Renaud Dutreil

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Renaud Dutreil
Image illustrative de l'article Renaud Dutreil
Fonctions
Député de la 1re circonscription de la Marne
20 juin 200716 septembre 2008
Prédécesseur Francis Falala
Successeur Arnaud Robinet
Ministre des PME, du Commerce, de l'Artisanat et des Professions libérales
2 juin 200515 mai 2007
Président Jacques Chirac
Gouvernement Dominique de Villepin
Prédécesseur Christian Jacob
Successeur Hervé Novelli
Ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'État
30 mars 200431 mai 2005
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin III
Prédécesseur Jean-Paul Delevoye
Successeur Christian Jacob (Fonction publique)
Jean-François Copé (Réforme de l'État)
Secrétaire d'État aux PME, au Commerce, à l'Artisanat, aux Professions libérales et à la Consommation
7 mai 200230 mars 2004
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin I
Jean-Pierre Raffarin II
Prédécesseur François Patriat
Successeur Christian Jacob
Député de la 5e circonscription de l'Aisne
23 août 19947 juin 2002
Prédécesseur André Rossi
Successeur Daniel Gard
Biographie
Date de naissance 12 juin 1960 (54 ans)
Lieu de naissance Chambéry (Savoie)
Nationalité Française
Parti politique UMP
Profession Maître des requêtes au Conseil d'État

Renaud Dutreil, né le 12 juin 1960 à Chambéry (Savoie), est un homme politique français, secrétaire d'État puis ministre de 2002 à 2007.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Fils d'un directeur de société lyonnais, il est issu d'une lignée de parlementaires français, remontant à Nicolas Charles Bernard-Dutreil[réf. nécessaire]. Il est lauréat du concours général de philosophie, et entre à l'École normale supérieure en 1981. Il obtient une maîtrise de lettres ainsi qu'un DEA en sociologie de l'art. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, Renaud Dutreil est aussi ancien élève de l'ENA, dont il sort 2e en 1989.

Il commence sa carrière au Conseil d'État en 1989 comme auditeur, puis devient maître des requêtes et commissaire du gouvernement[1].

L'ascension d'un député[modifier | modifier le code]

En mars 1994, il est élu conseiller général de l'Aisne pour le canton de Charly-sur-Marne. La même année, il devient député de l'Aisne après le décès d'André Rossi, dont il était le suppléant depuis les élections législatives de 1993. En 1995, il entre au conseil municipal de Château-Thierry, dans l'opposition[2].

En 1996, il est volontaire pour devenir rapporteur d'un projet de loi déposé par Jacques Toubon visant à condamner le racisme comme délit de droit commun plutôt qu'infraction sur la presse. Jugé attentatoire à la liberté d'expression, ce projet est sévèrement critiqué au sein même de la droite parlementaire[3].

Il se représente aux élections législatives de 1997. Il arrive en tête du premier tour avec environ 30 % des voix. Au second tour, il l'emporte avec un peu moins de 1 100 bulletins d'avance face au maire socialiste de Château-Thierry, dans un triangulaire avec le FN[4].

En septembre, quelques mois après la défaite de la droite aux législatives, il lance avec Patrick Labaune, en autres, l'« appel de Valence » qui invite le RPR et l’UDF à s'unir pour former « un parti unique » de droite[5].

En 2001, il est réélu conseiller général et devient membre du conseil municipal de Charly-sur-Marne[2].

Au début des années 2000, il appartient aux figures montantes de la droite. En 2001, il participe à la fondation puis préside l'Union en mouvement, ancêtre de l'Union pour un mouvement populaire[1],[2], dont il est le premier président[réf. nécessaire] lors de sa création en 2002, avant de céder la place à Alain Juppé après son entrée au gouvernement . Il est le rédacteur des premiers statuts de l'UMP, introduisant les principes de pluralité de courants et de désignation du candidat à l'élection présidentielle par des primaires, principes qui seront enterrés par la suite. Bien qu'issu de l'UDF, il est réputé proche d'Alain Juppé, président de l'UMP, et de Jacques Chirac, Président de la République[1]. Lors des élections législatives de 2002, il arrive largement en tête du premier tour avec 46,33 % des suffrages et remporte le second face au FN avec 73,39 % des voix[6].

Au gouvernement[modifier | modifier le code]

De 2002 à 2007, Renaud Dutreil, en tant que secrétaire d'État ou ministre chargé des PME, fait voter plusieurs lois qui portent son nom, avec des résultats marquants : le nombre de créations d'entreprises en France connaît un rebond spectaculaire, la fiscalité sur la transmission d'entreprises est fortement réduite, la fiscalité incitative à l'investissement productif est améliorée (création des Fonds d'Investissement de Proximité), la législation sur la distribution est modernisée et libéralisée, l'apprentissage est relancé[réf. nécessaire], les « entreprises du patrimoine vivant » sont créées ainsi que le statut des métiers d'art.

Le 31 mars 2004, Renaud Dutreil est nommé ministre de la Fonction publique et de la réforme de l'État. À ce poste, il introduit le Contrat à Durée Indéterminée dans le statut de la Fonction Publique et propose la refonte des corps de fonctionnaires, réforme finalement abandonnée par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.[réf. nécessaire]

Après le gouvernement[modifier | modifier le code]

Dès 2003, il envisage de se présenter aux prochaines municipales (2008) à Lyon, alors que la droite est divisée depuis la victoire de Gérard Collomb. Alors qu'il est favori, c'est Dominique Perben, ministre et maire de Chalon-sur-Saône, qui est choisi pour mener la droite lyonnaise lors de cette élection[7].

Renaud Dutreil décide finalement de s'implanter sur Reims. Aux élections législatives de 2007, il se présente dans la première circonscription de la Marne. Il prend la tête du premier tour, malgré la présence du député sortant Francis Falala, en tant que divers droite, et l'emporte au second avec 53,72 % des voix face au socialiste Eric Quénard[8].

Le 9 novembre 2007, il est préféré à Catherine Vautrin pour l'investiture de l'UMP comme candidat à la mairie de Reims en mars 2008[9]. Cependant, Catherine Vautrin décide de maintenir sa candidature et obtient le soutien du maire sortant Jean-Louis Schneiter (DVD) et de Jean-Marie Beaupuy, candidat du MoDem[10]. En fin d'année 2007, un sondage le donne favori, sauf en cas de maintien de la liste Vautrin[11]. Ses deux principales rivales, Catherine Vautrin et Adeline Hazan (PS) concentrent leurs critiques sur le « parachuté »[12]. Au fil de la campagne, il perd des points dans les sondages et se retrouve à égalité avec la liste Vautrin, qui réaliserait d'ailleurs un meilleur score au second tour[13]. Au soir du premier tour, la liste que conduit Renaud Dutreuil arrive troisième avec 23 % des voix derrière la liste d'Adeline Hazan (42,06 %) et celle de Catherine Vautrin (25,19 %). L'UMP accorde le lendemain l'investiture à la liste dissidente. Renaud Dutreuil se retire mais ne veut pas appeler à voter pour Catherine Vautrin, qui refuse la fusion des listes[14]. Il change d'avis et lui apporte finalement son soutien, mais Adeline Hazan remporte la mairie avec plus de 56 % des suffrages.

En août 2008, il annonce qu'il quitte la politique pour présider à partir de septembre la filiale américaine du groupe de luxe français LVMH à New York[15], fonction qu'il quitte en juin 2012[16].

Après la politique[modifier | modifier le code]

Il dirige depuis une société d'investissement qui investit dans des start ups développant des modèles de rupture et se consacre par ailleurs à des activités d'intérêt général bénévoles : Il est Président de l'École de design Parsons Paris, tout en étant membre du Board de Parsons School for Design New York, il est Président de la fondation 972 Fifth Avenue, qui porte le projet de la librairie française de New York, il siège au Conseil d'Administration de la Maison Française de Columbia University[réf. nécessaire].

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

Carrière au sein de partis politiques[modifier | modifier le code]

  • président de l'Union en mouvement puis de l'UMP, lors de sa création en 2002, avant de laisser la présidence à Alain Juppé[réf. nécessaire]
  • janvier 2006 : secrétaire général du Parti radical, mouvement affilié à l'UMP

Carrière élective[modifier | modifier le code]

  • 2003 - 2007 : président de l'union des communautés de communes du sud de l'Aisne[18]
  • 2007 - 2008 : député de Reims (1re circonscription) et vice-président du groupe UMP à l'Assemblée nationale

Carrière parlementaire[modifier | modifier le code]

Assemblée nationale

Carrière ministérielle[modifier | modifier le code]

  • mai 2002 - mars 2004 : secrétaire d'État aux PME, au Commerce, à l'Artisanat, aux Professions libérales et à la Consommation
  • mars 2004 - 31 mai 2005 : ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'État
  • juin 2005 - 15 mai 2007 : ministre des PME, du Commerce, de l'Artisanat et des Professions libérales

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Coq sur la paille, Paris, Editions Quai Voltaire, 1995, (ISBN 2876531801)
  • La République des âmes mortes, Paris, Editions du Cherche-Midi, 2001
  • Le Geste et la parole des métiers d'art, Cherche-Midi, 2004 (en collaboration avec Erik Orsenna)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Sipa Press, « Renaud Dutreil », sur Le Nouvel Observateur,‎ 1er avril 2004 (consulté le 2 octobre 2013).
  2. a, b et c « Renaud Dutreil : ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l’Artisanat et des Professions libérales », sur Archives du Portail du Gouvernement (consulté le 2 octobre 2013).
  3. Denis Demonpion et Valérie Guien, « La polémique », Le Point,‎ 23 novembre 1996 (lire en ligne)
  4. AFP, « Résultats des élections législatives de 1997 : Chateau-Thierry (5e circonscription) », sur site de l'Assemblée nationale (consulté le 2 octobre 2013).
  5. Aude Rossigneux, « Histoire d'un accouchement difficile », Le Point,‎ 15 novembre 2002
  6. « Résultats des élections législatives 2002 dans la 5e circonscription de l'Aisne », sur site du Ministère de l'Intérieur (consulté le 2 octobre 2013).
  7. « Retraite de luxe pour Dutreil », LyonMag.com,‎ 10 septembre 2008 (lire en ligne)
  8. « Résultats des élections législatives 2002 dans la 1re circonscription de la Marne », sur site du Ministère de l'Intérieur (consulté le 2 octobre 2013).
  9. Jean-Michel Normand et Xavier Ternisien, « L'UMP présente des femmes aux municipales dans dix grandes villes », Le Monde,‎ 9 novembre 2007 (lire en ligne)
  10. Rosalie Lucas, « Reims : la droite divisée entre Dutreil et Vautrin », Le Parisien,‎ 23 février 2008 (lire en ligne)
  11. « Reims : Dutreil serait battu en cas de triangulaire », Le Nouvel Observateur,‎ 12 décembre 2007 (lire en ligne)
  12. Pierre-François Decourcelle, « A Reims, « tout sauf Dutreil » pour ses deux rivales », Rue89,‎ 14 février 2008 (lire en ligne)
  13. Sophie Huet, « Reims : le choc Dutreil-Vautrin fait les affaires de la gauche », Le Figaro,‎ 28 février 2008 (lire en ligne)
  14. Jamila Aridj, « À Reims, face au PS, Dutreil appelle à voter pour Vautrin », Le Point,‎ 13 mars 2008 (lire en ligne)
  15. « Dutreil quitte la vie politique pour LVMH », L'Express,‎ 8 août 2008 (lire en ligne)
  16. Sophie Lécluse et Claire Bader, « Renaud Dutreil quitte en catimini LVMH », Capital,‎ 28 septembre 2012 (lire en ligne)
  17. « Député de l'Aisne, vice-président du Parti radical André Rossi est mort », Le Monde,‎ 24 août 1994 :

    « Après avoir été élu conseiller municipal de Saint-Maurice-de-Beynost, une commune de l'Ain, il [Renaud Dutreil] rejoint le département de l'Aisne pour devenir le suppléant d'André Rossi lors des élections législatives de mars 1993. »

    .
  18. Lettre du pays du sud de l'Aisne, juin 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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