Dominique de Villepin

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Dominique de Villepin
Dominique de Villepin lors du lancement de République solidaire, le 19 juin 2010.
Dominique de Villepin lors du lancement de République solidaire, le 19 juin 2010.
Fonctions
18e Premier ministre français
(166e chef du gouvernement)
31 mai 2005[1]15 mai 2007
(1 an, 11 mois et 14 jours)
Gouvernement Dominique de Villepin
Législature XIIe (Cinquième République)
Coalition Majorité présidentielle
UMP - minorité de l'UDF
Droite
Prédécesseur Jean-Pierre Raffarin
Successeur François Fillon
Ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales
20e ministre de l'Intérieur de la Ve République
31 mars 200431 mai 2005
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin III
Prédécesseur Nicolas Sarkozy
Successeur Nicolas Sarkozy
Ministre des Affaires étrangères
16e ministre des Affaires étrangères de la Ve République
8 mai 200230 mars 2004
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin I et II
Prédécesseur Hubert Védrine
Successeur Michel Barnier
19e secrétaire général
de la présidence de la République
17 mai 19956 mai 2002
Président Jacques Chirac
Prédécesseur Hubert Védrine
Successeur Philippe Bas
Biographie
Nom de naissance Dominique Marie François René Galouzeau de Villepin
Date de naissance 14 novembre 1953 (60 ans)
Lieu de naissance Rabat (Maroc)
Nationalité Française
Parti politique RPR (1977-2002)
UMP (2002-2011)
RS (depuis 2010)
Conjoint Marie Laure Le Guay
(1985-séparés depuis 2011)
Enfant(s) Marie Galouzeau de Villepin
Arthur Galouzeau de Villepin
Victoire Galouzeau de Villepin
Diplômé de Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Université Panthéon-Assas
IEP de Paris
ENA
Profession Diplomate
Avocat
Premier ministre français

Dominique Marie François René Galouzeau de Villepin, appelé par convenance Dominique de Villepin, est un homme politique, diplomate et écrivain français, né le 14 novembre 1953 à Rabat, au Maroc.

Proche collaborateur de Jacques Chirac, il est secrétaire général de l'Élysée à partir de 1995, ministre des Affaires étrangères (2002-2004), puis de l'Intérieur (2004-2005) dans les gouvernements Raffarin.

Il est nommé Premier ministre par Jacques Chirac le 31 mai 2005. Après le mouvement contre le contrat première embauche (CPE) et l'affaire Clearstream, Dominique de Villepin renonce à toute ambition présidentielle pour le scrutin de 2007 et quitte la tête du gouvernement le 15 mai 2007, à la suite de l'élection de Nicolas Sarkozy.

Fondateur du mouvement République solidaire en 2010 qu'il préside un an, il quitte l'UMP en 2011 et annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2012 mais il ne parvient pas à réunir les parrainages nécessaires pour présenter sa candidature.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les origines de la famille Galouzeau de Villepin[modifier | modifier le code]

Dominique Marie François René Galouzeau de Villepin est fils de Xavier Galouzeau de Villepin, sénateur centriste puis UMP, et d'Yvonne Hétier, première conseillère de tribunal administratif.

La famille Galouzeau de Villepin est de haute bourgeoisie, mais n'est jamais parvenue à la noblesse[2]. L'avocat François-Xavier Galouzeau (fils de Joseph Galouzeau, négociant, et d'Apolline Guerstmayer), après avoir épousé en 1847 Marie-Eugénie de Blair (née à Bar-le-Duc en 1818, fille du baron Charles de Blair, sous-préfet de Saverne et Wissembourg), se fit appeler Galouzeau de Villepin.

Parmi leur descendance, on trouve de nombreux serviteurs de l'État, officiers militaires, sénateur, diplomate, chef d'entreprises, diplômés des grandes écoles françaises (notamment Saint Cyr, Polytechnique, HEC et ENA). La descendance directe de Marie-Eugénie de Blair de Baltayock et de son époux François-Xavier Galouzeau de Villepin compte dix-huit décorés de la Légion d'honneur, dont seize à titre militaire[3].

Une jeunesse à l'étranger[modifier | modifier le code]

Dominique de Villepin, en 2002, en visite au lycée Louis Pasteur de Bogota (Colombie), où il fut scolarisé durant sa jeunesse.

Dominique de Villepin passe la majeure partie de son enfance à l’étranger : en Afrique, aux États-Unis (où il étudia au lycée français de New York), en Amérique latine et spécialement au Venezuela.

Lycéen à Caracas, il est, à 15 ans, en mai 68, le seul gréviste de son établissement[4]. Il rentre en France, et poursuit ses études à Toulouse, d'abord au lycée privé jésuite Le Caousou, où il obtiendra son bac à l'âge de 16 ans, puis à l'université Paris X-Nanterre[5].

Il obtient une licence de droit à l'Université Paris II, puis entre à l'Institut d'études politiques de Paris. En 1978, il intègre l'École nationale d'administration, d'où il sortira dans la promotion Voltaire, aux côtés d'Henri de Castries, Renaud Donnedieu de Vabres, Jean-Pierre Jouyet, François Hollande et Ségolène Royal. Il se classera 25e de la promotion.

Il adhère en 1977 au Rassemblement pour la République (RPR).

Il effectue son service militaire dans la Marine comme officier sur le porte-avions Clemenceau, avant d'occuper son premier poste au ministère des Affaires étrangères.

À sa sortie de l'ENA, il entame en 1980 une carrière de diplomate en tant que secrétaire des Affaires étrangères. De 1984 à 1992, il est successivement premier secrétaire de l'ambassade de France aux États-Unis, directeur du service de presse de cette même ambassade, puis premier conseiller de l'ambassade de France en Inde.

Mariage[modifier | modifier le code]

Dominique de Villepin a été marié à Marie-Laure Le Guay, née le 2 novembre 1962, à Paris, d'une famille de la noblesse d'Empire[6] originaire de la Martinique[7]. Elle est la fille de Roger Le Guay, agent de change à Paris. Ils se marient le 3 août 1985[8] ; vingt-cinq ans plus tard, leur séparation est annoncée par Marie-Laure au printemps 2011[9].

Ils ont trois enfants[10] : Marie, née en 1986, mannequin et actrice ; Arthur, né en 1988 ; Victoire, née en 1990.

Carrière civile[modifier | modifier le code]

Carrière politique[modifier | modifier le code]

L'homme de cabinet[modifier | modifier le code]

En 1993, il est nommé directeur de cabinet d'Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères du gouvernement Édouard Balladur.

Jacques Chirac, élu président de la République, le nomme en mai 1995 secrétaire général de la présidence de la République. Avec l'avocat Francis Szpiner, il anime au Palais de l'Élysée une cellule juridique (surnommée « le cabinet noir » en référence au Cabinet noir du temps de la monarchie), chargée de suivre et d'étouffer les affaires politico-financières en cours, liées au RPR et à la mairie de Paris[11].

En 1997, afin de mettre fin aux luttes intestines de la droite, il est l'un des principaux instigateurs de la dissolution de l'Assemblée nationale par le président. Les élections législatives aboutissent à une défaite, et les militants du RPR lui en tiennent rigueur, depuis lors. Le président refuse cependant sa démission. Il est alors surnommé « Néron » par Bernadette Chirac.

Le Quai d'Orsay[modifier | modifier le code]

Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, aux côtés de son homologue américain Colin Powell.

En 2002, Jacques Chirac, réélu, le nomme ministre des Affaires étrangères. Il s'oppose avec le président français à la guerre d'Irak voulue par les États-Unis. Le 14 février 2003, il prononce au Conseil de sécurité des Nations unies un discours[12] qui lui vaut d'être applaudi, chose rare en cette enceinte. Au même moment, Chirac met en place Alliance Base à Paris, qui rassemble la DGSE, la CIA et d'autres agences de renseignement dans des opérations de contre-terrorisme.

Il déclarera plus tard, en septembre 2004, que « l'expression de “guerre contre le terrorisme” », prônée par le président américain George H. W. Bush, est « impropre ».

Il organise début juillet 2003 une opération secrète de libération d'Íngrid Betancourt, qui s'avèrera un cuisant fiasco, pour lequel la France devra présenter ses excuses[13]. Dominique de Villepin était resté intimement lié avec les sœurs Bétancourt depuis sa période étudiante.

Il rassemble les deux camps en présence en Côte d'Ivoire, celui du président légalement élu Laurent Gbagbo, et celui des putschistes manqués, en janvier 2003. Il réussit alors à leur faire signer les Accords Kléber, afin de trouver une « solution pacifique » à la guerre civile de Côte d'Ivoire. Cet accord, obtenu sous la pression des forces armées françaises, peine cependant à s'appliquer.

Villepin voyage au Chili en février 2004. Il réfute toute accusation portée contre la France au sujet d'une coopération avec les dictatures militaires du Cône Sud dans les années 1970, et ce malgré les preuves apportées par la journaliste Marie-Monique Robin dans son documentaire Les escadrons de la mort, l'école française, qui suscite la création d'une commission d'enquête parlementaire française, à la demande de députés verts. Dirigée par le député UMP Roland Blum, celle-ci ne conclut néanmoins à aucune coopération entre Paris, Santiago et Buenos Aires - tout en refusant d'écouter Marie-Monique Robin, qui a découvert aux archives un document prouvant l'existence d'un accord secret liant Paris et Buenos Aires de 1959 à 1981[14].

La place Beauvau[modifier | modifier le code]

Lorsque Nicolas Sarkozy quitte le ministère de l'Intérieur en 2004 pour le ministère de l'Économie et des Finances, Jacques Chirac nomme Dominique de Villepin au ministère de l'Intérieur. Il occupe ces fonctions du 31 mars 2004 au 31 mai 2005[15].

Le 18 avril 2005, quelques semaines avant le référendum portant sur le projet de la Constitution européenne, Dominique de Villepin, lors d'un entretien accordé à la radio Europe 1, affirme que « quel que soit le résultat de ce référendum, que les Français votent oui ou qu'ils votent non, il faudra une politique encore plus volontaire, encore plus audacieuse, encore plus solidaire », n'hésitant pas à ajouter que ceci lui « paraît d'une véritable évidence ». Ces propos seront la source d'un différend entre le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et son ministre de l'Intérieur ; plus tard, l'Élysée qualifiera ce différend de « tempête dans un verre d'eau ».

Dominique de Villepin occupera l'hôtel de Beauvau un peu plus d'un an, jusqu'au référendum portant sur la Constitution européenne.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Dominique de Villepin reçoit des membres de l'ANAJ, à l'hôtel de Matignon, en 2006.
Le mouvement anti-CPE sort victorieux de son bras de fer politique avec Dominique de Villepin.

Il est nommé Premier ministre le 31 mai 2005[1], en remplacement de Jean-Pierre Raffarin. Présenté par les commentateurs comme son rival, tant par le caractère que par le positionnement politique, Nicolas Sarkozy devient cependant son ministre de l'Intérieur, restant président de l'UMP.

C'est à ce moment que les commentateurs forgent le néologisme « villepinisme » pour désigner le discours, la pratique politique et l'influence au sein de l'UMP du nouveau Premier ministre.

Dans son discours de politique générale, qu'il prononce le 8 juin devant les députés de l'Assemblée nationale, il affirme son intention de « remettre la France en marche »[16].

Il se donne « cent jours » pour redonner confiance aux Français, entamant un duel policé avec Nicolas Sarkozy. Alors que cette période s'achève, il exerce l'intérim à la tête de l'État[17] lorsqu'il préside le Conseil des ministres le 7 septembre 2005 en remplacement de Jacques Chirac, admis au Val-de-Grâce à cause d'un accident vasculaire cérébral. Ceci accentue encore la rivalité des deux membres du gouvernement. Il remplace toujours Jacques Chirac lors de la 60e session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

En septembre 2005, une grève à la SNCM éclate : le gouvernement souhaite privatiser l'entreprise, au bord du dépôt de bilan. Des affrontements ont lieu à Marseille, et un navire est « détourné » par les grévistes. Dominique de Villepin fait intervenir le GIGN, brandit la menace du dépôt de bilan imminent et propose une part de l'État et des employés plus importante dans l'entreprise. Les grévistes (en particulier le syndicat des travailleurs corses et la CGT) cèdent.

En octobre, éclatent des incidents en banlieue. 5 000 voitures sont brûlées en moins de deux semaines. Dominique de Villepin décrète alors l'état d'urgence, prolongé de trois mois quelques jours plus tard par un vote au Parlement, afin de permettre aux préfets de décréter le couvre-feu.

Alors que le contrat nouvelles embauches (CNE) n'a pas suscité de mouvement d'opposition massif, Dominique de Villepin décide de lancer un contrat presque équivalent pour les jeunes, le contrat première embauche (CPE). Présenté par les syndicalistes comme étant une menace contre le Code du travail et le CDI, ce projet rencontre l'opposition franche de la gauche, et suscite d'importantes manifestations et grèves d'étudiants. L'opposition lance alors une bataille d'amendements. À la suite de l'adoption de l'article de loi concernant la mise en place du CPE, le Premier ministre décide d'utiliser l'article 49-3 de la Constitution sur le vote des derniers articles du projet de loi, interrompant ainsi la première (et unique, l'urgence ayant été déclarée) lecture du texte à l'Assemblée nationale, et permettant une adoption rapide du texte. Après des semaines de manifestations et de blocages d'universités par les syndicats, Jacques Chirac est forcé d'intervenir et de réclamer la non-application du texte de loi. La presse (en particulier Libération) et l'ensemble de la gauche, l'UDF et une partie de l'UMP se montrent très critiques, en particulier sur la méthode (surtout l'absence de concertation avec les différents acteurs durant la préparation de la mesure). Le 10 avril, après de multiples tentatives pour calmer la protestation, dont la non-promulgation de la loi, pourtant validée par le Conseil constitutionnel, par le Président Chirac, Dominique de Villepin annonce le remplacement rapide du CPE par une autre mesure, ce qui revient à son abrogation.

En mai 2006, alors que Dominique de Villepin est mis en cause dans l'affaire Clearstream 2, Jacques Chirac n'envisage pas de remanier le gouvernement, et réitère « sa confiance pleine et entière au Premier ministre ». De nombreux députés de l'UMP commencent alors à critiquer ouvertement le Premier ministre. Alors que Dominique de Villepin est obligé de s'excuser d'avoir provoqué un tollé en pleine Assemblée nationale, le 20 juin 2006, en parlant de « la lâcheté » du chef de l'opposition[18], François Hollande, certains d'entre eux déclarent vouloir le départ de Dominique de Villepin.

Il démissionne le 15 mai 2007, à la veille de la passation de pouvoir entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

L'après 2007[modifier | modifier le code]

Article connexe : République solidaire.
Dominique de Villepin au Salon du livre de Paris, en mars 2010.

Le 9 janvier 2008, il prête serment et devient avocat au barreau de Paris sur dossier (licencié en droit, diplômé de l'IEP de Paris, énarque, haut fonctionnaire public) grâce à une recommandation de deux membres du barreau et à sa carrière juridique dans l'administration). Dominique de Villepin entend ouvrir son propre cabinet et s'occuper d'affaires à caractère international[19],[20].

Dominique de Villepin signe, avec 16 autres personnalités politiques de tous bords, le 14 février 2008, l'« appel du 14 février » pour une vigilance républicaine lancé par l'hebdomadaire Marianne[21].

Durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, l'ancien Premier ministre se montre critique envers l'action du chef de l'État ; au point d'envisager un « risque révolutionnaire » en France[22].

Il indique, en 2009, son « souhait fort » de se présenter à la prochaine élection présidentielle, où il se verrait bien affronter le président sortant Nicolas Sarkozy[23],[24], et annonce, le 25 mars 2010, la création d'un mouvement politique[25]. Ce mouvement est créé le 19 juin 2010 sous le nom de République solidaire. Dominique de Villepin renouvelle néanmoins sa cotisation à l'UMP en juillet suivant[26] tout en qualifiant, le 7 novembre 2010 au Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien, Nicolas Sarkozy de « problème » pour la France[27],[28],[29].

Le 22 février 2011, Dominique de Villepin annonce qu'il quitte l'UMP en ne renouvelant pas son adhésion au parti pour l'année 2011[30]. Il quitte la présidence de République solidaire le 19 septembre 2011 ; Jean-Pierre Grand lui succède[31].

Logotype utilisé dans le cadre de sa campagne.

Le 11 décembre 2011, Dominique de Villepin annonce, lors du journal de 20 heures de TF1, sa candidature à l'élection présidentielle de 2012. La mesure sans doute la plus spectaculaire de son programme (et la plus décriée à l'intérieur même de son propre parti[32]) est la création d'un « revenu citoyen[33] », qui serait versé à chaque Français selon un principe proche de celui de l'allocation universelle. Pendant la campagne, il est crédité de 1 à 2 % d'intentions de vote. Le 16 mars 2012, il annonce qu'il n'a pas obtenu les 500 signatures nécessaires pour se présenter, et n'apporte son soutien à aucun candidat.

Dominique de Villepin maintient des liens privilégiés avec le Qatar. Le cabinet d'avocat qu'il dirige a l'émirat pour principal client[34]. Il est responsable d'un de ses fonds souverains, Qatar Luxury Group, fonds d'investissement personnel de cheikha Mozah, l'épouse de l'émir[35].

Il est depuis 2013 président du comité de conseil international de UCRG, agence de crédit de l'agence de notation chinoise Dagong[réf. nécessaire].

En mars 2014, l'information concernant son départ anticipé à la retraite du ministère des Affaires étrangères et le « pécule » afférent de plus 70 000 euros évoquée par le Daily Telegraph est reprise et commentée par l'ensemble de la presse française[36],[37].

Affaire Clearstream[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Clearstream 2.

En avril et mai 2006, Dominique de Villepin est mis en cause dans l'affaire Clearstream 2. Informé par son ami Jean-Louis Gergorin, vice-président d'EADS, d'un complot supposé visant le groupe industriel, il a confié une mission de renseignement au général Philippe Rondot en janvier 2004, puis au directeur de la DST, Pierre de Bousquet de Florian[38]. Dans ces circonstances, un document qui se révélera truqué remis au général Rondot, par Jean-Louis Gergorin, inclut Nicolas Sarkozy parmi beaucoup d'autres noms dans une liste compromettante de personnalités.

Deux juges et des policiers perquisitionnent, le 5 juillet 2007, au domicile parisien de Dominique de Villepin, dans l'enquête sur un supposé complot mené en 2004 contre Nicolas Sarkozy. La perquisition est poursuivie le lendemain à son bureau avenue Kléber, mis à sa disposition par le ministère des Affaires étrangères.

Le 10 juillet 2007, il annonce lui-même sa prochaine mise en examen dans ce dossier. Le 27 juillet, à la suite de sa convocation devant les magistrats chargés de l'instruction, il est effectivement mis en examen pour « complicité de dénonciation calomnieuse, recel de vol, recel d'abus de confiance et complicité d'usage de faux ». Il lui est dès lors intimé l'interdiction de prendre contact avec les autres protagonistes cités dans le dossier, au premier rang desquels l'ancien président Jacques Chirac. Concernant l'affaire Clearstream, l'ancien Premier ministre considère qu'en tant que président de la République, Nicolas Sarkozy peut difficilement être partie civile dans une affaire judiciaire.

Mi-novembre 2008, Dominique de Villepin est renvoyé en correctionnelle dans le cadre de l'affaire Clearstream notamment pour « complicité de dénonciation calomnieuse »[39].

Le 24 novembre 2008, il met en avant l'implication qu'il juge excessive du chef de l'État dans le traitement de l'affaire. Dans un mémoire au Conseil d'État, il l'accuse de « détournement de pouvoir » et du non-respect du principe de « l'égalité des armes ». Concrètement, il reproche au président Nicolas Sarkozy d'avoir, par décret, prolongé l'implication d'un juge dans le dossier, renforçant ainsi les tenants de l'inculpation de Dominique de Villepin[40].

Selon le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, Dominique de Villepin aurait été l'« un des bénéficiaires collatéraux, mais parfaitement conscient » de l'affaire Clearstream. Jean-Claude Marin, qui soutient l'accusation publique lors du procès débutant le 21 septembre, souligne, le 28 août 2009 : « Je pense qu'il y a, par delà un effet d'aubaine dans un combat politique que l'on connaît, une utilisation frauduleuse d'une information que l'on savait fausse par un corbeau que l'on connaissait[41] ».

Le procès s'ouvre le 21 septembre 2009. À son arrivée au tribunal, Dominique de Villepin déclare, pour sa part, que sa présence sur le banc des accusés ne serait due qu'à « la volonté d'un homme,(...) par l'acharnement d'un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République française », et qu'il en sortira « libre et blanchi au nom du peuple français »[42]. Le 29 septembre 2009, Dominique de Villepin, interrogé par le procureur Jean-Claude Marin, déclare n'avoir « jamais eu connaissance de ces listings, et ne les [avoir] jamais eus entre les mains »[43]. Gilbert Flam, ancien membre de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), l'une des parties civiles lors de ce procès, contredit le même jour ce démenti en affirmant que Dominique de Villepin aurait choisi de ne pas dénoncer la falsification des listings alors qu'il en avait connaissance[43]. Le procureur de la république requiert à son encontre 18 mois de prison avec sursis et 45 000 € d'amende[44].

Le 28 janvier 2010, il est relaxé par le tribunal correctionnel de Paris de tous les chefs d'accusation[45]. Le procureur Jean-Claude Marin, représentant du parquet, décide d'interjeter appel de la décision[46]. Interrogé le 29 janvier sur RMC, Dominique de Villepin déclare : « Jean-Claude Marin ne souhaitait pas que le premier procès ait lieu, parce que je l'ai entendu de sa bouche, il savait qu'il n'y avait rien dans ce dossier à me reprocher. Ce qu'elle montre cette décision, c'est qu'un homme, Nicolas Sarkozy, le président de la République, préfère persévérer dans son acharnement, dans sa haine plutôt que d'assumer la responsabilité de sa fonction, c'est-à-dire de défendre des institutions. » De son côté, Nicolas Sarkozy prend « acte » de cette décision et fait savoir qu'il ne serait pas représenté lors du procès en appel[47].

Ce procès se tient devant la cour d'appel de Paris du 2 au 26 mai 2011[48]. À l'issue des débats, le parquet requiert 15 mois de prison contre Dominique de Villepin. Il est relaxé le 14 septembre 2011[49],[50].

Revenus et patrimoine[modifier | modifier le code]

D'après L'Express, son patrimoine est évalué en février 2012 à 4 millions d'euros[51].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Fonctions au sein de partis politiques[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

En tant que Premier ministre, après les six premiers mois de son gouvernement, Dominique de Villepin a été fait Grand-Croix de l'ordre national du Mérite. Les insignes lui ont été remis par le président de la République française, Jacques Chirac, grand-maître de l'Ordre, à l'issue du conseil des ministres du 6 décembre 2005.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages de Dominique de Villepin[modifier | modifier le code]

Passionné de sport, d'histoire et de littérature il a publié un ouvrage sur l'épopée napoléonienne, plusieurs essais, et deux recueils de poèmes en 1986 et 1988. Dans ceux-ci, il décrit, au fil des pages en l'honneur des grands poètes, son enfance hors de France.

  • 2001 : Les Cent-Jours ou l'esprit de sacrifice (Perrin, 2001 - Le Grand livre du mois, 2001 - Perrin, 2002 - Éditions France loisirs, 2003), une fresque lyrique sur la fin de Napoléon, pour laquelle il a reçu le grand prix de la Fondation Napoléon et le prix des Ambassadeurs.
  • 2002 : Le cri de la gargouille (Albin Michel, 2002 - Librairie générale française, 2003), essai.
  • 2003 : Éloge des voleurs de feu (NRF-Gallimard, 2003), essai.
  • 2003 : Un autre monde (L'Herne, 2003), recueil de discours, préface de Stanley Hoffmann, tr. anglais Toward a new world: speeches, essays, and interviews on the war in Iraq, the UN, and the changing face of Europe (Hoboken, N.J. : Melville House, c.2004).
  • 2004 : Naissance et mort des empires (Éditions Perrin, dépôt légal: 2004, en coécriture avec E. Le Roy Ladurie, Jacques Marseille, Claude Nicolet, Pierre Chuvin, Jean-Pierre Rioux, Jean-Pierre Azéma, Stéphane Audouin-Rouzeau, Jean-Jacques Becker, Marie-Claire Bergère, Serge Gruzinski, Laurent Theiss, Aldo Schiavone, et Justin Vaïsse.
  • 2004 : Le requin et la mouette (Plon/Albin Michel, 2004), essai.
  • 2005 : Histoire de la diplomatie française avec Jean-Claude Allain, Françoise Autrand, Lucien Bély (Perrin, 2005)
  • 2005 : L'Homme européen, avec Jorge Semprún (Plon, 2005), essai, (ISBN 2-259-20269-1)
  • 2005 : Urgences de la poésie (Casablanca : Eds. de la Maison de la Poésie du Maroc, juillet 2005) tr. Arabe par Mohamed Bennis, illustré par Mehdi Qotbi ; trois poèmes de M. Villepin même, « Élégies barbares », « Le droit d’aînesse», et « Sécession ».
  • 2006 : Zao Wou-Ki : Carnets de voyage 1948-1952 (Albin Michel, septembre 2006), préface.
  • 2007 : Le soleil noir de la puissance, 1796-1807 (Librairie Académique Perrin, 2007)
  • 2008 : Hôtel de l'Insomnie (Plon, 2008), essai, (ISBN 2-259-21361-8)
  • 2008 : La chute ou l'Empire de la solitude, 1807-1814 (Librairie Académique Perrin, 2008.), lauréat du 33e prix de la Fondation Pierre-Lafue en 2009.
  • 2009 : La cité des hommes (Plon, 2009), essai, (ISBN 2-259-20915-7)
  • 2009 : Le dernier témoin (Plon, 2009), roman, (ISBN 2-259-21339-1)
  • 2010 : De l'esprit de cour (Perrin, 2010), essai.
  • 2011 : Notre vieux pays, (Plon, 2011), (ISBN 2-259-21615-3)
  • 2012 : Seul le devoir nous rendra Libres, Le Cherche Midi (février 2012)

Ouvrages en rapport avec Dominique de Villepin[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Décret du 31 mai 2005 portant nomination du Premier ministre
  2. La noblesse du Saint-Empire (mariage Blair de Baltayock) n'est pas transmissible par les femmes.
  3. Geneweb.org - Mariage et descendance de Marie-Eugénie de Blair de Baltayock et François-Xavier Galouzeau de Villepin
  4. L'Internaute.com
  5. Thierry Desjardins, 2012, Villepin, le cauchemar de Sarkozy, Fayard, Paris
  6. Le Guay, famille titrée baron de l'Empire français en 1810 (Valette, catalogue de la noblesse française, Robert Laffont, Paris).
  7. Martinique-métropole Unies dans la douleur sur L'Express.fr le 29/08/2005
  8. Biographie de Dominique de Villepin sur Gala.fr
  9. L'Express no 3126 du 1er juin 2011
  10. On ne parle que de ça : Le clan Villepin soudé dans la tourmente, gala.fr, octobre 2009
  11. Guy BIRENBAUM, Le cabinet noir : Au coeur du système Yves Bertrand, Les Arènes, 2008
  12. Texte du discours sur Wikisource
  13. « Les excuses de Villepin », Le Parisien,‎ 1er août 2003
  14. Argentine : M. de Villepin défend les firmes françaises, Le Monde, 5 février 2003
  15. « Troisième Gouvernement Jean-Pierre Raffarin (30 mars 2004 – 31 mai 2005) » Site de l'Assemblée nationale : histoire des Gouvernements sous la Ve République
  16. « POLITIQUE - Villepin sobre pour remettre la France en marche », www.lepetitjournal.com, 9 juin 2005
  17. Antoine Uiral, Vanessa Schenierder, Stéphane Allies, « L'hospitalisation de Chirac trouble l'UMP », Libération,‎ 5 septembre 2005 (consulté le 26 octobre 2011)
  18. Béatrice Houchard, « Villepin-Hollande : le clash », Le Parisien,‎ 21 juin 2006 (consulté le 26 octobre 2011)
  19. « Dominique de Villepin entame une nouvelle carrière », Le Figaro, 9 janvier 2008.
  20. « Dominique de Villepin est désormais avocat au barreau de Paris », Le Monde, 9 janvier 2008.
  21. « L'Appel républicain de Marianne », Marianne, nº 565, 16 février 2008.
  22. « Tensions et débordements, Villepin évoque un risque révolutionnaire en France », LaDepeche.fr
  23. « Villepin espère être candidat à la présidentielle en 2012 », LeFigaro.fr
  24. « Dominique de Villepin souhaite pouvoir être candidat en 2012 », NouvelObs.fr
  25. Laure Equy, « Villepin lance son “mouvement politique” et éreinte Sarkozy », Libération, 25 mars 2010.
  26. « Villepin renouvelle son adhésion à l'UMP », Le Figaro, 4 août 2010.
  27. « Je dis que Nicolas Sarkozy est aujourd'hui un des problèmes de la France et parmi les principaux problèmes qu'il faut régler et qu'il est temps que la parenthèse politique que nous vivons depuis 2007 soit refermée. »
  28. Villepin : « Sarkozy est un des problèmes de la France. »
  29. Pour Villepin, « Sarkozy est un des problèmes de la France. »
  30. « Dominique de Villepin quitte l'UMP » Le Parisien, 23 février 2011.
  31. « Villepin, du “solidaire” au “rassembleur” », Le Journal du dimanche, 20 septembre 2011.
  32. Pauline de Saint Rémy, « Il manque à Dominique de Villepin l'expérience du parti », Le Point,‎ 14 avril 2011 (consulté le 16 avril 2011))
  33. Définition du revenu citoyen : voir sur le site de campagne.
  34. Repères. Qatar et banlieue, liberation.fr, 23 septembre 2012
  35. Nos chers amis les Qataris, CHRISTOPHE LABBÉ ET MÉLANIE DELATTRE, lepoint.fr, 14 juin 2012
  36. Dominique de Villepin touche plus de 70 000 euros pour un départ anticipé à la retraite, lepoint.fr, 12 mars 2014
  37. « 100 000 euros » : non, Villepin n’a pas bénéficié d’une faveur de Fabius, rue89.nouvelobs.com, 12 mars 2014
  38. Affaire Clearstream : le témoignage qui contredit Dominique de Villepin, Article du 28 avril 2006 sur le site du journal "Le Monde"
  39. « Affaire Clearstream: Villepin renvoyé en correctionnelle », Libération, 19 novembre 2008.
  40. « Selon M. de Villepin, Nicolas Sarkozy a “violé le droit au procès équitable” dans l'affaire Clearstream », Le Monde, 24 novembre 2008.
  41. « Affaire Clearstream : le procureur accuse, Villepin se défend », La Tribune, 31 août 2009.
  42. « Clearstream : le duel Villepin-Sarkozy a déjà commencé », LeParisien.fr, mis en ligne le 21 septembre 2009
  43. a et b « Dominique de Villepin nie avoir eu les faux listings », NouvelObs.com, mis en ligne le 29 septembre 2009
  44. « Clearstream: 18 mois de prison avec sursis requis contre Dominique de Villepin », Le Nouvel Observateur,‎ 20 octobre 2009
  45. Dominique de Villepin relaxé dans l'affaire Clearstream lefigaro.fr
  46. Clearstream: le parquet fait appel lefigaro.fr
  47. « Clearstream : le parquet soupçonné d’avoir cédé à la pression politique », France Info, 29 janvier 2010.
  48. Affaire Clearstream : dossier du Figaro.
  49. « Dominique de Villepin fixé sur son sort le 14 septembre » sur le site de France 24.
  50. Le Figaro.fr
  51. Augustin Scalbert, « Argent des candidats : Sarkozy s'enrichit, Hollande échappe à l'ISF », Rue89,‎ 23 février 2012 (lire en ligne)
  52. Généastar : Ascendants de Dominique GALOUZEAU de VILLEPIN
  53. Ascendants de Dominique Marie François René GALOUZEAU de VILLEPIN

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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