Louis Barthou

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Louis Barthou
Image illustrative de l'article Louis Barthou
Fonctions
69e président du Conseil des ministres français
et Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts
(81e chef du gouvernement)
22 mars 19139 décembre 1913
Gouvernement Barthou
Législature Xe législature
Prédécesseur Aristide Briand
Successeur Gaston Doumergue
Ministre d'État
12 septembre 191723 octobre 1917
Président Raymond Poincaré
Gouvernement Gouvernement Paul Painlevé (1)
Biographie
Nom de naissance Jean-Louis Barthou
Date de naissance 25 août 1862
Lieu de naissance Oloron-Sainte-Marie (Basses-Pyrénées)
Date de décès 9 octobre 1934 (à 72 ans)
Lieu de décès Marseille (Bouches-du-Rhône)
Nationalité Française
Parti politique AD
Profession Avocat
Présidents du Conseil des ministres français

Jean Louis Barthou dit Louis Barthou, né le 25 août 1862 à Oloron-Sainte-Marie (Basses-Pyrénées) et mort le 9 octobre 1934 à Marseille, est un avocat et homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Louis Barthou est issu d'un milieu modeste mais aisé, son père étant quincaillier à Oloron-Sainte-Marie puis à Pau, dans le Béarn. Il poursuit des études de droit à la faculté de Bordeaux avant de partir à Paris, où il obtient son doctorat au cours de l’année 1886. Revenu dans ses Pyrénées natales, il devient avocat, inscrit au barreau de Pau, puis secrétaire de la Conférence des Avocats.

Journaliste et parlementaire[modifier | modifier le code]

Il est attiré très tôt par deux passions : la politique et le journalisme. Il embrasse donc les deux carrières, devenant député et journaliste. Tout en étant rédacteur en chef de l'Indépendant des Basses-Pyrénées, il adhère aux Républicains Modérés avant de se faire élire en 1889, à l'âge de 27 ans, député des Basses-Pyrénées. Il sera réélu sans interruption à ce poste jusqu'aux législatives de 1919 et il quittera en 1922 la Chambre des députés pour le Sénat. Il commence à fréquenter à la fin du siècle le salon de Madame Arman de Caillavet, l'égérie d'Anatole France, et héritera du surnom peu flatteur de Bar toutou.

Un ministre républicain modéré[modifier | modifier le code]

En 1894, à l'âge précoce de trente-deux ans, il obtient son premier portefeuille comme ministre des Travaux publics. Il est ensuite successivement ministre de l'Intérieur en 1896, de nouveau ministre des Travaux publics de 1906 à 1909, puis Garde des Sceaux de 1909 à 1913. Louis Barthou est devenu l'un des grands notables de la IIIe République.

Le 22 mars 1913, sous la présidence de Raymond Poincaré (18 février 1913 – 18 février 1920), il devient Président du Conseil, poste qu’il gardera jusqu’au 2 décembre 1913. Conscient de la montée des périls (crise d'Agadir de 1911, etc.) et avec l'appui du président de la République Poincaré, il reprend le projet de son prédécesseur, Briand, visant à augmenter la durée du service militaire: la loi des trois ans est votée par la Chambre en juillet 1913, malgré l'opposition de la SFIO et d'une bonne partie des radicaux. Mais plusieurs événements tragiques vont entraîner son retrait de la scène politique, retrait toutefois temporaire. En un très court laps de temps, il subit durement la victoire de la gauche aux élections législatives de 1914 malgré la constitution d'une dynamique Fédération des gauches, puis la déclaration de guerre et enfin la perte au front de son fils, quelques mois plus tard.

Il retrouve cependant en 1917 une place de premier plan en récupérant le ministère des Affaires étrangères. Tout au long des années 1920, il continue d'occuper des ministères importants, comme ceux de la Guerre et de la Justice de 1926 à 1929, dans des gouvernements de coalition républicaine.

L'année 1934[modifier | modifier le code]

En 1934, après les émeutes du 6 février 1934, Gaston Doumergue est rappelé par le président de la République Albert Lebrun afin de former un gouvernement d'union nationale pour tenter de stabiliser la politique intérieure. Pour cela, il fait appel à deux poids lourds de la politique, proches du chef de l'État Albert Lebrun, Albert Sarraut à l'Intérieur et Louis Barthou, à son poste de prédilection, aux Affaires étrangères.

À ce poste, il essaie de lutter contre les menées hitlériennes en attirant la Grande-Bretagne, l'Italie et l'Union soviétique dans un front anti-allemand. Il prône aussi l'isolement de l'Allemagne en montant contre elle une série d'alliances avec les États de l'Europe centrale alliés à la France (Pologne et Petite Entente). Son projet de pacte oriental se solde toutefois par un échec.

Le 9 octobre 1934, il a pour mission, en tant que ministre des Affaires étrangères en exercice, d'accueillir à Marseille le roi Alexandre Ier de Yougoslavie. Ce sera son dernier déplacement. Lors de l'attentat commis par le révolutionnaire macédonien Vlado Tchernozemski, en collaboration avec le mouvement croate des oustachi contre le roi Alexandre, un policier français riposte et blesse grièvement, par erreur, Louis Barthou, qui décédera peu après. Cela sera prouvé lors d'une expertise légale en 1974 : la balle de 8 mm, et non pas de 7,65 mm (calibre du pistolet de l'agresseur du roi), ne pouvait provenir que de l'arme d'un policier.[citation nécessaire] Toutefois, Louis Barthou ne décéda pas directement du fait de sa blessure au bras — son artère humérale fut gravement atteinte — mais parce qu'il ne fut pas soigné à temps. Cet attentat brisa, incidemment, la carrière du préfet Pierre Jouhannaud.

La disparition de Louis Barthou constitua une perte irremplaçable pour le pays. Il avait été l'artisan et le moteur d'une politique qui fut la grande idée des dernières années de sa vie : la reconstitution des alliances contre le péril allemand. Nul ne saura la reprendre après sa mort.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

Président du Conseil[modifier | modifier le code]

Il a exercé les fonctions de président du Conseil des ministres :

Durant son passage à la présidence du Conseil, il fit voter la loi dite loi de trois ans, modifiant la durée du service militaire, malgré une vive opposition des parlementaires de gauche.

Ministre[modifier | modifier le code]

En quarante ans, de 1894 à sa mort en 1934, Louis Barthou a été ministre dans quinze gouvernements, pendant une durée cumulée de treize ans et demi.

du au Ministère Gouvernement
1er juillet 1894 15 janvier 1895 Travaux publics Charles Dupuy (3)
28 avril 1896 15 juillet 1898 Intérieur Jules Méline
14 mars 1906 25 octobre 1906 Travaux publics, postes et télégraphes Ferdinand Sarrien
25 octobre 1906 20 juillet 1909 Travaux publics, postes et télégraphes Georges Clemenceau (1)
24 juillet 1909 2 novembre 1910 Justice Aristide Briand (1)
21 janvier 1913 22 mars 1913 Justice Aristide Briand (3) et (4)
12 septembre 1917 23 octobre 1917 Ministre d'État Paul Painlevé (1)
23 octobre 1917 16 novembre 1917 Affaires étrangères
16 janvier 1921 15 janvier 1922 Guerre Aristide Briand (7)
15 janvier 1922 5 octobre 1922 Justice Raymond Poincaré (2)
23 juillet 1926 3 novembre 1929 Justice Raymond Poincaré (4) et (5) et Aristide Briand (11)
13 décembre 1930 27 janvier 1931 Guerre Théodore Steeg
9 février 1934 9 octobre 1934 Affaires étrangères Gaston Doumergue (2)

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

Travaux littéraires et historiques[modifier | modifier le code]

En parallèle à son activité politique, Louis Barthou publia des livres de littérature et d'histoire. Il fut élu membre de l'Académie française le 2 mai 1918. Il y fit deux éloges, celui de Joseph Bédier en 1921 et celui d'Albert Besnard en 1924.

Louis Barthou académicien en 1926.

Ses principales publications furent:

  • Notes de voyage : en Belgique et en Hollande, trois jours en Allemagne, 1888
  • Thiers et la loi Falloux, 1903 Texte en ligne
  • Mirabeau, 1913
  • Impressions et essais, 1913
  • Lamartine orateur, 1916 Texte en ligne
  • L'Heure du droit : France, Belgique, Serbie, 1916
  • Toute la France pour toute la Guerre, conférence faite à Genève le 26 juillet 1916, in « Pages actuelles 1914-1916 » no 95, Bloud et Gay, 1916 ; texte sur Internet Archive
  • Sur les routes du Droit, 1918
  • Les Amours d'un poète : documents inédits sur Victor Hugo, 1918
  • La Bataille du Maroc, 1919
  • Le Traité de paix, 1919 Texte en ligne
  • Le Politique, 1923 Texte en ligne
  • Wagner et le recul du temps, 1924
  • La Vie ardente de Richard Wagner, Flammarion, 1925
  • Voyage à travers mes livres : autour de Lamartine, 1925
  • Victor Hugo, élève de Biscarrat, 1925
  • Le Neuf thermidor, Hachette, (Récits d’autrefois), 1926
  • Rachel, 1926
  • Paroles vécues, 1928 Texte en ligne
  • Danton, 1932.
  • Promenades autour de ma vie : lettres de la montagne, 1933
  • Leconte de Lisle et Jean Marras. Documents inédits, 1933, Texte sur wikisource
  • Lettres à un jeune Français (s. d.)

Généalogie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généastar : Ascendants de Jean Louis Firmin Dit "Louis BARTHOU

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • J. Bousquet-Melou, Louis Barthou et la circonscription d'Oloron (1889-1914), Pedone, 1972.
  • Yvert Benoît (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p.
  • Jules Bertaut: Louis Barthou, E. Sansot, 1919 (livre en ligne)
  • Octave-Louis Aubert, Louis Barthou, sa vie, son œuvre. Préface de Gaston Doumergue, Quillet, 1935.
  • Young, Robert, Power and Pleasure : Louis Barthou and the Third French Republic, McGill-Queen's University Press, 1991
  • Young, Robert, Pouvoir et passions : Louis Barthou et la IIIe République, Traduction de Caroline Rivière, Ed. Marrimpoey, 2012

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]