Pollution

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Les premières grandes pollutions semblent avoir été induites par la révolution industrielle, permise par les machines à vapeur et le charbon. Cheminées industrielles, par Eugen Bracht (1842–1921), tableau daté de 1905.
Déchets dans le canal de Lachine à Montréal.
Fumées industrielles généralement chargées de résidus de combustion.

La pollution est la dégradation d'un écosystème par l'introduction, généralement humaine, de substances ou de radiations altérant de manière plus ou moins importante le fonctionnement de cet écosystème[1]. Par extension, le mot désigne aussi parfois les conséquences de phénomènes géologiques comme une éruption volcanique[2].

La pollution d'origine humaine peut avoir un impact très important sur la santé et dans la biosphère comme en témoigne l'exposition aux polluants et le réchauffement climatique qui transforme le climat de la Terre et son écosystème, en entraînant l'apparition de maladies inconnues jusqu'alors dans certaines zones géographiques, des migrations de certaines espèces, voire leur extinction si elles ne peuvent s'adapter à leur nouvel environnement biophysique.

C'est après la Seconde Guerre mondiale qu'une prise de conscience des répercussions des activités humaines sur l'environnement voit le jour, parallèlement à la naissance de l'écologisme et de l'écologie. Les préoccupations environnementales conduisent les gouvernements à prendre des mesures pour limiter l'empreinte écologique des populations humaines et pour contrer des activités humaines contaminantes.

Étymologie ou origine du mot[modifier | modifier le code]

Pollution vient du latin polluere (= por + luo) qui signifie « souiller en mouillant », « salir » et surtout « profaner » [3].

Sens ancien[modifier | modifier le code]

Historiquement, la pollution est la profanation ou la souillure d'un objet ou d'une demeure sacrée par des substances impures[4]. C'est clairement un mot d'origine cultuelle[5].

Sens contemporain[modifier | modifier le code]

Une définition contemporaine du terme pollution pourrait être un phénomène ou élément perturbateur d'un équilibre établi (« équilibre dynamique » dans le cas des écosystèmes) et plus particulièrement si cet élément est nuisible à la vie. Au sens large, la pollution peut être anthropique (c'est-à-dire induite par l'Homme) ou d'origine non-humaine.

Le Dictionnaire de l'environnement. Les termes normalisés[6] de l'AFNOR définit le polluant comme un altéragène biologique, physique ou chimique, qui au-delà d'un certain seuil, et parfois dans certaines conditions (potentialisation), développe des impacts négatifs sur tout ou partie d'un écosystème ou de l'environnement en général.

La notion de pollution appelle donc celle de contamination d'un ou plusieurs composants des écosystèmes (air, eau, sol), d'un organisme (qui peut être l'être humain) ou d'un groupe d'organismes, ou ayant une incidence sur l'écosystème, au-delà d'un seuil ou norme. La contamination peut notamment s'étendre ou se modifier via le réseau trophique (chaîne alimentaire) (bioconcentration, bioturbation).

Origine humaine[modifier | modifier le code]

Plage polluée de bouteilles en plastique sur les rives de la Mer Rouge en Égypte.

Les pollutions d'origine humaine, dites aussi anthropiques, ont de nombreuses formes en pouvant être locales, culturelles, ponctuelles, accidentelles, diffuses, chroniques, génétiques, volontaires, involontaires, etc.

Cette pollution est une diffusion directe ou indirecte dans l'environnement de polluants. Ce sont souvent des sous-produits involontaires d'une activité humaine, comme les émissions des pots d'échappement ou des installations de combustion. Les déchets de produits de consommation courante (emballages, batteries usagées) jetés sans précautions dans l'environnement biophysique et dans l'environnement humain, constituent également une source de pollution très fréquente. Il peut aussi s'agir de phénomènes physiques (comme la chaleur, la lumière, la radioactivité, l'électromagnétisme, etc.), dont le caractère impur ou malsain est généralement relatif car dépendant de la dose, de la durée d'exposition, d'éventuelles synergies, etc. Il est relatif :

  • soit à leur nature de « poison » pour l'Homme ou l'environnement (exemple : mercure de la baie de Minamata ; smog londonien généré par la combinaison d'un phénomène climatique naturel et d'émissions causées par le chauffage urbain) ; par extension, le simple caractère désagréable, même sans danger, peut suffire à invoquer le qualificatif de pollution là où le mot "nuisance" est souvent préféré ;
  • soit à leur nature tératogène (provoquant des malformations chez les nouveau-nés), même non associée à un caractère toxique;
  • soit à leur nature de perturbateur endocrinien ;
  • soit, en dépit de leur caractère non directement toxique pour l'homme et les êtres vivants, à leur capacité éventuelle à changer ou perturber le fonctionnement d'un écosystème ou de la biosphère,
  • soit en détruisant la vie (exemple : insecticides) ou ses conditions (exemple : chlorofluorocarbones détruisant la couche d'ozone),
  • soit au contraire en surfavorisant certaines expressions (exemple : nitrates ou phosphates agricoles, favorisant une flore nitrophile au détriment des autres espèces, voire l'eutrophisation ou la dystrophisation des zones humides, baies marines, évoluant vers des zones mortes dans les cas les plus graves).
  • Il peut aussi s'agir d'introduction d'espèces ou de pollution génétique pouvant perturber le fonctionnement des écosystèmes, c'est-à-dire l'introduction d'espèces ou de gènes dans un biotope d'où ils étaient absents (p. ex. rat musqué ou OGM) ou de pollution par des gaz à effet de serre tels que le gaz carbonique ou le méthane, cf. infra.

Les 10 sites les plus pollués au monde[modifier | modifier le code]

La Croix verte internationale, en collaboration avec le Blacksmith Institute, a rendu un rapport[7] en 2013, concernant les 10 sites les plus pollués au monde, se trouvant dans 8 pays. Ces lieux pollués, menacent gravement la santé de centaines de milliers de personnes par inhalation directe, ingestion d'aliments ou contact cutané. Parmi ces sites, figurent :

Origine environnementale[modifier | modifier le code]

Les pollutions d'origine environnementale peuvent être dues :

  • aux conséquences directes ou indirectes de catastrophes naturelles, tels que le volcanisme ;
  • à une pollution liée à des phénomènes naturels, tels que les éruptions solaires ;
  • à une pollution d'un captage d'eau potable par un animal qui fera ses besoins à proximité, ou qui serait mort et en décomposition dans l'eau.
  • à la production de toxines lors de bloom planctoniques

Législation[modifier | modifier le code]

D'un point de vue législatif, dans la plupart des pays, le mot « pollution » qualifie la contamination d'un milieu par un agent polluant au-delà d'une norme, seuil, loi, ou hypothèse ; il peut s'agir de la présence d'un élément, de chaleur ou rayonnement dans un milieu ou dans un contexte où il est normalement absent à l'état naturel. Généralement, néanmoins, ce n'est pas simplement la présence mais plutôt la surabondance de l'élément dans un milieu où il est naturellement en équilibre (par exemple un métal lourd fixé dans les complexes argilohumiques et peu biodisponible) ou présent en plus faible quantité qui crée la pollution.

Selon l'article 1 de la Convention internationale OSPAR : « on entend par "pollution" : l'introduction par l'homme, directement ou indirectement, de substances ou d'énergie dans la zone maritime, créant ou susceptibles de créer des risques pour la santé de l'homme, des dommages aux ressources biologiques et aux écosystèmes marins, des atteintes aux valeurs d'agrément ou des entraves aux autres utilisations légitimes de la mer. »

La législation européenne définit la pollution comme « l'introduction directe ou indirecte, par suite de l'activité humaine, de substances ou de chaleur dans l'air, l'eau ou le sol, susceptibles de porter atteinte à la santé humaine ou à la qualité des écosystèmes aquatiques ou des écosystèmes terrestres dépendant directement des écosystèmes aquatiques, qui entraînent des détériorations aux biens matériels, une détérioration ou une entrave à l'agrément de l'environnement ou à d'autres utilisations légitimes de ce dernier » et un polluant comme une « substance pouvant entraîner une pollution, en particulier celles figurant sur la liste de l'annexe VIII » [8]. Ces définitions abordent le problème de l'eau et évitent ceux des sols qui sera traité par le biais de la directive sol[9].

De ce point de vue, en l'absence d'impact sur la santé ou sur le fonctionnement des écosystèmes marins, il n'y a pas de pollution au sens légal du terme (mais l'environnement peut être plus ou moins « marqué », de manière détectable, par des substances dont on sait par ailleurs qu'elles sont potentiellement polluantes à forte dose).

En France, dans le domaine juridique, pour les produits soumis à des normes ou seuils, on ne devrait donc théoriquement parler de pollution que dans le cas de dépassement des seuils ou normes, ces seuils étant eux-mêmes fixés en fonction de l'impact biologique que les substances considérées peuvent avoir. Ceux-ci sont listés dans un rapport de l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (INERIS) [10] qui rapporte des valeurs dans un même milieu avec des unités identiques, ce qui n'est pas toujours le cas dans les textes réglementaires. Les valeurs, en vigueur au 1er mars 2006, y sont données pour information. Il convient donc après cette date de vérifier qu'elles n'ont pas été modifiées ou abrogées, et de systématiquement se référer aux textes originaux.

Inversement, en France, en l'absence de loi ou de normes spécifiques aux pollutions anciennes liées aux séquelles de guerre, des territoires que l'on sait très fortement contaminés (les forêts de la Zone rouge de Verdun par exemple) ne sont pas officiellement reconnues comme polluées[réf. nécessaire] ; Aucune recommandation concernant les produits alimentaires issus de ces sols ne semble jamais avoir été émise par les autorités[réf. nécessaire] préfectorales ou ministérielles. Ceci vaut pour les champignons qui peuvent fortement accumuler les métaux lourds, mais aussi pour les sangliers.

Types[modifier | modifier le code]

Il est question de « pollution diffuse », lorsque les sources d'un polluant sont multiples (pots d'échappement, épandage de pesticides..) et de « pollution chronique » lors d'émissions répétées ou constante de polluant, et parfois lorsqu'un polluant est très rémanent.

Pollution de l'air[modifier | modifier le code]

Pollution atmosphérique au-dessus de Paris.

La pollution de l'air, provoquée par des polluants dits atmosphériques est plus délicate à réglementer efficacement dans un cadre local ou national que beaucoup d'autres formes de pollutions (de même pour les pollutions marines). Des conventions mondiales concernent les polluants destructeurs de la couche d'ozone ou les gaz à effet de serre, tous capables de modifier le fonctionnement planétaire du monde vivant. Elle intègre la pollution biologique induite par des taux anormaux ou anormalement allergènes de microbes, virus, pollens ou de spores fongiques. Les effets allergènes (rhinite, conjonctivite, asthme) de ces particules biologiques sont en augmentation, et ils semblent souvent exacerbés par les polluants urbains, routiers et de l'industrie[11].

Pollution des sols[modifier | modifier le code]

La pollution du sol peut être diffuse ou locale, d'origine industrielle, agricole (utilisation excessive d'engrais, de pesticidesetc. qui s'infiltrent dans les sols). Ces pollutions agricoles peuvent avoir plusieurs impacts sur la santé humaine en contaminant par bioaccumulation ou diffusion par ruissellement.

Pollution de l'eau[modifier | modifier le code]

Pollution dans un canal à sec à Ouagadougou (Burkina Faso).

La pollution de l'eau peut avoir diverses origines parmi lesquelles :

l'industrie 
dont ses sous-produits sont une des sources de pollution de l'eau parmi les plus importantes. Il s'agit essentiellement des produits chimiques et d'hydrocarbures (par exemple : dégazage) ;
l'agriculture 
dont l'utilisation excessive de produit chimique (entre autres avec l'épandage du lisier) finissent soient dans les nappes phréatiques soit dans les cours d'eau par ruissellement ;
L’automobile 
dont les rejet d'hydrocarbures (carburant imbrulés, huile, etc.) finissent dans les cours d'eau s'ils ne sont pas captés et recyclés correctement ;
les eaux usées 
si elles ne sont pas traitées correctement, peuvent être une source de pollution de l'eau. Dans la plupart des pays développés comme en France des législations ont été mises en place obligeant à un traitement des eaux usées, afin de réduire ce type de pollution.

Par type ou agents polluants[modifier | modifier le code]

Signalisation de produit polluant.

La pollution peut également être provoquée par type ou agents polluants. Ceux-ci incluent notamment : la pollution industrielle, la pollution atmosphérique, les pollutions liées aux transports, dont la pollution automobile et celle induite par les avions la pollution radioactive, (produits radioactifs ; catastrophe de Tchernobyl), la pollution électromagnétique, (pollution liée aux rayonnements ionisants et non ionisants), la pollution thermique, la pollution spatiale, la pollution sonore, la pollution visuelle (qui est en fait généralement plutôt une nuisance), la pollution olfactive (à parfois classer dans les nuisances) et la pollution par armes ou explosifs.

La pollution lumineuse (autre type de pollution) diffère de la nuisance lumineuse en ce qu'elle a des conséquences sur la biodiversité (faune et environnement nocturne perturbés), accompagnée d'un gaspillage énergétique (plus de 50 % de la lumière produite est diffusée vers le ciel ou inutile…). Il existe également de possibles perturbations des cycles biologiques chez l'humain. Quelques règles simples permettraient de la fortement diminuer. La « pollution sensitive ». Récemment, les termes « pollution sonore » et « visuelle » ont été proposés pour désigner la nuisance croissante censée être provoquée par les sons agressifs (voiture, train, avion, musique), les images violentes ou considérées comme telles (essentiellement la publicité et la télévision) ou un urbanisme déplaisant. Le terme a été spécifiquement choisi pour relier la pollution « physique » et la pollution « mentale », sans que ce terme se réduise à désigner un dérangement psychique : en effet, il est possible que les « pollutions sonores », notamment, induisent des états de stress et provoquent des maladies somatiques.

La pollution liée au tourisme (pour partie liée aux transports), hobbies (ex : bricolage) et à certains loisirs (ex : nautisme) ou festivités (ex : feu d'artifice).

Effets[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Une mauvaise qualité de l'air peut tuer un bon nombre d'organismes et également les humains. Ce type de pollution peut causer des complications respiratoires, des maladies cardiovasculaires, une inflammation de la trachée, des douleurs abdominales et une congestion. Les personnes âgées sont plus exposées à des maladies liées à la pollution de l'air. Les personnes ayant des problèmes pulmonaires ou cardiovasculaires sont hautement exposées. Les enfants exposés aux pollutions automobiles développeraient plus facilement asthme, infections ORL, allergies respiratoires voire cancers, les enfants dans leur poussette étant particulièrement exposés à ce type de pollution[12].
Des études estiment à 50 000 le nombre de victimes aux États-Unis à cause de la pollution de l'air[13].

Article détaillé : Pollution de l'air.


La pollution des eaux cause 14 000 décès par jour, pollution principalement la conséquence de mauvais traitements des eaux usées dans les pays en voie de développement. Il est estimé que 700 millions d'indiens n'ont aucun accès à l'hygiène et qu'un millier d'enfants meurt chaque jour de diarrhée infectieuse[14]. Près de 500 millions de Chinois n'ont aucun accès à de l'eau potable[15]. 656 000 individus meurent prématurément chaque année en Chine à cause de la pollution de l'air. En Inde, elle causerait 527 700 décès par an[16].

Article détaillé : Pollution de l'eau.


La pollution sonore cause une perte d'audition, de l'hypertension, du stress et des troubles du sommeil. Le mercure est lié à des déficits développementaux chez les enfants et à des symptômes neurologiques.

Article détaillé : Pollution sonore.


Autres effets de la pollution : des substances chimiques et radioactives peuvent entraîner des cancers et des maladies congénitales.

Article détaillé : Pollution radioactive.

Environnement[modifier | modifier le code]

La pollution est également présente dans l'environnement. La présence des insecticides dans le sol est aussi une cause de pollution d'environnement.

Recherche des sources, causes ou responsabilités[modifier | modifier le code]

Depuis très longtemps, la justice ou les autorités cherchent en cas de pollution grave ou chronique à identifier les causes et les responsables.
Au XXe siècle, les méthodes d'Investigation environnementale, parallèlement à l'évaluation environnementale se sont développées (en France, souvent sous l'égide des DRIREs (devenues DREALs) et des Agences de l'Eau depuis que ces entités existent.
Alors que le droit de l'environnement se développe, et sur le modèle anglophone du mot forensic, on parle maintenant de « forensie environnementale » pour décrire les enquêtes et méthodes mobilisées par les experts appelés à chercher des preuves et des faits scientifiques utilisables devant un tribunal [17].

Mesures[modifier | modifier le code]

Des atlas ou cadastres des pollutions se mettent peu à peu en place aux échelles communales à mondiales pour certains polluants, concernant les émissions et/ou les pollutions de stock.

L'Europe dispose ainsi d'un registre européen des émissions polluantes (Eper) couvrant cinquante polluants (eau et air uniquement), émis par les principales (grandes et moyennes) installations industrielles. Il a permis de conclure[18][réf. insuffisante] mi 2007 à un « bilan mitigé ». Si on observe une diminution de deux tiers des cinquante polluants industriels suivis, notamment azotés dans l'eau (-14,5 % dans l'eau), phosphore (-12 % dans l'eau) et dioxines et furanes (-22,5 % dans l'air) ; ces améliorations sont contrebalancées par une hausse des émissions de certains polluants dont le CO2 que la commission espérait réduire grâce à l'introduction du système communautaire d'échange de quotas d'émission.
L'Eper sera en 2009 remplacé par un registre européen des rejets et des transferts de polluants (PRTR européen) construit à partir des données de 2007, cette fois pour plus de 91 substances d'industries dans 65 domaines d'activité. Et les émissions diffuses du trafic autoroutier, chauffage domestique et l'agriculture» y seront ajoutées[19].

En France, il existe un régime de déclaration annuelle obligatoire de certaines émissions polluantes et des déchets (par exemple pour les installations classées pour la protection de l'environnement et les exploitants de station d'épuration d'eaux urbaines[20].

Au niveau local, des Samu de l'environnement se créent en France, dont l'objectif principal est de fournir des laboratoires mobiles capables de mesurer rapidement et sur site pollué plusieurs centaines de paramètres physico-chimiques et biologiques.

Rôle des indicateurs[modifier | modifier le code]

L'étude de l'impact d'un polluant relève du domaine de l'écotoxicologie. Il est cependant difficile de mesurer l'impact de polluants multiples agissant en synergies, comme cela est le cas par exemple pour le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles. L'application de l'écotaxe ou du principe pollueur-payeur a nécessité que l'on crée des indices de pollution. L'une des unités retenues en France est le métox, mais uniquement pour huit polluants de type métaux et métalloïdes (arsenic, cadmium, chrome, cuivre, mercure, nickel, plomb et zinc[21]).

Règlementations[modifier | modifier le code]

Plusieurs conventions internationales portent sur les pollutions marines, animées par les commissions OSPAR et HELCOM notamment.

La Commission européenne a présenté le 9 février 2007 un projet de directive visant à condamner de manière uniforme au sein de l'Union européenne les crimes environnementaux[22]. Actuellement (février 2007), la définition varie fortement d'un État membre à l'autre, avec des sanctions jugées souvent "insuffisantes" par la Commission. Franco Frattini, le Commissaire chargé de la Justice, à la liberté et à la sécurité a déclaré que 73 % des « crimes verts » sont causés par les entreprises, il fallait donc les pénaliser plus fortement. C'est ainsi que des amendes allant de 750 000 euros à 1,5 million d'euros peuvent être infligées, ainsi que pour les personnes, des peines de prison allant de 5 à 10 ans[23].

Les crimes pris en compte par ce projet sont notamment : émissions illicites de substances dangereuses, transport illicite de déchets et commerce illicite d'espèces menacées.

En France[modifier | modifier le code]

Si la loi Laure précise que la source de pollution est l’activité humaine, il existe des sources de gaz toxiques naturelles tels que le volcanisme, cause de gigantesques émissions dans certaines régions. La pollution urbaine est engendrée essentiellement par les activités humaines : déplacements, distribution d’essence, usines, chauffages, incinérateurs… Les sources humaines polluantes sont surtout concentrées en milieu urbain, là où les populations exposées aux conséquences sont elles-mêmes concentrées. À Paris, ville très peu industrialisée, la pollution est due principalement aux transports automobiles et pour une petite partie aux activités fixes (usines, chauffages, incinérateurs).

Qualité de l'eau[modifier | modifier le code]

La loi no 92-3 sur l'eau du 3 janvier 1992 vise une gestion globale de la ressource en eau et des milieux aquatiques. Elle s'appuie sur des principes de partage de cette ressource entre les usagés et de protection des écosystèmes. Elle soumet à un régime de déclaration et d'autorisation (selon le même principe que la réglementation sur les I.C.P.E) certaines installations, ouvrages et travaux entraînants un prélèvement sur les eaux superficielles ou souterraines, une modification du niveau ou du mode d'écoulement des eaux ou un rejet. La Mission Inter-Service de l'Eau (MISE), regroupement départementale des services de l'État (DDASS, DDAF, DDE, DRIRE, DIREN…) est chargée d'assurer la police de l'eau.

Afin de permettre une gestion équilibrée de l'eau, la France a été découpée en six bassins versants hydrogéographiques principaux. Sur chacun de ces bassins les modalités de cette gestion sont définies dans un Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE). Ce document se développe en trois points : un état des lieux des milieux aquatiques, et des ressources ; les objectifs de gestion, de qualité et de quantités à atteindre ; et les mesures à prendre pour satisfaire ces objectifs.

Afin de permettre une gestion plus proche des exigences locales, un outil à l'échelle de plus petites unités hydrogéographiques (sous-bassins) a été mis en place : le Schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE).

Qualité de l'air[modifier | modifier le code]

Qualité de l'air extérieur 
Qualité de l'air intérieur 
Depuis le 1er janvier 2012 Les bâtiments accueillant du public doivent contrôler régulièrement les moyens de ventilation et la qualité de l'air intérieur[24]. De nombreuses avancées ont vu le jour notamment dans les habitations grâce à la ventilation mécanique par insufflation qui permettent de réduire considérablement la pollution de l'air intérieur[25].

Brouillards toxiques recouvrant la France en mars 2014[modifier | modifier le code]

En mars 2014, une grande partie de la France est atteinte par des pollutions importantes qui conduisent à déclarer l'alerte maximale dans 30 départements[26]. Paris est plongé dans un épais brouillard, au point que la Tour Eiffel n'est quasiment plus visible[27].

Autres[modifier | modifier le code]

La réglementation sur les installations classées vise à réglementer les installations susceptibles de présenter un danger pour l'environnement, le voisinage ou la personne. Ces installations appelées ICPE (Installations Classées pour la Protection de l'Environnement), répertoriées dans une nomenclature, sont tenues avant leur mise en activité ou avant un changement ou une diversification de leur activité de présenter un dossier en préfecture répertoriant toutes les nuisances qu'elles sont susceptibles de provoquer et les moyens qu'elles comptent mettre en œuvre pour les prévenir et les réparer le cas échéant. Les activités ainsi répertoriées sont soumises soit à une simple déclaration (dépôt du dossier) soit à une autorisation pour les installations présentant les risques les plus importants. La déclaration doit tout de même faire l'objet d'un récépissé attestant que le dossier est complet et conforme à la législation.

Des taxes et redevances sont dues pour certaines pollutions, en vertu du principe du pollueur-payeur, qui fait assumer la charge financière de la prévention, de la réduction et de la lutte contre la pollution au pollueur.
Dans cette optique, les équipements et produits polluants sont plus taxés (par des écotaxes) que des produits dits écologiques. Une redevance pour pollutions diffuses est par exemple versées par les distributeurs de pesticides et de semences pré-enrobées. L'assiette de cette redevance est basée sur une liste de substances actualisée chaque année en fonction des évolutions de la connaissance ou de la réglementation[28].
Des incitations financières, comme des réductions d'impôts, visant à promouvoir le développement des énergies renouvelables sont appliquées. Et lors d'une catastrophe écologique (comme une marée noire), le pollueur est censé assumer le nettoyage des zones contaminées.


Pour les religions[modifier | modifier le code]

Position de l'Église catholique romaine[modifier | modifier le code]

Ce ballon de baudruche en latex synthétique sera difficilement biodégradé dans les branches de cet arbre. Il s'agit donc d'une pollution.

La pollution de l'environnement a été évoquée comme une forme moderne du péché par Mgr Gianfranco Girotti, régent de la Pénitencerie apostolique, le 9 mars 2008. Ces nouvelles formes modernes de péché qu'il a citées ne sont néanmoins pas de nouveaux péchés capitaux, Mgr Gianfranco Girotti a notamment insisté sur la définition collective du péché, alors que l'accent est traditionnellement mis sur la dimension individuelle : « Alors que le péché concernait jusqu’à présent plutôt l’individu, aujourd’hui, il a une résonance sociale, en raison de la mondialisation »[29],[30],[31].

Dans l'hindouisme[modifier | modifier le code]

Dans le système de castes en Inde, la pollution est laissée à des gens hors-castes: les dalits considérés comme des misérables. Pour l'indien moyen est pollué: le cuir, les animaux morts, les égouts entre autres. En haut de la hiérarchie sociale, les brahmanes ne touchent que ce qui est pur comme les livres religieux ou les statues de divinités[32].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Adapté de la définition de l'OCDE, 1974, (en)[PDF]Transboundary transfer of potentially hazardous substances
  2. Encyclopédie Larousse de 2009, la formation de substrats inhabituellement acides, radioactifs ou chargés en métaux toxiques
  3. Voir le mot « Pollution » sur le site Trésor informatisé de la langue française.
  4. D'autres peuples considèrent aussi l'humidité accidentelle comme une souillure ; ainsi, dans le shintô, religion des Japonais, tout site sacré souillé par l'eau de pluie doit être purifié avant d'être utilisé pour un rite quelconque.
  5. Dictionnaire de l'Académie française, neuvième édition
  6. . Lexique français-anglais, anglais-français. Paris La Défense, AFNOR, 1994.- 307 p
  7. Rapport 2013, des 10 sites les plus pollués du monde, Croix verte internationale
  8. « Directive 2000/60/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l'eau », Parlement européen,‎ 23 octobre 2000 (consulté le 20 octobre 2007)
  9. « Fiche de procédure - Environnement: stratégie pour la protection et l'utilisation durable des sols », Parlement européen (consulté le 20 octobre 2007)
  10. « Synthèse des valeurs réglementaires pour les substances chimiques, en vigueur dans l'eau, l’air et les denrées alimentaires en France au 1er mars 2006 », Institut national de l'environnement industriel et des risques,‎ juin 2006 (consulté le 20 octobre 2007)
  11. Article Synergie entre pollens et polluants chimiques de l'air : les risques croisés, Environnement, Risques & Santé. Volume 1, Numéro 1, 42-9, mars - avril 2002, Synthèses
  12. Barletta C, Aix : pollution plein pot en poussette, La Provence, 30 mars 2011
  13. (en) David, Michael, and Caroline, « Air Pollution – Effects », sur Library.thinkquest.org (consulté le 26 octobre 2010)
  14. (en) « A special report on India: Creaking, groaning: Infrastructure is India’s biggest handicap », sur The Economist,‎ 11 décembre 2008
  15. (en) As China Roars, Pollution Reaches Deadly Extremes". The New York Times. 26 août 2007.
  16. (en) Chinese Air Pollution Deadliest in World, Report Says. National Geographic News. 9 juillet 2007.
  17. Environnement Magazine, Forensie environnementale - Les experts mènent l'enquête (lien); no 1705, mars 2012, p. 37 - 46), OC00288284
  18. Second rapport d'évaluation, par l'Agence européenne de l'environnement (AEE)
  19. Communiqué de la Commission, du 7 juin 2007
  20. Arrêté du 26 décembre 2012 modifiant l'arrêté du 31 janvier 2008 relatif au registre et à la déclaration annuelle des émissions polluantes et des déchets NOR : DEVP1240115A, sur le site legifrance.gouv.fr
  21. « Pollution : Une source de mortalité », sur vandeleene.com (consulté le 20 novembre 2010)
  22. L'UE s'attaque à la "criminalité environnementale", dépêche de l'AFP du 9 février 2007
  23. Bruxelles veut pénaliser les crimes contre l'environnement, dans le quotidien Le Monde du 7 février 2007
  24. Décret no 2012-14 du 5 janvier 2012 relatif à l'évaluation des moyens d'aération et à la mesure des polluants effectuées au titre de la surveillance de la qualité de l'air intérieur de certains établissements recevant du public, sur le site legifrance.gouv.fr
  25. VMI http://www.allergens-controlled.com/blog/intervention-prochaine-de-mireille-rahmeh-lors-3eme-colloque-du-college-dexperts-seiqa-331
  26. Pollution : plus de 30 départements en alerte, transports gratuits en Ile-de-France.
  27. La pollution à Paris en deux photos.
  28. Cf: notamment les articles 213-10-8, R. 212-9 et R. 213-48-13 du code de l'environnement, R. 253-1 du Code de la pêche maritime, R. 4411-2 à R. 4411-6 du Code du travail, et l'arrêté du 8 juillet 2010 : « établissant la liste des substances prioritaires et fixant les modalités et délais de réduction progressive et d’élimination des déversements, écoulements, rejets directs ou indirects respectivement des substances prioritaires et des substances dangereuses visées à l’article R. 212-9 du code de l(environnement » et l’arrêté du 22 novembre 2010 (modifié par l’arrêté du 3 octobre 2012 : « établissant la liste des substances définies à l'article R. 213-48-13 du code de l'environnement relatif à la redevance pour pollutions diffuses »
  29. Aucun nouveau péché n'a été inventé in La Croix, 11 mars 2008 et sur le site
  30. Le Monde, 11 mars 2008 et site « Mgr Girotti cite également les atteintes à l'environnement, un thème que le pape Benoît XVI a largement abordé ces derniers mois. Déjà, sous Jean Paul II, l’Église catholique avait fait état de ses préoccupations dans le domaine de l'écologie. »
  31. Le Vatican actualise la liste des péchés - 10 mars 2008 : « La liste des péchés combattus par l’Église catholique s'allonge, lundi 10 mars '2008', avec la consommation de drogues, la pollution et les injustices économiques, au motif que leur impact sur la société s'accroît avec la mondialisation. »
  32. Encyclopedia of Hinduism par C.A. Jones et J.D. Ryan publié par Checkmark Books, pages 329 et 330, ISBN 0816073368

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]