Marianne (magazine)

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Marianne
Image illustrative de l'article Marianne (magazine)

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Genre Presse généraliste
Prix au numéro 3 €
Diffusion 204 648[1] ex. (2013)
Fondateur Jean-François Kahn
Maurice Szafran
Date de fondation 1997
Ville d’édition Paris

Directeur de la rédaction Joseph Macé-Scaron
ISSN 1275-7500
Site web Le Nouveau Marianne

Marianne est un magazine d'information hebdomadaire français créé par Jean-François Kahn et Maurice Szafran en 1997. Il est refondu et rebaptisé Le Nouveau Marianne à partir du 29 juin 2013[2].

Ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

Le titre reprend celui de Marianne, un ancien journal politique et littéraire orienté à gauche qui fut publié à Paris dans les années 1930. Le Marianne actuel combat ce qu'il nomme la pensée unique. Il se veut selon l'expression de Jean-François Kahn centriste révolutionnaire. Volontiers iconoclaste et provocateur, Marianne reste boudé par les publicitaires, accordant sur l'année 2006 environ 7 % de ses pages à la publicité[3][réf. insuffisante] pour 5 % des recettes de l’hebdomadaire, alors que les ventes et abonnements rapportent 95 % de ses recettes. Cette situation qui assure à Marianne son indépendance, lui vaut cependant d’être rejeté par une partie du milieu médiatique (Pascale Clark l'a exclu[réf. nécessaire] deux ans et demi de sa revue de presse sur France Inter). La rédaction respecte strictement le principe de protection des sources d'information des journalistes.

Marianne se définit comme un journal républicain, qui combat à la fois ce qu'il nomme le gauchisme soixante-huitard, ainsi que la mondialisation néolibérale[4]. Il soutient la liberté d'entreprendre et le marché mais rejette le dogmatisme économique qu'il attache au monétarisme et au néolibéralisme. Il soutient en revanche un libéralisme régulé[réf. nécessaire], des monopoles d’État dans des secteurs clés où il pense que le service public doit primer.

Lors de la campagne pour le référendum sur le projet de constitution européenne de 2005, Marianne se targue d'être le seul grand média national à ne pas faire exclusivement campagne pour le oui, mais à organiser un débat réellement contradictoire. Une consultation interne organisé par la rédaction donna 66% des journalistes pour le Non et 34% pour le oui. Il soutient la construction européenne, mais là encore, à condition qu’elle soit suivie par les peuples, et qu’elle ne soit pas l’instrument du libéralisme des années 1990-2000 qu’il nomme turbo-capitalisme.

Marianne tient à jour un baromètre du chômage, qui additionne au chômage officiel les personnes qu'il estime en recherche d'emploi mais non-comptabilisées car ne répondant pas aux critères du Bureau international du travail (BIT) : chômeurs à temps partiel, en préretraite, en formation et Contrat emploi-solidarité (CES). Ce baromètre double presque les chiffres officiels.

Le 14 février 2008, le journal lance l'« Appel du 14 février » pour une vigilance républicaine signé par 17 personnalités politiques de tous bords[5] réaffirmant leur attachement aux principes républicains, à la laïcité, à l'indépendance de la presse, et leur attachement aux grandes options ayant guidé la politique étrangère de la France depuis cinquante ans. Parmi ces personnalités on peut citer notamment Dominique de Villepin, Ségolène Royal et François Bayrou.

Le magazine propose également une version web intitulée Marianne 2, renommée tout simplement Marianne en 2012, puis marianne.net en 2012, conçue et dirigée par Philippe Cohen (décédé en octobre 2013) jusqu'à ce que celui-ci soit poussé à la démission par Maurice Szafran suite à la biographie de Jean-Marie Le Pen coécrite avec Pierre Péan. Biographie pour laquelle les deux auteurs ont été mis en examen pour diffamation en septembre 2013. Quoi qu'ayant perdu plus de la moitié de ses visiteurs depuis le retrait de Philippe Cohen, Marianne.net continue à accueillir des « blogers invités » tels que Élie Arié, Jacques Sapir, Philippe Bilger ou Coralie Delaume.

En juin 2011, lors des élections au comité d'entreprise, la liste SNJ-CGT diffuse un tract dénonçant « la forte augmentation des cinq plus hauts salaires de l'entreprise (87 % sur cinq ans) et l'importance des notes de frais de ces dirigeants (d'un montant total de 280 000 euros pour l'année 2012) »[6].

En avril 2012, la rédaction de Marianne publie les résultats sur les intentions de vote des journalistes de l'hebdomadaire en vue de la présidentielle française : François Hollande obtient 40 % des suffrages devant Jean-Luc Mélenchon (31,7 %), François Bayrou et Nicolas Dupont-Aignan arrivent 3e ex-æquo avec 8,3 %. Trois candidats n'obtiennent aucun suffrage: Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen et Nathalie Arthaud[7].

À compter du 29 juin 2013, le magazine est totalement refondu et prend le nom de Le Nouveau Marianne. Il reste sous la direction de Maurice Szafran qui déclare vouloir faire un magazine avec une maquette « pédagogue » et un contenu entre « papiers courts et articles longs, sans papiers de taille moyenne »[2].

Fin 2013, sous la pression de Yves de Chaisemartin et de la baisse des ventes du titre, Maurice Szafran et Laurent Neumann sont écartés et la direction de l'hebdommadaire est remaniée[8],[9].

Tirage[modifier | modifier le code]

Début 2005, le magazine revendique 220 000 exemplaires vendus en moyenne, avec une pointe au mois d'août de 258 000 exemplaires ; il clôt l’année en atteignant les 300 000 exemplaires.

Deux tirages exceptionnels dépassent les 500 000 exemplaires, dont celui du samedi 14 avril 2007, soit une semaine avant le premier tour de l'élection présidentielle française de 2007, où le magazine publie un article proposant de dévoiler « le vrai visage » de Nicolas Sarkozy[10].

Depuis l'élection présidentielle de 2012, le journal peine à redéfinir sa ligne éditoriale et connaît une crise de ses ventes (– 9,6% en 2012) et de ses revenus (3 millions d'euros de pertes prévues en 2013). Le PDG Maurice Szafran annonce sa démission le 6 novembre 2013, allégant une divergence stratégique avec d'autres actionnaires. Appelé à l'aide par les actionnaires pour redresser la situation, Jean-François Kahn anime la rédaction du Nouveau Marianne, conçu par lui, de juin à décembre 2013 avant de passer le relais à Joseph Macé-Scaron[11].

Répartition du capital[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2005, le principal actionnaire était Robert Assaraf (49,38% du capital)[12], également président du conseil de surveillance de Marianne[13]. Les principaux actionnaires sont aujourd'hui :

Subventions de l'État[modifier | modifier le code]

Selon le ministère de la culture et de la communication, Marianne a perçu 1 504 222 euros d'aides financières de l'État en 2012[14].

Signatures[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Diffusion totale [1]
  2. a et b « Jean-François Kahn ne prendra pas la tête du nouveau Marianne », L'Express, Anne-Yasmine Machet, mis en ligne le 21 juin 2013.
  3. « Stratégies », sur Marianne.net,‎ 16/11/2006, p. 7 % de la publicité
  4. Jean-François Kahn, Pourquoi nous vous proposons de nous rejoindre,‎ 2007, rejet à la fois de l’orthodoxie néolibérale oppressive et de la rhétorique néo-soixante-huitarde destructrice
    Passage extrait d’une publicité d’appel à l’abonnement
  5. « L'Appel républicain de Marianne » dans Marianne nº 565 du 16 février 2008.
  6. Article Arrêt sur image : « Marianne, ses (très) hauts salaires, et sa déléguée syndicale poussée vers la sortie ».
  7. Article Arrêt sur image : « Hollande, préféré de Marianne. Et du Monde ? ».
  8. Maurice Szafran quitte la direction de "Marianne" sur fond de crise
  9. "Marianne" : Laurent Neumann licencié et Joseph Macé-Scaron promu
  10. « Le Vrai Sarkozy » Sur le site marianne2007
  11. Maurice Szafran quitte ses fonctions de PDG de "Marianne", Le Monde, 6 novembre 2013.
  12. "Marianne" cherche à se développer et à rester indépendant, Le Monde, 12 septembre 2005.
  13. La Gazette du Maroc, 31 janvier 2005.
  14. « Tableau des montants totaux d’aides pour les 200 titres de presse les plus aidés », sur culturecommunication.gouv.fr,‎ 13 décembre 2013 (consulté en 21 décembre 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]