Jules Simon

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Jules Simon
Jules Simon.
Jules Simon.
Fonctions
29e président du Conseil des ministres français
et Ministre de l'intérieur
(41e chef du gouvernement)
Président Patrice de Mac-Mahon
Gouvernement Simon
Législature Ie législature
Prédécesseur Jules Dufaure
Successeur Albert de Broglie
Sénateur inamovible
Biographie
Nom de naissance François-Jules Suisse
Date de naissance
Lieu de naissance Lorient, Morbihan (France)
Date de décès (à 81 ans)
Lieu de décès Paris, France
Nationalité française
Parti politique Républicain
Diplômé de ENS rue d'Ulm
Profession Professeur

Signature
Présidents du Conseil des ministres français

François-Jules Suisse[1] dit Jules Simon est un philosophe et homme d'État français, né le [2] à Lorient (Morbihan) et mort le à Paris 8e.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jules Simon était le fils d'Alexandre Simon-Suisse, marchand de draps originaire de Loudrefing (Moselle), d'abord établi à Lorient, puis à Saint-Jean-Brévelay (1818) et enfin à Uzel. Il fit de bonnes études aux collèges de Lorient et de Vannes et fut répétiteur au lycée de Rennes. Il commença de bonne heure à collaborer à la Revue de Bretagne. Il entra à l'École normale supérieure en 1833 et devint professeur de philosophie à Caen (1836) puis à Versailles (1837). Agrégé puis Docteur en philosophie, il supplée Victor Cousin dans sa chaire à la Sorbonne, où il fit un cours, très suivi, sur les philosophes grecs, notamment Platon et Aristote.

Il collabora à la Revue des Deux Mondes, contribua à la fondation de la Liberté de penser (1847). Il avait déjà songé à la politique et, malgré une campagne électorale des plus actives, il avait échoué aux élections législatives à Lannion en 1847 contre la coalition des partis d'extrême droite et d'extrême gauche. Il prit sa revanche, et une revanche éclatante, le . Le département des Côtes-du-Nord l'envoya à la Constituante où il siégea parmi les modérés.

Député républicain à l'assemblée constituante de 1848, puis de 1863 à 1871 sous l' Empire, il publie des études sur la condition ouvrière.

Le , quelques jours seulement après le coup d'État du 2 décembre instaurant le Second Empire, Jules Simon se rendit à son cours de la Sorbonne et prononça l'allocution suivante, devenue célèbre :

« Messieurs, je vous fais ici un cours de morale. Je vous dois aujourd'hui non une leçon, mais un exemple. La France est convoquée demain dans ses comices pour blâmer ou approuver les événements qui viennent de se passer. N'y eût-il qu'un vote de blâme, je viens vous dire publiquement que ce sera le mien. »

Il fut révoqué le lendemain et privé, par suite, de sa conférence de l'École normale supérieure. Il se retira d'abord à Nantes où il employa ses loisirs à des recherches historiques. Pour marquer son opposition à l'Empire, il publia Le Devoir (1854) dont le retentissement fut énorme. Bientôt suivirent La Religion naturelle (1856), La Liberté de conscience (1857), La Liberté (1859), et une série de conférences sur des questions de socialisme ou de philosophie.

Après la guerre de 1870, il devient ministre de l’Instruction publique du gouvernement provisoire au lendemain du . « Il n'y a pas d'école neutre », disait-il, « parce qu'il n'y a pas d'instituteur qui n'ait une opinion religieuse ou philosophique ».

Jules Simon, qui savait être autoritaire sous des formes douces et aimables, mit de l'ordre dans l'Université et obligea à démissionner Francisque Bouillier et Octave Feuillet. Il déposa le projet d'enseignement primaire obligatoire et brusquement se retira le à la suite d'un discours officiel où il attribuait à Thiers tout seul l'œuvre de la libération du territoire, discours qui souleva à l'Assemblée nationale d'assez vives polémiques.

Le , il fut élu sénateur inamovible et le même jour membre de l’Académie française.

Le , il prenait la présidence du conseil et le portefeuille de l’Intérieur. Dans le discours annonçant son programme ministériel, qu’il prononça pour obtenir l’investiture de l'Assemblée, une phrase est devenue historique, celle où il se déclare « profondément républicain et résolument conservateur ».

Dans la période difficile que le pays traversait alors, Jules Simon représentait une politique de conciliation entre la droite et l’extrême gauche, très agitées par la question religieuse. Il créa par une circulaire de 1877 le livret de famille. Simon ne put maintenir longtemps la balance égale entre les partis, et son ministère prit fin suite à la crise du 16 mai 1877.

Jules Simon, au Sénat, continua à s'occuper surtout des questions d’enseignement et combattit les décrets sur les congrégations. Sa dernière mission officielle, d’un grand éclat d’ailleurs, fut sa représentation de la France à la conférence internationale de Berlin sur le Travail du .

De 1889 à 1896, Jules Simon a été le premier président de l’Association Valentin-Haüy, créée en 1889 par Maurice de La Sizeranne pour venir en aide aux aveugles. Il est le premier président de l'Union française pour le sauvetage de l'enfance créée en 1887 (UFSE).

Jules Simon était marié à Louise, Marie, Émilie Boissonnet[3]. Il est le père de l’écrivain et journaliste Gustave Simon et du dramaturge Charles Simon.

Les papiers personnels de Jules Simon sont conservés aux Archives nationales sous la cote 87AP[4].

Distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

« Le peuple qui a les meilleures écoles est le premier peuple. S'il ne l'est pas aujourd'hui, il le sera demain. »

« Je suis profondément républicain et résolument conservateur. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Couverture de Le Devoir.
  • Étude sur la théodicée de Platon et d'Aristote (1840)
  • Histoire critique de l'école d'Alexandrie (1844-1845)
    • tome deuxième En ligne sur archive.org
  • La Mort de Socrate (1853)
  • Le Devoir (1854)
  • La Religion naturelle (1856)
  • La Liberté de conscience (1857) ; La Liberté de conscience sur Google Livres
  • La Liberté (1859)
  • L'Ouvrière (1861) En ligne sur archive.org
  • L'École (1864)
  • Le Travail (1866)
  • L'Ouvrier de huit ans (1867)
  • La Politique radicale (1868)
  • La Peine de mort (Bordeaux, 1869) édité par les éditions MARPON et E FLAMMARION 1870 (4 ° édition), 186 pages dédicacé à V H
  • La Famille (Paris, 1869)
  • Le Libre Échange (1870)
  • La Liberté politique (1871)
  • Le Gouvernement de Thiers (1871, 2 vol. in-8)
  • La Réforme de l'enseignement secondaire (1874)
  • Souvenirs du 4 Septembre (1874)
  • Dieu, Patrie, Liberté (1883)
  • Une Académie sous le Directoire (1884)
  • Thiers, Guizot, Rémusat (1885)
  • Nos Hommes d'État (1887)
  • Victor Cousin (1887). En ligne sur archive.org
  • Souviens-toi du 2 décembre (1889)
  • La Femme au XXe siècle (1891)
  • L'Affaire Nayl
  • Premières années, publié par Gustave et Charles Simon, Paris, Éditions Flammarion, 1901 ; En ligne sur archive.org

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Base Léonore
  2. Son acte de naissance en date du 28 décembre 1814, qui précise qu'il est né le jour précédent à 3h00 du matin, est consultable sur le site des Archives départementales du Morbihan
  3. Acte de mariage de son fls, Gustave Suisse, dit Gustave Simon sur archivesenligne.paris.fr, page 9, n° 75]
  4. Archives nationales

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léon Séché, Jules Simon, sa vie et son œuvre; documents nouveaux et inédits, avec un autographe et les portraits de Jules Simon, Paris : A. Dupret,1887. En ligne sur archive.org
  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, 1893 ; disponible sur Gallica
  • Benoît Yvert (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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