Eva Joly

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Eva Joly
Eva Joly Europe Ecologie 2009-06-03.jpg
Eva Joly, dans le cadre de la campagne française pour les élections européennes, le 3 juin 2009
Mandat(s)
Députée européenne
Actuellement en fonction
Depuis le 14 juillet 2009
Élection 7 juin 2009
Législature(s) 7e Parlement européen
Biographie
Date de naissance 5 décembre 1943 (1943-12-05) (66 ans)
Lieu de naissance Norvège Oslo, Norvège
Nationalité Franco-norvégienne
Parti(s) politique(s) Europe Écologie
Profession Magistrate

Eva Joly, de son nom de jeune fille Gro Eva Farseth, née le 5 décembre 1943 à Oslo (Norvège) et de nationalité franco-norvégienne, est une ancienne magistrate française[1] qui a instruit des dossiers politico-financiers tels que l'affaire Elf.

En 2009, elle est élue députée européenne dans la circonscription Île-de-France, sur la liste Europe Écologie.

Sommaire

[modifier] Biographie

Du côté maternel, ses ancêtres étaient des producteurs de framboises. Sa famille paternelle appartenait à une lignée d'agriculteurs de montagne (cf. Joly, 2003). Son père fabriquait du matériel militaire dans la Norvège occupée[2].

Gro Farseth passe une partie de son enfance dans le quartier ouvrier de Grünerløkka (blanchisseries, boulangeries, meuneries, fabriques de voiles pour bateaux…), et en fréquente les écoles.

À 18 ans, elle quitte la Norvège avant d'exercer divers métiers : fille au pair, secrétaire chez Eddie Barclay, styliste de mode. En 1967, elle épouse un étudiant en médecine, Pascal Joly, le fils aîné (cousin de Sylvie Joly) de la famille qui l'accueillait au pair, malgré l'opposition de ses futurs beaux-parents[2]. Ils auront deux enfants, Caroline et Julien.

Elle devient ensuite conseillère juridique de l'hôpital psychiatrique d'Étampes.

À 38 ans, elle fait son entrée dans la magistrature. En 1981, elle est nommée substitut du procureur de la République à Orléans. En 1989, elle est détachée au Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI), organisme rattaché au ministère des Finances, qui épaule les entreprises en difficulté dans les zones sinistrées. Elle en devient la première secrétaire générale adjointe à ne pas sortir de l'ENA.

[modifier] Affaire Elf

Article détaillé : Affaire Elf.

Nommée en 1990 juge d'instruction au pôle financier au Palais de Justice de Paris, elle instruit des affaires en vue, comme celle de Bernard Tapie, puis se voit confier le dossier Bidermann, qui conduit via Elf-Gabon à l'affaire Elf, qu'elle instruit avec Laurence Vichnievsky.

Le 5 juillet 1996, elle fait incarcérer le patron Loïk Le Floch-Prigent, ancien PDG d'Elf et président en exercice de la SNCF.

Puis elle ouvre les dossiers de l'affaire des frégates de Taïwan et de l'affaire Dumas-Deviers-Joncour. En 1998, elle met en examen Roland Dumas, président du Conseil constitutionnel. Il sera condamné en première instance en 2001, et relaxé en appel en 2003.

[modifier] Retour en Norvège

En 2002, elle se met en disponibilité de la magistrature pour devenir conseillère du gouvernement norvégien dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière internationale, déplorant au passage la complaisance en France pour les malversations financières. Elle explique son départ en Norvège comme un véritable exil pour se mettre à l'abri : « J'ai quitté la France. Je suis partie parce que je ne voulais laisser à personne les moyens et le temps de se venger. »[3]

En 2005, elle crée, avec l'appui du ministère des Affaires étrangères le « Network ». Il s'agit d'un réseau privé de juges et d'enquêteurs réputés pour leur intransigeance dans la lutte contre la corruption.

Ses membres représentent notamment plusieurs pays en voie de développement auquel le Network apporte non seulement un soutien psychologique et moral grâce aux échanges et réunions organisés régulièrement, mais aussi à l'occasion une aide matérielle, comme l'exfiltration d'un membre dont la sécurité serait menacée.

Comme le disent certains membres du réseau, cette initiative unique et salutaire ne pourra réellement avoir un impact significatif que si une cour internationale est créée afin de poursuivre les criminels financiers, seule façon de faire appliquer les lois communes en vigueur. [4]

Son nom a été choisi par la promotion 2007 de l'École nationale de la magistrature. Dénonçant toujours la soumission de la magistrature au pouvoir politique, elle a critiqué le projet de Nicolas Sarkozy visant à dépénaliser le droit des affaires[5].

[modifier] Engagement politique

Éva Joly est, en 2007-2008, proche du Mouvement démocrate[6].

Cependant, elle rejoint le rassemblement Europe Écologie et Daniel Cohn-Bendit en octobre 2008[7] en deuxième position sur la liste des écologistes en Île-de-France pour l'élection européenne de juin 2009[8]. Elle est élue députée européenne le 7 juin 2009.

[modifier] Publications

[modifier] Œuvres

[modifier] Articles de presse

[modifier] Manifeste

Elle est l'une des initiatrices de la Déclaration de Paris avec l'ancien procureur de Genève Bernard Bertossa, le juge espagnol Baltasar Garzón, le juge italien Antonio Di Pietro (à l'origine de l'opération Mani pulite), ou le Chilien Juan Guzmán, qui a inculpé Augusto Pinochet.

[modifier] Livres

  • Eva ou La justice est un roman, de Marie-France Etchegoin et Matthieu Aron, éd. Robert Laffont, Paris, 2002.
  • Notre affaire à tous (avec la collaboration de Laurent Beccaria, éd. Les Arènes, Paris, 2000 (« Folio documents », Gallimard, Paris, 2002).
  • Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?, éd. Les Arènes, Paris, 2003 (« Folio documents », Gallimard, Paris, 2004).
  • La Force qui nous manque. Petit traité d'énergie et d'orgueil féminin (avec la collaboration de Judith Perrignon), témoignage, éd. Les Arènes, Paris, 2007.
  • Des héros ordinaires (avec Maria Malagardis), éd. Les Arènes, Paris, 2009.

[modifier] Films

Téléfilm en deux épisodes produit par Canal +, fiction sur l'affaire Elf, Nicole Garcia y joue le rôle d'Eva Joly. Eva Joly a « adoré ce film » qui « rend bien compte de ce qui s'est passé »[10]

En 2006, le cinéaste Claude Chabrol s'est inspiré de l'affaire Elf et de la vie d'Eva Joly pour son film L'Ivresse du pouvoir. Eva Joly a critiqué le film comme « un petit théâtre de mœurs qui conforte chacun dans l'immobilisme », et souligné que dans la réalité, « des circuits financiers occultes d'une ampleur sans précédent en Europe ont été découverts. La justice a apporté la preuve de détournements massifs (jusqu'à 150 millions d'euros) par les dirigeants de la firme, en grande partie pour leur usage personnel. Elle a éclairé les citoyens sur les pratiques corruptrices entre les pays développés et ceux en voie de développement. »

Elle a estimé que le film réduisait l'enquête à « une suite de clichés » et regretté que Claude Chabrol ait selon elle violé l'intimité de sa vie privée, ajoutant lors de la promotion du film « des détails sordides et erronés sur [sa] vie personnelle » (Claude Chabrol a rétréci l'affaire Elf, Le Monde, 17 mars 2006).

[modifier] Articles de presse

[modifier] Notes et références

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Journal officiel, n° 64 du 16 mars 2006, page texte n° 76 (arrêté du 9 mars 2006).
  2. a et b Eva Joly : de la justice à la politique, 29 septembre 2008.
  3. Quatrième de couverture de La Force qui nous manque.
  4. Le Monde, 23 mars 2009.
  5. Le Monde, 13 septembre 2007, p. 11.
  6. Européennes : Eva Joly possible candidate, AFP, 8 juin 2008.
  7. Pourquoi je rejoins le Rassemblement
  8. Eva Joly rejoint Cohn-Bendit et l’union des écolos pour l’Europe, Libération, 17 septembre 2008.
  9. Monsieur le Président.
  10. « La juge Eva Joly et l'actrice Nicole Garcia parlent des “Prédateurs” », Télérama, 15 octobre 2007.


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