Salomé Zourabichvili

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Salome Zourabichvili, en 2013.
Salome Zourabichvili, en 2009.
Salomé Zourabichvili au Forum Libération de Grenoble le 21 septembre 2008
Salomé Zourabichvili, le 1er juin 2004.

Salomé Zourabichvili (en géorgien : სალომე ზურაბიშვილი), née le à Paris, est une femme politique et diplomate ayant la double nationalité française et géorgienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Née en 1952 à Paris dans une famille d'émigrés géorgiens arrivée en France dans les années 1920, elle est la petite-fille de Levan Zourabichvili, qui fut ministre du dernier gouvernement indépendant de Géorgie, avant l'ère soviétique. Elle est la cousine d'Hélène Carrère d'Encausse[1], née Hélène Zourabichvili.

Elle suit les cours d'écoles prestigieuses en France, parmi lesquelles l'Institut d'études politiques de Paris, et commence un programme de master à l'université Columbia à New York au cours de l'année universitaire 1972-1973, suivant notamment des cours de Zbigniew Brzezinski.

Salomé Zourabichvili est mariée à Janri Kashia, journaliste et écrivain géorgien de renom, et opposant de l'ère soviétique, réfugié politique en France en 1982. Elle a deux enfants d'un précédent mariage.

Outre le français et le géorgien, Salomé Zourabichvili parle couramment l'anglais et l'italien et a étudié l'allemand et le russe.

Carrière de diplomate française[modifier | modifier le code]

En 1974, elle abandonne ses études pour rejoindre le ministère français des affaires étrangères, entamant une carrière diplomatique qui la mène notamment à Rome, aux Nations unies, à Bruxelles, à Washington. C'est en 1986 qu'elle se rend pour la première fois en Géorgie lors d'un bref congé, alors qu'elle travaille à l'ambassade de France à Washington.

  • En 2003, elle est nommée ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de France en Géorgie.

Carrière en France[modifier | modifier le code]

Professeur associée à l'Institut d'études politiques de Paris depuis septembre 2006, elle enseigne en master de relations internationales (politique de voisinage de l'UE, les « nouvelles démocraties » entre l'UE et la Russie).

Carrière de femme politique géorgienne[modifier | modifier le code]

Le , le président de la Géorgie, Mikheil Saakachvili, la choisit pour être ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Zourab Jvania. Elle devient la première femme nommée à ce poste en Géorgie. Elle reçoit alors la nationalité géorgienne le 20 mars, le Parlement vote une loi ad hoc lui permettant de conserver sa nationalité française. C'est également la première fois que la Géorgie accorde la double nationalité à un étranger.

La situation de Salomé Zourabichvili est un cas assez particulier tant sur le plan de sa situation administrative que sur les plans politiques et stratégiques, compte tenu des fonctions qu'elle a occupées dans l'administration française avant de devenir ministre du gouvernement d'un autre État. Selon le président de la Géorgie, cette nomination s'est faite avec l'accord du président français Jacques Chirac et du ministre des Affaires étrangères français Dominique de Villepin et s'inscrit dans le cadre de la politique de coopération existant entre les deux États.

Face aux critiques du Parlement géorgien et de certains ambassadeurs géorgiens en poste à l’étranger, elle est démise de ses fonctions le 20 octobre 2005 par le Premier ministre Zourab Noghaïdeli. Les critiques font mention de « manque de communication », « manque de coordination[2] ». Cette démission est diversement interprétée. Pour les médias français, il s’agit de mettre au pas la politique étrangère géorgienne et de faire des concessions à la Russie. Ailleurs, on parle de l'incapacité de Zourabichvili, élevée et ayant vécu à l’étranger, de s’adapter aux réalités géorgiennes.

En réaction au limogeage de Zourabichvili, et à sa demande, de 5 à 10 000 personnes auraient manifesté à Tbilissi pour lui apporter leur soutien. Elle place son limogeage comme la victoire d’un « système néocommuniste[3] » et du « dernier bastion néobolchevique » en Géorgie. Zourabichvili met aussi en avant sa lutte contre la corruption pour justifier la « cabale » contre elle. Zourabichvili a dénoncé à mots couverts la Russie comme étant derrière sa mise à pied.

Dans la presse française, on oppose la « Parisienne d'origine géorgienne, brillante et distinguée » à la « provinciale » Tbilissi. Zourabichvili y est montrée comme le chevalier blanc venue de France pour lutter contre la corruption des Caucasiens.

Peu après, elle annonce son intention de s’engager en politique et surtout de rester en Géorgie. Elle prend soin de ne pas écorner le président Saakachvili.

Le remplaçant de Zourabichvili est Guéla Bejouachvili, présenté par certaines sources comme « proche de Moscou » (Le Monde) et par d’autres comme « pro-occidental » (Le Figaro).

Salomé Zourabichvili est le chef du parti politique « La Voie de la Géorgie » (sakartvelos gza), enregistré comme parti électoral le 21 août 2006. Cette formation participe aux élections municipales du 5 octobre suivant, notamment à Tbilissi où elle obtient 3 % des suffrages. En octobre 2007, le parti entre dans la coalition unie de l'opposition et, en 2008, participe à l'élection présidentielle du 5 janvier où Salomé Zourabichvili figure dans le ticket du candidat de l'opposition Levan Gachechiladzé comme candidate au poste de Premier ministre. Ce tandem obtient plus de 25 % des voix dans des élections hautement contestées. Le 21 mai suivant, « La Voie de la Géorgie » participe au sein de la coalition de l'opposition aux élections législatives qui sont largement remportées par le parti au pouvoir. Salomé Zourabichvili ne pouvant présenter sa candidature en raison de la loi géorgienne qui établit une durée minimale de résidence de dix ans, elle soutient la campagne de l'opposition unifiée.

Dans son livre « La tragédie géorgienne » elle décrit le régime du président Saakashvili comme une « parodie de démocratie », et appelle que cet homme est issu de l'ancien régime (étudiant à école du KGB, dauphin de Chevardnadzé) et juge qu'il utilise des techniques staliniennes[1].

En novembre 2010, elle abandonne la direction de son parti « La Voie de la Géorgie » à Kakha Seturidze.

Actuellement, elle est coordinatrice du groupe d'experts qui assiste le comité des sanctions contre l'Iran du Conseil de sécurité de l'ONU.

Autres activités en Géorgie[modifier | modifier le code]

Elle a fait une série de cours publics sur la diplomatie et les relations internationales de la Géorgie à l'Université d'État Ilia Tchavtchavadzé de Tbilissi au printemps 2007.

Autres activités en France[modifier | modifier le code]

Salomé Zourabichvili est marraine du projet Jeune République.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Géorgie, ouvrage collectif, collection « Que sais-je ? »
  • Une femme pour deux pays, Grasset, Paris 2006, (ISBN 2-246-69561-9)
  • « Fermer Yalta » dans Cahiers de Chaillot, n° 102, Paris, mai 2007 (Institut de Sécurités de l'UE)
  • L'Europe, quelles frontières mars 2007, Penser l'Europe, publication de Cultures France
  • Les cicatrices des nations, Bourin Éditeur, juin 2008, (ISBN 978-2-84941-075-2)
  • La tragédie géorgienne 2003-2008 : de la Révolution des roses à la guerre, Grasset, Paris 2009, (ISBN 978-2246753919)

Documentaires filmés à son sujet[modifier | modifier le code]

  • Envoyé spécial (mai 2004)
  • Perpetuum mobile (Géorgie 2006)
  • La Malle (Géorgie 2007), présenté en compétition au festival de Cannes (section documentaire).

Décorations[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]