Majorité plurielle

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Majorité plurielle
Gauche plurielle
Image illustrative de l'article Majorité plurielle
Lionel Jospin, Premier ministre de 1997 à 2002
Élections concernées par l'alliance Législatives de 1997, Régionales de 1998, Législatives de 2002
Organisations politiques concernées Parti socialiste,
Parti communiste français,
Parti radical de gauche,
Mouvement des citoyens,
Les Verts

Présidents à l'Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault,
Alain Bocquet,
Michel Crépeau,
Roger-Gérard Schwartzenberg,
Bernard Charles
Représentation à l'assemblée nationale
319 / 577
Représentation au Sénat
115 / 321
Idéologie Socialisme,
Social-démocratie,
Écologisme,
Féminisme,
Libéralisme
Couleurs rose, rouge, vert

La Majorité plurielle (ou Gauche plurielle) est le nom de l'alliance de partis de la gauche française de 1997 à 2002. Cette alliance, dont Jean-Christophe Cambadélis a été le théoricien, correspond au gouvernement de Lionel Jospin. Elle comportait :

La Majorité plurielle a été imaginée en quelques semaines, suite à la dissolution de l'Assemblée nationale décidée par le Président de la République Jacques Chirac.

Cette alliance politique a souvent été désignée du vocable de « Gauche plurielle », les Verts étant couramment classés à gauche bien que se considérant eux-mêmes comme un courant de pensée nouveau différent de la droite et de la gauche.

Accord[modifier | modifier le code]

Volet électoral[modifier | modifier le code]

L'accord électoral appliqué pour les élections législatives de 1997 consiste pour ses membres à soutenir le candidat sortant d'une formation de la future "Majorité plurielle" dès le premier tour.

Lorsque le siège est occupé par un élu de droite, et que les partis ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur un candidat unique, le candidat le mieux placé au premier tour est soutenu par les autres formations au second. Le Parti socialiste réserve un certain nombre de circonscriptions législatives aux Verts afin de leur permettre d'avoir des élus à l'Assemblée nationale. Les Verts avaient néanmoins fait savoir publiquement qu'ils ne soutiendraient pas des élus mis en examen.

Nombre de sièges obtenus :

  • Parti socialiste : 242
  • Parti communiste français : 36
  • Parti radical de gauche : 13
  • Mouvement des citoyens : 7
  • Les Verts : 6
  • Divers Gauche : 15 (8 apparentés PS, 7 apparentés RCV)

Volet politique[modifier | modifier le code]

Le programme politique est fortement influencé par les grèves de novembre-décembre 1995 et les thématiques de la campagne présidentielle de Lionel Jospin. Il comporte trois aspects principaux centrés sur la lutte contre le chômage :

  • La réduction négociée du temps de travail hebdomadaire à 35 heures sans pertes de salaire.
  • La relance de l'emploi des jeunes avec un plan emplois-jeunes de 700 000 contrats dans le secteur public ou parapublic.
  • Le refus de signer le Traité d'Amsterdam, le pacte de stabilité qui fonde l'euro, tant que les négociations sur un traité social européen ne sont pas engagées.

Exercice du pouvoir[modifier | modifier le code]

La Majorité plurielle remporte les élections législatives de 1997 et Lionel Jospin est nommé Premier ministre par Jacques Chirac, inaugurant la troisième cohabitation.

Réalisations[modifier | modifier le code]

Parmi les réalisations du gouvernement Lionel Jospin entre 1997 et 2002 :

Limites[modifier | modifier le code]

Fondamentalement, la Majorité plurielle n'est pas une tentative de synthèse à gauche ni même d'intégration à la pensée de gauche des idées des écologistes : l'accord est essentiellement électoral. Confronté à l'exercice du pouvoir, la Majorité plurielle a ainsi tendance à se répartir les rôles : l'écologie aux Verts, le social aux communistes, la gestion aux socialistes.

Le pluralisme implique également que nul ne renonce à ses spécificités ni à la critique de ses partenaires, parfois au mépris de la solidarité ministérielle. Ainsi, par exemple, Les Verts contestent au Parti communiste sa position de seconde force dans la coalition et pour affirmer leur rôle au sein de la majorité, Dominique Voynet défile aux côtés des immigrés sans papiers. Des ministres Verts et PCF participent à une manifestation contre le chômage en octobre 1999, pour interpeller le gouvernement dont ils font partie. Jean-Pierre Chevènement quitte le gouvernement en 2001, en désaccord avec Lionel Jospin sur le statut de la Corse. Ces tiraillements obligent les socialistes à se placer en position d'arbitre entre les composantes de la Majorité.

Les désaccords au sein de la Majorité plurielle apparaissent en pleine lumière à l'occasion de l'élection présidentielle de 2002 : chacune des formations présente son propre candidat et, le , Lionel Jospin, est éliminé du scrutin au premier tour, devancé par Jean-Marie Le Pen.

Article connexe[modifier | modifier le code]