Jacques Chaban-Delmas

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Jacques Chaban-Delmas
Jacques Chaban-Delmas, le 2 décembre 1969.
Jacques Chaban-Delmas, le 2 décembre 1969.
Fonctions
6e président de l'Assemblée nationale

(2 ans, 2 mois et 10 jours)
Législature VIIIe
Prédécesseur Louis Mermaz
Successeur Laurent Fabius
4e président de l'Assemblée nationale

(3 ans, 1 mois et 18 jours)
Législature VIe
Prédécesseur Edgar Faure
Successeur Louis Mermaz
4e Premier ministre français
(152e chef du gouvernement)

(3 ans et 15 jours)
Président Georges Pompidou
Gouvernement Chaban-Delmas
Législature IVe
Coalition Majorité présidentielle
UDR - RI - CDP
Gaullistes - Centre droit - Centre
Prédécesseur Maurice Couve de Murville
Successeur Pierre Messmer
1er président de l'Assemblée nationale

(10 ans, 6 mois et 11 jours)
Législature Ire, IIe, IIIe, IVe
Prédécesseur André Le Troquer
(IVe République)
Successeur Achille Peretti
Ministre de la Défense nationale
et des Forces armées
Président René Coty (IVe République)
Président du Conseil Félix Gaillard
Gouvernement Gaillard
Prédécesseur André Morice
Successeur Pierre de Chevigné
Ministre d'État
Président René Coty
Président du Conseil Guy Mollet
Gouvernement Mollet
Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme
Président René Coty
Président du Conseil Pierre Mendès France
Gouvernement Mendès France
Prédécesseur Maurice Bourgès-Maunoury
Successeur Édouard Corniglion-Molinier
Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme
Président René Coty
Président du Conseil Pierre Mendès France
Gouvernement Mendès France
Prédécesseur Jacques Chastellain
Successeur Maurice Bourgès-Maunoury
Maire de Bordeaux
Prédécesseur Jean-Fernand Audeguil
Successeur Alain Juppé
Député de la Gironde
19461997
Biographie
Nom de naissance Jacques Michel Pierre Delmas
Date de naissance
Lieu de naissance Paris (XIIIe)
Date de décès (à 85 ans)
Lieu de décès Paris (VIIe)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique RPF
Républicains sociaux
UNR
UDR
RPR
Diplômé de Faculté de droit de l'Université de Paris
Sciences Po
Profession Journaliste
Haut fonctionnaire
Général de brigade (Résistance)

Signature

Jacques Michel Pierre Delmas, dit Jacques Chaban-Delmas ou plus simplement Chaban[1], né le dans le 13e arrondissement de Paris et mort le dans le 7e arrondissement, est un homme politique français sous la IVe et la Ve République.

Il fut également résistant, général de brigade et international français de rugby à XV et de tennis.

Pendant sa carrière politique, il est élu député-maire de Bordeaux de 1947 à 1995, il présida l'Assemblée nationale à trois reprises, de 1958 à 1969, de 1978 à 1981 et de 1986 à 1988 et exerça les fonctions de Premier ministre de 1969 à 1972 sous la présidence de Georges Pompidou.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Pierre Delmas et de Georgette Barrouin (1895-1985)[2], Jacques Delmas étudie au lycée Lakanal, à Sceaux, à la faculté de droit de Paris et est diplômé de l'École libre des sciences politiques (SciencesPo), licencié en droit et diplômé d'études supérieures d'économie politique et de droit public. En 1933, il entre en tant que journaliste au quotidien L'Information. En 1938/39 pour son service militaire à Bitche en Moselle, il fait les EOR, est reçu premier et sort major de promotion à Saint-Cyr. Au moment de la défaite de juin 1940, il est sous-lieutenant au 7e bataillon alpin de forteresse près de Nice.

Résistance[modifier | modifier le code]

Ne supportant pas l'humiliation de juin 1940, il entre en contact avec la Résistance en décembre 1940. Il se lie avec Maurice Bourgès-Maunoury, Henri Sacquet et Félix Gaillard. De 1941 à 1942, il travaille au ministère de la Production industrielle, dirigé par François Lehideux sous Darlan, puis Jean Bichelonne, dans le deuxième gouvernement de Pierre Laval, dont les services parisiens étaient installés dans un hôtel particulier du XVIIIe, rue de Grenelle dans le 7e arrondissement parisien. Comme haut fonctionnaire, il est sous les ordres de l'inspecteur des Finances Raymond Panié, ancien condisciple de Roger Bichelonne à l'École polytechnique qui sait que, sous le pseudonyme de Chaban (ce nom de résistant a pour origine un écriteau indiquant le château de Chaban[3],[4]), il fournit des renseignements économiques à la France libre. Chaban représente le chef du service des relations extérieures aux conférences qui réunissent les représentants des services responsables de l'économie en zone occupée. Jacques Delmas / Chaban est également l'un des trois membres du COFI, le Comité financier de la Résistance, créé par Jacques Bingen à avoir une délégation de signature pour l'émission de créances[5],[6].

En mai 1944, il est nommé délégué militaire national par Socrate (Lazare Rachline/Lucien Rachet), envoyé personnel du général de Gaulle. Devant peser dans les négociations, Socrate le recommande au grade de général de brigade au général de Gaulle et au Gouvernement provisoire, qui entérinent. Il est le plus jeune général nommé depuis François Séverin Marceau, général à 24 ans, sous le Premier Empire, même s'il ne commande aucune troupe. Il participe à la Libération de Paris en août 1944 mais sans combattre, assumant essentiellement un rôle de renseignement et de liaison auprès du Général Leclerc et des forces alliées. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur et compagnon de la Libération.

Début de carrière politique[modifier | modifier le code]

Il est élu député de la Gironde en 1946, mandat qu'il conserve jusqu'en 1997, puis maire de Bordeaux de 1947 à 1995, et président de l'Assemblée nationale de 1958 à 1969, de 1978 à 1981 et de 1986 à 1988.

Européen convaincu, Jacques Chaban-Delmas, milita pour la création de la Conférence européenne des pouvoirs locaux, aujourd'hui Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe (CPLRE), organe de représentation des collectivités locales et régionales et en fut président du 12 janvier 1957 au 24 janvier 1960. Le Congrès devenait alors l'une des institutions du Conseil de l'Europe.

Plusieurs fois ministre sous la Quatrième République, en particulier sous Pierre Mendès France, il est un éphémère ministre de la Défense nationale du gouvernement Félix Gaillard, et inaugure, à ce titre, le Centre d'instruction à la pacification et à la contre-guérilla de Philippeville, dans le Constantinois (Algérie), le , dont il confie la direction au général Marcel Bigeard[7]. En tant que ministre de la Défense, il fait partie du lobby qui pousse le CEA, sous la direction de Francis Perrin, à fabriquer une bombe atomique, en profitant des faiblesses du régime de la Quatrième République.

Maire de Bordeaux de 1947 à 1995[modifier | modifier le code]

Maire de Bordeaux durant 48 ans, Jacques Chaban-Delmas a l'occasion de mener plusieurs projets au service de sa ville, dont :

Restructuration du quartier de Mériadeck[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mériadeck.

En 1955, la municipalité dirigée par Jacques Chaban-Delmas décide la rénovation totale du quartier de Mériadeck. Le projet prévoit la construction d'immeubles "barres" typiques de ces années. En 1963, la rénovation devient restructuration et le quartier Mériadeck sera finalement le quartier d'affaires de Bordeaux avec des bâtiments modernes commerciaux et administratifs, ainsi que des équipements sportifs (patinoire…). De nombreuses administrations et services sont regroupés dans ces grands bâtiments, dont la hauteur a finalement été limitée, construits autour d'un jardin central. De plus, la circulation automobile et celle des piétons ont été séparées par la construction d'une dalle, l'actuelle esplanade Charles de Gaulle.

Bordeaux-Lac[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bordeaux-Lac.

En juin 1958, la municipalité bordelaise, dirigée par Jacques Chaban-Delmas, se rend propriétaire d’un vaste espace inondable au nord de Bordeaux de 1000 hectares à aménager pour favoriser le rééquilibrage de la ville au nord.

Le marais est asséché et un lac artificiel de 160 hectares a été construit.

Quartier du Grand Parc[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Quartier du Grand Parc.

Le Grand Parc est un quartier d’urbanisation qui s’inscrit dans la politique de construction de grands ensembles menée en France après la guerre. Plus localement, il participe au projet d’expansion de la ville de Bordeaux sur les terrains marécageux du nord (assèchement des terrains marécageux). Les plans de la ville prévoient la construction d'une cité HLM de 4000 logements. Les travaux entrepris en 1959 par la Société Bordelaise d’Urbanisme et de Construction et l’office d’HLM Aquitanis aboutissent en 1975. La Cité accueille des rapatriés d’Algérie, des habitants de Mériadeck dont la restructuration est en cours et des fonctionnaires mutés. Les 4 000 logements de « La Cité du Grand Parc » s’organisent autour d’une grande zone de verdure centrale qui accueille la majorité des équipements associés.

Création du campus de Bordeaux d'Arts et Métiers ParisTech[modifier | modifier le code]

Jacques Chaban-Delmas est l'un des principaux moteurs politiques qui conduisent à la construction et à l'inauguration en 1963 du campus de Bordeaux de l'école d'ingénieurs Arts et Métiers ParisTech. Il s'agit du premier établissement de cette école ouvert depuis celui de Paris (1912). Depuis lors, Jacques Chaban-Delmas est membre d'honneur, d'abord à vie, puis à titre posthume, de la Société des ingénieurs Arts et Métiers[8].

Domaine universitaire[modifier | modifier le code]

Au milieu du XXe siècle, l’université de Bordeaux (et les universités françaises en général) voit ses effectifs augmenter fortement. Les locaux situés en centre-ville deviennent trop petits et la plupart des facultés déménagent vers un nouveau campus : le domaine universitaire de Talence Pessac Gradignan (sciences en 1960, droit en 1966-67, lettres en 1971)[9].

Ministre des Travaux Publics, des transports et du tourisme de juin 1954 à août 1954[modifier | modifier le code]

Jacques Chaban-Delmas démissionne le 14 août 1954 en compagnie du général Koenig, ministre de la Défense Nationale et Maurice Lemaire, ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme. La raison pour laquelle ceux-ci démissionnent trouve son explication dans les conclusions arrêtées par le gouvernement de M. Pierre Mendès France concernant le "compromis" dessiné par ce dernier concernant le traité de la Communauté Européenne de Défense (CED). Ils font savoir, par ce geste, qu'il leur est impossible de s'associer à ces conclusions[10].

Président de l'Assemblée nationale de 1958 à 1969[modifier | modifier le code]

Jacques Chaban-Delmas devient ensuite président de l'Assemblée nationale.

Premier ministre de 1969 à 1972[modifier | modifier le code]

Il est Premier ministre, sous la présidence de Georges Pompidou, de 1969 à 1972. Il est contraint à la démission par le président de la République, qui n'apprécie ni son projet de « Nouvelle société », trop progressiste (un de ses conseillers est Jacques Delors), ni certaines maladresses de son Premier ministre (par exemple, la nomination de Pierre Desgraupes à la direction de l'information de l'ORTF). Il est aussi visé par une campagne de presse virulente (au sujet de sa feuille d'impôt par exemple). Pompidou aurait agi sous l'incitation de ses proches conseillers Marie-France Garaud et Pierre Juillet, adversaires acharnés de la Nouvelle société, qui jouaient un rôle majeur d'éminence grise auprès du président de la République.

Il apparaît sous le nom du baron Chaban d'Elmas dans Le Roi, ouvrage pamphlétaire d'André Ribaud sur le pouvoir gaulliste paru en 1962.

Campagne présidentielle de 1974[modifier | modifier le code]

Après le décès soudain de Georges Pompidou le , Jacques Chaban-Delmas est candidat à l’élection présidentielle de 1974 bien qu'il ait accumulé maladresses et malchances :

  • Prévenu qu'un autre candidat de la majorité pourrait se déclarer à sa place, il officialise sa candidature le , alors que l'hommage de l'Assemblée nationale au président défunt n'est même pas terminé. Une partie de l'opinion juge le geste inélégant envers l'ancien président.
  • Sa feuille d'impôts, publiée par Le Canard enchaîné le 19 janvier 1972, révèle qu'il ne paie que 16 808 francs d'impôts pour des revenus déclarés de 250 000 francs : en effet, l'indemnité parlementaire est alors quasiment nette d'impôts, les revenus de son mandat de maire et de président du Conseil Général sont exonérés et l'avoir fiscal créé en 1965 avant gomme ce qui lui resterait à payer pour ses autres revenus. De plus l'inculpation des frères Dega le déstabilise : Édouard Dega, inspecteur des impôts, est accusé de favoriser la fraude fiscale de riches contribuables, conseillé par son frère Georges Dega, membre du cabinet de Chaban-Delmas lorsqu'il était président de l'Assemblée Nationale et conseiller fiscal personnel de l'homme politique[11]. L'opinion publique le prend mal.
  • Sa deuxième femme, Marie-Antoinette Îon[12] est morte lors d'un accident automobile, le . Il se remarie avec Micheline Chavelet un an après, le . Une rumeur s'est néanmoins propagée sur les causes de l'accident, notamment du fait d'une campagne dans la presse à scandales contre lui. Cela a des conséquences désastreuses dans une partie de l'opinion publique, et en particulier au centre droit où il pouvait espérer prendre une partie de ses voix.

Lâché par Jacques Chirac et par 43 parlementaires et ministres de l'UDR qui soutiennent la candidature de Valéry Giscard d'Estaing, soutenu froidement par le Premier ministre Pierre Messmer, affaibli par quelques maladresses (en particulier des retournements de position d'André Malraux, qui le soutient, sur un éventuel remplacement du livre par l'audiovisuel à l'école), il voit rapidement ses chances s'effondrer dans les sondages pendant la campagne du premier tour. Françoise Giroud, qui soutient François Mitterrand, dédaigne de l'attaquer et lui réserve ce mot : « On ne tire pas sur une ambulance »[13].

Son slogan de campagne (Chaban pour la France, il l'a déjà prouvé) met l'accent sur sa carrière résistante mais en définitive, au premier tour avec ses 15,1 % de suffrages, il est en troisième position, largement distancé par Valéry Giscard d'Estaing qui obtient 32,6 %. Au deuxième tour, il apporte à ce dernier son « soutien conditionnel » contre François Mitterrand. Sa défaite entraîna la naissance du cruel néologisme « se faire chabaniser ».

Président de l'Assemblée nationale de 1978 à 1981, puis de 1986 à 1988[modifier | modifier le code]

En 1978, un renversement d'alliances et l'appui du président Valéry Giscard d'Estaing lui permet de récupérer le « perchoir », c'est-à-dire la présidence de l'Assemblée nationale, en évinçant Edgar Faure qui l'occupait depuis 1973 et qui avait l'appui du président du RPR, Jacques Chirac, à l'époque très influencé par le tandem Garaud-Juillet. Le Canard enchaîné montre dans une caricature une ambulance stationnant au pied du « perchoir ». En janvier 1980 il se voit confier une mission de renforcement des liens entre Moscou et Paris. Se trouvant à Moscou alors qu'Andreï Sakharov est assigné à résidence, il quitte l'URSS précipitamment afin de signifier le désaccord de la France.

Après les élections législatives de mars 1986, Jacques Chaban-Delmas fait partie des favoris pour devenir Premier ministre du premier gouvernement de cohabitation, tout comme Simone Veil ou encore Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac. Finalement, ce dernier est nommé chef du gouvernement par le président de la République, François Mitterrand. En revanche, le 2 avril 1986, un accord avec Jacques Chirac lui permettra de regagner facilement la présidence de l'Assemblée nationale[14].

Après les législatives de juin 1988, il est le candidat des députés de droite à la présidence de l'Assemblée, mais, avec 268 voix contre 301, il doit céder le perchoir au candidat de la gauche, l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius.

Retrait de la vie politique[modifier | modifier le code]

En 1995, à l'âge de 80 ans, Jacques Chaban-Delmas décide de ne pas se représenter à la mairie de Bordeaux et soutient alors le candidat RPR, et tout nouveau premier ministre, Alain Juppé, qui lui succédera. À partir de là, il se retire progressivement de la vie politique.

Le , sur proposition du président Philippe Séguin, il est élu président d'honneur de l'Assemblée nationale par l'acclamation de tous les députés réunis dans l'hémicycle, à l'occasion d'un hommage solennel à l'occasion des cinquante ans de sa vie parlementaire.

Mort et hommages[modifier | modifier le code]

Statue de Jacques Chaban-Delmas sur la place place Pey Berland, à Bordeaux.

Le , alors âgé de 85 ans, il décède d'une crise cardiaque à son domicile parisien de la rue de Lille (7e arrondissement). L'Assemblée nationale, qui en avait fait son président d'honneur, observa, le lundi matin suivant le décès, une minute de silence en hommage à son ancien président. Le président de la république Jacques Chirac présida la cérémonie funèbre officielle aux Invalides, en présence de nombreuses personnalités politiques de droite et de gauche[15]. L'ancien Premier ministre fut inhumé à Ascain, dans les Pyrénées-Atlantiques[16].

Le Stade du Parc Lescure, qui accueille l'équipe de football des Girondins de Bordeaux et l'équipe de rugby de l'Union Bordeaux Bègles, est devenu le Stade Jacques-Chaban-Delmas en 2001.

Le a été installée sur la place Pey-Berland, au nord de la cathédrale, face au Palais Rohan, une statue en hommage à Jacques Chaban-Delmas[17]. L'œuvre de 3,2 mètres de haut pour 1 100 kilogrammes a été réalisée par Jean Cardot[18].

Le conseil municipal de la ville de Bordeaux décide le de baptiser du nom de « Jacques Chaban-Delmas », le nouveau pont Bacalan-Bastide[19], inauguré le par le président de la République François Hollande.

L'immeuble où logent les députés, derrière le Palais Bourbon, porte le nom de Jacques Chaban-Delmas[20].

Famille[modifier | modifier le code]

Généalogie[modifier | modifier le code]

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

En 1933, Jacques Delmas entre en tant que journaliste stagiaire à L'Information économique et financière tout en suivant les cours de Sciences Po et de la faculté de droit. Le 24 avril 1939, il épouse Odette Hamelin, la fille du fondateur du journal, dont il divorce. Ils ont trois enfants : Clotilde, née en janvier 1940[22], Christian, astronome né en 1941, et Valérie.

Avant la guerre, Jacques Chaban-Delmas joue au tennis avec Marie-Antoinette Îon. Ils se retrouvent à Londres en 1943[23]. Au début de l'année 1945, Jacques déserte le domicile conjugal pour aller retrouver Marie-Antoinette Ion (qui divorce de François Geoffrey, cadre dirigeant chez Renault). Il se remarie finalement le avec cette « petite blonde plantureuse aux yeux verts, d'origines belgo-roumaines, toujours très coquette. Outre son élégance un peu convenue, on souligne son bon goût classique, la qualité de ses conseils et la sûreté de son jugement sur les êtres »[24]. Ils ont un fils, Jean-Jacques, né le 6 août 1949, marié à Diane de Oliveira-Cezar[25], le puis divorcé et remarié à Corinne Bretonneau le 4 mai 2001, président de l'association « Chaban Aujourd'hui ».

Jacques Chaban-Delmas, veuf, se remarie le , alors qu'il est premier ministre, avec Micheline Chavelet, que son ami François Mitterrand lui a présentée.

Sports[modifier | modifier le code]

La carrière sportive de Jacques-Chaban Delmas, sportif de haut niveau, fut mise en avant dans le courant des années 1960 par le biais d'un reportage de l'émission Les Coulisses de l'exploit.

Rugby à XV[modifier | modifier le code]

Licencié au Club athlétique des sports généraux (CASG), puis au CA Bèglais au poste de trois-quarts aile gauche, Jacques Chaban-Delmas a joué en sélection nationale de rugby à XV en juin 1945, contre l'équipe du British Empire Service, à Richmond.

Tennis[modifier | modifier le code]

Jacques Chaban-Delmas
Nationalité Drapeau de la France France
Naissance
Drapeau : France Paris XIII
Décès (à 85 ans)
Drapeau : France Paris XVII
Prise de raquette Droitier
Palmarès
Meilleurs résultats en Grand Chelem
Aust. R-G. Wim. US.
Simple -
Double - 1/32
Mixte - 1/16

Jacques Chaban-Delmas a été licencié au Racing Club de France (section tennis) dès l'avant-guerre. Il pratiqua le sport à haut niveau, et fut notamment :

Parcours dans les tournois du Grand Chelem (« ère Open »)
Année Open d'Australie Roland-Garros Wimbledon US Open
1968 - 1er tour (1/32)
Drapeau : France Henri Pellizza
Drapeau : Bolivie Eduardo Gorostagia
Flag of South Africa (1928-1994).svg Quentin Pretorius
- -

À gauche, le partenaire ; à droite les ultimes adversaires.

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

Mandats électifs[modifier | modifier le code]

Fonctions gouvernementales[modifier | modifier le code]

  • Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme du gouvernement Pierre Mendès France (du 19 juin au 14 août 1954)
  • Ministre du Logement et de la Reconstruction du gouvernement Pierre Mendès France (du 3 septembre au 12 novembre 1954)
  • Ministre des Travaux publics, des Transports et du Tourisme du gouvernement Pierre Mendès France (du 3 septembre au 23 février 1955)
  • Ministre d'État du gouvernement Guy Mollet (du 21 février 1956 au 13 juin 1957)
  • Ministre de la Défense nationale et des Forces armées du gouvernement Félix Gaillard (du 6 novembre 1957 au 14 mai 1958)
  • Premier ministre du 20 juin 1969 au 5 juillet 1972

Autres fonctions exécutives[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L'Ardeur (Stock, Paris, 1975) ;
  • Charles de Gaulle (Éditions no 1, Paris, 1980) ;
  • La Libération (Éditions no 1, Paris, 1984) ;
  • Les Compagnons (1986) ;
  • La Dame d'Aquitaine (1987) ;
  • Montaigne, Prix Henri-Malherbe (1993) ;
  • Mémoires pour Demain (Flammarion, 1997).

Décorations[modifier | modifier le code]

Insigne de commandeur de la légion d'honneur Insigne de l'ordre de la Libération Insigne de la Croix de Guerre 1939-1945
Insigne de la médaille de la Résistance, avec rosette Insigne de commandeur de l'ordre du mérite des États-Unis

Insigne de commandeur de l'ordre de Léopold

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. « Chaban » est le nom qu'il avait adopté durant la Résistance
  2. Jacques Chaban-Delmas
  3. Entretien avec Francis Lambert pour la campagne électorale de 1989.
  4. Dordogne 2009, Petit Futé,‎ , 408 p. (ISBN 2746924382 et 9782746924383, lire en ligne), « Histoire et patrimoine », p. 144.
  5. JM Binot et B. Boyer, L'Argent de la Résistance, Larousse, 2010
  6. Patrick et Philippe Chastenet, Chaban, Seuil, 2001
  7. Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, chap. IX, p. 133-134
  8. Informations tirées de :
    Collectif, L’école Des Arts Et Métiers De Bordeaux ENSAM, Le Bord de l'eau,‎ , 19,5 x 26, 200 p. (ISBN 978-2-35687-265-4, présentation en ligne).
  9. Bernard Lachaise, « Les universités de Bordeaux au XXe siècle », sur www.u-bordeaux3.fr (consulté le 7 avril 2010), 1945-1968, Le temps des bouleversements
  10. AFP, « Le Gouvernement français entérine le "compromis" Mendès France sur le traité de la CED », Le Soir,‎ , p. 1
  11. Patrick Chastenet, Philippe Chastenet, Chaban, Seuil,‎ 1991, p. 419
  12. Appelée par certains journalistes Madame Geoffray, du fait de son précédent mariage avec Monsieur Geoffray, cadre supérieur chez Renault. Jacques Chaban-Delmas a de son côté divorcé de sa première femme, Odette Hamelin, avant de se remarier avec Marie Antoinette Îon le 23 mai 1947
  13. « On ne tire pas sur une ambulance », L’Express, 24 avril 1974
  14. Chaque pas doit être un but, Mémoires, Jacques Chirac, NiL Éditions, chapitre Coexister
  15. Reportage de France 3 sur les obsèques de J. Chaban-Delmas
  16. « La mort de Jacques Chaban-Delmas », Le Nouvel Observateur, 13 novembre 2000.
  17. Bordeaux : une statue imposante de Chaban-Delmas / Jean-Paul Vigneaud, 9 novembre 2012)
  18. La statue de Jacques Chaban-Delmas inaugurée à Bordeaux / Hervé Mathurin, 12 novembre 2012)
  19. Pont Bacalan-Bastide de Bordeaux : le nom de Jacques Chaban-Delmas est adopté sur le site de Sud Ouest, consulté le 24 octobre 2012.
  20. La résidence des députés fait peau neuve. La Figaro, 16 juin 2007.
  21. Généastar : Ascendants de Jacques CHABAN DELMAS
  22. Histoire de la France militaire et résistante Première partie Histoire de la… - page 253, de Dominique Lormier - 2000 - 317 pages.
  23. Chaban - page 98, de Patrick Chastenet, Philippe Chastenet - 1991 - 605 pages.
  24. Chaban, de Patrick Chastenet, Philippe Chastenet…, p. 135. Marie Antoinette Îon meurt le
  25. Arbol genealógico de la Familia Bunge de Argentina

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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