Philippe Douste-Blazy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Philippe Douste-Blazy
Philippe Douste-Blazy, le 10 mars 2012.
Philippe Douste-Blazy, le 10 mars 2012.
Fonctions
Cabinet du secrétaire général des Nations unies
Conseiller spécial chargé des financements innovants
En fonction depuis le 19 février 2008
Ministre des Affaires étrangères
18e ministre des Affaires étrangères de la Ve République
2 juin 200515 mai 2007
Président Jacques Chirac
Gouvernement Dominique de Villepin
Prédécesseur Michel Barnier
Successeur Bernard Kouchner
Ministre des Solidarités, de la Santé et de la Famille
Ministre de la Santé et de la Protection sociale jusqu'au 29 novembre 2004
31 mars 200431 mai 2005
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin III
Prédécesseur Jean-François Mattei
Successeur Xavier Bertrand
Secrétaire général de l'UMP
17 novembre 200228 novembre 2004
Prédécesseur Création du poste
Successeur Pierre Méhaignerie
Député de la première circonscription de la Haute-Garonne
2 avril 200130 avril 2004
Élection 16 juin 2002
Législature XIIe
Prédécesseur Dominique Baudis
Successeur Bernadette Païx
Maire de Toulouse
23 mars 200129 avril 2004
Élection 18 mars 2001
Prédécesseur Guy Hersant
Successeur Jean-Luc Moudenc
Ministre de la Culture
18 mai 19952 juin 1997
Président Jacques Chirac
Gouvernement Alain Juppé I
Alain Juppé II
Prédécesseur Jacques Toubon
Successeur Catherine Trautmann
Ministre délégué à la Santé
Porte-parole de gouvernement à compter du 19 janvier 1995
30 mars 199311 mai 1995
Président François Mitterrand
Gouvernement Édouard Balladur
Député de la deuxième circonscription des Hautes-Pyrénées
12 juin 19971er avril 2001
Élection 25 mai 1997
Législature XIe
Successeur Chantal Robin-Rodrigo
2 avril 19931er mai 1993
Élection 21 mars 1993
Législature Xe
Prédécesseur Claude Gaits
Successeur Jean-François Calvo
Député européen
25 juillet 198930 mars 1993
Élection 25 juin 1989
Maire de Lourdes
13 mars 1989février 2000
Élection 12 mars 1989
Réélection 11 juin 1995
Prédécesseur François Abadie
Successeur Jean-Pierre Artiganave
Biographie
Date de naissance 1er janvier 1953 (61 ans)
Lieu de naissance Lourdes, Hautes-Pyrénées
Nationalité Français
Parti politique CDS-UDF (1989-1995)
FD-UDF (1995-1998)
UDF (1998-2002)
UMP (2002-2008)
Diplômé de Université de Toulouse
Profession Cardiologue

Philippe Douste-Blazy, né le 1er janvier 1953 à Lourdes (Hautes-Pyrénées), est un homme politique français, membre de l'UDF puis de l'UMP.

Cardiologue, il est député et maire de Lourdes puis de Toulouse. Plusieurs fois ministre (Culture, Santé, Affaires étrangères), il est actuellement conseiller spécial du Secrétaire général des Nations unies, chargé des sources novatrices de financement du développement.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Natif de Lourdes, Philippe Douste-Blazy est le fils de Louis Douste-Blazy et petit-fils d'Antoine Béguère, maire et dirigeant du FC Lourdes lors des années dorées de ce club de rugby.

Philippe Douste-Blazy suit des études de médecine à Toulouse où il effectue son internat en 1976, et y soutient sa thèse en 1982, pour laquelle il obtient un prix en 1983[réf. nécessaire]. Il exerce ensuite comme cardiologue à Lourdes et à Toulouse, notamment à l'hôpital de Purpan à partir de 1986. Il rejoint alors la Société française de cardiologie. Il devient en 1988 professeur de médecine à la faculté des sciences de Toulouse, en épidémiologie, économie de la santé et prévention.

Débuts politiques[modifier | modifier le code]

Il entre en politique en mars 1989 en étant élu maire de Lourdes (Hautes-Pyrénées). Sa liste emporte au premier tour 53,81 % des suffrages contre 42 % à celle de François Abadie, élu depuis 1971[1].

Il est élu député européen, sur la liste « Le Centre pour l'Europe », en juin de la même année. Il siège dès lors au Parti populaire européen.

Cette année est aussi celle de son élection comme directeur national de l'Association de recherche contre les élévations du cholestérol (ARCOL).

Incontesté dans les scrutins locaux jusqu'à son départ de Lourdes, son ascension est rapide : élu député dans la deuxième circonscription des Hautes-Pyrénées fin mars 1993, il abandonne son mandat en mai, à la suite de sa nomination comme ministre délégué à la Santé, fonction qu'il cumule avec celle de porte-parole du gouvernement à partir du 19 janvier 1995. En mars 1994, il est élu au conseil général des Hautes-Pyrénées, devient secrétaire général du CDS en décembre suivant, et est réélu au premier tour des municipales en 1995[1].

À Lourdes, Philippe Douste-Blazy axe son action sur le tourisme. La RN 21, l'aéroport Tarbes-Ossun-Lourdes et la nouvelle gare SNCF améliorent la desserte de la ville, qui se dote d'un nouvel office du tourisme et de deux accueils pour les malades en remplacement des anciens hospices. Mais la reprise en régie municipale du golf, hérité de l'équipe précédente, et l'acquisition du lac de Lourdes, dont l'aménagement est ensuite suspendu, alourdissent les finances municipales[1]. La chambre régionale des comptes constate en 1997 une augmentation des frais de fonctionnement de la ville, due selon l'opposition au nombre de collaborateurs du cabinet pléthorique et à une politique de communication coûteuse. Les impôts locaux augmentent de 77,8 % entre 1988 et 1994[1], pour rebaisser à partir de 1998[2], l'endettement de la ville atteint 206 millions de francs soit 13 885 francs par habitants en 2000, et la taxe de séjour est instaurée[1]. En matière d'emplois, il doit faire face à la fermeture de l'abattoir, et tente sans succès d'attirer deux usines pharmaceutiques[1].

Ministre de la Culture[modifier | modifier le code]

Soutien de Jacques Chirac à l'élection présidentielle de 1995, il est nommé ministre de la Culture le 18 mai après la victoire de ce dernier.

En juin, il est réélu maire de Lourdes, et devient secrétaire général de Force démocrate fin novembre. Il est ensuite membre du bureau politique de l'UDF (1996-1999) et vice-président de l'UDF.

En tant que ministre, il accentue les politiques culturelles en direction des territoires urbains et ruraux défavorisés, en associant les acteurs de l'aménagement du territoire et de l'Éducation nationale[3].

En mai 1997, il se fait poignarder à Lourdes par un déséquilibré[4].

Député et maire de Toulouse[modifier | modifier le code]

En juin 1997, la défaite de la droite aux élections législatives anticipées lui fait perdre son portefeuille à la Culture. Il retrouve son siège de député des Hautes-Pyrénées, devenant président du groupe UDF-Alliance à l'Assemblée nationale. Le 23 mars 1999, il est témoin de l'arrêt cardiaque de Michel Crépeau en séance parlementaire des questions au gouvernement et le ranime (Michel Crépeau décédera quelques jours plus tard).

En mars 2001, il laisse la circonscription de Lourdes pour se faire élire dans la première circonscription de la Haute-Garonne. Abandonnant ses mandats de conseiller général et de membre du conseil municipal de Lourdes, il remporte à la même date la mairie de Toulouse, succédant à Guy Hersant, maire par intérim en remplacement de Dominique Baudis, nommé président du CSA. Il préside la communauté d'agglomération du Grand Toulouse de 2001 à 2008.

Fin 2001, il s'associe à la candidature de Jacques Chirac pour un second mandat présidentiel. Il organise l'adhésion d'une large frange de l'UDF au nouveau parti fondé lors de la campagne présidentielle et qui deviendra l'UMP, ce qui provoque son exclusion du parti centriste.

Réélu député de la Haute-Garonne le 16 juin 2002, et devenu secrétaire général de l'UMP le même mois lors du congrès du parti, il refuse d'entrer au gouvernement pour conserver la mairie de Toulouse.

Le 5 mars 2003, il est à l'origine avec Jean Leonetti d'une proposition, non discutée à l'époque, de reconnaître « l'œuvre positive de l'ensemble de nos citoyens qui ont vécu en Algérie pendant la période de présence française », cosignée par 107 autres députés[5]. Des clauses plus étendues sur le même thème réapparaîtront dans les articles 1 à 4 de la Loi française du 23 février 2005, soulevant une forte polémique autour de la reconnaissance, imposée à l'école par cet article, des aspects positifs de la colonisation.

Il est aussi maître de conférences à l'université Paris VII - Diderot où il donne un cours chaque année de santé publique aux élèves de première année de médecine.

Ministre de la Santé[modifier | modifier le code]

Le 31 mars 2004, il est nommé ministre de la Santé et de la Protection sociale, et démissionne de son mandat de maire de Toulouse pour se plier à la règle du non-cumul des mandats[6], où il est remplacé par Jean-Luc Moudenc. Le 29 novembre suivant, son titre s'élargit en ministre des Solidarités, de la Santé et de la Famille.

Il entame à ce poste la réforme de l'assurance maladie[7], en prévoyant 10 milliards d'euros d'économies et 5 milliards de recettes supplémentaires en 3 ans, grâce à une franchise de 1 euro par acte médical, la hausse du forfait hospitalier et un élargissement de l'assiette de la CSG[8].

À l'issue de son mandat, il est salué pour avoir fait avancer des réformes délicates avec habileté, sans faire descendre dans la rue les personnels hospitaliers, mais reste considéré comme celui par qui la tarification du système hospitalier public est arrivé[9]. Dans le milieu de la santé, certains estiment aussi que la réforme de l'assurance maladie aurait pu être terminée pendant son ministère et non passée à son successeur, Xavier Bertrand[10].

Ministre des Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

Condoleezza Rice et Philippe Douste-Blazy, le 5 juillet 2005.
Philippe Douste-Blazy en 2005.

Préférant le ministère des Affaires étrangères à un ministère des Affaires sociales élargi, il est nommé à la tête du Quai d'Orsay le 2 juin 2005, dans le gouvernement Dominique de Villepin[11].

Son ministère est marqué par quelques bourdes, par exemple lorsqu'il confond Taïwan et la Thaïlande ou la Croatie et le Kosovo[7]. Par ailleurs, certaines de ses déclarations embarrassent, notamment celle sur le caractère « militaire clandestin » du programme nucléaire iranien, à contre-courant des efforts diplomatiques occidentaux[12] ou celle, en plein conflit israélo-libanais, sur le rôle « stabilisateur » de l'Iran[13]. Son manque de maîtrise des codes diplomatiques et des dossiers, ainsi que son goût pour la communication, irritent les fonctionnaires du Quai d'Orsay[7].

Comme ministre, il défend une diplomatie humanitaire, développant notamment le fonds Unitaid, financement innovant d'achats de médicaments par une taxe prélevée sur les billets d'avion, initiée par les présidents Chirac et Lula[13].

Président d'Unitaid[modifier | modifier le code]

Démissionnaire à la suite de la victoire de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, il annonce le jour de la passation des pouvoirs à Bernard Kouchner, renoncer à se présenter aux législatives dans la 1re circonscription de Toulouse.

Le 3 mars 2007, il est élu président du conseil d'administration d'Unitaid[14].

En juin 2007, il est nommé conseiller, chargé de mission auprès du président de la République.

En février 2008, il devient conseiller spécial chargé des sources novatrices de financement du développement[15], auprès du Secrétaire général des Nations Unies[16]. Dans ce cadre, il a lancé MassiveGood, un programme humanitaire par lequel les voyageurs peuvent faire de micro-contributions à Unitaid lors d'une réservation d'un billet d'avion ou d'autres moyens de transports sur Internet.

Ce programme, qu'il dirige, se révèle une déception, malgré les contacts établis avec Bill Clinton ou Ban Ki-moon. La fondation Unitaid qui chapeautait ce programme le stoppe en 2010 devant les coûts supérieurs aux recettes réelles, après que le lancement lui a coûté 22 millions de dollars[17]. Néanmoins, à la suite des résultats positifs obtenus en Espagne avec la campagne « Ninõs Sin Malaria »[18], le logiciel, qui a fait ses preuves, est aujourd'hui au service d'autres organisations internationales qui lèvent des fonds par micro-donations.

Le 8 janvier 2012, il appelle à un soutien pour François Bayrou, candidat du MoDem pour l'élection présidentielle, via une tribune dans le journal Le Monde[19] dans laquelle il dénonce une droitisation de l'UMP dont il faisait partie.

En 2014, il propose sa candidature au conseil d'administration de l'ONG Action contre la faim mais n'a pas été élu.

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Mandats électifs
Fonctions ministérielles
  • 30 mars 1993 - 19 janvier 1995 : ministre délégué auprès du ministre d'État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, chargé de la Santé
  • 19 janvier 1995 - 11 mai 1995 : ministre délégué auprès du ministre d'État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, chargé de la Santé, porte-parole du gouvernement
  • 18 mai 1995 - 2 juin 1997 : ministre de la Culture
  • 31 mars 2004 - 29 novembre 2004 : ministre de la Santé et de la Protection sociale
  • 29 novembre 2004 - 31 mai 2005 : ministre des Solidarités, de la Santé et de la Famille
  • 2 juin 2005 - 15 mai 2007 : ministre des Affaires étrangères
Autres fonctions

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « À Lourdes, le bilan controversé des années Douste », Pascal Jalabert, La Dépêche du Midi, 15 février 2000.
  2. « Lourdes, sans pitié », Gilbert Laval, Libération, 7 mars 2001.
  3. L'histoire du ministère, site du ministère de la Culture et de la Communication.
  4. Journal de 20 heures de France 2 du 2 mai 1997, site de l'INA.
  5. Proposition de loi du 5 mars 2003, site de l'Assemblée nationale.
  6. [1]
  7. a, b et c « Philippe Douste-Blazy, "Mister Bluff" au Quai d'Orsay », Raphaëlle Bacqué, Le Monde, 28 avril 2006.
  8. « Assurance-maladie : comment Douste-Blazy a gagné son pari », Le Monde, 18 juin 2004.
  9. « Philippe Douste-Blazy ou l’art de botter en touche », Americo Cardoso, numéro 43 de la revue politique Mouvements, janvier 2006 (p. 138-141).
  10. « Philippe Douste-Blazy quitte le ministère de la Santé sans avoir achevé la mise en oeuvre de la réforme de l'assurance maladie », dépêche APM International, 2 juin 2005.
  11. « Philippe Douste-Blazy, Catherine Colonna à la diplomatie : le mariage du médiatique et de l'experte », Le Monde, 4 juin 2005.
  12. « Blair et Merkel se démarquent de Paris », Le Figaro, 15 octobre 2007.
  13. a et b « Philippe Douste-Blazy, le diplomate de circonstance », Natalie Nougayrède, Le Monde, 16 mai 2007.
  14. Composition des instances d'Unitaid sur son site officiel.
  15. « Le Secrétaire général nomme Philippe Douste-Blazy conseiller spécial chargé des sources novatrices de financement du développement », site de l'ONU, 19 février 2008.
  16. Liste des hauts fonctionnaires des Nations unies et fonctionnaires de rang équivalent dont le lieu d'affectation est New York, 27 juin 2011 (p. 19).
  17. « L'incroyable M. Douste-Blazy », Sophie Coignard, Le Point, 21 octobre 2010.
  18. « Iberia transmet 40 000 euros pour la campagne Croix-Rouge «enfants sans paludisme» (traduite de l'espagnol), PRNOTICIAS, 2 mars 2012.
  19. « Philippe Douste-Blazy : "Pourquoi je rejoins aujourd'hui François Bayrou" », Le Monde, 8 janvier 2012.
  20. « Philippe Douste-Blazy nommé Secrétaire général adjoint des Nations unies », Le Monde, 21 février 2008.


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Directeur de collection aux éditions Plon, il y a édité trois ouvrages :

Œuvres personnelles (entre autres) :

Liens externes[modifier | modifier le code]