Brice Hortefeux

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Brice Hortefeux
Brice Hortefeux.jpg
Brice Hortefeux, le 28 août 2008.
Mandat(s)
Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales
Actuellement en fonction
Depuis le 23 juin 2009
Président(s) Nicolas Sarkozy
Premier(s) ministre(s) François Fillon
Gouvernement(s) François Fillon II
Prédécesseur(s) Michèle Alliot-Marie
Ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville
15 janvier - 23 juin 2009
Président(s) Nicolas Sarkozy
Premier(s) ministre(s) François Fillon
Gouvernement(s) François Fillon II
Prédécesseur(s) Xavier Bertrand
Christine Boutin (Ville)
Successeur(s) Xavier Darcos
Ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire
18 mai 2007 - 15 janvier 2009
Président(s) Nicolas Sarkozy
Premier(s) ministre(s) François Fillon
Gouvernement(s) François Fillon I
François Fillon II
Prédécesseur(s) poste créé
Successeur(s) Éric Besson
Ministre délégué aux Collectivités territoriales
2 juin 2005 - 15 mai 2007
Président(s) Jacques Chirac
Premier(s) ministre(s) Dominique de Villepin
Gouvernement(s) Dominique de Villepin
Prédécesseur(s) Marie-Josée Roig
Successeur(s) poste supprimé
Biographie
Nom de naissance Brice Gabriel René Saturnin Hortefeux
Date de naissance 11 mai 1958 (1958-05-11) (51 ans)
Lieu de naissance Drapeau de la France Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine
Nationalité Française
Parti(s) politique(s) UMP
Diplômé(e) de Université Paris X Nanterre
Profession Administrateur territorial
Directeur de cabinet
Ministres de l'Intérieur

Brice Hortefeux, né le 11 mai 1958 à Neuilly-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine, est un homme politique français.

Depuis le 23 juin 2009, il est ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales, après avoir occupé plusieurs autres ministères dans les gouvernements Fillon et Villepin.

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Enfance et études

Fils d'un banquier de Neuilly-sur-Seine, et d'une professeure d'histoire-géographie ayant créé le centre retravailler à Clermont-Ferrand, il obtient sa licence de droit privé en 1982, sa maîtrise en droit public en 1984, à l'université Paris X, puis est élève à l'Institut d'études politiques de Paris, dont il sort sans diplôme[1] en 1986.

Proche ami de Nicolas Sarkozy depuis 1976, il est considéré comme son « fidèle lieutenant »[2] et est surnommé par la presse française le « porte-flingue de Sarkozy »[3]. Témoin de celui-ci lors de son premier mariage, il est le parrain de baptême de Jean Sarkozy.

[modifier] Carrière politique

Aux côtés de Nicolas Sarkozy et de Roger Karoutchi, il participe en 1981 à la campagne de Jacques Chirac pour l'élection présidentielle avec les Jeunes du RPR. Dans les années 1980, il effectue avec Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly, un voyage d'études aux États-Unis sur le « marketing politique et le financement des campagnes[4] ». Entre 1991 et 2001, il est secrétaire départemental de la fédération RPR du Puy-de-Dôme, puis de 1998 à 2002, membre du comité politique du RPR. À partir de 2002, il est membre du Bureau Politique de l'UMP ainsi que conseiller de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales (2002-2004) et conseiller auprès de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie (2004).

Parallèlement à ces fonctions, il assure également la présidence de l'UMP du département du Puy-de-Dôme et plusieurs autres postes au niveau national :

[modifier] Parcours

Directeur de cabinet du maire de Neuilly-sur-Seine entre 1983 et 1986, administrateur territorial (en poste à la mairie de Neuilly-sur-Seine) entre 1986 et 1993, il est ensuite chef du cabinet de Nicolas Sarkozy, ministre du Budget et Porte-parole du gouvernement de 1993 à 1995.

En 1995, il est nommé préfet, chargé d'une mission de service public relevant du gouvernement, puis chargé de mission au cabinet du Président du Sénat entre 1998 et 1999.

[modifier] Fonctions ministérielles

Ministre délégué aux collectivités territoriales

Du 2 juin 2005 au 15 mai 2007, il est ministre délégué aux collectivités territoriales auprès du ministre d'État (ministre de l'intérieur) dans le gouvernement Dominique de Villepin. Il a notamment la mission de mettre en place concrètement l'acte II de la décentralisation et la réalisation d'une réforme importante du statut de la fonction publique territoriale.

Ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire

La victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007 lui permet de devenir ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire au sein du nouveau gouvernement de François Fillon. Il quitte alors ses fonctions de secrétaire général délégué de l'UMP, remplacé par Patrick Devedjian. Il est alors nommé conseiller politique du parti par Jean-Claude Gaudin.

Il est le promoteur de la loi de maîtrise de l'immigration adoptée le 23 octobre 2007, qui complète en grande partie les lois Sarkozy de 2003 et 2006. Cette loi limite en particulier le regroupement familial.

Il fixe aux forces de l'ordre des objectifs chiffrés en matière d'expulsions et de reconduites à la frontière : 25 000 en 2007, 26 000 en 2008 et 28 000 en 2010. Si l'on exclut du bilan de Hortefeux les reconduites de personnes qui sont libres de circuler en Europe (Roumains, Bulgares, etc.), les expulsions de sans-papiers atteignent moins de la moitié des objectifs prévus[7].

Le 8 octobre 2007 dans le journal Aujourd'hui en France, Brice Hortefeux dit :

« La France a le droit de choisir qui elle veut accueillir ». [...] « Ayons surtout le courage de regarder la réalité en face ! [...] Est-il normal que 60% des immigrés soient concentrés sur trois des vingt-deux régions françaises ? Que le taux de chômage de ces personnes atteigne 22% et que leurs enfants soient bien souvent en échec scolaire ? Non, ce n'est pas acceptable. »[8]

L'article rappelle que sa mère Marie-Claude Hortefeux ancienne présidente de l'Association nationale d'entraide féminine (ANEF) a une sensibilité brulante sur le sujet car ses convictions religieuses lui rappellent de toujours accueillir l'étranger. Une de ses amies dit sur le débat sur l'immigration : « Je sais qu'elle est malheureuse »[8].

Fin novembre 2007, il soulève une polémique en sous-entendant, lors de l'émission Capital sur M6, que les sans-papiers n'étaient pas des « citoyens honnêtes, propres »[9].

Au cours de l'année 2008, Brice Hortefeux souhaite que des associations autres que la Cimade puissent intervenir dans les centres de rétention. L'appel d'offres, qui faisait suite à un décret, est cassé par le tribunal administratif[10]. Les plaignants dont le Gisti voient dans cette réforme une tentative d'éloigner la Cimade des centres de rétention, et de réduire l'aide juridictionnelle apportée aux immigrés.

Ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville

Le 15 janvier 2009, en remplacement de Xavier Bertrand qui devient secrétaire général de l'UMP, Brice Hortefeux devient ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville. C'est Eric Besson, ancien socialiste, qui reprend son ancien poste.

Neuf jours plus tard, Brice Hortefeux devient vice-président de l'UMP, élu sur un ticket qui recueille 93 % des voix au conseil national du parti[11].

Ministre de l'Intérieur

Le 23 juin 2009, Brice Hortefeux est nommé ministre de l'Intérieur par le Président de la République.

[modifier] Propos controversés

Devant « les membres [...] d'un réseau de promotion de la diversité dont fait notamment partie Rama Yade », en racontant ce souvenir : « Cet été, sur une aire d'autoroute, je rencontre cinq personnes noires. Comme elles ont l'air de me reconnaître, je vais vers elles pour les saluer et je leur demande : Vous êtes d'où ? - De Caen - Oui d'accord, mais vous êtes d'où ? - Ben... de Caen. Heureusement, j'ai compris à temps et je n'ai pas insisté. C'est là que j'ai compris toute la profondeur de ma mission » [12][13].

Idem le 5 novembre 2008 sur BFM, il estime que l'élection de Barack Obama avait « un côté symbolique puisque chacun sait qu' [il] est d'une famille issue de l'immigration » ; puis il ajoute : « C'est le témoignage que le défi de l'intégration peut être relevé ». Sachant que le nouveau président américain est né à Hawaï, un des États de l'Union, que sa mère est elle-même de type « caucasienne » (en reprenant la terminologie en vigueur sur les documents officiels) et qu'il n'a jamais été élevé par son père, Kenyan, qui a quitté la famille alors que son fils n'avait que deux ans[14].

Lors de l'émission Le Grand Journal du 24 février 2009, Brice Hortefeux a déclaré « Je suis compatriote béninois » en exhibant un passeport diplomatique[15].

Lors de l'université d'été 2009 de l'UMP, à Seignosse dans les Landes, il déclare, posant pour une photo avec un jeune militant d'origine maghrébine : « Il ne correspond pas du tout au prototype. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes ». La scène a été filmée par une équipe de Public Sénat qui a décidé de ne pas la diffuser[16]. La vidéo de cet échange est exploitée par Le Monde et déclenche la polémique. Le militant UMP qui apparaît sur cette vidéo défend le ministre de l'intérieur en déclarant notamment que « Ça a été entièrement sorti du contexte. Mon secrétaire départemental blaguait avec le ministre parce qu'il parle auvergnat et c'est de là que c'est parti »[17]. La gauche[18] de son côté demande la démission du ministre[19]. La vidéo complète de Public Sénat, diffusée seulement après le déclenchement de la polémique[20] (par ailleur ignorée de TF1[21],[22]), et le verbatim de la vidéo [23], confirment cependant les propos à caractère raciste. Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples a porté plainte pour « diffamation à caractère raciste » ou pour injures raciales[24], et a demandé la démission du ministre[25].

Cette affaire s'ajoute à d'autres accusations de racisme concernant Brice Hortefeux[26].

Brice Hortefeux a depuis exprimé ses regrets, mais pas d'excuses[27], ces regrets portant sur une supposée mauvaise interprétation de ces propos et non sur les propos eux-mêmes.

[modifier] Fonctions électives

Il est, de 1992 à 2004, élu au conseil régional d'Auvergne, et entre 1998 et 2004 président de la commission des finances et rapporteur du budget du conseil régional d'Auvergne.

Il succède, en 1999, au Parlement européen à Nicolas Sarkozy, démissionnaire.

Il est réélu conseiller régional d'Auvergne lors des élections régionales des 21 et 28 mars 2004, sur la liste d'union UMP-UDF conduite par Valéry Giscard d'Estaing (région d'Auvergne, section départementale du Puy-de-Dôme).

Puis il mène la liste UMP-UDF pour les élections européennes de juin 2004 dans la circonscription Massif central-Centre. Sa liste est devancée par celle du Parti socialiste, mais il est néanmoins élu et siège au Parlement européen.

Après sa nomination au gouvernement en juin 2005, il met fin à son mandat de député européen au sein du Groupe du PPE-DE. Jean-Pierre Audy, troisième sur la liste de 2004, lui succède.

Le 30 novembre 2007, par un communiqué envoyé au journal La Montagne, il renonce à se présenter à l'élection municipale à Clermont-Ferrand, en mars 2008. Officiellement, il ne se présente pas parce que selon lui « l'honnêteté consiste à assurer le succès des responsabilités que [lui] a confiées le président de la République », mais selon Le Canard enchaîné, c'est en raison de sondages « calamiteux »[28].

À l'issue de l'élection européenne de 2009, il est élu député européen. Cependant, cette élection est considérée comme une surprise, Brice Hortefeux occupant la troisième position sur la liste UMP de la circonscription Massif central-Centre, qui n'avait que cinq sièges à offrir lors d'une élection à la proportionnelle. Ce dernier laisse entendre qu'il restera au gouvernement[29] et l'Élysée affirme qu'il « n'avait pas pris l'engagement d'être sur les listes pour être élu »[30] et ne respectera donc pas l'un des engagement de l'UMP concernant le fait que « les candidats de la Majorité présidentielle s'engagent à être présents au Parlement européen à Strasbourg et à Bruxelles »[31].

[modifier] Bibliographie

Brice Hortefeux est l'auteur, avec André Levôtre, du livre Jardin à la française - Plaidoyer pour une république de proximité, paru en 2003 aux éditions Denoël.

En mars 2007, il fait l'objet d'une biographie, Brice Hortefeux le mécano de Sarko, écrite par le journaliste Philippe Reinhard, parue aux éditions Le Cherche Midi.

[modifier] Notes et références

  1. Il ne figure pas dans l'annuaire des anciens élèves de l'IEP, même si une ancienne version de son curriculum vitæ officiel laissait sous-entendre qu'il était sorti diplomé de cette école, selon Rue89.
  2. Guillaume Perrault, « Immigration : le grand jour européen d'Hortefeux », 16 octobre 2008, Le Figaro. Mis en ligne le 16 octobre 2008, consulté le 10 juin 2009
  3. Le porte-flingue, 18 mai 2007, Arte. Mis en ligne le 18 mai 2007, consulté le 10 juin 2009
  4. Pierre Haski, Nouvelle thèse conspirationniste : Sarkozy “formé” aux États-Unis, Rue 89, 3 novembre 2007
  5. François Vignal, « Sarkozy démissionne de la présidence de l'UMP et le garde sous contrôle », in Marianne 2, 14 mai 2007.
  6. Brice Hortefeux, l'homme qui monte à l'UMP, Martine Chevalet, Le Parisien, 14 octobre 2008, page 8
  7. « Politique d'immigration : le dessous des chiffres », Le Monde, 14 janvier 2009.
  8. a et b Aujourd'hui en France, Lundi 8 octobre 2007
  9. Julien Martin, Hortefeux : les sans-papiers ne sont ni “honnêtes” ni “propres” ?, Rue 89, 27 novembre 2007
  10. Rétention: Le revers de Hortefeux, le Journal du Dimanche, 15 octobre 2008
  11. « L'UMP plébiscite ses nouveaux vice-présidents », Le Nouvel Observateur, 24 janvier 2009.
  12. D'après Le Canard enchaîné.
  13. Hortefeux à la retraite ?, Le Journal du dimanche, 11 septembre 2009.
  14. Catherine Coroller, « Obama, modèle d'«intégration» réussie selon Hortefeux », 6 novembre 2008, Libération (blogs des journalistes). Mis en ligne le 6 novembre 2008, consulté le 11 septembre 2009
  15. Le Matinal Extrait des Propos de Brice Hortefeux au cours de l’émission « Le Grand Journal » de Canal Plus du 24/02/09 :« Je suis compatriote béninois », 26 février 2009
  16. D'où viennent les images du dérapage de Brice Hortefeux?, Sylvain Mouillard Libération
  17. Le dérapage de Brice Hortefeux à l'université d'été de l'UMP sur Le Monde.fr, 10 septembre 2009. Mis en ligne le 10 septembre 2009, consulté le 10 septembre 2009
  18. Hormis Jack Lang selon LCI.
  19. La gauche demande la démission de Brice Hortefeux sur Le Monde.fr, 10 septembre 2009. Mis en ligne le 10 septembre 2009, consulté le 11 septembre 2009
  20. « Hortefeux : Pourquoi les images n'ont pas été diffusées ? », jeanmarcmorandini.com
  21. La rédaction vous répond - TF1 et LCI : Propos embarrassants, le 11 septembre 2009
  22. « Hortefeux:Le médiateur de TF1 s'étonne de l'oubli de Pernaut », jeanmarcmorandini.com
  23. Ce que Brice Hortefeux a vraiment dit
  24. « Vidéo sur internet : Hortefeux cité à comparaître pour injures raciales le 17 décembre », 29 septembre 2009
  25. Le MRAP porte plainte contre les propos du ministre de l'Intérieur et demande sa démission
  26. « Hortefeux donne dans l'humour raciste à répétition », Rue89, 10 septembre 2009.
  27. 20minutes : Vidéo polémique: Hortefeux exprime ses «regrets», le 14 septembre 2009
  28. Canard enchaîné du mercredi 5 décembre 2007 (n°4545, 51e année), page 8.
  29. Hortefeux resterait bien au gouvernement, 9 juin 2009, Agence France-Presse. Mis en ligne le 9 juin 2009, consulté le 9 juin 2009
  30. Arnaud Leparmentier, « Brice Hortefeux ne siégera pas à Strasbourg », 8 juin 2009, Le Monde. Mis en ligne le 8 juin 2009, consulté le 9 juin 2009
  31. Devant les Français, nous nous engageons, 2009, UMP. Consulté le 9 juin 2009

[modifier] Lien externe

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