Aristide Briand

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Aristide Briand
Image illustrative de l'article Aristide Briand
Fonctions
64e et 68e président du Conseil des ministres français
et Ministre de l'intérieur
(76e et 80e chef du gouvernement)
24 juillet 190927 février 1911
Président Armand Fallières
Gouvernement Briand I et II
Prédécesseur Georges Clemenceau
Successeur Ernest Monis
21 janvier 191318 mars 1913
Président Armand Fallières
Raymond Poincaré
Gouvernement Briand III et IV
Prédécesseur Raymond Poincaré
Successeur Louis Barthou
73e, 79e, 84e et 87e président du Conseil des ministres français
et Ministre des Affaires étrangères
(85e, 91e, 96e et 99e chef du gouvernement)
29 octobre 191517 mars 1917
Président Raymond Poincaré
Gouvernement Briand V et VI
Prédécesseur René Viviani
Successeur Alexandre Ribot
16 janvier 192112 janvier 1922
Président Alexandre Millerand
Gouvernement Briand VII
Prédécesseur Georges Leygues
Successeur Raymond Poincaré
28 novembre 192517 juillet 1926
Président Gaston Doumergue
Gouvernement Briand VIII, IX et X
Prédécesseur Paul Painlevé
Successeur Édouard Herriot
29 juillet 192922 octobre 1929
Président Gaston Doumergue
Gouvernement Briand XI
Prédécesseur Raymond Poincaré
Successeur André Tardieu
Ministre de la Justice
4 juillet 190824 juillet 1909
Président du Conseil Georges Clemenceau
Prédécesseur Jean François Edmond Guyot Dessaigne
Successeur Louis Barthou
14 janvier 191221 janvier 1913
Président du Conseil Raymond Poincaré
Prédécesseur Jean Cruppi
Successeur Louis Barthou
26 août 191429 octobre 1915
Président du Conseil René Viviani
Prédécesseur Jean-Bienvenu Martin
Successeur René Viviani
Ministre des Affaires étrangères
29 octobre 191517 mars 1917
Président du Conseil Aristide Briand
Prédécesseur René Viviani
Successeur Alexandre Ribot
16 janvier 192112 janvier 1922
Président du Conseil Aristide Briand
Prédécesseur Georges Leygues
Successeur Raymond Poincaré
28 novembre 192517 juillet 1926
Président du Conseil Aristide Briand
Prédécesseur Édouard Herriot
Successeur Édouard Herriot
23 juillet 192612 janvier 1932
Président du Conseil Raymond Poincaré
André Tardieu
Camille Chautemps
Théodore Steeg
Pierre Laval
Prédécesseur Édouard Herriot
Successeur Pierre Laval
Député de la Loire
27 avril 19027 décembre 1919
Député de la Loire-inférieure
16 novembre 19197 mars 1932
Biographie
Date de naissance 29 mars 1862
Lieu de naissance Nantes
Date de décès 7 mars 1932 (à 69 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité française
Parti politique Républicain-socialiste
Prix Nobel de la Paix 1926
Président du Conseil français

Aristide Briand, né le 28 mars 1862 à Nantes[1] et mort le 7 mars 1932 à Paris, est un homme politique et diplomate français qui a été onze fois Président du Conseil et vingt fois ministre. Il a joué un rôle essentiel dans les relations internationales après la Première Guerre mondiale.

Il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1926, conjointement avec Gustav Stresemann, pour son action en faveur de la réconciliation entre la France et l'Allemagne (accords de Locarno, 1925). En 1928, poursuivant son rêve de paix par la sécurité collective, dont l'axe serait la Société des Nations, il signe avec l'Américain Frank Billings Kellogg le pacte Briand-Kellogg visant à mettre la guerre hors-la-loi. Mais sa construction diplomatique s'est écroulée dès le début des années 1930, marquées par la crise économique de 1929, la montée du nazisme et du nationalisme japonais[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Aristide Briand est issu d'une famille modeste. Il naît à Nantes au 12 de la rue du Marchix, donc dans un quartier très populaire et miséreux, au domicile et lieu de travail de ses parents, Pierre-Guillaume Briand et Madeleine Bouchaud, aubergistes[3]. Deux ans après la naissance de leur fils, ils s'installent à Saint-Nazaire où ils gèrent plusieurs établissements, notamment « Le Grand Café ». Ils reviennent à Nantes en 1894.

Après avoir été élève du collège de Saint-Nazaire, Aristide Briand entre comme élève boursier au lycée de Nantes, maintenant appelé Lycée Clemenceau[4]. Il fait une très bonne année scolaire, avec les premiers prix de version latine et de version grecque et les deuxièmes prix d'histoire et d'anglais, et le premier prix de version grecque au concours général. Aussi, il passe directement en rhétorique en 1878-1879 (il y obtient seulement 3 accessits). Durant ces années, il semble qu'il ait fait la connaissance de Jules Verne.

Après le baccalauréat, il entreprend des études de droit et devient clerc en revenant à Saint-Nazaire. C'est alors qu'il se lie d'amitié avec Eugène Courroné, directeur de la Démocratie de l'Ouest, et qu'il y écrit. Devenu directeur politique de l'Ouest Républicain, il s'engage en politique du côté des radicaux-socialistes. Il est élu conseiller municipal de Saint-Nazaire le 6 mai 1888 et démissionne le 22 février 1889. Il fait ensuite élire des « candidats-ouvriers » au sein du premier municipe socialiste de la ville[5].

D'août 1900 à novembre 1909, il est inscrit au Barreau de Pontoise. Son cabinet est installé près du lac d'Enghien, où il aime pêcher à la ligne avec ses amis, le dimanche. Célibataire, il multiplie les conquêtes ; il a eu un temps pour compagne la psychanalyste Marie Bonaparte[6], disciple de Freud.

Les années 1902-1905[modifier | modifier le code]

D’abord proche du syndicalisme révolutionnaire et grand défenseur de l'idée de la grève générale, il devient député socialiste de Saint-Étienne en 1902, à la suite de Benoît Oriol[7]. Il est alors très proche de Jean Jaurès. En 1904, il quitte son poste de secrétaire général du Parti socialiste français.

Il joue un rôle important dans le processus de laïcisation en tant que rapporteur de la loi de séparation des Églises et de l'État. Son pragmatisme et son talent de négociateur ont finalement permis une application mesurée et un accord de fait entre la République laïque et une partie du clergé français, malgré l'opposition virulente du Vatican.

L'évolution vers le centre (1906-1914)[modifier | modifier le code]

En mars 1906, il se voit confier le ministère de l'Instruction publique dans le gouvernement du radical Sarrien contre l'avis de Jean Jaurès qui redoute que Briand suive la même évolution que Millerand au contact du pouvoir. Plus encore que celle de Millerand dans le gouvernement Waldeck-Rousseau en 1899, la nomination de Briand est très mal perçue dans les rangs de la SFIO, où l'on parle de trahison. Il fréquente à cette époque le salon de Madame Arman de Caillavet, égérie d'Anatole France. C'est Briand qui exige la venue du radical Clemenceau dans le cabinet, préférant l'avoir avec lui que contre lui. Clemenceau, autre habitué de Mme Arman de Caillavet, est nommé Ministre de l'Intérieur, et devient très impopulaire chez les socialistes en tant que « briseur de grèves ». H.-P. Gassier signe alors une affiche désignant Briand comme « Le Jaune ».

De 1906 à 1913, Briand est constamment au gouvernement : de l'Instruction publique, il passe à la Justice en janvier 1908, dans le gouvernement Clemenceau (il tente alors d'obtenir l'abolition de la peine de mort), puis devient Président du Conseil avec le portefeuille de l'Intérieur en juillet 1909 ; il conserve cette fonction jusqu'en mars 1913, à l'exception de l'année 1912 où il est de nouveau ministre de la Justice de Raymond Poincaré.

Durant cette période, il se montre hostile au droit de grève des fonctionnaires ; en octobre 1910, alors qu'il est chef du gouvernement, il dénonce une grève dans les chemins de fer de l'Ouest, récemment nationalisés : « entreprise criminelle de violence, de désordre et de sabotage »[réf. nécessaire]. Il réquisitionne les agents de la compagnie qui continuent quelques jours la grève en portant un brassard indiquant qu'ils sont mobilisés contre leur gré [réf. nécessaire]. Cette action antisyndicale suscite des critiques, dont celle de Jean Jaurès qui l'apostrophe : « Pas ça ou pas vous » ajoutant que Briand, par son « jeu de duplicité, souille et décompose successivement tous les partis ». De son côté, Maurice Barrès le qualifie de « monstre de souplesse ». Mais la grève, par ailleurs impopulaire auprès d'une frange de la population, est ainsi arrêtée au bout d'une semaine[8].

En 1914, il confirme son rapprochement vers le centre en créant, aux côtés de plusieurs leaders du Parti républicain démocratique, une éphémère Fédération des gauches, dont il prend la présidence. Il ne rejoint pourtant pas son groupe parlementaire après les élections législatives de 1914.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Briand revient au gouvernement fin juillet 1914, d'abord comme ministre de la Justice de René Viviani, puis d'octobre 1915 à mars 1917, comme président du Conseil, détenant le portefeuille des Affaires étrangères. Il joue donc un rôle essentiel dans la première phase de la guerre.

Durant la bataille de Verdun, il est un efficace[réf. nécessaire] président du conseil, montrant ses capacités à faire face dans les moments les plus difficiles. Le 25 décembre 1916, au début de son sixième gouvernement, dont le ministre de la Guerre est maintenant Lyautey, Joffre est remplacé comme commandant en chef par Nivelle, favorable à la reprise de la stratégie offensive et qui va préparer une grande opération pour le printemps 1917. En février 1917, Briand est confronté aux débuts de la révolution en Russie. Le départ de Lyautey en mars entraîne la chute du ministère, avant que Nivelle ait lancé l'offensive du Chemin des Dames, qui va d'ailleurs être un échec.

Combattu depuis des mois avec acharnement par Clemenceau, leader des jusqu'auboutistes, il cesse d'être ministre en mars 1917. Sa situation durant le gouvernement Clemenceau à partir de novembre 1917 est loin d'être excellente, alors que le chef du gouvernement s'attaque aux « défaitistes », que Malvy, ministre de l'Intérieur depuis mars 1914, et Caillaux sont déférés à la justice et que plusieurs espions ou supposés tels sont condamnés à mort (Bolo Pacha, Mata Hari). Il est clair que Clemenceau et Briand sont devenus des adversaires durant la Première Guerre mondiale. Clemenceau a dit de lui qu'il était un « imbécile ».

À l'élection présidentielle de janvier 1920, il fait de son mieux pour bloquer l'élection de Clemenceau, proposant à la place celle de Paul Deschanel. Il convainc ainsi la droite catholique du danger d'élire le vieil anticlérical, tandis que la SFIO n'apprécie guère le « premier flic de France ». Briand va jusqu'à rencontrer Mgr Ceretti, représentant officieux du Vatican à Paris, pour qu'il soutienne Deschanel[9].

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Le tombeau d'Aristide Briand dans le cimetière de Cocherel à Houlbec-Cocherel.

Personnage phare des années 1920 et du début des années 1930, comme son rival Raymond Poincaré, il est président du Conseil à cinq reprises (1921, novembre 1925-juillet 1926, juillet octobre 1929), occupant le poste de ministre des Affaires étrangères en 1921 et d'avril 1925 à janvier 1932. Durant cette période il se rapproche des socialistes avec qui il était en froid depuis la seconde moitié des années 1910.

C'est à son rôle international qu'Aristide Briand doit sa renommée. Personnage phare du pacifisme français de l'entre-deux-guerres, il est un partisan de la politique de paix et de collaboration internationale (accords de Locarno, 1925), Président du Conseil de la Société des Nations, médiateur lors de l'Incident de Pétritch[10], coauteur du pacte Briand-Kellogg en 1928 qui mettait « la guerre hors-la-loi ». Le Prix Nobel de la paix lui est décerné en 1926, ainsi qu'à son homologue allemand Gustav Stresemann, en reconnaissance de ses efforts pour l'établissement d'une paix durable résultant de négociations librement consenties.

Le 5 septembre 1929, président du Conseil, il annonce devant l'Assemblée générale de la Société des Nations, au nom du gouvernement français et en accord avec Stresemann, un projet d'union européenne. L'Assemblée lui donne mandat pour présenter un Mémorandum sur l'organisation d'un régime d'union fédérale européenne (rédigé par Alexis Leger) qui ne fut pas retenu[11].

En 1931, il est convié à l'inauguration du monument en l'honneur de Clemenceau érigé dans la cour du lycée de Nantes, mais il se fait représenter par son chef de cabinet, Georges Suard, lui aussi ancien élève, officiellement en raison d'une charge de travail trop importante. Il échoue à l'élection présidentielle française de 1932 devant Paul Doumer.

Il abandonne ses fonctions gouvernementales seulement deux mois avant sa mort, le 7 mars 1932 au no 52 avenue Kléber[12]. Ses cendres reposent, depuis le 3 juillet 1932, dans le petit cimetière de Cocherel, commune d'Houlbec-Cocherel (Eure), devant un paysage qu'il aimait tout particulièrement. L'oraison funèbre est prononcée par Édouard Herriot, Président du Conseil.

Critiques et postérité de son action politique[modifier | modifier le code]

Gustav Stresemann (à gauche), Austen Chamberlain (au milieu) et Briand (à droite), en 1925.

Ayant quitté le socialisme, il est considéré par les socialistes comme un « renégat », un « traître »[réf. nécessaire].

Pour les monarchistes de l'Action française, il est l'incarnation de la « démocrasouille » républicaine[réf. nécessaire] ; pour Léon Daudet, il est un « voyou de passage », une « fille publique, avec ses ruses, sa veulerie, son ignorance, sa sentimentalité banale et son souple avachissement »[réf. nécessaire].

Sa politique de rapprochement et de réconciliation avec l'Allemagne lui est reprochée. Jacques Bainville l'accuse d'oublier le « péril germanique » qu'il dénonce. Mais l'opinion française, majoritairement pacifique, l'approuve et l'acclame comme « pèlerin et apôtre de la paix »[réf. nécessaire], pensant que cette politique de paix a des chances de réussir. Mais il semble que Briand ait lui-même des doutes quant à la paix : « La paix, j'y travaille, mais je n'en suis pas le maître. S'il y a la guerre, il faut être prêt. ». Son successeur trouva une fortune de 23 millions de francs-or, « mois par mois, économisé sur les fonds spéciaux ».

Le grand reproche qui a été fait à la politique d'apaisement de Briand serait d’avoir défendu inlassablement une paix « impossible » à construire durablement à son époque, d'avoir tenté de « rendre la guerre hors-la-loi », d'avoir défendu le pacifisme.

D'autres personnalités ont partagé les positions pacifistes de Briand, même après l'arrivée au pouvoir d'Hitler (Briand est mort avant), et le réarmement de l'Allemagne : Marcel Déat clame qu'il ne veut pas « mourir pour Dantzig ». L'opinion publique française les suit : Édouard Daladier, signataire des accords de Munich, reçoit un triomphe à sa descente d'avion, alors qu'il pensait que la foule était là pour le lyncher.

Les diplomates français, notamment Alexis Leger (Saint-John Perse), secrétaire général du ministère des Affaires étrangères jusqu'en 1940 et ancien collaborateur de Briand, ont jusqu'au bout voulu croire possible une politique d'arbitrage et de désarmement menant à une réconciliation, voire à la naissance d'une fédération européenne.

Max Gallo le qualifie de « modèle le plus achevé de parlementaire français de la IIIe République », illustrant « l'incapacité de toute une classe politique à saisir la nouvelle donne qui change le jeu du monde ». Il pense que Briand (né en 1862), comme Pétain (né en 1856), étaient des hommes, nés sous le Second Empire, qui n'ont pas eu à « passer le témoin à des hommes » plus jeunes — morts dans les tranchées de 14-18 — et ils « tenaient encore la barre » dans les années 1930 et 1940. Finalement, de « trop vieux capitaines pour une mer déchaînée. Elle les a engloutis. »

Récapitulation de sa carrière politique[modifier | modifier le code]

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Chronologie des fonctions gouvernementales exercées par Aristide Briand
Début Fin Présidence du conseil Ministère Gouvernement
14 mars 1906 20 octobre 1906 Instruction publique, Beaux-Arts et Cultes Ferdinand Sarrien
25 octobre 1906 4 janvier 1908 Instruction publique, Beaux-Arts et Cultes Georges Clemenceau (1)
4 janvier 1908 20 juillet 1909 Justice et Cultes Georges Clemenceau (1)
24 juillet 1909 2 novembre 1910 Président du Conseil Intérieur et Cultes Aristide Briand (1)
4 novembre 1910 27 février 1911 Président du Conseil
Intérieur et Cultes Aristide Briand (2)
14 janvier 1912 21 janvier 1913 Justice Raymond Poincaré (1)
21 janvier 1913 18 février 1913 Président du Conseil Intérieur et Cultes Aristide Briand (3)
18 février 1913 18 mars 1913 Président du Conseil Intérieur Aristide Briand (4)
26 juillet 1914 29 octobre 1915 Justice René Viviani (2)
29 octobre 1915 12 décembre 1916 Président du Conseil
Affaires étrangères Aristide Briand (5)
12 décembre 1916 17 mars 1917 Président du Conseil Affaires étrangères Aristide Briand (6)
16 janvier 1921 12 janvier 1922 Président du Conseil Affaires étrangères Aristide Briand (7)
17 avril 1925 27 octobre 1925 Affaires étrangères Paul Painlevé (2)
29 octobre 1925 22 novembre 1925 Affaires étrangères Paul Painlevé (3)
28 novembre 1925 6 mars 1926 Président du Conseil
Affaires étrangères Aristide Briand (8)
9 mars 1926 15 juin 1926 Président du Conseil
Affaires étrangères Aristide Briand (9)
23 juin 1926 17 juillet 1926 Président du Conseil
Affaires étrangères Aristide Briand (10)
23 juillet 1926 6 novembre 1928 Affaires étrangères Raymond Poincaré (4)
18 novembre 1928 26 juillet 1929 Affaires étrangères Raymond Poincaré (5)
29 juillet 1929 22 octobre 1929 Président du Conseil
Affaires étrangères Aristide Briand (11)
3 novembre 1929 17 février 1930 Affaires étrangères André Tardieu (1)
21 février 1930 25 février 1930 Affaires étrangères Camille Chautemps (1)
2 mars 1930 4 décembre 1930 Affaires étrangères André Tardieu (2)
13 décembre 1930 22 janvier 1931 Affaires étrangères Théodore Steeg
27 janvier 1931 13 juin 1931 Affaires étrangères Pierre Laval (1)
13 juin 1931 12 janvier 1932 Affaires étrangères Pierre Laval (2)

Les chiffres habituellement retenus concernant la carrière ministérielle d'Aristide Briand sont : 11 fois président du Conseil et 23 fois ministre.

Sans tenir compte des cabinets éphémères tels que le gouvernement Alexandre Ribot (4) (9-12 juin 1914), le gouvernement Frédéric François-Marsal (8-10 juin 1924) et le gouvernement Édouard Herriot (2) (19-21 juillet 1926), dont nous ignorons la composition, le nombre de postes ministériels (en dehors de la présidence du Conseil) atteint les 26. On peut supposer que les auteurs de décompte ont considéré les cabinets Laval terminant la présidence Doumergue et commençant la présidence Doumer comme un seul gouvernement, mais il reste des différences...

Hommages[modifier | modifier le code]

À Nantes, sa ville natale, son nom a été donné :

  • en 1932 à la place Lafayette, où se trouve l'ancien palais de justice et où, depuis 2005, une statue d'Aristide Briand a été installée (sculpteur : Jacques Raoult) ;
  • en 1937, à ce qui était alors l'École primaire supérieure de Jeunes filles, située place de la République dans l'île Beaulieu, devenue ensuite CES, puis lycée de jeunes filles, actuellement collège mixte (souvent désigné, jusque dans les années 1970, comme « La République ») ;
  • en 1966, à un pont sur la Loire, élément de la « deuxième ligne de ponts » (l'autre pont portant le nom de Georges Clemenceau) ;
  • en 2012, à la 40e promotion de l'IRA (Institut Régional d'Administration) ;
  • une plaque signale l'emplacement de sa maison natale détruite pendant la Seconde Guerre mondiale (Poste centrale de Nantes).

À Saint-Étienne, une rue porte le nom d'« Aristide Briand et de la Paix ». Par ailleurs, la grande salle de réception de l'hôtel de ville porte également son nom.

À Paris, un Monument à la Paix, réalisé par Paul Landowski en 1937, est dédié à Aristide Briand, Quai d'Orsay, devant le Ministère des Affaires étrangères.

À Hardencourt-Cocherel, une statue en bronze due à Émile Oscar Guillaume (1867-1942) a été installée en 1934, non loin d'Houlbec-Cocherel où il est inhumé. Une statue identique se trouve sur le port de Ouistreham, station où il aimait à passer ses vacances.

Un monument en son honneur, orné de statues également dues à Émile Guillaume, se trouve à Pacy-sur-Eure, inauguré le 11 novembre 1933[13].

Le nom d'Aristide Briand a été choisi comme nom de baptême par la promotion 2006-2008 de l'École nationale d'administration.

À Saint-Nazaire, le lycée général et technologique de la cité scolaire porte son nom.

En mars 2008, une vente aux enchères d'archives et d'objets d'Aristide Briand a eu lieu à Nantes ; l'intervention des Villes de Nantes et Saint-Nazaire et de l'État a permis d'éviter une totale dispersion du fonds[14].

À Strasbourg, depuis 1994, une station de tram porte son nom.

À Mulhouse, une avenue porte son nom.

À Reims, une place porte son nom.

À Évreux, un lycée général et technologique porte son nom.

À Gap, un lycée général porte son nom.

À Orange, un cours et un lycée professionnel à la même adresse portent son nom.

La promotion 2013-2017 de l'IEP d'Aix-en-Provence l'ont choisi comme nom de promotion.

  • La Poste française émet un timbre à son effigie le 11 décembre 1933[15]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Œuvres d'Aristide Briand[modifier | modifier le code]

  • La Grève générale et la révolution, Le Havre, édition à bon marché, 1899.
  • La Séparation, Paris, Édition Fasquelle, 2 volumes, 1908-1911. (1908: Digitalisat (archive.org;
  • La séparation des églises et de l'état: rapport fait au nom de la Commission de la Chambre des Deputés. (1905) Digitalisat)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographies
Aristide Briand et la Société des Nations
  • Achille Elisha, Aristide Briand, la paix mondiale et l'union européenne, Éditions Ivoire-Clair, 2003, 396 pages.
  • Jacques Bariety (dir.), Aristide Briand, la Société des Nations et l’Europe (1919-1932) (actes de colloque), Presses Universitaires de Strasbourg, Strasbourg, 2007, 542p[17].
Carrière locale
  • Michel Dealberti, La situation politique dans l'agglomération stéphanoise en 1902 et la candidature d'Aristide Briand, 2005, 216p.
Témoignages

Sources[modifier | modifier le code]

Les papiers personnels d'Aristide Briand sont conservés aux Archives nationales sous la cote 598AP[18]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance d'Aristide Pierre Henri Briand : 1er canton de Nantes, no 134, vue 24 Archives municipales de Nantes.
  2. La mention antérieure du « communisme » ne paraît pas appropriée : le communisme (URSS) est antérieur au briandisme, et durant les années 1930, il s'oriente dans une voie plutôt favorable à la sécurité collective, celle des Fronts populaires.
  3. Le café sera ensuite transformé en épicerie ; les bâtiments ont été détruits pendant la guerre. Plaque commémorative sur le mur de la Poste de la place Bretagne.
  4. Site officiel du Lycée Clémenceau (ex Lyce de Nantes)
  5. Aristide Briand, par Georges Suarez ; relevé chez Fernand Guériff (Historique de Saint-Nazaire tome II).
  6. Célia Bertin, Marie Bonaparte, Paris, Plon, 1993, 433 pages
  7. Jean JOLLY, Dictionnaire des parlementaires français, Paris, Presses Universitaires de France, 1960, p. 2583
  8. Histoire de la locomotion terrestre, t. I, « Les chemins de fer », L'Illustration, Paris, 1935, p. 174
  9. Michel Winock, Clemenceau, éd. Perrin, 2007, p. 494-496
  10. ↑ Section d’information et de coopération intellectuelle du Secrétariat de la Société des Nations, La Société des Nations, ses fins, ses moyens, son œuvre, Secrétariat de la Société des Nations, 1935, p. 104
  11. René Leboutte, Histoire économique et sociale de la construction européenne, Bruxelles, Peter Lang,‎ 2008, poche (ISBN 978-90-5201-371-8), p. 33
  12. Jacques Hillairet - Dictionnaire historique des rues de Paris - T.1, p.698
  13. Carte postale ancienne sur le site Communes.com
  14. Cf site 20 minutes
  15. Voir le timbre
  16. Généastar : Ascendants d'Aristide BRIAND
  17. a et b Une recension de ce titre est disponible sur Histobiblio.com.
  18. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales