Patrick Buisson

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Patrick Buisson
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Paris
Nationalité Drapeau de la France Française
Chaîne Histoire

Patrick Buisson est un journaliste français, né le 19 avril 1949 à Paris. Spécialiste des études d'opinion, conseiller de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, il est aussi directeur général de la chaîne Histoire depuis 2007.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

Fils d'un ingénieur d'Électricité de France engagé d'abord à l'Action française avant d'adhérer au Rassemblement du peuple français du général de Gaulle[1], Patrick Buisson est élevé dans le culte de Charles Maurras et dans l'anticommunisme[2]. En 1956, sa mère l'emmène manifester contre l'entrée des chars soviétiques à Budapest.

Son engagement politique débute au lycée où, marqué par la guerre d'Algérie, il refuse de respecter une minute de silence après un attentat meurtrier de l'OAS[1]. Étudiant en histoire à l'Université de Nanterre, appréciant notamment Philippe Ariès et Raoul Girardet, il est titulaire d'une licence d'histoire et d'une maîtrise de lettres en 1971. Sous la direction de Girardet, il rédige un mémoire de maîtrise sur le mouvement Algérie française. Durant ses études, il devient vice-président de la Fédération nationale des étudiants de France (FNEF), et s'oppose au Mouvement du 22-Mars en 1968 aux côtés d'Alain Renault[2].

Journaliste politique[modifier | modifier le code]

Analyste et militant politique d'extrême droite, Buisson s'éloigne cependant de la politique active dès la fin de ses études et, après quelques années d'enseignement, se tourne pour l'essentiel vers le journalisme engagé d'extrême droite : Minute (1981-1987) dont il devient le correspondant à l'Assemblée nationale, puis pendant un an le directeur de la rédaction, Le Crapouillot, puis le plus modéré Valeurs actuelles, qu'il dirigera pendant six ans avant d'entrer à LCI[1].

En 1984, il publie avec Pascal Gauchon, ex-rédacteur en chef de Défense de l'Occident et ancien secrétaire général du Parti des forces nouvelles, le livre OAS, Histoire de la résistance française en Algérie, préfacé par Pierre Sergent, l'un des dirigeants de l'organisation. La même année, il publie un Album Le Pen, album photographique sur Jean-Marie Le Pen, coécrit avec Alain Renault, ancien secrétaire national du Front national et contributeur du journal Militant, ainsi que Le Guide de l'opposition, dans lequel il recense les partis et clubs de droite et d'extrême droite des villes de France.

Lorsqu'il dirige Minute de 1986 à 1987, il œuvre alors au rapprochement de toutes les droites[1], déclarant que « Le Pen, le RPR et le PR, c'est la droite. Souvent, c'est une feuille de papier à cigarettes qui sépare les électeurs des uns ou des autres. »[3] Selon son analyse, « les électeurs du FN sont pour l'essentiel d'anciens électeurs du RPR déçus par le recentrage et l'évolution pro-européenne de Chirac, pour le reste d'anciens communistes nostalgiques du temps où le PC était conservateur, autoritaire et nationaliste. »[1] Remercié de Minute, il devient directeur de la rédaction générale de Valeurs actuelles en 1987[2].

Conseiller politique[modifier | modifier le code]

Après quinze ans de presse écrite, il s'oriente vers le conseil aux hommes politiques. Il devient conseiller de Jimmy Goldsmith et de Philippe de Villiers dont il dirige la campagne pour les élections européennes de 1994 et la campagne présidentielle de 1995, en axant les discours vers l'aile droite du RPR par l'affirmation du souverainisme. À la tête de sa société Publifact, il vend ses services à Alain Madelin et François Bayrou[2]. Le gérant de cette société au chiffre d'affaires de 1,357 million d'euros (en 2008, résultat net : 0,602 million d'euros) est Jean-Pierre Buisson (1943- )[4]. Dès 1986, il participe à la rédaction de l'accord de « cogestion » que le FN négocie avec Jean-Claude Gaudin, après le succès du Front national aux régionales en région PACA[5].

Il lance en 1996 la revue hebdomadaire Politique Opinion en association avec l'ensemble des directeurs des instituts de sondages, et anime à partir de 2000 la page « Opinion » du Figaro. Créateur et animateur de nombreuses émissions politiques sur LCI dont Le Club de l'opinion (1997-2000), Politoscopie (1999- 2000) puis 100 % Politique (à partir de 2001), en compagnie de David Pujadas. Créateur et animateur de Un livre, un débat en 2003, puis de Questions qui fâchent (à partir de 2005). Entre 2005 et 2007, il coanime ensuite l'émission hebdomadaire sur LCI intitulée Politiquement Show, et assure également l'émission Questions qui fâchent avec Michel Field.

Ayant prédit la victoire du « non » à 55 % au référendum français sur le traité constitutionnel européen, il est approché en 2005 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, qui en fait un de ses proches conseillers, équilibrant le gaullisme social d'Henri Guaino, rédacteur des principaux discours de sa campagne présidentielle[2]. Il est alors considéré comme un des artisans de la ligne victorieuse de la campagne de 2007 autour d'un discours « décomplexé » sur l'autorité, la morale, l'immigration, la délinquance, l'assistanat, mai 68, l'identité nationale[6].

Sans poste officiel à l'Élysée, à sa demande, il demeure cependant un collaborateur très écouté du nouveau président de la République, et quitte l'antenne de LCI[7]. Dès lors, Patrick Buisson guide les choix de Nicolas Sarkozy, notamment sur la création du ministère de l'Identité nationale (et de l'Immigration)[8] ou encore dans la conquête du vote Front national via l'élaboration d'un discours sécuritaire ad hoc[9]. À la tête du cabinet Publifact, Patrick Buisson a facturé en 2008 à l'Élysée un total de 130 autres factures pour des conseils, dont une quinzaine de sondages réalisés par OpinionWay et publiés par Le Figaro et LCI, pour un prix de 392 288 euros. Selon la Cour des comptes, le total de ses prestations a atteint la somme de 1,5 million d'euros pour l'année 2008[10]. Le 23 juillet, le PS demande la création d'une commission d'enquête[11].

Décoré par le président de la République au titre de chevalier de la Légion d'honneur, le 24 septembre 2007[12], il dirige la chaîne Histoire (détenue à 100 % par le groupe TF1) depuis octobre 2007[13]. Selon Le Monde, c'est sa proximité avec le président de la République qui aurait permis à la chaîne Histoire de recevoir, entre 2008 et 2009, 270 000 euros de la part du ministère de la Culture[14].

Le 21 janvier 2012, le pape Benoît XVI le promeut, dans la salle ducale du palais du Vatican, commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand[15]. Il est alors volontiers reconnu[Par qui ?] comme faisant partie, avec Stéphane Fouks, Anne Méaux, Jacques Pilhan, Thierry Saussez, Jacques Séguéla, Claude Sérillon et Jean-Pierre Thiollet, des conseillers en communication qui jouent ou ont joué un rôle notable, dans les domaines politique, économique, social ou culturel, sur le territoire français[réf. nécessaire].

À la suite de l'échec de Nicolas Sarkozy en mai 2012 à l'élection présidentielle, ses choix idéologiques et ses conseils dans la campagne sont l'objet de diverses appréciations et polémiques. Selon Françoise Fressoz, éditorialiste du journal Le Monde qui souligne son « populisme »[16], et selon le politologue Stéphane Rozès, la « droitisation » à laquelle il réussit à mener l'UMP a participé à provoquer le « dynamitage »[16] de ce parti à la suite des élections pour le renouvellement de ses dirigeants au congrès de novembre 2012[17],[18].

Durant la période où il travaille à l'Élysée, Patrick Buisson a enregistré des réunions « à l'insu » de Nicolas Sarkozy et des autres conseillers présidentiels, à l'aide d'un dictaphone caché[19] (dissimulation qu'il nie par l'intermédiaire de son avocat Me Gilles-William Goldnadel[20]). L'existence de ces enregistrements est révélée par l'hebdomadaire Le Point en février 2014, puis des extraits sont publiés par Le Canard enchaîné et Atlantico en mars. Le couple Bruni-Sarkozy porte plainte pour violation de la vie privée, à la fois contre Atlantico et contre Patrick Buisson[21] ; Patrick Buisson porte plainte contre X pour vol et recel[22],[23].

Réalisateur de documentaires[modifier | modifier le code]

  • 1985 : Le Pen sur le front, réal. avec Anne-Sophie Druet et Serge de Beketch, Paris, Intervalles
  • 1985 : L'école libre est dans la rue : Paris 24 juin 1984, réal. avec Hervé de Canteloube et Anne-Sophie Druet, Paris, Intervalles
  • 2011 : Paris Céline : Sur les pas de Céline avec Lorànt Deutsch, réal. avec Guillaume Laidet, aut. Lorànt Deutsch, Paris, Montparnasse

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • William Blanc, Aurore Chéry, Christophe Naudin, Les historiens de garde: de Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national, Inculte Éditions, 2013, 253 p.
  • Renaud Dély, La Droite brune: UMP-FN : Les secrets d'une liaison fatale, Flammarion, 274 p.
  • Ian Hamel, Sarko & cie, Archipel, 2011, 280 p.
  • Nicolas Lebourg, « Patrick Buisson n'est ni «intellectuel», ni «maurrassien» », Slate, 5 mars 2014.
  • Reportage d’Envoyé spécial, « Qui est Patrick Buisson ? », mars 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Carole Barjon, « Patrick Buisson : le stratège de l'ombre », Le Nouvel Observateur, 20 novembre 2008.
  2. a, b, c, d et e Raphaëlle Bacqué, « Patrick Buisson, l'hémisphère droit de Sarkozy », Le Monde, 2 octobre 2008.
  3. Éric Mandonnet, Romain Rosso et Ludovic Vigogne, « Patrick Buisson, le conseiller en transgression de Sarkozy », L'Express, 25 septembre 2008.
  4. Jean-Pierre Buisson sur Societe.com.
  5. M le magazine du Monde du 28 septembre 2013
  6. Damon Mayaffre, Mesure et démesure du discours. Nicolas Sarkozy 2007-2012, Paris, Presses de Sciences Po, chap. 4 "Révolution conservatrice : 2007, une campagne fondatrice" (p. 97-152).
  7. Anna Bitton, « Patrick Buisson - L'oracle de Nicolas Sarkozy », Le Point, no 1846, 31 janvier 2008.
  8. « Guerre d'Algérie et “identité nationale” », Ldh-toulon.net, 18 novembre 2009. Consulté le 19 novembre 2009.
  9. Augustin Scalbert, « Derrière l'offensive sécuritaire de Sarkozy, deux conseillers-clés », Rue89, 14 août 2010.
  10. Antoine Guiral et Lilian Alemagna, « Les sondages très controversés du conseiller de l'Élysée », Libération, 18 juillet 2009.
  11. Le Canard enchaîné, 4 novembre 2009, page 2.
  12. Décret du 13 juillet 2007 portant promotion et nomination, JORF no 162 du 14 juillet 2007, p. 11922, texte no 3, NOR PREX0710522D, sur Légifrance.
  13. Le Canard Enchaîné, 25 juin 2008.
  14. Béatrice Jérome, « Comment Patrick Buisson a fait financer la chaîne Histoire », Le Monde, 28 juillet 2009.
  15. Lola Petit, « Le Vatican donnerait-il une consigne de vote déguisée ? », Le Monde des religions, 10 février 2012.
  16. a et b Françoise Fressoz, « Quand Buisson dynamite l’UMP », fressoz.blog.lemonde.fr, 12 décembre 2012.
  17. Françoise Fressoz, « Derrière la guerre Fillon Copé, le triomphe de Patrick Buisson », sur lemonde.fr
  18. Olivier Laffargue, « UMP : "Cette crise vient d'un décentrement né du discours de Grenoble" », bfmtv.com le 19/11/2012
  19. http://www.lepoint.fr/confidentiels/exclusif-buisson-enregistrait-sarkozy-a-son-insu-12-02-2014-1790925_785.php
  20. « Selon Buisson, Sarkozy savait qu'il était enregistré », Le Monde, 6 mars 2014.
  21. Affaire Buisson. Le référé de Nicolas Sarkozy sera examiné lundi Ouest-France, 7 mars 2014
  22. « Affaire Buisson. Au tour de Patrick Buisson de porter plainte »,Ouest-France, 6 mars 2014.
  23. Affaire Buisson : après la surprise, les poursuites, site Internet d’Europe 1, 6 mars 2014.
  24. Omar Carlier, Michel Cornaton, Mohammed Harbi, Jean-Charles Jauffret, Gilbert Meynier, André Nouschi, Pierre Sorlin, « L'Algérie que rêvait l'armée française », Le Monde, 22 décembre 2009.
  25. Muriel Frat, « Lorànt Deutsch : Le Paris de Céline du film au papier », Le Figaro Magazine / TV Magazine.

Voir aussi[modifier | modifier le code]