Antisémitisme en France

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Cet article traite des manifestations de l'antisémitisme en France dans les écrits et dans les actes.

Avant le XIXe siècle, il est plus difficile qu'aujourd'hui de dissocier, dans l'analyse, l'hostilité aux Juifs d'un point de vue communautaire et culturel — l'antisémitisme — de l'hostilité aux Juifs en raison de leur religion — l'antijudaïsme. Ceci car religion et politique étaient plus imbriquées qu'aujourd'hui, et que c'est la version racialiste de l'antisémitisme qui a surtout été étudiée ; l'antisémitisme « moderne », comme idéologie raciste, date de la seconde moitié du XIXe siècle. En France, les actes antisémites et la propagation d’idéologies antisémites sont punis par la loi[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Antijudaïsme avant la Révolution[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire des Juifs en France.

La conversion au christianisme des Wisigoths et des Francs rendit difficile la situation des juifs : une succession de conciles diminua leurs droits jusqu'à ce que Dagobert Ier les force à se convertir ou à quitter la France en 633[2]. Lors des conciles d'Elvira (305), de Vannes (465), des trois conciles d'Orléans (533, 538, 541), avec le concile de Clermont (535), l'Église interdit aux Juifs de faire des repas en commun avec des chrétiens, de faire des mariages mixtes et proscrit la célébration du sabbat, le but étant de limiter l'influence du judaïsme sur la population. Mais l'Église va plus loin ; elle s'engage dans une politique de conversion forcée. Ainsi, en 576, l'évêque Avit de Clermont exige des 500 Juifs de sa ville qu'ils se convertissent avant d'exiler à Marseille les récalcitrants. Cependant, l'époque carolingienne voit d'abord une amélioration de la condition des Juifs, dont certains atteignent de hautes positions sous Charlemagne. Celles-ci sont dénoncées et combattues par les architectes de la christianisation des royaumes de ses héritiers, comme Agobard de Lyon. On peut commencer à dater l'antisémitisme français avec le Concile de Clermont de 1095, qui reprend les mesures des conciles antérieurs. Même si le pape n'appelle pas à l'antisémitisme, et le condamnera fermement par la suite, des bandes populaires se joignent à la croisade populaire et se livrent à des exactions vis-à-vis des Juifs, aussi bien pour les convertir de force que pour se procurer les sommes nécessaires pour le voyage en Terre sainte.

Au XIIe siècle apparaît l'accusation de meurtre rituel. Plusieurs dizaines de Juifs sont envoyés au bûcher à Blois en 1171[3]. En 1215, le concile de Latran impose le port de la rouelle qui deviendra obligatoire en France en 1269, à la fin du règne de Louis IX. Louis IX a auparavant organisé en 1240, à l'instigation de sa mère Blanche de Castille la première disputation au sujet du Talmud entre des rabbins dont Yehiel de Paris et des ecclésiastiques, qui se conclut par la condamnation du Talmud dont les exemplaires sont brûlés publiquement en place de Grève à Paris en 1242.

En juillet 1306, le roi Philippe le Bel expulse les juifs de France, en confisquant au passage leurs biens et possessions. Ces mesures entrent dans le cadre d'une reprise en main des finances royales, qui explique qu'il s'empara aussi des biens des Lombards en 1277, puis supprima avec brutalité l'Ordre des Templiers de 1307 à 1312. Après plusieurs rappels et expulsions, au gré des besoins du trésor royal, les Juifs sont définitivement expulsés en 1394 sous Charles VI.

Il faut ainsi mentionner:

  • l'existence à des dates antérieures des « juiveries », ou quartiers juifs, à Paris et dans toutes les villes où vivent des communautés juives (voir ghetto);
  • l'histoire des Juifs du pape, dans le Comtat-Venaissin, terre de refuge après les expulsions, car ils ne dépendent pas de la couronne de France mais de l'Église.
  • le Code noir, ordonnance sur la police des nègres dans les îles, ordonne l'expulsion des Juifs des colonies en 1685[4].

Révolution française[modifier | modifier le code]

La Révolution reconnait le droit à la liberté de conscience, l'abbé Grégoire, publie en 1788 son Essai sur la régénération physique et morale des Juifs. Deux communautés juives existent dans le territoire, 5000 séfarades originaires d'Espagne et du Portugal implantés en France depuis le XVIe siècle, principalement présents dans le sud-ouest, et 30 000 ashkénazes implantés surtout dans l'est. En 1789, la discussion sur le statut de citoyen français des juifs suscita un débat à la Constituante qui dura trois jours du 21 au 24 décembre, et dont l'opposition de groupes catholiques et des jacobins de l'Est représentés par Jean-François Reubell aboutit à un décret du 28 janvier 1790 qui limitait la citoyenneté française aux séfarades, les ashkénazes étant exclus car considérés comme non assimilés. Le décret d'émancipation qui reconnut la citoyenneté française à tous les juifs de France fut adopté le 27 septembre 1791. Cependant les Juifs firent l'objet d'attaques et de persécutions émanant de jacobins et de représentants en mission lors des mouvements anti religieux de la Terreur qui s'arrêtèrent à la chute de Robespierre. Le Directoire fut par contre une période de tranquillité pour la communauté juive[5].

Sous le Premier Empire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Napoléon et les juifs.

Le 17 mars 1808, Napoléon fait passer un décret envers les Juifs et particulièrement les Juifs alsaciens, surnommé le « décret infâme »[6]. En septembre 1807, le crédit avait été réglementé et les taux d'intérêt limités à 5 %, ce décret prévoit toute une série de cas arbitraires pouvant entraîner l'annulation des créances et ordonne aux commerçants juifs de se faire délivrer par les préfets une patente annuelle et révocable. De plus, les Juifs doivent satisfaire en personne à la conscription et n'ont plus la possibilité de payer un remplaçant comme les autres citoyens. Enfin, les Juifs n'ont plus le droit d'immigrer en Alsace. Ce décret ne s'applique pas aux Juifs de Bordeaux, de la Gironde et des Landes « n'ayant donné lieu à aucune plainte, et ne se livrant pas à un trafic illicite », les Juifs de Paris et de Bayonne parviennent aussi à en être exemptés. Il n'est valable que pour 10 ans et n'est pas renouvelé sous la Restauration. Ce décret appauvrit considérablement les Juifs[7].

Popularisation à la fin du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Adolphe Willette, candidat antisémite
Affiche pour les élections législatives du 22 septembre 1889.

L'antisémitisme français à la fin du XIXe siècle est remarquable par son activisme et sa popularité, comme le prouvent le nombre impressionnant et la virulence des publications antisémites en France, dont en particulier le pamphlet d'Édouard Drumont, La France juive (1886, 1892) et son journal La Libre Parole. Il imprègne peu à peu presque toute la droite française, comme on va le voir au moment de l'affaire Dreyfus et du scandale de Panama. Lié au nationalisme et au racialisme, l'antisémitisme devient alors un des thèmes majeurs de l'extrême-droite[8]. S'il concerne majoritairement la droite et l'extrême-droite, l'antisémitisme n'épargne pas entièrement la gauche, en particulier parmi une minorité de représentants du syndicalisme révolutionnaire, mouvement qui donne lieu au débat sur l'existence, ou non, d'un « fascisme français ».

L'antisémitisme de droite est un antisémitisme d'origine religieuse très ancienne (thème du peuple déicide développé dans les publications catholiques, et particulièrement La Croix, quotidien catholique, alors antisémite, fondé en 1883), activé par un nationalisme français revanchard à la suite de la guerre franco-prussienne de 1870-71. À cet antijudaïsme traditionnel se juxtapose un antisémitisme moderne, lié aux thèses racialistes affirmant la supériorité de la « race blanche », qui serait fondée par la science (anthropométrie, craniométrie, etc.). Les thèmes du « Juif errant » et du « cosmopolite sans racine » s'y mêlent aussi. L'antisémitisme de gauche se mêle à l'anticapitalisme[9], au nationalisme républicain et à l'anticléricalisme[10], considérant que « le capital est aux mains des Juifs » et que ceux-ci ne sont pas de vrais patriotes. Ces idées se diffusent après la défaite de 1871 et la perte de l'Alsace-Lorraine. Elles ont alimenté l'affaire Dreyfus lors de son démarrage en 1894, la justice militaire, l'état-major des armées (cf. également l'affaire des fiches) et le gouvernement radical de l'époque considérant que la religion de Dreyfus présupposait une inclinaison envers les juifs qui animaient le secteur de l'armement en Allemagne et qu'un tel sentiment communautariste constituait le mobile de sa trahison (cf. les mémoires de son frère Matthieu Dreyfus "L'affaire telle que je l'ai vécue" qui rapporte à cet égard une intervention en ce sens de Jean Jaurès à la Chambre des Députés). Ce n'est que plus tard, qu'une fraction dissidente de la gauche républicaine, emmenée par Georges Clemenceau et Émile Zola, aidée par la très droitière magistrature de l'époque, allait combattre cette approche antisémite et susciter une très grande confusion dans les partis de droite et de gauche français.

Antisémitisme de gauche[modifier | modifier le code]

Le chercheur Marc Crapez dénonce l’ampleur et l’autonomie du phénomène de l’antisémitisme de gauche[11] aussi décrit, mais quelque peu différemment, par Michel Dreyfus en 2009[12]. Pour Michel Crapez, la notion même d’antisémitisme de gauche ou, plus précisément, socialiste, constitue une percée historiographique importante. Elle est encore minimisée mais ne pourrait plus être contournée. Les catégories qui permettent de cartographier cet antisémitisme de gauche sont celles « d’antisémitisme économique », « d’antisémitisme anticlérical » et « d’antisémitisme antichrétien » ou scientiste[13]. Pour Michel Dreyfus, qui préfère parler d'antisémitisme « à gauche », il émane surtout de secteurs et de personnalités marginales, tels Auguste Blanqui et ses disciples, les déçus du dreyfusisme, les socialistes pacifistes hostiles à Léon Blum, une ultra-gauche ferment du négationnisme, la gauche antiparlementaire, etc[14].

Partis de droite dans les années 1930[modifier | modifier le code]

Lors de la Première Guerre mondiale, la participation des juifs à l'Union sacrée amène Maurice Barrès à les inclure dans Les Diverses familles spirituelles de la France (1917), tranchant ainsi avec la dénonciation des « quatre États confédérés: Juif, Protestant, Maçon et Métèque » du chef de l'Action française, Charles Maurras. Mais l'antisémitisme, un temps apaisé, ressurgit lors des années 1930, stimulé par la crise économique, le chômage, l'afflux des Juifs allemands fuyant le nazisme et l'accession au pouvoir du Front populaire, dirigé par Léon Blum. Il devient une valeur étendard de l'extrême-droite, portée de nombreuses publications antisémites. La Revue internationale des sociétés secrètes, dirigée d'abord par Mgr Jouin puis par le chanoine Schaefer, dirigeant de la Ligue Franc-Catholique, passe de 200 abonnés en 1912 à 2000 en 1932[15]. Le journaliste catholique Léon de Poncins, adepte des théories du complot et collaborateur de nombreux journaux (dont Le Figaro, dirigé par François Coty, ou L'Ami du Peuple, sous-titré « Hebdomadaire d'action racique (sic) contre les forces occultes ») y participe[15], ainsi que l'occultiste Pierre Virion, qui fonde après-guerre une association avec le général Weygand[16], Ministre de la Défense nationale de Vichy avant de faire appliquer les lois racistes en Afrique du Nord.

Le Grand Occident, animé par les antidreyfusards Lucien Pemjean, Jean Drault et Albert Monniot, tire à 6 000 exemplaires en 1934[15]. Le Réveil du peuple, organe du Front Franc de Jean Boissel, auxquels collaborent Jean Drault et Urbain Gohier, diffuse 3 000 exemplaires en 1939[15]. Disparue en 1924, La Libre Parole est à nouveau publiée en 1928-1929, sans réussir à décoller, puis en 1930 par Henry Coston (alias Georges Virebeau), qui la dirige jusqu'à la guerre[15]. Beaucoup d'antisémites célèbres écriront dans ses colonnes, dont Jacques Ploncard, Jean Drault, Henry-Robert Petit, Albert Monniot, Mathieu Degeilh, Louis Tournayre ou Jacques Ditte[15]. Le mensuel éponyme diffuse à 2000 abonnées[15]. D'autres revues sont plus éphémères, telles que La France Réelle, proche de l'AF; L'Insurgé, pro-fasciste; ou L'Ordre National, proche de La Cagoule[15], un groupe terroriste anticommuniste et antisémite, financé par le fondateur de L'Oréal, Eugène Schueller. Ce dernier publie des articles d'Hubert Bourgin et Jacques Dumas[15].

Céline publie Bagatelles pour un massacre pour la première fois en 1937, puis l'École des cadavres l'année suivante, tandis que Georges Montandon, un ethnologue tenant des thèses racialistes, publie en 1939, dans La Contre-Révolution, un article intitulé « La Solution ethno-raciale du problème juif ». Beaucoup d’entre eux préfèrent Hitler à Léon Blum comme Salomon-Kœchlin : « mieux vaut mille fois, pour un peuple sain, la férule d’un Hitler que la verge d’un Léon Blum »[17]. L'admiration envers le nazisme ou/et le fascisme n'est pas unanime dans les rangs de l'extrême-droite antisémite, la germanophobie et le nationalisme induisant, chez certains, le rejet du nazisme. L’Action française, royaliste, et les Maurrassiens sont méfiants vis-à-vis de Hitler. La plupart des antisémites, même Lucien Rebatet[18], ne souhaitaient pas que la France imite les méthodes allemandes. Ils estiment ne pas être influencés par le nazisme car l’antisémitisme français repose selon eux sur des arguments traditionnels. Dans la presse d'extrême droite des années 1930 en France, Hitler est régulièrement couvert d'éloges en particulier pour ses exactions antisémites : « L'Allemagne nous a donné là-dessus un exemple aussi expéditif que catégorique, qu'attendons-nous pour l'imiter ? »[19].

Cette extrême-droite est organisée en partis et en ligues antiparlementaires. À partir de 1930 celles-ci se multiplient, notamment lors des Cartels de gauche. Fondée pendant l’affaire Dreyfus, l'Action française déclare rassembler en 1934 60 000 adhérents. Lors de la victoire du Front populaire, l'extrême droite se livre à un « véritable déferlement de haine » : Maurras dénonce un « cabinet juif », et l'Action française voit dans le Front populaire l'œuvre du complot juif[20]. La Solidarité Française est une ligue fasciste dirigée par le commandant Renaud, elle est fondée en 1933, la même année que le Francisme dirigé par Marcel Bucard. Ces deux ligues regroupaient chacune 10 000 personnes[21]. Le Francisme est devenu antisémite à partir de 1936[21]. Le Parti populaire français, fondé en 1936, est dirigé par Jacques Doriot. Ce parti compte à son apogée 100 000 adhérents[21]. Certains partis qui n’étaient pas antisémites à l’origine le devinrent dans les années 1930. Ainsi, les Comités de défense paysanne d'Henri Dorgères penchèrent vers le fascisme puis l’antisémitisme dès le début des années 1930. Ce parti comptait 150 000 à 200 000 adhérents[21]. D’autres ligues agissaient, elles étaient plus petites mais surtout beaucoup plus violentes. Notamment la Ligue Franc-Catholique, formée en 1927 et dirigée par le chanoine Schaeffer.

Mesures prises selon les antisémites[modifier | modifier le code]

Les antisémites considéraient non seulement qu’il était désormais devenu indispensable de fermer les frontières mais ils pensaient également qu’il fallait refouler les Juifs. Céline clamait ainsi: «  Faut les renvoyer chez Hitler ! En Palestine ! En Pologne ! ». Quelques antisémites sortaient des chiffres, ainsi Laurent Viguier évaluait la communauté juive à 800 000 personnes et il estimait que 300 000 restait un nombre « tolérable »[22]. Mais justement ses calculs sont exagérés puisque dans les années 1930 on ne dénombre que 300 000 Juifs en France[22].

D’autres antisémites prônaient davantage des mesures légales et un statut juridique. Ils voulaient dissocier une nationalité juive de la nationalité française, sans faire de différences entre les israélites depuis longtemps intégrés et les nouveaux arrivés. Ils ne ménageaient pas non plus les anciens combattants juifs, tout en sachant que la communauté juive avait perdu presque une génération dans la Grande Guerre. Les mesures légales envisagées consistaient à priver les juifs de droits publics et à les proscrire de la fonction publique. René Gontier affirmait qu'« ils ne seront ni électeurs ni éligibles »[23]. Ces propositions visaient à interdire les organisations juives telles que l’Alliance israélite universelle ou la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme. Les plus extrémistes voulaient interdire le travail aux juifs, ce qui en somme rejoignait l’idée d’expulser les juifs, puisque ces derniers sans travail seraient obligés de partir. Ils voulaient limiter les activités exercées par les juifs dans la presse, la banque, l’industrie du commerce, les professions libérales, la culture et le spectacle. Des groupes de théoriciens antisémites demandaient aussi la confiscation des biens des juifs[24].

Il y a une grande hostilité envers les mariages mixtes, mais aucune mesure légale ne fut jamais prise. Pourtant quelques lois furent promulguées en réponse à des manifestations venant notamment du milieu de la médecine ou des avocats (loi Armbruster du 21 avril 1933, limitant la médecine aux personnes diplômées de nationalité française; loi concernant les avocats de juillet 1934, limitant la profession à ceux résidant sur le territoire depuis plus de dix ans - voir Histoire de l'immigration en France).

Pendant le Régime de Vichy[modifier | modifier le code]

Femmes juives portant l'étoile jaune à Paris en juin 1942.

L'État français dirigé par Philippe Pétain va hisser l'antisémitisme au rang d'idéologie officielle avec :

Si le déferlement des campagnes antijuives semble influencer la population au départ, l'antisémitisme sera rejeté comme toute la propagande du régime. Les nazis ne considèrent jamais les Français comme de véritables antisémites : Louis-Ferdinand Céline est une exception, puisqu'il voyait dans les Juifs l'origine de tous les maux, et dans leur extermination, qu'il recommanda explicitement, la solution à tous les problèmes.

Le haut-clergé catholique (archevêques, cardinaux) est hostile aux persécutions, mais estime que l'État est en droit de « protéger ses nationaux », dont les Juifs ne font pas partie. Cependant, ce n'est qu'à partir de 1942 que l'Église catholique s'émeut des arrestations. Il y a en 1940 environ 300 000 Juifs en France, parmi lesquels 150 000 citoyens français et 150 000 étrangers. Les deux tiers de l'ensemble, mais la très grosse majorité des Juifs étrangers vivent en région parisienne. Sur les 150 000 Juifs français, 90 000 sont de vieille souche et parmi les 60 000 Juifs étrangers, souvent immigrés de l'Europe de l'Est, la moitié a été naturalisée dans les années 1930.

Les juifs, français et étrangers, vont vivre une situation d'oppression depuis juillet 1940 jusqu'à la mi-1942. À partir du printemps 1942, ils devront faire face à la politique de la "Solution finale" décidée par les nazis dans l'Europe occupée depuis la conférence de Wannsee. Il s'agissait pour les nazis de déporter tous les Juifs d'Europe vers des camps d'extermination situés en Pologne. Jusqu'en novembre 1942, date de l'occupation de la "zone libre", la situation des Juifs n'est pas exactement la même en zone libre et en zone occupée. Les lois françaises anti-juives s'appliquent sur l'ensemble du territoire, mais en zone occupée s'ajoutent des décrets allemands. Le gouvernement de Vichy va mener une politique de restriction des droits des juifs dès son installation, sans que les Allemands n'aient exprimé la moindre demande. Dès juillet 1940, le ministre de la justice Alibert, crée une commission de révision des 500 000 naturalisations prononcées depuis 1927. le retrait de la nationalité concernera 15 000 personnes dont 40 % de juifs. L'abrogation du décret Crémieux privera 100 000 Juifs d'Algérie de la citoyenneté française. En octobre 1940, le conseil des ministres promulguera le premier statut des Juifs : les citoyens juifs français sont exclus de la fonction publique, de l'armée, de l'enseignement, de la presse, de la radio et du cinéma. Les Juifs "en surnombre" sont exclus des professions libérales. Le deuxième statut des juifs, de juin 1941 est encore un peu plus restrictif : il allonge la liste des professions d'où sont exclus les Juifs et établit un "Numerus clausus" limitant la proportion de Juifs à 3 % dans l'Université et 2 % dans les professions libérales. Enfin, en juillet 1941, les Juifs doivent céder leurs droits sur les entreprises à des "Aryens". Les Allemands avaient appliqué cette mesure en zone occupée depuis octobre 1940. Un Commissariat général aux questions juives, est créé en mars 1941, sous la direction de Xavier Vallat. Sa mission est de veiller à l'application de la législation antijuive. Selon les mots d'Asher Cohen[25]:

« Sans cette législation sanctionnée par un gouvernement français respecté parce que légitime, les déportations ultérieures étaient presque impensables, en tous cas, bien plus compliquées à exécuter… l'aryanisation semble être le domaine où une certaine efficacité fut obtenue et où les résultats furent impressionnants. Les Juifs furent effectivement écartés de la vie économique de la nation, apparemment sans grande difficulté. »

Quant aux Juifs étrangers, ils sont considérés comme des déchets qui n'ont pas vraiment leur place en France. À partir du 4 octobre 1940, les préfets peuvent interner les étrangers "de race juive" dans des camps spéciaux ou les assigner à résidence. En février 1941, 40 000 Juifs étrangers croupissent dans une série de camps : Les Milles, Gurs, Rivesaltes… En juillet 1940, alors que la "Solution finale" n'était pas encore à l'ordre du jour, les Allemands avaient expulsé 20 000 juifs d'Alsace et de Lorraine vers la zone non occupée. Plus tard, à partir de 1942, lorsque des pressions commencent à s'exercer pour pouvoir mettre en œuvre la "Solution finale", le gouvernement français saura toujours se montrer conciliant pour livrer aux Allemands des juifs étrangers. La collaboration entre les polices allemandes et françaises sera renforcée par ce qu'on appelle les accords Bousquet-Oberg, du nom du chef de la police française et du représentant en France de la police allemande. Les Allemands pourront compter sur la police française pour rafler les juifs étrangers, du moins jusqu'à la fin 1942.

Administration antisémite[modifier | modifier le code]

D'après certains historiens (Tal Bruttmann, Robert Paxton[26]) l'administration fit preuve d'un zèle particulier dans l'antisémitisme pendant la période pétainiste.

Mise en œuvre de la solution finale[modifier | modifier le code]

Les Allemands commencent à mettre en œuvre en France leur politique d'extermination massive des juifs d'Europe dès mars 1942, où un convoi de déportés juifs quitte Compiègne, plaque tournante vers les camps de concentration et d'extermination. Officiellement, il s'agit de les regrouper dans une région mal définie (on parle de la Pologne) que les Allemands auraient décidé de mettre à la disposition des juifs. Parmi eux se trouvent des juifs français. Le gouvernement de Vichy n'exprime pas de protestation. En zone occupée, les juifs sont obligés de porter l'étoile jaune à partir de mai 1942. Cette mesure ne sera jamais imposée en zone sud, même après son occupation par les Allemands. La déportation des juifs va prendre une grande ampleur à partir de la Rafle du Vel' d'hiv, les 16 et 17 juillet 1942 : 12 884 juifs apatrides (3031 hommes, 5802 femmes et 4051 enfants) sont arrêtés par la police française, rassemblés au Vélodrome d'Hiver dans des conditions sordides, puis à Drancy, d'où ils seront acheminés vers les camps d'exterminations. Fin août 42, en zone libre, 7000 juifs étrangers sont raflés et livrés aux Allemands. Les deux trains de mesures antijuives, celui d'octobre 1940 et celui de juin 1941 n'avaient guère soulevé de protestations de la part des autorités religieuses, depuis la condamnation solennelle de l'idéologie raciste du National-Socialisme par le pape Pie XI. Le cardinal Pierre Gerlier, primat des Gaules, remet au chef de l'État, en septembre 1941 une note exprimant des réserves sur la politique antisémite. Son homologue protestant, le pasteur Boegner, avait adressé une lettre personnelle à l'amiral Darlan un peu plus tôt, en mars 1941. De même, les conditions très dures d'internement des juifs étrangers n'avaient guère ému l'opinion publique. Seules quelques organisations charitables, soit juives soit protestantes (la CIMADE), rejointes par quelques membres du clergé catholique, s'étaient préoccupées de porter secours aux internés des camps de Gurs, Noë, Récébédou etc.

À partir de la mi-1942, on assiste à un revirement de l'opinion publique. Le port de l'étoile jaune, d'abord, avait suscité la réprobation de beaucoup de Français ainsi qu'une nouvelle protestation du pasteur Boegner. Ce sont enfin les rafles de l'été 1942 qui provoqueront un tournant décisif. Non seulement parmi les chrétiens de base, mais également parmi la hiérarchie catholique. En plus des démarches confidentielles, cinq prélats catholiques de la zone sud feront connaître publiquement, en chaire, leur désapprobation. La protestation la plus célèbre est celle de Mgr Jules Saliège, archevêque de Toulouse, dont la lettre est lue en chaire le 23 août. Dorénavant, Laval et Bousquet mettront en avant l'opposition de l'Église dans les pourparlers avec Oberg pour réduire l'implication de la police française dans le processus de déportation des juifs. Selon les mots de Serge Klarsfeld, « la fin de cette coopération massive ne se situe pas en 1943 [...] mais en septembre 1942 »[27]. Ce tournant ne veut pas dire arrêt : la police française, toujours sous les ordres de Bousquet, arrête dans la région parisienne 700 personnes en octobre, 600 en novembre et 835 en décembre, dont la plupart étaient françaises. En novembre 1942, les Allemands envahissent la zone sud. Aussitôt, le Höherer SS und Polizeiführer s'installa dans toutes les préfectures pour développer ses activités antijuives. La police allemande montre sans doute moins d'efficacité que la police française, mais elle traque aussi bien les juifs français que les étrangers, et beaucoup de juifs français de la zone sud, se croyant protégés ou oubliés par le gouvernement de Vichy, n'avaient pas pris l'habitude de se cacher. De novembre 1942 à septembre 1943, la zone d'occupation italienne, à savoir les deux départements de la Savoie et surtout les Alpes-Maritimes, devient le refuge final pour les juifs. On en trouve près de 30 000, en septembre 1943 dans ce qui s'avèrera être une souricière, lorsque les Allemands envahissent la zone après la capitulation de l'Italie. Sous la conduite d'Alois Brunner, la police allemande et une unité de Waffen-SS ratissent jusqu'en décembre 1943 les trois départements méditerranéens, mais faute de l'appui des autorités françaises, l'opération n'aboutit qu'à l'arrestation de 2000 juifs, déportés à Drancy puis à Auschwitz. Le ratissage mené par Brunner se poursuit ensuite, à partir de Grenoble, en Isère et en Savoie jusqu'en mars 1944 et se solde par l'envoi d'un peu plus de 400 personnes à Drancy.

Sauvetage des Juifs[modifier | modifier le code]

Les 75 000 Juifs déportés vers les camps de la mort le furent par les autorités allemandes, une grande partie d'entre eux avec la participation de la police du gouvernement de Vichy. Une partie des 225 000 juifs qui échappèrent à la déportation bénéficièrent du silence, de la complicité ou de l'aide active d'un très grand nombre de Français qui sont restés, pour la plupart, anonymes. Seuls quelques-uns d'entre eux ont été honorés du titre de Juste parmi les nations[28]. Les institutions religieuses catholiques, protestantes ou israélites jouèrent un rôle de premier plan pour l'accueil, la production de faux papiers et l'organisation de filières d'évasion. Les protestants, bien que très minoritaires en France, se sont souvent montrés d'une grande efficacité dans ce sauvetage. Ainsi, sous la conduite du pasteur André Trocmé et de sa femme Magda, Le Chambon-sur-Lignon, village de Haute-Loire, accueille, de 1941 à 1944, pour des périodes plus ou moins longues, un total de 2 500 juifs. Plusieurs prélats de l'Église catholique, tels le Cardinal Pierre Gerlier, primat des Gaules, ou Monseigneur Jules Saliège, adressèrent des protestations publiques contre l'arrestation arbitraire des juifs.

De nombreuses personnalités firent preuve d'un courage remarquable. On peut citer René Carmille, chef du service national de la statistique, qui refusa de fournir aux autorités les fichiers de cartes perforées Hollerith qui permettaient d'identifier les Juifs[29]. La plupart des congrégations religieuses utilisèrent leurs cloîtres pour cacher des fugitifs et recueillir des enfants. On estime que ces actions permirent de sauver la plus grande partie des Juifs, par rapport à d'autres pays.

Bilan statistique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Victimes françaises de la Shoah

Selon des chiffres établis par l'association des Fils et filles de déportés juifs de France présidée par Serge Klarsfeld[30] :

  • 75 721 Juifs, dont près de 11 000 enfants, ont été déportés de France de mars 1942 à août 1944, la plupart vers le camp d'Auschwitz.
  • 74 convois au total sont partis en direction des camps de concentration ou d'extermination, le premier de Compiègne le 27 mars 1942 et le dernier de Clermont-Ferrand le 18 août 1944.

On a estimé que 72 % des Juifs résidant en France avaient survécu à la Shoah, soit une proportion très supérieure à la moyenne des autres pays européens (33 %). Il y a eu, pendant toute la guerre, 141 000 Français déportés par les Allemands, toutes confessions confondues[31].

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Bien qu'après la Seconde Guerre mondiale, il ait été difficile de s'afficher comme antisémite, l'antisémitisme n'a jamais complètement disparu en France, dans les milieux d'extrême droite, ainsi qu'à l'extrême gauche[32]. Ses manifestations les plus connues se sont longtemps situées dans les milieux de l'extrême droite française, notamment dans les écrits d'auteurs et de journalistes comme Henry Coston ou, de manière plus occasionnelle, François Brigneau, ainsi que dans des affaires médiatisées comme l'affaire de Carpentras, ou encore la déclaration négationniste de Jean-Marie Le Pen selon laquelle les chambres à gaz seraient "un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale"[33]. L'antisémitisme connaît cependant une recrudescence vers la fin du XXe siècle, sous l'influence du conflit israélo-arabe[34],[35].

Les actes considérés comme antisémites, dès qu'ils sont connus, provoquent souvent l'indignation publique des hommes politiques. Il arrive cependant que des actes dénoncés comme antisémites soient montés de toute pièce[36], ou soient soupçonnés d'être montés de toutes pièces[37], ou encore, bien que les faits soient réels, que l'on s'aperçoive que leur motivation n'est pas l'antisémitisme[38]. En août 2004, le président du consistoire de Paris, Moïse Cohen, a déclaré que « c'est une erreur de réagir à un fait divers sans appliquer le principe de précaution » ; pour Esther Benbassa, historienne du judaïsme, « l'extrême sensibilité de la communauté juive devrait être canalisée par les responsables communautaires, et les politiques devraient pouvoir attendre de savoir avant de réagir »[39]. À la suite de l'affaire « Marie L. », Dominique de Villepin a déclaré vouloir « tirer les leçons de cette affaire », « tirer tous les enseignements des enquêtes et adopter la stratégie la mieux adaptée », « mieux connaître les causes [des actes racistes et antisémites] pour mieux les combattre »[40].

Antisémitisme contemporain[modifier | modifier le code]

Actions violentes à caractère antisémite[modifier | modifier le code]

D'après Dominique de Villepin, 75 « actions violentes à caractère antisémite » ont été recensées pendant les sept premiers mois de l'année 2003, et 160 pendant les sept premiers mois de 2004, dont 11 attribuées à l'extrême droite, 50 commises par des « individus d'origine arabo-musulmane », et 99 qui ont obéi à des motivations floues[41]. Le ministère de la Justice a recensé, entre le 1er janvier et le 6 juin 2004, 180 cas d'antisémitisme : 104 d'atteintes aux biens, 46 d'atteintes aux personnes, 30 infractions de presse[42].

Selon L'Express du 30/08/2004 et du 02/03/2006 (La sous-culture antisémite, Les derviches tourneurs), on a recensé en France les nombres suivants de cas d'injures, menaces et violences antisémites : 743 en 2000, 932 en 2002, un recul non chiffré en 2003, 974 (+ 61 % par rapport à 2003 dixit[43]) en 2004 ; et 504 en 2005. Selon la CNCDH (Commission nationale consultative des droits de l’homme), les violences et menaces recensées par le ministère de l’Intérieur ont été les suivantes : 571 en 2006 et 386 en 2007[réf. nécessaire].

Le SPCJ (Service de protection de la communauté juive) a recensé 389 actes antisémites en 2011, et 614 actes antisémites en 2012[44], dont l'attentat de Toulouse qui a fait quatre morts et un blessé grave. Pour Richard Prasquier, président du CRIF, cette augmentation est liée aux attentats de Toulouse[45].

En octobre 2012, l'enquête sur un attentat le 19 septembre contre une épicerie juive de Sarcelles[46] débouche sur le démantèlement d'une cellule islamiste radicale qui coûte la vie à l'auteur présumé de l'attentat de Sarcelles[47].

Controverses sur la notion « nouvel antisémitisme »[modifier | modifier le code]

En 2004, le Ministre de l'Intérieur de l'époque, Dominique de Villepin, a demandé un rapport sur le racisme et l'antisémitisme à Jean-Christophe Rufin, président d'Action contre la faim et ancien vice-président de Médecins sans frontières, dans lequel celui-ci récuse la perception que le nouvel antisémitisme en France ne provient uniquement que des immigrés d'Afrique du Nord et que de l'extrême droite[48],[49]. Dans son rapport daté d'octobre 2004, Rufin écrit que « le nouvel antisémitisme apparaît plus hétérogène » et identifie ce qu'il appelle une nouvelle et « subtile » forme d'antisémitisme dans « l'antisionisme radical » tel qu'il est exprimé par les mouvements d'extrême gauche et d'antimondialisation, dans laquelle la critique des Juifs et d'Israël est utilisée comme prétexte pour « légitimer le conflit armé palestinien "[50],[51].

Selon Laurent Mucchielli, directeur au CNRS et sociologue[52], « il faut en finir avec ce fantasme d’un « retour de l’antisémitisme ». Il y a maintenant dix ans que les politologues ont montré quatre choses :

  • premièrement des opinions antisémites existent encore mais elles ne cessent de diminuer très fortement depuis la Seconde Guerre mondiale[…] ;
  • deuxièmement ces opinions sont très minoritaires et la France n’est absolument pas un pays antisémite, l’on a pu même parler un jour d’une opinion « philosémite »[…] ;
  • troisièmement, l’hypothèse d’une « nouvelle judéophobie » qui permettrait un retour de l’antisémitisme sous couvert de critique de la politique israélienne, et qui traduirait un déplacement de l’antisémitisme de l’extrême droite vers l’extrême gauche, est invalidée par les travaux scientifiques[…] ;
  • quatrièmement, s’il fallait chercher absolument une évolution récente un peu inquiétante de l’opinion française en matière de racisme, c’est un fait qu’on la trouverait plutôt du côté du racisme anti-Maghrébin ou plus exactement anti-musulman. En effet, si la France n’est pas davantage un pays globalement raciste à l’encontre des musulmans, la communauté faisant le plus l’objet de craintes et de rejet est bien en réalité la communauté musulmane, comme le relatent les deux derniers rapports (2006 et 2007) publiés par la CNCDH[53] ».

Meïr Waintrater, dans un article publié sur le site Internet du Conseil représentatif des institutions juives de France, conteste les conclusions de Laurent Mucchielli, dont il estime qu'il « nous ressort les résultats bien connus des sondages d’opinion » […] mais « oublie bizarrement d’autres chiffres figurant dans ces mêmes rapports. Je veux parler des statistiques relatives aux agressions racistes et antisémites. Or ces statistiques montrent une augmentation vertigineuse des agressions antijuives à partir de l’an 2000. Elles montrent aussi que les agressions racistes dont sont victimes les Juifs sont dix fois plus nombreuses, relativement à la population considérée, que celles dont sont victimes les Arabes ou les Noirs. Tout cela ne change rien au fait que les Noirs et les Arabes sont victimes, par ailleurs, de discriminations qui touchent moins les Juifs. Mais nier la réalité des attaques antijuives, et surtout leur recrudescence dans la période récente, c’est pousser le bouchon un peu loin. Là où M. Mucchielli pousse le bouchon vraiment trop loin, c’est quand il accuse les institutions juives de ne pas être capables de « prendre leurs distances vis-à-vis de l’État israélien », cette incapacité expliquant selon lui, sans la justifier bien sûr, la montée des actes antijuifs[54].

Affaires Fofana et Merah[modifier | modifier le code]

Manifestion du 26 février 2006 à la mémoire d'Ilan Halimi[55]

En 2006, l'opinion publique française est particulièrement choquée par l'affaire du gang des barbares, au cours de laquelle un jeune homme juif, Ilan Halimi, est enlevé, puis torturé et tué par une bande dirigée par Youssouf Fofana. Les motifs de l'enlèvement initial d'Halimi étaient essentiellement crapuleux, mais l'antisémitisme a joué un rôle dans la violence des malfaiteurs et dans leur choix d'une victime israélite, supposée fortunée.

Après la tuerie de Toulouse, le 19 mars 2012, où 3 enfants et un professeur sont assassinés dans une école juive et après les actes antisémites qui le suivent[56], le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls s'inquiète de cet « "antisémitisme nouveau" depuis plusieurs années, "né dans nos quartiers, dans nos banlieues" »[57] puis le Président François Hollande, nouvellement élu, donne un lustre particulier à la commémoration du 70ème anniversaire de la Rafle du Vel d'Hiv le 22 juillet 2012,et déclare " L'antisémitisme n'est pas une opinion, c'est une abjection. Pour cela, il doit d'abord être regardé en face. Il doit être nommé et reconnu pour ce qu'il est. Partout où il se déploie, il sera démasqué et puni.[58].

Tandis que le président du CRIF, Richard Prasquier, prône une extrême vigilance face à l'islamisme radical, « comme avec le nazisme »[59], Le Monde, dans un éditorial, écrit : « Quand, pour la première fois depuis la fin de la guerre, des enfants sont tués en France parce qu'ils sont juifs, avec les crimes perpétrés à Toulouse par Mohamed Merah il y a plus de six mois. Quand une grenade est lancée en pleine journée dans une supérette casher de Sarcelles, dans la région parisienne, comme il y a deux semaines. Quand la police démantèle un réseau islamiste et le trouve en possession d'une liste de projets d'attaques contre des associations juives de France, comme ce samedi 6 octobre. Cette violence n'est pas indiscriminée ; elle est bel et bien ciblée. Elle est commise au nom de l'islam, censé inspirer un combat islamiste, djihadiste, al-qaïdiste. [...] Elle réhabilite théories du complot et archétypes les plus ignobles. C'est au nom de cet antisémitisme qu'Ilan Halimi a été enlevé puis torturé à mort par le "gang des barbares" en 2006. [...] La prise de conscience doit être nationale : cette affaire-là nous concerne tous. »[60].

Le président de la République François Hollande répond solennellement à ces menées antisémites, en présence du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, en participant à une cérémonie d'hommage aux victimes de la tuerie de Toulouse, le 1er novembre 2012. Il y assure que l'antisémitisme « sera pourfendu dans toutes ses manifestations, les actes mais aussi les mots. Il sera pourchassé partout y compris derrière toutes les causes qui lui servent de masque (...). Il sera poursuivi par tous les moyens partout où il se diffuse, en particulier sur les réseaux sociaux qui accordent l’anonymat à la haine. [...] Aucun enfant ne doit avoir peur en allant étudier, aucun parent ne doit avoir peur en laissant ses enfants partir en classe. »[61]

Fin avril 2014, l'affaire du gang des barbares revient dans l'actualité, avec la sortie du film 24 jours d'Alexandre Arcady.

Études de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Selon une étude de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne, conduite entre septembre et octobre 2012, 85% des Juifs français estiment que « l'antisémitisme est un problème dans leur pays », contre 66% au niveau européen. Ce sentiment s'est accru avec la tuerie à l'école juive Ozar Hatorah à Toulouse en 2012. 74% d'entre eux ont déclaré « renoncer parfois à porter des signes distinctifs, tels que la kippa » et 10% affirment avoir déjà fait l'objet de violences physiques ou des menaces de violence. Selon cette étude, Le nombre d'actes antisémites enregistrés en France a presque doublé entre 2011 et 2012. 75% des Juifs français estiment que « le conflit israélo-arabe a un impact négatif sur leur vie quotidienne ». 73% considèrent les extrémistes musulmans comme responsables de cette montée de l'antisémitisme, 67% accusent les militants d'extrême-gauche et 27 % ceux d'extrême-droite. Henri Nickels, directeur de programme de cette agence a conclu cette étude en soulignant que ses résultats « démontrent un grave et indéniable sentiment d'insécurité des Juifs de France » et qu'il était important que la France « analyse les raisons de ce sentiment et mette en œuvre des politiques, afin de permettre aux Juifs de vivre pleinement leur identité, comme ils l'entendent, sans crainte et au grand jour. »[62].

Une nouvelle étude publiée en novembre 2013, montre que la France est en « première ligne de l’antisémitisme » et qu'Internet « joue un rôle particulièrement néfaste dans la propagation de l’antisémitisme ». Le directeur de l'agence estime « qu'il est particulièrement pénible d’observer qu’internet, qui devrait être un outil de communication et de dialogue, est actuellement utilisé comme un instrument de harcèlement à caractère antisémite » et que l'Union européenne et les États membres devraient trouver « de toute urgence, des moyens efficaces de lutter contre le phénomène croissant de l’antisémitisme sur Internet ». L’agence propose la création d’unités de police spécialisées afin de surveiller et d’enquêter sur les « crimes de haine » en ligne et recommande « l’adoption de mesures pour encourager le signalement de contenus antisémites à la police. »[63].

Affaire Dieudonné[modifier | modifier le code]

Des personnalités contemporaines ont suscité la controverse par leurs positions qu'ils qualifiaient d'« antisionistes ». C'est le cas de l'humoriste Dieudonné[64],[65], lui-même condamné pour antisémitisme[66] et qui, lors des élections européennes de 2009, a conduit une Liste antisioniste[67] », aux côtés d'Alain Soral, président d'Égalité et Réconciliation, et de Yahia Gouasmi, créateur du Parti anti sioniste[68],[69],[70]. Le groupuscule Tribu Ka, dirigé par Kémi Séba, a été dissous en 2006 par le gouvernement pour antisémitisme et « actions menaçantes à l'égard de personnes de confession juive »[71]. La rhétorique antijuive se retrouve par ailleurs dans les textes de l'auteur français Hervé Ryssen, plusieurs fois condamné pour la tonalité antisémite de ses écrits[72].

En janvier 2014, les représentations du spectacle de Dieudonné le Mur sont interdites car il « contient des propos de caractère antisémite, qui incitent à la haine raciale, et font, en méconnaissance de la dignité de la personne humaine, l’apologie des discriminations, persécutions et exterminations perpétrées au cours de la Seconde Guerre mondiale »[73]. Cette interdiction suscite de nombreux débats[74].

Le 26 janvier 2014, la manifestation Jour de colère à Paris contre le président François Hollande rassemble selon la police 17 000 personnes, groupes hétéroclites d'intégristes catholiques, dont Civitas, d'opposants au mariage homosexuel, de partisans de Dieudonné, d'identitaires, de patrons en colère ou encore de familles. Slogans antisémites, saluts nazis, insultes, violences[75] ont marqué cette manifestation condamnée par les associations antiracistes[76],[77] et l'essentiel de la classe politique[78]. Selon Robert Badinter, « c'est la première fois depuis la fin de l'Occupation que l'on entend hurler dans les rues de Paris "dehors les Juifs" »[79]. Face à ces événements, l'historien israélien Elie Barnavi, ancien ambassadeur d'Israël en France, juge que « dans un climat social délétère, les inhibitions ont sauté et la parole judéophobe s’est déchaînée. Ainsi remontent à la surface, du tréfonds de l’inconscient national, de vieux miasmes que l’on croyait enfouis à jamais »[80].

En juillet 2014, la guerre de Gaza entre Israël et le Hamas renouvelle l'ardeur antisémite de Dieudonné et de son public[81].

Manifestations pro-palestiniennes de juillet 2014[modifier | modifier le code]

En réaction à l’Opération Bordure protectrice plusieurs manifestations pro-palestiniennes ont lieu dans plusieurs villes le 13 juillet 2014. À Paris, les premiers slogans ciblent Israël, mais aussi la « complicité française ». Quelques manifestants exécutent des « quenelles » et scandent « Allah Akbar ». Selon Sacha Reingewirtz, le président de l’UEJF, des cris « Mort aux Juifs » ont été lancés. A la marge de la manifestation des heurts éclatent entre militants pro-palestiniens, la Ligue de défense juive, le Betar et les forces de l'ordre à proximité de la synagogue de la rue des Tournelles et de la rue de la Roquette [82]. Anne Hidalgo, maire de Paris, condamne « fermement ces actions qui ont visé des lieux de culte » et appelle « au calme face aux tensions constatées depuis plusieurs jours au Proche-Orient ». Le premier ministre Manuel Valls condamne également ces violences les estimant d’une extrême gravité. SOS Racisme juge « inadmissible ce qu'il qualifie « d'attaque antisémite »[83]. Pierre Jourde proteste dans "Le Monde" contre ce type de manifestation[84]. Cette situation conduit la préfecture de police de Paris a interdire une manifestation « pro-palestienne » prévue à Paris le 19 juillet. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve confirme cette décision sur la base des actes violents ayant eu lieu le 13 juillet et en affirmant que la République n'est pas compatible avec la haine, la xénophobie et l'antisémitisme[85]. Ce rassemblement, interdit par les autorités, dégénère le 20 juillet à Garges-Sarcelles devant la synagogue, l'accès à la synagogue de Garges est bloqué. Des commerces sont attaqués et pillés. Une épicerie casher est entièrement brûlée. La veille dans le quartier de Barbès à Paris des magasins juifs de la Goutte d'or ont été saccagés aux cris de « À mort Israël » »[86].

Manuel Valls a déclaré : « Ce qui s’est passé à Sarcelles est intolérable, s’attaquer à une synagogue à une épicerie kasher, c’est tout simplement de l’antisémitisme, du racisme  » et que «  rien en France ne peut justifier la violence, rien ne peut justifier qu’on s’en prenne à des synagogues, à des épiceries, des magasins, des institutions juives »[87].

Haïm Korsia, le grand-rabbin de France a déclaré que « dans notre société on ne peut tolérer qu’une partie de la population soit ainsi attaquée. Une fois de plus ce sont les juifs qui sont l’objet d’une haine profonde, mais ne soyons pas dupes du prétexte géopolitique : l’antisionisme a les mêmes habits que l’antisémitisme. Ce sont les mêmes mots de haine qu’on a entendus dans la manifestation. Il y a eu des slogans insupportables, inqualifiables, il faut oser le dire. Je crois qu’il faut dire les choses sinon c’est l’ensemble du système qui constitue la société française qui s’écroule. C’est une haine de la France, une haine du vivre ensemble. »[88].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Esther Benbassa, La République face à ses minorités. Les juifs hier, les musulmans aujourd’hui, Mille et Une Nuits, 2004.
  • Philippe Bourdrel, Histoire des Juifs de France: De la Shoah à nos jours, Albin Michel,‎ 2004 (ISBN 2226142169)
  • Tal Bruttmann, La logique des bourreaux, 1943-1944. Hachette Littératures. 2003.
  • Tal Bruttmann, Au bureau des affaires juives. L'administration française et l'application de la législation antisémite, La Découverte,‎ 2006
  • Vicki Caron, L'asile incertain : La crise des réfugiés juifs en France 1933-1942, Paris, Tallandier, 2008.
  • Asher Cohen, Persécutions et sauvetages, Cerf,‎ 1993 (ISBN 2204044911)
  • Marc Crapez, L’antisémitisme de gauche au XIXe siècle, Berg,‎ 2002 (ISBN 2911289439)
  • Geneviève Dermenjian, "La crise anti-juive oranaise. L'antisémitisme dans l'Algérie coloniale", Paris, L'Harmattan, 1986.
  • Geneviève Dermenjian "1898 : l’embrasement antijuif", in Alger 1860-1939 - Le modèle ambigu du triomphe colonial, éd. Autrement, collection Mémoires n°55, mars 1999.
  • Olivier Guland, Le Pen, Mégret et les Juifs, L'obsession du "complot mondialiste", La Découverte, 2000.
  • Marc Hecker, Intifada française? De l'importation du conflit israélo-palestinien, Paris, Ellipses, 2012.
  • Arthur Hertzberg, Les origines de l'antisémitisme moderne, Presses De La Renaissance, (2004)ISBN 978-2-85616-899-8 [89]
  • Laurent Joly, Xavier Vallat, 1891-1972 : du nationalisme chrétien à l'antisémitisme d'État, Grasset, 2001.
  • Laurent Joly, Darquier de Pellepoix et l'antisémitisme français, Berg International, 2002.
  • Laurent Joly, Vichy dans la « solution finale ». Histoire du Commissariat général aux questions juives (1941-1944), Grasset, 2006, 1014 pages.
  • André Kaspi, Les juifs pendant l'occupation, Le Seuil, 1991
  • Serge Klarsfeld, Le Mémorial de la déportation des Juifs de France: listes alphabétiques par convois des Juifs déportés de France, historique des convois de déportation, statistiques de la déportation des Juifs de France...,‎ 1978
  • Serge Klarsfeld, La shoah en France, volume 1, Paris,‎ 2001
  • Serge Klarsfeld, Vichy-Auschwitz, 1942, Fayard, 1983
  • Florent Le Bot, La fabrique réactionnaire. Antisémitisme, spoliations et corporatisme dans le cuir (1930-1950), Paris, Presses de Sciences Po, 2007
  • Bernard-Henri Lévy, L'Idéologie française, Grasset, 1981
  • Robert Paxton, La France de Vichy, 1940 - 1944, Le Seuil,‎ 1974 (ISBN 2020006618)
  • Ralph Schor, L'opinion française et les étrangers en France, 1919-1939, Publications de la Sorbonne,‎ 1985 (ISBN 2-85-944-071-2, lire en ligne)
  • Ralph Schor, L'antisémitisme en France dans l'entre-deux-guerres: prélude à Vichy, Bruxelles, Éditions Complexe,‎ 2005 (ISBN 2-8048-0050-4, lire en ligne)
  • Pierre-André Taguieff (sous la dir. de), L'antisémitisme de plume, 1940-1944, Étude de documents, Berg International, Paris, 1999 ISBN 2-911289-16-1
  • Michel Dreyfus, "L'Antisémitisme à gauche - Histoire d'un paradoxe de 1830 à nos jours", La découverte, 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lois contre la racisme et l'antisémitisme.
  2. (en) Esther Benbassa, The Jews of France: A History from Antiquity to the Present, Princeton University Press (ISBN 0691090149)
  3. (en) « Jewish Encyclopedia, Blood Accusation »
  4. Cf article 1 : « enjoignons à tous nos officiers de chasser de nosdites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien »
  5. « Juifs », dans Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française. 1789-1799, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 1987, 1998 [détail de l’édition], p. 907
  6. Napoléon Ier, « Décret impérial concernant les Juifs »
  7. Robert Anchel, « Napoléon et les Juifs »>
  8. Taguieff, Pierre-André (2002), « L'invention racialiste du juif », article tiré de La couleur et le sang. Doctrines racistes à la française, nouvelle éd. 2002, Mille et une nuits.
  9. Crapez 2002, p. 25 et 61
  10. Crapez 2002, p. 17
  11. Marc Crapez, La gauche réactionnaire. Mythes de la plèbe et de la race dans le sillage des Lumières, préface de Pierre-André Taguieff, Berg International, 1997
  12. Nicolas Weill, « "L'Antisémitisme à gauche. Histoire d'un paradoxe, de 1830 à nos jours", de Michel Dreyfus », sur Le Monde,‎ 27 août 2009 (consulté le 5 janvier 2013)
  13. Marc Crapez, « La gauche et l’antisémitisme », Controverses, 17, juin 2011
  14. Voir Roland Gaucher et Philippe Randa, Les Antisémites de gauche, Dualpha, Paris, 2001.
  15. a, b, c, d, e, f, g, h et i Schor 2005, p. 33-34
  16. Dictionnaire de la politique française, d'Henry Coston, t. 3, Paris, Publications Henry Coston, 1979, p. 730.
  17. Schor 2005, p. 158
  18. Schor 2005, p. 184
  19. Schor et 2005, p. 156-158
  20. Serge Berstein, La France des années trente, Paris, Armand Colin, « Cursus », 2001, p. 129, 130.
  21. a, b, c et d Schor 2005, p. 29
  22. a et b Schor 2005, p. 185
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  24. Schor 1985, p. 626
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  26. Paxton 1974
  27. Klarsfeld 2001, p. 395
  28. Voir la « Liste des Justes de France », sur sur le site du comité français pour Yad Vashem (consulté le 30 septembre 2009)
  29. IBM et l'Holocauste, Edwin Black, Robert Laffont, 2001.
  30. Klarsfeld 1978
  31. Ministère des Anciens Combattants cité par « Le bilan de la déportation en France », sur Mémoire-net : Mémoire locale et Seconde Guerre Mondiale[ (consulté le 30 septembre 2009)
  32. Anne Grynberg, « Des signes de résurgence de l'antisémitisme dans la France de l'après-guerre (1945-1953) », sur CAIRN, Les Cahiers de la Shoah,‎ 2001 (consulté le 8 novembre 2009)
  33. Bourdrel 2004, p. 303
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  36. Reuters, « Les soupçons d'antisémitisme souvent levés par la justice », 31 août 2004.
  37. Laurent Chabrun, « Les mystères de Gagny », L'Express du 19 janvier 2004 ; Michelle Toledano, droit de réponse relatif à l'article « Les mystères de Gagny » du 19 janvier 2004, L'Express du 22 mars 2004.
  38. Brigitte Beauzamy, Marie-Cécile Naves, « Usages politiques des récits d’agressions antisémites et de violences policières. De la rumeur à la mobilisation », Mots. Les langages du politique, 2009/4 (n° 92)
  39. Martine Nouaille, « Antisémitisme en France : des affaires qui jettent le trouble », Agence France-Presse, 30 août 2004 ; Olivia Recasens, Christophe Labbé, Jean-Michel Décugis, « Incendie du centre juif ; Ce n'était qu'un fait divers », Le Point, 2 septembre 2004.
  40. « M. de Villepin  : "Confondre 2004 avec 2007, c'est l'échec assuré », Le Monde, 28 août 2004.
  41. « M. de Villepin  : "Confondre 2004 avec 2007, c'est l'échec assuré" », Le Monde du 28 août 2004.
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  43. L'Express du 06/06/2005 Juif, et alors?
  44. « L’antisémitisme en France en 2012 : les constats », sur Site du SPCJ (consulté en 21 février 2013)
  45. Ondine Millot, « L’antisémitisme explose », sur Libération,‎ 27 mars 2013
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  47. « Opération antiterroriste: une cellule islamiste radicale a été démantelée », sur L'Express,‎ 6 octobre 2012
  48. "French concern about race attacks", BBC News, octobre 2004.
  49. "France: International Religious Freedom Report 2005", U.S. Department of State.
  50. Jean-Christophe Rufin : Chantier sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, présenté au Ministre de l'Intérieur le 19 octobre 2004.
  51. Elisabeth Bryant: France stung by new report on anti-Semitism, United Press International, 20 octobre 2004.
  52. Voir le texte référencé par le blog Claris : Laurent Mucchielli, « Le « retour de l'antisémitisme » », sur blog Claris (consulté le 30 septembre 2009).
  53. « Rapports annuels », sur Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (consulté le 30 septembre 2009).
  54. Meïr Waintrater, « Le déni de l’antisémitisme », sur site du CRIF (consulté le 30 septembre 2009).
  55. Nouvel Observateur 26 février 2006
  56. « Voyage au bout du nouvel antisémitisme », sur Nouvel Observateur,‎ 3 juillet 2012
  57. « Valls s'inquiète d'un "antisémitisme né dans nos banlieues" », sur L'Express,‎ 8 juillet 2012
  58. Discours du 22 juillet 2012 sur le site de l'Elysée
  59. Stéphane Kovacs, « Prasquier: «Un islam de guerre se développe» », sur Le Figaro,‎ 8 octobre 2012
  60. Éditorial, « Islamisme et antisémitisme en France », sur Le Monde,‎ 8 octobre 2012
  61. Texte du discours sur le site de l'Élysée
  62. http://www.lexpress.fr/actualite/societe/antisemitisme-les-juifs-francais-parmi-les-plus-inquiets-d-europe_1297929.html#ugTudhOhisVdS1OW.99
  63. http://www.la-croix.com/Actualite/Europe/La-France-particulierement-touchee-par-l-antisemitisme-2013-11-08-1058009
  64. Claude Askolovitch, De la cause noire à la haine des juifs. Dieudonné : Enquête sur un antisémite, Le Nouvel observateur, 24 février 2005.
  65. Jean-François Kahn, La double défaite des antiracistes, Marianne, 19 février 2005.
  66. « Dieudonné condamné en appel pour incitation à la haine raciale », sur Europe 1,‎ 15 novembre 2007 (consulté le 22 mars 2009).
  67. Candidats aux élections européennes 2009 sur le site du ministère de l'intérieur.
  68. Les amis très particuliers du centre Zahra, L'Express, 26 février 2009.
  69. Congrès de l'UOIF : Dieudonné et Soral en vedettes américaines, Bondy Blog, 14 avril 2009 : « À l’entrée du Parc des expositions, une jeune femme distribue des tracts aux participants, annonçant la candidature de Dieudonné, Alain Soral et Yahia Gouasmi, président de la Fédération chiite de France, aux élections européennes du 7 juin sous les couleurs d’un Parti anti sioniste (PAS) ».
  70. La géopolitique pour les nuls II - Session de rattrapage (note 4), REFLEXes, 25 janvier 2009.
  71. Legifrance : Décret du 28 juillet 2006 portant dissolution d'un groupement de fait.
  72. Rapport juridique de la Ligue des droits de l'homme, 2009.
  73. Ordonnance du juge des référés du Conseil d'État du 9 janvier 2014, n° 374508
  74. « Affaire Dieudonné : le Conseil d'État réplique aux critiques », sur Le Monde,‎ 11 janvier 2014
  75. « "Jour de colère" : quand l'ultra droite prend la parole », sur France-Info,‎ 28 janvier 2014
  76. « Paris: plusieurs milliers de manifestants "en colère" contre Hollande à Paris », sur Huffington Post,‎ 27 janvier 2014
  77. « Jour de colère: quenelles et saluts nazis dans les rues de Paris », sur Huffington Post,‎ 27 janvier 2014
  78. « Les condamnations de «Jour de colère» affluent », sur 20 minutes,‎ 27 janvier 2014
  79. « Robert Badinter dénonce "les cris antisémites" de la manifestation "Jour de Colère" », sur FrancetvInfo,‎ 2 février 2014
  80. i24 news , 28 janvier 2014
  81. Conférence de dieudonné sur Gaza france tvinfo, 27/7/2014
  82. « Manif pro-palestinienne à Paris : deux synagogues prises pour cible », sur Marianne,‎ 14 juillet 2014 (consulté le 15 juillet 2014)
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  84. Le Juif, coupable universel ?
  85. « Manifestation pro-palestinienne interdite demain à Paris (préfecture de police) », sur Le Figaro,‎ 18 juillet 2014 (consulté le 18 juillet 2014)
  86. « Barbès-Sarcelles : la contagion de la violence »
  87. « Un rassemblement pro-palestinien autorisé mercredi à Paris »
  88. « Haïm Korsia : «Une haine des juifs qui s'habille des oripeaux de l'antisionisme» »
  89. Revue Le-banquet Les origines de l'antisémitisme moderne

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]