Élections cantonales françaises de 2008

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Les élections cantonales françaises de 2008 ont permis d'élire les conseillers généraux de la moitié des cantons français. Initialement prévues en 2007, les élections cantonales françaises ont été décalées en 2008 et se sont déroulées les mêmes jours que les élections municipales pour ne pas surcharger le calendrier électoral de 2007.

Ces élections se sont déroulées les 9 et 16 mars 2008. À leur issue, la gauche a consolidé sa majorité avec 58 présidences détenues contre 44 à la droite[1].

Parité[modifier | modifier le code]

Pour la première fois, les candidats devaient présenter un suppléant de sexe opposé à celui du titulaire.[réf. nécessaire]

Selon l'Observatoire de la parité, 13,1 % des nouveaux élus étaient des femmes, contre 9,8 % en 2001 (série comparable) et 10,9 % en 2004. Ce taux est très disparate selon les partis (Verts 25 %, PS 17,4 %, PC 17,1 %, UMP 10,7 %, NC 5 %)[2].

En 2008, il y a cinq femmes présidentes de conseil général : Anne d'Ornano (DVD - 14), Claude Roiron (PS - 37), Josette Durrieu (PS - 65), Marie-Françoise Pérol-Dumont (PS - 87) et Nassimah Dindar (UMP - 974), contre trois précédemment[3].

Diversité[modifier | modifier le code]

Le nombre de conseillers généraux d'origine non-européenne (rapatriés de souche européenne non inclus) sortants était très faible (moins de 10 sur 3 825 conseillers généraux en métropole). Il s'agit en effet d'une élection au scrutin majoritaire où les principaux partis hésitent la plupart du temps, comme aux législatives, à investir de tels candidats, même si cette fois-ci un certain nombre étaient présentés en suppléance.

Les sièges de quatre élus sortants étaient renouvelables, ils ont tous été réélus :

  • Michel Habib (PS, canton de Thann) a été réélu dès le premier tour (66,63 %).
  • Henri Jibrayel (PS, canton de Marseille-Verduron) a recueilli 47,91 % des voix au premier tour, il est resté seul en lice pour le second, aucun autre candidat n'ayant dépassé le seuil de 10 % des inscrits.
  • Abdel-Madjid Sadi (PCF, canton de Bobigny), avec 51,32 % des voix (mais 22,54 % des inscrits) au premier tour était confronté au second tour à Leila Bouzidi (app. NC, soutenue par l'UMP), il l'a emporté avec 72,03 % au second tour
  • Azzedine Taïbi (PCF, canton de Stains), avec 38,94 % des voix (15,57 % des inscrits) au premier tour, est resté seul en lice pour le second, aucun autre candidat n'ayant dépassé le seuil de 10 % des inscrits.

Quatre candidats de ce type étaient investis par le parti d'un élu sortant qui ne se représentait pas, donc dans un canton « sûr » :

  • Djillali Lahiani (conseiller municipal de Toulouse, soutenu par l'UMP, canton de Toulouse-11), a obtenu 27,08 % au premier tour, en ballottage défavorable pour le second tour face au candidat PS qui l'avait devancé au premier tour (60,58 % pour les candidats PS, PCF et Verts) ; il n'a recueilli que 39,27 % au second tour (son prédécesseur UDF, Jean-Pierre Lloret, adjoint au maire de Toulouse, l'avait remporté avec 56,24 % au second tour en 2001).
  • Olfa Laforce-Ben Abdennebi (conseillère municipale PS de Villeneuve-d'Ascq, canton de Villeneuve-d'Ascq-Sud dans le Nord) a obtenu 22,76 % au premier tour et s'est maintenue au second tour dans une triangulaire face à une candidate divers gauche (32,7 % au premier tour) et un candidat MoDem (17,33 % au premier tour) ; elle n'a recueilli que 28,2 % au second tour, la candidate divers gauche (colistière du nouveau maire ex-PS de Villeneuve-d'Ascq) a été élue avec 45,22 % des voix.
  • Bally Bagayoko (PCF, Saint-Denis-Nord-Est) a recueilli 40,09 % au premier tour, il a été élu sans opposition au second suite au retrait de la candidate PS (23,89 % au premier tour).
  • Samia Jaber (MRC, Belfort-Sud) a recueilli 28,34 % au premier tour, elle l'a emporté avec 60,30 % au second, face à une candidate UMP (en 2001, Gilberte Marin-Moskovitz, également MRC, avait recueilli 62,4 % au second tour face au candidat RPR Olivier Bouraoui[4]).

Enfin six candidats PS d'origine non-européenne l'ont emporté dans des cantons précédemment détenus par des élus de droite.

Dans un canton « non sûr », la socialiste Najat Vallaud-Belkacem (canton de Lyon-XIII) était en ballottage favorable à l'issue du premier tour (42,97 % ; 52,21 % cumulés pour les candidats PS, PCF et Verts) face à l'UMP sortant Jean Flacher, qu'elle a battu au second tour (58,52 %). Seuls trois autres candidats dans le Rhône se sont qualifiés pour le second tour, mais en ballottage défavorable, tous trois ont été battus au second tour : Afifa Jakir (UMP, canton de Lyon-IV), Marcus Enyouma (PS, canton de Saint-Genis-Laval) et Sonia Benachour (UMP, canton de Vénissieux-Sud).

En Haute-Garonne, dans le canton d'Auterive détenu par la droite, la socialiste Cécile Ha-Minh-Tu (37,34 % au premier tour) partait en ballottage favorable (64,14 % cumulés pour les candidates PS et PCF au premier tour), elle a été élue au second tour avec 57,69 % des suffrages (l'élu sortant divers droite l'avait emporté avec 55,41 % au second tour en 2001).

Dans le canton de Marseille-Notre-Dame-Limite, le socialiste Rebia Benarioua est arrivé en tête au premier tour (32,40 %) ; il s'est retrouvé seul au second tour, suite au désistement du sortant communiste, arrivé deuxième (23,49 %) et seul à pouvoir se maintenir.

Dans le canton de Brest-Centre Reza Salami (PS, d'origine iranienne[5]) l'a emporté avec 54,49 % au second tour contre Fortuné Pellicano (divers droite), dans un canton où le candidat UDF avait obtenu 59,92 % au second tour en 2001.

Sabrina Ghallal (PS) l'emporte quant à elle dans le canton de Reims-4 (Marne).

Ismaïl Wane (PS) dans celui de Maurepas (Yvelines).

Enfin, il faut ajouter l'élection du socialiste Youri Mazou-Sacko, d'origine centrafricaine, élu le 20 octobre 2008 dans le canton de Sarcelles-Nord-Est pour remplacer François Pupponi, confronté au cumul de mandats[6].

Résultats[7][modifier | modifier le code]

Partis politiques
ou coalitions
Votes (premier tour) Votes (second tour)
# % # %
  Parti socialiste (PS) 3 572 789 26,74 2 415 348 35,11
  Parti communiste français (PCF) 1 172 378 8,82 387 397 5,63
  Divers gauche (DVG)[8] 898 717 6,72 506 403 7,36
  Les Verts (VEC) 558 612 4,18 106 789 1,55
  Parti radical de gauche (PRG) 183 208 1,37 100 861 1,47
  Gauche parlementaire 6 385 704 47,77 3 516 798 51,12
 
  Union pour un mouvement populaire (UMP) 3 158 400 23,57 1 843 500 26,80
  Divers droite (DVD)[9] 2 016 938 15,09 1 035 770 15,06
  Nouveau Centre (NC) 265 318 1,99 161 575 2,35
  Droite parlementaire 5 440 656 40,71 3 040 845 44,21
 
  Front national (FN) 647 749 4,85 11 232 0,16
  Mouvement démocrate (MoDem) 590 519 4,42 202 439 2,94
  Divers et sans étiquette[10] 129 925 0,97 68 486 1,00
  Régionalistes, autonomistes et indépendantistes 58 441 0,44 14 785 0,21
  Extrême gauche[11] 50 047 0,37 7 825 0,11
  Écologistes[12] 40 966 0,31 17 466 0,25
  Extrême droite (EXD)[13] 19 918 0,15 - -
  • Participation au premier tour :
    • Inscrits : 21 451 666
    • Votants : 13 921 867 (64,89 %)
    • Abstentions : 7 530 399 (35,11 %)
    • Bulletins blancs et nuls : 557 342 (2,60 %)
  • Participation au second tour :
    • Inscrits : 13 021 703
    • Votants : 7 220 246 (55,45 %)
    • Abstentions : 5 801 457 (44,55 %)
    • Bulletins blancs et nuls : 340 370 (2,61 %)

Bilan[modifier | modifier le code]

Nombre total de conseillers généraux après le renouvellement de 2008[modifier | modifier le code]

(y compris les conseillers de Paris qui sont également conseillers généraux et les conseillers de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Réunion)

PCF : 234 (-12) (soit 5,59 % du total)

PS : 1 608 (+ 172) (38,44 %)

PRG : 84 (+3) (2,01 %)

Div G : 312 (+33) (7,46 %)

Verts : 40 (-6) (0,96 %)

MRC : 13 (-5) (0,31 %)

Rég : 7 (0,17 %)

SE : 133 (+11) (3,18 %)

CNPT : 2 (-1) (0,05 %)

MoDem : 57 (-10) (1,36 %)

NC : 50 (+2) (1,20 %)

Div D : 646 (-42) (15,44 %)

Ump-Rad : 10 (-6) (0,24 %)

UMP : 976 (-136) (23,36 %)

MPF : 10 (-1) (0,24 %)


Total : 4 182 (100,00 %)

soit par grandes familles politiques :

Gauche : 2 291 (+185) (soit 54,77 % du total)

Div+MoDem : 199 (4,76 %)

Droite : 1 692 (-185) (40,47 %)


Total : 4 182 (100,00 %)

Départements ayant basculé à gauche[modifier | modifier le code]

8 départements ont basculé de droite à gauche[14].

Au total à l'issue des élections des présidents des Conseils Généraux (les 20 et 23/3/2008) la Gauche préside 58 départements (+7) (dont Paris) [51 PS, 3 div G, 2 PCF et 2 PRG], la Droite : 39 (-6) [30 UMP, 6 div D, 2 NC, 1 MPF] et le MoDem : 3 (-1)

Les départements administrés par la gauche représentent : 62,4 % de la population française contre 55,9 % en 2004.

Départements ayant basculé à droite[modifier | modifier le code]

Cas notables[modifier | modifier le code]

  • La présidence du conseil général des Hautes-Pyrénées est passé du PRG au PS.
  • La présidence du conseil général de Seine-Saint-Denis est passé du PCF au PS, le groupe PS étant devenu plus important que le groupe PCF (en revanche, le PCF a conquis sur la droite la présidence du département de l'Allier avec Jean-Paul Dufregne, ce qui fait qu'il conserve deux présidences).
  • La présidence du conseil général des Pyrénées-Atlantiques est passée du MoDem à l'UMP.
  • Deux élections de présidents ont donné lieu à contestation interne:

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le nouveau visage des départements, Départements (revue de l'Association des départements de France), n°95, juin 2008, page 24
  2. « Municipales et cantonales 2008 », Observatoire de la Parité,‎ 10 avril 2008 (consulté le 13 avril 2008)
  3. Le nouveau visage des départements, Départements (revue de l'Association des Départements de France), n°95, juin 2008, page 24
  4. Lors des élections législatives de 2007, Olivier Bouraoui était à nouveau candidat, mais entretemps il avait changé son patronyme, devenant Olivier Verrier, cf. Que se passe-t-il dans la 2e circonscription du Haut-Rhin ?, 7 juin 2007
  5. Cantonales à Brest. Réza Salami veut un centre socialiste, Le Télégramme, 18 octobre 2007
  6. C'est l'Obama de Sarcelles, Le Parisien, édition Île-de-France, 20 octobre 2008
  7. Résultats publiés par le Ministère de l'intérieur [1]
  8. "DVG : Candidat-e-s divers gauche, notamment Mouvement Républicain et Citoyen (MRC)"
  9. "DVD: Candidat-e-s divers droite notamment Alternative Libérale, Centre National des Indépendants et Paysans (lorsqu’ils ne sont pas soutenus par l’UMP), Debout la République, Forum des Républicains Sociaux (lorsqu’ils ne sont pas soutenus par l’UMP), Parti Radical valoisien (lorsqu’ils ne sont pas soutenus par l’UMP), Mouvement pour la France (MPF)"
  10. "AUT : Courants divers notamment antifiscalistes (Rassemblement des Contribuables Français), inclassables (Concordat citoyen 2, La France en action, Parti Blanc, Solidarité et Progrès, Union des Mouvements pour la Démocratie, Plateforme 2007), royalistes (Alliance Royale), religieux (Parti des musulmans de France), socioprofessionnels (Parti des socioprofessionnels), Chasse Pêche Nature Traditions (CPNT)"
  11. EXG : Candidat-e-s de l'extrême gauche, notamment Parti Anarchiste Révolutionnaire, Les Alternatifs, Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), Lutte Ouvrière (LO), Parti des Travailleurs (PT), Solidarité écologie gauche alternative (SEGA), Parti humaniste
  12. "ECO : Candidat-e-s écologistes autres que Les Verts, notamment Confédération des Ecologistes Indépendants (CEI), Génération Ecologie-Les Bleus, Le Trèfle-Les Nouveaux Ecologistes Homme-Nature-Animaux, Mouvement Ecologiste Indépendant (MEI)"
  13. EXD : Candidat-e-s de l'extrême droite notamment Mouvement National Républicain (MNR), Alsace d'abord, Force française
  14. « La "vague rose" fait basculer huit départements à gauche », Le Point,‎ 20 mars 2008 (consulté le 20 mars 2008)
  15. Puy-de-Dôme: la mutinerie s'envenime, Annick Faurot, Libération, 12-13 avril 2008

Liens externes[modifier | modifier le code]