Le Canard enchaîné

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Le Canard enchaîné
Image illustrative de l'article Le Canard enchaîné

Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Genre Presse satirique
Prix au numéro 1,20 €
Diffusion 475 859[1],[2],[3] ex. (2012)
Date de fondation 1915
Ville d’édition Paris

Propriétaire SA Les Éditions Maréchal - Le Canard enchaîné
Directeur de publication Michel Gaillard
Directeur de la rédaction Michel Gaillard
Rédacteur en chef Érik Emptaz
Louis-Marie Horeau[4]
ISSN 0008-5405
OCLC 436628226
Site web www.lecanardenchaine.fr

Le Canard enchaîné est un hebdomadaire satirique français, paraissant le mercredi. Fondé le [5],[6] par Maurice Maréchal, Jeanne Maréchal aidés par Henri-Paul Deyvaux-Gassier [7], c’est l’un des plus anciens titres[8] de la presse française actuelle, après Le Figaro (1826), La Croix (1880), Le Chasseur français (1885), Les Échos (1904) et L’Humanité (1904). Depuis les années 1960, c'est aussi un journal d'investigation qui révèle nombre d'affaires scandaleuses[6].

Pour l’historien Laurent Martin, ce journal très attaché à la protection des sources d'information des journalistes représente « une forme alternative de presse qui n’a guère d’équivalents en France et dans le monde »[9].

Origine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Canard enchaîné.

Son nom fait malicieusement allusion au quotidien L'Homme libre édité par Georges Clemenceau, qui critiquait ouvertement le gouvernement de l’époque. Ce journal (en français familier, ce « canard ») dut alors subir la censure[10], et son nom fut changé en L’Homme enchaîné. S’inspirant de ce titre, Maurice et Jeanne Maréchal décidèrent d’appeler leur propre journal Le Canard enchaîné. Le titre du journal a connu une variante : Le Canard déchaîné, du au .

Le canard qui orne la couverture et la manchette du journal chaque semaine a été dessiné par Henri Guilac.

Ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

Le Canard enchaîné a pour sous-titre Journal satirique paraissant le mercredi[11] (parfois modifié, par exemple en Journal satirique paraissant exceptionnellement le mardi lorsque la publication est avancée d'un jour si le mercredi est férié), et pour slogan « La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas », ce qui résume assez bien la ligne éditoriale de l’hebdomadaire : dénoncer tous les scandales publics (politiques, économiques, judiciaires, etc.) survenant en France mais aussi dans les autres pays. Sa devise, inventée par H.-P. Gassier en 1915, est : « Tu auras mes plumes, tu n’auras pas ma peau ». Le Canard enchaîné n'accepte pas de publicité et évite ainsi l'influence des annonceurs sur le contenu de ses informations[12] dans ses colonnes. De plus, il ne cache pas l'état des finances du journal ainsi que leurs provenances, et publie son bilan financier dans le journal chaque année[13].

La stabilité du cadre rédactionnel du journal est l’une de ses caractéristiques.

L’hebdomadaire adhère à la charte de Munich[14], qui assure la protection des sources d'information des journalistes.

Les journalistes du Canard tirent leurs informations de plusieurs sources[15] :

  • les sources institutionnelles (communiqués, conférences de presse…) ;
  • leurs collègues d’autres journaux, qui, quand ils ne peuvent publier leurs informations dans leur propre journal, peuvent les transmettre au Canard ;
  • leur carnet d’adresses ;
  • le courrier des lecteurs.

D’après la rédaction, les informations sont vérifiées et recoupées. Parmi les informateurs, seuls ceux qui sont journalistes sont rémunérés.

Né à gauche…[modifier | modifier le code]

Antimilitariste, on y voit communément une nette sensibilité de gauche. Certains voient en lui, dès ses origines, une gauche anarchiste, voire une droite anarchisante[16]. Il refusera aussi le titre de journal communiste[17] sans renoncer pour autant ni à son indépendance ni à son esprit critique[18]. Il professe un anticléricalisme de bon aloi[19]. Il applaudit quand la gauche arrive au pouvoir (Cartel des gauches en 1924[20], Front populaire en 1936, Pierre Mendès France, François Mitterrand en 1981) mais avec méfiance et circonspection. Les partis de gauche se sont toujours méfiés de lui. Maurice Thorez, dans un comité central du PCF, fustige « l’esprit blagueur du Canard qui conduit à douter de tout » ; Guy Mollet à la SFIO le poursuit lui aussi de sa vindicte.

Ni plus à gauche, ni plus à droite[modifier | modifier le code]

Depuis toujours, Le Canard enchaîné est considéré comme un journal politiquement indépendant. Ses partisans disent que, même s’il garde une sensibilité de gauche, il n’hésite pas à dénoncer toutes les dérives des politiques quel que soit leur bord politique. Farouchement attaché à son indépendance éditoriale et à son aspect critique, le journal refuse les annonceurs. Il reste l’un des derniers journaux d’investigation en France. Ne se référant pas à l’AFP, contrairement à la majorité des quotidiens, Le Canard est connu pour renifler les scoops et n'hésite pas, d'après ses partisans, à publier les scandales quels que soient leur nature et leur orientation politique. Ses partisans disent qu'à ce titre, il est craint, lu et informé par l’ensemble de l’échiquier politique, et n’éprouve pas plus de compassion envers une défaite d’un parti de gauche ou de droite, qui plus est si c’est un extrême. André Escaro, dessinateur du Canard enchaîné, a déclaré à cet égard : « la tendance actuelle du Canard, c’est l’objectivité. Ni gauche, ni droite »[16].

Indépendance financière[modifier | modifier le code]

Sans recette publicitaire, Le Canard ne vit que de ses ventes et affiche pourtant une belle santé financière[21]. Il refuse d’accueillir dans ses huit pages la moindre publicité[22], ce qui en fait un cas rare dans la presse hebdomadaire française[23],[24]. En refusant la « manne publicitaire », il est « le seul journal qui renseigne le public sur l’influence nocive de la publicité dans les médias », selon le Groupe Marcuse (Mouvement Autonome de Réflexion Critique à l’Usage des Survivants de l'Économie)[25]. Ses statuts (SA Les Éditions Maréchal) le préservent de toute prise en main extérieure (ceci depuis une tentative de prise en main du journal par le groupe Hachette, en 1953) puisque seuls sont actionnaires ceux qui y travaillent, ainsi que les fondateurs[6] (les 1 000 titres du journal sont incessibles et sans valeur).

Sa « bonne santé financière » lui a permis de passer à la photocomposition en 1982, puis en publication assistée par ordinateur en 1996. Chaque année les bénéfices sont mis « en réserve » pour assurer l’indépendance financière. Ces réserves sont trois fois plus importantes que le chiffre d’affaires annuel[6], placé sur un compte non rémunéré[26]. Ses salariés sont parmi les mieux payés de toute la presse française[27]. En contrepartie, les rédacteurs ne peuvent ni jouer en bourse, ni faire des piges ailleurs, ni accepter de cadeau ou d'honneur, notamment les décorations officielles.

L’hebdomadaire est imprimé le mardi en début d’après-midi[28].

Bon enfant[modifier | modifier le code]

Il est souvent sévère, parfois cruel, y compris avec ses amis. Il n’est cependant pas vindicatif. Ainsi, le capitaine Nusillard, chef de la censure de 1916 à 1918, est devenu par la suite un des plus fidèles abonnés du journal, jusqu’à sa mort à 95 ans, en 1955.

Jean Egen, dans Messieurs du Canard, puis Vincent Nouzille, dans un article du Nouvel Économiste en 1993, distingueront « deux clans de journalistes historiquement opposés, les Dionysiaques ou buveurs de vin (tradition du juliénas[29]), rois de la satire, et les Apolliniens ou buveurs d’eau, preux chevaliers de l’information ». Yvan Audouard dira les choses plus simplement pour employer le vocabulaire de la profession en séparant « chroniqueurs » et journalistes d’information[30].

L'équipe actuelle[modifier | modifier le code]

Direction[modifier | modifier le code]

Ancien rédacteur en chef :

Entré au Canard enchaîné en 1971, Claude Angeli devient successivement chef des informations, rédacteur en chef adjoint et enfin, rédacteur en chef (en 1991[31]). Il laisse sa place à Louis-Marie Horeau en mars 2012, mais continue de participer à la rédaction du journal[32].

Rédacteurs[modifier | modifier le code]

Spécialiste de la politique étrangère, la chronique qu'il rédige est généralement située en bas de la page 3.

Anciens rédacteurs :

Dessinateurs[modifier | modifier le code]

Les dessinateurs du Canard :

Anciens dessinateurs :

Diffusion[modifier | modifier le code]

Les comptes financiers du Canard sont publiés chaque année[13] le dernier mercredi du mois d'août dans l'hebdomadaire, avec le détail de la diffusion du journal.

Diffusion payée annuelle totale (France et étranger) du Canard enchaîné :

Année 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Nb. d'exemplaires
(moyenne par semaine)
420276[33] 406488 503125 536874 477002 492408 504748[34] 475859[1]

Les révélations du Canard enchaîné[modifier | modifier le code]

Langage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langage du Canard enchaîné.

Le ton employé, humoristique, est celui de la satire et de l’ironie, d’où les nombreuses antiphrases dans les pages du journal (Le Canard enchaîné reprend les termes et les arguments de son adversaire, semble le défendre, mais c'est pour mieux en montrer les limites ou l'absurdité de la position). Les jeux de mots sont réservés aux titres des articles. Le Canard cherche à être de connivence avec le lecteur « moyen », ce qui explique son langage simple, avec l’emploi de formules issues de la langue du peuple et l’usage de surnoms moqueurs envers des personnalités qu’il critique. C’est ainsi qu’au cours de son existence, on lui doit non seulement des diminutifs de politiciens (« Chichi », « L'Ex »), mais aussi certaines expressions entrées dans le langage populaire, comme « minute Papillon », les « étranges lucarnes » ou enfin « bla-bla-bla ».

Les rubriques[modifier | modifier le code]

Un lecteur du Canard enchaîné. On aperçoit les gros titres sur la première page.

Les interviews (presque) imaginaires du Canard[modifier | modifier le code]

Article apparaissant rarement, qui retranscrit une interview d’une grande personnalité (par exemple : Sœur Emmanuelle). Cette interview, réalisée par des journalistes du Canard enchaîné, mêle de vraies déclarations de cette personnalité (sorties de leur contexte) avec des déclarations imaginées.

La Mare aux canards[modifier | modifier le code]

Rubrique apparue en 1916, puis tenue régulièrement à partir de 1918 et figurant en pages 2 et 3 de l’hebdomadaire. En page 2, il est brièvement fait relation de quelques actions ou paroles (imprudentes ou indiscrètes) recueillies de façon officieuse (off) et rarement relayées par la presse, qu’elles soient de droite ou de gauche (dans le même esprit figurent, sur la même page, les « Minimares »). Cette « page 2 » du Canard enchaîné intéresse les personnalités qui savent que ce qui y est écrit n’est pas destiné à embellir leur dossier de presse. En page 3 figurent des articles plus fournis sur l’actualité politique intérieure ainsi que, en général, un article (souvent dû à Claude Angeli) traitant de la politique étrangère française et des problèmes extérieurs.

Minimares[modifier | modifier le code]

Sous-rubrique de La Mare aux canards constituée de brèves tirées d’autres journaux que Le Canard enchaîné, relatant les propos de telle ou telle personnalité et accompagnées d’un bref commentaire sarcastique.

Pan sur le bec[modifier | modifier le code]

Démentis, reconnaissance des erreurs qui se sont glissées dans un précédent numéro du Canard enchaîné. Il est très souvent indiqué en fin d’article que le journaliste responsable de l’erreur ou de la coquille devra payer son dû pour se faire pardonner.

La noix d’honneur[modifier | modifier le code]

La « noix d’honneur » est une sorte de distinction ou de récompense attribuée chaque semaine (ou peu s’en faut) par le Canard enchaîné. Aisément repérable en page une ou en page huit par son cadre grisé, cette rubrique stigmatise un propos tenu par une personnalité et se distinguant par sa platitude, son ineptie, sa fausseté, etc. La première « noix » date du et est attribuée à Louis Latzarus[35].

Le mur du çon[modifier | modifier le code]

Cette rubrique ressemble à « la noix d’honneur » mais à un degré « supérieur ». Le jeu de mots est clair : il s’agit là d’épingler une « connerie » prononcée par une personnalité.

La brosse à reluire[modifier | modifier le code]

Cette rubrique (non systématique) raille celles et ceux qui ont fait preuve de flagornerie à l’encontre de telle ou telle personnalité.

Les insolents de la semaine[modifier | modifier le code]

Cette rubrique, inaugurée dans le numéro du 25 juillet 2007, s’inscrit dans le contexte particulier des mois qui suivent l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République (mai 2007). Le Canard enchaîné décide alors de relever les critiques envers la politique menée par ce dernier, mais issues d’organes de presse dont la ligne éditoriale lui est très favorable. En réalité, ces « insolents » ne le sont guère, et cette antiphrase permet à l’hebdomadaire de stigmatiser une presse suspectée de complaisance ou, à tout le moins, de manque de distance critique. La rubrique a duré quelques mois puis a été supprimée (ou mise en sommeil).

Couac[modifier | modifier le code]

Récit de péripéties survenues à des lecteurs.

Canardages[modifier | modifier le code]

Pages 5, 6, et 7 du journal.

Zig Zag[modifier | modifier le code]

Sous-rubrique de Canardages composée de brèves tirées de la presse dotées d’un titre et d’un commentaire humoristique.

Drôles de Zigs[modifier | modifier le code]

Sous-rubrique de Canardages composée de brèves centrées chacune sur l’actualité d’une personnalité.

Coup de barre[modifier | modifier le code]

Chronique judiciaire de Dominique Simonnot. En bannissant toute emphase narrative et en citant abondamment les protagonistes des procès, la journaliste livre une relation abrupte voire crue du quotidien des tribunaux correctionnels. À l’occasion, la journaliste relate, mais de la même manière, un procès en assises ou dans un tribunal administratif.

Conflit de canard[modifier | modifier le code]

Articles touchant à la nourriture en général, les groupes agro-alimentaires en particulier.

Plouf ![modifier | modifier le code]

Chronique altermondialiste de Jean-Luc Porquet.

Lettres ou pas Lettres[modifier | modifier le code]

Critiques de livres.

La Voie aux Chapitres[modifier | modifier le code]

Chronique littéraire.

Docs en stock[modifier | modifier le code]

Critique d’un livre documentaire.

Plume de Canard[modifier | modifier le code]

Critique d'un livre ou d'un document écrit par un journaliste ou un dessinateur du Canard.

Vite dit ![modifier | modifier le code]

Brèves humoristiques d’actualités basées sur des extraits de la presse.

À travers la presse déchaînée, Rue des petites perles et Comme son nom l’indique[modifier | modifier le code]

Il s’agit de trois rubriques jumelles qui permettent au journal de recueillir les perles et les coquilles de ses confrères, en y ajoutant des commentaires à sa façon. Il peut arriver que le Canard lui-même fasse partie des « épinglés ».

Le Cinéma[modifier | modifier le code]

Cette rubrique rassemble quelques brèves critiques cinématographiques. On y trouve ainsi « Les films qu’on peut voir cette semaine », « Les films qu’on peut voir à la rigueur » et « Les films qu’on peut ne pas voir ». Il arrive que Le Canard enchaîné attire l’attention de ses lecteurs sur un film plus ancien mais à nouveau projeté : l’intertitre est alors « Les films qu’on peut voir ou revoir ».

Mots croisés[modifier | modifier le code]

Créés par Alain Dag'Naud. Les définitions prennent presque toujours la forme de jeux de mots, parfois grivois, de calembours approximatifs. Certaines sont proposées par des lecteurs, qui sont cités par l'auteur, avec la mention « Définition transmise par... »

Prise de bec[modifier | modifier le code]

Portrait au vitriol d’une personnalité placée sous les feux de l’actualité, mais pas forcément une personnalité de premier plan. Si les « Prises de bec » épinglent volontiers tel chef d'État ou tel ministre, elles épinglent également des personnalités davantage dans l’ombre mais non moins influentes.

Les nouveaux beaufs[modifier | modifier le code]

BD en une bande, de Cabu. Elle raconte les mœurs et les vicissitudes des beaufs nouvelle(s) génération(s) à partir d'un personnage central agissant dans le contexte de l'actualité. Cette BD occupe généralement le bas de la page 7.

Canard Plus[modifier | modifier le code]

Brèves d’actualités sur le monde des médias et de l’audiovisuel.

La Boîte aux Images[modifier | modifier le code]

Article sur le monde de l’audiovisuel.

Sur l'Album de la Comtesse[modifier | modifier le code]

Chronique de contrepèteries.

Le concours Ma binette partout[modifier | modifier le code]

Ce « concours » apparaît occasionnellement. Il distingue des élus de collectivités locales assurant leur propre promotion par une multiplication de photos les représentant dans les magazines que ces collectivités diffusent.

Les anciennes rubriques[modifier | modifier le code]

Feuillets de route de l’ami Bidasse[modifier | modifier le code]

Pendant la drôle de guerre, le journal publia les feuillets envoyés par André Guérin, mobilisé. Lors de la guerre d'Algérie, l’ami Bidasse reparaîtra sous la plume de Jean Clémentin.

Contes du Canard enchaîné[modifier | modifier le code]

Dès son premier numéro en 1915, le Canard enchaîné a publié des contes signés par des écrivains comme Jean Cocteau ou Tristan Bernard ou des journalistes comme Victor Snell. Ces contes semblent être aujourd’hui abandonnés par le Canard.

La Cour[modifier | modifier le code]

Une chronique/critique du pouvoir gaullien due à la plume de Roger Fressoz et au crayon du dessinateur Roland Moisan. Cette rubrique fut inaugurée en 1960 et, après le départ de Charles de Gaulle en 1969, prit le nom de « La Régence ». Aujourd’hui disparue, La Cour reste une des chroniques les plus célèbres du Canard enchaîné.

Le Journal de Carla B.[modifier | modifier le code]

Cette rubrique consacrée à l’épouse du président français Nicolas Sarkozy rapporte les paroles fictives et humoristiques de Carla Bruni-Sarkozy chaque jour de la semaine (du mercredi au mardi), l’humour provenant surtout du décalage d’un personnage insouciant et bobo auprès des membres du gouvernement. La rubrique fait son apparition peu avant le mariage du Président avec l’ex-mannequin et durera, comme annoncé dès sa première parution, jusqu’à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy. Elle paraît à la une, ou à la fin de chaque numéro dans un cadre rose. Elle succède au Journal de Cécilia S., qui succédait lui-même au Journal de Xavière T.. La rubrique disparaît fin mai 2012[36].

La Valérie T. si je mens[modifier | modifier le code]

Rubrique créée le 20 juin 2012, reprenant le principe du Journal de Carla B, où c'est cette fois-ci une fausse Valérie Trierweiler, nouvelle stagiaire au Canard enchaîné, qui raconte son expérience. La rubrique dure peu et est rapidement mise en sommeil.

L’actualité métaphysique[modifier | modifier le code]

Cette rubrique écrite par Frédéric Pagès, sous couvert de chronique philosophique, se moque des prétentions métaphysiques (concepts abscons, idées absurdes, etc.) de divers « penseurs » ou politiques.

Écrits et Chochottements[modifier | modifier le code]

Brèves sur l’actualité du monde littéraire. Cette section est apparue dans le Canard en 1978. Son titre est un rapprochement drolatique de deux faits de cette année-là, apparemment sans apport entre eux : d’une part la sortie du film Cris et chuchotements de Bergman, d’autre part l’affirmation inattendue de certaines ambitions littéraires par le Président de la République française d’alors, Valéry Giscard d’Estaing... dont par ailleurs tout le monde connaît la diction un peu particulière. La rubrique a disparu depuis 2010.

Les manchettes[modifier | modifier le code]

Le Canard enchaîné titre - logiquement - sur un fait d’actualité (national ou international) et ses manchettes comportent toujours un jeu de mot. Exemples :

  • Juste après l’armistice de 1918, le journal titra : « OUF ! »[37].
  • Après les accords de Munich, le journal paraphrasa le coup de la victoire aux échecs et titra : « TCHÈQUES… ET MAT ! »
  • Lors des élections présidentielles de 1965, le général de Gaulle, convaincu d’être réélu dès le premier tour, ne fait pratiquement pas campagne. Or, le 5 décembre, le premier tour le met en ballotage face à François Mitterrand et un second tour va être nécessaire pour départager les deux hommes. Le Canard titre alors : « De l’appel du 18 juin… à la pelle du 5 décembre ».
  •  : « Grève des pilotes et inquiétudes sur le Mondial - La France un peu faible sur ses ailes ». Ici, le jeu de mot permet au Canard de lier deux événements : d’une part, la grève des pilotes d’Air France ; d’autre part, la Coupe du monde de football de 1998 (on est une semaine avant son coup d’envoi) et surtout les sévères critiques dont fait à ce moment l’objet Aimé Jacquet, le sélectionneur de l’équipe française.
  • Lors des grèves du secteur public, face aux revendications salariales et aux refus du Premier ministre Édith Cresson d’augmenter les salaires, le journal titra : « Cresson : pas un radis ! ».
  • À la suite de l'accident nucléaire de Fukushima en 2011, le volatile a titré « Au Japon, la réalité dépasse la fission »[38].
  • Concernant la crise de la dette publique grecque, il titre par « La Crise grecque ? Pas de quoi en faire un dra(ch)me ! ».
  • À propos de l'abandon des poursuites contre Dominique Strauss-Kahn aux États-Unis et de la plainte de Tristane Banon, Le Canard titre « Les ennuis sont finis pour DSK ? Banon ! »[39].
  • À propos du naufrage du Costa Concordia et de l'attitude du commandant, le volatile titre : « Le commandant du Costa Concordia se défend : « Pendant le sauvetage, j'ai toujours gardé les pieds sur terre » ».

Diversification[modifier | modifier le code]

  • Le 11 juillet 2012, le Canard enchaîné s'invite sur la toile et ouvre un compte Twitter, d'abord pour éviter les usurpations d'identité du journal, comme cela s'est déjà passé[40]. Le journal déclare, dans son édition du 19 décembre de la même année[41], son intention de se servir de ce compte dans le but d'« annoncer, dès le mardi soir, quelques-uns des sujets abordés » dans l'édition de la semaine. La une du journal est diffusée la veille directement sur le site.

Couacs du Canard[modifier | modifier le code]

  • Dans l’âge du journal :
    • En janvier 1948, il passa de sa 32e année à sa 34e (erreur rectifiée l'année suivante).
    • En janvier 1951, il rajeunit de 3 ans (33e année au lieu de la 36e).
    • En 1956, il oublie d'ajouter un an, et de 1962 à 1964, on laissa 43e année.

Publications inspirées par le Canard enchaîné[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

A l'occasion d'une série de projections à Bruxelles, en 1989, une affiche réalisée par Alternative Libertaire.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Canard enchaîné: repli des ventes et plongeon du bénéfice en 2012, article de www.visamedias.info, 27 août 2013.
  2. Il s’agit de la diffusion totale payée de l’année 2012 qui figure dans la publication annuelle des comptes du journal. Le nombre d’exemplaires vendus du Canard enchaîné a augmenté de 2,44 % en 2011, après avoir augmenté de 3,5 % en 2010 (492 408), baissé de 12,9 % en 2009 et progressé de 32 % en 2007 et 2008 (« Les comptes du Canard en 2011 », Le Canard enchaîné, 29 août 2012, page 4). L'hebdomadaire comptait 73 726 abonnés en 2011, contre 69 648 en 2010.
  3. Le Canard enchaîné perd des lecteurs, article de 20 minutes, 27 août 2013.
  4. Nomination annoncée en page 8 du Canard enchaîné en date du (n°4769).
  5. Éditorial du numéro 1 du Canard enchaîné le . En second lieu, Le Canard enchaîné prend l’engagement d’honneur de ne céder, en aucun cas, à la déplorable manie du jour. C'est-à-dire qu’il s’engage à ne publier, sous aucun prétexte, un article stratégique, diplomatique ou économique, quel qu’il soit. Son petit format lui interdit, d’ailleurs, formellement, ce genre de plaisanterie. Enfin, Le Canard enchaîné prend la grande liberté de n’insérer, après minutieuse vérification, que des nouvelles rigoureusement inexactes. Chacun sait, en effet, que la presse française, sans exception, ne communique à ses lecteurs, depuis le début de la guerre, que des nouvelles implacablement vraies. Eh bien, le public en a assez ! Le public veut des nouvelles fausses… pour changer. Il en aura. Pour obtenir ce joli résultat, la Direction du Canard enchaîné, ne reculant devant aucun sacrifice, n’a pas hésité à passer un contrat d’un an avec la très célèbre Agence Wolff qui lui transmettra chaque semaine, de Berlin, par fil spécial barbelé, toutes les fausses nouvelles du monde entier. Dans ces conditions, nous ne doutons pas un seul instant que le grand public voudra bien nous réserver bon accueil et, dans cet espoir, nous lui présentons par avance et respectueusement, nos plus sincères condoléances.
  6. a, b, c et d Gilles Labarthe, « 1915-2005 : le Canard enchaîné fête ses 90 ans », sur http://www.datas.ch/,‎ 2005 (consulté le 3 novembre 2007)
  7. Voir les mentions légales du site officiel : http://lecanardenchaine.fr/informations-legales
  8. « Parvenu à un âge respectable, Le Canard enchaîné est même devenu un sujet d’études universitaires. Une thèse pour le diplôme d’études supérieures de sciences politiques lui a été récemment consacrée. Son auteur a abouti à la conclusion que cette institution de la gauche libérale et intellectuelle est devenue un symbole. Sa disparition, a-t-il ajouté, serait le signal d’une dictature. » Correspondance de la presse, , page 11.
  9. Laurent Martin, « Pourquoi lit-on Le Canard enchaîné », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, vol 68(2000), page 52. [lire en ligne]
  10. Clemencau jugeait cependant la censure nécessaire en temps de guerre pour les affaires diplomatiques et militaires
  11. Il date de 1925, il fut auparavant de 1915 à 1917 un Journal humoristique, puis Journal hebdomadaire jusqu’en 1925.
  12. « De fait, indépendant des puissances économiques, puisque le journal n'accepte pas de publicité, Le Canard enchaîné est une institution prospère », Presse et pouvoir : chronique d'un divorce, Philippe Reinhard, mars 2011, ISBN 978-2-7540-1048-1 .
  13. a et b Le Canard Enchaîné, l’exception française déchaînée, article de Clara D. sur le site du magazine d'information sur internet JolPress (www.jolpress.com), publié le 20 juin 2011.
  14. « Éthique du magistrat, éthique du journaliste », dossier de l'École nationale de la magistrature (2010)
  15. Entretien avec Jean-François Julliard.
  16. a et b Laurent Martin, « Le Canard enchaîné, un « objet politique mal identifié » », Revue d'histoire moderne et contemporaine, vol. 50, no 2,‎ 2003, p. 73-91 (ISSN 0048-8003, lire en ligne)
  17. Les Mémoires du général de Gaulle, tome 3 : un passage inclut Le Canard enchaîné parmi les journaux communistes. À la demande de l’hebdomadaire satirique, l’erreur sera corrigée.
  18. « Pour les gens de droite et, en cela ils montrent une bêtise qui donne raison à Guy Mollet, Le Canard enchaîné n’est qu’une amusette, un divertissement pas toujours très drôle dont les calembours et les rabâchages ne tirent pas à conséquence. En réalité, Le Canard enchaîné est le journal français qui depuis l’autre guerre, a exercé sur la politique de ce pays l’influence la plus profonde et la plus durable, qui a fait ou défait le plus de réputations. C’est que la formule du Canard est remarquablement adaptée au tempérament français, c’est qu’elle correspond à un besoin, à une tournure d’esprit, à un état d’âme qui sont sans équivalent au-delà de nos frontières ». Pierre-Antoine Cousteau dans l’Écho de la presse et de la publicité, .
  19. La création par le journal en 1956 du prix Chevalier de La Barre marque l’engagement du journal. Ce prix était destiné à récompenser annuellement une œuvre cinématographique qui « exaltait l’esprit de tolérance et de fraternité humaine ou dénonçait l’intolérance et l’injustice de quelque origine qu’elles soient », dans L’Action laïque (revue mensuelle de la Ligue française de l'enseignement), no 220, mars 1961, page 9. Il est décerné lors du festival de Cannes. Le premier film récompensé fut Storm Center (Au cœur de la tempête) de Daniel Tadarash, qui stigmatisait le maccarthysme. En 1966, c’est La Religieuse de Jacques Rivette qui est primée.
  20. « On nous avait dit : Herriot à la présidence du conseil, et Painlevé, chef de l’État. Notre indéfectible républicanisme y trouvait son compte, évidemment : mais qu’allait devenir le Canard ? Un organe non seulement ministériel mais encore présidentiel ? Et cela par conviction ? Sans être, comme on dit, « payé pour » ? L’hypothèse était tragique... Heureusement, ils ont élu Doumergue. Ils ont pensé au Canard ! » .
  21. Le Canard Enchaîné: ventes et bénéfices en hausse en 2011, article AFP, sur le site internet de L'Express (www.lexpress.fr), publié le 28 août 2012.
  22. « Notre seul argument contre la publicité radiophonique est qu’elle gênerait la presse, mais je ne suis pas sûr qu’elle la gênerait beaucoup. La publicité, je vous l’accorde, n’est pas chose bien morale, mais elle ne l’est pas plus dans la presse qu’elle ne pourrait l’être à la radio. Et, à cet égard, le Canard enchaîné, le seul des journaux français qui ne publie aucune publicité, me semble le plus moral de tous ». Robert Buron à l’Assemblée nationale, .
  23. D’autres titres de la presse française n’acceptent pas de publicité dans leurs pages : CQFD, La Décroissance, Le Plan B, S!lence, Psikopat, Fluide glacial, Minute, Prescrire, Charlie-Hebdo, Fakir, XXI et quelques journaux régionaux comme Le Ravi. Mais ces titres sont nettement moins diffusés que le Canard.
  24. Une exception à la publicité arrive en mars 1923 où l’on trouve une publicité pour les établissements Félix Potin, et quelques encarts en faveur de livres en 1924. L’expérience publicitaire du Canard fut de courte durée.
  25. Groupe Marcuse, De la misère humaine en milieu publicitaire, La Découverte, 2004, page 98.
  26. « [...] compte riche d'une centaine de millions d'euros.», selon François Hauter, dans son livre Le bonheur d'être Français, page 75 (éd. Fayard, 2012, 251 pages, ISBN 978-2-213-66908-3).
  27. Portrait radiophonique du Canard enchaîné.
  28. Il « loupa » ainsi :
  29. Yvan Audouard trace un fil conducteur assez sûr en suivant la trace de la rédaction du journal de troquet en troquet dans l'un des Dossiers du Canard intitulé L’Archipel du Goulot, publié en 1991. Il parle de plusieurs périodes :
    • La période d’avant guerre, où le fondateur Maurice Maréchal, traitait ses collaborateurs une fois le journal paru au champagne
    • L’époque juliénas, où l’on pouvait trouver la rédaction du journal au bistro Le Vieux Saumur
    • Puis l’époque du « Vieux Gaulois » où le pastis, sous l’impulsion de Gabriel Macé, fit une irruption intermittente.
  30. « Le journaliste d’opinion a pour fonction essentielle de rédiger des articles où il exprime les idées de son rédacteur en chef. Cela ne signifie en aucune manière que son rédacteur en chef ait des idées. Il les tient de son directeur, lequel les tient lui-même du gouvernement en exercice, lorsqu’il y en a un, et, en toutes circonstances des chefs de ses services des ventes et de publicité. » Yvan Audouard, Le Canard enchaîné, .
  31. Claude Angeli, présentation et œuvres de Claude Angeli, sur le site www.librairiedialogues.fr.
  32. Nouveau rédacteur en chef pour le Canard Enchaîné, article du journal L'Express sur www.lexpress.fr, 21/03/2012.
  33. (en)The press in France, site BBC News sur internet, 11 novembre 2006.
  34. « Le Canard enchaîné » s’enrichit, article de Libération traitant du bilan du Canard, 28 août 2012, sur le site www.liberation.fr.
  35. Rédacteur en chef du Figaro, pour l’attribution à la ville de Cannes (Alpes-Maritimes) de la bataille de Cannes, qui se livra en Apulie, dans le sud de l’Italie.
  36. Dans le numéro 4779 daté du 30 mai 2012, page 8, « Carla B. » indique en effet, en préambule : « Du Maroc, où je suis, je rends ma plume et mon encrier. Adieu mon Canard ! Ce journal est le dernier de la série commencée le 19 décembre 2007 ».
  37. [1]
  38. [2]
  39. [3]
  40. Geoffroy Clavel, « Le Canard enchaîné débarque sur Twitter », sur Le Huffington Post,‎ 2012 (consulté le 25 juillet 2012)
  41. « Tweet de Canard ! », à la première page.
  42. Sarko enregistré à son insu : un micro était caché dans le Buisson Le Canard enchaîné, 5 mars 2014
  43. Le directeur du « Canard déchaîné » condamné à six mois de prison, article de www.afrique-express.com, 31 octobre 2001.
  44. Le Canard déchaîné no 569 (21 janvier 2013), sur le site nigerdiaspora.info
  45. « Ne pas jeter le Canard avec l’eau de la mare » par Daniel Schneidermann, Libération, 24 novembre 2008.
  46. AlloCiné, lire en ligne