Plon

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Repères historiques
Création 1852[1]
Fiche d’identité
Forme juridique Autre SA à conseil d'administration
Statut Éditeur élément d'un groupe d'édition
Siège social Paris[2]
Drapeau de la France France
Direction Olivier Orban
Langue(s) de
publication
Français
Société mère Editis
Site officiel http://www.plon.fr/
Principaux concurrents
Gallimard, Hachette Livre, La Martinière, Flammarion

Plon est une maison d'édition française, fondée en 1852 par Henri Plon et ses deux frères, des Brabançons originaires de Nivelles.

Ils sont probablement de lointains descendants du typographe danois Jehan Plon qui vécut à la fin du XVIe siècle[3].

Description[modifier | modifier le code]

Son activité couvre trois grands domaines : l’histoire politique, la littérature et les sciences humaines.

Sa production est divisée en plusieurs collections :

Historique[modifier | modifier le code]

C’est en 1852 qu'est créée à Paris par Henri Plon (1806-1872) la Librairie Plon, qualifiée également de Typographie. Henri est le fils de Philippe Plon (1774-1843), petit-fils d'Emmanuel Plon (1742-1832), un imprimeur originaire de Nivelles. Philippe fut prote (chef d'atelier) chez Firmin-Didot puis à l'imprimerie de la Banque de France[4]. Henri débuta également chez Firmin-Didot, puis auprès de Thermidor Belin, le fils de François Belin, imprimeur installé à Sézanne. En 1833, Maximilien Béthune, imprimeur rue de Vaugirard, T. Belin et Henri Plon forme la société Béthune, Belin et Plon qui deviendra en 1835 Béthune et Plon. Dans les années 1840, le succès est au rendez-vous. Henri fait venir ses trois frères, Charles, Hippolyte et Louis-Charles, rachète la succession de Béthune, et forme la société Typographie des Abeilles, Plon frères et Cie. En 1850, ils furent les premiers en France à utiliser la machine à vapeur pour l'impression, un procédé venu d'Angleterre. Au début des années 1850, la maison Plon est principalement un imprimeur, laquelle ne cache pas son soutien au nouveau régime[5].

Henri et ses frères ouvrent en 1852 des locaux situés 8 rue Garancière, qui abritait à la fois un atelier de production et une maison d'édition. Les frères Plon reçurent à cette époque le titre de « Libraire-imprimeur de l’Empereur » et publièrent les correspondances de Louis XIII, de Marie-Antoinette et de Napoléon, un catalogue qui assura le succès. Henri fut également président de la Chambre des Imprimeurs et vice-président du Cercle de la Librairie. Son fils Eugène Plon (1836-1895) s'associe en 1873 à son beau-frère Louis-Robert Nourrit et à Émile Perrin sous la dénomination Plon, Nourrit et Cie. Eugène fut président du Cercle de la Librairie dans les années 1870-80. Après le départ de Perrin en 1883 et la mort d'Eugène en 1895, l'atelier est abandonné au profit des seuls métiers d'éditeur par la nouvelle direction confiée à Pierre Mainguet et à son beau-frère, Henri-Joseph Bourdel, les petits-enfants d'Henri.

Entre 1900 et 1930, Plon, Nourrit et Cie s'ouvrit à la littérature et aux essais, rivalisant avec Calmann-Lévy ou Flammarion et la maison est rebaptisée Librairie Plon, les petits-fils de Plon & Nourrit. Au catalogue, l'on trouve des auteurs de best-sellers comme Paul Bourget, Abel Hermant, Julien Green. La collection « Feux croisés », dirigée par Gabriel Marcel accueille des auteurs étrangers comme Graham Greene. En 1932, « Aventures », une collection de poche cartonné sous jaquette illustrée vendu 6 francs avec des auteurs comme Maurice Renard, Jack London, Pierre Mac Orlan connaît un succès mitigé mais son format et sa présentation feront florès vingt ans plus tard.

Maurice Bourdel (5 juin 1889 - 2 septembre 1968), qui a succédé à son père, édite Henri Massis ou Robert Brasillach. Lors de la Libération, la ligne est différente puisqu'il accueille les mémoires de Winston Churchill avant de devenir plus tard l'éditeur attitré du Général de Gaulle, par le biais de Charles Orengo, directeur éditorial inspiré. En 1953, Jean Malaurie peut ainsi créer la collection « Terre humaine » où sera publié Claude Levi-Strauss.

Le temps des fusions approchait. Le dernier descendant des Plon-Nourrit, Maurice Bourdel, quitte la présidence en 1963, offrant à Thierry de Clermont-Tonnerre, venu de l'Union financière de Paris, la possibilité d'entreprendre des économies d'échelle, et ce, au détriment d'Hachette[6]. Clermont-Tonnerre permit d'associer Julliard au capital et de lancer la collection de poches « 10/18 » à travers une nouvelle structure juridique, l'Union générale d'édition (UGE) qui englobait Plon. En 1966, Sven Nielsen, fondateur des Presses de la Cité prit une part importante dans UGE[7] et forma le noyau de ce qui allait devenir le Groupe de la Cité entre 1972 et 1996.

Ce groupe, après bien des tractations financières, est ensuite racheté par la Compagnie générale d'électricité (CGE) en 1988 qui place Olivier Orban à la tête de Plon qui appartient désormais à un énorme groupe appelé CEP-Communication, lequel change de nom en 1998 pour devenir Havas Publications Édition (HPE). En 2001, HPE est absorbé par Vivendi Universal. Le groupe Vivendi rencontre alors de graves problèmes financiers et doit céder plusieurs maisons d'éditions, dont Plon, à Wendel Investissement, qui les regroupe au sein d'une nouvelle structure, Editis. En 2008, le groupe Editis a été revendu à l'espagnol Grupo Planeta.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Article « Plon » de Jean-Yves Mollier in Dictionnaire encyclopédique du Livre, Cercle de la Librairie, 2011, tome 3, pp. 278-279 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Historique, sur le site Plon
  2. Contacts chez Plon
  3. Plon (Éditions) (site de l'Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle)
  4. Alain Dailly, Un siècle de fabrication fiduciaire, Cahier anecdotique hors série de la Banque de France, 2003, pp. 163 et suiv.
  5. J.-Y. Mollier, Dictionnaire encyclopédique du Livre, 2011, T. 3, p. 278, § 2 et 3.
  6. In Le Nouvel Observateur", 6 mai 1965.
  7. Ph. Schuwer, art. Presses de la Cité, Dictionnaire encyclopédique du Livre, 2011, T. 3, p. 369.

Lien externe[modifier | modifier le code]