Charlie Hebdo

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Charlie Hebdo
Image illustrative de l'article Charlie Hebdo

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Genre Presse satirique
Prix au numéro 3,00 euros
Diffusion 45 000[1] ex. (2012)
Date de fondation 1970
Ville d’édition Paris

Propriétaire Les Éditions Rotative
Directeur de publication Charb
Directeur de la rédaction Riss
Rédacteur en chef Gérard Biard
ISSN 1240-0068
Site web www.charliehebdo.fr

Charlie Hebdo est un hebdomadaire satirique français. Largement illustré, il est fait de multiples chroniques et pratique de temps en temps le journalisme d'investigation en publiant des reportages à l'étranger ou sur des domaines comme les sectes, l'extrême droite, le catholicisme, l'islamisme, le judaïsme, la politique, la culture, etc. Sa ligne éditoriale communément admise est de gauche. Selon Charb, la rédaction du magazine reflète en effet « toutes les composantes de la gauche plurielle, et même des abstentionnistes »[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Prémices[modifier | modifier le code]

L'histoire de Charlie Hebdo commence avec Hara-Kiri. S'étant connus en collaborant au magazine Zéro destiné à donner leur première chance aux jeunes talents, Georges Bernier, alias le Professeur Choron, et François Cavanna lancent en 1960 le mensuel Hara-Kiri, « journal bête et méchant ». Choron est le directeur de publication. Cavanna, rédacteur en chef, rassemble progressivement une équipe qui comprend Francis Blanche, Topor, Fred, Reiser, Wolinski, Gébé, Cabu. Interdit de publication dès 1961, il reparaît pour être de nouveau interdit en 1966. L'interdiction est levée six mois plus tard. Lorsqu'il reparaît, certains collaborateurs ne reviennent pas, tels Gébé, Cabu, Topor, Fred. On remarque les nouveaux : Delfeil de Ton, Fournier, qui signe alors Jean Nayrien Nafoutre de Sayquonlat et Willem.

1969-1981[modifier | modifier le code]

François Cavanna, l'un des fondateurs de Charlie Hebdo

En 1969, c'est cette équipe, rassemblée par Cavanna qui, tout en continuant le mensuel, décide de créer un hebdomadaire. Gébé et Cabu reviennent. En février 1969, Hara-kiri-hebdo est lancé. En mai 1969 il est renommé L'hebdo hara-kiri.

En novembre 1970, le général de Gaulle meurt, alors que dix jours auparavant un incendie dans une discothèque à Saint Laurent du Pont avait fait 146 morts. L'hebdo titre en couverture, de façon sobre, sans aucun dessin, « Bal tragique à Colombey - un mort »[3]. L'hebdo hara-kiri est interdit de paraître par le ministre de l'Intérieur, Raymond Marcellin. Faisant fi de l'interdiction, l'équipe décide que le journal doit continuer à paraître et trouve la parade en changeant son titre : il devient Charlie Hebdo. Ce nouveau titre vient du mensuel Charlie Mensuel, que Cavanna, Bernier et Delfeil de Ton avaient lancé en 1969[4]. Charlie devait son nom à Charlie Brown des Peanuts : Delfeil de Ton est pendant un an le rédacteur en chef de ce Charlie Mensuel et y publie, les introduisant ainsi aux adultes en France, les Peanuts de Charles M. Schulz (que le magazine Spirou avait déjà présentés en mini-récit à ses lecteurs, mais ceux-ci étaient des enfants). Charlie était initialement la version française du mensuel italien Linus (du nom d'un personnage des Peanuts), qui publiait des séries américaines classiques et des BD contemporaines. La plupart des séries anglo-saxonnes étaient traduites par Cavanna à partir des traductions italiennes de Linus. Lors de l’élection présidentielle de 1974, Charlie Hebdo appelle à l'abstention[réf. nécessaire].

Charlie Hebdo, quant à lui, continuera à paraître sous ce titre et ne reprendra pas l'une de ses appellations initiales L'Hebdo Hara-Kiri.

Le directeur de publication est Georges Bernier, le rédacteur en chef est Cavanna. Lors des dernières années de parution c'est « toute l'équipe » qui assure la rédaction en chef et Cavanna est nommé « ange tutélaire ». Vers 1977, le journal publia une chronique sur l'extrême droite de l'époque (le Groupe Action Jeunesse, le Groupe Union et Défense, les Groupes Nationalistes Révolutionnaires de base de François Duprat, appelés "greuneubeu", les Groupes de Base du Mouvement de Yves Bataille, ...) qui témoignait d'une objectivité et d'une connaissance surprenantes.

Le 23 décembre 1981, faute de lecteurs réguliers en nombre suffisant, la parution s'arrête au numéro 580. Un numéro 581 paraîtra un an plus tard en décembre 1982 pour commenter les incidents provoqués par les anciens membres du journal, dont le Professeur Choron, lors de l'émission Droit de réponse consacrée à la mort de l'hebdomadaire. Ce journal n'avait pas de revenus publicitaires, mais surtout pas assez d'abonnés[5]. Avant de disparaître, il lance un dernier gag, le quotidien Charlie Matin… qui ne paraît que trois jours de suite.

Depuis 1992[modifier | modifier le code]

L'acte de naissance du nouveau Charlie Hebdo correspond à la démission de Philippe Val et Cabu de La Grosse Bertha à la suite d'un différend avec le directeur de publication Jean-Cyrille Godefroy et à leur désir d'avoir leur propre hebdomadaire. Au cours d'une réunion-repas, à la recherche d'un titre, Wolinski lança « et pourquoi pas Charlie Hebdo, le titre est libre ! » La proposition fut immédiatement acceptée[6]. Philippe Val, Gébé, Cabu et Renaud apportèrent le capital pour financer le premier numéro. Une société par actions fut créée, Les Éditions Kalachnikof. Ils en détiennent environ 80 % ce qui les rend quasiment propriétaires du journal et assure son indépendance. Renaud vendra ses parts à son départ du journal, et la veuve de Gébé les revendra pour 300 000 euros à la société[7].

C'est ainsi que Charlie Hebdo nouvelle mouture est né en juillet 1992. Il bénéficia pour son lancement de la prestigieuse notoriété du Charlie Hebdo historique, d'autant plus qu'on y retrouvait les signatures vedettes des années 1970 : Cavanna, Delfeil de Ton, Siné, Gébé, Willem, Wolinski, Cabu et une maquette identique. Sont également présents Charb, Oncle Bernard, Renaud, Luz et Tignous. Il fut présenté et accueilli non comme un nouvel hebdomadaire mais comme la suite, la reparution de l'ancien. Le premier numéro s'est vendu à 120 000 exemplaires[8]. Sur la page de une, la légende titre URBA, Chômage, Hémophiles, Superphénix, on voit en dessous François Mitterrand dire « Et Charlie Hebdo qui revient ! »[9].

Le professeur Choron, à qui on n'avait pas proposé de poste par lui jugé acceptable, tenta pour sa part de relancer simultanément un Hara-Kiri hebdomadaire, où travaillait aussi Philippe Vuillemin, mais sa parution fut brève. Par la suite, il lancera La Mouise, vendu par des personnes à faible revenu (étudiants, SDF…) et leur assurant quelques revenus (initiative saluée d'ailleurs par Cavanna). Dans ce nouveau Charlie Hebdo, Philippe Val, Gébé et Cabu détiennent toutes les responsabilités. Philippe Val est directeur de rédaction, Gébé responsable artistique. Sous la direction de Philippe Val, le journal mène des combats rappelant la lignée contestataire d'extrême gauche. En cela, il se différencie de l'ancien Charlie Hebdo sans réelle ligne ni appartenance politique particulière, ce que le talent individuel reconnu de ses collaborateurs, rédacteurs et dessinateurs - humour corrosif, contestation efficace - et la stabilité de l'équipe renforçaient encore. Cette continuité et cette stabilité seront finalement malmenées. Plusieurs collaborateurs quitteront le journal ou en seront renvoyés. Les méthodes du nouveau directeur de rédaction du journal seront contestées au sein même de la rédaction, mises au jour parfois par plusieurs cas d'opposition ou de démission (Philippe Corcuff, Olivier Cyran, Lefred-Thouron, François Camé, Anne Kerloch, ainsi que des collaborateurs extérieurs réguliers…), voire de licenciements (par exemple le critique de cinéma Michel Boujut et l'actuelle collaboratrice du Monde diplomatique, Mona Chollet) à la fin des années 1990 et au début des années 2000.

Une large diversité d'opinions s'y exprime cependant, montrant que n'y existe pas de ligne éditoriale de prêt-à-penser. Comme Hara Kiri (aujourd'hui disparu), Charlie Hebdo est associé à une rare liberté de ton, et ce en son sein même, Charb ne se privant pas par exemple d'éreinter le fumeur Siné, et ce dernier incitant à voter « non » au référendum de 2005 sur la constitution européenne alors que Philippe Val milite fortement pour le « oui ». Le journal est édité tous les mercredis et publie également un certain nombre de hors-séries à périodicité variable.

2002-2004[modifier | modifier le code]

En novembre 2002, le chroniqueur philosophe Robert Misrahi publie une tribune sur l'ouvrage d'Oriana Fallaci La Rage et l'orgueil intitulée « Courage intellectuel » dans laquelle il fait un éloge de l'ouvrage. Il écrit notamment : « Oriana Fallaci fait preuve de courage intellectuel. […] Elle ne proteste pas seulement contre l'islamisme assassin. […] Elle proteste aussi contre la dénégation qui a cours dans l'opinion européenne, qu'elle soit italienne ou française par exemple. On ne veut pas voir ni condamner clairement le fait que c’est l’Islam qui part en croisade contre l'Occident et non pas l'inverse. »

Cet article crée une polémique auprès de plusieurs associations qui estiment que l'ouvrage contient des propos racistes et le soutien de Misrahi à l'auteur italienne est vivement critiqué dans des publications comme Acrimed. La semaine suivant la publication de l'article, plusieurs lettres de lecteurs choqués sont publiées dans Charlie Hebdo et une réponse de l'hebdomadaire à ces courriers désavoue le chroniqueur. Après les attentats du 11 septembre 2001, Charlie Hebdo se désolidarise de certains courants d'extrême gauche qui, par antiaméricanisme, n'ont pas condamné les islamistes. Ces positions lui vaudront des relations conflictuelles avec cette gauche tiers-mondiste, en particulier, lorsqu'il dénonce la présence de Tariq Ramadan au FSE en 2003. Dans son éditorial du 15 novembre 2003, Philippe Val dénonce une « rhétorique immuablement semblable à celle qui innerva l’Europe d’avant-guerre » et qui, « a de quoi alarmer tous ceux qui savent comment meurent la paix et la démocratie ». Il affirme que Tariq Ramadan « est un propagandiste antisémite ». Il critique une partie de la gauche à qui il prête des positions antisémites au nom de l'antiracisme, se référant en particulier à la conférence de Durban en 2001 durant laquelle le sionisme fut assimilé à une politique raciste.

Après le décès de Gébé, Philippe Val, toujours rédacteur en chef, lui succède comme directeur de la publication. La vente est d'environ 60 000 exemplaires[réf. nécessaire]. En décembre 2004, le sociologue Philippe Corcuff, chroniqueur depuis avril 2001, quitte Charlie Hebdo suite à des désaccords éditoriaux avec la direction et en particulier avec Philippe Val[10].

2006[modifier | modifier le code]

Des gendarmes protègent Charlie Hebdo à la suite de la publication des caricatures.

Tandis que le tirage régulier est de 140 000 exemplaires, le 8 février 2006 160 000 sont publiés et vendus. Le journal procède alors à deux réimpressions et 400 000 exemplaires s'écoulent[11]. Cette semaine-là[12], Charlie Hebdo publie la série de caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten. La semaine précédente, ces dessins avaient déclenché des protestations dans des pays à majorité musulmane après que des imams danois y avaient fait campagne contre elles. Certains voient dans cette démarche, une tentative d'augmenter l'autocensure pratiquée par des pays européens à propos de l'islam. Des organisations musulmanes françaises comme le Conseil français du culte musulman, ont demandé l'interdiction du numéro, qui contient également des caricatures de Mahomet dessinées par les collaborateurs réguliers du journal. Cette demande n'a pas abouti à cause d'un vice de procédure. Le président de la République, Jacques Chirac condamne par la suite ces « provocations manifestes ». L'affaire des caricatures amène la publication du Manifeste des douze le 1er mars 2006.

Le 15 mars 2006, le ministère de la Culture organise une soirée en l'honneur du dessin de presse pour saluer les dessinateurs et caricaturistes après l'affaire en question. Plantu, Cabu, Wolinski et les plus jeunes Sattouf, Jul, Charb et Luz, tous les dessinateurs de Charlie sont particulièrement salués. Un hommage est adressé aux caricaturistes, occasion, un mois après la polémique suscitée par la publication des caricatures de Mahomet, d'entendre le directeur de cabinet du ministre, Henri Paul, réaffirmer leur statut d'« acteurs de la liberté », et d'apprendre la création d'une « mission pour la conservation et la valorisation du dessin de presse », parrainée par Wolinski. L'association des amis d'Honoré Daumier, avait inspiré l'événement[13].

Libération publie des réflexions de plusieurs dessinateurs du journal, en réaction à cette affaire :

Charb déclare : « J'ai vu les dessins, c'est énormément de bruit pour pas grand-chose. En France, je parle pour Charlie, on a publié des représentations du prophète qui étaient beaucoup plus choquantes que ce qui a été publié au Danemark. Une fois, une association musulmane très minoritaire et plutôt discrète a intenté un procès à Charlie parce qu'un dessin avait mis en scène le prophète. Ils sont allés en justice, ils ont perdu. À Charlie, avant qu'on soit embêtés par les musulmans intégristes, on a eu affaire à l'extrême droite catholique. Ça s'est terminé normalement devant les tribunaux, ils ont perdu et voilà. Ils attaquent pour tester en espérant gagner et que la législation change. Les juifs, on doit constater qu'ils ne nous font pas chier. Dans Charlie, on traite surtout de l'Église catholique parce qu'elle est encore très majoritaire ». Luz explique « en tant qu'athée, il est évident puisque l'on est dans un pays catholique que l'on va s'attaquer plutôt aux catholiques qu'aux musulmans, et plutôt au clergé, qui est le vrai représentant de cette aliénation, qu'à Dieu. Après, tout dépend du média qui porte le message. Quand c'est Charlie Hebdo, la critique ne porte pas sur les musulmans mais sur l'aliénation dans la foi ». De son côté, Jul explique également « c'est beaucoup plus facile de faire des dessins violents sur les chrétiens que sur les autres religions. Sans doute parce qu'on est dans un pays catholique. On ne peut pas taper sur une religion minoritaire comme on tape sur une religion majoritaire. Si l'hystérie provoquée par ces dessins est aussi forte, c'est aussi parce qu'il y a un racisme anti-arabe et anti-musulman en Europe. Mais je trouve totalement anormal que cette affaire ne se soit pas simplement réglée devant les tribunaux[14] ».

D'autres intellectuels comme le philosophe Michel Smadja dans le même journal, qui loue le travail de Charlie Hebdo, écrit à ce propos : « comment se fait-il que Charlie Hebdo et ses collaborateurs (dont Caroline Fourest) semblent un vivier d'intelligence du monde et d'honnêteté bien plus crédible que certaines unités du CNRS ? Peut-être parce que, dans la rédaction de ce journal satirique, on a conservé l'idée qu'être de gauche n'est pas une simple posture sociale, mais plutôt, avant toute prise de position, l'exigence de la lucidité »[15].

2007-2009[modifier | modifier le code]

Ancien siège[Quand ?] de Charlie Hebdo à Paris.

Charlie Hebdo a été poursuivi par la Grande Mosquée de Paris, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) et la ligue islamique mondiale pour la publication de deux des caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten ainsi que la une dessinée par Cabu représentant « Mahomet débordé par les intégristes » déclarant que « c'est dur d'être aimé par des cons » (Le Monde du 08/02/07). Le procès de Charlie Hebdo, qui s’est tenu au Tribunal de grande instance de Paris du 7 au 8 février, a abouti à la relaxe, requise par le procureur de la République, et prononcée le 22 mars[16]. Joann Sfar a publié un compte-rendu du procès dans un de ses carnets. Le CFCM se déclara néanmoins pour sa part satisfait des attendus du jugement. La société éditrice de Charlie Hebdo, les Éditions rotatives, est bénéficiaire de 968 501 euros. Sur cette somme, 85 % ont été reversés aux actionnaires (Philippe Val et Cabu ont touché 330 000 euros, Bernard Maris 110 000 euros et Éric Portheault, responsable financier, 55 000 euros)[7].

En juillet 2008 éclate l'« affaire Siné », qui aboutira au licenciement du dessinateur (lire plus bas). En août, Charlie lance sa propre maison d'édition, Les Échappés, dirigée par le dessinateur Riss. Le 10 septembre, l'hebdomadaire lance son site Internet[17]. Le même jour paraît le premier numéro de son concurrent Siné Hebdo.

Le 12 mai 2009, le journal indique dans un communiqué que Philippe Val quitte son poste pour rejoindre Radio France[18]. Le dessinateur et chroniqueur Charb devient le nouveau directeur de la publication et le dessinateur Riss occupe désormais les fonctions de directeur de la rédaction avec pour adjointe la journaliste Sylvie Coma. Le départ de Philippe Val, à la tête du journal (d'abord comme rédacteur en chef, puis directeur de la publication et de la rédaction) depuis 17 ans, ouvre une nouvelle ère. Dans l'éditorial du numéro 899 de Charlie Hebdo, Charb annonce un « Charlie 3 ». Riss affirme qu'« il y aura plus de dessins et les textes seront plus courts, mais c’est tout ». Pour Charb, « le principal changement c’est que Charlie ne sera plus associé à [Philippe] Val. (...) On a envie de renouer avec ce qui nous rassemble : le goût de la satire. »[19] Enfin, le journal s'ouvre à l'investigation, genre journalistique jusque là peu présent dans les colonnes de l'hebdomadaire satirique, avec les signatures de Guillaume Dasquié et Laurent Léger[20]. En octobre 2009, Charlie Hebdo était vendu à 53 000 exemplaires, dont 13 000 par abonnement[21].

Depuis 2010[modifier | modifier le code]

Nouveau siège du journal rue Serpollet à Paris

Confronté à une diminution des ventes, le journal fait appel, début avril 2010, à un prestataire de service afin d'optimiser sa diffusion et limiter les retours[22]. Le 9 juin, le prix de l'hebdomadaire, qui n'avait pas augmenté depuis 9 ans, passe à 2,50 euros au lieu de 2 euros. Selon le directeur de la publication Charb, cette augmentation de 25 % est liée à l'augmentation des charges qui pèsent sur le journal (papier, impression, électricité, etc.). Le même réaffirme auprès des lecteurs la volonté d'indépendance de la rédaction de Charlie Hebdo : « En pleine crise de la presse (en pleine crise tout court), nous n’avons pas et nous ne voulons pas d’industriels fortunés comme actionnaires. Pas plus que nous ne voulons dépendre de la publicité. Nous ne touchons donc pas les aides de l’État dont bénéficient les journaux dits « à faibles ressources publicitaires », puisque, de publicité, nous n’en avons pas. L’indépendance, l’indépendance totale, a un prix. La presse gratuite coûte des millions de compromis éditoriaux, la presse libre coûte, elle, 2,50 euros. Et son existence ne repose que sur vous[23]. »

Le 16 février 2011, Charb annonce dans le journal que Philippe Val, son prédécesseur à la tête de l'hebdomadaire, n'est plus actionnaire de Charlie Hebdo. Il cède toutes ses parts pour un euro symbolique. Le capital du journal est désormais partagé entre Charb (600 parts), Riss (599), Éric Portheault (299), Bernard Maris (1) et Cabu (1). Les actions sont estimées à zéro euro, selon Charb[24]. Le 5 avril, Charb annonce dans Libération que Charlie Hebdo déménage dans des locaux porte de Montreuil, à Paris. Les ventes du journal se situent autour de 48 000 exemplaires hebdomadaires, dont 12 000 abonnés, indique le directeur de la publication[25]. Dans la nuit du 1er au 2 novembre 2011, les locaux de Charlie Hebdo (situés au 62, boulevard Davout, 20e arrondissement[26]) sont la cible d'un incendie criminel provoqué par un cocktail molotov[27]. Le site du journal est piraté, la page d'accueil étant remplacée par une photo de La Mecque et des versets du Coran[28]. Ces attaques font suite à l'annonce de la sortie du journal daté du 2 novembre, baptisé spécialement Charia Hebdo avec Mahomet comme rédacteur en chef afin de « fêter la victoire » du parti Ennahda en Tunisie[26]. À la suite de l'incendie, l'équipe de Charlie Hebdo a été hébergée durant deux mois dans les locaux de Libération, avant de rejoindre de nouveaux locaux dans le 20e arrondissement de Paris[29]. À ce jour, l'enquête n'a pas démontré de lien entre les deux faits.

En janvier 2012, Charlie Hebdo publie une fausse affiche de la candidate Marine Le Pen, qui portera plainte[30].

Le 19 septembre 2012, une vive polémique naît à la suite de la publication de nouvelles caricatures du prophète Mahomet avec de nombreuses condamnations tant de la part de certains dirigeants politiques que d'instances religieuses tels que le Conseil français du culte musulman (CFCM)[31] ou encore le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF)[32]. Rappelant que « la liberté d’expression constitue l’un des principes fondamentaux de la République », le Premier ministre Jean-Marc Ayrault affirme pour sa part « sa désapprobation face à tout excès »[33].

François Fillon et Marine Le Pen ont à cette occasion défendu Charlie Hebdo[34]. Ces caricatures sont par ailleurs perçues comme une provocation alors même que des émeutes secouent le monde musulman quelques jours après la diffusion d'une vidéo qualifiée d'« anti-islam »[35]. Une plainte a été déposée au parquet de Paris contre Charlie Hebdo pour « provocation à la haine » par l'Association syrienne pour la liberté. Une autre plainte pour « diffamation » et « injure publique » a été déposée à Meaux par l'Association des musulmans de Meaux et de sa région[36]. Le site web de Charlie Hebdo est, le jour même, piraté et rendu inaccessible[37].

Positionnement[modifier | modifier le code]

Charlie Hebdo, publication satirique de tradition libertaire, à l'esprit caustique et irrespectueux hérité de Hara-Kiri, a gardé une réputation marquée à gauche. Si l'hebdomadaire fustige plus volontiers les idées et hommes politiques de droite, il n'est guère complaisant avec les partis de gauche, qu'ils soient au gouvernement ou non. Il est fréquent que les différents chroniqueurs soient en désaccord plus ou moins profond, par exemple lors du référendum sur la Constitution européenne.

Son directeur de rédaction était, jusqu'en 2007, Philippe Val. Si ce dernier se définit comme social-démocrate, la rédaction de Charlie Hebdo ne suit pas nécessairement ses positions de manière tout à fait uniforme. Certains collaborateurs historiques (Siné, Cavanna, Charb) maintiennent en effet des positions divergentes.

Polémiques[modifier | modifier le code]

Dispute avec le Professeur Choron[modifier | modifier le code]

Georges Bernier (professeur Choron, d'après le nom de la rue du neuvième arrondissement de Paris où fut installé le siège de Hara-Kiri) était pour des raisons historiques propriétaire du titre Hara-Kiri et autres titres des éditions du Square. Le titre Charlie Hebdo ne fut jamais déposé légalement. C'est lui qui avait été directeur de toutes les publications hara-kirienne des éditions du Square et en assurait la gestion financière. Selon Cavanna, sans lui, Hara-Kiri n'aurait jamais pu exister, pas plus que les publications qui en émanèrent, dont Hara-Kiri hebdo nommé Charlie Hebdo pour seule raison d'interdiction du premier. S'il accepta de prendre tous les risques financiers (nombreux procès et mauvaises ventes pour certains titres), il fut de par sa personnalité même un très mauvais gestionnaire.

Aucune place ne lui fut réellement proposée dans le nouveau Charlie Hebdo de 1992. Sa réaction immédiate fut de lancer son propre hebdomadaire satirique nommé Hara-Kiri, qui eut peu de succès et finit par disparaître, et d'intenter un procès à Charlie Hebdo tout en laissant la disposition du titre à la nouvelle équipe pendant six mois. Pour des raisons strictement juridiques, les membres de l'équipe historique ne firent pas valoir leur droit à être ensemble les détenteurs du titre. Il y fut plaidé le droit d'auteur. Delfeil de Ton révéla toutefois dans sa chronique du Nouvel Observateur le 14 août 2008[38] que chaque membre de la nouvelle équipe livra au tribunal un papier signé attestant que Cavanna était l'unique inventeur du titre. Cela pourrait être considéré comme un faux, et du reste, Delfeil de Ton n'a été ni contredit, ni attaqué en diffamation.

Cet élément n'étant alors pas connu, Georges Bernier perdit son procès. Par décision de la 3e chambre du tribunal de grande instance de Paris, le , Cavanna est reconnu, de droit, l'auteur du titre. En 2002 il est également reconnu comme propriétaire de la formule « Hara Kiri : journal bête et méchant » qui figure dès lors dans un bandeau sur la quatrième de couverture de l'hebdomadaire regroupant les « couvertures auxquelles vous avez échappé ».

Georges Bernier s'exprima de façon virulente envers Philippe Val dans son mensuel, Zéro, et lança un autre magazine satirique nommé La Mouise, vendu par et pour des SDF.

Lors de la parution du livre Les années Charlie en 2004, il n'est cité que brièvement dans une préface de Cavanna (il y est fait mention de l'odeur de ses cigarettes dans les locaux du journal). La plus célèbre Une du journal, « Bal tragique à Colombey », dont il est l'auteur[39], ne lui est pas créditée non plus.

Direction par Philippe Val[modifier | modifier le code]

Le journal connaît des polémiques par rapport à sa ligne éditoriale et son fonctionnement interne :

  • Philippe Val décidait seul du dessin sélectionné pour être publié en Une. Alors qu'avant 1981 la décision était prise à l'unanimité[40].
  • Philippe Val, membre fondateur d'Attac, fut rayé de la liste des membres fondateurs d'Attac, à sa demande. Il se trouve toutefois qu'il n'avait jamais payé sa cotisation. Le journal PLPL est critique envers Philippe Val, ce qui lui pose quelques problèmes. Philippe Val est en effet plus proche de la gauche parlementaire que de l'extrême-gauche. Sa position est bien éloignée des positions éternellement ambiguës de Choron. On lui reproche également sa stigmatisation fréquente de l'altermondialisme.
  • Certains anciens collaborateurs de Charlie Hebdo comme Olivier Cyran ont participé et participent encore au journal CQFD. Libération a décrit CQFD comme le journal des déçus de Charlie Hebdo, qui a démenti... mais interdit à cinq de ses dessinateurs de collaborer à CQFD (cf. CQFD de juin 2003 [3]). Cela dit, Charlie Hebdo n'est pas une chapelle, Wolinski en restait membre même quand il travaillait de front à L'Humanité (sa collaboration à Paris Match fut d'ailleurs presque autant contestée). De même, Charb publie régulièrement dans l'Humanité et Fluide glacial, et Cabu dans le Canard enchaîné.
  • Bien qu'indépendant de toute forme de publicité, Charlie Hebdo a tout de même conclu un accord avec le journal Libération et affiche chaque semaine dans ses pages une publicité (la seule) présentant la Une de ce journal.
  • Philippe Val est particulièrement virulent envers Internet et a longtemps refusé que Charlie Hebdo s'en serve pour communiquer, par le biais d'un site web par exemple. Il a fait fermer le site d'un particulier qui faisait un résumé hebdomadaire des éditions de Charlie Hebdo. En revanche, le fait qu'il ne mette plus systématiquement son courriel en signature comme il le faisait il y a quelques années peut être vu comme une mesure de protection de sa tranquillité : sans doute pour éviter les spams et insultes faciles. Le 10 septembre 2008, cependant, Charlie Hebdo annonce en page 3 le lancement de son site Internet : www.charliehebdo.fr.
  • La direction de Charlie Hebdo par Philippe Val s'achève courant mai 2009, lorsque ce dernier décide de rejoindre Jean-Luc Hees, le nouveau président de Radio France. Cette information a été divulguée par l'hebdomadaire, sans toutefois donner de détails sur le poste qu'occupera Philippe Val à Radio France.
  • Charb, dessinateur et chroniqueur au sein de l'hebdomadaire, lui succède à la direction de la publication et le dessinateur Riss aux fonctions de directeur de la rédaction, avec pour adjointe la journaliste Sylvie Coma. Bernard Maris quitte ses responsabilités à la direction de la rédaction, mais il prend à sa charge l'éditorial. Enfin, Gérard Biard demeure rédacteur en chef du journal.

Licenciement de Siné[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Siné.
  • Dans le numéro du 2 juillet 2008, Siné, dans sa chronique hebdomadaire « Siné sème sa zone », ironise sur l'ascension de Jean Sarkozy. Il y fait notamment allusion aux fiançailles de celui-ci avec l'héritière, de confession juive, des fondateurs du groupe Darty, et à une possible conversion au judaïsme (rumeur lancée par Patrick Gaubert, président de la Licra dans Libération du 23 juin 2008). L'entourage de Jean Sarkozy signale[41] cette chronique à Claude Askolovitch du Nouvel observateur, qui la déclare « antisémite » sur RTL. Philippe Val, qui affirme l'avoir publiée sans la lire[42], reçoit un coup de téléphone[41] d'un proche collaborateur de Jean Sarkozy, écrit une lettre d'excuse et demande à Siné de la signer[43]. Il est également prévu que la rédaction du journal dans son ensemble signe un texte désavouant l'article de Siné. Ce texte ne sera finalement pas publié, une partie de la rédaction — notamment Michel Polac — refusant de s'y associer, mais Siné considère néanmoins cette initiative comme une « pétition contre lui » et refuse alors de présenter des excuses[42]. Philippe Val annonce dans le numéro du 16 juillet la fin de la collaboration du journal avec Siné. Celui-ci accuse alors Val d'avoir cherché un prétexte pour le licencier en raison de leur désaccord à propos de Denis Robert et Clearstream pour lequel il l'attaquait également dans le même article[44], l'avocat de Charlie Hebdo étant aussi avocat de Clearstream.
  • L'éviction de Siné entraîne une vive polémique médiatique. Deux tendances opposées s'affrontent dans les médias français, l'une prenant la défense de Siné, l'autre dénonçant ses propos comme étant antisémites. Philippe Val fait l'objet de nombreuses attaques affirmant que la chronique incriminée n'aurait été qu'un prétexte pour se débarrasser d'un collaborateur historique de Charlie Hebdo avec lequel il avait très peu d'affinités. Des pétitions sont lancées dans les deux camps, et de nombreuses personnalités prennent parti pour l'un ou l'autre.
  • Siné est cité à comparaître le 9 septembre 2008 devant la 6e chambre correctionnelle (presse) du tribunal de grande instance de Lyon par la LICRA pour « incitation à la haine raciale ». L'audience sur le fond a été fixée au 29 janvier 2009. Elle se tient finalement les 27 et 28 janvier 2009.
  • Le 10 septembre 2008, Siné lance son propre hebdomadaire : Siné Hebdo, disparu en 2010, qui a été tiré jusqu'à plus de 100 000 exemplaires chaque semaine.
  • Le 24 février 2009, il est relaxé à Lyon, les juges considérant que Siné avait usé de son droit à la satire.
  • Le 30 novembre 2010, le tribunal de grande instance de Paris condamne la société les Éditions Rotatives, société éditrice du journal Charlie Hebdo, à payer à Siné 40 000 euros de dommages et intérêts pour rupture abusive de leur collaboration.
  • En décembre 2012, la cour d’appel de Paris confirme la condamnation de Charlie Hebdo et augmente le montant des dommages et intérêts à 90 000 euros[45].

Équipes[modifier | modifier le code]

Direction[modifier | modifier le code]

La rédaction de Charlie Hebdo est composée de journalistes et de dessinateurs, qui sont aussi des chroniqueurs. Depuis mai 2009, le directeur de la publication est le dessinateur/chroniqueur Charb et le directeur de la rédaction est le dessinateur Riss[20]. Ce dernier a pour adjointe la journaliste Sylvie Coma. La rédaction en chef est assurée par le journaliste Gérard Biard. Enfin, le dessinateur Cabu est directeur artistique de l'hebdomadaire satirique, une fonction originale dans le milieu de la presse.

Dessinateurs[modifier | modifier le code]

Réguliers
Occasionnels
Anciens
  • Bernar (mort en 2006)
  • Blutch (auteur du feuilleton Le petit Christian paru aux éditions L'Association, dont quelques planches ont été publiées par Charlie Hebdo durant l'été 2008)
  • Gébé (mort en 2004)
  • Jul
  • Lefred Thouron (a quitté le journal en août 1996 lorsque son dessin sur les problèmes judiciaires de Patrick Font a été refusé par Philippe Val)
  • Mougey (2001-2003 puis 2008, entre au Canard enchaîné en juin 2010)
  • Jean-Marc Reiser (mort en 1983)
  • Joann Sfar (a quitté le journal en 2005)
  • Siné (licencié en juillet 2008)
  • Jacques Tardi (de 1992 à 1996)

Rédacteurs[modifier | modifier le code]

Réguliers
Occasionnels
  • Alexandre Benech (mouvements d'extrême droite)
  • Raphaël Chevrier (sciences)
  • Hélène Constanty (enquêtes)
  • Ben Cramer (nucléaire militaire)
  • Lou Forster (critique théâtre)
  • Philippe Laurent (histoire)
  • Roger Lenglet (enquêtes)
  • Jean-Baptiste Malet (reportages)
  • Natacha Parra (environnement)
  • Luc Richard (Chine, Asie)
  • Gilles Rof
  • Olivier Vilain (enquêtes)
Anciens

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Egen, La Bande à Charlie[48], Éditions Stock, 1976.
  • François Cavanna et Philippe Val présentent Les années Charlie 1969-2004. Éditions Hoëbeke, 2004. Recueil de unes et de dessins.
  • Stéphane Mazurier, Bête, méchant et hebdomadaire. Une histoire de Charlie Hebdo (1969-1982), Buchet-Chastel, 2009.
  • Charlie Hebdo Les 1000 Unes, 1992/2011, collectif, édition Les Échappés, 2011.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1], nouvelobs, 4 Octobre 2012.
  2. «Charlie Hebdo, c'est la gauche plurielle» sur lecourrier.ch du 9 avril 2010
  3. no 94 du lundi 16 novembre
  4. Delfeil de Ton, « Vive Siné ! », Le Nouvel observateur, no 2281 du 24 juillet 2008, p.  2
  5. Paradoxe : dans les premiers numéros, le coupon d'abonnement mentionnait « Abonnez-vous, mais on aime mieux pas, sinon ça nous oblige à vous l'envoyer »
  6. Philippe Val, Les Années Charlie, Hoëboeke, 2004
  7. a et b De la bande de copains à l'entreprise prospère, Yves-Marie Labé et Dorian Saigre, Le Monde, 30/07/08
  8. «Cabu et Val écrivent à l'Obs»
  9. N°1, 1992
  10. BELLACIAO - Philippe Corcuff quitte Charlie Hebdo - Philippe Corcuff
  11. [2]
  12. Une semaine après le quotidien France-Soir, qui fut le premier journal français à publier les caricatures le 1er février 2006.
  13. [réf. incomplète]Cf. Le Point du 23 mars 2006.
  14. Libération
  15. LeMonde.fr : Du bon usage du pamphlet
  16. « Relaxe pour Charlie », Charlie enchaîné, 22 mars 2007.
  17. « Charlie Hebdo a (enfin) un site officiel ! », Charlie enchaîné, 10 sept. 2008.
  18. « Philippe Val quitte Charlie », site internet de Charlie Hebdo, mardi 12 mai 2009.
  19. « Charlie Hebdo après le départ de Philippe Val », lesinrocks.com, 18 juin 2009.
  20. a et b «Où en est Charlie», Charlie enchaîné, 9 juil. 2009.
  21. « Charb au charbon », Le nouvel Économiste, 22 octobre 2009.
  22. « Charlie Hebdo fait appel à un prestataire pour réaliser des économies », Charlie enchaîné, 19 avril 2010.
  23. Éditorial de Charb du mercredi 9 juin 2010.
  24. « Cabu reste actionnaire de Charlie Hebdo », Charlie enchaîné, 4 mars 2011.
  25. « Charlie Hebdo déménage », Charlie enchaîné, 6 avril 2011.
  26. a et b http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/le-siege-de-charlie-hebdo-detruit-par-un-incendie_1046662.html
  27. « “Charlie Hebdo” incendié, Guéant dénonce un “attentat” », Libération, 2 novembre 2011.
  28. « Le siège de Charlie Hebdo détruit par un incendie criminel », Rue89, 2 novembre 2011.
  29. [vidéo] Charlie Hebdo a trouvé de nouveaux locaux, reportage de BFM TV le
  30. http://leplus.nouvelobs.com/contribution/630181-charlie-hebdo-soutenu-par-marine-le-pen-bonjour-l-hypocrisie.html
  31. « Le CFCM condamne les dessins islamophobes de Charlie Hebdo et appelle les musulmans à ne pas céder à la provocation », site du CFCM, 18 septembre 2012.
  32. « Le Crif désapprouve les caricatures de Mahomet dans “Charlie Hebdo” », Le Point, 19 septembre 2012.
  33. « Caricatures/ Charlie Hebdo - Communiqué de Jean-Marc Ayrault (18 septembre 2012) », site du Ministère des Affaires étrangères et européennes français, 18 septembre 2012.
  34. « EN DIRECT. “Charlie Hebdo” : Washington s'en mêle », Le Nouvel Observateur, 19 septembre 2012
  35. « Vidéo anti-islam : vendredi de révolte dans le monde musulman », Le Nouvel Observateur, 14 septembre 2012.
  36. « Plainte en France contre “Charlie Hebdo” après ses caricatures de Mahomet », Le Monde, 19 septembre 2012.
  37. « Caricatures : site de Charlie Hebdo piraté », Le Figaro, 18 septembre 2012.
  38. Nouvelobs
  39. Confirmé par Georges Wolinski dans le film Choron Dernière de Pierre Carles et Éric Martin.
  40. Selon Wolinski, Charb, Philippe Val et une partie de la rédaction dans Choron, dernière (21e minute), coréalisé par Pierre Carles et Éric Martin, 2009.
  41. a et b Éditorial de Philippe Val, Charlie Hebdo du 30 juillet 2008.
  42. a et b Arnaud Borrel, « Charlie hebdo zappe Siné », Marianne2.fr, 15 juillet 2008.
  43. « Rififi à "Charlie" », bakchich.info, 12 juillet 2008.
  44. « Renvoyé de "Charlie Hebdo", le dessinateur Siné veut porter plainte », Le Monde, 17 juillet 2008.
  45. «Charlie Hebdo» doit verser 90 000 euros à Siné Libération avec AFP, 17 décembre 2012
  46. a et b Caroline Fourest et Fiammetta Venner ont publié un encadré « Au revoir, Charlie » dans le nº 903 du 7 octobre 2009 pour annoncer leur départ du journal après six années de collaboration continue.
  47. a et b «Emmanuelle Veil rejoint Siné Hebdo», Charlie enchaîné, 25 fév. 2009.
  48. Interrogé à Apostrophes en présence de l'auteur sur ce qu'il pensait du livre, Cavanna suggéra "d'aller plutôt directement aux sources". Dans l'hebdomadaire, il précisa qu'il n'avait alors pas encore lu le livre, et avait trouvé celui-ci depuis "plutôt bien fait"