Jean-Claude Juncker

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Jean-Claude Juncker
Jean-Claude Juncker en mars 2014.
Jean-Claude Juncker en mars 2014.
Fonctions
12e président de la Commission européenne
En fonction depuis le 1er novembre 2014
(1 mois et 26 jours)
Gouvernement Commission Juncker
Législature 8e
Prédécesseur José Manuel Durão Barroso
2e Premier ministre luxembourgeois
(23e chef du gouvernement)
20 janvier 19954 décembre 2013
(18 ans, 10 mois et 14 jours)
Monarque Jean
Henri
Gouvernement Juncker/Poos
Juncker/Polfer
Juncker/Asselborn I et II
Prédécesseur Jacques Santer
Successeur Xavier Bettel
1er président de l'Eurogroupe
1er janvier 200521 janvier 2013
Successeur Jeroen Dijsselbloem
Ministre des Finances luxembourgeois
14 juillet 198923 juillet 2009
Premier ministre Jacques Santer
Lui-même
Prédécesseur Jacques Santer
Successeur Luc Frieden
Biographie
Date de naissance 9 décembre 1954 (60 ans)
Lieu de naissance Redange (Luxembourg)
Nationalité luxembourgeoise
Parti politique Parti populaire chrétien social, Parti populaire européen
Conjoint Christiane Frising
Diplômé de Université de Strasbourg
Profession Avocat
Résidence Capellen, Mamer (Luxemboug)

Signature

Jean-Claude Juncker
Premiers ministres luxembourgeois

Jean-Claude Juncker (prononcé, en luxembourgeois, [ ʒɑ̃ː.kloːd ˈjʊŋ.kɐ]), né le 9 décembre 1954 à Redange-sur-Attert, est un homme politique luxembourgeois. Ancien Premier ministre, il est président de la Commission européenne depuis novembre 2014, et pour une durée de cinq ans.

Il est choisi comme premier président de l'Eurogroupe (de part son statut de ministre des finances du Luxembourg), du 1er janvier 2005 jusqu’au 31 décembre 2006. Lors de la réunion de l’Eurogroupe du 8 septembre 2006 à Helsinki, il a été reconduit dans sa fonction de président pour un mandat de deux ans s’achevant le 31 décembre 2008. Il exerce cette fonction jusqu'au 22 janvier 2013.

Juncker est choisi, le 27 juin 2014, par les dirigeants européens, pour être durant 5 ans le président de la Commission. Le Parlement européen confirme ce choix le 15 juillet 2014 (vote à bulletin secret avec 422 voix pour, le nombre de voix nécessaire étant de 376). Le 1er novembre 2014, il prend ses fonctions et succède au Portugais José Manuel Durão Barroso[1].

Formation[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Juncker a effectué ses études secondaires auprès des pères du Sacré-Cœur à l'école apostolique de Clairefontaine (commune d'Arlon) en Belgique avant de passer son baccalauréat classique-littéraire au lycée Michel-Rodange à Luxembourg. Titulaire d'une maîtrise en droit de l'université de Strasbourg en 1979, il est assermenté comme avocat en février 1980. Il n'exercera cependant jamais ce métier.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Membre du Parti populaire chrétien social (CSV) depuis 1974, il en devient, en octobre 1979, le secrétaire parlementaire. Il en sera le président entre janvier 1990 et février 1995.

Juncker est nommé en décembre 1982, à 28 ans, secrétaire d'État au Travail et à la Sécurité sociale.

En juin 1984, il est élu pour la première fois au Parlement luxembourgeois et sera nommé ministre du Travail et ministre délégué au Budget dans le premier gouvernement dirigé par Jacques Santer, puis, après les élections législatives de juin 1989, ministre des Finances et ministre du Travail.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

La désignation de Jacques Santer comme président de la Commission européenne par le Conseil européen et sa confirmation à ce poste par le Parlement européen, conduit le grand-duc Jean à nommer Juncker Premier ministre et ministre d’État le 20 janvier 1995. Même en tant que chef du gouvernement, il continuera à exercer les fonctions de ministre des Finances, ministre du Travail et de l'Emploi et ministre du Trésor.

Juncker participa au Conseil pour les affaires économiques et financières (ECOFIN), étant un des architectes clefs du traité de Maastricht, et notamment de ce qui relevait de l'Union économique et monétaire.

En 1998 il est devenu le quatrième destinataire de la Vision pour l'Europe Award.

En mars 2009, il se dit "alarmé" par les propos du pape Benoît XVI sur le préservatif comme moyen de lutte contre la contamination par le SIDA[2].

En 2009, dans un discours devant le Parlement luxembourgeois, il souhaite élargir les possibilités d'avortement au Grand-duché. L'article 353 du Code Pénal affirme que l'avortement n'est pas punissable si la santé physique ou psychique de la femme enceinte est en danger. Le Premier Ministre souhaite que ce soit désormais possible en cas « détresse d’ordre physique, psychique ou social ». Il a dit à cette occasion

« Presque tout le monde dit que l’avortement doit rester l’exception. Nous avons besoin d’une meilleure éducation sexuelle à l’école. Nous devons préparer les enseignants de manière optimale à cette mission d’explication et d’information. Si on veut limiter au maximum le recours à la solution extrême que constitue l’avortement, il faut encourager des alternatives préventives. Aussi est-il logique que nous proposions l’accès gratuit aux moyens de contraception pour les femmes jusqu’à l’âge de 25 ans. La loi de 1978 prévoit une solution restrictive autorisant l’avortement sous réserve de certaines indications. »

Juncker soutient aussi l'introduction du mariage homosexuel au Luxembourg[3].

Législatives de 1999[modifier | modifier le code]

Après les élections législatives de juin 1999, remportées par le Parti populaire chrétien social, Jean-Claude Juncker est reconduit à la tête du nouveau gouvernement composé de représentants du PCS-CSV et du Parti démocratique, mettant ainsi fin à une coalition gouvernementale de quinze ans entre le PCS-CSV et le Parti ouvrier socialiste luxembourgeois. Jean-Claude Juncker garde également les portefeuilles des Finances et des Communications.

Gouverneur de la Banque mondiale de 1989 à 1995, Jean-Claude Juncker assume depuis 1995 la responsabilité de gouverneur du Fonds monétaire international (FMI) et de gouverneur de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).

Le 27 mai 2003, il devient citoyen d'honneur de la ville de Trèves.

Législatives de 2004[modifier | modifier le code]

En juin 2004, après la victoire de son parti, qui, avec plus de 35 % des voix, remporte vingt-quatre des soixante sièges aux élections législatives, et trois des six sièges aux élections européennes, Jean-Claude Juncker refuse, malgré l’« amicale » pression de la majorité des dirigeants européens, le poste de président de la Commission européenne.

Engagement pro-européen[modifier | modifier le code]

Lors de la réunion de Scheveningen du 10 septembre 2004, Jean-Claude Juncker est porté à la présidence de l'Eurogroupe, pour un mandat de deux ans, à compter du 1er janvier 2005, en devenant ainsi le premier président permanent. Il est reconduit dans ses fonctions pour un nouveau mandat de deux ans, courant jusqu'au 31 décembre 2008. À Bruxelles, il a été une nouvelle fois reconduit le 18 janvier 2010 pour un nouveau mandat de deux ans et demi.

Président de ce même conseil durant le premier semestre 2005, il a dû faire face à la non-ratification du projet de Constitution européenne de la part de la France et des Pays-Bas. Il fut également en désaccord avec le Premier ministre britannique, Tony Blair, concernant le budget européen. En 2006, il est lauréat du Prix International Charlemagne.

Il reçoit le titre de docteur honoris causa de l'université Robert-Schuman (Strasbourg-III) le 25 octobre 2007. En 2007, il reçoit la médaille St Liboire pour l'unité et la paix.

Annonce de démission du gouvernement et élections anticipées de 2013[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Juncker annonce la démission du gouvernement pour le 11 juillet 2013, à la suite d'un scandale concernant les services de renseignement[4], accusés d'avoir constitué une véritable police secrète et politique en fichant illégalement des centaines de milliers de citoyens[5].

Son parti, le Parti populaire chrétien social, reste la première formation politique du Parlement lors des élections législatives de 2013, mais perd des voix par rapport à la prédécente élection[6]. Malgré cela, Jean-Claude Juncker n'est pas reconduit à son poste[7]. En effet, les socialistes et les libéraux se sont entendus avec les verts, pourtant en perte de vitesse, pour avoir une (mince) majorité à la Chambre des Députés, et le libéral Xavier Bettel a pu s'installer au poste de Premier ministre du Grand-Duché et présider un gouvernement de coalition à trois.

Président de la commission européenne[modifier | modifier le code]

Début 2014, il est désigné candidat du PPE (battant le Français Michel Barnier) afin de mener la liste du parti aux élections européennes de 2014 et donc de briguer le poste de président de la Commission européenne en cas de victoire[8]. Les dirigeants de l'Union européenne le désignent, le 27 Juin 2014, pour prendre la présidence de la Commission européenne en novembre 2014.

En novembre 2014, Jean-Claude Juncker est à l'origine d'une proposition visant à encadrer les rapports entre les commissaires et les lobbyistes[9]. Il s'engage également à rendre obligatoire le registre des lobbies qui exercent à Bruxelles.

Le même mois, il est personnellement mis en cause dans l'affaire Luxleaks qui révèle de manière détaillée l'organisation de l'exil fiscal de plus de 1000 entreprises avec l'approbation de l'administration luxembourgeoise des impôts[10]. Le scandale embarrasse Juncker, ancien Premier ministre du Grand-Duché du Luxembourg de 1995 à 2013, qui sous la pression politique et médiatique[11] répond le 12 novembre 2014 n'avoir « jamais donné d’instructions sur aucun dossier particulier » dans ce cadre[12]. S'il fait valoir que les rulings fiscaux permettant aux entreprises d'obtenir des engagements de l'administration fiscale sur les impositions futures sont conformes aux règles internationales, il reconnaît également qu'ils vont à l'encontre de la « justice fiscale » et des « normes éthiques et morales »[13]. Pour le quotidien Les Échos, l'enquête « a sapé une partie de la légitimité de Jean-Claude Juncker » qui se verrait ramené « à un rôle de grand ordonnateur de l'évasion fiscale »[14]. Une motion de censure contre Juncker comprenant 77 signataires est initiée par le parti politique italien Mouvement 5 étoiles rejoint notamment par l'UKIP et le Front national. La motion précisant que « Jean-Claude Juncker ayant occupé le poste de Premier ministre pendant toute la durée de ces accords le rend directement responsable des politiques d'évitement fiscal »[15]. Elle a peu de chances de réussir, les conservateurs et des sociaux-démocrates qui ont la majorité au Parlement européen soutenant « sans ambiguïté » Jean-Claude Juncker[16].

Décorations honorifiques[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • "Bien entendu, il y aura des transferts de souveraineté. Mais serais-je intelligent d'attirer l'attention du public sur ce fait?" - In: Telegraph, 3 juillet 2007, cité par Patrice André dans son livre 'Mini-traité' européen - La Constitution par la force , Paris (éd. Fr.-X. de Guibert), 2007, p. 11.
  • En 2012, à l'université du Luxembourg, « nous ne sommes pas confrontés à une crise de l’euro, mais à une crise de la dette publique dans certains pays de la zone euro » et « dans cette crise de la dette publique, nous oublions parfois que les augmentations des déficits publics, provoquées par les programmes de relance de la conjoncture, ont été nécessaires afin de répondre à la crise économique et financière de 2008 »[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Communiqué du Parlement Européen : le Parlement élit Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne.
  2. http://benoit-et-moi.fr/2009-II/0455009beb0f1c20e/0455009c180b3e401.html
  3. http://www.gouvernement.lu/gouvernement/programme-2009/declaration-fr/index.html
  4. « Fragilisé par un scandale touchant les services secrets du Luxembourg, Juncker démissionne », mis en ligne le 10 juillet 2013.
  5. « Luxembourg : Jean--Claude Juncker démission », Le Nouvel Observateur, mis en ligne le 10 juillet 2013.
  6. « Luxembourg : Juncker en tête des législatives, mais affaibli », in Le Figaro, lundi 21 octobre 2013, page 8.
  7. Luxembourg : Jean-Claude Juncker pourrait être poussé vers la sortie, Le Monde.fr, 21 octobre 2013
  8. « Michel Barnier évincé de la course à la présidence de la Commission Européenne », leprogres.fr, 7 mars 2014.
  9. Jean-Claude Juncker veut mieux encadrer les relations avec les lobbyistes, Le Monde, 18 novembre 2014
  10. (en)Luxembourg tax files: how tiny state rubber-stamped tax avoidance on an industrial scale Simon Bowers, The Guardian, 5 novembre 2014
  11. «LuxLeaks »: Juncker contre-attaque, lefigaro.fr, 14 novembre 2014
  12. AFP (2014), LuxLeaks : Juncker refuse d’être considéré comme «l’ami du grand capital», article du journal Libération d'après une depêche AFP 12 novembre 2014
  13. Le G20 prêt à se montrer très agressif sur la fiscalité, Libération, 14 novembre 2014
  14. Le « LuxLeaks », une aubaine pour Jean-Claude Juncker, lesechos.fr, 20 novembre 2014
  15. (en) Jean-Claude Juncker faces censure vote over Luxembourg tax schemes, theguardian.com, 18 novembre 2014
  16. Motion de censure au Parlement européen contre la Commission Juncker, lemonde.fr, 18 novembre 2014
  17. [1]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]