Tony Blair

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Tony Blair
Tony Blair au Forum économique mondial de Davos, en 2009.
Tony Blair au Forum économique mondial de Davos, en 2009.
Fonctions
73e Premier ministre du Royaume-Uni
2 mai 199727 juin 2007
(10 ans, 1 mois et 25 jours)
Monarque Élisabeth II
Gouvernement Blair
Législature 52e, 53e, 54e
Coalition Labour Party
Prédécesseur John Major
Successeur Gordon Brown
Chef du Parti travailliste du Royaume-Uni
21 juillet 199424 juin 2007
Prédécesseur Margaret Beckett
Successeur Gordon Brown
Chef de l'opposition du Royaume-Uni
21 juillet 19942 mai 1997
Monarque Élisabeth II
Premier ministre John Major
Législature 51e
Prédécesseur Margaret Beckett
Successeur John Major
Membre de la Chambre des communes
pour Sedgefield
9 juin 198327 juin 2007
Législature 49e, 50e, 51e, 52e, 53e, 54e
Prédécesseur Circonscription crée
Successeur Phil Wilson
Biographie
Nom de naissance Anthony Charles Lynton Blair
Date de naissance 6 mai 1953 (61 ans)
Lieu de naissance Édimbourg, Écosse (Royaume-Uni)
Nationalité Drapeau du Royaume-Uni Britannique
Parti politique Parti travailliste
Conjoint Cherie Booth
Diplômé de Université d'Oxford
Profession Avocat
Religion Anglican
(1953-2007)
Catholique romain
(Depuis 2007)
Résidence Connaught Square (Londres)

Tony Blair
Premiers ministres du Royaume-Uni

Tony Blair, pour l'état civil Anthony Charles Lynton Blair, né le 6 mai 1953 à Édimbourg (Écosse), est un homme politique britannique, membre du Parti travailliste, Premier ministre du Royaume-Uni du 2 mai 1997 au 27 juin 2007. Durant sa période à la tête du Parti travailliste (Labour Party), puis comme chef du gouvernement, Tony Blair a réformé en profondeur l'idéologie et la pratique du travaillisme britannique, désormais surnommé le New Labour et largement converti aux mérites de l'économie de marché. Le courant de pensée de Tony Blair, défini comme une « troisième voie » entre la gauche et la droite traditionnelles, est désigné du surnom de « blairisme ».

Remplacé par son ministre des finances, Gordon Brown, il est nommé le jour même de son départ représentant au Proche-Orient du Quartet (Organisation des Nations unies, Union européenne, États-Unis, Russie). Depuis qu'il a quitté ses fonctions politiques, il fait fortune comme consultant et conférencier. Il crée début 2009 une société commerciale baptisée « Tony Blair Associates »[1].

Sommaire

Jeunesse et famille[modifier | modifier le code]

Tony Blair est né à Édimbourg en Écosse, il est le second fils de Leo Blair et de sa femme Hazel (née Corscadden).

Son père a étudié le droit et est devenu avocat. Bien qu'ayant eu des sympathies communistes dans sa jeunesse, il milita ensuite pour le Parti conservateur.

De confession anglicane, Tony Blair débuta sa scolarité à Adélaïde en Australie, et la poursuivit à la Chorister School (en) à Durham, puis au Fettes College (en) à Édimbourg. Après le lycée il étudia le droit au St John's College à Oxford. Durant ses années à l'université, il jouait de la guitare et chantait dans un groupe nommé les Ugly Rumours. Après son diplôme, il fut engagé en tant qu'avocat chez Derry Irvine (en), qui devint plus tard Lord Chancelier. C'est dans ce cabinet qu'il rencontra sa future femme Cherie Booth.

Il vécut quelques années en France, exerçant le métier de barman, puis travaillant aux assurances Gan, ce qui lui donne une certaine aisance avec la langue française. Devenu Premier ministre, il passe plusieurs étés à Saint-Martin-d'Oydes, en Ariège, dans l'ancienne maison de Pierre Dumas[réf. nécessaire].

Tony Blair et Cherie Booth se marièrent le 29 mars 1980. Le couple a quatre enfants : trois fils et une fille. Anglican proche de la sensibilité Anglo-catholique, pratiquant, mais pas particulièrement religieux, il se convertit officiellement au catholicisme le 21 décembre 2007 lors d'une céré­monie dirigée par le cardinal Cormac Murphy-O'Connor, primat de l'Église catholique en Angleterre et au pays de Galles, ayant attendu de quitter son poste, tous les Premiers ministres britanniques ayant été anglicans[2].

Début en politique[modifier | modifier le code]

L’opposition[modifier | modifier le code]

Tony Blair et le président américain George W. Bush, le 28 juin 2004 à Istanbul en Turquie.

Après avoir obtenu son diplôme d'avocat en 1975, il rejoignit le Parti Travailliste (Labour Party). Il échoua aux élections du Parlement en 1982 n'obtenant que 10 % des suffrages. Mais il impressionna néanmoins le chef du parti Michael Foot.

En 1983, il réussit à gagner le siège de la circonscription de Sedgefield, près de Durham la ville où il a grandi, dans le nord-est de l'Angleterre. Il faisait alors partie du courant réformateur du parti.

Une fois élu, son ascension fut rapide et en 1988, il fit partie du "cabinet fantôme" en tant que secrétaire à l'énergie, puis à l'emploi. Il entama alors une migration vers des positions moins à gauche.

John Smith le chef du parti travailliste décéda subitement en 1994. Blair et Gordon Brown étaient considérés comme des prétendants possibles. Ils auraient conclu un accord pour prendre la tête du Parti travailliste : le premier serait Premier ministre alors que le second deviendrait chancelier de l'Échiquier (ministre de l'Économie). Leur victoire fut favorisée notamment par le nouveau mode de scrutin, que Blair avait contribué à élaborer. Blair fut élu chef du parti travailliste le 21 juillet 1994.

Chef du parti travailliste[modifier | modifier le code]

Peu après son élection, Blair annonça son intention de changer la charte du parti qui datait de 1918 en enlevant les clauses typiquement socialistes comme la mise en commun des moyens de production et résuma le nouveau visage du parti par l'expression New Labour. Aidé par les difficultés du gouvernement de John Major, il remporta haut la main les élections le 1er mai 1997 et prit ses fonctions le lendemain. À 43 ans, Blair devenait ainsi le plus jeune premier ministre depuis Lord Liverpool en 1812.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gouvernement Tony Blair.
Tony Blair et le président américain Bill Clinton.

Premier mandat (1997-2001)[modifier | modifier le code]

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Indépendance de la Banque d’Angleterre[modifier | modifier le code]

Après l'élection de Tony Blair, le chancelier de l’échiquier Gordon Brown donna à la Banque d'Angleterre son indépendance, avec la maîtrise du taux d’intérêt. Cette décision fut populaire dans les milieux de la finance londonienne que le Labour courtisait depuis les années 1990. De même le gouvernement suivit durant ses deux premières années les plans de dépenses prévu par les conservateurs, rassurant ainsi les personnes qui craignaient que Labour rime avec dépenses et déficits.

Communication et médias[modifier | modifier le code]

Dès le début de son mandat, Tony Blair organisa son cabinet, avec son secrétaire de presse, et porte-parole officiel Alastair Campbell. Controversé, il avait la permission de donner des ordres aux fonctionnaires, qui auparavant n’obéissaient qu'aux ministres. C’est aussi la première fois que ce poste n’était pas tenu par un fonctionnaire. Malgré son rôle politique, il était payé sur des fonds publics.

Processus de paix en Irlande du Nord[modifier | modifier le code]

L’un des grands succès de Tony Blair fut la signature, le 10 avril 1998, de l’accord de Belfast connu sous le nom de l’« accord du Vendredi Saint » (« Good Friday Agreement »). Des négociations visant à favoriser la paix en Irlande du Nord, processus commencé par le prédécesseur John Major, mais qui avait échoué avec la fin du cessez-le-feu de l’IRA provisoire au milieu des années 1990. Avec l’accord de Belfast, les principaux partis d’Irlande du Nord, ainsi que les gouvernements irlandais et britannique négocièrent afin de proposer un cadre exclusivement démocratique et pacifique à l’Irlande du Nord, avec de nouvelles institutions politiques dans la province.

Changements constitutionnels[modifier | modifier le code]

Le premier mandat de Blair fut aussi une période de changement au niveau constitutionnel. La loi sur les droits de l’homme fut votée en 1998 (Human Rights Act), le parlement écossais ainsi que l'assemblée du pays de Galles ont été établis. Tony Blair retira la majorité des Lords qui avaient leurs titres de manière héréditaire de la chambre des Lords en 1999 par le House of Lords Act. À partir de 2000, il créa le poste de maire de Londres. Il fit voter la loi de la liberté d’information la même année qui se mit en place au cours de la décennie.

Droits des personnes LGBT[modifier | modifier le code]

La législation concernant les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels (LGBT) a été largement modifiée vers plus de progressisme pendant les mandats de Tony Blair.

L’âge de majorité sexuelle a ainsi été abaissé à 16 ans pour les relations sexuelles entre personnes du même sexe et les personnes LGBT ne sont plus interdits de servir ouvertement dans l'armée[3].

En 2002, l’adoption par les couples homosexuels a été autorisée, et en 2003 les discriminations de nature homophobe dans le monde du travail ont été interdites[3]. Par ailleurs, depuis 2005, une loi permet des contrats de partenariat civil pour les couples de personnes de même sexe[3]. En 2004, les transsexuels obtinrent le droit de changer de sexe tout en modifiant leur certificat de naissance en conséquence (Gender Recognition Act)[4].

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Tony Blair et George W. Bush à la Maison-Blanche, le 16 mars 2003.
Guerre du Kosovo[modifier | modifier le code]

En 1999, Tony Blair organisa et présida la déclaration de la guerre du Kosovo. Alors qu'il était dans l'opposition, Tony Blair avait critiqué le manque de lucidité des conservateurs lors de la guerre de Bosnie, il organisa alors une politique dure de l'OTAN contre Slobodan Milošević. Blair fut critiqué par l'aile gauche de son parti pacifique, contre le principe même de la guerre, et les autres qui considéraient la guerre menée par les Serbes comme un cas de légitime défense. Par la suite, les différentes enquêtes révélant les pratiques mafieuses d'Hashim Thaçi entraînent des interrogations concernant le soutien de Tony Blair au dirigeant kosovar durant la guerre[5].

Doctrine Blair[modifier | modifier le code]

Un mois plus tard Blair prononça le 22 avril 1999 un discours à Chicago « la doctrine de la communauté internationale » qui fut considéré par beaucoup comme « la doctrine Blair »[6]. Celle-ci veut que la politique étrangère menée par le Royaume-Uni soit basée sur la défenses de valeurs et de principes. Elle fait rupture avec l'ancienne doctrine conservatrice qui veut prioriser l'intérêt national avant tout.

Deuxième mandat (2001-2005)[modifier | modifier le code]

Lors de l'élection de 2001, le parti travailliste accentue sa majorité. Depuis le 1er août 2003, Tony Blair est devenu le premier ministre travailliste ayant la plus grande longévité à ce poste (il battait le record d'Harold Wilson qui exerça ces fonctions entre 1964 et 1970).

Lors de l’élection de 2001, Tony Blair fit sa campagne sur les services publics, notamment sur la Sécurité sociale et sur le système d’éducation. Les conservateurs ayant quant à eux concentré leurs critiques sur le refus de l’euro. Le Labour gagna largement les élections faisant de Tony Blair le premier travailliste à gagner deux élections de suite.

Politique intérieure.[modifier | modifier le code]

Services publics[modifier | modifier le code]

Après les élections de 2001, Blair augmenta les impôts afin de renforcer les services publics, notamment pour la santé et l’éducation. Le gouvernement introduisit l’autonomisation du financement des hôpitaux publics, cependant une controverse avec Gordon Brown se produisit sur les problèmes de déficits que cela causait, limitant l’autonomie de financement des hôpitaux.

Le processus de paix en Irlande du Nord[modifier | modifier le code]

Il dut faire face à un certain nombre de problèmes. Ainsi, le Good Friday Agreement a été suspendu, le désarmement de l’IRA provisoire n’ayant pas été couronné de succès. De plus, le parti Démocrate Unioniste a remplacé le plus modéré parti Unioniste d’Ulster. De même, le SDLP a été remplacé par le Sinn Féin.

Union européenne[modifier | modifier le code]

En avril 2004, Blair annonça sa volonté de faire ratifier la constitution européenne par voie référendaire, cependant le non à la constitution européenne français et néerlandais et son abandon mit fin au débat concernant toute possibilité de réforme. Pendant son second mandat, Blair fut l’objet de protestations, et lors de son discours au Labour il fut interrompu plusieurs fois, ainsi que critiqué par des parlementaires.

Écologie[modifier | modifier le code]

En septembre 2004, Blair fit un discours sur le « problème urgent » de l’environnement, favorisant la volonté de taxer les émissions de CO2.

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Jacques Chirac, George W. Bush, Tony Blair et Silvio Berlusconi lors du sommet du G8 en 2003

Suivant les attentats du 11 septembre 2001, Blair suivit de très près la diplomatie américaine, ce qui lui valut de la part de ses détracteurs le surnom de « caniche de Bush »[7].

Guerre d’Afghanistan[modifier | modifier le code]

Lors de la guerre d'Afghanistan, il eut une politique diplomatique active se déplaçant dans de nombreux pays. Il reçut des décorations aux États-Unis pour son soutien à ce pays.

Guerre d'Irak[modifier | modifier le code]

Tony Blair apporta un soutien sans faille au président américain George W. Bush lors de la guerre en Irak en 2003. Il devint le porte-parole des États-Unis en Europe, s'opposant au président français Jacques Chirac, chef de l'opposition à la guerre. Considéré comme plus persuasif que Bush, Blair donna de nombreux arguments pour renverser Saddam Hussein.

Un point important de l'argumentaire juridique permettant de déclencher la guerre d'Irak fut le refus de Saddam Hussein de se conformer aux clauses du cessez-le feu de 1991 et aux résolutions ultérieures des Nations unies qui lui faisaient obligation de mettre fin de manière vérifiable à ses programmes d'armes de destruction massive[8].

Selon certains journaux de la presse anglaise, des enquêtes ultérieures auraient montré la participation active de Tony Blair dans le déclenchement de la guerre, son « souci d'induire en erreur les députés[9] et le public »[10],[11] durant l'année 2002 et « ses mensonges »[12],[13], notamment l'affirmation selon laquelle l'objectif de la Grande-Bretagne était « le désarmement, et non pas le changement de régime »[14] et celle qu'il n'y avait pas eu de planification de l'action militaire. Cette même presse parle d'une « précipitation à lancer la Grande-Bretagne dans la guerre »[15], qui aurait été due à la nécessité d'en cacher au public les raisons réelles et qui expliquerait l'état d'impréparation de l'armée britannique durant les premiers mois du conflit, ainsi que l'absence de réflexion concernant le futur politique de l'Irak à la suite de la disparition de Saddam Hussein[14].

Tony Blair nie avec fermeté avoir menti et trompé ses concitoyens sur ses raisons d'engager son pays dans la guerre en Irak[16].

Certains de ces points font l'objet d'une enquête publique britannique, par la commission Chilcot, concernant le rôle du pays dans la guerre en Irak entre milieu 2001 et juillet 2009. Son rapport doit être rendu public d'ici 2014[17],[18],[19].

L'administration de Tony Blair a également joué un rôle essentiel dans la préparation du discours de Colin Powell du 5 février 2003, devant le Conseil de Sécurité de l'ONU, où celui-ci donne des preuves très controversées sur l'existence d'armes de destruction massive en Irak. Le dossier cité par Powell avait été fourni par l'administration de Tony Blair, qui reconnaît dès le 7 février 2003 des "gaffes" dans sa rédaction. Dès le 8 février, les journaux anglais identifient les vrais auteurs du rapport comme étant les services de communication de Downing Street et la pauvreté des sources utilisées par ces derniers (plagiat universitaire et sources suspectes...)[20].

Un mémorandum entre juillet 2002 et avril 2005 montra que Tony Blair croyait au soutien de la population britannique à la guerre en Irak[réf. nécessaire]. En 2003, il fit face à une crise avec le présumé suicide du docteur David Kelly, compromis dans des fuites d'informations sur les programmes d'armement de Saddam, et que la presse avait présenté comme un adversaire de l'intervention en Irak. Une tentative d’impeachment fut lancée mais n'aboutit pas. Le 24 septembre 2004, le gouvernement publia un dossier de la CIA censé prouver l'existence d'armes de destructions massive, contenant des affirmations que les recherches ultérieures ne permirent pas de confirmer[21]. Malgré les critiques d'une partie des membres du Labour, Blair affirma que ce dossier était vrai. Le secrétaire des Nations unies, Kofi Annan, affirma en septembre 2004 que l'invasion était « illégale ». En octobre 2005, la Grande-Bretagne envoya sur demande des États-Unis davantage de soldats en Irak, et Tony Blair tenta d'user de son influence dans le conflit israélien afin de persuader les États-Unis de reprendre au sérieux le « processus de paix »[réf. nécessaire].

Troisième mandat (2005-2007)[modifier | modifier le code]

Tony Blair et Condoleezza Rice, à Londres.

Ce fut à 4 h 30 (heure de Londres), le jour de son 52e anniversaire (6 mai 2005) que Tony Blair apprit que son parti, le Labour, gagnait l'élection de la veille contre le parti conservateur dirigé par Michael Howard. C'était la première fois, dans l'histoire du Royaume-Uni, que le Parti travailliste obtenait la majorité absolue des sièges à la Chambre des communes, pour la troisième fois consécutive.

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

G8 et présidence de l’Union européenne[modifier | modifier le code]

Tony Blair assuma les fonctions de président du Conseil des chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne (le Conseil) du 1er juillet au 31 décembre 2005.

Après le refus de la constitution par la France et les Pays-Bas, Jack Straw (ministre des affaires étrangères) et Tony Blair annoncèrent la suspension illimitée de la ratification de la constitution. Blair dit alors : « Je crois à l’Europe en tant que projet politique, je crois à une Europe forte qui prend en compte les aspects sociaux ».

Lors de plusieurs rencontres, Chirac et Schröder firent des pressions afin que le Royaume-Uni supprime son rabais obtenu par Thatcher en 1984. Après des mois de débats, le 18 juin 2005, lors du bouclage du budget de l’Union européenne 2007-2013, Blair refusa de renégocier le budget tant que la PAC ne serait pas remise en cause, qui représente plus de 44 % du budget de l’UE. Il n’y eut pas de changement de la PAC et il n’y eut pas d’accord sur le budget lors de la présidence luxembourgeoise. Un accord eut finalement lieu qui augmenta les contributions britanniques au budget au développement de l’Union européenne.

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Les Jeux olympiques de 2012 à Londres[modifier | modifier le code]

Le 6 juillet 2005, la 117e session du comité international olympique à Singapour eut lieu afin de désigner la ville qui accueillerait les JO. Paris et Londres étaient les deux finalistes ; Londres gagna, sans doute aidée par la présence de Tony Blair qui défendit Londres à la session du CIO, comme l’affirma Patrick Hickey membre irlandais du CIO[22].

Attentats de Londres en 2005[modifier | modifier le code]

Le lendemain des résultats donnant à Londres la candidature des Jeux olympiques, le 7 juillet 2005, Londres fut victime d’attentats terroristes. Une série de quatre bombes explosèrent dans les transports en commun londoniens lors de l’heure de pointe. 56 personnes sont décédées et 700 furent blessées. Ce fut l’attentat le plus meurtrier depuis l’attentat contre l’avion 103 de Pan Am en 1988, et le plus meurtrier à Londres depuis la Seconde Guerre mondiale.

Blair fit alors en plein G8 une déclaration demandant aux Britanniques de démontrer leur résistance face aux actes terroristes, affirmant sa détermination à défendre le mode de vie anglais face au terrorisme.

Le 21 juillet 2005, une deuxième série d’explosion eut lieu à Londres, deux semaines après les attentats du 7 juillet 2005. Beaucoup moins efficace que la première série d’attaque, elle visait à semer la panique chez les Londoniens.

Un sondage du Guardian montre que 64 % des Britanniques considèrent que ces attentats étaient principalement liés à la guerre en Irak. Cependant, l’opinion britannique fit bloc derrière Tony Blair. En décembre 2005, Tony Blair fut présenté comme l’homme d’État de la décennie par le transatlantique think tank East-West Institute.

À la suite de ces événements, Tony Blair proposa une loi beaucoup plus sévère et donnant à la police des pouvoirs d’interrogatoire importants, allant jusqu’à 90 jours pour les suspects de terrorisme. Cependant, une contestation eut lieu au sein des parlementaires du Labour qui amendèrent le texte. Ce fut la première fois que l’autorité de Tony Blair a été remise en cause au sein du Parlement depuis son élection en 1997, remettant en question son leadership.

Réforme de l’éducation en 2006[modifier | modifier le code]
Débat sur le port du voile[modifier | modifier le code]

Le ministre de Tony Blair, Jack Straw déclencha une polémique sur le voile en octobre 2006, demandant aux femmes d'enlever leurs Niqab (voile musulman qui cache le visage) lorsqu'elles lui parlaient. Tony Blair affirma alors qu'il pensait que le Niqab était une « marque de séparation »[23]. Il a soutenu aussi le conseil de Kirkless qui avait suspendu Aishah Azmi de ses fonctions d'assistante éducative pour avoir refusé d'enlever son voile à l'école.

Cette même année, un sondage démontra que seulement 22 % des Britanniques pensaient que les musulmans du pays « avaient fait suffisamment d'efforts pour s'intégrer », contre 57 % qui pensaient qu'ils devaient en faire davantage[23].

Renonciation du poste de Premier ministre et de chef du Labour[modifier | modifier le code]

Scandale du Cash for Honours[modifier | modifier le code]

En mars 2006, alors que les prochaines élections sont attendues en 2009 ou 2010, les spéculations sur son avenir vont bon train, à la suite de diverses polémiques sur des prêts secrets accordés par des hommes d’affaires au Parti travailliste. Toutefois, en dépit de la pression, il ne donne aucunement l’impression de vouloir hâter la passation des pouvoirs au profit de Gordon Brown, qui piaffe d’impatience. Certains experts lui prêtaient également, l’intention de vouloir battre le record de longévité de Margaret Thatcher, qui était restée au pouvoir 11 ans et demi.[réf. nécessaire] Tony Blair a annoncé le 10 mai 2007 qu'il allait quitter son poste le 27 juin, après désignation d'un nouveau chef du Parti travailliste.

Départ[modifier | modifier le code]

Le 27 juin 2007, le Premier ministre du Royaume-Uni se rend au palais de Buckingham pour présenter officiellement sa démission à la reine Élisabeth II. Son successeur, Gordon Brown, intronisé chef du Labour le 24 juin, est automatiquement désigné Premier ministre. Tony Blair a choisi de faire ses adieux politiques au Parlement où il a été longuement ovationné.

Carrière après le poste de Premier ministre[modifier | modifier le code]

Émissaire du Quartet au Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

Tony Blair s'adresse à une réunion du Congrès juif mondial à Jérusalem, juin 2011

Tony Blair a été nommé émissaire du Quartet pour le Moyen-Orient, cet organisme informel qui regroupe, sur le dossier israélo-palestinien, l'Union européenne, la Russie, les États-Unis et l'ONU. Tony Blair va ainsi devenir un médiateur entre Israéliens et Palestiniens, relançant peut-être la feuille de route, plan de règlement du conflit israélo-palestinien issus du Quartet[24]. Certain y voient ainsi pour Tony Blair une possibilité de relancer le dialogue entre les deux peuples, mais aussi de pouvoir changer son image considérée par beaucoup comme anti-musulmane (du fait de la guerre en Irak). Tony Blair a toujours été favorable à l'existence d'un État palestinien.

Conseil[modifier | modifier le code]

Tony Blair conseille les sociétés JP Morgan et Zurich Financial. Il pourrait également devenir conseiller haut de gamme chez LVMH[25] où il interviendrait 3 à 4 fois par an. Bernard Arnault serait un de ses amis[26].

Enseignement[modifier | modifier le code]

En 2008, il occupe un poste de conférencier à l'Université Yale, sur les relations entre foi et mondialisation[27].

Critiques[modifier | modifier le code]

Tony Blair a été critiqué pour son alliance avec le président américain George W. Bush et sa politique au Moyen-Orient, tant pour sa conduite de la guerre d'Irak, qu’en 2006 lors du conflit Israélo Libanais ainsi que sa position sur le conflit Israël Palestine. Blair est aussi critiqué pour avoir détourné des informations importantes les rendant erronées[28]. Blair a ainsi été le premier chef de gouvernement du Royaume-Uni à avoir été interrogé par des officiers de police durant son mandat. Des critiques ont aussi été émises à l’encontre de Tony Blair qui aurait par ses lois anti-terroristes diminué les libertés civiles, augmentant l’autoritarisme, par le renforcement des pouvoirs de la police, les fichiers ADN…[29]

Présidentialisme[modifier | modifier le code]

Tony Blair est critiqué pour ne pas assez faire attention aux différents avis des membres de son cabinet ainsi que des avis du Parlement. Il a ainsi été critiqué pour son attitude de chef de gouvernement qui semble plus être celui d’un chef d’État, ayant un style « présidentiel »[30].

Relation avec les États-Unis[modifier | modifier le code]

Tony Blair a toujours été très proche des présidents américains, mais c’est avec George W. Bush que les relations vont être très proches notamment dans les relations internationales. Nelson Mandela décrivant même Blair comme le ministre des affaires étrangères des États-Unis. Blair a souvent été surnommé le « caniche de George Bush ». De son côté George W. Bush affirma après le 11 septembre que « l’Amérique n’avait pas de plus vrais amis que la Grande-Bretagne. »[31]. Cette relation a sérieusement détérioré l’image de Blair chez les Anglais, qui n’étaient pas favorables à la guerre d'Irak.

Relations avec le Labour[modifier | modifier le code]

Le refus apparent de Blair pour fixer une date pour son départ a été critiqué par la presse et les parlementaires britanniques. Un certain nombre de personnes, dont des ministres de son gouvernement trouvaient opportun que Tony Blair quitte le pouvoir afin de remporter les élections suivantes marquées par un renforcement des conservateurs dans les sondages. Son refus d’annoncer son départ a été l’objet de critiques qui l’on poussé à annoncer durant l’été 2006 qu’il quitterait le pouvoir avant un an.

Un « néo-Thatcher » ?[modifier | modifier le code]

Tony Blair fut critiqué par l’aile gauche de son parti pour avoir été « néoconservateur », ou « néo-Thatcher » malgré ses politiques sociales : service minimum ou mesures de réduction de la pauvreté infantile. Ainsi celui-ci fut parfois décrit comme le « fils de Thatcher » du fait de ses politiques de droite de gestion et économiques. Ce parallèle est en partie dû à une affirmation de Tony Blair lui-même : son admiration avouée pour Thatcher.

Relation avec les nations européennes[modifier | modifier le code]

Tony Blair a joué un rôle majeur dans l’élargissement de l’Union européenne des 15 à 27, favorisant l’ouverture de l’Europe ainsi que la volonté de développer la libre concurrence au sein de l’Union. Enfin Blair a eu des relations très proches des hommes d’états de droite comme Silvio Berlusconi, Angela Merkel, José María Aznar, ou plus récemment, le président français Nicolas Sarkozy.

Relation avec Rupert Murdoch[modifier | modifier le code]

Les relations étroites avec Rupert Murdoch, propriétaire de nombreux médias en Grande-Bretagne ont été l’objet de critiques sur l’indépendance de la presse.

Enrichissement différé fondé sur ses fonctions publiques[modifier | modifier le code]

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Depuis qu'il a quitté ses fonctions publiques, M. Blair aurait accumulé, au travers de diverses sociétés comme Blair Inc. et Tony Blair Associates[1], entre 24 et 74 millions d'euros grâces aux conférences et conseils privés qu'il monnaye en se prévalant des fonctions politiques qu'il a exercées et des relations qu'il a ainsi tissées. Ibrahim Warde dénonce cette situation dans Le Monde diplomatique[32].

L'une de ses entreprises, Tony Blair Associates, vise à « offrir, dans une optique commerciale, un conseil stratégique sur les tendances politiques et économiques et la réforme des États. »[32] et permettrait à M. Blair de « monétiser ses anciens contacts. »[33] M. Blair aurait notamment gagné 1,24 millions d'euros en trois heures en intercédant auprès de M. Al Thani, premier ministre du Qatar et patron de Qatar Holding pour le compte de M. Glasenberg, patron de Glencore au moment de l'OPA sur Xstrata[32].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • (en) Tony Blair, (2010). A Journey Random House, (ISBN 0-0919-2555-X) - (fr) Mémoires, Flammarion, 2010, (ISBN 978-2-226-20625-1)
  • (en) Tony Blair, (2003). Iraq's Weapons of Mass Destruction: The Assessment of the British Government Diane Publishing, (ISBN 0-7567-3102-X)
  • (en) Tony Blair, (2002). The Courage of Our Convictions Fabian Society, (ISBN 0-7163-0603-4)
  • (en) Tony Blair, (2000). Superpower: Not Superstate? (Federal Trust European Essays) Federal Trust for Education & Research, (ISBN 1-903403-25-1)
  • (en) Tony Blair, (1998). The Third Way: New Politics for the New Century Fabian Society, (ISBN 0-7163-0588-7)
  • (en) Tony Blair, (1998). Leading the Way: New Vision for Local Government Institute for Public Policy Research, (ISBN 1-86030-075-8)
  • (en) Tony Blair, (1997). New Britain: My Vision of a Young Country Basic Books, (ISBN 0-8133-3338-5)
  • (en) Tony Blair, (1995). Let Us Face the Future Fabian Society, (ISBN 0-7163-0571-2)
  • (en) Tony Blair, (1994). What Price Safe Society? Fabian Society, (ISBN 0-7163-0562-3)
  • (en) Tony Blair, (1994). Socialism Fabian Society, (ISBN 0-7163-0565-8)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « En trois ans, 17 millions d'euros : les lucratifs « ménages » de Blair », Rue89, 26 mai 2010.
  2. Le Figaro, « Tony Blair devient catholique »,‎ 22 décembre 2007 (consulté le 16 mai 2010)
  3. a, b et c (en) History of lesbian, gay and bisexual equality, Stonewall
  4. (en) A history of LGBT rights, Imperial College London
  5. Blair's Kosovo triumph turns sour, telegraph.co.uk, 19 décembre 2010
  6. (en) Discours de Blair, http://www.pbs.org/newshour/bb/international/jan-june99/blair_doctrine4-23.html
  7. Au Proche-Orient, Blair espère laver son honneur - Challenge
  8. The proof that Campbell and Blair DID lie about the Iraq War, dailymail.co.uk, 13 mai 2011
  9. (en) Clare Short: Tony Blair lied and misled parliament in build-up to Iraq war, theguardian.com, 2 février 2010
  10. (en) Leaked documents reveal No 10 cover-up over Iraq invasion, Richard Norton-Taylor, theguardian.com, 22 novembre 2009
  11. Blair 'misled MPs on legality of war' law chief who advised ex-PM tells Iraq inquiry, dailymail.co.uk, 18 janvier 2011
  12. (en) Blair: truth and lies, theguardian.com, 29 janvier 2010
  13. At last, the damning evidence that should bury Blair for his lies over Iraq, dailymail.co.uk, 19 janvier 2011
  14. a et b (en) Iraq report: Secret papers reveal blunders and concealment, Andrew Gilligan, The Telegraph, 21 novembre 2009
  15. (en) « They refer to a "rushed" operation that caused "significant risk" to troops and "critical failure" in the postwar period » Leaked documents reveal No 10 cover-up over Iraq invasion, Richard Norton-Taylor, theguardian.com, 22 novembre 2009
  16. Tony Blair se défend d'avoir menti sur l'Irak, Le Monde, 9-2-2010.
  17. Iraq war inquiry to be in private BBC News, 15 June 2009
  18. UK PM announces Iraq war inquiry Al Jazeera, 15 June 2009
  19. Haroon Siddique, « Public Iraq war inquiry 'essential', says chairman », The Guardian, London,‎ 22 juin 2009 (lire en ligne)
  20. Downing St admits blunder on Iraq dossier, Michael White, Ewen MacAskill et Richard Norton-Taylor, The Guardian, 8 février 2003
  21. Diplomat's suppressed document lays bare the lies behind Iraq war, independent.co.uk, 15 décembre 2006
  22. London takes gold - Telegraph
  23. a et b (en) For Multiculturalist Britain, Uncomfortable New Clothes - The New York Times
  24. Article du journal Le Monde annonçant la nomination de Tony Blair, http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-928564@51-924316,0.html
  25. [1] Le Post "Blair chez Louis Vuitton, volonté d'influence manifeste mais risque informationnel majeur", 16 février 2010
  26. [2] Le Monde, Tony Blair pourrait devenir conseiller de Bernard Arnault, 14 janvier 2010
  27. Bulletin de l'université Yale, Vidéo d'une conférence à Yale
  28. Critiques de J. Major, http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2003/10/24/nmajor24.xml
  29. BBC NEWS | Politics | Blair's new look civil liberties
  30. article ironique de The Guardian sur le « président Blair » http://www.guardian.co.uk/comment/story/0,3604,1004735,00.html
  31. Discours de Bush sur le site de la Maison-Blanche http://georgewbush-whitehouse.archives.gov/news/releases/2001/09/20010920-8.html
  32. a, b et c Ibrahim Ward, « Blair Inc. », Le Monde diplomatique,‎ novembre 2012 (lire en ligne)
  33. La petite entreprise de Tony Blair, L'Entreprise (magazine) du 11/01/2012, François Kermoal

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]