Jacques Toubon

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Jacques Toubon
Image illustrative de l'article Jacques Toubon
Fonctions
Député européen
Circonscription Île-de-France
Garde des Sceaux, ministre de la Justice
et des Libertés

20e garde des Sceaux de la Ve République
Président Jacques Chirac
Gouvernement Alain Juppé I
Alain Juppé II
Prédécesseur Pierre Méhaignerie
Successeur Élisabeth Guigou
Ministre de la Culture et de la Francophonie
Président François Mitterrand
Gouvernement Balladur
Prédécesseur Jack Lang (Culture)
Catherine Tasca (Francophonie)
Successeur Philippe Douste-Blazy (Culture)
Margie Sudre (Francophonie)
Député de la 10e circonscription de Paris
Législature 9e (Ve République)
Prédécesseur circonscription créée
Successeur Claude Goasguen
Député de Paris
Scrutin proportionnel par département
Législature 8e (Ve République)
Maire du 13e arrondissement de Paris
Prédécesseur aucun
Successeur Serge Blisko
Député de la 19e circonscription de Paris
Législature 7e (Ve République)
Prédécesseur Claude Roux
Successeur circonscription supprimée
Biographie
Date de naissance (72 ans)
Lieu de naissance Nice (Alpes-Maritimes)
Nationalité Française
Parti politique RPR, UMP

Jacques Toubon est un homme politique français, né le à Nice. Il a notamment été député de Paris, maire du 13e arrondissement de Paris de 1983 à 2001, ministre et député européen de 2004 à 2009. Il assure actuellement la présidence du conseil d'orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et débuts politiques[modifier | modifier le code]

Licencié en droit public, diplômé de l'Institut d'études politiques de Lyon et de l'École nationale d'administration (promotion Stendhal, 1965), Jacques Toubon devient à sa sortie directeur de cabinet du préfet des Pyrénées-Atlantiques. Entre 1968 et 1972, il collabore au cabinet ministériel de l'Outre-mer, puis à ceux de Jacques Chirac, successivement aux ministères des relations avec le Parlement, de l'Agriculture, et de l'Intérieur. À la nomination de Jacques Chirac à Matignon, Jacques Toubon devient l'un de ses conseillers techniques entre 1974 et 1976.

Fidèle chiraquien, il participe à la fondation du RPR dont il est délégué national (1976-1978), puis secrétaire général adjoint (1978-1981), chargé des élections. En 1981, il se présente aux élections législatives dans la 19e circonscription de Paris. Élu député de Paris, il emporte également en 1983 la mairie du 13e arrondissement et devient conseiller de Paris jusqu'en 2001, et adjoint au maire jusqu'en 1998, année de sa tentative de dissidence.

En réponse au courant rénovateur à droite, Jacques Chirac met ce quadragénaire à la tête du RPR de 1984 à 1988 en tant que secrétaire général[1]. Le , il est condamné avec François d'Aubert et Alain Madelin, pour « Injures ou menaces envers le président de la République française » (article 73 du règlement de l'Assemblée nationale), à une « Censure simple » (privation pendant un mois de l'indemnité parlementaire), pour avoir mis en cause le comportement de François Mitterrand durant la Seconde Guerre mondiale[2].

Réélu à l'Assemblée nationale lors des élections législatives de 1986, qui porte Jacques Chirac au pouvoir, il préside la commission des lois durant deux ans. Député de la dixième circonscription de Paris en 1988, il est réélu en 1993 mais cède aussitôt sa place à son suppléant, étant nommé ministre de la Culture du gouvernement Édouard Balladur.

Ministre de la Culture et de la Francophonie[modifier | modifier le code]

Il est nommé, le 31 mars 1993, ministre de la Culture et de la Francophonie dans le Gouvernement Édouard Balladur. Le retour de la droite au pouvoir fait craindre au milieu culturel un abandon du soutien de l'État ou la favorisation d'une culture d'État. Toutefois, Jacques Toubon ne revient pas sur la politique de la gauche et s'inscrit dans la tradition malrucienne d'une politique nationale volontariste qui ne limite pas la culture aux industries de divertissement. Il affirme cette filiation lors de la réinauguration de la maison de la Culture d'Amiens le 9 octobre 1993, que Malraux avait inaugurée le 19 mars 1966, par un discours-programme : « Il n'y a pas en France de culture d'État, et il n'y en aura pas, et je m'efforcerai toujours d'empêcher qu'au nom de l'État, l'on tente d'imposer une certaine culture. L'État, sous toutes ses formes, est au service des citoyens. La culture donc que nous avons à encourager, à promouvoir, à faire renaître, c'est une culture qui fait de l'homme un citoyen responsable. »

Face aux Grands travaux mitterrandiens, il oriente ses actions vers les régions, en déconcentrant les budgets vers les DRAC, en actant la construction de l’Auditorium de Dijon et le Centre national du costume de scène de Moulins, en rénovant les grands musées de province, à Rouen, Lyon, Lille et Strasbourg, en réactivant les conventions de développement culturel et le Fonds d'intervention culturel. Il appuie son dessein d'un aménagement culturel du territoire sur les équipements de proximité, ruraux et de banlieue[3].

Juriste, il modernise l'organisation de l'administration culturelle : création des établissements publics du Grand Louvre et du Château de Versailles ; nouveaux cadres pour la Bibliothèque nationale de France, la Comédie-Française et l'Opéra de Paris ; réforme du Centre national du livre. Il nomme Jean Favier à la BNF, Hugues Gall à l'Opéra de Paris, Jean-Pierre Miquel à la Comédie-Française, ainsi que Gildas Bourdet au centre dramatique de Marseille et Jean-Claude Martinelli à Strasbourg.

Premier à réunir la francophonie, vouée traditionnellement aux Affaires étrangères, à la Culture, il propose, pour lutter contre le franglais, une liste complète de mots à utiliser à la place des mots anglais. Cette tentative ne fut pas toujours couronnée de succès. Sa proposition fut même l'objet de moqueries en son temps et la loi Toubon (loi no 94-665) pour la promotion de la francophonie fut ironiquement surnommée « loi AllGood ». De plus, la loi no 94-88 du 1er février 1994 impose aux radios « qu’au moins 40 % de la totalité des chansons diffusées mensuellement entre h 30 et 22 h 30 soient des chansons d’expression française ».

Dans le domaine du bâti, il signe la loi-programme pour le patrimoine et lance le projet d'un Centre national du patrimoine, au sein du palais de Chaillot[3]. En 1994, il porte la loi sur la reprographie, visant à lutter contre le « photocopillage ».

Lors des négociations de l’Uruguay round du GATT, en 1993, il s'impose comme le défenseur de l’exception culturelle en contestant l’influence culturelle américaine. Il convainc les partenaires européens de faire prévaloir que la culture n’est pas une marchandise comme une autre et, qu’à ce titre, les produits culturels ne doivent pas être libéralisés, tout en évitant que les négociations soient rompues avec les Américains.

Ministre de la Justice, garde des Sceaux[modifier | modifier le code]

Jacques Toubon est ministre de la Justice de 1995 à 1997 dans les gouvernements Juppé I et II.

Un mercredi matin de 1995, Jacques Toubon arrive en retard à l'Elysée pour le conseil des ministres. Le président Jacques Chirac ayant déja pris place pour le conseil hebdomadaire, il refusera de faire rentrer en retard le garde des Sceaux[4]. En 1996, alors que le procureur Laurent Davenas est en vacances dans l'Himalaya, son adjoint en profite pour lancer une information judiciaire visant Xavière Tibéri et son rapport sur la francophonie. Jacques Toubon et Marc Moinard affrètent un hélicoptère pour tenter de rapatrier le magistrat, mettant ainsi un sérieux doute sur l'indépendance de l'autorité judiciaire qu'ils sont censés représenter[5].

Après 1997[modifier | modifier le code]

À sa sortie de la place Vendôme, et ayant échoué à retrouver son siège de député emporté par son opposant socialiste Serge Blisko, il rejoint l'Élysée comme conseiller.

Le 6 mars 1998, face aux affaires qui touchent le maire de Paris, Jean Tiberi, Jacques Toubon annonce la création d'un groupe dissident, baptisé P.A.R.I.S (Paris-Audace-Renouveau-Initiative-Solidarité), regroupant un tiers des élus RPR-UDF[6], dont Bernard Pons, Anne-Marie Couderc ou encore Claude Goasguen[7]. Le maire retire les attributions d'adjoints aux dissidents, et Jacques Toubon quitte son poste à l'Élysée[8]. Sans soutien du président de la République et de la direction du RPR, il doit renoncer, et retrouve la majorité municipale fin mai[9].

Mis en examen en 2000 pour « prise illégale d'intérêts », il est écarté par Philippe Séguin de la tête de liste RPR pour les municipales de 2001 dans le 13e arrondissement, et se présente en second derrière Françoise Forette[10]. Sa liste est battue par celle de Serge Blisko, mais il conserve son mandat de conseiller de Paris. En 2002, il ne parvient pas, malgré la large victoire de l'UMP aux élections législatives, à retrouver le siège de député qu'il avait perdu cinq ans auparavant.

En 2004, Jacques Toubon a été élu député européen pour l'UMP. Durant cette législature au Parlement européen, il était présent aux trois-quarts des sessions[11].

En 2006, Jacques Toubon est candidat à l'investiture UMP pour les deux circonscriptions (9e et 10e) du 13e arrondissement de Paris avant de finalement renoncer à briguer tout nouveau mandat national ou local.

Le , Jacques Toubon est nommé président du groupement d’intérêt public de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Lors du changement de statut de ce musée, le 2 février 2007, il est nommé président du conseil d'orientation de l'Établissement public du Palais de la Porte Dorée pour une durée de trois ans et est reconduit dans ces fonctions en février 2010, puis en mars 2013.

Désirant retrouver son fauteuil municipal du 13e arrondissement de Paris, il est écarté par les instances de l'UMP, au profit de Véronique Vasseur.

Nommé par le président Nicolas Sarkozy, en juin 2009, à la tête de « la mission de préparer et d'assurer la mise en œuvre d'une initiative “2010 – Année de l'Afrique” », Toubon s'est rendu à Brazzaville en compagnie de Patrick Gaubert, président de la Licra, lors des élections au Congo lors desquelles Denis Sassou Nguesso a été confortablement réélu. Toubon a félicité ce dernier[12]. Durant toute l'année 2010, il est secrétaire général du cinquantenaire des indépendances africaines dont la célébration s'est achevée le [13]

Jacques Toubon a été l'un des trois membres de la mission "Création et internet", chargée de formuler des propositions pour le développement de l'offre légale de services culturels en ligne[14]. Depuis le 23 décembre 2009, par décret[15], il est également membre en tant que « personnalité qualifiée » de la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (HADOPI) sur proposition conjointe d'Hervé Novelli et de Frédéric Mitterrand, les ministres chargés des communications électroniques, de la consommation et de la culture.

Début 2014, il devient membre de la haute autorité présidée par la juriste Anne Levade chargée d'organiser les primaires de l'UMP en 2016[16].

Fonctions et mandats politiques[modifier | modifier le code]

Anciens mandats[modifier | modifier le code]

Mandats locaux
Mandats de député

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

  • Délégué national du RPR chargé des élections (1976-1978).
  • Secrétaire général adjoint du RPR chargé des élections (1978-1981).
  • Secrétaire général du RPR (1984-1988).
  • Président du haut comité « Homme et société » du RPR 1990.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est marié depuis 1982 à Lise Toubon[17].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Pour en finir avec la peur. Paris : Robert Laffont, 1984 (ISBN 2-221-01273-9)
  • Mission de préfiguration du centre de ressources et de mémoire de l'immigration, rapport au Premier ministre. Paris : la Documentation française, 2004 (ISBN 2-11-005709-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hervé Algalarrondo, « Droite : La génération perdue », Le Nouvel Observateur du 29 juillet 2004
  2. « Chronique constitutionnelle française », revue Pouvoirs, no 30, p. 159
  3. a et b « Jacques Toubon », ministère de la Culture et de la communication
  4. Dans le secret du conseil des ministres, France 5, entretien de François Bayrou, 13 octobre 2013.
  5. Article « Jacques Toubon et le feuilleton Tiberi » du Monde du 19 novembre 1996, reprenant une déclaration de Jacques Toubon à Canal Plus.
  6. Antoine Guiral, « Le putsch avorté des pieds nickelés », Libération,‎ 11 août 1999 (lire en ligne)
  7. http://www.ina.fr/politique/partis-politiques/video/CAB98014516/paris-putsch-hotel-de-ville.fr.html
  8. « Bataille Tibéri/Toubon », journal télévisé Midi 2, Antenne 2, 7 avril 1998 - En ligne sur l'INA
  9. « Le RPR annonce un accord Toubon-Tiberi », L'Humanité, 27 mai 1998
  10. Antoine Guiral, « Toubon se repent et se dévoue », Libération, 20 janvier 2001
  11. VoteWatch, Statistiques votes de Jacques Toubon au Parlement européen
  12. Thomas Fessy, Arnaud Zajtman et Catherine Ninin, Toubon et compagnie, meilleurs amis du Congo de Nguesso, Rue89, 20 juillet 2009
  13. http://www.youtube.com/watch?v=OH80r8CTGLw
  14. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/104000006/index.shtml
  15. du 26 décembre 2009 page 22372 texte n° 129
  16. « Présidentielle 2017 : Anne Levade veillera sur la primaire UMP », in lesechos.fr, 25 janvier 2014.
  17. http://www.liberation.fr/portrait/0101127267-lise-toubon-une-vie-faite-de-rencontres

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jacques Toubon, Annuaire, site du Parlement européen
  • René Gachet, « Toubon (ministère) », dans Emmanuel de Waresquiel (dir.), Dictionnaire des politiques culturelles de la France depuis 1959. Paris : Larousse / CNRS éditions, 2001

Liens externes[modifier | modifier le code]