  12. http://imaginaires.telecom-paristech.fr/2013/04/20/pierre-musso-invite-des-jeudis-de-l%E2%80%99imaginaire-18-avril-2013/
  13. Agoravox, article paru dans l'édition du 11 juin 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]