Afrique du Sud

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec l'Afrique australe. Pour l'ancienne forme de l'État sud-africain, voir Union d'Afrique du Sud et République d'Afrique du Sud (1961-1994).

28° 37′ 00″ S 24° 20′ 00″ E / -28.6167, 24.3333 ()

République d'Afrique du Sud

Republic of South Africa (en)

Drapeau
Drapeau de l'Afrique du Sud
Blason
Armoiries de l'Afrique du Sud
Description de l'image  South Africa (orthographic projection).svg.
Devise nationale « !ke e: ǀxarra ǁke » (ǀXam)
« L'unité dans la diversité »
(littéralement : « Divers peuples unis »).
Hymne national Hymne national sud-africain
Nkosi Sikelel'iAfrika/Die Stem
Administration
Forme de l'État République constitutionnelle parlementaire unitaire
Président Jacob Zuma
Vice-président Kgalema Motlanthe
Langues officielles 11 langues officielles
Capitale Pretoria (administrative)
Le Cap (législative)
Bloemfontein (judiciaire)
Géographie
Plus grande ville Johannesburg
Superficie totale 1 219 912 km2
(classé 25e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC +2
Histoire
Indépendance du Royaume-Uni
Date
 - République
31 mai 1910
31 mai 1961
Démographie
Gentilé Sudafricain(e)
Sud-Africain(e)
Population totale (2011) 51 770 560[1] hab.
(classé 27e)
Densité 42 hab./km2
Économie
PIB nominal (2012) en diminution 384,3$ milliards (29e)
IDH (2012) en augmentation 0,629 (moyen) (121e)
Monnaie Rand (ZAR​)
Divers
Code ISO 3166-1 ZAF, ZA​
Domaine Internet .za
Indicatif téléphonique +27

L'Afrique du Sud[2], en forme longue la République d'Afrique du Sud, est un pays situé à l'extrémité australe du continent africain. Sa capitale administrative est Pretoria, sa capitale législative est Le Cap et sa capitale judiciaire est Bloemfontein. Il est frontalier au nord avec la Namibie, le Botswana et le Zimbabwe, et au nord-est avec le Mozambique et le Swaziland. Le Lesotho est pour sa part un État enclavé dans le territoire sud-africain.

L'Afrique du Sud compte plus de 51 millions d’habitants (selon les estimations du recensement de 2011[1]) répartis en 79,5 % de Noirs, 9 % de Blancs, 9 % de Métis et 2,5 % d'Asiatiques[3]. Nation aux phénotypes très variés, l'Afrique du Sud est ainsi en Afrique le pays présentant la plus grande portion de populations dites « colorées », blanches et indiennes. L'Afrique du Sud est souvent appelée « nation arc-en-ciel », notion inventée par l'archevêque Desmond Tutu pour désigner la diversité de la nation sud-africaine et qui a remplacé le concept de société plurale employé précédemment par les théoriciens de l'apartheid (1948-1991).

L'égalité des revenus entre les différents groupes de populations n'a pas progressé depuis la fin de l'apartheid et l'Afrique du Sud connaît un taux d'inégalité parmi les plus élevés au monde[4]. Toutefois, l'Afrique du Sud est une puissance de référence pour le continent africain[4] avec l'une des économies les plus développées du continent et des infrastructures modernes couvrant tout le pays. Après avoir longtemps été la première puissance économique du continent africain, l'Afrique du Sud est, depuis 2014, la deuxième puissance économique derrière le Nigeria[5],[6]. Le pays se caractérise aussi par une importante population de souche européenne (Afrikaners, Anglo-sud-africains) et par d'importantes richesses minières (or, diamant, charbon, etc.) qui en ont fait un allié indispensable des pays occidentaux durant la guerre froide. L'Afrique du Sud est aussi la première puissance politique et militaire en Afrique[4].

La dénomination « République d'Afrique du Sud » [N 1] a succédé à celle de « Union d'Afrique du Sud » le 31 mai 1961 lorsque le pays a cessé d'être une monarchie pour devenir une république.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de l'Afrique du Sud
Montagnes du Drakensberg dans le Natal

Les frontières terrestres sud-africaines atteignent 4 750 km de long (Botswana : 1 840 km ; Lesotho : 909 km ; Namibie : 855 km ; Mozambique : 491 km ; Swaziland : 430 km ; Zimbabwe : 225 km).

Climat[modifier | modifier le code]

Espace montagneux[modifier | modifier le code]

Dans la partie Sud du pays se trouvent les Monts du Drakensberg, qui s'étendent du Kwazulu-Natal jusqu'à la province du Cap (Ceinture plissée du Cap), soit sur environ 1 000 km.

L'altitude moyenne est de 3 000 m, le point culminant de ce relief étant le Thabana Ntlenyana, au Lesotho, à 3 482 m. C'est toujours dans ce massif que se trouve le plus haut sommet d'Afrique du Sud, le Mafadi à 3 450 m.

Ce massif du Drakensberg est plutôt ancien avec des sommets arrondis, c'est une zone verdoyante et lieu de vie du peuple San. C'est également dans ce massif, que le fleuve Orange prend sa source.

Au Nord du pays, se trouve une ancienne zone volcanique, Pilanesberg. C'est une zone relativement escarpée sur laquelle se trouvent des cratères. La faune y est très riche, mammifères, cervidés, etc.

On y trouve également une flore typique tels les adansonia, teck, ébène, hibiscus, etc.

Enfin l'altitude suffisamment élevée pour cette latitude permet la pratique du ski lors de l'hiver austral. Il n'est pas rare comme lors du mois de juin 2007 de voir tomber de la neige en quantité (30 cm) en une journée. Cependant, elle reste généralement cantonnée aux plus hauts sommets du Drakensberg pendant l'hiver, et même si la température est assez basse pour l'empêcher de fondre, la faiblesse des précipitations limite l'enneigement. La neige tombe une fois tous les 10 ans sur Johannesburg, mais presque jamais à Pretoria, pourtant distante de 60 kilomètres, mais à une altitude plus faible.

Plaines[modifier | modifier le code]

Les plaines se situent principalement dans le Nord-Ouest et dans l'État libre d'Orange, qui sont les greniers céréaliers de l'Afrique du Sud, grâce à la production de blé, de maïs, de coton et de par l'élevage de moutons.

Les sous-sols y sont également très riches en or, en diamants, en uranium et en charbon et particulièrement dans les villes de Kimberley et Bloemfontein.

Mais le nord-ouest du pays est également occupé par le désert du Kalahari qui s'étend également sur le Botswana et la Namibie, et qui a une superficie de près de 1 million de km². Caractérisé par ses dunes de sables rouges, c'est un désert semi-aride comportant de nombreuses zones de savanes et quelques arbres tels les acacias à épines et baobabs. On y observe de nombreuses migrations animales.

Littoraux[modifier | modifier le code]

La protéa royale

L'Afrique du Sud compte 2 898 km de côtes.

Le long de la façade de l'Atlantique, le littoral est plutôt régulier et les côtes mesurent 2 798 kilomètres[7]. Dans le Namaqualand on observe une explosion florale pendant un mois où plus de 4 000 espèces végétales fleurissent en même temps (lys, aloes, protea, etc.) entre mi-août et mi-septembre. Cette zone est très touristique. La zone du cap de Bonne-Espérance est principalement rocheuse et des colonies de manchots y sont installées. On trouve également l'île aux Phoques (Robben island) qui accueille des phoques venant principalement de l'Antarctique.

Namaqualand dans le Cap-Occidental
Péninsule du Cap

Plus à l'est, le littoral est une alternance de côtes rocheuses et plages de sable fin. Certaines zones de baignades sont délimitées par les filets anti-requins, très nombreux le long de certaines côtes sud-africaines.

Les principales stations balnéaires sont à l'est du pays comme, East London, Jeffreys Bay, Port Elizabeth, ou encore Durban.

On trouve également des zones maritimes protégées dans le cadre de Parcs Nationaux comme la réserve Phinda située sur terre et au large, où l'on peut pratiquer la plongée sous-marine.

Nature[modifier | modifier le code]

L'Afrique du Sud possède grâce à sa grande variété de paysages une faune et une flore très diversifiées. Les déserts, savanes arides, savanes humides, forêts, fynbos, montagnes et côtes offrent de nombreuses niches écologiques pour les nombreuses espèces animales et végétales. Des populations très importantes de mammifères marins vivent aux abords des côtes, notamment atlantiques, parmi lesquelles des baleines, des dauphins, des globicéphales et de très importantes colonies de pinnipèdes.

L'Afrique du Sud fait partie des 17 pays mégadivers, pays dont la biodiversité est la plus importante de la planète.

Géographie administrative[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Provinces de l'Afrique du Sud.

Il existe trois capitales officielles : administrative à Pretoria, législative au Cap, judiciaire à Bloemfontein. Johannesburg, ville la plus riche du pays et siège de la Bourse, est généralement considérée comme sa capitale économique.

En avril 1994, les 4 provinces et les 10 bantoustans qui constituaient géographiquement et politiquement l'Afrique du Sud ont été dissous pour former 9 nouvelles provinces intégrées :

Carte d'Afrique du Sud avec les nouvelles frontières provinciales (2005).
  1. Cap-Occidental (Western Cape) : Sud-Ouest de l'ancienne province du Cap ainsi que les deux îles de l'archipel du Prince-Édouard
  2. Cap-du-Nord (Northern Cape) : Nord de l'ancienne province du Cap
  3. Cap-Oriental (Eastern Cape) : Bantoustans indépendants du Transkei, du Ciskei et Sud-Est de l'ancienne province du Cap,
  4. KwaZulu-Natal : Natal et Zoulouland
  5. État-Libre (Free State) : État libre d'Orange et quelques homelands intégrés
  6. Nord-Ouest (North West) : ancien Transvaal-Ouest, nord de la province du Cap et bantoustan du Bophuthatswana
  7. Gauteng : ancien Pretoria-Witwatersrand-Vereeniging au centre du Transvaal
  8. Mpumalanga : ancienne région du Transvaal-Est
  9. Limpopo (province) : ancienne région du Transvaal-Nord, appelée province du Nord entre 1995 et 2002

Chacune de ces provinces est divisée en municipalités métropolitaines et en districts municipaux. Ces derniers sont à leur tour consulté les de municipalités locales. L’ensemble des municipalités (locales ou métropolitaines) sont divisées en circonscription électorales appelées wards (en) en Afrique du Sud.

Les huit plus grandes agglomérations sud-africaines sont organisées municipalités métropolitaines qui exercent l’intégralité du pouvoir municipal, contrairement aux autres territoires dans lesquels le pouvoir est partagé entre les districts et les municipalités locales[8]. Les municipalités métropolitaines sont dirigées pas un conseil municipal dont les conseillers sont directement élus lors d’un scrutin proportionnel par liste[9].

Les huit municipalités métropolitaines sont : Buffalo City (East London), Le Cap, Ekurhuleni (East Rand), eThekwini (Durban), Johannesburg, Mangaung (Bloemfontein), Nelson Mandela Bay (Port Elizabeth), et Tshwane (Pretoria)[8],[10].

En dehors des municipalités métropolitaines, le reste du pays est divisé en 44 districts municipaux à leur tour consulté les de municipalités locales. Les districts ont la charge de nombreuses missions dont le développement économique, l’entretien des routes et les transports publics. Les conseillers municipaux des districts sont élus au scrutin proportionnel par liste pour 40 % d’entre eux, les 60 % restants étant nommés au sein des conseils des municipalités locales[9].

Les districts municipaux sont divisés en 226 municipalités locales. Généralement, elles englobent une ou plusieurs villes ainsi que les villages et les zones rurales aux alentours. Les municipalités locales exercent le pouvoir local en complément des attributions des districts. Les conseillers sont élus pour moitié au scrutin proportionnel par liste, l’autre moitié étant élue au scrutin uninominal dans les wards (circonscriptions électorales).

Histoire[modifier | modifier le code]

Tribus Khoikhoi
Arrivée de Jan van Riebeeck dans la baie de la Table en 1652 pour y fonder une station de ravitaillement et premiers contacts avec les Khoikhoi
L'arrivée au Cap des navires de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (1762)
Arrivée des colons britanniques dans la baie d'Algoa (1820)

Les Khoïsans, regroupant les Khoïkhoï et les Bochimans, sont les premiers habitants connus de l'Afrique du Sud (40 000 av. J.-C.).

Les premiers peuples de langues bantoues émigrent du delta du Niger vers l'an 500 de notre ère et atteignent l'actuelle province du KwaZulu-Natal. C'est au Xe siècle que des tribus bantoues (xhosas) s'installent dans la région de la Fish River (Transkei).

En 1488 débute l'histoire européenne de l'Afrique du Sud quand le navigateur portugais Bartolomeu Dias atteint le cap des Tempêtes (cap de Bonne-Espérance), suivi en 1497 par le navigateur portugais Vasco de Gama qui longe la côte du Natal.

L'implantation définitive d'européens en Afrique du Sud date de 1652 avec l'établissement, pour le compte de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, d'une station de ravitaillement au Cap dirigée par le Néerlandais Jan van Riebeeck.

En 1657, plusieurs salariés de la compagnie sont autorisés à s'établir définitivement au Cap alors que des esclaves sont déportés de Batavia et de Madagascar pour pallier le manque de main d'œuvre sur place. En 1688, deux cents huguenots français rejoignent les 800 administrés du comptoir commercial et fondent Franschhoek. En 1691, la colonie du Cap est mise en place.

Ce n'est qu'en 1770 que sont relatés les premiers contacts entre les bantous et les boers (les fermiers libres d'origine franco-néerlandaise) à la hauteur de la Great Fish River (à 900 km à l'est de la cité mère). Les relations sont rapidement conflictuelles et en 1779 débute la première des neuf guerres cafres (1779-1878).

En 1806, les Néerlandais cèdent définitivement la place aux Britanniques qui deviennent la nouvelle puissance coloniale.

De 1818 à 1825, lors du Mfecane, le Roi des Zoulous, Shaka, étend son empire sur l'est de l'Afrique du Sud au prix d'une conquête sanglante sur les autres peuples tribaux.

En 1835, les Boers quittent la colonie du Cap pour les territoires intérieurs de l'Afrique du Sud afin d'échapper à l'administration britannique. C'est le Grand Trek, parsemé de tragédies et de batailles (bataille de Blood River contre les Zoulous en 1838). Deux républiques boers indépendantes sont finalement fondées et reconnues par la Grande-Bretagne : la république sud-africaine du Transvaal (1852) et l'État libre d'Orange (1854).

En 1866, la colonie du Cap étend également son territoire et annexe la cafrerie britannique alors que les premiers diamants sont découverts à Kimberley, puis des gisements d'or dans le Witwatersrand au Transvaal.

Lizzie van Zyl, enfant boer internée dans un camp de concentration britannique durant la deuxième Guerre des Boers

En 1879, durant la Guerre anglo-zouloue, les Britanniques subissent une défaite historique lors de la bataille d'Isandhlwana avant de finalement s'imposer au Zoulouland.

Après l'annexion d'autres territoires tribaux, une des plus grandes spéculations de l'histoire boursière provoque la crise boursière des mines d'or sud-africaines de 1895, au moment du Raid Jameson perpétré par les britanniques, en vue du percement de mines jusqu'à 4 kilomètres sous terre.

Motivée en partie par ces mines d'or, la deuxième Guerre des Boers (1899-1902) et l'annexion du Transvaal et de l'État libre d'Orange consacre la domination britannique sur la majeure partie de l'Afrique australe, au prix de l'internement et de la mort de milliers de civils boers dans des camps de concentration.

Le 31 mai 1910, huit ans après la fin de la Seconde Guerre des Boers et après quatre ans de négociations, le South Africa Act accorde l'indépendance nominale, en créant l'Union d'Afrique du Sud. Le pays est fondé à partir du regroupement des colonies du Cap, du Natal, du Transvaal et de l'Orange. Le South Africa Act établit une démocratie parlementaire sur le modèle de Westminster avec un régime de type monarchie constitutionnelle et un parlement souverain. Les modalités d'octroi du droit de vote diffèrent cependant entre les quatre nouvelles provinces (si le corps électoral est essentiellement blanc, les provinces du Natal et du Cap accordent sous condition censitaire le droit de vote aux personnes de couleur dites « civilisées »). Le général boer Louis Botha devient le premier chef du gouvernement sud-africain.

En 1912, un parti politique bantou, le Congrès national africain (ANC), est fondé à Bloemfontein, revendiquant une plus grande participation des populations noires aux affaires du pays. L'année suivante, le Native land act est adopté. Basé sur le système des réserves établi à l'époque coloniale et dans les républiques boers, il divise le territoire sud-africain entre les terres indigènes (7 % puis 13 % du territoire) et les terres destinées aux Blancs et aux administrations publiques (87 % du territoire).

En 1915, engagées dans la Première Guerre mondiale, les troupes sud-africaines subissent de lourdes pertes dans la Somme (France). En Afrique, elles prennent le contrôle du Sud-Ouest africain allemand (future Namibie) qui leur est octroyé sous mandat par la Société des Nations en 1920.

En 1918, le Broederbond, une société secrète est fondée avec pour objectif la promotion politique, sociale et économique des Afrikaners (la dénomination devenue usuelle des Boers).

La révolte ouvrière des Afrikaners du Witwatersrand en 1922, durement réprimée, permet aux nationalistes blancs de s'unifier et de remporter les élections générales de 1924 sous la direction de James Barry Hertzog. En 1934, face à la crise économique, Hertzog s'unit néanmoins aux libéraux de Jan Smuts pour former un gouvernement d'union nationale. À la même époque, des anthropologues et des linguistes de l'université de Stellenbosch comme Werner Max Eiselen forgent un nouveau concept social et politique qui donnera naissance à l'idéologie de l'apartheid : rejetant l'idée de société unique sud-africaine, ils proposent de séparer géographiquement, politiquement et économiquement les noirs et les blancs d'Afrique du Sud ainsi que les différentes ethnies entre elles, afin de maintenir et renforcer leurs identités ethniques et linguistiques et de lutter contre les effets qu'ils estiment acculturants de l'urbanisation et du travail migrant sur les structures traditionnelles africaines[11],[12],[13]. En 1936, la franchise électorale des populations noires au Cap est supprimée. En 1939, le pays, sous la direction de Smuts, s'engage au côté des alliés dans la Seconde Guerre mondiale. En 1945, Smuts participe à la rédaction du préambule de l'organisation des Nations-Unies.

Le premier gouvernement nationaliste afrikaner en 1948
Au premier rang : JG Strijdom, Nicolaas Havenga, DF Malan (premier ministre), E.G. Jansen, Charles Swart
Au second rang : A.J. Stals, P.O. Sauer, Eric Louw, S.P. le Roux, Theophilus Dönges, F.C. Erasmus et Ben Schoeman

En 1948, le parti national remporte les élections générales. Le nouveau premier ministre, Daniel François Malan, met en place la politique d'apartheid, renforcée en 1956 par la suppression de la franchise du droit de vote des Coloureds (gouvernement Strijdom). En 1958, Hendrik Verwoerd devient premier ministre.

En 1960, le massacre de Sharpeville puis l'interdiction de l'ANC et des mouvements nationalistes africains mènent à la condamnation de la politique d'apartheid par les Nations-Unies et par la communauté internationale.

Le 31 mai 1961, le pays devient une république suite à un référendum où les électeurs votent majoritairement pour la fin de la monarchie. La République d'Afrique du Sud est alors proclamée, et le dernier gouverneur général du pays, Charles Swart, devient ainsi le premier président d'État. Le pays se retire également du Commonwealth. L'ANC débute alors la lutte armée dans l'Umkhonto we Sizwe.

En 1963, Nelson Mandela, l'un des chefs de Umkhonto we Sizwe est condamné à perpétuité pour terrorisme et les autres chefs de l'ANC sont emprisonnés ou exilés. En 1966, Hendrik Verwoerd, premier ministre d'Afrique du Sud et grand architecte de l'apartheid, est assassiné.

En 1976, les émeutes dans le township de Soweto contre l'enseignement obligatoire en afrikaans conduisent le gouvernement à déclarer l'état d'urgence alors que le Bantoustan du Transkei est déclaré indépendant dans le cadre de la politique d'apartheid.

En 1984, pour sortir du blocage politique, le régime politique est présidentialisé et un parlement tricaméral, ouvert aux Indiens et aux métis, est inauguré. Néanmoins, l'état d'urgence est de nouveau proclamé en 1986 alors que des sanctions économiques et politiques internationales isolent le pays en dépit de l'abrogation de lois symboliques de l'apartheid comme le passeport intérieur. Seul l'État d'Israël continue d'avoir des relations discrètes et collabore avec le pouvoir au point de vue militaire et sécuritaire (Échanges de technologies, contrats de licences de fabrication d'armement, échanges techniques en matière de sécurité intérieure et savoir-faire d'espionnage).

En 1990, le nouveau président sud-africain, Frederik de Klerk, légalise l'ANC, le parti communiste sud-africain et tous les mouvements noirs. Nelson Mandela est libéré.

En juin 1991, le gouvernement abolit les dernières lois de l'apartheid et entame un processus de transition constitutionnelle (Codesa). Celles-ci aboutissent le 27 avril 1994 aux premières élections multiraciales de l'histoire du pays, remportées par l'ANC. Nelson Mandela devient le premier président noir du pays. Par la même occasion, le pays réintègre le Commonwealth.

En 1995, une Commission vérité et réconciliation est mise en place ; puis l'année suivante, le 10 décembre 1996[14] est adoptée une nouvelle constitution sud-africaine.

De 1999 à 2008, le pays est présidé par Thabo Mbeki. Est ainsi apparue aux côtés de la bourgeoisie blanche une bourgeoisie noire ; ni l'ANC, ni le Parti Communiste, ni le syndicat COSATU n'ont remis en cause l'ordre économique et social. Au contraire, les privatisations se sont multipliées. L'Afrique du Sud est un des pays les plus inégalitaires du monde, ainsi que l'atteste son indice de Gini.

À la suite des difficultés économiques et sociales apparues lors du second mandat de Thabo Mbeki, caractérisées en 2008 par une grave pénurie d'électricité en Afrique du Sud et la dégradation des infrastructures, son parti l'ANC lui retire son mandat le 21 septembre 2008. Thabo Mbeki remet sa démission au Parlement[15] qui élit alors Kgalema Motlanthe pour terminer son mandat jusqu'aux élections générales de 2009.

Après les élections générales du 22 avril 2009, remportées par l'ANC, Jacob Zuma, ancien vice-président de 1999 à 2005, devient le nouveau président de la République. Il prête serment le 9 mai 2009 et forme un gouvernement plus ouvert aux partis politiques minoritaires, dont le parti communiste mais aussi, pour la première fois depuis 1994, le front de la liberté (droite afrikaner). Le massacre de Marikana en 2012, où la police tire sur des salariés grévistes faisant des dizaines de morts, entache la gouvernance de l'ANC au sein de son électorat mais lors des élections générales sud-africaines de 2014, Jacob Zuma est réélu pour un second mandat, l'ANC restant nettement en tête dans l'électorat bien qu'en recul face à l'Alliance démocratique et aux Economic Freedom Fighters de Julius Malema.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique en Afrique du Sud.
Siège du gouvernement à Pretoria
Le parlement sud-africain au Cap

Organisation des pouvoirs[modifier | modifier le code]

Le régime est parlementaire, mais les fonctions de chef du gouvernement et de chef de l'État se confondent sous le titre de président de la République d'Afrique du Sud. Ce dernier est élu par le parlement.

Le parlement d’Afrique du Sud est composé de deux chambres : une chambre basse, l’assemblée nationale et une chambre haute, le conseil national des provinces (en anglais : National Council of Provinces, NCoP). Les 400 membres de l'assemblée nationale sont élus par scrutin proportionnel de liste. Le NCoP, qui a remplacé le Sénat en 1997, est composé de 90 membres représentant les neuf provinces.

Chaque province est dotée d'une législature provinciale monocamérale, et d'un conseil exécutif présidé par un premier ministre (premier en anglais et en afrikaans). Les provinces sont moins autonomes que celles, par exemple, du Canada ou que les États aux États-Unis. Il s'agit alors d'un système fédéral modéré. L'État compte 11 langues officielles qui, en pratique, sont traitées différemment, l'afrikaans perdant du terrain devant l'anglais favorisé par l'ANC.

Tendances politiques, partis et élections[modifier | modifier le code]

Depuis la fin de l'apartheid, l'ANC n'a cessé d'augmenter sa domination politique. Cependant, l'opposition reste vivace bien que diminuée, et on[Qui ?] estime ordinairement que l'Afrique du Sud est l'État le plus démocratique d'Afrique. Sa Constitution est par exemple l'une des plus généreuses du monde du point de vue des droits de l'Homme.

Le gouvernement doit résoudre le problème des violences qui touchent les campagnes du pays : la réforme agraire impose la redistribution des terres aux Noirs et les fermiers afrikaners doivent souvent vendre leurs exploitations au gouvernement, ce qui suscite des résistances. Ces fermiers, au nombre de 35 000 environ, sont parfois attaqués par des bandes organisées et certains s'inscrivent à des stages commandos pour pallier le manque d'aide du gouvernement. Plusieurs partis d'extrême droite continuent de recruter au sein d'une frange de cette population qui se sent délaissée.

Depuis le 22 avril 2009, et la victoire de l'ANC aux élections générales de 2009 Jacob Zuma a été élu président par 277 voix pour, 47 voix pour le candidat du COPE et 67 abstentions (celles de l'Alliance démocratique). Cependant, depuis les élections de 2009, l'opposition a effectuée une remontée. En effet la DA a augmenté son score de 30 % (+4,5 points) passant de 12,3 à 16,7 et a également remporté la province du Cap-Occidental sans compter le score du COPE (7,5 %). Le 6 mai 2009, Helen Zille s'est fait élire premier ministre du Cap-Occidental avec 24 voix pour, contre 14 voix pour l'ANC.

Politique environnementale et énergétique[modifier | modifier le code]

En 2011, 93 % de l'électricité de l'Afrique du Sud provient du charbon. C'est l'un des pays les plus dépendant de ce combustible ; le port de Richards Bay a le premier terminal portuaire exportateur de charbon au monde[16].

Le pays dispose de la seule centrale nucléaire du continent africain (à Koeberg), entrée en service en 1982. Pour assurer son développement et sa croissance économique, le pays doit cependant continuer à investir dans le secteur énergétique[4], notamment nucléaire mais aussi thermique pour assurer ses besoins immédiats (construction d'une centrale à charbon à Medupi).

Drapeau[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Drapeau de l'Afrique du Sud.
Les 6 drapeaux historiques de l'Afrique du Sud (à l'exception de ceux des républiques boers)

Le drapeau de l'Afrique du Sud a été adopté le 15 mars 1994 et est officiellement l'emblème du pays depuis le 27 avril 1994.

Son prédécesseur était contesté pour son symbolisme exclusivement lié à l'histoire afrikaner et britannique du pays.

Les six couleurs symbolisent à la fois les diverses tendances politiques du pays, les couleurs prédominantes des anciens drapeaux utilisés par l'Afrique du Sud au cours de son histoire ainsi que ses ressources naturelles.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de l'Afrique du Sud.

La population sud-africaine compte plus de 51 millions d'habitants en 2011. Elle est inégalement répartie : la plupart des habitants résident à l'est du pays. Le Gauteng est la région la plus peuplée suivie par le KwaZulu-Natal[17]. L'aridité explique en partie les faibles densités du Nord-Ouest.

Le recensement de 2010 permet d'établir la répartition raciale du pays : 79,2 % des Sud-Africains sont noirs, 9,4 % blancs, 8,8 % coloureds (métis) et 2,6 % indiens[18].

Répartition raciale en Afrique du Sud (2011).

La population noire se répartit en différentes ethnies dont les plus importantes sont les Zoulous et les Xhosas. Concentrée à l'Est du pays, elle est cependant minoritaire dans les deux provinces du Cap-Occidental et du Cap-Nord.

Selon un rapport de la SAIRR (institut sud-africain des relations raciales), environ 900 000 blancs, soit 1/6 de la population, ont quitté le pays depuis 1994. Ces départs massifs, surtout de jeunes Sud-Africains diplômés, ont été dénoncés par l'opposition qui a attaqué l'ANC sur ces trop nombreux départs.

Cependant, on constate depuis un nouveau phénomène, la « révolution du retour au foyer »[19]. Ainsi, alors que les coupures de courant, le taux de criminalité élevé et les incertitudes politiques décourageaient les Sud-Africains blancs, qui émigraient précipitamment[20], les exilés, dans leurs nouveaux pays, ont connu pour certains des problèmes financiers lors de la crise mondiale qui les ont poussé à revenir, malgré la peur de la criminalité et de la discrimination positive, en Afrique du Sud[20]. Bien qu'il n'y ait pas de statistiques officielles, Charles Luyckx, le directeur exécutif d’Elliott International qui détient près de 30 % des parts de marché du déménagement affirme alors que l’on comptait quatre départs pour un retour en 2008, le ratio se rapproche en 2009 d’un pour un[20].

Parmi la population blanche du pays, la plus ancienne, les Afrikaners (ou Boers), les descendants des colons néerlandais, représentent une proportion de 60 % des Blancs, les autres étant surtout d'origine britannique, mais aussi portugaise et allemande. Il y a également une partie non négligeable de descendants de huguenots français (voir aussi l'article huguenots d'Afrique du Sud) qui s'installèrent ici durant les guerres de religion en France (ces derniers font cependant partie de la communauté Afrikaner, on estime d'ailleurs que 25 % des noms de familles afrikaners sont d'origine française).

Santé[modifier | modifier le code]

l'Apartheid a doté l'Afrique du Sud d'un système de santé de renommée mondiale mais circonscrit aux zones géographiques blanche. Depuis la fin de l'Apartheid, la situation s'est détériorée en raison du départ de fonctionnaires et médecins blancs et du développement de la corruption[21].

L’espérance de vie a chuté de 62 ans en 1990 à 51 ans 2005[22], avant de remonter a 60 ans en 2011[23].

Le pays a le taux d’incidence du VIH le plus élevé au monde, avec 5,6 millions de citoyens – plus de 10 % de la population – porteurs du virus [24],[25].

En 2012, selon l'UNICEF, 17,9% de la population adulte vit avec le VIH [26],[27].

Espérance de vie des hommes : 56,5 ans[28]
Espérance de vie des femmes : 60,2 ans[28]
Taux de croissance annuel de la pop. : 1,07 % Selon les chiffres des statistiques sud-africaines[28]
Taux de natalité : 23,8 ‰ (en 2009)[28]
Taux de mortalité : 16,77 ‰ (en 2001) et 11 ‰ en 2002
Taux de mortalité infantile : 45,70 ‰ (en 2009)[28]
Taux de fécondité : 2,38 enfants/femme (en 2009)[28]

Religion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion en Afrique du Sud.

En Afrique du Sud environ 80 % de la population suit la religion chrétienne. La plupart des chrétiens sont des protestants. Il y a un certain nombre d'églises chrétiennes sud-africaines et presque 85 % des personnes sont des membres de l'église. Il y a aussi environ 1,5 % de musulmans (souvent des Indiens ou originaires d'Indonésie), 1 % d'hindous et 0,2 % de juifs. Le pays compte aussi de petites communautés bouddhistes, des zoroastriens et des baha'is, et diverses sectes. Les ¾ des Sud-Africains se déclarent chrétiens, 15 % sans religion[29].

Culture[modifier | modifier le code]

Onze langues officielles (anglais, afrikaans, zoulou, xhosa, zwazi, ndebele, sesotho, sepedi, setswana, xitsonga, tshivenda[30]) sont reconnues par la Constitution en Afrique du Sud[31]. Selon l'article 6 de sa constitution, l'État et les provinces doivent faire la promotion de langues parlées par les communautés vivant en Afrique du Sud : allemand, grec, gujarâtî, hindi, portugais, tamoul, télougou, ourdou, arabe, hébreu, sanskrit[32].

Le zoulou est la langue la plus pratiquée dans les foyers sud-africains (environ ¼ des habitants)[33], suivi par le xhosa (17,6 %).

Répartition des langues dominantes en Afrique du Sud :

En troisième place arrive l'afrikaans avec 14 %[34] de locuteurs maternels mais plus de 30 % de locuteurs de seconde langue ce qui la place en deuxième position. Cependant elle souffre de la concurrence de l'anglais qui paraît plus utile. Cette dernière reste la langue des affaires et de la communication[35].

85 % de la population parle anglais, ou a des notions d'anglais. On parle l'anglais souvent très mal, surtout dans les townships. L'anglais semble faire l'unité du pays  : c'est la langue véhiculaire. Elle n'est vraiment pas parlée qu'en de rares zones rurales, ou par les membres de tribus locales isolées. On trouve généralement les non-Anglophones chez les personnes âgées Noires, ou chez de très vieux Afrikaners. Plus de 90 % des blancs parlent l'anglais. L'anglais est de plus en plus répandue chez les plus jeunes, de tous les groupes ethniques, et est vue comme la langue de la liberté, qui a vaincu l'Apartheid. C'est la première seconde langue, mais elle semble n'être la langue maternelle que de 2 à 3 millions des citoyens de l'Afrique du Sud.

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local
1er janvier Jour de l'An New Year's Day
21 mars Fête des droits de l'homme Human Rights Day
vendredi Saint Good Friday
lundi de Pâques Easter Monday
27 avril Jour de la Liberté (fête nationale) Freedom Day/Vryheid dag
1er mai Fête du Travail Labour Day
16 juin Fête de la jeunesse Youth Day
9 août Fête nationale des femmes National Women's Day
24 septembre Fête du patrimoine Heritage Day
4 octobre Fête nationale
16 décembre Fête de la réconciliation
(ancien jour du vœu)
Reconciliation Day
(Day of the Vow / Geloftedag / Dingaansdag)
25 décembre Noël Christmas Day
26 décembre (Fête de Bienveillance) Day of Goodwill
Article connexe : Littérature sud-africaine.

Sport[modifier | modifier le code]

Sud-Africaines et enfant sud-africain, grimés aux couleurs nationales, célébrant au Cap l'attribution de la coupe du monde de football de 2010 à l'Afrique du Sud

Dans le domaine sportif, l'Afrique du Sud est surtout connue pour son équipe de rugby à 15, majoritairement joué par les classes aisées et blanches, qu'ont représentée des joueurs tels que François Pienaar, Frik du Preez, Joost van der Westhuizen, André Venter, Os du Randt, Percy Montgomery,etc.

Tendai Mtawarira (pilier) et Bryan Habana (ailier) sont actuellement classés parmi les meilleurs joueurs du monde.

En 4 participations, l'Afrique du Sud remporte 2 fois la Coupe du monde : le 24 juin 1995 à Johannesburg (Ellis Park) : Afrique du Sud 15-12 Nouvelle-Zélande (après prolongation) et le 20 octobre 2007 à Saint-Denis (Stade de France) : Afrique du Sud 15-6 Angleterre.

Le rugby à 13, interdit pendant l’Apartheid car surtout joué par les noirs, peine à s'implanter malgré un fort succès auprès des couches sociales petites et moyennes.

En 2010, l'Afrique du Sud organise la coupe du monde de football, devenant ainsi le premier pays du continent africain à accueillir cette compétition. L'Afrique du Sud possède de bons joueurs évoluant en Europe. Les vuvuzelas, sortes de trompettes africaines émettant un bruit de ruches d'abeille, sont le socle d'une véritable culture du football. Le pays fut championne d'Afrique de football 1996 à Johannesbourg (FNB Stadium).

L'Afrique du Sud a organisé la coupe du monde de cricket en 2003.

L'Afrique du Sud compte notamment Jody Scheckter qui fut champion du monde de Formule 1 en 1979 sur Ferrari et son fils Tomas qui fait une carrière en IRL.

L'Afrique du Sud organise aussi plusieurs épreuves du championnat du monde de surf.

L'Afrique du Sud compte notamment Cameron van der Burgh qui possède les records du monde au 50 mètres brasse grand bassin (26.67) et au 50 mètres brasse petit bassin (25.25) 100 mètres brasse (55.61).

Problèmes sociaux[modifier | modifier le code]

Pauvreté, chômage et mouvements migratoires[modifier | modifier le code]

Évolution de la démographie entre 1961 et 2004 (chiffre de l'FAO, 2006). Population en milliers d'habitants.
Les Scouts de la région du Mpumalanga coordonnent les projets des travaux de la Aktion Tagwerk au travers de l'action « Ta journée pour l'Afrique »[36].

Selon l'indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l'Afrique du Sud a reculé de 35 places dans leur classement entre 1990 et 2005, constatant l'appauvrissement général de la population. Le nombre de personnes vivant en dessous du seuil d'extrême pauvreté a doublé en dix ans, passant de 1,9 à 4,2 millions, soit 8,8 % de la population. Près de 40 % des villes en Afrique du Sud sont composées de townships et cette différence entre les riches et les pauvres est très visible ainsi que très présente, elle est à l'origine de beaucoup de tension entre les deux classes sociales. Plus de 43 % de la population vit avec moins de 3 000 rands (260 euros) par an. Le chômage a un taux officiel de 23,2 % selon l'OIT[37], mais les syndicats l'estiment proche de 40 %[38]. En 2013, le revenu de la tranche la plus pauvre de la population (40% des Sud-africains), est inférieur de moitié à celui qu’il était sous le régime de l'apartheid[39].

En 2006, le pays détient la 121e place au classement mondial. Cette régression serait principalement due à la mise en place récente d'études fiables et plus représentatives (comprenant les données relatives aux anciens bantoustans), mais serait surtout due aux ravages causés par la pandémie du SIDA.

Une partie de la minorité blanche effrayée par la hausse de la criminalité (3 037 fermiers blancs ont été massacrés entre la fin de l'apartheid et février 2009[40]), par la discrimination positive, par la pandémie du Sida, et par les événements survenus au Zimbabwe à l'encontre des fermiers blancs, émigre massivement en Australie ou en Nouvelle-Zélande. Ainsi, près d'un million de Sud-Africains blancs auraient quitté le pays depuis 1994. De nombreux émigrés d'Afrique du Sud affirment que la criminalité est un facteur majeur qui explique leur décision de quitter le pays[41]. On assisterait cependant à un retour de beaucoup de Blancs confrontés à la crise mondiale, et qui retrouvent au pays natal des conditions de vie plus enviables[réf. nécessaire]

De nombreux Africains immigrent en Afrique du Sud pour gagner plus d'argent que dans leurs pays d'origine, mais le sida et la criminalité en font partir certains au bout de quelques années.[réf. nécessaire]

En mai 2008, Johannesburg et d'autres villes du pays connaissent de violentes émeutes anti-immigrés qui font environ 50 morts, 25 000 sans-abris[42] et provoquent l'exode de plusieurs milliers d'immigrés clandestins[43].

Le jeudi 16 août 2012, trente-quatre mineurs ont été tués et soixante-dix-huit blessés dans des affrontements entre grévistes et policiers à la mine de platine Lonmin de Marikana, au nord de Johannesbourg, selon un bilan officiel de la police nationale. Les mineurs, qui vivent dans des taudis accolés à la mine, sans eau courante, touchent environ 4 000 rands par mois (400 euros). « Nous sommes exploités, ni le gouvernement ni les syndicats ne sont venus à notre aide », a déclaré l'un d'eux.« Les sociétés minières font de l'argent grâce à notre travail et on ne nous paye presque rien. Nous ne pouvons pas nous offrir une vie décente. Nous vivons comme des animaux à cause des salaires de misère »[44].

Criminalité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Criminalité en Afrique du Sud.

À la suite de l'augmentation des cambriolages au début des années 1990, les Sud-Africains ont commencé à se barricader chez eux, élevant des clôtures et des murs pour se protéger de la rue, puis de leurs voisins. Devant la hardiesse des cambrioleurs, les plus aisés d'entre eux ont installé des détecteurs de mouvement et des alarmes dans leurs maisons puis des grilles électrifiées à 9 000 volts et des barrières à infrarouges. Les malfaiteurs s'en sont alors pris à leurs victimes devant chez elles, leur mettant un pistolet sur la tempe pour les forcer à ouvrir leur maison et à désamorcer le système d'alarme[45]. Les habitants aisés de Johannesburg se sont retranchés dans des quartiers aux allures de forteresses, murés et sécurisés, uniquement accessibles par un portail surveillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Si dans ces quartiers la criminalité a chuté, parfois de 70 %, les municipalités ont souvent cependant interdit de se barricader de la sorte, afin notamment d'éviter le repli des riches entre eux[45].

D'après le journal Le Monde du 28 décembre 2004, l'Afrique du Sud bat des records en matière de criminalité : on y compte environ 25 000 meurtres par an, 30 000 tentatives de meurtre, plus de 50 000 viols et environ 300 000 cambriolages. Le taux de violence sexuelle en Afrique du Sud était, en 2000, le plus élevé au monde. En 2009, on estimait qu'un Sud-Africain sur quatre avait commis un viol[46], qu'un enfant était violé toutes les trois minutes[47],[48]. En 2013, les statistiques avancent que « 40% des Sud-Africaines seront violées dans leur vie »[49].

En 2005, l'Afrique du Sud a compté quelque 19 000 personnes assassinées, 55 000 personnes violées et 120 000 hold-ups selon les chiffres cités par le Sunday Times. Pour les années 2007 et 2008, les statistiques ont encore recensé quelque 240 000 cambriolages chez les particuliers, pas moins de 60 000 vols dans les magasins, les usines et les bureaux, près de 140 000 cas de dégradation lourde de matériel, ainsi que 18 487 assassinats et 18 795 tentatives de meurtre. Les violences se concentrent au Cap, à Durban, mais aussi à Johannesburg et à Pretoria. Les fermiers sont aussi fréquemment victimes d'attaques[50]. Ainsi, presque tous les habitants d'Afrique du Sud ont une fois dans leur vie fait l'expérience directe de la criminalité[51].

L'État sud-africain dispose pourtant de 200 000 policiers et de 60 000 militaires pour rétablir l'ordre et la sécurité mais les agents de police sont généralement mal formés et mal payés. La police fait elle-même surveiller certains commissariats par des sociétés privées[45]. Ces dernières, qui emploient 420 000 agents de sécurité privés, sont à ce jour chargées de la protection d'un million et demi d'entreprises et de foyers sud-africains[51].

En septembre 2011, les chiffres officiels de la criminalité indiquent à nouveau une forte baisse dans presque tous les types de crimes (15 940 meurtres - pour comparaison 662 au Royaume-Uni -, tentatives de meurtre, cambriolages, violences), confirmant la nette tendance des années précédentes. Le nombre de meurtres qui avait atteint il y a quelques années des records mondiaux, est retombé à des valeurs semblables aux années précédant la fin de l'apartheid en 1994. Seuls les explosions des distributeurs de billets, ou encore les crimes liés à la consommation de drogue ou d'alcool dont la répression a été renforcée, ont augmenté[52].

Économie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Économie de l'Afrique du Sud.
Propriété viticole sud-africaine

Longtemps première puissance économique du continent, le produit intérieur brut (PIB) de l'Afrique du Sud est, depuis 2014, classé derrière celui du Nigeria suite à un changement de calcul statistique bien que ce pays demeure largement derrière l'Afrique du Sud en termes de développement ou de PIB par habitant[4].

Pays capitaliste favorable à l'économie de marché, l'Afrique du Sud a opté pour un libéralisme économique tempéré par une forte implication de l'État afin de réguler l'économie, de modifier la répartition inégalitaire des richesses et d'assurer une meilleure protection des catégories sociales historiquement et économiquement les plus défavorisés. L'Afrique du Sud représente un quart du PIB africain avec un taux de croissance moyen de 5 % par an[4]. Son réseau de transports, ses installations énergétiques (avec la seule centrale nucléaire du continent à Koeberg), en ont fait un pays quasi développé[4]. Le pays bénéficie d'un sous-sol gorgé de matières premières comme l'or, dont il est l'un des principaux producteurs mondiaux, du platine et des métaux précieux. En outre, les multinationales sud-africaines sont prospères et compétitives sur les marchés internationaux[38]. Ainsi, sur les 100 plus grandes entreprises africaines, 61 sont sud-africaines[4].

Économie de l'Afrique du Sud[53]
PIB 287,2 milliards de dollars US valeur nominal (2009)
PIB par habitant 5 685 dollars US valeur nominal par habitant (2009)
Taux de croissance 4,9 % (2006)
Taux de croissance de la production industrielle 6,2 % (2007)
Part dans les importations mondiales 0,62 % (2006)
Part dans les exportations mondiales 0,48 % (2006)
Dépenses militaires 1,3 % du PIB (2008)
Exportations d'armes 39 millions de dollars (2005)
Dépenses d'éducation 5,4 % du PIB (2006)
Consommation électrique 4 884 kWh par habitant (2004)
Émissions de CO2 9,19 tonnes par habitant (2004)

Classement des principales puissances économiques en Afrique[modifier | modifier le code]

En 2013, les trois plus grandes économies africaines sont[54] :

Rang État PIB
1 Drapeau du Nigeria Nigeria 510 milliards de dollars US
2 Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud 370 milliards de dollars US
3 Drapeau d'Égypte Égypte 262 milliards de dollars US

La discrimination "positive"[modifier | modifier le code]

Panneau d'apartheid

Depuis 1994, les autorités sud-africaines ont mis en œuvre une politique d'affirmative action ou affirmative aksie (discrimination positive), visant à promouvoir une meilleure représentation de la majorité noire dans les différents secteurs du pays (administration, services publics et parapublics, sociétés nationalisées et privées). Ainsi, dans de nombreux secteurs, des Blancs ont été invités à faire valoir leurs droits à la retraite ou à accepter des licenciements, moyennant une indemnité de départ. Un des résultats fut l'appauvrissement d'une partie de cette minorité blanche (10 % de ses membres vivent aujourd’hui avec 1 000 euros par an).

Ce programme a cependant contribué au développement d'une classe moyenne noire. Les black diamonds, qui gagnent plus de 6 000 rands par mois (520 euros), représentent environ 10 % de la population noire mais ceux-ci sont en général très endettés et souffrent de l'augmentation régulière des taux d'intérêt. Il est également reproché à cette politique de discrimination positive de ne favoriser qu'une toute petite partie de la population des noirs, ceux qui sont diplômés, vivant dans des centres urbains[38].

Par ailleurs, une étude rendue publique en 2006, et portant sur la période 1995-2005, montre que les blancs qualifiés émigrent en masse : en dix ans, 16,1 % des Sud-Africains blancs auraient quitté le pays. À la suite des critiques des partis d'opposition, le gouvernement sud-africain redéfinit sa politique de discrimination positive en cherchant à favoriser le retour au pays de ces trop nombreux et trop qualifiés expatriés. C'est la vice-présidente Phumzile Mlambo-Ngcuka qui est chargée de mettre cette réforme en œuvre en promouvant des salaires incitatifs à ceux qui reviendraient au pays[55].

En juillet 2008, l'écrivain sud-africain André Brink s'en prend à la mise en œuvre de la politique de discrimination positive constatant que l’application de celle-ci a « atteint des extrêmes ridicules qui ont conduit à l’exil bon nombre des personnes les plus qualifiées et les plus habiles du pays, tandis que le gouvernement et ses officines remplacent avec constance la compétence réelle par la médiocrité et l’infériorité »[56].

En août 2008, des membres de la nouvelle direction de l'ANC, mise en place par Jacob Zuma, reconnaissaient, auprès des entrepreneurs et des représentants de la minorité blanche, les errements pratiqués dans le domaine de la discrimination positive et promettaient d'infléchir la politique du prochain gouvernement qui succéderait à celui de Thabo Mbeki[57]. Ainsi, Mathews Phosa, trésorier général de l’ANC, reconnaissait le « déficit de compétences dans des secteurs comme la gestion financière, les technologies de l’information, la gestion du système judiciaire et des questions sécuritaires » causé par la pratique de la discrimination positive. Il indiquait par ailleurs que le « personnel Blanc qualifié serait bien accueilli par la prochaine administration » en 2009[58].

La réforme agraire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Agriculture de l'Afrique du Sud.
Terres agricoles en Afrique du Sud

En 1994, 87 % des terres arables d'Afrique du Sud appartenaient à des fermiers blancs. L'objectif de la réforme agraire alors mise en place est de redistribuer 30 % des terres aux populations noires d’ici 2014[59]. Selon le procédé mis en place, l’État sud-africain rachète les propriétés au prix du marché pour les redistribuer selon le principe du volontariat. Les deux tiers des 79 000 réclamations, enregistrées avant la date butoir fixé au 31 décembre 1998, sont satisfaites mais il s'agit majoritairement de terres en zones urbaines et non dans les régions agricoles[60]. L'objectif de 30 % est par la suite repoussé à 2025[61]. La loi prévoit que les descendants des fermiers noirs, dépossédés par la force ou injustement indemnisés dans le cadre des lois adoptées depuis 1913, peuvent demander la restitution de leurs terres. En juillet 2005, la majorité des 4 000 participants au « Sommet sur la terre », a recommandé des expropriations alors que la vice-présidente Phumzile Mlambo-Ngcuka demandait d'« importer des experts du Zimbabwe ».

À la mi-2011, sur 24,6 millions d’hectares, près de 2 millions d'hectares (8 %) ont été transférés à 1,2 million de noirs alors que 60 000 blancs possèdent et gèrent 80 % des surfaces cultivables. Selon d’autres estimations, la part des transferts ne serait pas supérieure à 5 %[62]. Ce faible pourcentage s'explique par la volonté de l’État sud-africain d’éviter un effondrement de la production comme au Zimbabwe voisin au début des années 2000, parce que de nouveaux acquéreurs, incapables de maintenir des rendements équivalents, ont eux-mêmes revendu leurs terres, et surtout parce que le gouvernement devrait débourser jusqu'à 5 milliards d’euros pour dédommager les propriétaires pour atteindre les 30 % escomptés[62]. Le gouvernement ne veut pas que cette redistribution affecte la rentabilité économique de ces terres (l'Afrique du Sud est un pays émergent où l'agriculture ne représente cependant que 3 % du PIB). Dans la province du Limpopo, 90 % des terres agricoles font l’objet de réclamations mais les restitutions effectuées ont majoritairement tourné au désastre, marqué par une sous-exploitation de ces terres laissées en déshérence, faute d'encadrement technique et financier[63]. L’Université de Pretoria estime ainsi que dans 44 % des cas, la production a significativement baissé quand elle n'a pas tout simplement cessé dans 24 % des cas[59].

Le 31 août 2011, sous la pression politique de Julius Malema, le jeune chef de la ligue de jeunesse de l'ANC, le ministre de la Réforme agraire présente un nouveau projet de redistribution des terres dont l'objectif est de restreindre la propriété foncière privée, de restreindre l’achat de terres par des étrangers mais aussi de transférer des terres appartenant aux Blancs à des agriculteurs noirs[62].

Réquisition d'actifs d'entreprises par le pouvoir politique[modifier | modifier le code]

Depuis 1994, pratiquement tous les grands groupes miniers et les banques ont cédé entre 10 et 26 % de leur capital à des noirs, indiens et métis. Dans un premier temps, une petite élite noire, issue des leaders de l'ANC, s'est reconvertie avec succès dans les affaires en bénéficiant de grosses cessions de capital d'entreprises. Le plus riche d'entre eux est Patrice Motsepe qui est devenu le 2e Noir le plus riche au monde avec 3,3 milliards de dollars derrière le Nigérian Aliko Dangote avec 13,3 milliards de dollars selon le magazine Forbes en 2011.

Depuis 2000, des objectifs précis ont été négociés dans certains secteurs (mines, banques, distribution du pétrole, etc.). Ainsi, selon la charte minière de 2002, toutes les compagnies doivent céder 26 % de leur capital d'ici à 2014. Les Noirs devront représenter 40 % des cadres en 2009. Les compagnies qui ne respecteront pas ces conditions pourront perdre leurs droits d'exploitation.

Un arsenal législatif est d'ailleurs en cours d'adoption. Des objectifs précis seront fixés notamment en matière de cession de capitaux et de promotion interne des Noirs dans les entreprises. Toutes les entreprises y compris les PME devront remplir un bulletin de note (ceux qui auront les meilleures notes auront plus de chance de remporter les marchés publics). Les multinationales sont cependant exemptées.

Les fluctuations du rand et l'inflation[modifier | modifier le code]

En 2007, la monnaie nationale, le rand, s'était nettement dépréciée par rapport à l'euro et au dollar. En 2010-2011 par contre, elle s'est renchérie significativement. En 2012, le rand montre sa résistance face à l'euro.

Si en 1970, un rand valait un dollar, la monnaie sud-africaine n'a cessé de se déprécier depuis les années 1980. En février 2008, l'euro valait plus de 11 rands alors que le dollar valait 7,50 rands (soit une perte de 12 % de sa valeur depuis le début de la même année). En 2011, l'euro ne vaut plus que 9,90 rands et le dollar vaut 7,10 rands, ce qui semble confirmer la valeur refuge que le rand peut constituer face aux turbulences rencontrées en Europe et aux États-Unis. Depuis lors, en 2011, les taux ont sensiblement baissé, passant de 15 % en 2007 à moins de 9 % en 2011.

En 2007, l'inflation qui avait été jusque-là maîtrisée, atteint 8,6 % alors que la hausse des prix dépasse les 6 %, obligeant la Banque centrale sud-africaine à augmenter à quatre reprises ses taux d'intérêt[38]. En 2011, l'inflation retombe à 4 %.

Difficultés structurelles de l'économie sud-africaine[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, l'Afrique du Sud avait développé une large gamme d’hydrocarbures synthétiques. Elle y était contrainte par deux facteurs : l'Apartheid, qui avait entraîné un blocus des produits pétroliers, puis, bien plus tard, l’arrêt des livraisons en provenance de l’Iran, seul fournisseur de l’Afrique du Sud jusqu'à la révolution qui renversa le régime du Shah.

En 2008, la croissance sud-africaine a été minée par des coupures d'électricité qui ont paralysé les grandes villes, provoquent des embouteillages monstres sur les grandes artères et menacent l'économie du pays et de la région, en provoquant notamment la fermeture provisoire des principales mines d'or, de platine et de diamant. À la suite de cette crise qui remet en cause l'activité salariée de 450 000 personnes, le gouvernement fait son mea culpa pour n'avoir pas modernisé ou construit de centrales électriques depuis la fin de l’apartheid. Cette crise a menacé un temps la valeur du Rand en baisse constante à l'époque ainsi que la capacité de l'Afrique du Sud à organiser la Coupe du monde de football en 2010[64]. Ces prévisions alarmistes se sont véritablement vérifiées aux vues des pertes engendrées par la Coupe du Monde de football et ce malgré la mise en marche de nouvelles centrales électriques. Cette Coupe du Monde aura eu un effet dévastateur sur l'emploi, et entraîné des pertes financières estimées à 2,1 milliards d'euros[65].

Pour pallier cette pénurie et l'entrée en service d'ici 2012 de nouvelles centrales, le gouvernement prévoit d'imposer des quotas de consommation aux ménages et entreprises ainsi que l’installation d’un million de panneaux solaires en trois ans.

Néanmoins, à la fin du mandat du président Thabo Mbeki, de nombreuses faiblesses ou erreurs de sa gestion sont mises en exergue par la presse, notamment la dégradation de l'état des routes (qui demeure le meilleur réseau routier d'Afrique, devant celui du Maroc), les carences du système de santé publique[38], la dégradation des hôpitaux publics et des écoles publiques. La corruption et l'inefficacité de l'administration, par manque de personnel, de motivation et de moyens complètent le tableau des difficultés structurelles auxquelles fait face l'Afrique du Sud[66].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Malgré un coût du voyage assez élevé et des problèmes d'insécurité dans les villes, l'Afrique du Sud connaît un essor touristique continu[réf. nécessaire][67]. La découverte des réserves d'animaux aux excellentes structures d’accueil, reste l'argument principal du séjour, mais le pays présente de nombreux autres attraits.

La faune

En partant du Nord-Est vers le Sud-Ouest, l'amateur de faune trouve en Afrique du Sud l'une des plus grandes diversité d'animaux du continent[réf. nécessaire][68] :

Les paysages et les randonnées

Le clou des paysages sud-africains est une longue barrière montagneuse, le Drakensberg, qui court des confins du Mozambique jusqu'à la province du Cap. Les panoramas que le Drakensberg a engendrés dans le Transvaal, tout particulièrement ceux du canyon de la Blyde River (26 km) comptent parmi les plus beaux du pays. Ils attirent les randonneurs dont les plus chevronnés se lancent, à l'est du KwaZulu-Natal et du pays zoulou, vers les sommets au-dessus de 3 000 m de Cathedral Peak ou du Royal Natal National Park. Au sud, les paysages gagnent en diversité : on peut aussi bien apprécier les reliefs tourmentés et déchiquetés de la région désertique du Karoo et de la vallée de la Désolation que la douceur de la route des Vins, à l'est du Cap. Les huguenots chassés de France se sont installés dans cette région : « le coin des Français » (Franschhoek) et ces vignobles en sont un fort symbole. On peut également choisir des visites ponctuelles : tout près du Cap, les jardins botaniques de Kirstenbosh, les plus riches du pays grâce à leurs 4 500 espèces, ou les cavernes de Cango, réputées notamment parce qu'elles renferment des fresques et des motifs bochimans. D'autres peintures et gravures bochimans sont visibles dans le KwaZulu-Natal, le long de la frontière est du Lesotho (Royal Natal National Park, Giant's Castle), où il est aussi possible de se familiariser avec les coutumes du peuple zoulou. Deux curiosités caractérisent la région du fleuve Orange : les spectaculaires chutes Augrabies, d'une hauteur de 146 m, et les mines de diamant de Kimberley. La majorité de ces sites bénéficient d'une excellente structure touristique et d'un important réseau national de grandes randonnées.

Divers[modifier | modifier le code]

Lignes de téléphone : 4,642 millions (en 2007)
Téléphones portables : 42 millions (en 2007)
Postes de radio : 13,75 millions (en 1997)
Postes de télévision : 5,2 millions (en 1997)
Utilisateurs d'Internet : 5,1 millions (en 2005)
Nombre de fournisseurs d'accès Internet : 44 (en 2000)
Routes : 362 099 km (dont 73 506 km goudronnés) (en 2002)
Voies ferrées : 20 872 km (en 2006)
Voies navigables : n.c.
Nombre d'aéroports : 728 (dont 146 avec des pistes goudronnées) (en 2007)
Compagnie aérienne nationale : South African Airways
Compagnie nationale d'électricité : Eskom

Codes[modifier | modifier le code]

L'Afrique du Sud a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La typographie française prescrit, pour la graphie des noms d’unités administratives et politiques, des traits d'union entre les différents éléments d’un nom composé et une capitale à tous les éléments (sauf articles…). Voir l'article trait d'union#Noms des entités politiques et administratives. Il serait donc légitime d’écrire « Afrique-du-Sud » (Le Petit Robert des noms propres 2006). Néanmoins, le nouvel État a été admis aux Nations unies sous la forme française sans traits d'union. Le nom « République Sud-Africaine », très souvent employé en français, est incorrect

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en)Statistics South Africa - Recensement de 2011
  2. La graphie avec traits d'union, « Afrique-du-Sud », n'est jamais entrée dans l'usage même si elle se rencontre parfois. Elle s'applique en général aux collectivités administratives (régions, départements, communes), françaises ou francisées, comme la Corse-du-Sud ou le Royaume-Uni.
  3. « Mid-année population estimates 2011 », Statistics South Africa,‎ 2010 (consulté le 3 août 2010)
  4. a, b, c, d, e, f, g et h Où va l'Afrique du Sud ?, Laurence Daziano, maître de conférences en économie à Sciences Po, Le Point, 24 juin 2014
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  49. L'Afrique du Sud malade de ses viols, lepoint.fr, 26 février 2013
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  55. Les Blancs qualifiés fuient l’Afrique du Sud sur Afrik.com
  56. Ténèbres à midi, article d'André Brink traduit de l'anglais par Jean-Charles Burou, paru dans la journal français Libération le 24 juillet 2008
  57. Le parti au pouvoir en Afrique du Sud entre populisme et raison, article de Jeune Afrique du 28 août 2008
  58. « Les patriotes Blancs ont une place dans l’administration, selon le trésorier de l’ANC, article de l'agence de presse africaine du 21 août 2008 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
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  60. Pierre Prier, Le désarroi des fermiers blancs d'Afrique du Sud, Le Figaro, 24 novembre 2008
  61. Afrique du Sud : la question de la terre pose toujours problème, article de Radio France internationale du 14 octobre 2010
  62. a, b et c Afrique du Sud : une réforme agraire complexe et sous haute tension, Jeuneafrique.com, 1er septembre 2011
  63. Expropriation du premier fermier blanc, RFI, 2 novembre 2005
  64. Article de Libération du 28 janvier 2008 intitulé La croissance sud-africaine minée par des coupures de courant
  65. Article de JS Blog: Blog de Julien Sansonnens, conseiller communal, vice-président du POP vaudois intitulé "Coupe du monde : l’heure du bilan en Afrique du Sud"
  66. La difficile fin de règne de Thabo Mbeki, coupé de la population et piètre médiateur africain, article de Fabienne Pompey dans Le Monde du 28 février 2008
  67. Géobook 100 pays 6000 idées
  68. Géobook 110 pays 6000 idées

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Lugan, Histoire de l'Afrique du Sud, Paris, Ellipses,‎ 2010 (ISBN 2-729-85463-0)
  • François-Xavier Fauvelle-Aymar, Histoire de l'Afrique du Sud, Paris, Éditions du Seuil,‎ 2006 (ISBN 978-2-020-48003-1)
  • Guillaume Chassang, L'Afrique du Sud en territoire Xhosa : une société fragmentée et divisée, Paris, Société des écrivains,‎ 2007 (ISBN 978-2-748-03642-8)
  • Dominique Lapierre, Un arc-en-ciel dans la nuit : récit, Paris, Laffont,‎ 2008 (ISBN 978-2-221-11105-5)
  • Amadou Tidiane N'Diaye, Mémoire d'errance, Paris, Editions A 3,‎ 1998, 206 p. (ISBN 978-2-844-36000-7), « La bataille d'Isandhlawana »
  • Amadou Tidiane N'Diaye, L'empire de Chaka Zoulou, Paris Budapest Torino, l'Harmattan, coll. « Études africaines »,‎ 2002, 218 p. (ISBN 978-2-747-51920-5)
  • Amadou Tidiane N'Diaye, Par-delà les ténèbres blanches : enquête historique, Paris, Gallimard, coll. « Continents noirs »,‎ septembre 2010 (ISBN 978-2-070-13041-2)
  • Paul Coquerel, L'Afrique du Sud : Une histoire séparée, une nation à réinventer, Découvertes Gallimard, 2010
  • Didier et Jessica Reuss-Nliba, "Afrique du Sud", aux éditions Grandir, 2010, ouvrage documentaire destiné aux 8-12 ans.
  • Michel de Saint-Pierre, Les cavaliers du veld : roman, Paris, Albin Michel,‎ 1986 (ISBN 2-226-02781-5).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]