Jean-Louis Debré

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Jean-Louis Debré
Jean-Louis Debré, en septembre 2012.
Jean-Louis Debré, en septembre 2012.
Fonctions
9e président du Conseil constitutionnel français
En fonction depuis le 5 mars 2007
(7 ans, 9 mois et 22 jours)
Prédécesseur Pierre Mazeaud
12e président de l'Assemblée nationale
25 juin 20024 mars 2007
(4 ans, 8 mois et 7 jours)
Législature XIIe
Prédécesseur Raymond Forni
Successeur Patrick Ollier
Ministre de l'Intérieur
18 mai 19952 juin 1997
(2 ans, 0 mois et 15 jours)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Alain Juppé I
Alain Juppé II
Prédécesseur Charles Pasqua
Successeur Jean-Pierre Chevènement
Biographie
Date de naissance 30 septembre 1944 (70 ans)
Lieu de naissance Toulouse (France)
Nationalité Française
Parti politique UMP
Conjoint Anne-Marie Debré († 2007)
Valérie Bochenek
Diplômé de Institut d'études politiques de Paris
École nationale de la magistrature
Profession Magistrat

Jean-Louis Debré, né le 30 septembre 1944 à Toulouse, est un homme politique français. Ancien ministre de l'Intérieur et président de l'Assemblée nationale, il préside le Conseil constitutionnel depuis le 5 mars 2007.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Debré est le fils de Michel Debré, ancien Premier ministre, et le frère (faux jumeau) de Bernard Debré, médecin et député. Il a deux autres frères : Vincent Debré, homme d'affaires né en 1939, et François Debré, journaliste, né en 1942. Il est aussi le petit-fils du pédiatre Robert Debré et, du côté de sa mère, de l'architecte Charles Lemaresquier. Il est également le neveu du peintre Olivier Debré. Enfin, il est l'arrière-petit-fils du grand rabbin Simon Debré (1854-1939). Avec son épouse Anne-Marie Debré, décédée le 21 juillet 2007, il a eu trois enfants : Charles-Emmanuel Debré, directeur business Grands Comptes de Bouygues Télécom, Guillaume Debré, journaliste et Marie-Victoire Debré, comédienne[1]. Il fut élève à l'école Hattemer.

Adolescent, il souffre d'un tassement de la colonne vertébrale et, marginalisé, ne présente pas le baccalauréat[2]. Plus tard, l'ancien membre de cabinet de Michel Debré et ami de la famille Pierre Mazeaud lui propose de s'inscrire pour passer une capacité en droit. C'est ainsi qu'il obtient une licence en droit qui lui permettra de poursuivre sa carrière. Licencié en droit, titulaire d'un diplôme d’études supérieures de droit public et d'un diplôme d’études supérieures de sciences politiques, il est docteur en droit public avec une thèse consacrée aux "Idées constitutionnelles du général de Gaulle"[3], ancien élève de l’Institut d'études politiques de Paris dont il n'est cependant pas diplômé[2].

De 1971 à 1975, Jean-Louis Debré est assistant à la faculté de droit de Paris. Conseiller technique au cabinet du ministre de l’Agriculture et du Développement rural en 1973, il est fait conseiller technique au cabinet du ministre de l’Intérieur (en la personne de Jacques Chirac) en 1974. Proche du futur président de la République, Jean-Louis Debré devient son chargé de mission lorsque celui-ci est nommé Premier ministre, après avoir fait campagne pour Jacques Chaban-Delmas alors que Jacques Chirac soutenait Valéry Giscard d'Estaing[2]. Il devient ensuite le chef de cabinet de Maurice Papon, ministre du Budget de 1978 à 1979[4].

Dans les années 1980, Jean-Louis Debré est magistrat et notamment juge d'instruction chargé des affaires de crime organisé et grand banditisme, notamment de la proxénète Carmen Vallet, du coiffeur receleur Maurice Joffo ou de l'affaire de contre-espionnage Virgil Tanase[2]. Il traite aussi de terrorisme et d'une affaire autour du terroriste Carlos[5].

Il est élu pour la première fois député aux élections législatives de 1986, à la proportionnelle, dans l'Eure. À partir de 1988, il est élu au scrutin majoritaire dans la 1re circonscription de ce même département. Il est conseiller municipal d'Évreux entre 1989 et 1995. En 1995, il est tête de liste dans le 18e arrondissement, et obtient un mandat de conseiller de Paris. Jean Tiberi, le nouveau maire de Paris, le nomme comme adjoint.

Ministre de l'Intérieur dans les gouvernements d'Alain Juppé, il est critiqué[6][2] pour avoir laissé s'organiser la conférence de presse des militants clandestins corses armés à Tralunca.

Il ordonne l'expulsion, le 23 août 1996, de 300 étrangers en situation irrégulière occupant l'église Saint-Bernard à Paris, non sans avoir déclaré auparavant qu'il agirait « avec humanité et cœur »[7],[8]. Malgré les déclarations du gouvernement, la plupart de ces étrangers ne sont pas expulsés, ayant des attaches fortes en France, qui rendent toute « mesure d'éloignement » complexe[7]. Des manifestations critiquant la politique du gouvernement Juppé, durant lesquelles on scande des slogans réclamant l'« abrogation des lois Pasqua-Debré », rassemblent des dizaines de milliers de personnes[7]. Ministre de l'Intérieur, Jean-Louis Debré présente en novembre 1996 un projet de loi portant « diverses dispositions relatives à l'immigration », comportant entre autres les orientations suivantes : intensifier le dispositif d'éloignement des étrangers en situation irrégulière ; étendre les contrôles d'identité sur les lieux de production et les chantiers ; permettre aux officiers de police, sous certaines conditions, de fouiller les véhicules. Dans la réalité, ces nouvelles dispositions n'entraînent que peu de reconduites[7].

Les élections législatives de 1997, qui conduisent à la victoire de la gauche plurielle, marquent toutefois son retour dans l'Eure, confirmé en 2001, lorsqu'il devient maire d'Évreux en battant le sortant communiste Roland Plaisance, en place depuis 1977. Pendant la période de la troisième cohabitation de 1997 à 2002, il est le président du groupe RPR à l'Assemblée nationale.

D'une grande fidélité à Jacques Chirac, il s'est opposé à maintes reprises à Nicolas Sarkozy. Il s'estime trop différent et affirme que l'ancien président de la République « n'aime pas l'Etat »[2].

Il est réélu député le 16 juin 2002, pour la XIIe législature (2002-2007), dans la 1re circonscription de l'Eure. De 2002 à 2007, il est élu par les députés président de l'Assemblée nationale, face à Edouard Balladur, et à la surprise de son ami Jacques Chirac qui lui avait conseillé de renoncer à se présenter, persuadé qu'il serait battu[2].

Le 23 février 2007, Jacques Chirac le nomme président du Conseil constitutionnel en remplacement de Pierre Mazeaud, malgré la levée de boucliers que cela provoque, notamment dans sa famille politique, alors que Nicolas Sarkozy s'apprête à devenir président de la République[2]. Il sort du devoir de réserve attaché à sa fonction en émettant, en 2008, des « réserves » sur le style présidentiel de Nicolas Sarkozy et, en 2010, en jugeant « inutile pour lui, pour la France » le procès à venir de Jacques Chirac[9],[10].

Il est le parrain de la promotion 2011-2012 de l'école de formation professionnelle des barreaux de la Cour d'appel de Paris, formant les futurs avocats parisiens, Il est également le parrain de la promotion 2014-2015 de l'École des Avocats du Sud-est. Il est également membre d'honneur de l'Observatoire du patrimoine religieux (OPR), une association multiconfessionnelle qui œuvre à la préservation et au rayonnement du patrimoine culturel français.

Relation avec Jacques Chirac[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Debré entretient une relation de grande confiance avec Jacques Chirac, de douze ans son aîné. Les deux hommes se sont rencontrés à l'aéroport d'Orly en 1967, alors que Jean-Louis Debré accompagnait son père venu chercher le Général de Gaulle de retour du Québec[2]. Jean-Louis Debré devient conseiller technique de Jacques Chirac en 1973, lorsque celui-ci est ministre de l'Agriculture. En 1974, il lui remet sa démission lorsque Jacques Chirac décide de soutenir Valéry Giscard d'Estaing contre Jacques Chaban-Delmas dans la course à la présidentielle, car il soutient, comme son père Michel Debré, le candidat gaulliste[2]. Il réintègre cependant le cabinet de Jacques Chirac à Matignon après la victoire de Valéry Giscard d'Estaing, jusqu'à la démission du Premier ministre le 25 août 1976.

Jean-Louis Debré se lance à nouveau en politique en 1986 et recommence à voir Jacques Chirac, surtout lorsque celui-ci traverse une mauvaise passe après son deuxième échec aux élections présidentielles, en 1988[2]. Puis Jacques Chirac, en 1993, fait appel à lui après la victoire commune du RPR et UDF aux législatives, qui annonce la deuxième cohabitation. Il lui demande de tenir les rênes du parti pour s'assurer de sa fidélité. Jacques Chirac, qui souhaite toujours devenir président de la République, se méfie des ambitions de celui qui va devenir Premier ministre de François Mitterrand : Edouard Balladur[2]. Jean-Louis Debré devient secrétaire général adjoint, visite les cellules RPR du pays en 1993 et 1994, et attaque publiquement les personnalités politiques qui, dans l'affrontement des deux rivaux de droite lors de la campagne présidentielle de 1995, prennent le parti de Balladur. Il est durement critiqué par les partisans du Premier ministre et par la presse. Son frère jumeau Bernard Debré soutient Edouard Balladur.

Après la victoire de Jacques Chirac le 17 mai 1995, Jean-Louis Debré est nommé ministre de l'Intérieur. Il continue à voir directement et régulièrement Jacques Chirac, sans passer par son secrétariat Dominique de Villepin ou son Premier ministre Alain Juppé, au grand dam de ces derniers[2]. Malgré leur grande proximité, il persiste à vouvoyer le [2]président de la République et l'appeler « Monsieur ». Après la dissolution de l'Assemblée nationale en 1997, Jean-Louis Debré se présente pour devenir président du groupe RPR et essayer de sauvegarder l'unité des députés autour du président de la République[2]. Il est élu à la surprise générale. Comme en 2002, lorsqu'il remporte l'élection pour la présidence de l'Assemblée nationale, contre l'avis de Jacques Chirac qui pensait que Jean-Louis Debré n'avait aucune chance face à l'autre candidat, Edouard Balladur[2][11]. Jean-Louis Debré a également dû écarter préalablement Alain Juppé de la course au « Perchoir »[2]. Il s'oppose violemment, à la même époque, à la nomination du centriste Jean-Pierre Raffarin à Matignon, sans succès[2]. Sur tous ces sujets, il s'émancipe de Jacques Chirac. Il finit par faire oublier sa mauvaise image héritée de la bataille présidentielle de 1995 et de l'affaire des sans-papiers réfugiés dans l'église Saint-Bernard[2].

De Jacques Chirac, il dit qu'il est l'un de ceux qui lui a dit « le plus de choses désagréables en privé. » Ou encore : « Chirac, je l'adore, je l'aime. Mais je suis aussi lucide sur le personnage. »[2]

En 2010, l'été précédant le procès de Jacques Chirac pour l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris, il participe à l'élaboration d'une saga de politique-fiction pour le quotidien Le Monde : Chirac, Le roman d'un procès, écrite avec deux journalistes, Pascale Robert-Diard et Françoise Fressoz[2].

Jean-Louis Debré à la 30e Foire du livre de Brive-la-Gaillarde, le 5 novembre 2011.

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Fonctions ministérielles[modifier | modifier le code]

Fonctions parlementaires[modifier | modifier le code]

Mandats locaux[modifier | modifier le code]

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

  • Secrétaire national du RPR, chargé de la Justice (1988 -1993 ; porte-parole de l'opposition RPR-UDF, chargé des problèmes de justice et sécurité (1988 -1993 ;
  • Secrétaire général adjoint et porte-parole du RPR (1993 -1995 ; premier secrétaire général adjoint du RPR 1995 ; membre du bureau politique du RPR ; secrétaire général du RPR par intérim 1997 ; membre du conseil politique du RPR;

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Distinctions et décorations[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les idées constitutionnelles du général de Gaulle, Librairie générale de droit et de jurisprudence, coll. « Bibliothèque constitutionnelle et de science politique » no 49, Paris, 1974, vi-461 p., (ISBN 2-275-01303-2), (notice BnF no FRBNF345634523). — Thèse de droit public.
  • Michel Debré et Jean-Louis Debré, Le Pouvoir politique, éditions Seghers, coll. « Point de départ », Paris, 1976, 159 p., [pas d'ISBN], (notice BnF no FRBNF34701443r/).
  • Le Gaullisme, éditions Plon, coll. « Tribune libre », Paris, 1977, 1858 p. + 6 p. de fac-similés + 2 p. de planches illustrées, (ISBN 2-259-00330-3), (notice BnF no FRBNF34591481t).
  • La Justice au XIXe siècle. 2 volumes :
    • Volume 1 : Les Magistrats, éditions Perrin, Paris, 1981, 223 p. + 16 p. de planches illustrées, (ISBN 2-262-00215-0), (notice BnF no FRBNF37661622t).
    • Volume 2 : Les Républiques des avocats, éditions Perrin, Paris, 1984, 381 p., [ISBN non connu], (notice BnF no FRBNF37591374p).
  • Le Curieux, édition no 1, Paris, 1986, 222 p., (ISBN 2-86391-199-6), (notice BnF no FRBNF34876217g). — Ce roman policier met notamment en scène un personnage de prostituée nommée Josiane Baladur.
  • En mon for intérieur, éditions Jean-Claude Lattès, Paris, 1997, 162 p., (ISBN 2-7096-1803-6), (notice BnF no FRBNF366955898).
  • Pièges : roman, éditions Robert Laffont, Paris, mai 1998, 208 p., (ISBN 2-221-08814-X), (notice BnF no FRBNF36991279p).
  • Le gaullisme n'est pas une nostalgie : essai, éditions Robert Laffont, Paris, 1999, 228 p., (ISBN 2-221-09015-2), (notice BnF no FRBNF37094813q).
  • Quand les brochets font courir les carpes : roman, éditions Fayard, coll. « Fayard Noir », Paris, janvier 2008, 305 p., (ISBN 978-2-213-63578-1), (notice BnF no FRBNF41193172h).
  • Les Oubliés de la République, éditions Fayard, Paris, 2008, 317 p., (ISBN 978-2-213-63709-9), (notice BnF no FRBNF41294474f). — Essai sur le travail des parlementaires par des exemples de propositions de loi qui ont abouti.
  • Dynasties républicaines, éditions Fayard, Paris, avril 2009, 353 p. + 8 p. de planches illustrées, (ISBN 978-2-213-64339-7), (notice BnF no FRBNF414794272).
  • Meurtre à l'Assemblée : roman, éditions Fayard, coll. « Fayard Noir », Paris, septembre 2009, 275 p., (ISBN 978-2-213-64284-0), (notice BnF no FRBNF420821156).
  • Jeux de haine, éditions Fayard, coll. « Fayard Noir », Paris, mars 2011, 359 p., (ISBN 978-2-213-66203-9), (notice BnF no FRBNF42410965).
  • Françaises, français, ces discours qui ont marqué la Ve République, L'Archipel, Broché, octobre 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Louis Debré. Le sage fait le show, Paris Match, 9 février 2013
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t et u Solange Brousse, Jean-Louis Debré, Sous-estimez-moi..., Editions du Moment,‎ 2014, 224 p.
  3. Librairie générale de droit et de jurisprudence (Paris) 1974
  4. Notice biographique de Jean-Louis Debré sur conseil-constitutionnel.fr
  5. Film documentaire L'Avocat de la terreur, de Barbet Schroeder
  6. Portrait de Jean-Louis Debré effectué par Le Nouvel Observateur, §2 : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20070223.OBS4025/jeanlouis_debre.html
  7. a, b, c et d Dominique Simonnot, Le souvenir de Saint-Bernard, Libération, 3 septembre 2002
  8. Jean-Louis Debré, nouvelobs.com, 26 février 2007
  9. Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Debré : une longue inimitié, Le Monde.fr, 5 juillet 2013
  10. JUSTICE - Jean-Louis Debré : Procès Chirac : “Inutile pour lui et pour la France”, Le Point, 1er octobre 2010.
  11. Gaël Lombart, « Chirac, Sarkzoy, Juppé... Les confidences de Jean-Louis Debré », Le Parisien,‎ 16 octobre 2014 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Solange Brousse, Jean-Louis Debré, Sous-estimez-moi..., éditions du Moment, octobre 2014, 224 p.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]