Années 1970

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Années:

1970 - 1971 - 1972 - 1973 - 1974
1975 - 1976 - 1977 - 1978 - 1979

Décennies:

1950 1960 - Années 1970 - 1980 1990

Siècles:

XIXe siècle - XXe siècle - XXIe siècle

Millénaires:

Ier millénaire - IIe millénaire - IIIe millénaire

Les années 1970 couvrent la période de 1970 à 1979.

Événements[modifier | modifier le code]

Guerres et conflits[modifier | modifier le code]

Géopolitique[modifier | modifier le code]

Catastrophes naturelles[modifier | modifier le code]

Cyclones et ouragans[modifier | modifier le code]

Le cyclone de Bhola, novembre 1970.
  • Le cyclone de Bhola (12 novembre 1970, Asie) est le plus meurtrier de l'histoire. Il toucha l'actuel Bangladesh (villes de Chittagong, Khulnâ) et provoqua une submersion marine et une marée de tempête. Il y eut environ 400 000 victimes[4].
  • Les 18 et 19 juin 1972, l'Ouragan Agnès toucha la Floride aux sud-est des États-Unis et fit 122 victimes et l'équivalent de plus de 3 milliards d'euros de dégâts[4].
  • Le 20 novembre 1977, un cyclone tropical en Inde, à Andrah Pradesh fit environ 10 000 victimes[4].

Sécheresses[modifier | modifier le code]

Séismes[modifier | modifier le code]

  • Le 4 janvier 1970, un séisme au sud de la Chine (Yunnan) fit environ 10 000 victimes[4].
  • Le 31 mai 1970, un séisme au Pérou (Chimbote) provoqua un glissement de terrain qui fit environ 67 000 victimes[4].
  • Le 31 octobre 1971, en Inde, un séisme dans le Golfe du Bengale et à Orissa fit 10 800 victimes[4].
  • Le 1er mai 1974, en Chine, un séisme dans les Provinces de Sichuan et Yunnan fit plus de 10 000 victimes[4].
  • Le 4 février 1976, au Guatemala, un séisme à Guatemala-City fit environ 22 000 victimes[4].
  • Le séisme de 1976 à Tangshan, au nord-est de la Chine, les 27 et 28 juillet, fit plus de 240 000 à 290 000 victimes[4].
  • 16 septembre 1978, à l'est de l'Iran, un séisme dans la Région de Tabasfit environ 20 000 victimes[4].

Inondations[modifier | modifier le code]

  • En Septembre 1978, des inondations provoquées par la mousson en Inde firent environ 15 000 victimes[4].

Economie[modifier | modifier le code]

Personnages significatifs[modifier | modifier le code]

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Cinéma[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Voir également Groupe de musique des années 1970

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Décennie 1970 en arts plastiques.

En Tunisie, l'année 1972 est marquée par l'achèvement de la vaste campagne de restauration de la Grande Mosquée de Kairouan considérée comme l'une des œuvres majeures de l'architecture arabo-musulmane[6]. Les travaux, étalés sur cinq ans et placés sous le contrôle de la direction des monuments historiques de l'Institut national d'archéologie et d'art, concernent l'ensemble de l'édifice fondé en 670 et daté dans son état actuel du IXe siècle[7]. La restauration de la Grande Mosquée de Kairouan se termine par une cérémonie officielle lors de la célébration de la fête musulmane du mouled de 1972[6].

Économie & Société[modifier | modifier le code]

  • Les sociétés occidentales, après l’invention de la pilule contraceptive et avant que ne surgisse le virus du sida, c’est-à-dire pendant les années 1970, pratiquent un hédonisme certain, observe Dominique Sels : « les années soixante-dix cultivent l’amour libre, cette scène s’est refermée aujourd’hui. Le plaisir explose, on l’honore, on s’incline devant lui (...) ; comme si une rétroactivité pouvait s’appliquer, on veut se rattraper. »[8]. Cet hédonisme vaudra à la décennie le surnom de parenthèse enchantée[9].
  •  : Fin du « Gold Exchange Standard » : effondrement du système monétaire issu des accords de Bretton Woods en 1944.
    • Le président Richard Nixon décide l’inconvertibilité du dollar par rapport à l’or, suite aux tensions permanentes sur cette monnaie. Cette décision est prise sans consulter les partenaires (autres pays occidentaux et Japon).
    • Or le système monétaire international reconstruit à Bretton Woods en 1944 reposait sur deux piliers principaux. Un système de changes fixes entre monnaies (avec de très faibles marges de fluctuations) et la reconnaissance du dollar comme monnaie de réserve internationale (as good as gold), on a parlé de Gold Exchange Standard (étalon de change or). L’accumulation des déficits américains encore accrus par les dépenses afférentes à la guerre du Viêt Nam entraînait dans les années 1960 et dans les premières années de la décennie 1970 de très fortes pressions sur la monnaie américaine. Or sa fonction de monnaie de réserve mondiale gênait fort peu les États-Unis et ne les incitait pas à mieux contrôler leurs déficits.
    • Le dollar étant convertible en or, tout au moins dans les échanges entre banques centrales, le danger que les autres pays exigent la conversion en or de leurs excédents de dollars était sérieux, ce qui permet de comprendre la décision de Nixon.
    • Avec ce « Diktat » américain le système de Bretton Woods entrait en agonie, puisque la valeur de toutes les monnaies étaient déterminées par référence à un poids d'or, les pressions sur le dollar ne pouvaient qu’empirer, ce qui se produisit. Plusieurs réunions, notamment à Washington en décembre 1971 (accords de Washington du 18 décembre 1971) eurent lieu pour s’accorder sur une dévaluation de la devise américaine et tenter un replâtrage du système, en février 1973 la faiblesse du dollar conduisait à un réajustement des parités, insuffisant toutefois pour enrayer la poursuite de sa chute. En mars 1973 intervenait l’abandon de la fixité des taux de change des diverses monnaies par rapport à l’étalon dollar, ce qui permettait aux banques centrales des autres pays de cesser d’acheter du dollar pour maintenir sa parité, selon les règles du jeu du système en vigueur.
    • Un nouveau système monétaire international dit de « changes flottants » voyait donc le jour. Il est toujours en vigueur en 2004, même si depuis cette époque l’euro a fait son apparition.

Europe occidentale[modifier | modifier le code]

  • Augmentation importante de l'inflation. Inférieure à 5  % jusqu'en 1970, elle atteint 9,3  % en 1971, 16  % en 1974 et 25  % en 1975.
  • Processus de désindustrialisation au Royaume-Uni : en 1970-1979, 15 000 emplois sont supprimés dans la construction navale, 60 000 dans la sidérurgie, 57 000 dans l’extraction charbonnière, 250 000 dans le textile, 80 000 dans la construction automobile. La part de l’industrie dans la population active tombe à 38 % à la fin des années 1970 (48 % en 1961) alors que les services progressent de 47 à 58 % dans le même temps.

Bloc de l'Est[modifier | modifier le code]

  • Au début des années 1970, la Hongrie accroît ses contacts commerciaux et culturels avec les pays non communistes. On autorise l’économie à s’inspirer des principes d’économie libre ce qui profite à toute la population. Le niveau de vie des Hongrois se situe aux alentours de 80-90 % de la moyenne européenne dans les années 1970. Le salaire réel et la consommation des ménages ont triplé par rapport à l’avant-guerre et l’époque stalinienne.
  • Mesures économiques en Pologne : blocage des prix, augmentation des salaires, réduction de la durée de travail, extension de la sécurité sociale, construction de nouveaux logements. Le gouvernement Edward Gierek, pour relancer la croissance, met peu à peu en œuvre une profonde réforme économique en donnant une plus grande autonomie aux entreprises, en privatisant une partie du secteur commercial, en ouvrant plus largement le commerce extérieur vers l’Occident. La Pologne s’endette auprès des pays Occidentaux pour acheter des équipements et des brevets, comptant rembourser sa dette en exportant vers l’Ouest des articles manufacturés compétitifs grâce aux faibles salaires polonais. Mais la crise économique consécutive au choc pétrolier l’empêchera de réaliser ses objectifs, et il lui faudra se rabattre sur les marchés des pays socialistes et surtout de l’Union soviétique, où les transactions commerciales à partir de 1976 s’effectuent en unités de compte inconvertibles dont la valeur nominale s’apprécie au fur et à mesure de la dévaluation du dollar. La Pologne ne gagnera pas assez de devises fortes pour rembourser ses dettes (qui passent de 764 millions de dollars en 1971 à 7,4 milliards en 1975, 26 milliards en 1981) et sa croissance en sera bloquée (faute d’un approvisionnement régulier) avec des conséquences néfastes sur le niveau de vie.
  • En Union soviétique, une série de mesures sont prises pour essayer d’accroître les rendements agricoles : salaire mensuel pour les agriculteurs, techniques de gestion affinées, usage d’engrais et de machines, développement de l’irrigation, regroupement des petits fermiers des kolkhozes et renforcement des sovkhozes, grands centres d’exploitation agricole appartenant à l’État. Ces mesures, associées à des conditions météorologiques favorables, ont pour effet les moissons records en 1973, 1974 et 1976.
  • De 1979 à 1981, les mauvaises récoltes se succèdent en URSS. Elles bloquent les investissements. À la fin des années 1970, l’économie soviétique entre dans une crise structurelle : elle est confrontée à une raréfaction relative des ressources (main-d’œuvre et capital), dont les conditions d’utilisation se sont brutalement détériorées (le ratio constructions inachevées/investissement s’accroît). Les difficultés de la vie quotidienne augmentent (pénurie de logement, queue devant les magasins d’alimentation, rareté des articles manufacturés). Une couche sociale privilégiée (élite politique, militaire ou culturelle) apparaît. Les médiocres performances de l’économie en matière de service aux consommateurs favorisent le développement de la corruption à l’ère de la stagnation. L’économie souterraine se développe et les dirigeants d’entreprise impliqués fusionnent avec les hautes sphères du Parti et de l’appareil d’État, qui acceptent des pots-de-vin. Il s’ensuit une démoralisation, et les vols sur les lieux de travail se multiplient. Le contraste entre les comportements quotidiens et les valeurs socialistes développe le cynisme (taux de divorce élevé, alcoolisme). L’aggravation de la situation, dans un régime policé qui n’admet pas la contestation, se traduit par une apathie politique.

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

  • Sadate se rapproche de l’Occident et se tourne vers le libéralisme économique. L’Égypte bénéficie de nouvelles ressources : émigrés égyptiens travaillant dans le golfe Persique et l’Irak, réouverture du canal de Suez, tourisme. La croissance économique redémarre (7 % par an en moyenne entre 1972 et 1986).
  • Hafez el-Assad entreprend en Syrie une politique de libéralisation économique tout en conservant l’idéologie socialiste. Les importations étrangères sont pour partie autorisées, l’entreprise privée renaît.
  • Les importantes ressources financières que lui procure la hausse du pétrole en 1973 font de l’Iran la puissance dominante du golfe Persique ; l’armée se dote d’équipements modernes. Mais la politique de modernisation du chah inquiète des intérêts acquis, particulièrement ceux du clergé chiite qui attise le mécontentement populaire. Le régime se maintient grâce à une police brutale.
  • Les revenus de l’Arabie saoudite sont passés de 2 milliards de dollars en 1970 à 43 milliards en 1977. Les surplus de revenus sont investis dans les pays occidentaux sous forme de placements bancaires (recyclage des pétrodollars).

Asie[modifier | modifier le code]

  • Le premier choc pétrolier met un arrêt à la Haute croissance et ralentit l’expansion commerciale du Japon. Le taux de croissance du PIB est divisé par plus de deux (4 % par an entre 1973 et 1990).
  • Les investissements japonais à l’étranger passent de 10 à 80 milliards de dollars de 1974 à 1987.
  • En Corée du Sud, de 1973 à 1990, le PNB croit de 8,6 % par an, alors que la population n’augmente qu’au rythme de 1,5 %. L’agriculture et les mines n’augmentent que lentement, mais les secteurs de l’industrie (+12,6 % par an), du bâtiment, des transports et communications, des activités financières font preuve d’un dynamisme stupéfiant et entraîne l’ensemble de l’économie à la suite des changements structurels qui assurent leur prépondérance. La population active employée dans l’agriculture passe de 63 % à 18 % du total, au profit de l’industrie et des services. La proportion de la population active diplômée de l’enseignement secondaire passe de 14 % en 1970 à 38 % en 1990.
  • De retour au pouvoir, Deng Xiaoping aspire à une Chine puissante, respectée et modernisée. Pour cela il faut accélérer la croissance économique, sortir le pays de la pauvreté, multiplier les stimulants matériels, sans tomber dans le chaos et l’anarchie. Il tient à mettre un terme à la révolution culturelle, à la préférence accordée alors au militantisme au détriment de l’expertise. Son pragmatisme lui fait accorder une priorité absolue aux « quatre modernisations » définies par Zhou Enlai en 1973-1975. Nationaliste (pour les questions de Hong Kong et de Taïwan), Deng sait que la modernisation de la Chine passe par son ouverture : la technologie et les capitaux ne peuvent venir que de l’Occident. Mais pour éviter que le pays ne se disloque et ne cède à ses tentations centrifuges, il refuse une démocratisation qui ferait perdre au parti son monopole du pouvoir. Son programme consiste à transformer progressivement les bases économiques du système socialiste, tout en conservant une organisation politique léniniste.

Afrique[modifier | modifier le code]

  • 352 millions d’habitants en Afrique en 1970 (9,7 % de la population mondiale). 43 % de moins de 15 ans en moyenne.
  • Sécheresse au Mali (1970-1974). Elle est responsable d’environ 100 000 morts par sous-alimentation.
  • La dette publique extérieure s’élève en 1970 à 5 % du montant des exportations de biens et de services de l’Afrique subsaharienne (10,9 % en 1980 et 19,3 % en 1990, Afrique du Sud non comprise).
  • La dette publique extérieure s’élève en 1970 à 9,2 % du montant des exportations de biens et de services de l’Algérie (27,1 % en 1980 et 59,4 % en 1990 (Afrique du Sud non comprise).
  • Les exportations africaines représentent en 1970 2,4 % des exportations mondiales (1 % en 2000, dont 40 % pour le pétrole) ; la part de l’Afrique dans le commerce mondial passe de 4 % à 2 % entre 1970 et 1995.
  • 290 000 blancs en Angola, soit 5,1 % de la population.

Amérique latine[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

  • Le PNB des États-Unis (1 000 milliards de dollars) représente 30 % du PNB mondial en 1970. 23 milliards de déficit budgétaire. Le budget de la défense atteint 80 milliards de dollars.
  • Concentration urbaine : 75 % des Américains vivent sur 1,5 % du territoire. Réduction de la pauvreté qui passe de 22 % en 1960 à 12,5 % de la population.
  • Retour du mouvement fondamentaliste protestant américain. Il milite contre l’avortement, la permissivité sexuelle, le communisme et pour la prière à l’école publique, pour l’enseignement du créationnisme sur un pied d’égalité avec l’évolutionnisme, pour le libéralisme économique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Pierre Haski, « Pourquoi Giscard n’a pas été invité aux funérailles de Mandela », Rue89,‎ 11 décembre 2013 (lire en ligne).
  2. a et b « Chili : le coup d’État de 1973, images d'archives et commémorations », Courrier international,‎ 11 septembre 2013 (lire en ligne).
  3. « Vols de bébés : la justice argentine inflige 50 ans de prison à Jorge Videla », Le Monde,‎ 6 juillet 2012 (lire en ligne).
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k La documentation Française, « Catastrophes naturelles et prévention des risques - Chronologie [à partir de 1902. »], sur ladocumentationfrancaise.fr,‎ 21 janvier 2005 (consulté le 7 octobre 2013).
  5. Girón A & Correa E (1999) La mondialisation des marchés financiers: déréglementation et crises financières: La mondialisation. Revue internationale des sciences sociales, (160), (http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=2014796 Fiche Inist-CNRS])
  6. a et b (fr) Jacques Vérité, Conservation de la Grande Mosquée de Kairouan, éd. Unesco, Paris, 1981, p. 1
  7. (fr) Grande Mosquée de Kairouan (Qantara)
  8. Dominique Sels, San Fernando Valley, impressions, éd. de la Chambre au Loup, 2010, p. 97
  9. Michel Spinosa, La Parenthèse enchantée, Dacia Films, 2000

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Philippe Chassaigne, Les années 1970 : fin d'un monde et origine de notre modernité, A. Colin, Paris, 2008, 367 p. (ISBN 978-2-200-26693-6)
  • (fr) Lilian Mathieu, Les années 1970, un âge d'or des luttes ?, Textuel, Paris, 2009, 141 p. (ISBN 978-2-84597-356-5)
  • (fr) André Perlstein et Denis Jeambar, Chronique des années 1970, Seuil, 2010, 200 p. (ISBN 978-2-02-103252-9)
  • (en) Niall Ferguson, Charles S. Maier, Erez Manela, et al. (dir.), The shock of the global : the 1970s in perspective, Belknap Press of Harvard University, Cambridge, Mass., Londres, 2010, 434 p. (ISBN 978-0-674-04904-8)
  • (fr) Dominique Sels, Camarillo, Adios les Seventies, roman, éditions de La Chambre au Loup, 2007 (ISBN 978-2-9528451-0-6)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Nos années 1970 : les insouciantes, film d'Alain Moreau et Patrick Cabouat, Program 33, Paris, 2009, 69' (DVD)
  • La Folie des années 1970, film documentaire de Matthieu Jaubert, 2009, 105'