Burnous

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Paysans kabyles portant un burnous
Burnous de couleur blanche confectionné en Tunisie

Le burnous ou bournous, avernus ou avidhi en kabyle, barnous (برنوس) en arabe et aâlaw en chaoui, est un manteau en laine long avec une capuche pointue et sans manche.

Typique des populations Berbères d'Afrique du Nord, Ibn-Khaldoun appelait les Berbères nomades ashâb el-barânis, (les amis-des-burnous): ceux qui portent le burnous. Aujourd'hui le burnous est porté partout dans le Maghreb (berbérophones et arabophones), il était également porté par les spahis.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Pour certains, le burnous, dit « avernous » en berbère, est étymologiquement d'origine amazigh, la racine est VRN comme « veren » (en français : tourner ou tordre). ainsi, il désignait anciennement une petite calotte que l'on portait sur la tête.

Pour d'autres, burnous est d’origine grecque de βίρρος [birros], « courte capote à capuchon ».

Dans la péninsule Ibérique, où le burnous était en usage à l'époque d'Al-Andalus, le mot a été adopté par l'espagnol pour devenir l'albornoz décrit par Sebastián de Covarrubias (es) (Tesoro de la lengua castellana o española édité en 1611) en ces termes : « C'est un manteau fermé, garni d'un capuchon, et qu'on porte en voyage. »

Usages[modifier | modifier le code]

Abd el-Kader portant un burnous

Au Maghreb[modifier | modifier le code]

On porte un burnous blanc, rarement noir ou bleu, comme manteau lorsqu'il fait froid. Le burnous noir dit Mascari , est cependant une spécialité de la ville de Mascara (Algérie) et était exporté dans tout le bassin méditerranéen, de la Turquie jusqu'en Égypte. Les burnous sont tissés de laine très fine. En Égypte, le burnous était porté par les Mamelouks.

En Algérie[modifier | modifier le code]

Le burnous marron à poils de dromadaire, dit aussi louabri (une appellation tirant sa racine du mot loubar en arabe وبر qui signifie « laine » de chameau en arabe), léger et d'une extrême finesse, est une spécialité exclusive de l'oasis de Messaad, située au sud-est de Djelfa en Algérie. Il est généralement prisé dans tout l'Atlas saharien, particulièrement dans les monts des Ouled Naïl et des Amours, considérés comme des ateliers séculaires de tissage et de confection de ce classique par des femmes au foyer. Il s'agit d'un manteau d'homme avec capuche tissé à la main à partir de la laine brune de dromadaire, une fibre épaisse, douce et frisée obtenue une fois par saison après la tonte. Sa production sur un métier à tisser traditionnel obéit à un processus complexe comportant une chaîne d'opérations longues et fastidieuses : l'extraction des impuretés, le lavage, le séchage, le démêlage et l'amollissement de la laine afin d'aboutir à une filature propre et prête pour le tissage, selon une armature à plusieurs modes d'entrecroisement de fils. Toutes ces opérations, exténuantes pour les femmes ouvrières, nécessitent une dextérité et une mémorisation des gestes. Symbole du pouvoir, il a acquis ses lettres de noblesse dans les sphères de l'État et de la haute société algérienne.

En Kabylie, le burnous est réalisé à base de laine de mouton ou de brebis. Traditionnellement confectionné à la maison par les femmes, le métier s'y transmet de mère en fille. Souvent de couleur blanche, il peut être de couleur marron. Porté par les hommes, les femmes portent également un habit du même genre mais différent car confectionné en coton. Lors du mariage algérien, la femme porte un burnous spécifique.

Le burnous est un vêtement typique et traditionnel, mais aussi un symbole emblématique en Algérie.

L'une des célèbres œuvres du sculpteur français Charles Cordier dépeint un Arabe d'Algérie portant le burnous. Réalisée en 1856, le titre de cette sculpture exposée au Musée d'Orsay est « Arabe d'el-Aghouat en Burnous ».

Le burnous est également un symbole de paix et de pureté. Cet habit traditionnel a survécu à la modernité et continue d'être un habit prisé dans tout le pays. En plus d’être porté dans les Aurès, en Kabylie ou encore dans les zones steppiques et sur les hautes plaines sétifiennes, le burnous est encore arboré lors des cérémonies et fêtes de mariage algériennes. En effet, les petits garçons le portent encore pendant leur circoncision. Lors de fêtes de mariage, le jeune marié endosse avec fierté le burnous blanc tout comme sa dulcinée franchit le seuil de la maison familiale habillée souvent de burnous et sous un pan du burnous du patriarche (son père ou l’aîné de la famille), ce dernier relève le capuchon en guise de sa bénédiction.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • El Briga, « Burnous », Encyclopédie berbère, tome 11, éd. Edisud, Aix-en-Provence, 1992, p. 1668-1669 (ISBN 2857442017 et 2857445814)
  • Étienne Cécile Édouard Villot, Mœurs, coutumes et institutions des indigènes de l'Algérie, 1888
  • Reinhart Pieter Anne Dozy, Dictionnaire détaillé des noms des vêtements chez les Arabes, J. Müller,‎ 1845 (lire en ligne)
  • Hamdan Khodja, « le Miroir », Aperçu historique et statistique sur la Régence d'Alger, 1833, coll. Sindbad, p. 85 (ISBN 2742743618)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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