Université en France
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Une université est un établissement d’enseignement supérieur dont l’objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation, sa valorisation et sa transmission (études supérieures). Les 80 universités françaises assurent donc ces missions, concurremment avec d’autres établissements.
Ce sont des établissements publics et autonomes. L’enseignement s’y fait pour toute personne titulaire du baccalauréat par des enseignants-chercheurs, les mêmes qui mènent leur travail de recherche au sein des unités de l’université.
[modifier] Historique
Les premières universités françaises sont créées au Moyen Âge, la date traditionnellement donnée de création de l’université de Paris étant 1200, suivi de peu par celle de Toulouse sur le même modèle.
En 1789, la France compte 22 universités, qui sont supprimées par la Convention nationale en septembre 1793.
Napoléon Ier créée en 1808 l’Université impériale qui englobe l’ensemble de l’enseignement secondaire et supérieur et qui est divisée en autant d’académies régionales correspondant aux ressorts des cours d’appel. Dans les principales villes où elles existaient, il rouvre les facultés pour le droit, la médecine, la théologie, les sciences et les lettres. Le droit canonique ayant disparu de l’enseignement public, le droit s’écrit au singulier. Les lettres, deviendront plus tard celles de « Lettres et Sciences humaines ». Les termes « Université de France » et « Académies » vont tomber rapidement en désuétude et assimilées aux entités administratives du ministère de l’instruction publique et des rectorats.
En 1875, la loi sur la liberté de l’enseignement supérieur permet la création de cinq Universités catholiques à Paris, Angers, Lille, Lyon et Toulouse comportant des facultés de théologie et de droit canonique, distinctes de leurs facultés de droit et de lettres. Toutefois, le nom d’« université » ne peut officiellement être porté par ces établissements.
Ce terme d’« université » est toutefois repris dans l’organisation administrative en 1893 pour désigner la réunion, dans chaque ville où elles existent, des différentes facultés. Ces universités se voient accorder, en 1896, la personnalité morale.
Après les mouvements étudiants de mai 1968, le statut et l’organisation des universités est fortement modifié par la loi Faure : les facultés sont supprimées, et les universités des grandes villes sont divisées en plusieurs établissements publics (par exemple treize universités à Paris) qui regroupent plusieurs filières d’enseignement universitaire.
Après avoir réformé leur cursus entre 2003 et 2006 (réforme LMD), les universités françaises sont désormais engagées dans la constitution de pôles de recherche et d'enseignement supérieur et/ou dans l’accession aux « compétences élargies » (application de la Loi relative aux libertés et responsabilités des universités).
[modifier] Notion d'université
Dans la loi française, une université est un type particulier d’établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP). Les instituts nationaux polytechniques étant assimilés à des universités[1]. Ce sont les établissements dont il est question dans cet article.
Le nom « université » peut également être porté par
- des pôles de recherche et d’enseignement supérieur;
- les universités de technologie qui sont des EPSCP avec les statut d’ « Instituts et écoles extérieurs aux universités » et qui délivrent le diplôme d’ingénieurs.
En 2009, il existe 80 universités. La particularité française est que les universités ne sont pas les seuls lieux d’enseignement supérieur et de recherche. Il existe en effet parallèlement des « écoles » de l’enseignement supérieur et des organismes de recherche (des EPST comme le Centre national de la recherche scientifique). La création de PRES est supposé remédier à ce manque de lisibilité[2] (les PRES portent d’ailleurs souvent le nom d’« université »).
Depuis la promulgation de la loi du 18 mars 1880 relative à la liberté de l’enseignement supérieur, les établissements privés ont l’interdiction de se nommer « université ». Cette interdiction figure actuellement dans le code de l'éducation[3].
[modifier] Missions
Les universités participent au service public de l’enseignement supérieur, dont les six missions sont ainsi définies par la loi[4] :
- la formation initiale et continue,
- la recherche scientifique et technique ainsi que la diffusion et la valorisation de ses résultats,
- l’orientation et l’insertion professionnelle,
- la diffusion de la culture et l’information scientifique et technique,
- la participation à la construction de l'Espace européen de l'enseignement supérieur et de la recherche,
- la coopération internationale.
[modifier] Débats autour du rôle de l'université
Selon certains économistes, le rôle de l’université serait de favoriser la croissance économique. Ainsi, dans un rapport de 2004[5], Philippe Aghion et Élie Cohen proposent de mettre fin à la coupure supposée entre recherche et enseignement supérieur, et de donner aux universités les moyens d’accompagner l’innovation. Cette position fut plus ou moins reprise par les gouvernements de ces vingt dernières années.
À l’opposé, des syndicats d’étudiants ou d’enseignants défendent une vision de l’université comme étant un lieu de savoir ouvert à tous[6]. Ces différences de point de vue font régulièrement l’objet de manifestations[7], pouvant aboutir à des mobilisations universitaires.
[modifier] Comparaisons internationales
Les classements internationaux sont généralement assez sévères avec le système universitaire français. Dans le classement académique des universités mondiales par l'université Jiao Tong de Shanghai de 2009, les premières universités françaises sont l’université Paris VI - Pierre-et-Marie-Curie (40e), et l’université Paris-XI - Paris-Sud (43e). L’École normale supérieure de Paris est à la 70e place. D’autres établissements apparaissent dans les classements par disciplines. On notera cependant que, comme pour les autres universités européennes, si les universités françaises sont absentes des hautes marches du podium, elles se retrouvent en nombre dans le classement général et en moyenne la France se trouve au sixième rang mondial en 2009[8] - soit en fait, un peu mieux que son poids économique mondial.
Une étude de la Banque Mondiale de 2009 prenant référence implicite aux universités du monde anglo-saxon, impute le relativement faible niveau des universités françaises à l’absence de sélection : « [les universités françaises sont mal classées car] il n'y a presque pas de sélection des étudiants qui entrent dans l'enseignement supérieur.» En outre, l'organisme international estime que la fragmentation en de nombreuses petites universités est néfaste et parle de « dispersion des ressources humaines et financières »[9]. Il faudrait aussi ajouter à cela le faible niveau de financement des universités en France qui s’il n’est pas noté par l’étude est aussi largement reconnu[réf. nécessaire].
[modifier] Formation
La formation des universités couvre tous les domaines du savoir. Elle est principalement assurée par des enseignants-chercheurs. Les universités jouissent d’une autonomie pédagogique : elles réalisent et proposent les maquettes de leurs diplômes (depuis la réforme LMD, cette proposition inclut l’intitulé du diplôme et sa structure générale) au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Ces demandes se font tous les quatre ans, couvrant la même période que les contrats avec l’État. Si le ministère accepte la proposition, les diplômes sont habilités à être délivrés par l’université, avec la qualité de diplôme national.
Depuis 2003, la formation généraliste est organisée autour des diplômes suivants :
- la Licence est un diplôme généraliste s’obtenant après trois années d’études,
- le Master conclut deux années d’études après la licence,
- le Doctorat est délivré après un travail de recherche (une « thèse ») durant généralement trois ans.
À coté de cette formation générale, des composantes de l’université proposent les formations suivante :
- le diplôme universitaire de technologie (DUT) : formation professionnalisante de deux ans délivrée dans un IUT ;
- le Magistère : formation professionnalisante de haut niveau d’une durée de cinq ans ;
- les diplômes d’ingénieurs (5 années post-bac) dans des « écoles internes » ;
- les formations de santé (études de médecine, de pharmacie... ) ;
- la préparation à certains concours (enseignement, fonction publique, écoles d’ingénieurs ...) ;
- la formation initiale et continue des enseignants du primaire et du secondaire ;
- le diplôme d'accès aux études universitaires et la Capacité en droit ;
- la formation continue ;
- l’habilitation à diriger des recherches (diplôme qui est une reconnaissance et non l’achèvement d’un cursus).
Les diplômes universitaire (DU) ou inter-universitaire (DIU) sont des diplômes spécifiques à un établissement qui ne sont pas soumis à une habilitation du ministère et n’ont donc pas la qualité de diplômes nationaux. Il en existe à tous les niveaux d'études mais ces diplômes intéressent principalement la formation continue et la formation complémentaire de certaines professions comme les professions de santé.
En France, de nombreux domaines d’études post-bac (art, administration, agronomie, architecture, armée, commerce, construction, industrie, commerce, notariat, vétérinaire, etc.) ou post-universitaires (administration, documentation, magistrature, notariat,...) sont enseignés en dehors des universités dans des « écoles » ou des sections de technicien supérieur, etc.
[modifier] Recherche
[modifier] La recherche publique en France
La recherche publique en France se fait par deux types d’établissement :
- Les organismes de recherches : ce sont les établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST) comme le centre national de la recherche scientifique (CNRS) ou l’institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) et quelques établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) comme le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) ou l’Office national d'études et de recherches aérospatiales (ONERA).
- Les établissements de recherche et d’enseignement supérieur : établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel dont les universités et établissements publics à caractère administratif sous tutelle du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche).
[modifier] Organisation de la recherche dans les universités
La politique de recherche de l’université est définie par le conseil scientifique. La recherche se fait dans des « unités de recherche » qui peut avoir l’un des statuts suivants :
- équipe d’accueil ou jeune équipe (entièrement gérée par l’université);
- unité mixte de recherche (cogérée par l’université et un organisme);
- unité propre de recherche (gérée par un organisme mais pouvant avoir des conventions avec l’université);
- équipe de recherche technologique (collaboration avec des industriels).
Ces unités peuvent être regroupées en fédérations.
[modifier] Documentation
[modifier] Organisation et fonctionnement
[modifier] Gouvernance
Les universités disposent selon le code de l’éducation d’une autonomie de fonctionnement et sont régies par une démocratie interne voulue et organisée par les lois de 1968 (« loi Edgar Faure »), de 1984 (« loi Savary ») et de 2007 (« loi LRU »). La première traduction de cette démocratie interne est la liberté statutaire d’organiser leur fonctionnement sous réserve de l’observation des lois et décrets qui les régissent. Plus exactement la gouvernance des universités est régie par les articles L712-1 et suivants du code de l'éducation[10].
[modifier] Le président de l'université
Le président de l’université est élu à la majorité absolue par les membres élus du conseil d’administration, pour un mandat de quatre ans (renouvelable immédiatement une fois). Il n’y a pas de condition de nationalité. Le président représente l’université, préside les conseils et pilote l’établissement ; il dispose pour l’essentiel du pouvoir exécutif. Il s’entoure d’un « bureau » qui est chargé, selon les termes de la loi, de « l’assister ». Sa composition est à configuration variable selon les statuts adoptés par les universités qui en organisent très librement la composition et le fonctionnement. Il peut être composé de vice-présidents des conseils, de chargés de mission, etc. Ces personnes, majoritairement enseignants-chercheurs, sont selon les cas élus par les conseils sur proposition du président ou par candidature spontanée, sur liste ou de façon individuelle... Leur mandat peut coïncider avec celui du président ou avec celui des conseils. Le bureau comprend obligatoirement un vice-président étudiant issu du conseil des études et de la vie universitaire. Le secrétaire général et d’autres responsables administratifs (agent comptable par exemple) sont souvent intégrés dans le bureau ou peuvent être appelés à y siéger à titre consultatif. Au niveau national, les présidents d’université sont regroupés en Conférence des présidents d'université.
[modifier] Le conseil d’administration
Le conseil d’administration (CA) détermine la politique de l’établissement.
Il comprend de vingt à trente membres ainsi répartis :
- de huit à quatorze représentants des enseignants-chercheurs et des personnels assimilés, des enseignants et des chercheurs, en exercice dans l’établissement, dont la moitié de professeurs des universités et personnels assimilés ;
- sept ou huit personnalités extérieures à l’établissement ;
- de trois à cinq représentants des étudiants et des personnes bénéficiant de la formation continue inscrits dans l’établissement ;
- deux ou trois représentants du personnel ingénieurs, administratifs, techniques et des bibliothèques, en exercice dans l’établissement.
Au sein du CA est créée une section disciplinaire.
[modifier] Le conseil scientifique
Le conseil scientifique (CS) est consulté sur les orientations des politiques de recherche, de documentation scientifique et technique, ainsi que sur la répartition des crédits de recherche. Il comprend vingt à quarante membres ainsi répartis :
- de 60 à 80 % de représentants des personnels. Le nombre de sièges est attribué pour la moitié au moins aux professeurs et aux autres personnes qui sont habilitées à diriger des recherches, pour un sixième au moins aux docteurs n'appartenant pas à la catégorie précédente, pour un douzième au moins aux autres personnels parmi lesquels la moitié au moins d'ingénieurs et de techniciens ;
- de 10 à 15 % de représentants des doctorants inscrits en formation initiale ou continue ;
- de 10 à 30 % de personnalités extérieures qui peuvent être des enseignants-chercheurs ou des chercheurs appartenant à d’autres établissements.
[modifier] Le conseil des études et de la vie universitaire
Le conseil des études et de la vie universitaire (CEVU) est consulté sur les orientations des enseignements de formation initiale et continue, sur les demandes d’habilitation et les projets de nouvelles filières et sur l’évaluation des enseignements.
Il comprend de vingt à quarante membres ainsi répartis :
- de 75 à 80 % de représentants des enseignants-chercheurs et enseignants, d’une part, et des étudiants, d’autre part, les représentations de ces deux catégories étant égales et la représentation des personnes bénéficiant de la formation continue étant assurée au sein de la deuxième catégorie ;
- de 10 à 15 % de représentants des personnels administratifs, techniques, ouvriers et de service ;
- de 10 à 15 % de personnalités extérieures.
Ces trois conseils sont appelés « conseils centraux ». Les étudiants qui y siègent sont éligibles au conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER). Il existe d’autres conseils, comme le Comité d'hygiène et de sécurité, le Comité technique paritaire[11], la Commission paritaire d'établissement[12], les conseils des services et des composantes (voir sections suivantes).
[modifier] Le secrétaire général et l'agent comptable
Le secrétaire général est nommé par le ministre chargé de l’enseignement supérieur, sur proposition du président de l’université. Il assure, sous son autorité, la gestion administrative et financière de l’établissement. Le président peut demander qu’il soit mis fin à ses fonctions.
L’agent comptable est nommé, sur proposition du président, par un arrêté conjoint du ministre chargé de l'enseignement supérieur et du ministre chargé du budget. Il peut exercer, sur décision du président ou du directeur, les fonctions de chef des services financiers de l’établissement.
Le secrétaire général et l’agent comptable participent avec voix consultative au conseil d'administration et aux autres instances administratives de l’établissement[13].
[modifier] Le recteur d'académie
Le recteur d'académie est également chancelier des universités de son académie : il exerce un contrôle de légalité sur leurs actes à la manière du Préfet sur ceux des collectivités locales. Il reçoit les procès-verbaux des séances des conseils d’administration des universités de son académie ainsi que les actes budgétaires qui lui sont transmis et pour lesquels il dispose de prérogatives particulières. En cas de défaillance, de faute grave ou de troubles sévères du fonctionnement d'une université, le Recteur-chancelier peut désigner un administrateur provisoire[14].
[modifier] Financement et ressources humaines
Le financement des universités par l’État se décompose en deux versements :
- Une dotation globale de fonctionnement attribué pour 80 % sur des critères d’effectifs d’étudiants, d’encadrements en emplois administratifs et techniques et des surfaces consacrées à l’enseignement et pour 20 % sur des critères de performances (Système de répartition des moyens à la performance et à l’activité (« SYMPA ») remplaçant depuis 2009 le système analytique de répartition des moyens (« SAN REMO »).
- Une dotation basée sur un contrat négocié tous les quatre ans (contrat d’établissement); les universités étant réparties en quatre vagues (dites A, B, C et D).
En 2007, les ressources d'une université étaient constituées pour 49% de subventions de l'Etat, 17% d'autres collectivités et pour 34% de ressources propres (principalement droits d'inscription, formation continue, contrats de recherche). D’autres sources occasionnelles peuvent intervenir comme les contrats de projets État-région, le plan campus etc[15]. Les frais de scolarités sont fixés par le ministre et sont les mêmes d’une université à l’autre (par exemple, en 2009, 171 euros pour la licence, 231 euros pour le master ...)[16].
Avec la loi relative aux libertés et responsabilités des universités, les universités pourront également gérer elles-mêmes leurs emplois. Ces « compétences élargies » concerneront 51 universités au 1er janvier 2010 et toutes les universités en 2012[17].
Les universités, du fait de leur sous financement chronique, sont fortement incitées[réf. nécessaire] à développer des ressources propres via une politique offensive en matière de collecte de la taxe d'apprentissage (l’université étant en concurrence avec d'autres établissements, notamment les autres universités pour capter la plus grande part possible de cette taxe) ou la vente de biens et services.
[modifier] Les campus
Les campus et bâtiments universitaires appartiennent à l’État. Ils sont souvent vétustes et en mauvais état; 25 % des locaux ne répondent pas aux normes de sécurité incendie[18]. Ils font régulièrement l’objet de plans de modernisation.
Depuis la Loi relative aux libertés et responsabilités des universités, l’État peut « transférer aux EPSCP qui en font la demande la pleine propriété des biens mobiliers et immobiliers appartenant à l’État qui leur sont affectés ou sont mis à leur disposition »[19]. En 2009, certaines universités ont demandé cette cession, mais le ministère préfère attendre[18].
[modifier] Services communs
Les services communs ont des missions « transverses » aux composantes de l’université. De façon formelle il s’agit des services des activités sportives, de documentation, de formation continue d’orientation et de médecine préventive.
Les conseils d’administration peuvent créer des services supplémentaires (formellement ce sont alors des « services généraux »)[20].
Ces services peuvent faire l’objet d’une coopération entre plusieurs universités.
[modifier] Composantes
[modifier] Généralités
L’université est divisée en composantes. On en distingue deux types : les unités de formation et de recherche (UFR) et les « instituts ou écoles ». Les composantes établissent leurs statuts qui sont approuvés par le conseil d’administration de l’université. Elles désignent généralement des conseils élus par les personnels et usagers et complétés par des personnalités qualifiées. Les conseils élisent un directeur (qui porte parfois le titre de « Doyen » selon l’ancien usage des « Facultés »).
Les UFR n’ont pas d’autonomie juridique et budgétaire mais une simple autonomie d’organisation interne au sein de l’université. Les instituts et écoles internes jouissent toutefois d’une autonomie plus poussée[21].
[modifier] Les unités de formation et de recherche
Les unités de formation et de recherche (UFR) - anciennement « facultés » - organisent la formation et la recherche dans un domaine particulier. Ses enseignements mènent à la licence, au master et au doctorat. Les UFR peuvent proposer des préparations à certains concours (enseignement, métiers du droit dans les instituts d’études judiciaires).
Les UFR sont créées par le conseil d’administration[N 1]. Elles sont souvent divisées en département (pour la formation) et regroupent les différents laboratoires de recherche. Certaines universités ont plusieurs UFR dans le même domaine.
Les UFR médicales et odontologiques disposent d’une autonomie relative[22]. Elles organisent les formations de santé.
[modifier] Instituts ou écoles
Les instituts et écoles sont créés par arrêté du ministre chargé de l’enseignement supérieur après consultation du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Voici les types de composantes les plus répandues, auxquels il faut ajouter les composantes spécifiques à une université.
Les instituts universitaires de technologie (IUT) recrutent, de manière sélective, au niveau du baccalauréat, ils forment des techniciens supérieurs et mènent au Diplôme universitaire de technologie. Les diplômés peuvent rentrer dans la vie active ou poursuivirent des études en IUP, école d’ingénieur, école de commerce, licence...
Les écoles d’ingénieurs internes aux universités (par exemple celles du Réseau Polytech) recrutent, de manière sélective, au niveau du baccalauréat ou bien, plus rarement sur concours après deux ou trois années de classes préparatoires. Il en existe 42 auxquelles il faut ajouter les écoles des instituts nationaux polytechniques qui sont régies de la même façon[23] (sur environ 200 écoles).
Les instituts de préparation à l’administration générale (IPAG) préparent les étudiants aux concours d'accès aux trois fonctions publiques et à de nombreux organismes publics ou para-publics. Ils préparent également à des diplômes nationaux en administration publique (licence et master) et à des certificats. Le niveau de recrutement varie suivant la formation ou la préparation considérées. Il en existe 23[23].
Les instituts d’administration des entreprises (IAE) proposent des formations en gestion et administration des entreprises au niveau L3 de la licence (licence professionnelle) et au niveau master (recherche ou professionnel). Il en existe 23[23].
Les 27[23] instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) sont, depuis la loi Fillon, intégrés aux universités. Ils préparent les étudiants aux concours de l’enseignement et forment les professeurs stagiaires.
Les 17 observatoires des sciences de l’univers[23].
[modifier] Fondations
Depuis la loi LRU, les universités - de façon plus générale les EPSCP et les EPCS - peuvent mettre en place des fondations disposant de l’autonomie financière et dont les fonds proviennent du mécénat et de la collaboration avec les partenaires. Il existe deux régimes juridiques :
En septembre 2009, il existe 13 fondations universitaires (8 pour des universités, 2 pour des PRES, 1 pour un INP, 1 pour un INSA, 1 pour une université de technologie) et 6 fondations partenariales (4 pour des universités, 1 pour un grand établissement et 1 pour une université de technologie)[17].
[modifier] Établissements rattachés
Certains établissements indépendants peuvent être « rattachés » à un EPSCP[26]. Cette disposition concerne :
- des établissements publics à caractère administratif :
- des écoles d’ingénieurs (ex - ENSI, ENI),
- cinq des sept instituts d’études politiques,
- l’Institut d'administration des entreprises de Paris,
- l’Observatoire de la Côte d'Azur;
- des établissements privés (par exemple : Supélec et Supoptique rattachés à Paris-XI[27]).
[modifier] Le personnel des universités
En 2008-09, 91 300 personnes enseignent dans les établissements publics d’enseignement supérieur pour la France métropolitaine et les DOM, dont 87 000 dans les universités, réparties de la manière suivante[28] :
| Droit | Lettres | Sciences | Santé | Total | |
| Professeur des universités | 2 614 | 4 426 | 7 322 | 4 934 | 19 296 |
| Maître de conférences | 5 781 | 10 645 | 15 744 | 3 283 | 35 453 |
| Assistants titulaires | 15 | 16 | 25 | 23 | 79 |
| Chefs de cliniques, AHU, PHU | 0 | 0 | 0 | 4 249 | 4 249 |
| Attachés et Moniteur | 2 859 | 3 920 | 8 015 | 132 | 14 926 |
| Autres[N 3] | 1 621 | 7 833 | 4 039 | 0 | 13 493 |
| Total | 12 890 | 26 840 | 35 145 | 12 621 | 87 496 |
[modifier] Les enseignants-chercheurs
[modifier] Les enseignants du second degrés
Ils sont recrutés pour réaliser uniquement du travail d'enseignement, ils peuvent servir à pallier un déficit d'heures d'enseignement dans certaines formations nécessitant un fort encadrement pédagogique (tel que les IUT par exemple) ou bien servir à certaines enseignement sans rapport avec la recherche (cours de langue par exemple).
[modifier] Les personnels ingénieurs, administratifs, techniques, ouvriers et de service
[modifier] Les usagers des universités
Ce terme recouvre les étudiants et les personnes recevant une formation continue.
Au 15 janvier 2009, 1 404 400 étudiants sont inscrits dans les universités de France métropolitaine et des départements d’outre-mer sur un ensemble de 2 231 745 étudiants. Ils sont répartis de la manière suivante[29],[N 4] :
| Cursus licence | Cursus master | Cursus doctorat | Ensemble | |
| Droit, sciences politiques | 109 536 | 65 837 | 8 358 | 183 731 |
| Sciences économiques, gestion | 76 185 | 57 917 | 4 334 | 138 436 |
| Administration économique et sociale | 32 363 | 5 848 | 0 | 38 225 |
| Lettres, sciences du langage | 63 798 | 21 661 | 6 547 | 92 006 |
| Langues | 80 204 | 17 008 | 2 696 | 99 908 |
| Sciences humaines et sociales | 124 381 | 62 799 | 14 661 | 201 841 |
| Pluri-lettres, langues, sciences humaines | 2 274 | 4 188 | 32 | 6 494 |
| Sciences fondamentales et application | 75 103 | 57 368 | 15 732 | 148 203 |
| Sciences de la nature et de la vie | 38 753 | 19 597 | 10 932 | 69 282 |
| Sciences et techniques des activités physiques et sportives | 23 939 | 5 581 | 533 | 30 053 |
| Pluri-sciences | 20 419 | 1 841 | 124 | 22 384 |
| Médecine - odontologie | 56 425 | 104 440 | 1 068 | 161 933 |
| Pharmacie | 20 188 | 388 | 31 221 | 161 933 |
| IUT | 118 115 | 0 | 0 | 118 115 |
| IUFM | 0 | 62 544 | 0 | 62 544 |
| Total | 832 140 | 506 817 | 65 419 | 1 404 376 |
En 2007, les universités, les universités de technologie et les instituts nationaux polyvalents ont accueilli 347 000 stagiaires de la formation continue[30].
[modifier] La vie étudiante
[modifier] Situation sociale des étudiants
[modifier] Le sport à l'université
En 2006, 20% des étudiants pratiquaient un sport à l’université, qui pouvait être pris en compte de manière optionnelle dans l’obtention du diplôme. Ils peuvent participer à des compétitions organisées par la Fédération française du sport universitaire. Les SUAPS disposent de 660 enseignants titulaires (agrégés ou certifiés) pour encadrer les activités. Ils font également appel à des enseignants vacataires[31].
[modifier] Les associations
Les associations étudiantes sont de nature très variée, les types les plus fréquents sont :
- les syndicats étudiants
- les associations de filières
- les associations thématiques (humanitaire, environnement, prévention santé, sport, culture...)
- les organisations politiques de jeunesse
[modifier] Mouvements étudiants
[modifier] Notes
- ↑ Avant la Loi relative aux libertés et responsabilités des universités de 2007, seul le ministère pouvait créer une UFR.
- ↑ Sont inclus les trois universités de technologies, les deux instituts nationaux polytechniques et les composantes de l’université (IUT, écoles internes …)
- ↑ Enseignants de type « second degré » et ENSAM, fonctions spécifiques des grands établissements et des écoles françaises à l’étranger, lecteurs et maîtres de langue étrangère (1 013 personnes)
- ↑ Dans ces chiffres, les étudiants des écoles d’ingénieurs internes ne sont pas comptabilités comme étant étudiants d’une université.
[modifier] Sources
- ↑ Code de l’éducation, article L711-2 sur www.legifrance.gouv.fr, anciennement article 24 de la loi Savary)
- ↑ voir par exemple [pdf]Rapport des Etats généraux de la recherche, 2004 (p.38-40; II.2.4.c Créer des Pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES)) qui a inspiré la création des PRES.
- ↑ Code de l’éducation, article L731-14 sur www.legifrance.gouv.fr
- ↑ Code de l’éducation, article L123-3 sur www.legifrance.gouv.fr
- ↑ Philippe Aghion et Élie Cohen, Éducation et croissance, La Documentation française, Paris, 2004, 144 p. (ISBN 2-11-05533-2), [lire en ligne (page consultée le 20 décembre 2009)]
- ↑ L’Université doit être un lieu de savoir sur www.humanite.fr. Consulté le 2 novembre 2009
- ↑ Plus de 30 ans de manifestations étudiantes sur www.lexpress.fr. Consulté le 2 novembre 2009
- ↑ Le classement de Shanghai des universités mondiales
- ↑ Les facs françaises mal notées par la Banque mondiale sur lefigaro.fr, 15/07/2009
- ↑ Code de l’éducation, articles L712-1 sur www.legifrance.gouv.fr. Ceci constitue la source de référence de la section Gouvernance
- ↑ Code de l’éducation, article L951-1-1
- ↑ Code de l’éducation, article L953-6
- ↑ Code de l’éducation, article L953-2
- ↑ Code de l’éducation, article L711-8
- ↑ Rapport du Sénat sur la réforme de l’allocation des moyens par l’État aux universités, Juin 2008
- ↑ Arrêté du 30 juillet 2009 fixant les taux des droits de scolarité dans les établissements publics d'enseignement supérieur relevant du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche
- Dossier de presse de la rentrée 2009 du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
- Ces universités qui réclament la propriété de leurs locaux sur www.lefigaro.fr, 29 mai 2009
- ↑ Code de l’éducation, article L719-14
- ↑ Décret no 95-550 du 4 mai 1995 relatif aux services généraux des universités
- ↑ Code de l’éducation, article L713-9, anciennement article 33 de la loi Savary (il reste d’ailleurs d’usage de surnommer ces écoles « article 33 »)
- ↑ Code de l’éducation, article L713-4, anciennement article 32 de la loi Savary
- Décret n°85-1243 du 26 novembre 1985 portant création d’instituts et d’écoles internes dans les universités et les instituts nationaux polytechniques
- ↑ Code de l'éducation, article L719-12
- ↑ Code de l'éducation, article L719-13
- ↑ Code de l'éducation, article L719-10, anciennement article 43 de la loi Savary (il reste d’ailleurs d’usage de surnommer ces écoles « article 43 »)
- ↑ Rapport sur les politiques nationales de recherche et de formations supérieures 2010; p 208
- ↑ repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, Daniel Vitry (dir.), Ministères de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche / DEPP, septembre 2009, 426 p., (ISSN 1635-9089), [lire en ligne (page consultée le 20 décembre 2009)]. 9.15 Les enseignants du supérieur par discipline, p 307
- ↑ RERS2009. 6.4 Les étudiants des universités en 2008-2009, p 172
- ↑ RERS2009. 7.4 La formation continue dans l’enseignement supérieur : bilan global, p 216
- ↑ Rapport sur le développement du sport à l'université sur www.enseignementsup-recherche.gouv.fr, 10 juillet 2008
[modifier] Annexes
[modifier] Articles connexes
- Université
- Système éducatif français, Études supérieures en France
- Liste des universités françaises
- Liste des sigles universitaires français
- Processus de Bologne, Système européen de transfert et d'accumulation de crédits (ECTS)
- Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche
- Conférence des présidents d'université
- Cycles universitaires en France
- Section disciplinaire
[modifier] Liens et documents externes
- L'enseignement supérieur sous le regard des chercheurs. Dossier documentaire en ligne sur l'état des savoirs (2005) concernant les universités.
- Site de la Conférence des Présidents d'Université (CPU) qui publie et tient à jour des rubriques relatives à la vie des universités françaises et des établissements d'enseignement supérieur qui en sont membres.
- Site associé de l'Agence de Mutualisation des Universités et des Etablissements (AMUE) qui contient de nombreuses informations réglementaires, administratives et financières relatives au fonctionnement des universités.
- ITARF Les personnels Ingénieurs, Techniques et Administratifs de Recherche et de Formation qui travaillent dans les universités de France.
- Jean-Paul Domergue (dir.), Territoires et enseignements supérieurs, Tomes 1 & 2, , Éditions du CNFPT, coll. « Développement local », Paris, 1997, (ISBN 2841430820).
- Daniel Mallet, Pierre Balme, Pierre Richard, Réglementation et management des universités françaises, éd. Berger-Levrault, Paris, 2002, (ISBN 2701313708).
- Direction de la programmation et du développement, Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche, Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche (en principe édition annuelle), (ISBN 2110954019).
- Christine Musselin, La longue marche des universités françaises, PUF, Paris, 2001, 218 p. (ISBN 2130514413); éd. en langue anglaise, The long march of French universities, Routledge, London, 2004, (ISBN 0415934974).