Catherine Trautmann

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Catherine Trautmann
Catherine Trautmann en 2014.
Catherine Trautmann en 2014.
Fonctions
Ministre de la Culture et de la Communication
1997 – 2000
Président Jacques Chirac
Premier ministre Lionel Jospin
Gouvernement Gouvernement Lionel Jospin
Prédécesseur Philippe Douste-Blazy
Successeur Catherine Tasca
Porte-parole du gouvernement
1997 – 1998
Président Jacques Chirac
Premier ministre Lionel Jospin
Gouvernement Gouvernement Lionel Jospin
Prédécesseur Alain Lamassoure
Successeur Jean-François Copé
Députée européenne
1989 – 1997
Groupe politique Groupe du Parti socialiste européen
En fonction depuis le 2004
Groupe politique Groupe du Parti socialiste européen
Maire de Strasbourg
1989 – 1997
Prédécesseur Marcel Rudloff
Successeur Roland Ries
2000 – 2001
Prédécesseur Roland Ries
Successeur Fabienne Keller
Secrétaire d'État chargée des Personnes âgées et des handicapés
13 mai 1988 – 28 juin 1988
Président François Mitterrand
Premier ministre Michel Rocard
Gouvernement Gouvernement Michel Rocard (1)
Prédécesseur poste créé, Philippe Séguin ministre des Affaires sociales et de l'emploi.
Successeur Théo Braun
Députée du Bas-Rhin
1986 – 1988
Prédécesseur Émile Koehl
Successeur Marc Reymann
1997 – 1997
Prédécesseur Harry Lapp
Successeur Armand Jung
Biographie
Nom de naissance Catherine Argence
Date de naissance
Lieu de naissance Strasbourg, Bas-Rhin
Drapeau de la France France
Nationalité Française
Parti politique Parti socialiste
Video (français) / (anglais)

Catherine Trautmann, née Argence le à Strasbourg, est une femme politique française, membre du Parti socialiste.

Études[modifier | modifier le code]

Elle a suivi des études à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg où elle a obtenu une maîtrise de théologie protestante. Elle est spécialiste de langue et littérature copte.

Parcours politique national[modifier | modifier le code]

Au PS, elle est membre du Conseil national (depuis 1987), du bureau national du PS depuis ; membre de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie et de la commission temporaire sur les défis politiques et les moyens budgétaires de l'Union élargie 2007-2013 au Parlement européen.

Elle a été députée du Bas-Rhin de 1986 à 1988 ; durée pendant laquelle elle est aussi membre de la délégation française au Conseil de l'Europe. Elle est élue en députée de la Première circonscription du Bas-Rhin en battant Harry Lapp. Cette circonscription était tenue par la droite depuis la Libération.

Elle est membre du Comité d'orientation scientifique de l'association fondée par Michel Rocard et Dominique Strauss-Kahn, À gauche en Europe.

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

En 1999, elle décide de rouvrir l’aile ouest du palais de Tokyo (Paris), pour la consacrer à la diffusion de l’art contemporain (en quelques années, ce lieu s’impose dans le paysage culturel français et international : il est le centre d’art le plus visité d’Europe et un véritable lieu d’émergence pour l’art contemporain)[réf. nécessaire].

Très critiquée au sujet de ses projets de réforme concernant les chaînes de télévision, elle quitte le ministère lors d'un remaniement, où Catherine Tasca lui succède.

Elle a participé à créer la commission permanente de contrôle des sociétés de perception et de répartition des droits (CPCSPRD), qui est une commission de la cour des comptes chargée de surveiller les sociétés de perception et de répartition des droits d'auteurs (comme la SACEM, l'ADAMI, etc). Catherine Trautmann a commencé la présentation de la loi créant cette commission à l'assemblée et au sénat, et Catherine Tasca a fini celle-ci et promulgué la loi.

À Strasbourg[modifier | modifier le code]

La carrière politique de Catherine Trautmann débute réellement avec son entrée, en 1983 au conseil municipal de Strasbourg, où elle est alors dans l'opposition, dans une ville traditionnellement de droite.

Secrétaire d'État du gouvernement Michel Rocard en , elle est désignée pour diriger la liste PS aux élections municipales de 1989. Elle a notamment pour programme la mise en place d'un tramway alors que Marcel Rudloff, considérant que le projet de son adversaire est passéiste, met en avant un projet de métro de type VAL.

Son entrée en campagne débute difficilement par un échec aux élections législatives de qui la contraint à quitter le gouvernement un mois après y avoir fait son entrée.

Opposée au maire sortant, président du Conseil régional d'Alsace et sénateur, elle parvient cependant, à la faveur d'une campagne dynamique et de dissensions à droite, à conquérir le siège de maire. La victoire de Catherine Trautmann constitue un séisme politique d'ampleur nationale. Avec la prise de Strasbourg par la gauche, elle devient la première femme maire d'une ville de plus de 100 000 habitants. Sa victoire permettra la réalisation du tramway, et l'essor des transports publics et de l'intermodalité (zones piétonnes, recul de la place de la voiture en hyper-centres), qui ont joué un rôle majeur dans la requalification de Strasbourg. Elle sera maire de Strasbourg et présidente de la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS) de 1989 à 1997 et de 2000 à 2001.

Réélue au premier tour en , elle est contrainte d'accueillir dans sa ville un rassemblement du Front national, mais organise en parallèle une importante contre-manifestation dont la réussite (entre 50 000 et 80 000 personnes manifestent contre le racisme) la propulse au premier plan parmi les personnalités du PS. En , Jean-Marie Le Pen présente à son auditoire, lors d'un meeting, une tête en carton à l'effigie de Catherine Trautmann qu'il fait huer. Estimant que « l'agressivité de cette mise en scène est de nature à susciter envers Catherine Trautmann un climat d'hostilité excédant les limites admissibles d'un débat d'opinion dans une société démocratique », le tribunal condamne le leader frontiste au franc symbolique pour cette « mise en scène macabre et choquante évoquant l'image de la mise à mort par décapitation visant d'une manière certes symbolique mais intolérable à l'élimination de l'intéressée »[1].

Lors de la victoire de la Gauche plurielle en 1997, elle fait son retour au gouvernement et est nommée ministre de la Culture. Pour se conformer au principe de non cumul des mandats, elle démissionne de ses mandats locaux et laisse le poste de maire et de président de la Communauté urbaine de Strasbourg à Roland Ries, son bras droit, avec l'accord qu'elle recouvrera la mairie à son retour.

Son retour à Strasbourg est cependant difficile en raisons de sa décision de cumuler la mairie et la présidence de la CUS (contrairement à l'accord initialement conclu avec Roland Ries) et d'un important conflit avec son adjoint aux finances, Jean-Claude Petitdemange, premier secrétaire de la fédération socialiste du Bas-Rhin. Cependant, ce dernier échoue à entraîner Roland Ries avec lui, qui choisit finalement de rester fidèle à la majorité municipale.

La zizanie qui suit le difficile retour de Catherine Trautmann a un effet très négatif sur l'électorat strasbourgeois, tandis que le relatif succès de la liste indépendante de Jean-Claude Petitdemange divise les voix de la gauche aux élections municipales de 2001, au profit de la liste d'union UDF-RPR menée par le « tandem » Fabienne Keller et Robert Grossmann (qui intègreront, en 2002, l'UMP).

Catherine Trautmann perd largement, dans une triangulaire l'opposant à Fabienne Keller et Jean-Claude Petitdemange, les élections municipales de 2001, et devient membre de l'opposition municipale, où elle préside le groupe socialiste.
En 2007, suite à un accord avec Roland Ries, elle s'efface et le laisse mener la liste socialiste à Strasbourg. La très large victoire de cette liste fait entrer Catherine Trautmann dans la majorité, et, le , elle est élue deuxième vice-présidente de la Communauté urbaine de Strasbourg (dirigée par Jacques Bigot), chargée de l'université et du développement économique.
Elle est également présidente du port autonome de Strasbourg[2].

Députée européenne[modifier | modifier le code]

Catherine Trautmann est élue députée européenne lors des élections européennes de 1989. Elle siège au sein du groupe du Parti socialiste européen. Elle est réélue lors des élections de 1994. Elle siège jusqu'en 1997, date à laquelle elle est nommée ministre de la Culture et de la Communication au sein du gouvernement Lionel Jospin en France.

Elle est réélue députée lors des élections européennes de 2004, et succède à une autre élue strasbourgeoise, Marie-Hélène Gillig. Elle est vice-présidente de la Commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie. Elle est notamment l'un des rapporteurs du Paquet télécoms.

Elle conduit la liste socialiste aux élections européennes de 2009 dans la circonscription nord-est. Ayant obtenu quatre élus en 2004, le PS espère refaire un bon score en 2009, bien que la circonscription ait perdu un siège (9 contre 10 en 2004). Néanmoins, le soir du 7 juin, sa liste obtient 17,8 % des voix, mieux que la moyenne nationale de son parti (16,48 %), mais seulement deux élus, talonnée par les Verts et distancée par la liste de Joseph Daul (UMP), qui l'emporte avec 29,2 % des voix et quatre sièges.[réf. nécessaire]

En janvier 2012, elle est candidate à la présidence du groupe parlementaire Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D), considérée comme « outsider » par rapport au favori Hannes Swoboda[3].

Distinctions et missions[modifier | modifier le code]

Catherine Trautmann est Chevalier de la Légion d'honneur, Commandeur des Arts et des Lettres et docteur honoris causa de l'Université de Leicester.

Présidente de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) entre 1988 et 1990, elle a aussi été Commissaire générale (de 2000 à 2003) de l'Exposition internationale 2004, événement annulé par le gouvernement français sur décision du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

Catherine Trautmann fut la première présidente de l'Institut des villes, entre 2000 et 2001, avant de laisser la place à Edmond Hervé.

Depuis 2012, elle est Vice-présidente du Conseil d'administration du Mouvement européen-France.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]