Dominique Strauss-Kahn

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Dominique Strauss-Kahn
Dominique Strauss-Kahn, en 2008.
Dominique Strauss-Kahn, en 2008.
Fonctions
10e directeur général du Fonds monétaire international

(&&&&&&&&&&&012943 ans, 6 mois et 17 jours)
Prédécesseur Rodrigo Rato
Successeur John Lipsky (par intérim)
Christine Lagarde
Ministre de l'Économie, des Finances
et de l'Industrie

19e ministre des Finances de la Ve République

(&&&&&&&&&&&&08812 ans, 4 mois et 28 jours)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Lionel Jospin
Prédécesseur Jean Arthuis
Successeur Christian Sautter
Maire de Sarcelles

(&&&&&&&&&&&&07161 an, 11 mois et 15 jours)
Prédécesseur Raymond Lamontagne
Successeur François Pupponi
Ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur
Ministre délégué de 1991 à 1992

(&&&&&&&&&&&&06831 an, 10 mois et 13 jours)
Président François Mitterrand
Gouvernement Édith Cresson
Pierre Bérégovoy
Député de la 8e circonscription du Val-d'Oise

(&&&&&&&&&&&023916 ans, 6 mois et 17 jours)
Prédécesseur Raymonde Le Texier
Successeur François Pupponi

(&&&&&&&&&&&&&02222 jours)
Prédécesseur Pierre Lellouche
Successeur Raymonde Le Texier

(&&&&&&&&&&&010882 ans, 11 mois et 23 jours)
Prédécesseur scrutin à la proportionnelle
Successeur Bernard Angels
Président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale

(&&&&&&&&&&&010522 ans, 10 mois et 18 jours)
Législature IXe législature
Prédécesseur Michel d'Ornano
Successeur Henri Emmanuelli
Député de la Haute-Savoie
(élu à la proportionnelle)

(&&&&&&&&&&&&07732 ans, 1 mois et 12 jours)
Biographie
Nom de naissance Dominique Gaston André
Strauss-Kahn
Surnom DSK
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Neuilly-sur-Seine (Seine)
Nationalité Française
Parti politique Parti socialiste
Diplômé de HEC Paris
IEP de Paris
Université Paris Ouest Nanterre La Défense
ISUP
Profession Universitaire
Économiste
Religion Judaïsme

Dominique Strauss-Kahn (souvent désigné par ses initiales « DSK »), né le à Neuilly-sur-Seine, est un économiste et homme politique français.

Il est successivement professeur d'économie à l'Université Paris-X-Nanterre, député socialiste à partir de 1986, président de la commission des finances de l'Assemblée nationale de 1988 à 1991, ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur dans les gouvernements Édith Cresson et Pierre Bérégovoy.

Élu maire de Sarcelles en 1995, il contribue à la victoire de la gauche plurielle en 1997 et devient ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie du gouvernement Lionel Jospin. Mis en cause dans des affaires judiciaires en 1999, il démissionne de ses fonctions ministérielles, puis retrouve son siège de député en 2001, avant de bénéficier d'un non-lieu et d'une relaxe. Candidat à la primaire socialiste de 2006, il est battu par Ségolène Royal.

Il est directeur général du Fonds monétaire international (FMI) du au , date de sa démission après sa mise en cause dans le cadre d'une accusation d'agression sexuelle à New York. Dans cette affaire, il bénéficie d'un non-lieu au pénal le , avant qu'une transaction financière ne mette fin à la procédure engagée au civil l'année suivante. En 2013, il est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour « proxénétisme aggravé en réunion », dans le cadre de l'affaire du Carlton de Lille.

En septembre 2013, il est nommé conseiller économique pour le gouvernement de la République de Serbie.

Biographie

Famille et vie privée

Enfance

Dominique Gaston André Strauss-Kahn[1] est le fils de Jacqueline Fellus (1919, Paris – 2006, Le Kremlin-Bicêtre[2]), journaliste, d'origine ukrainienne (Odessa) et tunisienne[3], et de Gilbert Strauss (1918, Paris – 1992, Paris[4]), conseiller juridique et fiscal et membre du Grand Orient de France[5].

Du côté maternel, Jacqueline Fellus est la fille de Shemaoun André Fellus (1887, Tunis - décédé), fils de Haim Fellus (vers 1860 – décédé) et Taina Hagège (vers 1860 – décédée), originaires de Tunisie, et de Blanche Breitman[6],[note 1] (8 août 1891, Thury – décédée), fille de Grégor Breitman (1859-1914, Herbault) et Tatiana Berkoff (1862-1931, Mennetou-sur-Cher), originaires d'Odessa[7].

Du côté paternel, Gilbert Strauss est le fils de Gaston Strauss (1875, Bischwiller – 1934, Paris) et d'Yvonne Stengel (1892, Lunéville – 1961, Paris). Après la mort de son père, il est adopté par Marius Kahn (cousin de Gaston), nouvel époux d'Yvonne Stengel, et ajoute à son patronyme celui de son père adoptif.

Issu d'une famille juive[8],[9],[10] installée au Maroc en 1951[11], Dominique Strauss-Kahn grandit à Agadir. La famille quitte le Maroc pour Monaco à la suite du tremblement de terre d'Agadir de 1960.

Vie privée

Après avoir rencontré Hélène Dumas en 1963 (au cours d'un pique-nique sur la plage de Menton avec des élèves du lycée Albert-Premier à Monaco[12]), il l'épouse en 1967[13] et ils ont ensemble trois enfants : Vanessa (1973), Marine (1976) et Laurin (1981).

Il divorce, puis se remarie en 1986[14] avec Brigitte Guillemette, (décédée le d'un cancer à l'âge de 67 ans), alors PDG du Groupe Corolle PR, filiale du groupe Mattel[15]. Avec elle, il a une autre fille : Camille, née en 1985[16],[17].

À nouveau divorcé en 1989, il épouse en troisièmes noces, le , Anne Sinclair, alors journaliste à TF1 et présentatrice de l'émission politique télévisée 7 sur 7, elle-même divorcée du journaliste Ivan Levaï. Les témoins des mariés sont pour Anne Sinclair la philosophe Élisabeth Badinter et la productrice Rachel Kahn (épouse de Jean-François Kahn), pour Dominique Strauss-Kahn son père Gilbert et son ami Lionel Jospin[18]. Le couple Strauss-Kahn, qui possède un riad à Marrakech, au Maroc[19], est également le propriétaire de l'hôtel Dyel des Hameaux, situé au 13 place des Vosges, dans le IVe arrondissement de Paris.

En , un an après l'« affaire du Sofitel de New York », la presse annonce la séparation du couple, information confirmée par Anne Sinclair le mois suivant[20]. Leur divorce est officiellement prononcé en [21].

Le , Dominique Strauss-Kahn monte les marches du festival de Cannes au bras de sa nouvelle compagne, Myriam L'Aouffir[22],[23].

Ascendance

Études et débuts professionnels

Études

Après des études secondaires à Monaco, au lycée Albert-Premier, et à Paris, au lycée Carnot, il est admis à l'École des hautes études commerciales de Paris (HEC), dont il est diplômé en 1971, puis entre à l'Institut d'études politiques de Paris (IEP de Paris), dont il sort diplômé en 1972 (section Service public), et à l'Institut de statistique de l'université Paris-VI (ISUP). Il obtient, en 1972, une licence en droit public et, en 1975, un doctorat ès sciences économiques à l'université Paris X.

Sa thèse de doctorat, publiée en 1977, est intitulée Économie de la famille et accumulation patrimoniale[16].

En plus du français, il maîtrise plusieurs langues : l'anglais, qu'il parle couramment, l'allemand, l'espagnol et l'italien[24].

Carrière de fonctionnaire, d'enseignant et d'avocat d'affaires

Assistant, puis maître-assistant à l'université Paris-X, après son échec au concours d'entrée de l'École nationale d'administration (ENA), il est reçu au concours d'agrégé des facultés en économie en 1977, et est nommé maître de conférences, puis professeur des universités, à l'université Nancy-II, avant sa mutation à l'Université Paris X en 1981. L'année suivante, il rejoint les services du Commissariat au Plan comme chef de service du financement, puis comme commissaire général adjoint, jusqu'à son élection à l'Assemblée nationale en 1986. Il cesse ses enseignements durant cette période. Il fait de même en 1991, lors de sa nomination au gouvernement. Après sa défaite aux élections législatives de 1993, il crée le cabinet DSK Consultants et devient avocat d'affaires. Après sa démission du gouvernement Lionel Jospin, il reprend ses fonctions universitaires et est nommé en 2000 à l'Institut d'études politiques de Paris, où il enseigne la microéconomie et la macroéconomie.

Il enseigne également à l'ENA, à HEC (Paris) et à l'université Stanford aux États-Unis en tant que professeur invité[25].

Il travaille au Centre de recherche sur l'épargne, où il se lie notamment d'amitié avec André Masson, actuel directeur de recherche au CNRS à l'École d'économie de Paris (EEP), et Denis Kessler, futur vice-président du MEDEF. Ce dernier devient son assistant à Nanterre, puis le remplace en 1982 à la direction de son laboratoire de recherche, alors qu'ils écrivent ensemble L'Épargne et la Retraite.

Débuts en politique

Proche du Parti communiste français (PCF), il s'en éloigne « en apprenant l'économie », selon ses termes[26].

Il adhère en 1976 au Parti socialiste. Après un court passage au CERES de Jean-Pierre Chevènement, il se rapproche de Lionel Jospin, premier secrétaire du PS, qu'il conseille à partir de 1981[27]. Il est secrétaire national du PS, chargé des études et du programme (1986-1988), puis de l'économie et des finances (1988-1989).

Les militants socialistes de la Haute-Savoie rejettent sa candidature en vue des élections législatives de 1986, mais celle-ci est imposée par la direction nationale[28] ; il est finalement élu député au scrutin proportionnel plurinominal le . Deux ans plus tard, il quitte la Haute-Savoie pour se présenter dans la huitième circonscription du Val-d'Oise. Élu au second tour, il devient alors président de la Commission des finances. C'est à cette époque qu'il rencontre Paul Hermelin (futur directeur de cabinet à l'Industrie).

À l'automne 1988, il participe à l'examen du projet de loi du gouvernement Michel Rocard qui vise à réintroduire l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Alors que le Premier ministre propose de plafonner le montant de l'ISF et de l'impôt sur le revenu à 80 % des ressources d'un ménage, Dominique Strauss-Kahn cosigne un amendement pour un bouclier fiscal à 70 %[29].

En 1991, François Mitterrand le nomme ministre délégué à l'Industrie et au Commerce extérieur dans le gouvernement Édith Cresson. Il conserve ce poste dans le gouvernement Pierre Bérégovoy, qui prend fin après les élections législatives de 1993, perdues par la gauche.

Pendant la guerre du Golfe, à laquelle participe la France, et alors qu'Israël est bombardé par les Scud irakiens, Dominique Strauss-Kahn déclare : « Je considère que tout juif de la diaspora, et donc de France, doit, partout où il peut, apporter son aide à Israël. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il est important que les juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l'ensemble de mes actions, j'essaie d'apporter ma modeste pierre à la construction d'Israël[30],[31]. »

Au second tour des élections législatives de 1993, recueillant 48,8 % des suffrages exprimés, Dominique Strauss-Kahn perd son mandat de député dans la circonscription de Sarcelles et Garges-les-Gonesse au profit de Pierre Lellouche. Cette même année, Michel Rocard décide de relancer le « groupe des experts du PS », créé par Claude Allègre, et lui en confie la présidence. Désormais privé de mandat, contrairement à certains députés (issus de la fonction publique et pouvant donc y retourner), l'ancien ministre crée alors le cabinet d'avocat DSK Consultants.

Dominique Strauss-Kahn et Raymond Lévy, PDG de Renault, créent le Cercle de l'industrie en . Il s'agit d'un cercle spécialisé dans la défense de l'industrie française à Bruxelles et financé par elle. Il en devient le vice-président et y côtoie des personnalités et industriels comme Louis Schweitzer, Vincent Bolloré, Alain Lamassoure, Benoît Potier. Vingt-cinq dirigeants de grandes entreprises françaises en sont membres[32].

Briguant le poste de premier secrétaire du Parti socialiste en 1994, Dominique Strauss-Kahn est battu par Henri Emmanuelli[33]. Élu maire de Sarcelles en juin 1995, il crée des emplois jeunes et des zones franches, en vue de permettre un développement de l'emploi. C'est à partir de cette expérience qu'il nourrit notamment le programme économique du Parti socialiste de Lionel Jospin, en remettant aussi au goût du jour l'idée portée par les syndicats CFDT et CGT de la réduction de la durée légale du travail à 35 heures sans baisse de salaire.

Ministre de l'Économie et des Finances

Un des principaux ministres de Lionel Jospin

Dominique Strauss-Kahn, dans les années 1990.

En 1997, Lionel Jospin, nouveau Premier ministre, le nomme ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie. Dominique Strauss-Kahn cède son mandat de maire à François Pupponi.

Ce ministère régalien lui vaut d'être le chef de file des socialistes aux élections régionales de 1998 en Île-de-France, que la gauche remporte. Il joue alors un rôle de « locomotive politique » et affirme ne pas vouloir troquer son mandat ministériel contre l'exécutif régional : c'est donc Jean-Paul Huchon qui devient président du conseil régional. Dominique Strauss-Kahn tente d'organiser son influence au sein de son parti, mais s'il réussit à fédérer jospiniens et rocardiens au sein d'un courant politique dénommé Socialisme et démocratie, il peine, dans un premier temps, à transformer l'attraction qu'il exerce en réseau militant efficace et structuré, lui préférant les réseaux informels.

Alors qu'il est à l'origine du programme économique du PS qui prévoit la mise en place des 35 heures et des emplois jeunes, Lionel Jospin confie la mise en route de ce dispositif à Martine Aubry, ministre de l'Emploi et de la Solidarité, qui y était initialement hostile[34]. Dominique Strauss-Kahn exprime toutefois quelques réserves sur la méthode de mise en place des 35 heures.

Il fait adopter une baisse de la TVA sur les travaux de rénovation dans le bâtiment, ramenée à 5,5 %, afin de relancer l'activité du secteur. La conjoncture favorable en Europe permet un redressement partiel de la dette publique et l'adhésion de la France à la zone euro.

Bien que le programme économique du Parti socialiste, dont il a la charge, y soit opposé, la France doit, au tournant des années 1990-2000, se mettre en conformité avec les règlements adoptés par la Commission, le Conseil et le Parlement européens en matière de concurrence. Au cœur de cette période, au titre du ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Dominique Strauss-Kahn supervise des ouvertures du capital engagées de longue date, comme celle de France Telecom, ou certaines privatisations d'entreprises publiques qui n'ont selon lui plus vocation à rester dans le giron de l'État, après que celui-ci les eut remises sur pied au cours des seize années passées, depuis la vague de nationalisation de 1982. Ses détracteurs, au sein de la gauche antilibérale et de son propre parti, lui reprochent la responsabilité de « privatisations massives ».

Il abroge la loi Thomas sur les fonds de pension et pose les fondements du Conseil d'orientation des retraites (COR), qui voit le jour en 2000.

En 1999, Dominique Strauss-Kahn est mis en cause dans plusieurs affaires[35]. Pour se défendre sans affaiblir le gouvernement Jospin, il démissionne de son poste ministériel le . Il est remplacé par Christian Sautter.

Affaire de la MNEF

Dans le cadre de l'affaire de la MNEF, il est poursuivi pour « faux et usage de faux ». Les questions portent sur son rôle en tant que consultant lors de la négociation de l'entrée de la Compagnie générale des eaux (CGE) au sein d'une holding de la MNEF, à une époque où il exerçait la profession d'avocat d'affaires. À ce titre, il a perçu 603 000 francs de la mutuelle étudiante, en . La justice soupçonne une affaire de fausses factures visant à couvrir un emploi fictif dont il aurait bénéficié[36]. Il est accusé d'avoir produit une fausse facture, la police judiciaire ayant établi que la feuille de papier sur laquelle est rédigée la facture qu'il aurait envoyée à la MNEF pour ses services provenait en fait d'une trame de papier fabriquée à une date ultérieure à celle mentionnée sur la facture. Il reconnaît alors l'avoir antidatée, mais sans intention délictuelle[37]. Il est mis en examen le , puis est relaxé par le tribunal correctionnel de Paris le [38],[39].

Affaire de la « cassette Méry »

Article détaillé : Affaire de la cassette Méry.

Dominique Strauss-Kahn est également mis en cause dans l'affaire de la cassette Méry. Il est notamment accusé d'avoir octroyé, en tant que ministre de l'Économie, une remise fiscale de 160 millions de francs au couturier Karl Lagerfeld en échange de la remise par l'avocat de ce dernier d'une cassette contenant des aveux de Jean-Claude Méry, financier occulte du RPR[40]. Dominique Strauss-Kahn reconnaît avoir détenu cette cassette, mais déclare ne jamais l'avoir regardée et l'avoir égarée[41]. Le , la section financière du parquet de Paris requiert la saisine de la Cour de justice de la République pour enquêter sur d'éventuels faits de « corruption passive » et de « concussion », tandis qu'un rapport du procureur de la République de Paris, Jean-Pierre Dintilhac, indique qu'il existe de « fortes présomptions de faits de corruption passive à l'encontre de l'ex-ministre »[42]. Finalement, le , le procureur général près la Cour de cassation, Jean-François Burgelin, prend la décision de ne pas saisir la CJR, considérant qu'en l'état, il manque « les indices pour justifier une saisine de la CJR du chef de concussion »[43].

Autres mises en cause

Dominique Strauss-Kahn est aussi l'objet de soupçons d'emploi fictif dans une filiale suisse du groupe pétrolier ELF Aquitaine au profit de sa secrétaire, Evelyne Duval, de 1993 à 1994, pour un montant total de 192 000 francs[44]. Il est mis en examen pour « complicité par instruction donnée et recel d'abus de biens sociaux » en . La juge d'instruction Eva Joly prononce un non-lieu à son encontre le [45].

Pendant cette période, plusieurs élus socialistes sont critiques à son égard : en , Odette Grzegrzulka considère ainsi qu'« il n'est plus digne d'être membre » du Parti socialiste, tandis que Ségolène Royal déclare que les personnalités politiques sont là « pour servir et pas pour se servir »[46],[47].

Une des figures du Parti socialiste

Dominique Strauss-Kahn au meeting socialiste organisé au Zénith, le .

Dominique Strauss-Kahn fait son retour en politique au niveau national en étant réélu député de la 8e circonscription du Val-d'Oise avec 53,89 % des voix, le , au second tour d'une élection législative partielle provoquée par la démission de sa suppléante, Raymonde Le Texier[48]. Il fait alors figure de possible Premier ministre en cas de victoire de Lionel Jospin à l'élection présidentielle de 2002[49]. Après la défaite de Lionel Jospin et la réélection de Jacques Chirac lors de la présidentielle de 2002, Dominique Strauss-Kahn est réélu député le , dans la 8e circonscription du Val-d'Oise, avec 55,01 % des suffrages exprimés au second tour[50]. Ces élections législatives permettent à la droite d'obtenir la majorité absolue à l'Assemblée nationale. Le Parti socialiste devient alors le principal parti d'opposition.

Dominique Strauss-Kahn est successivement secrétaire national du PS (2002-2003), membre du bureau national du PS (2003-2005), secrétaire national du PS, chargé des élus (2005-2007). À la fin de l'année 2004, il réintègre la direction du Parti socialiste en étant chargé, avec Martine Aubry et Jack Lang, du projet socialiste pour 2007.

En parallèle, il cofonde, en 2003, le club de réflexion « À gauche, en Europe » avec Michel Rocard. Il préside également, avec Jean-Christophe Cambadélis, le courant Socialisme et démocratie au sein du Parti socialiste.

Ayant privatisé nombre d'entreprises lors de son passage au gouvernement Jospin, il envisage dans La Flamme et la cendre (2002) l'ouverture de capital d'EDF pour permettre des partenariats industriels. Il s'oppose ensuite aux privatisations d'EDF et de GDF en estimant qu'elles ne s'insèrent pas dans des schémas industriels, mais considère qu'en l'état des finances publiques, la renationalisation d'EDF ne doit pas constituer une priorité d'un futur gouvernement socialiste.

Dominique Strauss-Kahn anime un des premiers blogs d'homme politique national qui font figure de référence (avec celui d'Alain Juppé)[51]. En mai 2005, il participe à l'édition d'un DVD en faveur du « oui » au Traité de Rome de 2004. Il s'investit de manière soutenue pour imposer le « oui de gauche ». À l'issue d'une campagne particulièrement animée, le « non » l'emporte en France avec 54,67 %.

Il se positionne en faveur d'une refonte profonde du système universitaire, qui doit pour lui s'accompagner d'une augmentation très significative des moyens consacrés à l'enseignement supérieur. Constatant que le pourcentage d'une classe d'âge diplômé du supérieur est de 30 % en France contre 80 % en Corée du Sud ou en Suède et de 50 % aux États-Unis, Dominique Strauss-Kahn insiste sur l'ampleur des changements à entreprendre. Ainsi, le , il déclare : « Les universités françaises sont en train de plonger dans les palmarès internationaux. Il faut créer une concurrence entre les établissements et mettre fin à l'hypocrisie du diplôme unique. Ce qui n'empêche pas de garder le système dans le public et de conserver une vision égalitaire. » Il ajoute : « Pour moi, il n'y aurait pas de scandale à ce que la chaire de physique nucléaire de Paris-VI soit financée par EDF, si EDF trouve que c'est bon pour son image. Mais ce n'est pas dans les mœurs[52]. »

En 2006, le Parti socialiste organise une primaire pour choisir son candidat à l'élection présidentielle de 2007. Dominique Strauss-Kahn se présente contre Laurent Fabius et Ségolène Royal. Incarnant la sensibilité sociale-démocrate, il compte sur la coopération de François Hollande, qu'il a soutenu au congrès du Mans en 2005[27], et d'une équipe regroupant notamment Pierre Moscovici, Jean-Christophe Cambadélis, Michel Destot, Catherine Trautmann, Alain Richard, Claude Évin, Jean-Paul Huchon. Il bénéficie également du soutien de Michel Rocard et de Robert Badinter, ainsi que du mouvement Socialisme et démocratie jeunes, la branche « jeunesse » de son courant également présente mais minoritaire au sein du Mouvement des jeunes socialistes. Le , il termine deuxième du vote des militants, avec 20,69 % des voix, loin derrière Ségolène Royal (60,65 %), qui l'emporte dès le premier tour et le devance y compris dans la fédération du Val-d'Oise.

À la suite de la défaite de Ségolène Royal à l'élection présidentielle face à Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn appelle à une rénovation du PS vers une voie sociale-démocrate, à l'image du tournant pris par beaucoup de partis socialistes européens[53]. Briguant un nouveau mandat lors des élections législatives de 2007, dans la huitième circonscription du Val-d'Oise, il arrive en deuxième position au premier tour, devancé de 90 voix par Sylvie Noachovitch (UMP), puis l'emporte au second, avec 55,47 % des voix[54].

Directeur général du Fonds monétaire international

Désignation

En 2007, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, apporte son soutien à Dominique Strauss-Kahn en vue de la désignation du nouveau directeur général du Fonds monétaire international (FMI)[55]. Sans l'accord préalable du président français Nicolas Sarkozy, Juncker reconnaît qu'il n'aurait pas appuyé cette candidature[56]. S'ensuivent de nombreux autres soutiens pour Dominique Strauss-Kahn.

Après une tournée des principales capitales mondiales, les États-Unis, la Chine et une importante majorité des pays d'Afrique lui apportent leur soutien[57], tandis que la Russie tente de contrer cette candidature en proposant la candidature de Josef Tošovský, ancien Premier ministre tchèque, à la direction de l'institution internationale. De même, les pays émergents, à travers une déclaration du G24, demandent à ce que soit revue la règle tacite de la nomination d'un Européen à la tête du FMI[58] et le Financial Times dénonce ouvertement cette nomination dans son éditorial du [59].

Le , Dominique Strauss-Kahn est nommé directeur général du FMI[60]. Il prend ses fonctions le 1er novembre suivant. Entre temps, il démissionne de son poste de député du Val-d'Oise.

Selon le magazine l'Express, sa rémunération annuelle totale en tant que directeur général du FMI s'élève à 496 280 dollars américains (nets d'impôt) : 420 930 dollars auxquels s'ajoute une allocation de frais de 75 350 dollars[61]. En 2010, elle s'élève selon ABC News, à 530 000 dollars[62].

Actions à la tête du FMI

Dominique Strauss-Kahn aux côtés de Cristina Fernández de Kirchner et de Jan Peter Balkenende, le .
Dominique Strauss-Kahn avec Jean-Claude Trichet et Mario Draghi.

À son arrivée, il met notamment en place un plan de départs volontaires pour 600 cadres et salariés, et vend une partie des stocks d'or du FMI[63].

À la tête du FMI, Dominique Strauss-Kahn se prononce pour la régulation du capitalisme à l'échelle mondiale[64]. Il se situe en rupture avec plusieurs intellectuels de gauche en s'opposant à la taxe Tobin (taxation des transactions monétaires internationales), soutenue par des économistes comme Joseph E. Stiglitz ou Lawrence Summers[65]. La rupture avec les positions classiques de la gauche s'est aussi illustrée à la tête de l'institution financière dans la mise en œuvre des politiques de rigueur touchant la Grèce, l'Espagne ou l'Irlande[66].

En , Dominique Strauss-Kahn persuade les dirigeants de la zone euro de la nécessité que le FMI accorde un prêt de 30 milliards d'euros à la Grèce, dans une situation économique désastreuse[67]. Son action à la tête du FMI est alors contestée par plusieurs dirigeants de la gauche française, comme Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg ou Ségolène Royal, qui l'accusent de remettre en cause les acquis sociaux dans des pays en difficulté (baisse des salaires des fonctionnaires, coupes dans les dépenses publiques ou de santé, allongement de la durée du travail…), tout en refusant de soutenir le projet de taxe Tobin sur les transactions financières[68],[69],[70].

Affaire Piroska Nagy

Le Wall Street Journal révèle, le , qu'une enquête interne est ouverte au FMI pour savoir si Dominique Strauss-Kahn fait preuve de favoritisme au sein de l'organisation en faveur de sa maîtresse, Piroska Nagy, ancienne responsable du département Afrique du Fonds[71]. Cette dernière l'accuse d'avoir abusé de sa position dans une lettre envoyée aux enquêteurs :

« Je pense que M. Strauss-Kahn a abusé de sa position dans sa façon de parvenir jusqu'à moi. Je vous ai expliqué en détail comment il m'a convoquée plusieurs fois pour en venir à me faire des suggestions inappropriées. […] Je ne savais que faire ; ainsi que je vous l'ai dit, j'avais le sentiment que j'étais perdante si j'acceptais, et perdante si je refusais […]. Pour ce que cela peut valoir, je pense que M. Strauss-Kahn est un leader brillant […]. C'est également un homme agressif […] je crains que cet homme ait un problème pouvant le rendre peu apte à diriger une institution où des femmes travaillent sous ses ordres[72]. »

Réputé « homme à femmes »[73],[74] et qualifié de « drague[ur] » de manière « très lourde, très appuyée » par Aurélie Filippetti[75],[76],[77], Dominique Strauss-Kahn présente publiquement ses excuses à son épouse Anne Sinclair, ainsi qu'au personnel du Fonds monétaire international pour avoir fait « une erreur de jugement » en ayant eu cette liaison[78] et, le 25 octobre, il est disculpé par l'enquête du FMI, dont le doyen du conseil d'administration souligne toutefois qu'il a commis des actes « regrettables et reflétant une grave erreur de jugement[79] ». À ce sujet, le journaliste Jean Quatremer écrit en 2007 : « Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant […], il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France)[80]. »

Le , à la suite de l'affaire Piroska Nagy, le harcèlement devient un motif de licenciement au FMI[81].

Préparatifs d'une candidature présidentielle en France

En , il est, pour la première fois, désigné « personnalité politique préférée des Français » (ex-æquo avec Jacques Chirac) par le baromètre Ifop de l'hebdomadaire Paris Match, avec 73 % d'opinions positives[82]. Sa fonction au FMI lui imposant un devoir de réserve, Dominique Strauss-Kahn ne peut s'exprimer sur la politique française durant son mandat.

Lors du débat sur la réforme des retraites, Dominique Strauss-Kahn déclare qu'il n'y a pas « de dogme » sur le maintien de l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans[83],[84], tandis que le FMI publie un rapport qui préconise le relèvement de l'âge de départ à la retraite comme « point de départ de la réforme »[85]. Cette opposition avec la position du Parti socialiste suscite surprise et incompréhension dans son parti[86].

Au fil des mois, son retour en France est régulièrement évoqué et sa candidature à la primaire présidentielle socialiste de 2011 apparaît probable pour ses partisans et les médias français (selon BFM TV, il avait l'intention de l'annoncer officiellement le )[87],[88]. Dominique Strauss-Kahn est alors en tête dans les sondages en vue de la primaire socialiste et de l'élection présidentielle de 2012[89].

En , les médias diffusent une photographie montrant le couple Strauss-Kahn monter dans une Porsche Panamera appartenant à Ramzi Khiroun, porte-parole du groupe Lagardère et conseiller en communication de DSK, ce qui fait polémique[90],[91]. Dans le même temps, les médias font état de l'important patrimoine du couple Strauss-Kahn, qui possède une maison à Georgetown (Washington, D.C.), deux appartements à Paris, un situé place des Vosges et l'autre dans le XVIe arrondissement, et un riad à Marrakech, de même que des collections d'œuvres d'art appartenant à Anne Sinclair, dont la valeur est estimée à plusieurs dizaines de millions d'euros[92],[93],[94],[95].

Démission contrainte du FMI

À la suite de l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn le , et conformément aux procédures du Fonds monétaire international, John Lipsky, premier directeur général adjoint, est désigné le lendemain par le conseil d'administration pour assurer la direction par intérim du FMI[96],[97]. Dominique Strauss-Kahn annonce sa démission le [98],[99].

Mises en cause dans des affaires de mœurs

Affaire du Sofitel de New-York

Article détaillé : Affaire Dominique Strauss-Kahn.

Le , soupçonné d'agression sexuelle envers une femme de chambre dans une suite de l'hôtel Sofitel de Manhattan, il est arrêté à l'aéroport international John-F.-Kennedy de New York, peu avant le décollage du vol AF 023 d'Air France à destination de Paris[100].

Le , Melissa Carow Jackson, juge du tribunal pénal de la ville de New York[note 9], lui signifie les sept chefs d'accusation retenus contre lui[101], refuse sa mise en liberté sous caution et demande son maintien en détention provisoire à la prison de Rikers Island[102]. Un grand jury[note 10] l'inculpe formellement le [103].

Le même jour, Michael J. Obus, juge de la Cour suprême de l'État de New York, accepte sa mise en liberté sous caution avec plusieurs conditions[104]. Le , Dominique Strauss-Kahn est transféré de la prison de Rikers Island à un appartement de l'immeuble sis au 71, Broadway, pour y être placé en résidence surveillée[105]. Le 25 mai, il quitte cet appartement pour une maison située au 153, Franklin Street, dans le quartier de TriBeCa[106]. Au cours de l'audience du consacrée à la lecture officielle de l'acte d'accusation, Dominique Strauss-Kahn plaide « non coupable »[107].

Lors de l'audience du , Dominique Strauss-Kahn est libéré sur parole, en raison de doutes sur la crédibilité de la plaignante, qui a menti à plusieurs reprises, notamment dans ses déclarations à la police et au grand jury[108],[109]. Le , le juge Michael J. Obus décide d'abandonner les poursuites au pénal, suivant ainsi l'avis du procureur Cyrus Vance, qui la veille, avait recommandé dans une motion de non-lieu[110],[111] l'abandon des charges en raison du manque de crédibilité de Nafissatou Diallo qui ne permet pas de « donner du crédit à sa version des faits au-delà du doute raisonnable »[112],[113],[114].

Une procédure civile concernant cette affaire est lancée le  : Nafissatou Diallo argue d'« attaque violente et sadique, comportement humiliant et dégradant, atteinte à sa dignité de femme »[115].

Le , le New York Times annonce qu'un accord amiable a été trouvé entre Dominique Strauss-Kahn et son accusatrice, Nafissatou Diallo. Si le journal indique ne pas connaître le montant de l'indemnité financière à payer par Strauss-Kahn, il relève que cette transaction interviendrait une semaine avant l'audience prévue devant le juge de la la Cour suprême du Bronx, au cours de laquelle l'avocat de Mme Diallo avait indiqué vouloir confronter M. Strauss-Kahn aux témoignages d'autres femmes qu'il aurait semblablement agressées[116].

Le , la procédure contre Dominique Strauss-Kahn est abandonnée par la conclusion d'une transaction financière entre l'ancien président du FMI et Nafissatou Diallo, dont le montant reste confidentiel.

Avec cet accord, Dominique Strauss-Kahn en termine avec toutes les procédures, sans jamais avoir donné à la justice sa version de ce qui s'est passé dans la suite 2806 du Sofitel, le [117].

Il admet, lors d'une interview au journal de 20 heures de TF1 du , avoir eu une « relation inappropriée » avec Nafissatou Diallo et qualifie cette relation de « faute morale », mais nie toute violence, contrainte, agression ou acte délictueux[118].

Affaire Tristane Banon

Le , avec son épouse Anne Sinclair, il rentre en France et regagne son appartement place des Vosges à Paris[119].

Dominique Strauss-Kahn est alors visé par deux plaintes. La première, en date du , émane de Nafissatou Diallo, qui l'a déposée au civil à New York, dans le Bronx[120]. La seconde a été déposée en France par Tristane Banon, le , et l'accuse de tentative de viol à son encontre en 2003[121].

Le , le parquet de Paris décide de ne pas le poursuivre pour « tentative de viol » à l'encontre de Tristane Banon, mais estime qu'il a reconnu des faits « pouvant être qualifiés d'agression sexuelle »[122],[123],[124]. Ses avocats nient cette reconnaissance par leur client et rendent publiques ses déclarations aux policiers, dans lesquelles il admet seulement avoir tenté d'embrasser la plaignante[125]. Le délai de prescription du délit d'« agression sexuelle » étant dépassé, le parquet classe sans suite la plainte[126].

Affaire du Carlton

Article détaillé : Affaire du Carlton de Lille.

En , Dominique Strauss-Kahn est interrogé par la police française dans le cadre d'une investigation sur un réseau de prostitution, son nom ayant été cité par plusieurs protagonistes dans l'affaire du Carlton de Lille[127]. Il est mis en examen, le à Lille, pour « proxénétisme aggravé en bande organisée » et laissé en liberté sous caution[128].

Le , alors que le parquet de Lille avait requis un non-lieu total dans le cadre de cette affaire[129], Dominique Strauss-Kahn est renvoyé en correctionnelle pour « proxénétisme aggravé en réunion »[130],[131].

Autres

En juin 2013, la journaliste italienne Myrta Merlino, accuse Dominique Strauss-Kahn d'avoir voulu abuser d'elle, à la fin des années 1990, au forum de Davos, alors qu'il était ministre de l'Économie[132].

Une carrière publique brisée

L'affaire judiciaire, dont le retentissement international le contraint à démissionner du FMI, empêche Dominique Strauss-Kahn de participer à la primaire socialiste en vue de l'élection présidentielle de 2012[89],[133].

Dégradation de son image

Sur le plan politique, son retour en France est présenté par la presse comme une « gêne », voire un « handicap », pour le Parti socialiste, dont plusieurs dirigeants se sont démarqués de lui[134],[135],[136]. En effet, les commentateurs considèrent que son image est durablement écornée dans l'opinion publique et estiment son retour en politique impossible dans l'immédiat, ce que confirment plusieurs sondages[137],[138],[139].

Lorsqu'éclate l'affaire du Sofitel, la cote de popularité de Dominique Strauss-Kahn s'effondre, passant notamment de 46 % d'opinions favorables en mai à 17 % en juin dans le baromètre TNS Sofres ; il reste à ce niveau d'opinion dans le baromètre de juillet, après la mise en doute de la crédibilité de son accusatrice[140].

Fin 2011, Dominique Strauss-Kahn est la personnalité la moins populaire du baromètre Ipsos, avec 20 % d'opinions favorables contre 71 % de défavorables[141]. Début 2013, une étude d'opinion, mesurant l'effet des affaires du Sofitel de New York et du Carlton de Lille, indique que 69 % des Français refusent que DSK joue à l'avenir un rôle important dans la politique ou la finance[142].

En , l'essayiste Marcela Iacub publie Belle et Bête, un livre dans lequel elle raconte sa liaison avec Dominique Strauss-Kahn, entretenue en 2012, alors qu'elle prenait publiquement la défense de ce dernier dans le contexte de l'affaire du Sofitel de New York. L'écrivaine qualifie notamment Dominique Strauss-Kahn d'« être double, mi-homme, mi-cochon ». Celui-ci réagit en exprimant son « dégoût » devant « le comportement d'une femme qui séduit pour écrire un livre, se prévalant de sentiments amoureux pour les exploiter financièrement »[143]. La justice n'accède pas à sa demande d'interdiction de l'ouvrage, mais ordonne l'insertion d'un encart dans chaque exemplaire du livre et condamne à des amendes son éditeur et Le Nouvel Observateur, qui avait diffusé des extraits du livre[144],[145],[146].

Reprise d'activités

Il fait un retour remarqué dans un forum économique organisé le à Pékin[147], mais il se fait par la suite plus discret, en raison des réactions que suscitent ses déplacements, aussi bien en France qu'à l'étranger[148],[149].

Un an après son retour en France, le , il crée, à Paris, la société de conseil Parnasse SARL[150]. En septembre 2013, celle-ci passe une convention avec la banque Arjil. Depuis, cette nouvelle structure rebaptisée au Luxembourg « LSK » (pour « Leyne, Strauss-Kahn and Partners, Compagnie financière ») sert à Dominique Strauss-Kahn pour organiser ses activités de conseil aux gouvernements, en partenariat avec Thierry Leyne et Wladimir Mollof (le président d'Arjil)[151].

Le , le groupe pétrolier public russe Rosneft, annonce qu'il va entrer dans le conseil de surveillance de la Banque russe de développement des régions (BRDR)[152],[153]. Il intègre également le conseil de surveillance du fonds russe des investissements directs[154].

En Dominique Strauss-Kahn crée avec sa fille un fonds d'investissement baptisé « DSK Global Investment », dédié aux problématiques macro-économiques, et cherche pour cela à lever 1,4 milliard d'euros notamment auprès d'investisseurs du Moyen-Orient et d'Europe de l'Est[155].

Conseiller économique pour le gouvernement de Serbie

Le , Dominique Strauss-Kahn est officiellement désigné comme nouveau conseiller financier du gouvernement de la Serbie, avec pour mission de participer à redresser l'économie serbe, qui fait face à une importante dette et à la récession depuis plusieurs années[156],[157],[158].

En mai 2013, il avait également conseillé le gouvernement du nouvel État du Soudan du Sud[151].

Détail des mandats et fonctions

Fonctions internationales

Mandats nationaux

Mandats locaux

Fonctions politiques

  • Secrétaire national du PS, chargé des études et du programme (19861988), puis de l'économie et des finances (19881989)
  • Secrétaire national du PS (20022003), membre du bureau national du PS (20032005) ; secrétaire national du PS, chargé des élus (novembre 2005 – juin 2007)

Décorations et distinctions

Publications

De Dominique Strauss-Kahn
  • Inflation et partage des surplus : le cas des ménages, Éditions Cujas, 1975 (avec la coll. d'André Babeau et André Masson)
  • Économie de la famille et accumulation patrimoniale, Éditions Cujas, 1977
  • La Richesse des Français : épargne, plus-value/héritage (avec la coll. d'André Babeau), Paris, PUF, 1977. Collection « L'économiste » dirigée par Pierre Tabatoni. Enquête sur la fortune des Français
  • Pierre Bérégovoy : une volonté de réforme au service de l'économie, 1984-1993, Cheff, 2000 (avec la coll. de Christian Sautter)
  • La Flamme et la cendre, Grasset, 2002, co-rédigé par Marc Villemain[162]
  • Oui, lettre ouverte aux enfants d'Europe, Grasset et Fasquelle, 2004
  • « Éléments pour un réformisme radical », Les Notes de la fondation Jean-Jaurès « Pour l'Égalité réelle », no 41,‎ juillet 2004, p. 3-108 (ISSN 1294-6133, lire en ligne)
  • DVD pour le Oui à la constitution, 2005
  • 365 jours, journal contre le renoncement, Grasset, 2006
Sur Dominique Strauss-Kahn
Bibliographie
Filmographie

Notes et références

Notes
  1. Par la famille Breitman, Dominique Strauss-Kahn est d'ailleurs cousin issu de germains de la comédienne Zabou Breitman.
  2. Fils de Joseph Feistel Moïse Strauss (juillet 1779 à Gundershoffen – 13/09/1857 à Haguenau), mercier, marchand de grains et légumes secs, négociant, et de Pauline Aron (14/02/1790 à Phalsbourg – 16/02/1844 à Haguenau).
  3. Fille de Gabriel Lévy (vers 1780 – 20/08/1836 à Strasbourg), colporteur, et d'Adèle Cerf (vers 1790-????).
  4. Fils de Gabriel David Bloch (???? à Soultz-Haut-Rhin – 07/09/1839 à Soultz-Haut-Rhin), marchand de draps, et de Sara Geismar (???? à Turckheim – ????).
  5. Fils de Jean Joseph Stengel (04/04/1794 à Vahl-lès-Bénestroff – après 1865), clerc de notaire, et de Philippine Louise Rémy (13/02/1797 à Ensisheim).
  6. Fille de François Alexandre Culte (28/04/1807 à Dieuze – 12/01/1864 à Dieuze), et de Jeanne Coffe (26/09/1812 à Moncourt – 24/10/1863 à Dieuze).
  7. Fils de Mathias Bricot (15/08/1824-20/08/1856 à Lunéville), et d'Anne Kieffer (29/03/1824-????), entrepreneuse de broderies.
  8. Fille d'Antoine Viry (1815 à Villers-lès-Nancy – ????), jardinier, et d'Anne Julie Pierre (21/09/1821 à Crion – ????).
  9. (en) En anglais : New York City Criminal Court.
  10. Dans le système pénal de l'État de New-York, un grand jury est l'instance décidant de la mise en accusation pour les crimes graves. Un grand jury réunit 16 à 23 jurés dans une audience à huis clos où le suspect peut demander à témoigner mais sans son avocat. Le secret de cette procédure est cependant total, et rien de ce qui se dit dans un grand jury ne saurait être utilisé au cours d'un procès. Les grands jurys suivent généralement les demandes de mise en accusation, notamment lorsque la victime accepte de témoigner. Voir « Dominique Strauss-Kahn: how the New York criminal justice system works », The Telegraph, 16 mai 2011.
  11. Il démissionne en raison de sa mise en cause dans plusieurs affaires ; cf. « Dominique Strauss-Kahn démissionne de son poste de ministre : nécessaire justice », La Vie, 4 novembre 1999.
  12. a et b Il démissionne pour entrer au gouvernement Lionel Jospin.
  13. Il démissionne pour prendre la tête du FMI.
Références
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  2. Décédée le  ; cf. « Jacqueline Strauss-Kahn », Blog maçonnique, 15 novembre 2006.
  3. « Du côté maternel, il a des ancêtres à la fois en Tunisie (Fellous, devenu Fellus) et en Russie (Breitman) » ; cf. Jean-Louis Beaucarnot, « La généalogie de DSK », 23 janvier 2008.
  4. Décédé en 1992.
  5. « DSK est-il de droite ? », L'Express, 24 juin 2010.
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  8. La grand-mère paternelle de Dominique Strauss-Kahn, Yvonne Stengel, était cependant une catholique lorraine.
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  11. Vincent Giret, Véronique Le Billon, Les Vies cachées de DSK, Éditions du Seuil, 2000.
  12. « Qui est vraiment Dominique Strauss-Kahn », Le Point, 5 mai 2011.
  13. « Arrestation de New York - DSK en quelques dates », Le Point.fr, 15 mai 2011.
  14. « La deuxième épouse de DSK : “C’est impensable et impossible” », leParisien.fr, 17 mai 2011.
  15. Profil Viadeo de Brigitte Guillemette
  16. a et b Hortense Paillard, « Biographie : qui est Dominique Strauss-Kahn ? », La République des Lettres, 22 mai 2011.
  17. Bio de star, Gala.fr
  18. « Affaire DSK : Anne Sinclair, combative et effondrée », Le Monde, 18 mai 2011.
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  22. Dominique Strauss-Kahn zeigt seine Neue - Die Welt
  23. « Dominique Strauss-Kahn sur le tapis rouge de Cannes », Le Figaro,
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