François Fillon

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François Fillon
François Fillon au 6e Forum mondial de l'eau, à Marseille, le 12 mars 2012.
François Fillon au 6e Forum mondial de l'eau, à Marseille, le .
Fonctions
Député de la 2e circonscription de Paris
En fonction depuis le
(&&&&&&&&&&&&06721 an, 10 mois et 3 jours)
Élection 17 juin 2012
Législature XIVe
Prédécesseur Jean Tiberi
Président du groupe Rassemblement-UMP
à l'Assemblée nationale

(&&&&&&&&&&&&&0501 mois et 19 jours)
Prédécesseur Création du groupe
Successeur Dissolution du groupe
19e Premier ministre français
(167e chef du gouvernement)
[1][2]
(&&&&&&&&&&&018204 ans, 11 mois et 23 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon I
François Fillon II
François Fillon III
Législature XIIIe législature
Coalition Majorité présidentielle
UMP - NC - RAD - LGM - MPF - CPNT
Prédécesseur Dominique de Villepin
Successeur Jean-Marc Ayrault
Ministre de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement

(&&&&&&&&&&&&&0782 mois et 18 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon III
Prédécesseur Nathalie Kosciusko-Morizet
Successeur Nicole Bricq (Ecologie et Développement durable)
Cécile Duflot (Logement)
Sénateur de la Sarthe

(&&&&&&&&&&&&06371 an, 8 mois et 29 jours)
Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

(&&&&&&&&&&&&04261 an, 2 mois et 0 jour)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin III
Prédécesseur Luc Ferry
Successeur Gilles de Robien
Ministre des Affaires sociales, du Travail
et de la Solidarité

(&&&&&&&&&&&&06931 an, 10 mois et 23 jours)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin I
Jean-Pierre Raffarin II
Prédécesseur Élisabeth Guigou
Successeur Jean-Louis Borloo
Président du conseil régional
des Pays de la Loire

(&&&&&&&&&&&015184 ans, 1 mois et 26 jours)
Prédécesseur Olivier Guichard
Successeur Jean-Luc Harousseau
Ministre délégué à la Poste,
aux Télécommunications et à l'Espace

(&&&&&&&&&&&&05731 an, 6 mois et 25 jours)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Alain Juppé II
Prédécesseur François Fillon (Ministre des Technologies et de l'Information)
Successeur Christian Pierret
Ministre des Technologies de l'Information
et de la Poste

(&&&&&&&&&&&&01735 mois et 19 jours)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Alain Juppé I
Prédécesseur José Rossi
Successeur François Fillon (Ministre délégué à la Poste, aux Télécommunications et à l'Espace)
Ministre de l'Enseignement supérieur
et de la Recherche

(&&&&&&&&&&&&07722 ans, 1 mois et 11 jours)
Président François Mitterrand
Gouvernement Édouard Balladur
Prédécesseur Jack Lang
(Enseignement supérieur)
Hubert Curien
(Recherche)
Successeur Jean de Boishue (Enseignement supérieur)
Élisabeth Dufourcq (Recherche)
Biographie
Nom de naissance François Charles Armand Fillon[3]
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Le Mans (Sarthe, France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique RPR puis UMP
Conjoint Penelope Kathryn Clarke
Diplômé de Université du Maine
Université Paris Descartes
Profession Assistant parlementaire
Religion Catholicisme[4],[5]

Signature

François Fillon est un homme politique français, né le au Mans.

Assistant parlementaire de profession, et membre du RPR puis de l'UMP, il est nommé successivement ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans le gouvernement d'Édouard Balladur (1993-1995), puis ministre des Technologies de l'Information et de la Poste (1995), et ministre délégué chargé de la Poste, des Télécommunications et de l'Espace au sein des deux gouvernements d'Alain Juppé (1995-1997). Après la réélection de Jacques Chirac à l'Élysée, François Fillon est nommé ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité (2002-2004) ; il mène des réformes structurelles sur la durée du travail et sur les retraites. Nommé ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (2004-2005), il fait voter par le Parlement, la loi Fillon pour l'éducation.

À la suite de la victoire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle de 2007, François Fillon est nommé Premier ministre le et forme son premier gouvernement. Il est reconduit le 18 juin suivant, à la suite de la victoire de la droite aux élections législatives : son deuxième gouvernement est, en durée, le deuxième gouvernement le plus long de la Ve République après celui de Lionel Jospin. Il forme son troisième gouvernement le . Le , il remet la démission de son gouvernement, à la suite de l'élection à la présidence de la République de François Hollande. Il est le deuxième Premier ministre, après Georges Pompidou, dans l'ordre de durée de présence en continu à Matignon.

Il est élu député de Paris en juin 2012. Candidat à la présidence de l'UMP, il conteste les résultats annoncés par les instances du parti qui, à la suite du vote du 18 novembre 2012, placent Jean-François Copé à sa tête ; il décide alors de la création d'un groupe parlementaire distinct du groupe UMP, le Rassemblement-UMP, qui est dissous après la conclusion d'un accord avec Jean-François Copé.

Origines et famille[modifier | modifier le code]

François Charles Armand Fillon est le fils de l'historienne basque Anne Soulet et de Michel Fillon, notaire originaire de Vendée (les Essarts) et des Deux-Sèvres (Secondigny). Aîné de quatre enfants, François Fillon grandit, avec ses trois frères, Pierre, Dominique et Arnaud, dans la petite ville de Cérans-Foulletourte, dans la Sarthe, où il fréquente l'école communale. En face de l'école des garçons, l'hôtel-restaurant du Croissant est, dans les années 1960, le siège de l'écurie Austin-Healey (en) pendant les 24 heures du Mans : dès la fin des cours, le jeune François Fillon y admire les Austin-Healey, et développe ainsi une passion naissante pour cette course automobile à laquelle il a déjà assisté dès 1955 avec son grand-père, engagé aux 24 heures du Mans comme garagiste depuis les années 1920[6]. Il étudie ensuite au collège privé de Saint Michel des Perrais, à Parigné-le-Pôlin, d'où il est exclu provisoirement pour avoir jeté une ampoule lacrymogène en plein cours. Il est inscrit ensuite au lycée Notre-Dame de Sainte-Croix, au Mans, d’où il est exclu pendant quelques jours pour indiscipline (pour avoir mené un rassemblement d'élèves demandant la démission d'une professeur d'anglais, qu'il jugeait incompétente) avant d'être réintégré[Kelly 1]. Attiré par l'action, passionné de randonnée en montagne et d’alpinisme, il s'engage chez les scouts et, à l'âge de dix-sept ans, se voit déjà proposer la direction d'une troupe.

Il obtient en 1972 un baccalauréat de philosophie. Il envisage à l'époque de devenir journaliste et effectue pendant deux ans des stages d'été à l’AFP, un premier de trois mois auprès de l'agence AFP d’Espagne[7],[8], un second, durant l'été 1973, à l’agence AFP de Bruxelles.

Il poursuit des études supérieures à l’université du Maine, au Mans, où il est l'élève de Christian Philip. Il y obtient une maîtrise de droit public en 1976. L'année suivante il obtient un diplôme d'études approfondies (DEA) en droit public de l’université Paris Descartes[9].

En 1974, admirateur du général de Gaulle, qui représente pour lui le symbole d'une France forte et indépendante, il commence à affirmer ses convictions politiques. Ses parents sont d'ailleurs d'anciens militants de l'UDR. En 1976, il entre dans la vie politique comme assistant parlementaire de Joël Le Theule, député de la Sarthe. Il dirige la campagne électorale de ce dernier avec succès lors des élections législatives de 1978. En 1977, il adhère au Rassemblement pour la République (RPR) fondé par Jacques Chirac.

En 1979, il effectue son service militaire. Il se marie le avec la Galloise Penelope Kathryn Clarke, née en 1956 à Llanover, près d'Abergavenny, fille de George Clarke, avocat, et Gladys Clarke. Ils s'étaient rencontrés dans les années 1970 au lycée de Sablé-sur-Sarthe. Ils ont cinq enfants : Marie (1982), Charles (1984), Antoine (1985), Édouard (1989) et Arnaud (2001)[10].

Le , François Fillon est témoin du décès de Joël Le Theule. Celui-ci, victime d'un malaise cardiaque, avait demandé à Fillon, présent au moment des faits, de le conduire à l'hôpital. Arrivé aux urgences, Le Theule descend du véhicule automobile et perd connaissance[Kelly 2]. Les médecins auraient tenté pendant trois heures de le réanimer, sans succès[8].

Le , son frère Arnaud Fillon, dix-huit ans, trouve la mort dans un accident de voiture[Kelly 3].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

C'est sous la pression des amis de Joël Le Theule et en vertu des préférences affirmées par celui-ci que François Fillon va progressivement reprendre les mandats de son ancien mentor. Il est d'abord élu conseiller général de la Sarthe, dans le canton de Sablé-sur-Sarthe en février 1981 avec 76 % des voix.

Ascension politique locale et nationale[modifier | modifier le code]

En juin 1981, il est élu député de la 4e circonscription de la Sarthe dès le premier tour, avec 50,14 % des voix, et reprend ainsi le siège de député de Joël Le Theule. À 27 ans, il est alors le benjamin de l'Assemblée nationale.

Bien que son mentor en politique Joël Le Theule ait été notoirement homosexuel, François Fillon vote contre l'abrogation de l'alinéa 3 de l'article 331 du Code pénal, qui faisait de l'homosexualité avec un mineur un délit[11], le 20 décembre 1981 à l'Assemblée nationale (la dépénalisation est cependant votée par la majorité de gauche)[12].

François Fillon se rapproche de Philippe Séguin, autre jeune député de droite élu en pleine vague socialiste. Ils font alors partie du « Cercle », une association de jeunes députés libéraux ou partisans d'un « gaullisme social » prônant la rénovation de la vie politique et dans laquelle on retrouve également François d'Aubert, Charles Millon et Michel Noir. Philippe Séguin devient son nouveau mentor en politique, d'autant plus que les relations de François Fillon avec Jacques Chirac, président du RPR, sont médiocres.

François Fillon devient alors un expert des questions relatives à la défense nationale au sein de l’Assemblée nationale et, dès cette époque, se fait le partisan d'une armée de métier, aborde le problème du vieillissement des Mirage IV, les avantages de la bombe à neutrons

Lors des élections municipales de 1983, François Fillon est élu maire de Sablé-sur-Sarthe dès le premier tour, avec 68,05 % des voix. Il dirige la liste RPR dans la Sarthe lors de des élections législatives au scrutin proportionnel du , et est ainsi réélu député ; il devient président de la Commission de la Défense jusqu'à la fin de la législature. En juin 1988, il est réélu député dès le premier tour alors qu'un mois plus tôt, lors de l'élection présidentielle, sa circonscription avait voté François Mitterrand à 58 %. Il fait alors partie de l'aventure des rénovateurs de la droite aux côtés de Philippe Séguin, Michel Noir, Charles Millon, Philippe de Villiers, Bernard Bosson, Michel Barnier, Alain Carignon, François Bayrou, Étienne Pinte et Dominique Baudis.

En 1990, l'aventure sans lendemain des rénovateurs lui coûte sa place au bureau national du RPR. Lors du congrès du mouvement gaulliste durant l’hiver 1990, il suit Philippe Séguin dans son alliance avec Charles Pasqua visant à contester la présidence du RPR à Jacques Chirac et le secrétariat général à Alain Juppé. Quand Pasqua fonde l'association Demain la France, Fillon fait partie du comité d'orientation. Le but de l'alliance est alors de rénover le gaullisme. Lors du congrès du RPR, la liste Pasqua-Séguin remporte 30 % des suffrages contre 70 % à la liste Chirac-Juppé. L’échec est relatif car personne ne pensait que la liste de Jacques Chirac serait battue, et le score réalisé par la liste Pasqua-Séguin dépasse les attentes de leurs promoteurs.

En , François Fillon est élu président du conseil général de la Sarthe par 16 voix contre 14 à Roland du Luart. Il succède alors à Michel d'Aillières, président du département pendant 19 ans. À 38 ans, il est alors l'un des plus jeunes présidents de conseil général de France et se retrouve à gérer 750 personnes et un budget de 2 milliards de francs.

Durant l’été 1992, il mène campagne aux côtés de Philippe Séguin contre la ratification du traité de Maastricht. À l'Assemblée nationale, il déclare vouloir « l’Europe, mais debout ». Il dénonce notamment l’établissement d'une monnaie unique avant l’attribution d'institutions politiques à l’Europe ainsi que l'absence de politique économique et sociale. La victoire étriquée du « oui » au référendum sur le traité de Maastricht (51,05 %) sonne comme une demi-victoire pour François Fillon et Philippe Séguin.

Ministre des gouvernements Balladur et Juppé (1993 - 1997)[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives de 1993, il est réélu dès le premier tour avec 58,58 % des voix. C'est grâce à Philippe Séguin que Fillon entre au gouvernement Édouard Balladur où il devient ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Il plaide à cette fonction en faveur de l'autonomie des universités et souhaite séparer la formation des professeurs des écoles de celle des professeurs du secondaire. Finalement, sa loi sur les universités est censurée par le Conseil constitutionnel et sa réforme de la filière technologique est retirée.

En 1995, contrairement à Séguin qui choisit de soutenir Jacques Chirac, Fillon prend position en faveur d’Édouard Balladur lors de l'élection présidentielle. En dépit de l'échec de Balladur et de la victoire de Chirac, il est avec Michel Barnier et François Bayrou l'un des rares balladuriens dans le premier gouvernement d'Alain Juppé en 1995 sous la présidence de Jacques Chirac. François Fillon devient le nouveau ministre des Technologies de l'information et de la Poste puis en novembre 1995, ministre délégué à la Poste, aux Télécommunications et à l'Espace. Il est alors chargé de la modernisation de France Télécom, notamment de la gestion de la fin de son monopole et de la transformation du statut de cette entreprise publique. Bien que conspué par la gauche, il fait voter la fin du monopole de France Télécom et le principe d'ouverture de son capital. Celui-ci sera d'ailleurs réalisé par son successeur socialiste après la dissolution par Jacques Chirac de l'assemblée nationale en .

En 1996, il propose un amendement à la loi de réglementation des télécoms (dit « amendement Fillon ») visant notamment à rendre les fournisseurs d’accès pénalement responsables des contenus des services ayant fait l’objet d’un avis défavorable du Comité supérieur de la télématique (émanation du CSA) et donc à censurer de façon indirecte Internet. Cet amendement a été censuré par le conseil constitutionnel le 23 juillet 1996[13] à la suite d'un recours déposé par le parti socialiste rédigé par l'avocate Valérie Sédallian.

François Fillon est réélu député en au deuxième tour, face à Stéphane Le Foll, avec 52,7 % des suffrages exprimés.

Rapprochement de Jacques Chirac[modifier | modifier le code]

Philippe Séguin décide alors de s’emparer de la présidence du RPR et se rapproche de Nicolas Sarkozy pour contrer Alain Juppé. En juillet 1997, Séguin est élu président du RPR avec 78 % des voix et Sarkozy devient secrétaire général. François Fillon fait partie de la garde rapprochée de Séguin et devient secrétaire national du RPR, chargé des fédérations puis porte-parole de la commission exécutive. En 1998, Fillon est élu président du conseil régional des Pays de la Loire. Il met alors tout son poids politique pour empêcher les alliances entre certains élus de droite avec le Front national dans les régions où aucune majorité claire ne s’est dégagée.

En 1999, quand Séguin démissionne soudainement de la présidence du RPR peu de temps avant les élections européennes, Fillon soutient et seconde Nicolas Sarkozy, président par intérim, aux côtés de Roger Karoutchi, un autre séguiniste. L'échec de la liste RPR/DL aux élections européennes, arrivée derrière celle menée par Charles Pasqua et Philippe de Villiers, conduit le RPR à se réorganiser. Les 50 000 militants du mouvement gaulliste sont alors appelés pour la première fois à élire leur président. Bien qu'ayant d'abord apporté son soutien à Nicolas Sarkozy encore hésitant sur l’idée de concourir au poste, François Fillon décide finalement de se présenter à la présidence du parti. Sarkozy renonce finalement et Fillon se retrouve alors face à Jean-Paul Delevoye, Michèle Alliot-Marie et Patrick Devedjian. En réalisant le score honorable de 25 % des suffrages exprimés, Fillon est éliminé du second tour. Il apporte son soutien à Alliot-Marie qui est élue présidente du RPR. Il reste conseiller politique du RPR jusqu'en mars 2001.

À partir de 2000, grâce à Jérôme Monod, Fillon se rapproche de Jacques Chirac avec qui les rapports avaient toujours été froids et tendus comme ceux que Chirac avait entretenu avec Joël Le Theule. Sur le plan local, pour cause de cumul des mandats, Fillon ne se représente pas aux élections municipales à Sablé en mars 2001. Il laisse à son successeur UMP, Pierre Touchard, une ville où le taux de chômage est inférieur à 4 %, des quartiers rénovés, plus de 40 % de logements sociaux, une gare TGV reliant la petite ville à Paris et une centaine d'entreprises spécialisées principalement dans l’agro-alimentaire, l’électronique, la métallurgie et la transformation de plastique. Il garde un ancrage local en devenant président de la communauté de communes de Sablé. En tant que président du conseil régional des Pays de la Loire, il soutient tout particulièrement une plus grande coopération avec son homologue breton Josselin de Rohan (entamée en 1990 par leurs prédécesseurs respectifs, Olivier Guichard et Yvon Bourges). Il milite ainsi pour la constitution d'un « Grand Ouest » réunissant les deux régions plutôt que le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Dès , les deux conseils régionaux sont réunis en une assemblée plénière à Rennes, tandis que les deux collectivités défendent ensemble des projets touchant le développement de leurs territoires respectifs, tels que la mise en place d'un « Pôle agro ouest » (structure de recherche commune dans le domaine de l'agroalimentaire), le lancement de programmes d'installation de réseaux de communication à haut débit, le choix de Saint-Nazaire comme l'un des sites d'assemblage du futur avion Airbus A3XX (devenu l'A380) ou encore le rapprochement des candidatures jusque là concurrentes pour le projet de LGV Ouest qui donne naissance à l'objectif commun d'une LGV Bretagne-Pays de la Loire[14].

Au niveau national, aux côtés de Philippe Douste-Blazy, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, Fillon participe à la mise au point du programme électoral du président de la République pour la campagne présidentielle de 2002. Pour la première fois, le député de la Sarthe lui apporte son soutien politique dès le premier tour d’une campagne présidentielle. Contre l’avis d'Alliot-Marie, du président de Démocratie libérale, Alain Madelin, et du président de l'UDF François Bayrou, Fillon se fait alors le chantre auprès de Jacques Chirac d'un grand parti unique présidentiel dont les prémices sont Alternance 2002 puis l'Union En Mouvement (UEM). Il rédige le discours de politique générale de Jacques Chirac pour la première convention de l’UEM dans lequel il prône la modernisation sociale de la France et la rupture. De à , Fillon effectue 76 déplacements en tant qu’animateur de la campagne de Jacques Chirac et s’appuie sur France.9 (France Point 9), un club de réflexion rassemblant le courant républicain (ex-séguiniste) travaillant sur des thèmes comme la bonne gouvernance et l’avenir de la France.

Au début de l'année 2002, François Fillon devient l'un des premiers ministrables aux côtés de Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy. Après le premier tour de l'élection présidentielle et la qualification de Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen le , l'UEM est transformé en Union pour la majorité présidentielle (UMP).

Ministre des Affaires sociales des gouvernements Raffarin I et II (2002 - 2004)[modifier | modifier le code]

La réélection de Jacques Chirac acquise le , c'est Jean-Pierre Raffarin qui est nommé Premier ministre dès le lendemain. Après avoir été proposé pour le poste de ministre des Finances au sein du deuxième gouvernement Raffarin, c'est finalement celui des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité qui échoit à François Fillon sur recommandation notamment de Nicole Notat, ancienne patronne de la CFDT et de Jérôme Monod. Bien que déçu, il relève le défi qui consiste à assouplir la loi sur les 35 heures, revenir partiellement sur la loi de modernisation sociale de 2002 et à réformer les retraites dont le régime général est déficitaire. Il devient également le numéro 3 du gouvernement Raffarin juste derrière Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur. Il est par contre obligé de laisser sa place de président de conseil régional à Jean-Luc Harousseau, son premier vice-président. Il est également réélu député (dorénavant UMP) en , dès le premier tour avec 55,21 % des voix avant de laisser son siège à son suppléant de 34 ans, Marc Joulaud.

Il mène alors la principale réforme de ce gouvernement : celle des retraites, par la loi Fillon (ou réforme Fillon), qu'il conduit jusqu'au bout, malgré le mécontentement d'une partie de l'opinion publique française. Il conduit également un assouplissement des 35 heures (en modifiant le calcul des heures supplémentaires). Selon La Tribune, il gagne des « galons d'homme d'écoute et de dialogue, une bonne connaissance des dossiers et l'estime des organisations syndicales »[15].

Il mène également de front plusieurs réformes comme celles concernant les contrats jeune en entreprises pour les 16-22 ans sans qualification (en procédant à l'exonération des cotisations sociales pendant deux ans) ou l’harmonisation des SMIC existants (dont le niveau est relevé pour 2/3 des bénéficiaires). Ces réformes passent sans encombres et la presse parle de la « méthode Fillon ». Le dialogue avec les leaders syndicaux se passe bien, notamment avec François Chérèque (CFDT) mais aussi Bernard Thibault (CGT) bien que les marges de manœuvre de ce dernier soient plus étroites. De nouveau premier-ministrable, François Fillon passe, du point de vue notamment méthodologique et pour sa discrétion, pour l’anti-Sarkozy au sein du gouvernement.

La réforme des retraites de 2003[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Loi Fillon (retraites).

Les grandes réformes sur les retraites de François Fillon ont lieu en 2003. Il passe deux ans à étudier les systèmes étrangers, notamment en compagnie de François Chérèque et de plusieurs responsables syndicaux, et multiplie les rencontres avec les associations et les experts concernés. Sa méthode est qualifiée de trop lente et trop timorée par ses adversaires au sein de l’UMP. Parallèlement, il annonce plusieurs initiatives comme le contrat initiative emploi, la création du Revenu minimum d'activité (RMA), le contrat d'insertion dans la vie sociale et un train de mesures pour favoriser l'emploi des plus de 45 ans[Kelly 4].

En 2003, il annonce la Loi Fillon pour réformer les retraites, consistant à repousser l’âge de départ à la retraite, augmenter les cotisations et favoriser l'épargne individuelle. Comme attendu, elles sont mal acceptées par les fonctionnaires qui manifestent en masse le . Fillon reprend les négociations. Partisan d'une ligne sans concession, il doit à contrecœur lâcher du lest sur la gestion des longues carrières à l’initiative de Jean-Pierre Raffarin afin de parvenir à un accord avec 5 des 8 syndicats, dont la CFDT, le 15 mai. La CGT et FO, majoritaires dans la fonction publique et hostiles à l’accord tentent des actions pour contrer l'harmonisation entre le secteur public et le secteur privé. Le 25 mai, une manifestation de grande envergure, composée notamment d'enseignants et de cheminots défile à Paris. Le soir même, Fillon déclare à la télévision qu’il ne rouvrira pas les discussions. La réforme reste incomplète cependant à son grand dam car l'inégalité demeure avec les régimes spéciaux de retraite mais son projet de loi est adopté le par le Parlement après avoir fait l’objet du deuxième plus long débat parlementaire (19 jours, 155 h. de discussions) après celui sur la presse en 1983. Dorénavant, pour bénéficier d'une retraite à taux plein, la loi prévoit l'allongement à 40 années d'activités pour tout le monde en 2008, 41 ans en 2012 et 42 ans en 2020.

La canicule de 2003[modifier | modifier le code]

La crise de la canicule européenne de 2003 occulte l'aboutissement de sa réforme. Il prend en charge le problème dès le 12 août avec Hubert Falco, son secrétaire d'état aux personnes âgées, et est le premier membre du gouvernement à reconnaître les dysfonctionnements de l’État, ce qui lui attire de sévères critiques de Jean-Pierre Raffarin à la recherche d'un bouc émissaire. Les médias finalement ne s'en prennent pas à Fillon, mais à Raffarin lui-même et au ministre de la Santé, Jean-François Mattéi[Kelly 5]. Il apporte un soutien réservé au projet du Premier ministre consistant à rendre travaillé un jour férié et les difficultés de communication s'enchaînent alors avec Jean-Pierre Raffarin. Celui-ci voit d'ailleurs en Fillon un concurrent ambitieux qui cherche à reprendre son poste, d'autant plus que le président Chirac pousse Fillon à répondre aux « provocations » de Nicolas Sarkozy.

L'alternative potentielle à Nicolas Sarkozy[modifier | modifier le code]

Alors que Nicolas Sarkozy propose d'instituer la discrimination positive, Fillon s'y oppose en déclarant qu'elle est « techniquement, juridiquement et politiquement inconcevable ». Il se déclare aussi choqué de la précocité avec laquelle, moins de deux ans après une élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il était intéressé à reprendre le poste.

François Fillon déclare plus tard avoir été instrumentalisé par Jacques Chirac lorsqu'il se rend compte, à la fin de l'année 2003, que son train de réformes est gelé et que, notamment, sa réforme de l'ANPE et de l'UNEDIC, qu'il estime fondamentale, est refusée par le président de la République. Il refuse alors de poursuivre l’acharnement contre Nicolas Sarkozy quand celui-ci se présente pour succéder à Alain Juppé à la présidence de l'UMP. Son revirement est quasi-officiel quand il récuse le « tout sauf Sarkozy » dans une interview au journal Le Parisien le 12 février 2004 et reconnaît la légitimité de ce dernier à être candidat à l'élection présidentielle. Ce rapprochement avec Sarkozy, que Fillon justifie par la nécessité de conclure des alliances pour progresser, lui vaut alors l'hostilité des chiraquiens en général et de Jean-Pierre Raffarin, potentiel candidat à la présidence de l'UMP, et de Jérôme Monod en particulier. Fillon impose néanmoins ses conditions à Nicolas Sarkozy pour officialiser cette alliance et relance son association France.9. Il exige du candidat à la présidence de l'UMP que ce dernier accepte en son sein l'existence de différences mouvances politiques. Finalement, Fillon est intégré dans la nouvelle équipe dirigeante proposée par Nicolas Sarkozy pour prendre en charge le projet de réforme des statuts de l’UMP et il participe à leur premier meeting commun à Bourges le [Kelly 6]. Le , Nicolas Sarkozy est élu président de l'UMP par 85,1 % des militants et François Fillon devient conseiller politique de l’UMP. Désormais, il est ignoré par Jean-Pierre Raffarin lors de ses interventions publiques. La discorde entre les deux hommes ne faiblira pas alors que Jacques Chirac se montre plus conciliant du fait de la fidélité réaffirmée de Fillon envers ce dernier.

Défaite aux élections régionales de 2004[modifier | modifier le code]

C'est aussi durant l'année 2004 que François Fillon connaît son premier échec électoral en 23 ans de carrière. Le ministre des Affaires sociales est la tête de liste UMP en Pays de la Loire lors des élections régionales de mars 2004. François Fillon, qui avait dû céder la présidence de la région à un fidèle en 2002, était resté néanmoins très présent. En 2003, il avait lancé le pôle santé Sarthe et Loir au Bailleul pour favoriser la venue de spécialistes de toutes disciplines pour que les habitants soient mieux pris en charge sur le plan médical[Kelly 7].

Dans un contexte général maussade pour la droite, la région Pays de la Loire est ainsi considérée comme imprenable par la gauche d'autant plus que Fillon noue ses alliances avec Philippe de Villiers (MPF) en Vendée, avec Jean Arthuis (UDF) en Mayenne et Roselyne Bachelot en Maine-et-Loire.

Au soir du premier tour, le 21 mars 2004, la liste conduite par François Fillon arrive en ballotage favorable face à la liste de gauche conduite par Jacques Auxiette alors qu'au plan national, le résultat ressemble à une déroute pour la droite y compris dans ses bastions autrefois traditionnels comme l’Île-de-France, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur ou la région Auvergne. Les sondages et les calculs restent tellement favorables à Fillon que son adversaire socialiste, Jacques Auxiette, reconnaît ne pas croire au basculement à gauche de la région[Kelly 8].

Pourtant, le 28 mars 2004, la région Pays de la Loire bascule à gauche par 52,35 % des voix contre 47,65 % à la liste de la majorité[16]. Le choc est d'autant plus rude pour François Fillon que c'est son département, la Sarthe, qui provoque son échec (la Vendée, la Mayenne et le Maine et Loire ont voté majoritairement pour sa liste alors que dans la Sarthe il ne recueille que 46,30 % des suffrages). Pire, pour lui, les résultats des élections cantonales dans le département de la Sarthe sont aussi favorables à la gauche (même si le département conserve sa majorité de droite). Enfin, affront final, sa propre circonscription vote pour son adversaire socialiste.

Le 28 mars au soir, sur la chaîne de télévision TF1, il annonce lui-même sa défaite alors que les résultats ne sont pas définitifs, en parlant de « 21 avril à l'envers », formule qui lui est ensuite reprochée par Jacques Chirac et les chiraquiens, et précise également que l'« on ne peut pas réformer sans avoir le soutien du peuple ». Lors d'une conférence de presse dans la soirée, commentant les résultats nationaux, il dit espérer que « le président de la république en tirera les enseignements »[Kelly 9]. Au niveau national, seules l’Alsace et la Corse restent à droite.

Cette défaite le retire de la liste des premiers ministrables même si, selon lui, elle ne traduit pas un rejet de la politique sociale du gouvernement mais une impatience face aux changements trop lents à se mettre en place. Mais ce constat n'est pas celui de Jacques Chirac[Kelly 10].

Ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement Raffarin III (2004 - 2005)[modifier | modifier le code]

Le , François Fillon fait partie du gouvernement remanié de Jean-Pierre Raffarin. Alors que Nicolas Sarkozy est nommé aux Finances, François Fillon est nommé ministre de l’Éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Il se déclare déçu par ce transfert car il espérait, depuis toujours, le portefeuille de la Défense. Encore numéro 3 du gouvernement, il en sera le numéro 2 après le départ de Nicolas Sarkozy en .

Par ailleurs, le 26 septembre 2004, il est élu au Sénat mais laisse son siège à son suppléant Jean-Pierre Chauveau.

Obéissant aux souhaits présidentiels, Fillon met un terme à certains dossiers chauds dont il hérite comme la réforme de la recherche en cédant aux revendications des syndicats.

Il décide d'orienter son action autour de 3 priorités : l'apprentissage des fondamentaux en primaire, la lutte contre l'échec scolaire et la réussite des élèves en zones défavorisées. Il lui revient aussi de rédiger une énième et dernière version de la circulaire sur les signes religieux à l'école. Sa prudence voire sa transparence lui est encore reproché alors que le Premier ministre le considère comme « le maillon faible du gouvernement »[Kelly 11].

À la rentrée scolaire de 2004, il peut néanmoins se féliciter du respect de la circulaire sur le voile islamique et du succès rencontré par son projet d'acquisition d'ordinateurs à un euro par jour par les étudiants.

Son grand projet pour l'école est présenté le . Il déclenche une vague de mécontentement social. Ce projet prévoit l'enseignement d'une langue vivante dès le CE2, un nouveau baccalauréat combinant contrôle continu et un nombre d'épreuves finales ramenées de 12 à 6, la suppression des travaux personnels encadrés, un brevet obligatoire pour les classes de troisième et la réhabilitation du redoublement. C'est la refonte du bac qui cristallise les mécontentements[Kelly 12]. Le texte est très vite édulcoré sous la pression de l’Élysée et le projet de la Loi Fillon est présenté le 12 janvier 2005. Il est critiqué par le conseil supérieur de l'éducation, et les manifestations se multiplient contre la réforme du bac à laquelle s'agglutinent d'autres revendications comme celles sur le pouvoir d'achat. Les lycéens se joignent aux professeurs alors que de nombreux amendements sont entérinés. Celui-ci est seul en première ligne et le seul soutien qu'il reçoit publiquement est celui de Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, avant que Jacques Chirac ne le soutienne concrètement. Ce dernier conseille néanmoins à son ministre de lâcher du lest. Le 10 février 2005, plus de 100 000 lycéens défilent dans les rues contre la réforme du bac. Le soir même, Fillon annonce la suspension de celle-ci pour sauver le reste de son projet. Pourtant, les manifestations continuent en exigeant le retrait total de toute la réforme Fillon. La loi est finalement votée, puis Fillon annonce qu’il ne rouvrira pas le débat. En avril, face aux casseurs et aux blocages de lycées de plus en plus nombreux, il envoie les CRS dans les établissements scolaires et déclare « À chaque blocage de lycée, il y aura déblocage ». Le mouvement perd rapidement alors en intensité, assurant la réussite de François Fillon. Le 22 avril 2005, le conseil constitutionnel censure deux articles clés de sa loi pour des problèmes de forme, celui définissant les missions de l'école et celui approuvant les orientations et objectifs. Les deux articles sont par la suite entérinés sous forme de décrets.

Une fois l'épreuve de sa réforme passée, François Fillon participe à la campagne référendaire sur le Traité constitutionnel européen qu'il approuve parce que, selon lui, il vient combler les lacunes du Traité de Maastricht. Cependant, le , le « non » l'emporte par 54,67 % des suffrages[17]. La Sarthe de François Fillon a également voté « non » à 57 %.

Après le « non », Jean-Pierre Raffarin démissionne de son poste de Premier ministre le 30 mai. Le chef de l'État choisit Dominique de Villepin pour succéder à Raffarin et demande à Nicolas Sarkozy de revenir au gouvernement, tout en restant président de l'UMP.

Soutien à Nicolas Sarkozy et préparation de la campagne présidentielle (2005 - 2007)[modifier | modifier le code]

Le 1er juin, le nouveau Premier ministre consulte pour constituer son équipe gouvernementale. François Fillon n'est pas contacté ni invité à se rendre à Matignon. Pour lui, la mise à l'écart du numéro 2 du gouvernement sortant par l'Élysée et Matignon n'est rien de moins qu’un affront. C’est par un coup de téléphone de Jacques Chirac qu'il apprend qu'« il n'y a pas de place » pour lui au gouvernement. La formule employée est ressentie comme une humiliation pour le ministre et un désaveu explicite. C'est alors, que peu de temps après, il déclare à un journaliste du Monde qu'il est le seul à avoir mené neuf réformes législatives (dont les réformes portant sur le RMI, les retraites ou les 35 heures) et que lorsque le bilan du mandat de Chirac sera fait, « on ne se souviendra de rien, sauf de [ses] réformes »[18], propos qu'il nuancera plus tard comme celui d'« un accès de colère et de vanité[19] ». Il avait auparavant déclaré : « Il y a ceux qui se font mousser devant les caméras tous les soirs, et puis il y a ceux qui font les réformes dont on parlera encore dans vingt ans[20]. »

Il prévient dès lors qu'il va « s'investir à fond dans l'UMP, préparer les échéances futures pour Nicolas Sarkozy en 2007 » et qu'en le refusant dans le nouveau gouvernement, on a fait de lui « un directeur de campagne avant l'heure[Kelly 13] ».

Les propos de Fillon font mouche dans la classe politique peu habituée à ces emportements de quelqu'un perçu comme « gentil », pondéré, voire en retrait. C'est le discours de la rupture définitive avec Jacques Chirac. Une entrevue houleuse a lieu avec Dominique de Villepin. Fillon conteste plus la forme que le fond de son éviction. Il se sent injustement puni, bouc émissaire des manifestations massives contre ses réformes des retraites et de l’école mais aussi pour son rapprochement politique avec Nicolas Sarkozy[Kelly 14].

Il retourne alors sur ses terres à Sablé et se fait élire de nouveau sénateur le . Conseiller politique du président de l'UMP, il se réfugie aussi un temps dans l’écriture et publie ses réflexions et ses idées dans un ouvrage intitulé La France peut supporter la vérité à l'automne 2006. La phrase « La France peut supporter la vérité » (reprise de Pierre Mendès France) devient son mot d’ordre[21] et sa ligne politique : « dire la vérité aux Français ». En avril 2006, il dit : « Plus il y a d'impôts, moins il y a d'emplois[22]. » Il est souvent qualifié de « gaulliste social[23] ».

Parallèlement, il participe durant 2 ans à la mise au point du programme de l’UMP en vue de l'élection présidentielle de 2007, participant à de nombreuses conventions thématiques. Aux côtés notamment d’Emmanuelle Mignon, il va travailler sur le programme de l’UMP qui sera présenté lors de l'élection présidentielle. Sur les deux cents propositions émises par les groupes de réflexion qu’il coordonne, trente d'entre elles sont retenues et constituent la colonne vertébrale du projet de l’UMP[Kelly 15]. Bien qu’il n'apparaisse pas dans l’organigramme officiel de campagne de Nicolas Sarkozy, Fillon devient l’un de ses collaborateurs principaux aux côtés de Claude Guéant, le directeur de la campagne présidentielle, et de David Martinon, le chef de cabinet du candidat à la présidence de la République française.

En septembre 2006, sans consulter Nicolas Sarkozy, François Fillon commence à s’impliquer concrètement dans les médias et annonce qu’en cas de victoire de ce dernier, les régimes spéciaux de retraites seront réformés dès le début de la législature. Si ces propos provoquent un tollé dans la classe politique et chez les syndicats, ils sont approuvés par Nicolas Sarkozy et par l'opinion publique[Kelly 16]. En 2007, il déclare : « La division est toujours nuisible[24]. »

Premier ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy (2007 - 2012)[modifier | modifier le code]

Gouvernement Fillon I[modifier | modifier le code]

François Fillon à l'Assemblée nationale, le .

Le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy est élu président de la République avec 53,06 % des suffrages contre 46,94 % pour la candidate PS Ségolène Royal. François Fillon est parmi les proches et intimes du nouveau président qui célèbrent le soir-même la victoire par un diner au Fouquet's, et plus tard, est sur la scène dressée place de la Concorde devant 30 000 personnes venues célébrer la victoire.

Le 17 mai 2007, un communiqué de l’Élysée annonce la nomination de François Fillon au poste de Premier ministre[1]. À 53 ans, il est le 19e Premier ministre de la Ve République. Le sondage réalisé par l'institut CSA-Cisco indique que 54 % des Français sont satisfaits de ce choix[Kelly 17].

La passation des pouvoirs avec le Premier ministre sortant Dominique de Villepin a lieu le 18 mai. Fillon compose son cabinet et nomme l'ancien préfet de Vendée et ancien directeur de cabinet aux Affaires sociales, Jean-Paul Faugère, comme directeur de cabinet à Matignon. Sa première journée est médiatiquement marquée par le jogging qu'il effectue à 12 h 45 avec le président de la République au bois de Boulogne marquant l'arrivée d'un style nouveau et plus décontracté à l’Élysée et à Matignon[Kelly 18]. Il déclare : « Ce sera un gouvernement libre, mais qui mettra en œuvre scrupuleusement le projet[25]. »

Pour la formation du gouvernement, il pousse les nominations de Roselyne Bachelot, de Laurent Wauquiez et de Roger Karoutchi. Le premier gouvernement Fillon est resserré autour de 15 ministres et marqué par une parité au niveau des ministres (8 hommes et 7 femmes) – mais moins au niveau des secrétaires d'État. Le ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie (« MINEFI » ou « Bercy ») est scindé en deux, avec d'un côté le ministère de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi et de l'autre le ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique. Enfin, ce premier gouvernement est marqué par une ouverture politique vers des personnalités venues du centre (Hervé Morin, alors membre de l'UDF), du Parti socialiste (Bernard Kouchner et Éric Besson sont deux ex-membres du PS, l'un exclu après l'élection, l'autre pendant la campagne), de la gauche (Jean-Pierre Jouyet) et de la société civile (Martin Hirsch). Cette ouverture envers des individualités de l'opposition n'est d'ailleurs pas une première, puisque Michel Rocard, en 1988, avait tenté une opération similaire, mais uniquement avec des centristes. Le second gouvernement Fillon confirmera ces choix, mais avec une équipe élargie.

À peine 48 heures après sa nomination, François Fillon revient à Sablé, où il se recueille devant la tombe de Joël Le Theule, à qui il rend hommage avant de lancer la campagne des élections législatives. Il s'implique totalement dans la campagne nationale, et est élu député dès le premier tour de la 4e circonscription de la Sarthe le avec 53,40 % des voix. Cependant, ses déclarations, entre les deux tours de l'élection, qui suivent celles de Jean-Louis Borloo sur l'ouverture du chantier de la TVA sociale, voire de l'augmentation de la TVA de 5 points afin de financer la protection sociale, coûtent quelques sièges de députés à l'UMP, qui obtient néanmoins 320 des 577 sièges, soit la majorité absolue.

Gouvernement Fillon II[modifier | modifier le code]

François Fillon au congrès du PPE à Varsovie, le .

Dès l'été 2007, les premières mesures du gouvernement semblent indiquer une diminution du rôle même de Premier ministre, Nicolas Sarkozy semblant vouloir prendre en main directement les dossiers avec les ministres, y compris médiatiquement. Les observateurs de gauche et de droite parlent assez rapidement d'« hyper-présidence »[26]. Les proches de Fillon soulignent que cette discrétion de sa part est conforme à chacune de ses entrées en fonction. Par ailleurs, le nouveau chef du gouvernement lui-même fut durant les années 2000 partisan de la présidentialisation de la Ve République et évoquait déjà en 2000, dans le cadre d’une large réforme constitutionnelle, la suppression du poste de Premier ministre[Kelly 19]. La presse pose la question du rôle de François Fillon (« qui gouverne ? »[27]). Ses déplacements à Bruxelles au sommet du Parti populaire européen passent inaperçus dans les médias tout comme ses rencontres avec José Manuel Durão Barroso (président de la Commission européenne), Hans-Gert Pöttering (président du Parlement européen) et enfin Jean-Claude Juncker (président de l'Eurogroupe), alors que Nicolas Sarkozy monte en première ligne sur les dossiers brûlants comme celui de la restructuration d’Airbus ou la relance de la réforme constitutionnelle européenne. Fillon doit aussi supporter les déclarations des conseillers de l’Élysée, tels que Henri Guaino ou Claude Guéant. Ainsi, la veille du discours de politique générale du Premier ministre à l'Assemblée nationale, le , le secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant, dévoile dans le journal La Tribune une partie de la déclaration que François Fillon doit effectuer[28]. Le lendemain, François Fillon prononce son discours, dans lequel il annonce notamment sa volonté de moderniser les institutions et se porte garant de la rupture sarkozienne[Kelly 20]. Il obtient la confiance de 321 députés contre 224.

Plusieurs différends surgissent durant l'été 2007 entre François Fillon et l'équipe élyséenne. Il est ainsi désavoué quand il envisage l'extension du service minimum à tous les services publics, y compris l'éducation nationale. Il renâcle publiquement quand il est qualifié de « collaborateur » par Nicolas Sarkozy lors d'un déjeuner de celui-ci avec la presse quotidienne régionale le 21 août 2007. Enfin, il contrarie le président en annonçant que la réforme des régimes spéciaux est prête et n'attend plus que le feu vert de l’Élysée[réf. nécessaire]. La pacification des relations toujours franches entre les deux hommes reprend cependant rapidement. Le , il déclare que la France est en « état de faillite » ; Henri Guaino estimera le terme inadapté. Le , il fait au cours de sa séance de vœux aux journalistes une allusion à la précédente conférence de presse de Nicolas Sarkozy et déclare qu’il répondra aux questions qu'il va « se poser [lui]-même[29] ».

François Fillon, conformément à la tradition inaugurée sous de la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, est décoré de la Grand croix de l'Ordre national du mérite par le président Nicolas Sarkozy, à l'issue du Conseil des ministres du 21 novembre 2007. Les premières semaines de l’année 2008 apparaissent pour lui comme une période de relatif état de grâce dans l’opinion, alors qu’il dépasse pour la première fois largement Nicolas Sarkozy dans les sondages de popularité[30], y compris parmi l'électorat traditionnel de l'UMP[31]. Cette situation, sans précédent dans la Ve République en début de mandat d'un Président[32] suscite des analyses politiques diverses, y compris hors de France[33]. Cette « avance » est conservée une partie de l'année 2008[34].

Au printemps 2008, les relations entre Sarkozy et Fillon semblent à nouveau se tendre du fait de la constitution par l'Élysée d'un groupe des sept ministres chargés de relayer la parole présidentielle[35],[36].

En novembre 2009, François Fillon reçoit son homologue russe Vladimir Poutine en visite officielle à Paris et le partenariat entre la France et la Russie se traduit à cette occasion par la signature de nombreux accords commerciaux dans les domaines de l'énergie, de la défense et de l'automobile[37]

Le , alors que la France doit réduire de cinq points son déficit public en trois ans, il évoque pour la première fois une politique de « rigueur », à laquelle échappent « le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche »[38], précisant quelques jours plus tard qu'il s'agit d'une « politique de rigueur s'agissant de la dépense » et non pas « une politique économique de rigueur »[39]. À l'automne 2010, alors que le ministre du Travail Éric Woerth est affaibli par l'affaire Bettencourt, il reprend la main sur la réforme des retraites[40]. Par ailleurs, confirmant selon l'opposition l'existence de certaines pratiques concernant l'Affaire Woerth-Bettencourt, les services de Matignon rappellent début novembre au Ministère de l'Intérieur les principes encadrant les écoutes de journalistes, François Fillon affirmant à l'Assemblée : « L'intérêt national commande l'action des services de renseignement dans le strict respect des libertés publiques »[41].

Fin juin, le , le député UMP Yannick Favennec annonce sur Twitter un remaniement pour octobre 2010[42]. Il s'ensuit une compétition entre plusieurs candidats supposés au remplacement de François Fillon, en particulier Jean-Louis Borloo et Michèle Alliot-Marie, tandis que le 3 novembre, l'hôte de Matignon fait implicitement savoir qu'il souhaite rester à la direction du gouvernement en vantant son bilan social et en affirmant : « Je crois à la continuité de notre politique réformiste parce qu'on ne gagne rien à changer de cap au milieu de l'action et parce que le redressement de la France réclame de la durée »[43].

Gouvernement Fillon III[modifier | modifier le code]

François Fillon, lors d'un meeting de l'UMP, le .

Sa démission est acceptée le au soir par le président de la République[44] qui le reconduit à son poste le lendemain. Le nouveau gouvernement, composé de 31 membres, signe le retour d'Alain Juppé et de Xavier Bertrand, ainsi que le départ de plusieurs ministres, dont Éric Woerth et plusieurs personnalités d'« ouverture », comme Bernard Kouchner, Jean-Marie Bockel ou Fadela Amara ; il est qualifié de gouvernement « estampillé RPR » par l'opposition et une partie des élus du Nouveau Centre et du Parti radical, qui s'estiment lésés avec le départ de Hervé Morin[45], de Jean-Louis Borloo et de plusieurs des leurs, et ce malgré la nomination de Michel Mercier au ministère de la Justice et l'arrivée de Maurice Leroy au ministère de la Ville[46]. Pour la presse française et étrangère, ce changement de gouvernement marque un « rééquilibrage des pouvoirs au profit du Premier ministre »[47],[48],[49]. Le , le Premier ministre tient un discours de politique générale à l'Assemblée nationale, dans lequel il affirme que « l'impopularité d'un jour peut devenir l'estime du lendemain » ; lors du vote de confiance qui suit cette déclaration, le nouveau gouvernement obtient la confiance de 326 députés contre 226[50]. Certains commentateurs présentent alors François Fillon comme un « hyper-Premier ministre », formule que celui-ci juge immédiatement « dérisoire »[51].

Ce gouvernement subit un remaniement le , sa nouvelle composition étant annoncée par Nicolas Sarkozy lors d'une allocution télévisée. Au poste de ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé remplace Michèle Alliot-Marie, mise en cause dans les médias pour ses vacances en Tunisie fin décembre 2010 dans le contexte d'une révolte populaire qui allait renverser le président Ben Ali au mois de janvier 2011, tandis qu'à l'Intérieur, Claude Guéant remplace Brice Hortefeux. Ce même mois de février 2011, François Fillon n'échappe pas à une polémique, en indiquant avoir été invité à Noël 2010 par le président égyptien Moubarak pour passer une semaine de vacances en famille aux frais de l'État égyptien[52]. Lors de ce voyage, il s'était rendu à la cathédrale d'Assouan pour manifester la solidarité de la France vis-à-vis de la communauté copte d'Égypte, visée par un attentat à Alexandrie pendant la nuit du Nouvel An[53], les protestations consécutives à cet attentat constituant un prélude aux émeutes nationales amenant au départ du président Moubarak, le 11 février 2011.

À la suite du premier tour des élections cantonales de mars 2011, qui ont vu une poussée du Front national, il défend l'instauration d'un « Front républicain » contre le FN en se démarquant des responsables UMP Jean-François Copé et Xavier Bertrand mais aussi, selon certains observateurs, de Nicolas Sarkozy, en déclarant : « En cas de duels PS-FN, il faut voter contre le FN »[54]. Début septembre 2013, il nuance cette position en considérant qu'il faut voter pour « le moins sectaire », en reconnaissant « qu'il peut arriver » qu'un candidat PS le soit plus qu'un candidat FN[55].

Le , le Premier ministre, lors d'une conférence de presse tenue à l'hôtel Matignon, présente un plan d'économies de 12 milliards d'euros pour 2011 et 2012, afin de compenser le ralentissement de la croissance économique. Il annonce notamment l'instauration d'une taxe exceptionnelle sur les revenus fiscaux supérieurs à 500 000 euros par an, une modification de la taxation des plus-values immobilières, une hausse des prélèvements sociaux sur les revenus du capital, l'augmentation des prix du tabac, de l'alcool, des boissons avec des sucres ajoutés[56].

En , François Fillon annonce sa décision de quitter la Sarthe de sorte à présenter sa candidature aux élections législatives à Paris, en 2012[57].

Le , il est chargé d'exercer les fonctions de ministre de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement du fait de la démission de Nathalie Kosciusko-Morizet nommée porte-parole de Nicolas Sarkozy.

Le , à la suite de la victoire de François Hollande à l'élection présidentielle, il remet la démission de son gouvernement au président Nicolas Sarkozy, qui le démet de ses fonction le jour même[2], mais le charge néanmoins d'expédier les affaires courantes jusqu'à la nomination de son successeur. Le , Jean-Marc Ayrault lui succède en devenant le nouveau Premier ministre.

L'après-Matignon (depuis 2012)[modifier | modifier le code]

Pour les élections législatives, il est « parachuté » dans la deuxième circonscription de Paris et choisit Dominique Stoppa-Lyonnet pour être sa suppléante[58]. Le 23 mai 2012, François Fillon annonce qu'il sera candidat à la présidence de l'UMP lors du prochain congrès prévu à l'automne[59]. Lors du premier tour des législatives le 10 juin 2012, il obtient 48,62 % des suffrages contre 33,88 % à son principal concurrent Axel Kahn investi par le Parti socialiste[60]. Le 17 juin, il l'emporte au second tour avec 56,46 % des voix et devient ainsi député de la 2e circonscription de Paris[61]. Avant d'être élu député, François Fillon crée une société de conseil dénommée 2 F Conseil, l’article 146-1 du code électoral lui interdisant cette création une fois élu[62].

Le , François Fillon annonce sa candidature officielle à la présidence de l'UMP. Sa campagne est perturbée par un accident de scooter survenu à Capri, le 30 juillet 2012, alors qu'il est l'invité de Luca di Montezemolo[63], puis par un calcul rénal. Donné largement favori tout au long de la campagne par les sondages auprès des sympathisants, il revendique sa victoire, tout comme Jean-François Copé, son adversaire, au soir de l'élection qui laisse apparaître des résultats extrêmement serrés et des anomalies lors du vote. Ce différend donne lieu à une tempête politique et médiatique qui laisse pronostiquer ou craindre à de nombreux commentateurs l'éclatement de l'UMP. Après la confirmation par la Commission nationale des recours — contestée dans sa composition par le camp Fillon — de la victoire de Jean-François Copé, puis d'une médiation avortée d'Alain Juppé, François Fillon et ses partisans évoquent la possibilité de la création d'un groupe parlementaire distinct et de recours en justice[64],[65]. Après une médiation de Nicolas Sarkozy et une entrevue infructueuse entre les deux concurrents, François Fillon passe à l'acte en prenant la tête de soixante-neuf parlementaires réunis au sein du groupe parlementaire autonome baptisé Rassemblement-UMP dont les statuts sont déposés le 27 novembre, conservant cependant son rattachement financier à l'UMP[66]. Après la conclusion d'un accord avec Jean-François Copé, il dissout son groupe en janvier 2013.

Après avoir laissé planer le doute sur une éventuelle participation[67], François Fillon annonce le qu'il n'est pas candidat aux élections municipales de 2014 à Paris et apporte son soutien à Nathalie Kosciusko-Morizet[68].

Le 9 mai 2013, François Fillon a annoncé, lors d'un voyage officiel au Japon, qu'il serait candidat aux primaires UMP de 2017 en vue de l'élection présidentielle[69]. Pour rassembler ses soutiens et ses partisans, il met en place l'association Force républicaine, avec une antenne dans chaque département[70].

Idées et principales prises de position[modifier | modifier le code]

Pour le magazine Challenges, « si François Fillon est un vrai conservateur sur le plan sociétal, il est plutôt réformateur sur le plan économique. Tentative de réforme des universités – censurée par le Conseil constitutionnel – en 1993, au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Libéralisation de France Télécom en 1995, au ministère de la Poste et des Télécommunications. Assouplissement des 35 heures et première réforme des retraites en 2002, quand il est aux Affaires sociales »[71].

Économie, budget et fiscalité[modifier | modifier le code]

François Fillon adhère à un réformisme libéral. Pour plusieurs observateurs, l'homme est d'ailleurs plus libéral que son mentor Philippe Séguin[72],[73] (et que son « rival » de 2012, Jean-François Copé)[74]. Déclarant, quelques mois après son entrée en fonction comme Premier ministre, être « à la tête d'un État qui est en situation de faillite sur le plan financier, (…) qui est depuis 15 ans en déficit chronique, (…) qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis 25 ans », François Fillon est un partisan d'une maîtrise stricte des dépenses. Il s'engage alors publiquement à « amener le budget de l’État à l'équilibre avant la fin du quinquennat »[75], puis réitère cette même promesse en 2012 - en projetant cet équilibre à 2016[76] - et propose un référendum sur l'inscription de la règle d'or budgétaire dans la Constitution[77]. Durant son quinquennat, la perception de François Fillon se heurte à celle de Nicolas Sarkozy : « [Le président Sarkozy] pense en 2007 que la situation est très maîtrisable et qu'au fond, après les difficultés il y aura de nouveau de la croissance. Moi je pense qu'on est au contraire dans une crise structurelle très grave, qu'on a un problème de déficit qu'il faut résoudre. Et jusqu'à la crise de 2008, cette perception restera la mienne et ne sera pas celle du président de la République », déclarera-t-il en 2013[78]. En 2013, l'endettement de la France, aggravé par un « choc fiscal sans précédent », demeure l'une de ses préoccupations principales, puisqu'il diagnostique « une dette qui atteindra 95% du PIB en 2014 et une sortie de la France du classement des dix premières puissances à l'horizon 2020 si nous continuons sur le même rythme[79]. »

En défendant une politique de rigueur et une maîtrise de la dette, François Fillon est favorable à la suppression de l'impôt sur la fortune, qu'il considère comme une des causes de l’appauvrissement de la France. Selon lui, cet impôt décourage les entrepreneurs étrangers[80]. Cet impôt serait compensé par la création d’une tranche supérieure de l’impôt sur le revenu à 50 %, dans laquelle serait incluse la CSG. Il est favorable à la sortie définitive des 35 heures, pour « relancer la production », et souhaiterait le retour aux 48 heures (limite de temps de travail instaurée par la législation européenne)[81], en « décentralisant le dialogue sur l'organisation du travail au niveau des entreprises[79] ».

En 2013, il suggère de remplacer l'indemnisation du chômage par une indemnisation de formation avec « une dégressivité des allocations chômage pour inciter à la reprise de l'activité et l'obligation, pour le chômeur, d'accepter un emploi correspondant à la formation suivie »[82]. Il esquisse l'idée d'une TVA sociale en 2006 et souhaite, en 2012, l'instauration d'une « TVA compétitivité »[81].

Travail[modifier | modifier le code]

Au sujet des retraites, François Fillon est favorable au recul de l’âge légal - à 67 ans, laisse-t-il entendre en 2012[81]; puis à 65 ans, déclare-t-il en 2013[83]. En 2012, François Fillon émet l'idée de soumettre les allocataires de l’aide sociale à sept heures de travail par semaine, destinées aux collectivités[84]. Lors de la présidentielle de 2012, il déclare vouloir que chaque demandeur d'emploi se voit proposer une formation professionnelle et que chacun soit contraint d'accepter l'emploi qui lui sera proposé après cette formation (« Demain, on ne sera plus indemnisé pour rester chez soi », déclare-t-il alors)[76].

Organisation de l’État et place des corps intermédiaires[modifier | modifier le code]

François Fillon dénonce la faiblesse des corps intermédiaires et l'exiguïté d'un dialogue social insuffisamment cultivé dans l'histoire française. Il souhaite l'usage de nouveaux instruments destinés à responsabiliser la société civile et ses corps intermédiaires[85].

François Fillon est favorable à la réduction du nombre de fonctionnaires afin de réduire la dépense publique, en appuyant ainsi le principe du recrutement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite[82]. François Fillon envisagerait de faire travailler davantage les fonctionnaires en échange d’une revalorisation salariale[86]. François Fillon veut également réduire le nombre de statuts de fonctionnaires (de 300 à moins de 30)[87].

En 2013, François Fillon encourage une réforme de territoires pour réduire le nombre des salariés des collectivités locales[88]. Pour mettre en œuvre sa réforme territoire, François Fillon plaide pour une fusion entre départements et régions, ainsi qu'entre communes et communautés de communes[88] - idée écartée par le Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions en 2008[87].

Europe et affaires étrangères[modifier | modifier le code]

Opposant au traité de Maastricht aux côtés de Philippe Séguin en 1992[71], François Fillon se détourne de son mentor sur cette question à mesure qu'il se rapproche d’Édouard Balladur[73]. Souvent décrit comme un « européaniste de raison, plus que de conviction »[73], il plaide, au début des années 2010, pour « un ministre des finances commun aux pays de la zone euro » - la monnaie unique impliquant, selon lui, une politique monétaire unique[89]. François Fillon plaidera donc pour davantage d'intégration des politiques fiscale et budgétaire dans la zone euro - induisant ainsi des abandons de souveraineté, liés à la renégociation des traités européens[90].

François Fillon est favorable à un statut européen de la Russie, estimant que le partenariat entre la Russie et l'Union européenne s'est étiolé au fil des années, sans pour autant la voir entrer dans l'Union[91]. Ce partenariat politique et économique permettrait aux deux parts de davantage « peser face au continent asiatique »[92].

François Fillon est favorable à une confédération France-Allemagne et pour une zone euro renforcée[91].

Il s'est déclaré pour l'instauration « de règles strictes de réciprocité dans les échanges internationaux » et pour l'instauration d'une taxe aux frontières pour financer des d'investissements d'avenir[82].

Justice[modifier | modifier le code]

En 1981, François Fillon fait partie des 16 députés RPR (sur les 88) qui voteront pour le projet de loi d'abolition de la peine de mort[93],[94].

François Fillon est pour la généralisation des peines plancher. En 2012, il déclare vouloir le « développement de brigades fiscales chargées de lutter, dans les quartiers, contre les fraudeurs délinquants dont le train de vie est sans commune mesure avec les revenus déclarés »[95]. Il est pour l'interdiction de toute libération conditionnelle avant les deux-tiers de la peine[82].

Environnement[modifier | modifier le code]

François Fillon se définit comme « une sorte de positiviste qui croit en la science, la technologie et le progrès ». Il défend au sujet du gaz de schiste, comme premier ministre, la fin du moratoire sur l'interdiction d'explorer les sols, puis se rallie à Nicolas Sarkozy sur l'interdiction de l'exploitation par fracturation hydraulique[92]. Encourageant les recherches sur l’exploitation du gaz de schiste, il est favorable à une suppression du principe de précaution, qu'il souhaiterait voir remplacer par « un principe de responsabilité »[88].

Affaires sociétales[modifier | modifier le code]

En 1981, François Fillon, alors député, vote contre la dépénalisation de l'homosexualité (abrogation du 2e alinéa de l'article 331 du code pénal)[96],[97]. François Fillon s'oppose au PACS en 1999 et au mariage homosexuel en 2013, de nature, selon lui, à bousculer « l'héritage de notre modèle de société ». Il promet de le supprimer, déclare-t-il en 2012, quand la droite reviendra au pouvoir[98]. Lors des débats, il propose une version d'un « Pacs renforcé » sur la base d'une nouvelle « union civile »[99]. Il évoque, quelques semaines après, une « réécriture » du texte plutôt que son abrogation[100],[101].

François Fillon s'est déclaré contre l’assistance médicale à la procréation et la gestation pour autrui.

Immigration[modifier | modifier le code]

François Fillon s'est prononcé contre le droit de vote des étrangers[95], qui serait, selon lui, « une négation de la citoyenneté française et l'assurance d'avoir des comportements communautaristes dans nos villes »[102]. En 2013, il déclare qu'il y a trop d'immigrés en France - le pays ne pouvant, selon lui, accueillir tous ceux qui voudraient s'y installer. Il s'est prononcé pour un vote annuel du parlement pour définir le nombre d'entrants, les professions susceptibles d'être favorisées et les régions du monde pour lesquelles il faudrait fixer des quotas[103],[104]. Il est favorable à la création d'un « service public d'intégration » pour les immigrés - chargé d'aider mais aussi de sanctionner[105]. Souhaitant « mettre fin à l'automaticité de l'acquisition de la nationalité pour les enfants nés en France de parents étrangers » et « réserver les prestations sociales aux migrants légaux présents depuis plusieurs années sur le territoire »[106], il est favorable au retour à la loi Pasqua de 1993 (« Je voudrais aussi remettre en place l'idée de Charles Pasqua de demander aux jeunes nés en France de parents étrangers de choisir formellement la nationalité française à 18 ans, et ce, lors d'une cérémonie », déclare-t-il en 2012[107]. En 2012, François Fillon ne se déclare pas choqué par l'expression « racisme antiblanc », employée par Jean-François Copé[108]. François Fillon est partisan de réserver l'accès des prestations sociales aux migrants légaux, installés depuis plusieurs années sur le territoire[109].

Front national[modifier | modifier le code]

Alors que Nicolas Sarkozy préconise d'adopter la stratégie du « ni vote pour le Front national ni vote pour la gauche » lors des cantonales de 2011, François Fillon souhaite plutôt que son parti appelle à voter « contre le FN »[110]. Le Premier ministre considère alors que le Front national est en-dehors limites du « pacte républicain ». En septembre 2013, interrogé au sujet des consignes de vote en cas de duel PS / FN, il conseille de « voter pour le candidat le moins sectaire »[111] (provoquant une polémique jusque dans son parti), en précisant qu'il n'y aurait jamais de fusion des listes UMP / FN ; dans la perspective d'une reconquête politique, il affirme que désormais, « le redressement national commande de dépasser les clivages partisans et d'en appeler au bon sens de chaque citoyen[79] ». Le politologue Philippe Braud analyse ce changement de position dans le but de séduire un électorat qui s'est droitisé : « La base électorale et même la base des militants UMP est largement favorable à cette sortie du ni-ni »[112].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Fonctions au sein de partis politiques[modifier | modifier le code]

  • 1997 : secrétaire national du RPR, chargé des Fédérations
  • 1998 : porte-parole de la commission exécutive du RPR
  • Secrétaire national du RPR (1999) ; conseiller politique auprès de la présidente du RPR (1999 - 2001)
  • 2002 : membre fondateur de l'Union en Mouvement, rédacteur du projet de l'Union en Mouvement (« Notre vision pour la France ») et du programme de l'UMP pour les élections législatives de 2007. Il a également fondé un club regroupant ses partisans, l’association France.9. Il préside également depuis cette date la fédération UMP de la Sarthe[113]
  • 2004 - 2007 : conseiller politique à l'UMP

Fonctions électives locales[modifier | modifier le code]

Fonctions parlementaires[modifier | modifier le code]

À l’Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

Au Sénat[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Loisirs et passions[modifier | modifier le code]

Passionné par la course automobile depuis son adolescence, François Fillon admire les Austin Healey et le pilote Jacky Ickx. Plus tard, à la fin des années 1990, alors président du Conseil général de la Sarthe, il rachète le circuit des 24 heures du Mans et crée une société d'économie mixte pour organiser la course, avec comme directeur Bruno David. Il prend à cette époque ses premières leçons de pilotage avec les moniteurs de l'Automobile Club de l'Ouest. François Fillon participe à la course du Circuit Bugatti au volant d'une Peugeot 908, en 2003, aux 24 Heures du Mans Classic avec Henri Pescarolo, sur Ferrari 275 GTB, et ensuite au Spa Classic sur le circuit de Spa-Francorchamps au volant d'une BMW M1 puis d'une Alfa Romeo 1 300 cm3 ; et il rêve toujours d'essayer une Formule 1[115]. Il est membre du comité de direction des 24 Heures du Mans et de l'Automobile Club de l'Ouest. Partisan d'un Grand Prix de Formule 1 en France[116], il met en place en 2009 une commission « Grand Prix de France » pour ramener la Formule 1 en France à partir de 2011[117].

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Décret du 17 mai 2007 portant nomination du Premier ministre
  2. a et b Décret du 10 mai 2012 relatif à la cessation des fonctions du Gouvernement
  3. Le Who's Who In France (éd. 2006) indique François Charles Amand Fillon. Amand était le prénom de son grand-père paternel
  4. http://www.liberation.fr/monde/0101596361-fillon-rend-visite-au-pape
  5. http://www.franceinter.fr/chro/edito/94686
  6. Entretien de François Fillon pour le journal Sport-Auto, août 2013.
  7. Il rédige entre autres, une note biographique sur le général Franco et une note consacrée au déraillement du train « El Cuervo », à l'origine de la mort de 76 personnes en juillet 1972 ; il interviewe Danielle Darrieux à Madrid, et couvre les courses de tauromachie.
  8. a, b et c Christine Kelly, « Les drames et les blessures », L'Express « Les secrets sur la jeunesse de François Fillon », no 2941,‎ 14 novembre 2007 (lire en ligne)
    Article reprenant la biographie écrite par Christine Kelly.
  9. Premier ministre | Portail du Gouvernement
  10. Pénélope et François Fillon, article de www.parismatch.com, 13 octobre 2010.
  11. Journal des débats de l'assemblée nationale, 20 décembre 1981
  12. Dépénaliser l'homosexualité ? En 81, Fillon disait non - Europe1.fr - Politique
  13. http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/1996/96-378-dc/decision-n-96-378-dc-du-23-juillet-1996.10818.html
  14. B. MÉNARD, « Les nouveaux développements de la collaboration interrégionale entre la Bretagne et les Pays de la Loire », Les Échos, 12/10/1998
  15. « Fillon arrive à Matignon animé d'une forte ambition réformatrice », La Tribune, 18 mai 2007
  16. Élections régionales de 2004 - résultats dans les Pays de la Loire sur le site du ministère de l'Intérieur.
  17. Résultats définitifs, sur le site du Conseil constitutionnel (France).
  18. Le Monde, 4 juin 2005.
  19. La France peut supporter la vérité, 2006, éd. Albin Michel
  20. Les Échos, 18 mai 2007
  21. [PDF] extrait du livre La France peut supporter la vérité, page 8
  22. Lors de l'émission À vous de juger d'Arlette Chabot sur France 2, 27 avril 2006.
  23. « Un "gaulliste social" à la tête du gouvernement », Libération, 17 mai 2007
  24. Le Monde, 7 mars 2007.
  25. JT de 20 h de TF1, 18 mai 2007
  26. Une hyperprésidence qui bouscule les ministres Le Figaro 07/11/2007
  27. Et Libération titre « à quoi sert Fillon » ; cité par C. Kelly, ibid, p. 321
  28. Bruno Jeudy, « Sarkozy place Claude Guéant sur le devant de la scène », LeFigaro.fr, 14 octobre 2007.
  29. article sur son blog
  30. Fillon cultive sa popularité au Salon (de l'agriculture), Libération, 29 février 2008
  31. « Chute de la cote de Sarkozy, dépassé par Fillon, selon l'Ifop » Le Point 19/01/2008
  32. « La cote de popularité de l'exécutif au cours des dix premiers mois d'exercice de 1974 à 2008 », Le Monde, 25 février 2008
  33. (en) Times 22/04/2008: Nicolas Sarkozy: what a difference a year makes, The Times, 22 april 2008
  34. Sondage Ifop de mai 2008, Le Journal du dimanche
  35. « Un G7 au service de Sarkozy », Le Journal du dimanche, 23 mai 2008.
  36. « Le “septuor” sarkozyste peine à trouver son rythme », Le Figaro, 13 juin 2008.
  37. "Rencontre Fillon-Poutine : une puissante dynamique franco-russe", Jean-Pierre Thiollet, France-Soir, 28 novembre 2009 Rencontre Fillon - Poutine : Une puissante dynamique franco-russe - Le blog de SABAKA
  38. « Au Japon, Fillon évoque la “rigueur” et vante la monnaie unique », Le Monde, 16 juillet 2010.
  39. « Rigueur dans la dépense mais pas rigueur économique, dit Fillon », Le Point, 19 juillet 2010
  40. « Retraites: Fillon appelé à la rescousse », Le Figaro, 6 septembre 2010.
  41. Écoutes : Fillon s'explique à l'Assemblée Europe 1, 10 novembre 2010
  42. Un remaniement très attendu Sarkozy envisage un remaniement du gouvernement en octobreL'Express, 30 juin 2010
  43. « Remaniement - Fillon candidat à sa propre succession », Le Point, 3 novembre 2010.
  44. Sarkozy a accepté la démission du gouvernement et mis fin aux fonctions de Fillon - Le Point
  45. « Remaniement - Hervé Morin s'en va et dénonce une “équipe de campagne électorale UMP” », Le Point, 14 novembre 2010.
  46. « L'ancrage à droite du nouveau gouvernement Fillon », Ouest-France, 15 novembre 2010.
  47. « La grande revanche de François Fillon », Nord éclair, 15 novembre 2010.
  48. « L'hyperprésident rentre dans le rang », Tribune de Genève, repris par Courrier international, 15 novembre 2010.
  49. (de) « Staatsmann statt Pokerspieler » (Un homme d'État, et pas un joueur de poker), Süddeutsche Zeitung, 15 novembre 2010.
  50. « Fillon reçoit la confiance des députés », Le Figaro, 24 novembre 2010.
  51. « François Fillon : “Hyper-Premier ministre, quelle formule dérisoire !” », Le Point, 16 novembre 2010.
  52. Fillon et sa famille invités en Égypte aux frais de Moubarak Le Figaro, 08/02/2011
  53. Attentat d'Alexandrie: François Fillon s'est rendu à la cathédrale d'Assouan Le Point, 02/01/2011
  54. « Front républicain : Fillon contredit Sarkozy », Le Monde, 21 mars 2011.
  55. Jean-Baptiste Garat, « PS-FN : François Fillon chamboulle le "ni-ni" », in Le Figaro, mardi 10 septembre 2013, page 4.
  56. « Fillon présente son plan de rigueur », Le Point, 24 août 2011.
  57. « François Fillon confirme qu'il sera candidat à Paris en 2012 », le Figaro, 10 octobre 2011
  58. Législatives : François Fillon a choisi sa suppléante, Le Figaro, 16 mai 2012.
  59. François Fillon sera candidat à la présidence de l'UMP.
  60. Résultats des élections législatives de 2012 sur le site du Ministère de l'Intérieur.
  61. Résultats de la 2e circonscription de Paris sur le site de l'Assemblée nationale.
  62. François Krug, « Comment le député Fillon est devenu consultant VIP », Rue89,‎ 29 août 2012 (lire en ligne)
  63. « Fillon se fracture un pied dans un accident de scooter à Capri », Le Figaro, 30 juillet 2012.
  64. L'UMP face au spectre de la scission
  65. UMP : l'heure de la scission ? - Libération
  66. Geoffroy Clavel, Financements : Fillon et ses amis resteront rattachés à l'UMP, 28/11/2012, article en ligne
  67. Les fillonistes face au mystère Fillon, Le Figaro, 25 février 2013.
  68. François Fillon : "NKM est une excellente candidature pour Paris", Le Monde, 26 février 2013.
  69. Primaire de l'UMP : Fillon sera candidat "quoi qu'il arrive"
  70. Force républicaine.
  71. a et b La face cachée de François Fillon, le probable futur président de l'UMP sur challenges.fr du 12 octobre 2012
  72. UMP : Au-delà des postures, quelles différences idéologiques entre Copé, Fillon et Juppé ? Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/ump-differences-ideologiques-entre-cope-fillon-et-juppe-josee-pauchat-michael-darmon-carole-barjon-407650.html#iDOQPJ3j4QwK1HHO.99 sur atlantico.fr du 3 juillet 2012.
  73. a, b et c Infographie : dans la tête de François Fillon sur rue89.com du 16 novembre 2012
  74. Copé - Fillon, le jeu des cinq différences sur slate.fr du 20 septembre 2012.
  75. Fillon affirme être à la tête d'un État en "faillite" sur google.com, article AFP, du 22 septembre 2007
  76. a et b Castres. Fillon défend le bilan du quinquennat sur ladepeche.fr du 4 mai 2012.
  77. Règle d'Or: Fillon pour un référendum après l'élection présidentielle sur Huffingtonpost.fr du 14 février 2012.
  78. Fillon ouvre la première page du bilan Sarkozy sur lefigaro.fr du 3 mai 2013.
  79. a, b et c Discours de François Fillon à Nice, le 13 septembre 2013.
  80. François Fillon: "L'assommoir fiscal tue l'économie" sur Parismatch.com du 27 août 2013.
  81. a, b et c Le vrai visage de François Fillon sur lexpress.fr du 27 août 2012.
  82. a, b, c et d Fillon invite les Français à débattre de ses propositions pour la France sur 24 juillet 2013
  83. ttp://www.parismatch.com/Actu/Politique/Francois-Fillon-L-assommoir-fiscal-tue-l-economie-525526 François Fillon : "L'assommoir fiscal tue l'économie"] sur parismatch.com du 27 août 2013.
  84. UMP : Les « trois pactes » de François Fillon sur 20minutes.fr du 26 septembre 2012.
  85. Déclaration de M. François Fillon, ministre des affaires sociales, du travail et de la solidarité, sur la réforme sur le plan économique et social, Paris le 21 janvier 2003
  86. François Fillon : "Il faut des réformes radicales" sur bfmtv.com du 22 août 2012
  87. a et b Le vrai visage de François Fillon sur lexpress.fr du 27 août 2012
  88. a, b et c François Fillon: "L'assommoir fiscal tue l'économie" sur parismatch.com du 27 août 2013
  89. François Fillon, désormais Européen convaincu sur lemonde.fr du 26 avril 2013
  90. Fillon, le combat européen d'un ancien «noniste» sur lefigaro.fr du 5 décembre 2011
  91. a et b François Fillon pour un "statut européen" de la Russie sur russie.aujourdhuilemonde.com du 21 mars 2013
  92. a et b Fillon, 35 propositions pour marquer et se démarquer sur lexpress.fr du 25 juillet 2013
  93. L'abolition de la peine de mort à l'Assemblée nationale sur fresques.ina.fr
  94. Débats de l'Assemblée nationale sur le projet de loi d'abolition de la peine de mort (17 et 18 septembre 1981) sur assemblee-nationale.fr
  95. a et b UMP: Les «trois pactes» de François Fillon sur 20minutes.fr du 26 septembre 2012
  96. Quand Fillon votait contre la dépénalisation de l'homosexualité et le PACS… sur midilibre.fr du 31 janvier 2013
  97. Dépénaliser l'homosexualité ? En 81, Fillon disait "non" sur europe1.fr du 1er février 2013
  98. Mariage pour tous : pourquoi la droite aura du mal à réécrire la loi sur francetvinfo.fr du 18 mai 2005
  99. Mariage pour tous: François Fillon appelle François Hollande à «ne pas passer en force» sur 20minutes.fr du 11 janvier 2013
  100. Abroger, adapter, laisser faire : le dilemme de l'UMP sur l'avenir du "mariage pour tous" sur lemonde.fr du 24 avril 2013
  101. Mariage pour tous: la droite est en train de lâcher l'idée de revenir dessus en 2017 sur lexpress.fr du 19 avril 2013
  102. Castres. Fillon défend le bilan du quinquennat sur La Dépêche du 4 mai 2012.
  103. France has too many immigrants, says François Fillon sur Telegraph du 7 juin 2013.
  104. UMP : Les « trois pactes » de François Fillon sur 20 minutes du 26 septembre 2012.
  105. Le vrai visage de François Fillon sur l'Express du 27 août 2012.
  106. Fillon invite les Français à débattre de ses propositions pour la France sur BFM TV 24 juillet 2013.
  107. François Fillon : "Il faut des réformes radicales" sur BFM TV du 22 août 2012.
  108. UMP : Les « trois pactes » de François Fillon sur 20 minutes du 26 septembre 2012.
  109. Fillon, 35 propositions pour marquer et se démarquer sur l'Express du 25 juillet 2013.
  110. Fillon ouvre la première page du bilan Sarkozy sur lefigaro.fr du 3 mai 2013
  111. Le Point du 8 septembre 2013.
  112. « Fillon, un changement de stratégie pour séduire la base de l'UMP », in ladepeche.fr, 14 septembre 2013.
  113. Fillon réélu à la tête de l’UMP Sarthe, Le Maine libre, 20 novembre 2010
  114. décret du 17 mai 2007
  115. Entretien de François Fillon à Sport-Auto, août 2013.
  116. Le gouvernement fera tout pour qu'il y ait le plus vite possible un Grand Prix en France depêche de l'AFP, mai 2008.
  117. L'article d’Autoplus sur le sujet.
  118. Depuis le décret du 21 novembre 2008 (Décret no 2008-1202 du 21 novembre 2008 modifiant le code de la Légion d'honneur et de la médaille militaire, paru au Journal officiel du 22 novembre 2008 (texte 1): « La dignité de grand officier appartient de plein droit aux anciens Premiers ministres qui ont exercé leurs fonctions durant deux années au moins ».
  119. Le Figaro, 7 mai 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  1. .
  2. ibid.
  3. ibid. et article de L'Express du 14 novembre 2007[8].
  4. ibid, p. 193
  5. ibid, p. 204-205
  6. ibid, p. 223
  7. ibid, p. 230
  8. ibid, p. 235
  9. ibid, p. 238
  10. ibid, p. 241
  11. ibid, p. 251
  12. ibid, p. 253
  13. ibid, p. 268, reprenant les propos tenus dans l'édition du Monde du 3 juin 2005
  14. ibid, p. 273
  15. ibid, p. 285-286
  16. ibid, p. 288
  17. ibid, p. 296
  18. ibid, p. 300-301
  19. ibid, p. 318
  20. ibid, p. 324

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]