Ruud Lubbers

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Ruud Lubbers
Ruud Lubbers, en 1985.
Ruud Lubbers, en 1985.
Fonctions
9e Haut Commissaire des Nations unies
pour les réfugiés
1er janvier 200120 février 2005
Prédécesseur Sadako Ogata
Successeur António Guterres
Chef politique de l'Appel démocrate-chrétien
6 novembre 198229 janvier 1994
Prédécesseur Dries van Agt
Successeur Elco Brinkman
13e Premier ministre des Pays-Bas
(47e chef du gouvernement)
4 novembre 198222 août 1994
(11 ans, 9 mois et 18 jours)
Monarque Beatrix
Gouvernement Lubbers I, II et III
Législature 27e, 28e et 29e
Coalition CDA-VVD (1982-1989)
CDA-PvdA (1989-1994)
Prédécesseur Dries van Agt
Successeur Wim Kok
Ministre des Affaires économiques
11 mai 197319 décembre 1977
Premier ministre Joop den Uyl
Prédécesseur Harry Langman
Successeur Gijs van Aardenne
Biographie
Nom de naissance Rudolphus Franciscus
Marie Lubbers
Date de naissance 7 mai 1939 (75 ans)
Lieu de naissance Rotterdam (Pays-Bas)
Parti politique KVP (1964-1980)
CDA (depuis 1980)
Diplômé de Université Érasme de Rotterdam
Profession Économiste
Entrepreneur
Religion Catholicisme
Résidence Dalfsen

Ruud Lubbers
Chefs du gouvernement néerlandais

Rudolphus Franciscus Marie Lubbers, dit Ruud, né le 7 mai 1939 à Rotterdam, est un homme politique néerlandais membre de l'Appel démocrate-chrétien (CDA).

En 1973, il est nommé ministre des Affaires économiques dans la grande coalition du travailliste Joop den Uyl. Il quitte le gouvernement à la fin de son mandat en 1977, et prend l'année suivante la présidence du groupe du CDA à la Seconde chambre.

Il est nommé en 1982 Premier ministre des Pays-Bas avec le soutien d'une coalition de centre-droit, puis devient chef politique du CDA. En 1989, à la suite de la rupture de l'alliance au pouvoir, il forme une grande coalition avec le Parti travailliste.

Considéré comme ayant un tempérament politique très conservateur, il est qualifié par certains d'« héritier » de Margaret Thatcher. L'un de ses slogans électoraux les plus connus est « Plus de marché, moins d'État » (Meer markt, minder overheid).

En 1994 il se retire de la vie politique après avoir passé douze ans à la tête du gouvernement néerlandais, ce qui constitue aujourd'hui encore le record de longévité. Il se présente en 1995 au poste de secrétaire général de l'OTAN mais les États-Unis y mettent leur veto.

Cinq ans plus tard, il est désigné haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés et prend ses fonctions en 2001. Compromis dans un scandale de harcèlement sexuel en 2004, il est finalement blanchi mais démissionne tout de même en 2005, quelques mois avant le terme de son mandat. En 2006 puis 2010, il accomplit deux missions d'information à la demande de Beatrix des Pays-Bas.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un jeune cadre de l'entreprise familiale[modifier | modifier le code]

Après avoir accompli, de 1950 à 1957, ses études secondaires à Nijmegen, il intègre l'université Érasme de Rotterdam, où il est l'élève de Jan Tinbergen, prix Nobel d'économie.

Il obtient un diplôme d'économie en 1962 avec mention bien. L'année suivante, il intègre l'entreprise familiale de bâtiments et travaux publics Hollandia b.v., installée à Krimpen aan den IJssel, comme secrétaire de direction. Il en prend la tête en 1965 pour huit ans.

Ministre des Affaires économiques[modifier | modifier le code]

Membre du Parti populaire catholique (KVP) à partir de 1964, il est nommé le 11 mai 1973 ministre des Affaires économiques dans le gouvernement de grande coalition dirigé par le Premier ministre travailliste Joop den Uyl.

Au cours de son mandat, il obtient notamment le maintien de l'approvisionnement du pays en pétrole de la part des pays arabes, et fait voter une loi donnant au gouvernement le contrôle des prix et des salaires. Il favorise par ailleurs l'investissement, prend des mesures en vue de restructurer l'industrie et propose une nouvelle politique de l'énergie garantissant notamment la sécurité de l'approvisionnement du pays.

Montée en puissance[modifier | modifier le code]

Il est élu député à la Seconde chambre lors des élections du 25 mai 1977.

Il ne prend possession de son mandat que le 22 décembre, à la suite de la formation d'un gouvernement de centre-droit par le chrétien-démocrate Dries van Agt mais auquel il ne participe pas. Le 7 novembre 1978, il succède à Willem Aantjes comme président du groupe CDA, ce dernier étant contraint à la démission à la suite d'accusations relatives à son comportement durant la Seconde Guerre mondiale.

Aux élections du 8 septembre 1982, le CDA obtient 29,3 % des voix et 45 députés, soit un point et deux sièges de moins que les travaillistes. Bien que les chrétiens-démocrates soient en mesure de former une coalition majoritaire, van Agt refuse d'accomplir un nouveau mandat. Le parti choisit Lubbers pour lui succéder. Celui-ci monte une majorité avec le Parti populaire libéral et démocrate (VVD), qui a pour sa part 36 députés.

Premier ministre (1982 - 1994)[modifier | modifier le code]

Coalition au centre-droit[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Cabinet Lubbers I et et II.

Le 4 novembre suivant, il est nommé Premier ministre des Pays-Bas. Le jour de sa prise de fonction, il est le plus jeune chef du gouvernement néerlandais, étant âgé de seulement 43 ans. Il devient le 6 novembre chef politique du CDA.

Son cabinet a alors procédé à de profondes coupes budgétaires, notamment dans le domaine de la santé, de l'éducation et de la protection sociale, ce qui a permis une spectaculaire réduction du déficit public. Il a d'ailleurs conduit la privatisation des télécommunications, des postes, des chemins de fer et d'autres entreprises publiques, tout en baissant les impôts et la durée du temps de travail.

En 1984, à la suite de sa visite un an plus tôt aux États-Unis et sa rencontre avec Ronald Reagan, il accepte que l'OTAN déploie des missiles de croisière sur le territoire néerlandais, dans le cadre de la crise des euromissiles, ce qui entraîne une énorme manifestation à La Haye. Cette même année, il participe au dénouement de la crise née de la demande faite par Margaret Thatcher d'obtenir un rabais sur la contribution du Royaume-Uni au budget de l'Union européenne, accord scellé lors du Conseil européen de Fontainebleau.

Il s'est par ailleurs rendu en URSS en 1986, afin d'y évoquer le désarmement, et a engagé l'évolution institutionnelle d'Aruba et des Antilles néerlandaises.

Les élections législatives du 21 mai 1986 sont un triomphe pour Ruud Lubbers : le CDA progresse jusqu'à 34,6 % des voix et 54 députés, un record qu'il reproduira trois ans plus tard. De deux sièges, il reprend l'avantage sur le Parti travailliste (PvdA). Les libéraux n'ayant plus que 27 députés, l'écart entre les deux partis de la majorité s'accroît de 9 à 27 parlementaires. Ils forment ensemble un nouveau gouvernement le 14 juillet suivant.

Le 3 mai 1989, le gouvernement démissionne et prévoit la convocation de nouvelles élections le 6 septembre. Le VVD a en effet refusé d'apporter son soutien au financement du plan national pour l'environnement, qui prévoyait notamment une hausse des prix des carburants par la suppression d'un avantage fiscal.

La grande coalition[modifier | modifier le code]

Article connexe : Cabinet Lubbers III.

Le jour du scrutin, les chrétiens-démocrates remportent 35,3 % des voix, soit 54 députés. Les libéraux ayant obtenu 14,6 % des suffrages, ils n'ont plus de 22 parlementaires. La reconduction de la majorité sortante étant trop risquée, Lubbers se tourne vers le PvdA, qui détient 49 sièges. Le 7 novembre 1989, après deux mois de négociations seulement, le cabinet Lubbers III prend ses fonctions. Le chef travailliste Wim Kok occupe les postes de Vice-Premier ministre et ministre des Finances.

Ce nouveau cabinet a notamment dû assurer la reprise de l'économie, plombée par la chute de la croissance et la hausse du chômage, ce qui le conduit à adopter une politique de rigueur budgétaire et à réviser le système des invalidités du travail afin de favoriser le retour à l'emploi.

L'année 1990 est riche sur le terrain diplomatique puisque les Pays-Bas annulent leur participation à la guerre du Golfe, favorisent la coordination des politiques énergétiques des membres de la Communauté économique européenne, et rétablissent leurs relations avec l'Afrique du Sud, qui a commencé le démantèlement de son régime d'apartheid. Un an plus tard, les membres de la CEE signent à Maastricht le traité sur l'Union européenne, qui renforce leurs liens politiques.

Retrait de la politique[modifier | modifier le code]

Le 29 janvier 1994, il abandonne ses fonctions à la tête de l'Appel démocrate-chrétien au profit de son ancien ministre de la Santé Elco Brinkman. Trois mois plus tard, lors des élections législatives de 1994, le CDA perd vingt sièges et se trouve renvoyé dans l'opposition, pour la première fois depuis sa création. Avec un mandat de onze ans et neuf mois, Ruud Lubbers détient le record de longévité à la tête du gouvernement.

Après 1994, un parcours international[modifier | modifier le code]

En 1995, il est proposé par la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne comme nouveau secrétaire général de l'OTAN en remplacement de Willy De Claes. Le gouvernement des États-Unis oppose cependant un refus et le poste revient à Javier Solana.

Il obtient toutefois en 2000 une sorte de lot de consolation, puisqu'il est nommé Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés. Il prend ses fonctions le 1er janvier 2001. En octobre 2003, son mandat de trois ans fut prolongé de deux ans, soit jusqu'au 31 décembre 2005.

Il est compromis au milieu de l'année 2004 dans un scandale de harcèlement sexuel à l'encontre d'une fonctionnaire du HCR. Une enquête interne, ordonnée par Kofi Annan, le blanchit de ces accusations, mais il a été toutefois sévèrement critiqué par le secrétaire général pour sa « gestion » de la crise, Lubbers ayant pris l'initiative d'écrire à son accusatrice pour lui demander de retirer ses allégations tout en lui faisant une promesse d'impunité. Il finit cependant par démissionner le 20 février 2005.

Informateur dans les turbulences politiques[modifier | modifier le code]

Il a été chargé d'une mission d'informateur en juillet 2006 par la reine Beatrix des Pays-Bas, après la rupture de la coalition de Jan Peter Balkenende. À l'issue de sa mission, il recommande la formation d'un gouvernement minoritaire jusqu'à la tenue des élections anticipées.

À la suite des élections législatives de 2010 et de l'absence d'accord de coalition au bout de six semaines, il est de nouveau désigné comme informateur le 23 juillet[1].

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Il est marié depuis 1962 à Ria Lubbers, de son vrai nom Maria Emelie Josepha Hoogeweegen, avec qui il a eu deux fils et une fille. Il est en outre le fils de Paul Lubbers et Mina van Laack.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Samen onderweg, 1991
  • Geloof in de samenleving: christen-democratie in drie generaties: Ruijs, Klompé, Lubbers, 1998
  • Vluchtelingen in onze tijd, mijn hart voor vluchtelingen, 2005
  • De vrees voorbij: een hartenkreet/Ruud Lubbers in gesprek met Carolina Lo Galbo, 2007

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]