Hervé de Charette

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Hervé de Charette
Fonctions
Député de la 6e circonscription de Maine-et-Loire
12 juin 199719 juin 2012
Prédécesseur Alain Levoyer
Successeur Serge Bardy
Ministre des Affaires étrangères
14e ministre des Affaires étrangères de la Ve République
18 mai 19952 juin 1997
Président Jacques Chirac
Gouvernement Alain Juppé I puis Alain Juppé II
Prédécesseur Alain Juppé
Successeur Hubert Védrine
Ministre du Logement
30 mars 199311 mai 1995
Président François Mitterrand
Gouvernement Édouard Balladur
Prédécesseur Marie-Noëlle Lienemann
Successeur Pierre-André Périssol
Député de la 6e circonscription de Maine-et-Loire
6 juin 19881er mai 1993
Successeur Alain Levoyer
Ministre délégué à la Fonction publique et au Plan
20 mars 198610 mai 1988
Président François Mitterrand
Gouvernement Jacques Chirac II
Député de la Nièvre (scrutin proportionnel par département)
16 mars 19862 avril 1986
Successeur Bernard-Claude Savy
Maire de Saint-Florent-le-Vieil
17 mars 198930 mars 2014
Prédécesseur Yves Joncheray
Successeur André Retailleau
Biographie
Nom de naissance Hervé Marie-Joseph de Charette de La Contrie
Date de naissance 30 juillet 1938 (76 ans)
Lieu de naissance Paris
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique UDF (via le PR puis le PPDF) (1986-2002), UMP (2002-2010), NC (2010-2012), UDI
Profession Maître des requêtes au Conseil d'État et avocat

Hervé de Charette, né Hervé Marie-Joseph de Charette de La Contrie le 30 juillet 1938 à Paris[1], est un homme politique français.

Trois fois ministre, de 1986 à 1988 puis de 1993 à 1997, Hervé de Charette est notamment maire de Saint-Florent-le-Vieil de 1989 à 2014, et député élu de Maine-et-Loire entre 1988 et 2012.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'Hélion Marie Joseph Christian, baron de Charette de La Contrie (1906-1983) et de sa première épouse Jeanne Girauld de Nolhac (1908-1954), Hervé de Charette est issu d'une famille aristocratique. Il est descendant direct du roi Charles X par le duc de Berry et descendant indirect du chevalier de Charette, et de l'académicien né à Ambert Annet Marie Pierre Girauld de Nolhac.

Marié, Hervé de Charette a quatre enfants[2].

Formation et début de carrière[modifier | modifier le code]

Diplômé d'HEC Paris et de l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences-Po Paris), Hervé de Charette est un ancien élève de l'École nationale d'administration (ENA, promotion Montesquieu de 1966)[3].

En juin 1966, il entre au Conseil d'État[3]. D'abord auditeur, il devient maître des requêtes en 1973 puis rapporteur et secrétaire général-adjoint[3].

De 1973 à 1981, Hervé de Charette travaille dans plusieurs ministères. Il est successivement conseiller technique de Georges Gorse au ministère du Travail, de l'Emploi et la Population de 1973 à 1974[3], directeur de cabinet de Paul Dijoud au secrétariat d'État chargé de l'Immigration de 1974 à 1976[3], puis de Christian Beullac au ministère du Travail) de 1976 à 1978[3] et chargé de mission auprès de Jean-François Deniau au ministère du Commerce extérieur de 1978 à 1981[3]. En parallèle, il est conseiller juridique pour l'Établissement public pour l'aménagement de la région de la Défense (EPAD) de 1976 à 1981[3] puis président de la Société nationale de construction de logements pour les travailleurs (Sonacotra, future Adoma) de 1979 à 1981[3].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives de 1986, il est élu député UDF de la Nièvre[4]. Il entre directement au gouvernement Jacques Chirac comme ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Fonction publique et du Plan[3].

En 1988, à la fin de la première cohabitation, après la défaite de la droite à l'élection présidentielle et aux législatives, Hervé de Charette retourne à l'Assemblée nationale. Il est parachuté dans la région des Mauges (Maine-et-Loire[5]) dans une nouvelle circonscription de centre-droit[6]. Dès le premier tour, il est élu député de la sixième circonscription de Maine-et-Loire[5]. Il est réélu (au premier tour) en mai 1993[5] (mais remplacé par Yves Joncheray suite à son entrée au gouvernement[7]), en juin 1997[7], juin 2002[7] et juin 2007[7]. En juin 2012, il est battu au second tour des élections législatives par le divers gauche Serge Bardy après avoir été député de cette circonscription pendant vingt-quatre ans[6].

Lors des élections municipales de 1989, il devient maire de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire), un haut-lieu de la Vendée militaire situé au cœur de sa circonscription. Il est réélu en 1995, 2001 et 2008[7]. De 1995 à 2001, il préside aussi la Communauté de communes du canton de Saint-Florent-le-Vieil et en reste membre à partir de 2001[7].

Par ailleurs, il siège au Conseil régional des Pays de la Loire de 1992 à 2010 (réélu en 1998 et en 2004), en étant vice-président de 1992 à 2004[7]

Après les législatives de 1993, il redevient ministre sous la deuxième cohabitation : il est ministère du logement dans le gouvernement Balladur[1]. Après son soutien à Jacques Chirac durant l'élection présidentielle de 1995, il reste au gouvernement mais occupe désormais le prestigieux maroquin de ministre des Affaires étrangères[1]. En 1996, il se rend en Algérie peu après l'enlèvement des moines de Tibhirine et modifie en cours de route le programme de son voyage afin de pouvoir s'informer sur les circonstances du drame, en ne se donnant « qu'une seule priorité : retrouver les moines vivants »[8], modification à laquelle les autorités algériennes tentent de s'opposer. Philippe Étienne, directeur adjoint de cabinet d’Hervé de Charette, posera alors plusieurs fois la question : « L’affaire de l’enlèvement des moines est-elle une manipulation algérienne ? »[9].

Après la dissolution de 1997, suite à la défaite de la droite et son départ du gouvernement, il siège de nouveau à l'Assemblée nationale jusqu'à sa défaite en juin 2012. De juin à juillet 2011, il exerce l'intérim, en qualité de doyen d'âge, du groupe parlementaire Nouveau Centre, entre la nomination au gouvernement de François Sauvadet et l'élection d'Yvan Lachaud.

Alors qu'il brigue un cinquième mandat de maire de Saint-Florent-le-Vieil, il est battu lors des élections municipales françaises de 2014[10]

Appartenance politique[modifier | modifier le code]

Proche de Valéry Giscard d'Estaing[1], Hervé de Charette entre en 1977[3] au Parti républicain, rattaché à l'Union pour la démocratie française (UDF). Il est Secrétaire national chargé de la Défense puis Délégué général en 1978 et Secrétaire général adjoint en 1979[3].

En juillet 1995, après avoir soutenu Jacques Chirac lors de la présidentielle faute de candidature de Valéry Giscard d'Estaing[1], il fonde le Parti populaire pour la démocratie française (PPDF), rattaché à l'UDF, devenu Convention démocrate en 2002 lors de son intégration comme un club de l'UMP. Le siège de ce parti destiné à rassembler les Giscardiens est situé à Saint-Florent-le-Vieil.

En décembre 2009, Hervé de Charette quitte l'UMP (dont il est l'un des membres fondateurs), qu'il juge trop à droite[11],[12] et rejoint le Nouveau Centre[13]. Étant le dépositaire du nom UDF auprès de l'Institut national de la propriété industrielle depuis 2004[12], il souhaite alors permettre au Nouveau Centre de l'utiliser[14] mais le sénateur Jean Arthuis indique qu'il ne peut pas prendre cette décision[11]. En mai 2011, la Convention démocrate vote son rattachement à L'Alliance républicaine, écologiste et sociale (Confédération des Centres), qui inclut aussi le Nouveau Centre[15].

Soutien de Nicolas Sarkozy lors des présidentielles de 2007 et de 2012, il s'oppose au projet de candidature du président du Nouveau Centre, Hervé Morin, à l'élection présidentielle de 2012[16].

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Il est avocat depuis 2001[17], inscrit au barreau de Paris.

En juin 2008, il est élu président de la Chambre de commerce franco-arabe, succédant à Pierre Rozek[18]. En 2012, sa gestion est critiquée par plusieurs pays membres[19].

Il est aussi président de l'Institut français de finance islamique[20], créé en 2009.

Détail des fonctions et des mandats[modifier | modifier le code]

Mandats locaux[modifier | modifier le code]

Mandats parlementaires[modifier | modifier le code]

Fonctions ministérielles[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Ouvrages :

Publications liées à ses activités parlementaires :

  • La Peine de mort en question,‎ 1979, 115 p. (ISBN 2903129010)
  • Hervé de Charette et Marc Domingo, Réflexions sur l'efficacité de la sanction pénale, Economica,‎ 15 septembre 2003, 60 p. (ISBN 271784709X)
  • Marie-France Wittman, Hervé de Charette et Dominique Paillé, Les maladies orphelines : un enjeu de santé publique, éditions L'Harmattan, coll. « Cahiers de la Convention démocrate »,‎ 1er novembre 2003), 184 pages p. (ISBN 2747549275)
  • Les enjeux méditerranéens : l'eau, entre guerre et paix, éditions L'Harmattan, coll. « Cahiers de la Convention démocrate »,‎ 2 mai 2004, 224 p. (ISBN 2747560910)
  • Hervé de Charette, Dominique Paillé et Éric Helard, La lutte contre la contrefaçon : Comment défendre notre patrimoine industriel et intellectuel ?, éditions L'Harmattan, coll. « Cahiers de la Convention démocrate »,‎ 2 juin 2004, 216 p. (ISBN 2747566277)
  • Hervé de Charette, Dominique Paillé et Éric Helard, Recycler pour une économie durable et solidaire : Colloque du 16 juin 2003, éditions L'Harmattan, coll. « Cahiers de la Convention démocrate »,‎ 1er décembre 2004, 128 p. (ISBN 2747553612)
  • Christian Philip, Hervé de Charette et Commission des affaires étrangères, Rapport d'information sur le rôle de l'Union européenne dans la solution du conflit au Proche-Orient, Assemblée nationale,‎ 2005, 55 pages p. (ISBN 2111177318)
  • Rapport d'information sur le suivi des négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, Assemblée nationale,‎ 2006, 79 p. (ISBN 2111216704)
  • Hervé de Charette et Éric Helard, La sécurité alimentaire : entre précaution et responsabilisation, éditions L'Harmattan, coll. « Cahiers de la Convention démocrate »,‎ 2006, 224 p. (ISBN 2747596532)
  • Après Outreau, quelle réforme de la justice pénale ? : Grand débat national sur la justice, éditions L'Harmattan, coll. « Les Cahiers de la Convention démocrate »,‎ 15 mai 2006, 149 p. (ISBN 2296007201)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Pierre Haski, « Hervé de Charette, 58 ans, giscardien, ministre des Affaires étrangères de Chirac, et le don de durer sans briller. Un étranger au quai », Libération,‎ 20 mars 1997
  2. « Portrait : Hervé de Charette, candidat sur la 6ème circonscription de Maine et Loire », sur my-angers.info,‎ 28 mai 2012
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), « Biographie de Hervé de Charette », sur iris-france.org (consulté le 30 juin 2012)
  4. Guillaume Clerc, « Tous les députés de la Ve République dans la Nièvre », Le Journal du Centre,‎ 2 juin 12 (lire en ligne)
  5. a, b et c Sylvie O'Dy, « Spécial élections - 6e circonscription, Angers-ouest - La terre et l'homme », L'Express,‎ 22 mai 1997 (lire en ligne)
  6. a et b Fabienne Beranger, « Maine et Loire : Hervé de Charette battu », sur france3.fr,‎ 17 juin 2012
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n « Les députés : M. Hervé de Charette », sur assemblee-nationale.fr (consulté le 12 novembre 2011)
  8. Henri Haget, « De Charette sur l'assassinat des moines de Tibéhirine : "Je ne suis pas sûr de connaître la vérité" », L'Express,‎ 7 juillet 2009 (lire en ligne)
  9. « Les circonstances de la mort des trappistes de Tibhirine restent controversées », La Croix,‎ 21 décembre 2009 (lire en ligne)
  10. Ouest-France - Saint-Florent-le-Vieil - 23 Mars: Municipales à Saint-Florent. André Retailleau bat Hervé de Charette !
  11. a et b Jean-Baptiste Garat, « Le giscardien Hervé de Charette quitte l'UMP », Le Figaro,‎ 8 décembre 2009 (lire en ligne)
  12. a et b RTL, « Hervé de Charette : « Pourquoi je quitte l'UMP » », sur RTL.fr,‎ 8 décembre 2009
  13. « Hervé de Charette, transfuge de l'UMP attendu au Nouveau Centre », Le Monde,‎ 8 décembre 2009 (lire en ligne)
  14. « Hervé de Charette quitte l'UMP en emportant la marque UDF », Le Monde,‎ 8 décembre 2009 (lire en ligne)
  15. « Le parti d'Hervé de Charette rejoint la confédération des centres », sur Le Point,‎ 25 mai 2011
  16. « Hervé de Charette soutiendra Sarkozy », Le Figaro,‎ 20 janvier 2012 (lire en ligne)
  17. Valérie de Seneville, « Ces politiques qui portent la robe », Les Échos,‎ 18 novembre 2008
  18. Chambre de commerce Franco-Arabe, « Hervé de Charette, nouveau Président de la Chambre de Commerce Franco - Arabe », sur ccfranco-arabe.com,‎ 10 juin 2008
  19. Hela Khamarou et François Labrouillère, « Hervé de Charette mélange les genres », Paris Match,‎ 8 juin 2012 (lire en ligne)
  20. Institut français de finance islamique, « Découvrez l'IFFI », sur institutfrancaisdefinanceislamique.fr (consulté le 30 juillet 2012)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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