Jean-Pierre Raffarin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Jean-Pierre Raffarin
Jean-Pierre Raffarin en 2013.
Jean-Pierre Raffarin en 2013.
Fonctions
Sénateur de la Vienne
En fonction depuis le 18 septembre 2005
(8 ans, 11 mois et 29 jours)
1er octobre 20041er novembre 2004
(1 mois)
17e Premier ministre français
(165e chef du gouvernement)
6 mai 200231 mai 2005
(3 ans, 0 mois et 25 jours)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin I
Jean-Pierre Raffarin II
Jean-Pierre Raffarin III
Législature XIIe
Coalition Majorité présidentielle
UMP - UDF (droite)
Prédécesseur Lionel Jospin
Successeur Dominique de Villepin
Sénateur de la Vienne
21 septembre 19976 juin 2002
(4 ans, 8 mois et 16 jours)
2 octobre 199531 octobre 1995
(29 jours)
Ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce et de l'Artisanat
18 mai 19952 juin 1997
(2 ans, 0 mois et 15 jours)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Alain Juppé I
Alain Juppé II
Prédécesseur Alain Madelin
Successeur Marylise Lebranchu
Président du Conseil régional de
Poitou-Charentes
19 décembre 19888 mai 2002
(13 ans, 4 mois et 19 jours)
Prédécesseur Louis Fruchard
Successeur Dominique de La Martinière
(par intérim)
Élisabeth Morin
Biographie
Date de naissance 3 août 1948 (66 ans)
Lieu de naissance Poitiers, Vienne
Nationalité Française
Parti politique UDF-PPDF
DL
UMP
Conjoint Anne-Marie Perrier
Diplômé de Université Panthéon-Assas
ESCP Europe
Profession Cadre de communication d'entreprise
Premier ministre français

Jean-Pierre Raffarin, né le 3 août 1948 à Poitiers (Vienne), est un homme politique français, Premier ministre français de 2002 à 2005 sous la présidence de Jacques Chirac.

Président du Conseil régional de Poitou-Charentes de 1988 à 2002, il est nommé ministre du Commerce et de l'Artisanat dans le gouvernement d'Alain Juppé, après l'élection de Jacques Chirac à la présidence de la République. Il quitte le gouvernement après la victoire de la « Gauche plurielle », menée par Lionel Jospin, aux élections législatives anticipées de 1997.

Siégeant au Sénat, il est nommé Premier ministre par le président Chirac après l'élection présidentielle de 2002 ; il mène une politique de réformes et favorise notamment la décentralisation. Il démissionne après le référendum portant sur un projet de Constitution européenne, en 2005.

Cadre de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), dont il est l'un des dirigeants historiques, Jean-Pierre Raffarin tenta de se présenter, en 2008, à la présidence du Sénat, mais fut vaincu, à l'issue d'une primaire, par l'ancien ministre Gérard Larcher.

En 2014, après la démission de Jean-François Copé, mis en cause dans un scandale financier, il est chargé, avec les anciens Premiers ministres Alain Juppé et François Fillon, de diriger, à titre provisoire, l'UMP jusqu'à la désignation, par les militants du parti, d'un nouveau président.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un cadre du secteur privé[modifier | modifier le code]

Fils de Jean Raffarin, cultivateur puis homme d'affaires, qui fut le secrétaire d'État à l'Agriculture du gouvernement du socialiste Pierre Mendès France de 1954 à 1955, et de Renée Michaud, Jean-Pierre Raffarin a deux sœurs et un frère.

Après avoir été fait ses études secondaires au lycée Henri-IV de Poitiers, il se rend à Paris pour étudier le droit à l'université Paris II-Assas. Il entre ensuite à l'ESCP Europe, dont il sort diplômé en 1972, comme Michel Barnier, qui sera l'un de ses ministres. Durant ses études, il fait un stage d'un an à la savonnerie Fébor, dans le département de l'Eure.

Le 29 juin 1980, il épouse Anne-Marie Perrier, née en 1952 à Chamalières, dont il a une fille, Fleur.

Contrairement à de nombreux hommes politiques, Jean-Pierre Raffarin fit carrière dans le secteur privé : entre 1973 et 1976, il siège au sein de la direction marketing des cafés Jacques Vabre, avant d'être le directeur général de Bernard Krief Communication de 1981 à 1988, puis d'être délégué général de l'Institut Euro-92 entre 1988 et 1989.

En 1978, après la démission de son père, il devient président de la société anonyme de crédit immobilier rural de la Vienne, structure fondée en 1956 par Jean Raffarin, puis affiliée au Crédit immobilier de France. Il fait fructifier cet héritage tout au long des années 1980, et devient, de fusion en fusion avec d'autres sociétés de crédit immobilier, président du Crédit immobilier de Poitou-Charentes, puis du Crédit immobilier de France Centre-Ouest.

Conseiller technique de Lionel Stoléru de 1976 à 1981, il est également maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris de 1979 à 1988.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Une lente ascension[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Raffarin est membre des Jeunes giscardiens, et secrétaire général de Génération sociale et libérale (GSL), qui se fond dans le Parti républicain en 1977. Il est successivement animateur, délégué national, secrétaire national adjoint et membre du bureau politique (1977), puis secrétaire national chargé des élus locaux de ce parti (1989-1995).

Il est ensuite secrétaire général adjoint et porte-parole (1993-1995), puis secrétaire général de l'Union pour la démocratie française (UDF).

Cofondateur du Parti populaire pour la démocratie française (PPDF), il en est le délégué général adjoint de 1995 à 1997. Membre du bureau politique de l'UDF (1996), il prend part à la création de Démocratie libérale, dont il est membre du bureau politique (1997), puis vice-président jusqu'à la fusion avec l'UMP en 2002.

Au niveau local, il est conseiller municipal d'opposition de Poitiers de 1978 à 1995, conseiller régional de la région Poitou-Charentes en 1986, puis président du conseil régional de 1988 à 2002, où il succède à Louis Fruchard, son mentor. En 1995, il quitte le conseil municipal de Poitiers pour devenir, jusqu'en 2001, adjoint au maire de Chasseneuil-du-Poitou. Il est ensuite vice-président UMP du conseil régional de Poitou-Charentes de 2002 à 2004.

Du Parlement européen au Sénat[modifier | modifier le code]

Il est député européen de 1989 à 1995, élu sur une liste UDF-RPR.

Le 17 mai 1995, il est nommé ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce et de l'Artisanat par Alain Juppé. En septembre de la même année, il se fait élire sénateur de la Vienne, mais n'exerce pas ce mandat pour rester au gouvernement. Jean-Pierre Raffarin se fait surtout connaître à cette époque pour son action en faveur de la protection des artisans boulangers et pour la loi qui porte son nom du 5 juillet 1996 qui renforce la réglementation concernant la grande distribution prévue par la loi Royer de 1973 en abaissant à 300 m2 le seuil de la surface au-delà duquel une autorisation administrative d’implantation de surfaces commerciales est nécessaire.

Après la défaite de la droite aux législatives de 1997, il lance le club « Giscardisme et modernité », cultivant un positionnement qui fait de lui l'un des rares giscardiens « chiraco-compatibles ». Plus tard, en juin 1998, il crée avec Dominique Perben, Jacques Barrot et Michel Barnier l'association « Dialogue & Initiatives » dont le but est de rassembler la droite et le centre et de proposer un « contrat d'alternance » pour 2002[réf. nécessaire].

Suite à la réélection du président Jacques Chirac, il est nommé Premier ministre le 6 mai 2002[1].

Réélu au Sénat le 21 septembre 1997, il démissionne le 6 juin 2002 à la suite de sa nomination comme Premier ministre. Réélu le 26 septembre 2004, alors qu'il est toujours chef du gouvernement, il quitte ses fonctions un mois plus tard.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Raffarin et son homologue italien, Silvio Berlusconi, le 4 décembre 2003.

Jean-Pierre Raffarin a été Premier ministre de la République française du 6 mai 2002[1] au 31 mai 2005[2], au cours de trois gouvernements successifs :

Il commence par gouverner par décrets, avant d'obtenir une large majorité pour le soutenir lors des élections législatives (363 députés UMP sur 577). Sa ligne de conduite politique, marquée d'un style personnel en matière de communication[3], s'attache aux réformes avec une certaine fermeté, tout en poursuivant la politique de baisse d'impôts de ses prédécesseurs[4]. L'un des bilans de cette politique de baisse d'impôts est l'explosion de la dette française[4].

En 2003, il conduit la réforme des retraites, celle de la décentralisation et de l'assurance maladie, en dépit de plusieurs grèves et manifestations. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, lui fait de l'ombre et l'importance prise par celui-ci, comme le grand investissement du président de la République dans les affaires de l'État, réduisent son champ d'action. L'importante baisse de sa popularité, un temps stable et élevée, comme la cinglante défaite aux élections régionales de 2004 (sa région, comme toutes les autres à l'exception de l'Alsace et de la Corse, passe à gauche) sont interprétées comme étant dues à une politique sociale insuffisante. Un remaniement ministériel dans ce sens a lieu, offrant à Nicolas Sarkozy le ministère des Finances et à Jean-Louis Borloo le ministère des Affaires sociales. Jean-Pierre Raffarin est alors écartelé entre la politique de ce dernier (en particulier sa politique de construction de HLM et de développement des emplois aidés) soutenue par Jacques Chirac et la volonté de Nicolas Sarkozy de gérer les finances « en bon père de famille », avant que ce dernier ne quitte le gouvernement pour prendre la présidence de l'UMP.

Au rang des principaux textes législatifs qu'il a fait adopter, la loi relative à l'application du principe de laïcité à l'école l'a été en 2004. Il met également en place la journée de solidarité envers les personnes âgées (annonce faite le 6 novembre 2003[5]). Enfin, il fixe de nouvelles orientations dans le domaine de la lutte contre les dérives sectaires, notamment en demandant que « le recours à des listes de groupements [soit] évité au profit de l'utilisation de faisceaux de critères »[6].

La victoire du « non » au référendum sur le projet de constitution européenne du 29 mai 2005, est fatale à Jean-Pierre Raffarin. L'échec de cette campagne l'amène à remettre sa démission de Premier ministre le 30 mai 2005 au président Chirac. Il est aussitôt remplacé par Dominique de Villepin.

Une figure de l'UMP[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Raffarin dans les salons du Sénat, le 14 février 2008.

Une élection partielle provoquée, après son départ du gouvernement, par la démission de son suppléant lui permet d'être réélu, le 18 septembre 2005, sénateur (UMP) de la Vienne, obtenant, au premier tour, 56,98 % des voix des 1046 grands électeurs[7].

Dans les premiers mois de l'an 2006, le président Jacques Chirac nomma Jean-Pierre Raffarin président du comité d'organisation français pour célébrer le 400e anniversaire de la ville de Québec, lui confiant la mission de rassembler des initiatives françaises[8].

Après sa réélection au Sénat, Jean-Pierre Raffarin, président du club de réflexion politique « Dialogue & Initiative », se fait plus discret. En tant que porte-parole de l'UMP, il s'investit néanmoins dans la campagne des élections présidentielle et législatives de 2007, intervenant durant de nombreux meetings comme à la télévision.

Après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, la structure de l'UMP est profondément modifiée, notamment dans sa fonction institutionnelle ; Jean-Pierre Raffarin devient alors vice-président du parti, profitant de cette fonction pour représenter la « diversité » au sein du courant majoritaire.

Le 24 septembre 2008, Jean-Pierre Raffarin, qui voulait être désigné candidat à la présidence du Sénat pour le groupe UMP, est vaincu par l'ancien ministre Gérard Larcher, désigné par 78 voix contre 56 à l'ancien Premier ministre et 17 à Philippe Marini[9].

D'octobre 2009 à juillet 2012, Jean-Pierre Raffarin est le Représentant personnel du président de la République pour la Francophonie, fonction occupée précédemment par Christian Philip, nommé recteur de Montpellier. En février 2010, il décline la proposition de Nicolas Sarkozy, de devenir ambassadeur de France en Chine[10].

Il s'oppose avec 24 autres sénateurs UMP, fin 2009, à la suppression de la taxe professionnelle, refusant de voter le projet de loi « en l'état »[11].

Le 18 septembre 2012, avec Luc Chatel et Marc Laffineur, il lance la motion «France Moderne et Humaniste » en vue du congrès de l'UMP[12],[13], laquelle arrive en 3e position. En janvier 2013, à la suite de l’accord entre Jean-François Copé et François Fillon qui a suivi la crise politique du congrès de novembre 2012, il est nommé président du Conseil national de l’UMP[14].

Le 17 avril 2013, il est désigné par ses pairs pour présider la mission sénatoriale relative à l'avenir de l'organisation décentralisée de la République. Son rapport, qui s'est fixé comme objectif de dégager des axes d'évolution consensuels de l'organisation décentralisée de la République à échéance 2020-2025, a été adopté le 9 octobre 2013.

À la suite de la démission de Jean-François Copé de la présidence de l'UMP, Jean-Pierre Raffarin forme avec Alain Juppé et François Fillon un triumvirat dirigeant le parti du 15 juin 2014 jusqu'à un congrès extraordinaire prévu pour le mois d'octobre suivant.

Le 12 septembre 2014, il se déclare candidat à la primaire de la droite visant à désigner son candidat pour la présidence du Sénat, le renouvellement de la haute assemblée ayant lieu à la fin du mois[15]. Il a pour adversaires Gérard Larcher et Philippe Marini.

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Grand-Officier de la Légion d'honneur, depuis le décret du 21 novembre 2008[16], « la dignité de grand officier appartient de plein droit aux anciens Premiers ministres qui ont exercé leurs fonctions durant deux années au moins ».
  • Grand-Croix de l'Ordre national du Mérite en 2002 en tant que Premier ministre.
  • Officier de l'Ordre national du Québec

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages de Jean-Pierre Raffarin[modifier | modifier le code]

Ouvrages à propos de Jean-Pierre Raffarin[modifier | modifier le code]

  • Albert Algoud et Christophe Bertin, Raffarin de Matignon, guide modique, modeste et modéré de la France d'en-bas, Paris, Mango document, 2002.
  • Le Canard enchaîné, Raffarin d'en haut en bas : qui se cache derrière l'homme de Matignon ?, Paris, Les dossiers du « Canard », 2002, ISSN 0292535485
  • Dol est une bande dessinée de Philippe Squarzoni publiée en 2006 par Les requins Marteaux. C'est une critique de la politique française des années 2000 et notamment de celle de Jean-Pierre Raffarin.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b DÉCRET du 6 mai 2002 PORTANT NOMINATION DU PREMIER MINISTRE
  2. Décret du 31 mai 2005 relatif à la cessation des fonctions du Gouvernement
  3. Ses « raffarinades » ont marqué un style d'expression qui lui est très personnel.
  4. a et b Laurent Mauduit, « Sous la dette publique, l'arnaque néolibérale », Mediapart,‎ 27 mai 2014 (lire en ligne).
  5. L'Année politique, économique et sociale 2003, Éditions Evénements & Tendances, 1 avr. 2004
  6. Circulaire du 27 mai 2005, Journal officiel n°126 du 1er juin 2005
  7. Résultats de l'élection sénatoriale partielle du 18 septembre 2005 dans la Vienne sur le site du Sénat.
  8. Lemieux, Julie, Entre la mémoire et la modernité, journal Le Soleil (Québec), 14 février 2007, pp. 2-3.
  9. « Présidence du Sénat : Larcher remporte la primaire UMP », Le Figaro,‎ 24 septembre 2008
  10. « Jean-Pierre Raffarin refuse de s'exiler en Chine », Nouvelobs interactif, 10 février 2010.
  11. Marie-Christine Tabet, « Taxe professionnelle: Raffarin mène la fronde », Le Journal du dimanche, 1er novembre 2009.
  12. UMP : Raffarin présente une motion, Le Figaro, 12 septembre 2012.
  13. Congrès UMP : humanistes et libéraux lancent leur motion, Le Figaro, 12 septembre 2012.
  14. Alexandre Lemarié, « Hortefeux, Ciotti, Morano… L’organigramme complet de la direction de l’UMP », in lemonde.fr, 15 janvier 2013.
  15. « Présidence du Sénat : Jean-Pierre Raffarin candidat », Le Figaro, samedi 13 / dimanche 14 septembre 2014, page 4.
  16. Décret no 2008-1202 du 21 novembre 2008 modifiant le code de la Légion d'honneur et de la médaille militaire, paru au Journal officiel du 22 novembre 2008 (texte 1).
  17. Généastar : Ascendants de Jean-Pierre RAFFARIN

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :