Henri Queuille

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Henri Queuille
Neuvic Henri Queuille.JPG
La statue présente sur la place Henri Queuille, à Neuvic.

Fonctions
127e, 129e et 131e président du
Conseil des ministres français

(132e, 134e et 136e chef du gouvernement)
10 mars 195110 juillet 1951
Président Vincent Auriol
Gouvernement Queuille 3
Législature Ire législature
Prédécesseur René Pleven
Successeur René Pleven
2 juillet 19504 juillet 1950
Président Vincent Auriol
Gouvernement Queuille 2
Législature Ire législature
Prédécesseur Georges Bidault
Successeur René Pleven
11 septembre 19485 octobre 1949
Président Vincent Auriol
Gouvernement Queuille 1
Législature Ire législature
Prédécesseur Robert Schuman
Successeur Georges Bidault
Ministre de l'Intérieur
7 février 195011 août 1951
Président Vincent Auriol
Président du Conseil Georges Bidault
Henri Queuille
René Pleven
Gouvernement Bidault, Queuille 2 et Pleven 1
Prédécesseur Jules Moch
Successeur Charles Brune
Ministre des Finances
11 septembre 194812 janvier 1949
Président Vincent Auriol
Président du Conseil Henri Queille
Gouvernement Queuille 1
Prédécesseur Christian Pineau
Successeur Maurice Petsche
Député de la Corrèze
19141935
1946 - 1958
Sénateur de la Corrèze
19351941
Biographie
Nom de naissance Henri Queuille
Date de naissance 31 mars 1884
Lieu de naissance France Neuvic (France)
Date de décès 15 juin 1970 (à 86 ans)
Nationalité français
Parti politique radical-socialiste
Chefs du gouvernement français

Henri Queuille est un homme politique français, né le 31 mars 1884 à Neuvic (Corrèze) et mort le 15 juin 1970. Plusieurs fois ministre sous la Troisième République, notamment à l'agriculture, il fut trois fois président du Conseil sous la Quatrième République.

Sommaire

[modifier] Biographie

Il étudie d'abord au lycée de Tulle puis fait ses études de médecine à Paris et s'installe comme généraliste à Neuvic en 1908. Il devient un acteur politique local très engagé dans le parti radical socialiste et fait figure de « rouge » pour ses détracteurs. Il est élu Maire de Neuvic en 1912, Conseiller général du canton de Neuvic en 1913 et député de la circonscription d'Ussel (Corrèze) en 1914. Dès le début de la Première Guerre mondiale, il est affecté comme médecin aide-major à l'hôpital de Baccarat. En septembre 1916, lui est décerné la Croix de guerre, seule décoration qu'il portera. Il participe aux batailles de Verdun et à l'offensive dans la Somme.

Avant la Seconde guerre mondiale, ses mandats électifs sont : député radical-socialiste de la Corrèze de 1914 à 1935, puis sénateur de 1935 à 1940. Aux élections législatives qui donnent en 1936 la victoire au Front populaire, il refuse de se présenter. Les élections donnent alors Marius Vazeilles, membre du Parti communiste, gagnant dans la circonscription d'Ussel. Depuis 1921 il est Président du Conseil Général de la Corrèze, poste qu'il occupe jusqu'en 1940.

Henri Queuille est nommé secrétaire d'État ou ministre à plusieurs reprises : Agriculture en 1924-25, 1926-28, 1930, 1932-34, 1938-40, Santé publique (1930-31, 1934-35), PTT (1932), Travaux publics (1937-38). Au titre de cette dernière fonction, il met en œuvre et applique la nationalisation des chemins de fer amorcée antérieurement. La création sans heurt de la SNCF, dans des délais très courts, à l'issue de négociations délicates avec les compagnies, vaut à Queuille l'hommage public du Président du Conseil, Camille Chautemps, et les félicitations de Léon Blum. Il est Président de la Fédération Nationale de la Mutualité et de la Coopération Agricole de 1935 à 1959.

L'inamovible ministre de l'Agriculture durant l'Entre-Deux-Guerres n'en fut pas moins pris dans la tourmente, en 1933, de l’un des plus gros scandales politico-financiers de l’époque : « l’affaire Stavisky. »[1]

Ministre du Ravitaillement en 1940, dans le cabinet Paul Reynaud, il participe comme sénateur au congrès de Vichy le 10 juillet 1940. Il refuse alors l'octroi des pleins pouvoirs à Pétain par une abstention volontaire. Il se retire alors à Neuvic où il fonde une entreprise de charbon de bois destinée à alimenter les gazogènes.

Le 16 juillet 1941, il est révoqué de sa fonction de maire de Neuvic par Vichy. Lors d'une visite à Neuvic, Claude Hettier de Boislambert l'informe que le général de Gaulle attache une grande importance à son ralliement. Après l'échec d'une première tentative d'exfiltration, il réussit, en avril 1943 à gagner Londres à bord d'un avion Lysander de la RAF. Quelques jours après son arrivée, il lance à la BBC un appel à la Résistance destiné aux paysans de France.

En novembre 1943, Henri Queuille est nommé commissaire d'État du Comité de Libération nationale. Il en assume également la vice-présidence. En juin 1944, il devient ministre d'État du premier gouvernement provisoire de la République et, à ce titre, assure l'intérim de la présidence pendant les absences du général de Gaulle. Après la libération, il se retire en Corrèze et refuse de continuer aux côtés de Charles de Gaulle, signe d'une faille entre les deux hommes d'Etat. Il est battu aux élections législatives de 1945 pour la première et seule fois de sa carrière mais redevient maire de Neuvic.

Favorable au rétablissement des institutions républicaines, Henri Queuille se consacre, dans les mois qui suivent la Libération, au relèvement et à la réorganisation du Parti radical, durement éprouvé par la guerre et l'occupation.

Il retrouve son siège au Palais Bourbon de 1946 à 1958. Il est ministre d'État en 1948 (cabinet Marie) et en 1951-52 (cabinet Pleven), ministre des Travaux publics en 1948 (cabinet Schuman), ministre de l'Intérieur en 1950-51 (cabinet Pleven puis dans son propre gouvernement), vice-président du Conseil en 1949-50 (cabinet Bidault) et en 1952-54 (cabinets Pinay, Mayer, Laniel).

Il a exercé les fonctions de président du Conseil des ministres à trois reprises :

Alors qu'il est chef du gouvernement, la France signe le Pacte atlantique. Comme ministre de l'Intérieur, il fit voter la loi des apparentements destinée à freiner l'essor du R.P.F. et à réduire l'influence des communistes. Il avait acquis la réputation d'un sage en politique. Il fut aussi ministre du tourisme (voir la liste).

Ce sont des problèmes de santé qui ont pratiquement mis fin à sa carrière ministérielle à la fin des années 1950 ; mieux portant, il aurait facilement succédé à Vincent Auriol à la présidence de la République. En décembre 1953, alors qu'à Versailles l'élection du nouveau chef de l'État s'éternisait, beaucoup espéraient qu'il finirait par se présenter pour sortir l'Assemblée de l'impasse. Il préféra s'abstenir et vécut encore plus de seize ans.

En 1956, en désaccord avec Pierre Mendès France, il quitte le Parti radical-socialiste et fonde, avec l'aile droite de ce dernier, le Centre républicain, dirigé par le maire de Nantes, André Morice. En mai 1958 il s'oppose au retour de De Gaulle et appelle à voter contre le projet de constitution de la Vème République en septembre 1958. Il ne se représente pas aux élections législatives qui suivent et soutient le candidat socialiste SFIO François Var qui sera élu à son siège. Henri Queuille qui avait distibué tellement de médailles refusa la légion d'honneur pour lui-même et, hormis la Croix de Guerre, n'accepta que celle de la société nationale d'horticulture.

[modifier] Postérité

En raison de sa longue carrière politique, 21 fois ministre sous la IIIe et la IVe République, et des citations lapidaires qu'il a pu faire sur l'exercice du pouvoir, Henri Queuille (« le petit père Queuille », comme on le surnommait) a fini par devenir le symbole de l'inefficacité et du discrédit de la IVe République, empêtrée dans le régime des partis et, plus généralement, d'une certaine conception de la politique placée sous le sceau de l'impuissance fataliste et cynique. Mais il est également le symbole de l'amabilité, de la simplicité, d'une honnêteté scrupuleuse, de la proximité avec ses concitoyens et d'une fidélitè permanente à l'humanisme radical socialiste et à la République, ce qui l'amena à prendre des positions tranchées par toujours dans l'air du temps !

Malgré les jugements politiques qui deviennent des vérités, il reste de Queuille : la SNCF, la première tentative d'homologation des pesticides, un soutien permanent à la mécanisation agricole et à l'électrification rurale, la création de ce qui deviendra la cinémathèque du ministère de l'Agriculture, la création de la caisse nationale de Crédit agricole, la création du génie rural, le grand développement de l'industrie du froid, le reboisement, l'essor du tourisme en Corrèze et, en hommage à la présidence de la Société nationale d'horticulture de France, une variété de roses (obtention Gaujard, 1952) qui se nomme Président Henri Queuille.

Il faut ajouter qu'il n'était nullement impopulaire auprès de l'opinion ; quand, avant l'élection présidentielle de 1953, l'Almanach du Combattant organisa un sondage auprès de ses lecteurs pour savoir quel homme politique ils souhaitaient voir à l'Élysée, Queuille arriva très largement en tête. Évidemment, beaucoup d'anciens combattants et résistants souhaitaient que fût élu un des leurs.

Henri Queuille présente la particularité d'avoir été le parrain en politique en 1946 de François Mitterrand auquel il conseille de se présenter dans la Nièvre. En revanche les milieux gaullistes tenteront de faire croire qu'en 1965 il aurait proposé à Jacques Chirac de lui succéder deux ans plus tard dans sa circonscription de la Corrèze à Ussel : cela est inexact. Henri Queuille était hostile à de Gaulle qu'il avait cotoyé de très près à Alger, il s'était prononcé contre le vote des institutions de la Vème République en 1958 et avait toujours refusé de recevoir Chirac qui n'arriva qu'en 1967 sur Ussel. Queuille n'était plus député depuis 1958. Le jeune loup essaya bien bien de recevoir cet adoubement mais en fut pour ses frais et il n'y eu ni rencontre, ni appel, ni photo qui eussent, sinon, bien entendu été largement employés ! De toute façon, Henri Queuille était déjà plongé en 1967 dans un semi coma dont il ne sortit pas.

[modifier] Colloques scientifiques

  • « Henri Queuille et la Corrèze », Tulle le 18/06/1984, organisé par les Amitiés Henri-Queuille et par la Société d'histoire du radicalisme(Actes publiés, Limoges 1986)
  • « Henri Queuille et la République », Paris, 1984, sous la direction de Pierre Delivet et de Gilles Le Béguec. Journée organisée par les Amitiés Henri Queuille (Actes publiés à Limoges en 1987 et préfacés par le Président François Mitterrand)
  • « Henri Queuille, le radicalisme et le monde rural », journée organisée par la société des Lettres de la Corrèze, le Conseil général et le Musée départemental de la Résistance de Neuvic et qui se déroulera le 9 octobre 2010 à Tulle (Hôtel Marbot)

[modifier] Fonctions gouvernementales

[modifier] Citations

(Queuille est dans l'art de l'aphorisme en politique, le père spirituel d'Edgar Faure.)

  • « Il n'est aucun problème assez urgent en politique qu'une absence de décision ne puisse résoudre. »

Deux moutures de la même :

  • « Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout. »
  • « La politique n'est pas l'art de résoudre les problèmes, mais de faire taire ceux qui les posent. »

Repris par Charles Pasqua (discours de 1988), et Jacques Chirac (Le Monde - 22 février 1988) :

  • « Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. »

[modifier] Notes et références

  1. Gilbert Beaubatie, Henri Queuille et l'affaire Stavisky, revue Arkheia, Montauban, 2008.

[modifier] Bibliographie

  • Denis Faugeras, Henri Queuille et le Front Corrézien (1934-1938) : étude universitaire, éditions du CERPP, 1986
  • Francis de Tarr, Henri Queuille en son temps (1884-1970) : biographie, éditions de La Table Ronde, 1995.
  • Denis Faugeras, La République Corrézienne (1871-1946) tomes 1&2 : étude historique, éditions du CERPP, 2004

[modifier] Chronologies

Précédé par Henri Queuille Suivi par
Robert Schuman
Président du Conseil
11 septembre 1948 - 5 octobre 1949
Georges Bidault
Georges Bidault
Président du Conseil
2 juillet 1950 - 4 juillet 1950
René Pleven
René Pleven
Président du Conseil
10 mars 1951 - 10 juillet 1951
René Pleven
Jules Moch
Ministre de l'Intérieur
7 février 1950 - 11 août 1951
Charles Brune
Christian Pineau
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